Maudit poste et poste maudit

Note de l'auteur : Et voilà le deuxième drabble sur l'époque des Maraudeurs !

Bonne lecture ! ^^


1971-1972 : Le sorcier japonais

Dire que Dumbledore avait été surpris par la candidature qu'il avait reçue au cours de l'été aurait été un euphémisme. Dire qu'il n'en avait pas cru ses yeux et qu'il avait pensé qu'il s'agissait d'une blague se serait déjà approché un peu plus de la vérité. En tous les cas, il était bien obligé de reconnaître que l'homme qui se tenait devant lui était bien réel, et qu'il avait visiblement véritablement l'intention de venir enseigner à Poudlard durant l'année à venir.

Seiki Ishida était un grand sorcier japonais, reconnu dans le monde entier pour avoir grandement aidé le Japon à se débarrasser des Mages Noirs qui avaient tenté de prendre le contrôle du pays dans les troubles qui avaient suivi la seconde guerre mondiale. Bien que très jeune à l'époque, il n'avait que seize ans, il s'était montré redoutablement efficace, tout en gardant une humanité et un sens de la justice extrêmes qui lui avaient permis d'obtenir une reconnaissance rapide auprès de ses pairs, et d'entrer dans le corps d'élite des protecteurs du pays. Le directeur ne comprenait pas vraiment ce que ce vénérable sorcier, qui avait pris sa retraite quelques années auparavant pour se consacrer à sa famille, pouvait bien venir chercher à Poudlard.

Celui-ci lui répondit qu'il avait toujours porté une très grande attention à l'enseignement, et que, sachant ce que signifiait être dans un pays qui connaissait la montée d'un puissant Mage Noir, il avait désiré aider les adolescents de Grande-Bretagne à affronter le monde extérieur avec de meilleures armes. De plus, il avait également le plus grand respect pour Dumbledore lui-même, qui en son temps avait aussi aidé l'Europe à se débarrasser d'un grand danger, et ce serait pour lui un véritable honneur que de travailler dans son école.

Peu habitué aux traditions japonaises liées à l'honneur et au respect, le directeur fut légèrement pris de court, mais il accepta néanmoins avec plaisir et humilité l'aide de ce grand sorcier, qui saurait sans nul doute apporter aux élèves une nouvelle culture qui ne pourrait que fortifier leurs aptitudes.

Ce n'était pas comme si le programme de la Défense Contre les Forces du Mal avait une quelconque importance aux yeux de la quasi-totalité des professeurs qu'il avait engagés pour cette matière de toute façon.

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Lorsque les élèves de deuxième année entrèrent pour la première fois dans leur salle de classe, ils eurent la surprise de voir que tous les bureaux avaient été remplacés par des tables basses, et qu'une moitié de la pièce avait été recouverte de tatamis. Sur les murs avaient été suspendues de grandes estampes représentant des dragons, des montagnes et des rivières, et au fond de la salle, accrochées au mur, étaient pendues une rangée d'épées à l'air affuté. Sur les tapis était agenouillé un homme d'une taille assez modeste, à la robe de sorcier ressemblant étrangement à un kimono. Celui-ci leur demanda de s'asseoir, et ils s'exécutèrent en silence, touchés inconsciemment par l'atmosphère tranquille de la pièce.

Le professeur entreprit alors de leur raconter la manière dont ils allaient procéder au cours de l'année. Ils diviseraient leur cours du lundi en deux parties : théorie durant la première heure, pratique durant la deuxième. Jusque là, ça n'avait rien d'original, mais monsieur Ishida ajouta ensuite que les cours du vendredi seraient consacrés à un type de combat moins magique et plus physique : le duel à l'épée. Les élèves se regardèrent avec des yeux ronds comme des billes, bien que certains soient très excités à cette idée.

Ishida leur expliqua que ce type de combat était très fréquent au Japon, car permettait d'allier à la fois magie et élégance, et de désarçonner son adversaire en l'attaquant de deux manières différentes en même temps. Il était persuadé qu'il n'était jamais trop tôt pour apprendre, et il avait bien l'intention d'en faire des épéistes accomplis avant qu'ils ne quittent l'école.

Lorsqu'ils revinrent le vendredi, ils avaient à la fois hâte de voir ce qu'allaient donner les leçons, et en même temps avaient un peu d'appréhension, ne sachant pas trop s'ils seraient capables de manipuler les grandes épées qu'ils avaient vu le lundi précédent. Heureusement, mais à la déception de certains, le professeur les fit commencer avec des épées en bois. Très vite toutefois, deux élèves de Gryffondor, Potter et Black, se distinguèrent par leur agilité, et leur habileté à manier l'arme, et le professeur décida de les faire participer au club qu'il avait organisé en dehors des heures de cours, et dont ils étaient les seuls élèves de moins de treize ans. Çe qui ne les rendit pas moins modestes.

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Tous les week-ends, le professeur quittait l'école pour rentrer chez lui au Japon, auprès de sa femme dont il n'aimait pas être séparé trop longtemps. Dumbledore avait proposé qu'elle vienne loger avec lui au château, mais Seiki Ishida avait répondu qu'elle était très attachée à son jardin, et qu'elle n'aimait pas le laisser à l'abandon. Le directeur n'avait pas insisté, et il fabriquait lui-même les portoloins pour son professeur, qui ne pouvait pas vraiment utiliser la poudre de cheminette.

Dumbledore vit cependant une fois madame Yoko Ishida, une petite femme à l'air doux, qui faisait le thé à merveille et qui était une spécialiste des plantes aquatiques magiques de la mer du Japon. Il l'avait invitée à rejoindre son mari pour le banquet de fin d'année, qui pour une fois ne s'accompagnait d'aucune tragédie. Le couple était venu vêtu des vêtements traditionnels des sorciers japonais, et avaient retenu l'attention de toute l'assemblée.

En fin de soirée, le directeur les raccompagna lui-même à la zone de transplanage, et reçut l'assurance d'Ishida qu'il serait de retour le lendemain pour récupérer ses affaires. Une fois, qu'ils eurent disparu, le directeur rentra l'esprit tranquille dans le château.

Le jour d'après, Dumbledore attendit longtemps le professeur, mais voyant à la fin de la journée que personne n'était venu, il commença à s'inquiéter, et il craint qu'une fois de plus un drame n'ait frappé le détenteur du poste. Et il avait bien raison. Le matin suivant, il reçut la visite d'un jeune homme qui se présenta comme étant le petit-fils de Seiki Ishida.

Celui-ci lui dit avec une douleur visible que ses grands-parents étaient tombés dans une embuscade alors qu'ils empruntaient le chemin qui les menait de l'endroit où ils atterrissaient en portoloin à la maison principale. Les agresseurs avaient apparemment profité du fait que les propriétaires ne soient pas là pour investir les lieux, et les attaquer ensuite par surprise. Le couple s'était défendu vaillamment, mais leurs adversaires étaient trop nombreux et ils n'avaient rien pu faire. Le temps que les secours arrivent, Yoko Ishida avait rendu l'âme, et Seiki s'était éteint pendant qu'on le transportait à l'hôpital, sans doute abattu par le chagrin.

Dumbledore fut désolé d'apprendre cela, et présenta ses condoléances les plus sincères en promettant qu'il serait à l'enterrement qui aurait lieu deux jours plus tard, après les cérémonies d'usage. Le jeune homme s'inclina, et se retira ensuite assez rapidement, sans doute pour cacher un chagrin qu'il ne voulait pas rendre public.


Et voilà... Désolée, ce drabble était plus triste que drôle, mais je ne me voyais pas finir sur une pirouette comme à l'accoutumée. Bizarrement, je me suis attachée à ce personnage... Certains d'entre vous auront d'ailleurs peut-être repéré que j'ai associé le nom de famille de la mère de Yoko Tsuno (une de mes héroïnes de BD préférée), Ishida, avec le prénom de son père, Seiki. Une manière comme une autre de rendre hommage à un personnage que j'adore. ^^

J'espère que ça vous a plu et je vous dis à demain !