Maudit poste et poste maudit

Note de l'auteur : Bonsoir à tous ! Pour me faire pardonner les deux derniers drabbles, en voici un qui finit bien et qui en plus implique nos Maraudeurs préférés dans le rôle principal ! Que demande le peuple ?

Avertissement : Ce chapitre comporte une relation homosexuelle entre une figure d'autorité et un élève. Même si elle n'est que suggérée, je préfère prévenir pour que ceux qui ne mangent pas de ce pain là sautent ce chapitre... ;-)

Bonne lecture !


1973-1974 : Le professeur amoureux

En regardant le jeune homme qui se tenait en face de lui, Dumbledore ne pouvait s'empêcher de penser au professeur qu'il avait engagé il y avait déjà presque vingt ans. Une ressemblance dans la posture très humble et un peu timide peut-être... William Pembroke était sorti diplômé avec les honneurs de l'Université un an auparavant, mais il avait pris une année sabbatique afin de voyager et de voir le monde. Il avait séjourné dans de nombreuses communautés magiques, ne restant jamais plus de deux semaines au même endroit, mais il avait fini par éprouver le besoin de rentrer en Grande-Bretagne, et de se sédentariser quelque peu.

À son retour à Londres, il avait avisé dans la Gazette la petite annonce mise en désespoir de cause par Dumbledore, qui avait une fois de plus dû se résoudre à cet expédient. Il était donc venu passer l'entretien en ce milieu du mois de juillet, et le directeur savait déjà qu'il serait sans aucun doute engagé. Le jeune homme présentait bien, avec ses grandes lunettes en écailles, son costume bleu nuit à la mode moldue et son visage souriant plein de fossettes, surmontée d'une masse de cheveux blonds bouclés à l'air relativement incoiffable. Et Dumbledore, avec sa barbe de un mètre de long, savait de quoi il parlait.

Après lui avoir demandé de parler pendant quelques minutes de sa spécialité – le détournement des sorts de Magie Blanche à des fins obscures – le directeur lui posa encore quelques questions concernant les modifications qu'il comptait éventuellement apporter au programme, qui n'étaient pas très nombreuses, et lui demanda de préciser quelques détails de nature administrative. Rapidement, tout fut bien mis en ordre, et William Pembroke hérita du poste le plus mal famé de toute l'histoire de Poudlard.

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Comparé à ceux qui l'avaient précédé, le professeur Pembroke était relativement normal. Il ne semblait pas avoir d'habitudes ou de rituels bizarres, s'habillait normalement, et n'avait pas d'aptitudes magiques particulièrement remarquables, même s'il était très compétent. Il était apprécié de ses collègues, et même les élèves qui pourtant avaient beaucoup aimé celle qui avait enseigné l'année précédente l'avaient adopté sans problème. Bref, tout semblait aller pour le mieux.

Mais quatre élèves de quatrième année, persuadés qu'il y avait des complots partout ou du moins que tout le monde cachait quelque chose, étaient certains qu'il y avait anguille sous roche. Afin de découvrir de quoi il s'agissait, ils passèrent toute la première moitié de l'année à peaufiner un projet qui leur tenait à cœur, à savoir une carte exhaustive de Poudlard qui leur permettrait de connaître les déplacements de chacun des habitants du château. Deux d'entre eux protestèrent faiblement, arguant du fait que c'était atteindre à la vie privée d'autrui que de créer une telle carte, mais devant toutes les possibilités qu'elle offrait, ils se turent finalement assez vite.

La carte fut prête dans le courant du mois de janvier, et ils purent alors se consacrer à un espionnage en règle des agissements du professeur. Mais ils furent bien déçus de constater que rien de ce qu'il faisait ne semblait sortir de l'ordinaire. Exceptés les soirs où il était chargé des rondes, il ne sortait presque jamais de son bureau ou de ses appartements. Au bout d'un mois, les espions amateurs durent se rendre à l'évidence : si le professeur cachait quelque chose, il était décidément trop fort pour eux. Le dernier vendredi de février, ils s'apprêtaient à renoncer définitivement à leur projet qui leur semblait avec le recul bien naïf, lorsqu'ils remarquèrent quelque chose d'étrange. Le professeur Pembroke avait de nouveau collé Hadrian Woolsey. Pour la troisième fois en une semaine.

Pourtant, ce n'était pas le genre de Pembroke de coller des élèves, surtout trois fois de suite. C'était même d'autant plus étrange qu'ils connaissaient très bien le-dit Hadrian, et qu'il n'avait pas tellement le profil d'un rebelle. C'était un élève de septième année de Poufsouffle, qui occupait le poste de gardien dans l'équipe de Quidditch depuis trois ans. Il était bon, voire très bon, et rares étaient les souaffles qu'il laissait passer. En tant que poursuiveur pour Gryffondor, James pouvait en témoigner. En tout cas, c'était un élève très sympathique au fair play irréprochable, même s'il était plutôt du genre discret. Le voir collé pour la troisième fois en si peu de temps était donc très surprenant.

D'un commun accord, les quatre compères décidèrent de se rendre sur place pour en savoir plus. Le couvre-feu n'était pas encore tombé, et ils se rendirent près de la salle le plus discrètement possible. Là, deux d'entre eux se serrèrent pour pouvoir voir à travers la serrure, tandis que les deux autres montaient la garde des deux côtés du couloir. Rapidement, les élèves virent qu'il ne s'agissait pas vraiment d'une colle normale. Leur professeur était debout à côté de son bureau, les bras croisés, comme sur la défensive, tandis que Hadrian demandait des réponses en faisant de grands gestes de bras. Apparemment, Pembroke expliquait que quelque chose n'était pas possible, et qu'il fallait que Hadrian comprenne et accepte que la situation était délicate et pouvait les mettre en danger tous les deux. Mais ce dernier ne semblait pas du même avis, comme en témoignait le grognement de frustration qu'il émit.

Les deux amis étaient perplexes. Qu'est-ce qui avait bien pu énerver ainsi le septième année, d'habitude si maître de lui ? Et que pouvait bien vouloir dire leur professeur ? Soudain, Hadrian sembla se résoudre à quelque chose. Il s'approcha vivement de Pembroke, prit le visage de celui-ci entre ses mains et l'embrassa à pleine bouche. L'enseignant tenta vainement de le repousser avant, mouvement contradictoire, de se coller le plus possible contre son élève, qui devait bien faire une demi-tête de plus que lui, en fermant les yeux et en glissant ses doigts dans ses cheveux. Rouges tomates, les deux espions qui venaient de gagner sans le vouloir le statut de voyeurs rejoignirent précipitamment les autres qui ne comprirent pas bien ce qui avait pu les mettre dans cet état, et tous quatre remontèrent le plus vite possible dans leur dortoir. Là, après explication, ils se mirent d'accord pour ranger la carte jusqu'à une date indéterminée, et pour ne parler de tout cela à personne. Après tout, Hadrian était majeur, il avait bien le droit de faire ce qu'il voulait, et ils n'allaient certainement pas aller expliquer à Dumbledore comment ils en étaient venus à savoir ça.

Dans les mois qui suivirent, ils essayèrent tant bien que mal de continuer à agir normalement avec le professeur Pembroke, mais les marques qu'ils apercevaient de temps à autre sous son col de chemise n'arrangeaient pas vraiment les choses. Sans compter qu'ils ne pouvaient plus faire semblant de ne pas se rendre compte des regards discrets que se jetaient les deux hommes dans la Grande Salle ou quand ils se croisaient dans un couloir.

En tout cas, après la fin de l'année, lorsque tout le monde s'enflamma à la nouvelle de la fuite « positivement indécente » d'un professeur avec un de ses élèves, ils étaient bien les seuls à pouvoir dire que finalement, ça n'était pas si surprenant.


Et voilà ! Une histoire d'amour qui finit bien ! J'espère que ce drabble vous a plu et je vous dit à demain ! ^^