Maudit poste et poste maudit

Note de l'auteur : Bonsoir à tous, voici un petit drabble pour bien commencer le week-end... ;-)

Bonne lecture !


1969-1970 : Le sorcier américain

Parfois, le monde moldu et le monde sorcier n'étaient vraiment pas si différents, pensait Dumbledore dans son bureau en ce jour de la rentrée 1969. Même si la communauté actuelle de Salem, qui était une des principales communautés magiques des États-Unis avec celle de Los Angeles, était restée dans son fonctionnement très proche de celle des premiers colons du XVIIè siècle, il devait bien avouer qu'elle semblait tout de même moins sujette aux croyances traditionnelles de l'Ancien Monde. À l'instar des Moldus, les sorciers américains étaient beaucoup plus rationnels, tout en ayant cet espèce d'optimisme constant, un peu inexplicable et vaguement irritant.

En tout cas, le fait était que Jack O'Connell, un sorcier venant de Salem, avait semblé plus amusé qu'autre chose quand il avait entendu dire qu'une malédiction pesait sur le poste de Défense Contre les Forces du Mal. Un ami à lui, qui s'était rendu en vacances en Écosse et avait séjourné à Pré-au-Lard, lui avait parlé de la disparition du professeur précédent, et O'Connell, qui avait pris une année sabbatique après avoir quelques temps enseigné à l'École Magique de Salem, avait décidé de postuler, parce que les malédiction, franchement, il n'y croyait pas trop.

Dumbledore avait donc reçu ce grand brun au sourire ravageur et à la barbe de trois jours artistiquement laissée en friche. Le directeur avait dû se retenir pendant tout l'entretien de ne pas rire face au numéro de charme, sans doute inconscient et instinctif, que lui avait fait l'Américain qui correspondait en tous points aux clichés qui véhiculaient sur son pays, même dans le monde magique. En tout cas, ses références étaient impeccables, les résultats de ses élèves de l'École de Salem étaient tout à fait remarquables, et lui-même ne manquait pas de diplômes et d'expérience, semblait-il, dans le domaine.

Jack O'Connell avait donc été engagé, et secrètement, Dumbledore espérait que, telle un placebo, la malédiction du poste n'agirait pas sur quelqu'un qui n'y croyait pas.

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De manière assez peu étonnante, le professeur O'Connell avait un grand succès auprès des filles. Avant ses cours, il y avait devant sa salle de classe une sorte d'attroupement, qui faisait rire même les professeurs, de jeunes filles qui se recoiffaient à la hâte, défroissaient leur jupe et leur chemise, voire se remettaient du rouge à lèvres ou du mascara. À l'inverse, et de manière assez naturelle, les garçons eux n'appréciaient guère celui qu'ils appelaient ironiquement le « bellâtre ». Ils le trouvaient ridicule, et pensaient qu'il passait plus de temps à faire des clins d'oeil à ses élèves de sexe féminin qu'à parler de sa matière.

En vérité, il était loin d'être incompétent, et il avait une manière assez didactique d'enseigner la Défense, qui faisait qu'il était aussi très apprécié des premières années, à qui il évitait pourtant de sortir le grand jeu. Il ne notait pas très sévèrement les contrôles, ajoutant même souvent des questions bonus, avait beaucoup d'imagination pour les séances de travaux pratiques, et ne donnait presque jamais de devoirs à rendre, ce qui constituait un allègement de la masse de travail assez appréciable pour les élèves.

En bref, Dumbledore était très content, et les femmes du corps professoral, qui avaient également droit à leur clins d'oeil de temps à autre, l'étaient tout autant.

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À la fin du mois de mai, trois semaines seulement avant les examens, un groupe de Mangemorts attaqua Pré-au-Lard. Ce n'était pas totalement inattendu, après tout Voldemort gagnait indéniablement en influence et en puissance, mais le fait que l'attaque se soit produite si près d'un endroit où des centaines de jeunes sorciers faisaient leurs études inquiéta grandement la communauté magique. Même si la présence de Dumbledore rassurait la plupart des parents, une dizaine d'élèves fut néanmoins retirée de l'école, à la grande tristesse du directeur qui estimait pourtant, et à juste titre, que Poudlard était l'un des endroits les plus sûrs en ces temps troublés.

Avis que ne sembla pas partager un certain Américain qui, prenant enfin conscience de la gravité des évènements qui se déroulaient en Grande-Bretagne, révéla toute l'étendue de son absence de courage et repartit à Salem aussi vite qu'il était venu, avant même que l'année soit finie.

Il ne laissa derrière lui qu'une lettre proposant des excuses fumeuses et un directeur bien embarrassé.


Et voilà ! Encore une fois, je ne considère pas que les Américains sont tous des lâches, mais je trouvais que ça collait bien au personnage... ^^ Bonne soirée et à demain !