Maudit poste et poste maudit
Note de l'auteur : Je me suis beaucoup amusée en écrivant ce drabble-ci. Sans doute trop même. Bref, j'espère qu'il vous plaira. ^^
Bonne lecture !
1974-1975 : La Vélane
Quelque part, Dumbledore savait qu'il était en train de faire une énorme erreur. Quelque part, il savait qu'il risquait de se passer des choses cette année qui allaient lui faire regretter son choix. Mais justement, de choix, il n'en avait guère et il doutait que le nombre de ses possibilités grandisse avant la fin des vacances, qui était proche.
En face de lui était assise une des femmes les plus belles qu'il ait jamais vue, ce qui pouvait s'expliquer facilement compte tenu du fait qu'il s'agissait d'une Vélane. Psychaia Vaastia était une grande femme aux yeux gris, dont les cheveux cuivrés étaient à moitié relevés en chignon, et habillée d'un tailleur crème très élégant. Elle ne semblait pas avoir plus de trente ans, mais avec ces créatures, les apparences pouvait être extrêmement trompeuses. Elle avait croisé les jambes de manière nonchalante, et arborait depuis le début de l'entretien un petit sourire qui lui donnait un air mutin sans doute savamment calculé. Au bout de quelques minutes, voyant clairement que son charme n'opérait pas comme elle s'y attendait sur l'homme, elle se contenta de sourire un peu plus et de jeter un regard entendu à Dumbledore, qui le lui rendit bien.
Après quelques questions d'usage, le directeur fut convaincu que la jeune femme avait toutes les compétences requises pour obtenir le poste, mais il n'avait toujours pas de réponse à son dilemme : demander à une Vélane d'enseigner dans une école pleine d'adolescents hormonaux était-il vraiment une bonne idée ?
La réponse était de toute évidence non, d'autant qu'après ce qui s'était passé l'année précédente il fallait veiller à ce qu'un tel scandale ne se reproduise pas, mais avait-il vraiment le choix ? Après avoir reçu de la part de Psychaia l'assurance qu'elle ferait tout pour minimiser son effet sur les élèves, surtout les plus âgés, le directeur accepta finalement de lui faire signer un contrat.
Mais quelque part, il sentait qu'il allait le regretter.
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Si le professeur de l'année précédente avait été très apprécié par la gent féminine, cette fois c'était la gent masculine qui prenait le temps de se recoiffer et de vérifier sa tenue avant les cours, ce qui était encore plus drôle aux yeux de tierces personnes. Pourtant, la professeur prenait la promesse qu'elle avait faite au directeur très à cœur. Elle portait constamment des lunettes aux verres épais pour minimiser l'impact des contacts visuels accidentels qu'elle avait avec ses élèves, elle attachait toujours ses cheveux pour en limiter l'aspect hypnotisant, et elle veillait à porter de longues robes qui ne la mettaient que légèrement en valeur.
Apparemment, elle prenait son travail au sérieux, et n'avait pas envie qu'on ait quoi que ce soit à lui reprocher. Il n'y eut ainsi qu'un léger incident avant les vacances de Noël, qui impliqua Sirius Black, ce qui n'était guère étonnant. Il avait tenté d'embrasser sa professeur à la fin d'un cours, et avait été arrêté par son camarade de classe James Potter, qui lui évita à la fois la honte de sa vie et d'être collé jusqu'aux grandes vacances. Mais à part ça, et quelques lettres enflammées envoyées par hibou, il ne se passa pas grand chose, et Dumbledore commença à se dire que l'année ne finirait peut-être pas si mal que ça. D'autant que la Vélane semblait avoir en plus de grandes qualités pédagogiques, et que la perdre aurait été dommage.
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À la fin de l'année, alors qu'une grande torpeur due à la chaleur et à la fin des examens semblait avoir pris le château tout entier, les élèves et les professeurs se montrèrent réticents à l'idée de porter uniformes et robes formelles. Seule mademoiselle, ou madame, cela n'avait jamais été véritablement établi, Vaastia continuait de porter des robes longues avec un sort de rafraîchissement. Le dernier après-midi, avant le banquet, elle tomba au détour d'un couloir sur des septième années en pleine bataille d'eau. Se retrouvant accidentellement sur le trajectoire de plusieurs bombes à eau, elle fut touchée par trois d'entre elles, et se vit trempée de la tête aux pieds. Dans leur empressement à vouloir l'aider, les élèves jetèrent plusieurs sorts de séchage simultanément, ce qui eut pour effet de faire rétrécir subitement sa robe.
Elle l'enleva à la hâte, faisant tomber ses lunettes dans sa précipitation, et ne se rendit compte de son erreur que lorsqu'elle avisa les regards fixes et concupiscents de ses élèves. Aussitôt, ceux-ci se ruèrent vers elle, et sa vertu ne dut son salut qu'à ses réflexes, qu'elle avait fort rapides, et à sa parfaite maîtrise des sortilèges d'entrave. La situation compromettante dans laquelle elle fut trouvée par le concierge – à moitié nue et entourée de cinq élèves trempés un petit peu trop proches d'elle – remonta au conseil d'administration qui s'estima proprement indigné de ce qui était arrivé. Elle aurait pu molester ces pauvres garçons si ce brave Rusard n'était pas arrivé à temps ! On commençait à croire qu'engager des prédateurs sexuels devenait une habitude à Poudlard ! Dumbledore dut faire amende honorable et, à contrecoeur, fut obligé de renvoyer sa professeur qui pourtant n'avait rien fait de mal.
Celle-ci, compréhensive, décida de changer totalement de profession et de partir à l'assaut du ministère, persuadée qu'une telle situation avait déjà eu lieu auparavant et que des femmes avaient sans doute été lésées de la même manière qu'elle, alors qu'elle avaient été innocentes. La soutenant totalement dans son projet, Dumbledore la revit plusieurs fois par la suite, car elle était bien contente d'avoir au moins un ami qui n'en voulait pas à ses fesses.
Et voilà ! Au cas où, je me permets de préciser que Dumbeldore est gay, et que c'est pour ça que le charme de la Vélane n'agit pas sur lui. Ce qu'elle comprend très vite, d'où son amusement du début. J'espère que ce drabble vous a plus et je vous dit à demain pour la sixième année des Maraudeurs ! ^^
