Maudit poste et poste maudit

Note de l'auteur : Certains d'entre vous m'ont fait remarquer que dans son malheur, Dumbledore avait quand même de la chance de tomber tout le temps sur des professeurs compétents. Ce petit drabble vous fera peut-être changer d'avis... ;-)

Bonne lecture !


1975-1976 : L'auteur du manuel

Dumbledore avait attendu pendant la quasi-totalité des vacances que se produise une sorte de miracle, et qu'une candidature improbable arrive soudainement sur son bureau. Mais deux semaines avant la rentrée, il dut se rendre à l'évidence : il allait plus que jamais devoir se creuser les méninges pour trouver un professeur de DCFM. Sauf qu'à force de devoir en engager un nouveau chaque année, il fallait bien avouer qu'il commençait légèrement à être à court d'idées. La situation était certes difficile pour tout le monde, mais il trouvait qu'en un sens, c'était presque pour lui que c'était le plus compliqué.

Après avoir réfléchi assez longtemps et fait appel à quelques amis qui s'étaient tous avérés soudainement avoir un emploi du temps très chargé pour l'année à venir, Dumbledore ne dut son salut qu'à un pur hasard. Au bord du désespoir, il avait feuilleté le manuel de la matière, espérant peut-être que l'illumination viendrait au contact des pages, quand il avait vu, à la toute fin du livre, une phrase qui allait l'emplir de joie : « Édition revue et corrigée par Publius Fleurus, 1973 ». Il avait toujours pensé que le livre datait de temps immémoriaux et n'avait jamais été réactualisé, mais puisque c'était aussi récent, alors il y avait de fortes chances pour que l'auteur soit toujours en vie ! Et peut-être accepterait-il d'enseigner la matière dont il avait écrit le manuel ?

Le directeur avait aussitôt contacté le-dit Publius Fleurus, qu'il avait finalement trouvé assez facilement, et lui avait proposé le poste. Celui-ci, paradoxalement peu au fait de ce qui s'était passé au sein de l'école au cours des dernières années, accepta rapidement, au grand soulagement de Dumbledore. Il venait de finir son livre sur les différents sortilèges de bouclier et passer une année loin de l'écriture lui ferait sans doute beaucoup de bien. Sans compter qu'il apprécierait beaucoup d'être séparé pour un temps de son étouffante femme.

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Le professeur Fleurus était un petit homme vieux et rabougri. Les élèves n'avaient aucun mal à en parler de la sorte, car celui-ci avait réussi l'exploit de se faire détester en moins d'un mois. Totalement antipathique, il passait la moitié de son temps à demander le silence dans la salle, alors qu'on aurait pu entendre un Nargole voler, et l'autre moitié à lire son propre manuel à voix haute, ce qui ne rendait pas ses cours très vivants. Il leur donnait souvent des devoirs qui consistaient à ré-écrire mot pour mot ce qui était dans le manuel, et les quelques rares séances de travaux pratiques qu'ils eurent au cours de l'année furent ennuyeuses à mourir. Comme quoi ce n'était peut-être finalement pas si mal que leurs professeurs précédents n'aient pas vraiment suivi le programme à la lettre.

Ainsi, plus les mois passaient, et plus les élèves se sentaient frustrés. Frustrés de ne pas pouvoir pratiquer ce qu'ils apprenaient – ils avaient bien tenté de s'entraîner tous seuls mais les plus jeunes avaient vraiment de la peine à lancer les sorts sans avoir été guidés auparavant – mais aussi frustrés de devoir se contenir lors des rares fois où ils pouvaient pratiquer. Tant et si bien qu'après tant de frustration, il finit par arriver ce qui devait arriver : un accident.

Lors d'un des derniers cours de l'année, alors que les sixièmes années s'entraînaient à lancer à faible puissance un sortilège d'expulsion, le jeune Peter Petitgros, qui avait déjà du mal à lancer le sort sans parler de son intensité, trébucha sur un des coussins d'entraînement et toucha sans le vouloir son professeur avec un peu trop de force. Celui-ci fut projeté violemment contre le mur, tête la première, et resta ensuite inanimé au sol. Paniqués, deux élèves partirent en courant prévenir l'infirmière tandis qu'un Né-Moldu qui avait été Scout criait qu'il ne fallait pas bouger l'enseignant au cas où il aurait un grave traumatisme crânien. Quelques minutes plus tard, l'infirmière arriva au pas de course et, après avoir lancé quelques sorts de détection médicaux, conclut qu'il fallait l'envoyer d'urgence à Sainte-Mangouste.

Finalement, le professeur resta plus d'un mois dans un coma magique, mais se réveilla heureusement avec toute sa tête. Et la première chose qu'il fit à son réveil, fut de présenter à Dumbledore sa lettre de démission. Il préférait mille fois affronter sa femme au quotidien plutôt qu'une bande d'élèves ingrats et complètement incontrôlables. Au vu de ce qu'il avait entendu tout au long de l'année sur l'enseignant, le directeur se dit que ce n'était peut-être pas plus mal qu'il veuille s'en aller. D'autant que le jeune Petitgros se mettait à s'excuser en pleurant rien qu'à l'entente de son nom, alors il n'osait pas imaginer ce que ça aurait été s'il avait eu à l'avoir de nouveau face à lui en cours.


J'espère que ça vous a plu et je vous dit à demain pour le dernier professeur de l'époque des Maraudeurs ! ^^