Maudit poste et poste maudit
Note de l'auteur : Bonjour à tous ! Pour le drabble d'aujourd'hui, je me dois de vous prévenir que je suis partie un peu loin dans mon délire (disparition de Voldemort oblige), j'espère qu'il vous plaira ! ^^
Bonne lecture !
1981-1982 : Le hippie
Quand Dumbledore avait engagé Matthew Brown, il n'aurait jamais pu imaginer que le professeur finirait de la sorte. Originaire du Pays de Galles, il avait fait la plupart de ses études en Angleterre avant de partir faire sa thèse aux États-Unis. Après avoir enseigné un temps là-bas, Brown était revenu en Grande-Bretagne malgré le contexte houleux, pour postuler à Poudlard, où il avait commencé son apprentissage. Malgré le fait qu'il ne puisse se permettre de refuser une candidature en ces temps troublés, le directeur avait tout de même pris la peine de vérifier ses antécédents, et de lui faire passer un entretien qui avait plus relevé de l'interrogatoire. Après s'être assuré que Brown était bien ce qu'il prétendait être, il avait veillé lui-même à sa bonne installation pour se faire pardonner.
Heureusement, le professeur était de très bonne composition, et ne lui porta pas rigueur de l'accueil qui avait semblé un peu froid. C'était un homme de grande taille, avec de longs cheveux bruns attachés en catogan et une barbe assez fournie. Il arborait des lunettes à montures métalliques et une robe de sorcier mi-longue, en tweed, qu'il portait sur un pantalon de la même matière. Décidément, pensa Dumbledore avec un peu de nostalgie, les sorciers aux robes longues se faisaient de plus en plus rare. En tout cas, ce professeur avait l'air tout à fait sérieux, pour une fois, et il avait un programme solide qui saurait sans nul doute rassurer les élèves, qui étaient de moins en moins nombreux à l'école.
Heureux d'avoir trouvé un enseignant, le directeur priait pour qu'il ne finisse pas aussi mal que les précédents. Et surtout pour que la situation extérieure s'améliore.
o0o
C'était presque trop beau pour être vrai. Le dimanche premier novembre au matin, un vent d'incrédulité traversa la Grande Salle. Ceux qui étaient abonnés à la Gazette faisaient circuler leurs exemplaires, à la fois éberlués, soulagés et extatiques. Certains élèves partirent en courant prévenir leurs camarades lève-tard, et personne ne songea à leur rappeler que courir dans les couloirs était interdit. Dans tout le château, la rumeur enfla comme un raz-de-marée : Celui-dont-on-doit-pas-prononcer-le-nom avait été vaincu. Partout, les Aurors procédaient à des arrestations qui avaient longtemps été repoussées par crainte de représailles, ou lançaient des poursuites et des avis de recherche. Étonnamment absent au déjeuner, Dumbledore prononça le soir un discours qui en fit pleurer plus d'un. Il décréta ensuite une semaine de vacances en l'honneur de ce grand évènement, décision qui fit bien plaisir à tous.
Lorsque les étudiants revinrent en cours, certains pour la première fois depuis des mois car leurs parents n'avaient plus peur de les savoir éloignés d'eux, leur surprise fut grande de constater les changements qui s'étaient produits sur le professeur Brown en l'espace d'une seule semaine. Si certaines personnes, familières du monde moldu, comprirent tout de suite d'où avait pu lui venir l'inspiration d'une telle transformation, les autres ne comprirent absolument pas pourquoi leur enseignant ne se coiffait plus, marchait pieds nus et portait des robes aux couleurs vives et aux dessins vaguement psychédéliques.
La nature de ses cours avait également changé du tout au tout. Si auparavant ils avaient été d'une facture plutôt classique, alternant phases de théorie et phases de pratique, l'enseignant semblait avoir désormais décidé de bannir tout entraînement de la salle de classe, « pour ne pas provoquer d'ondes négatives et pour que personne ne se blesse ». À la place, ils apprenaient tant bien que mal les sorts défensifs dans leur livre, et s'asseyaient en cercle pour parler car après tout, « la meilleure manière de se défendre des Forces du Mal était peut-être simplement de leur envoyer de l'amour et des messages de paix. » Ce qui n'était guère convaincant, mais dans l'euphorie qui avait suivi la chute du Mage Noir, personne ne se plaignait vraiment. Après tout, ça permettait de faire discrètement une sieste de temps en temps.
Le seul qui ne semblait pas très satisfait de la situation était Dumbledore. Il avait bien conscience que, la guerre étant finie, il était normal de se relâcher un petit peu, mais de là à ce qu'un professeur n'enseigne plus du tout la matière pour laquelle il avait été engagé, il ne fallait quand même pas trop pousser. D'autant que le professeur exsudait des odeurs qui laissaient entendre qu'il fumait des herbes qui même dans le monde magique n'étaient pas tout à fait légales. La situation devint de plus en plus critique, et vers le mois de mars, convaincu que Brown ne reviendrait pas à ses premières méthodes d'enseignement, Dumbledore se décida à le renvoyer à la fin de l'année. Il l'aurait bien fait immédiatement, mais le temps de trouver un professeur remplaçant, ce serait sans doute handicapant pour les élèves.
Après les examens le directeur, qui n'aimait vraiment pas avoir à renvoyer un professeur, fut bien content de voir arriver dans son bureau monsieur Rusard, les bras chargés de paquets apparemment envoyés par le professeur Brown. Ceux-ci contenaient toutes sortes de plantes dont madame Chourave avait signalé l'étrange disparition quelques jours auparavant. Après un rapide examen, il s'avéra que ces plantes utilisées d'une certaine façon pouvait aisément permettre de laisser pour un temps son esprit s'évader quelque peu... Les paquets étaient adressés à diverses personnes en Grande-Bretagne, et il ne fallut pas très longtemps à Dumbledore pour comprendre que son professeur de Défense se livrait à un trafic hautement illégal.
Il le fit convoquer immédiatement dans son bureau, et lui fit savoir qu'il était renvoyé. Matthew Brown n'était visiblement pas dans son état normal puisqu'il réagit à peine à la voix du directeur, se contentant de sourire dans le vague. Dumbledore, atterré, secoua la tête, et demanda à Minerva de venir aider son futur ex-collègue à faire ses valises.
Un mois plus tard, le directeur appris que Matthew Brown était mort suite à la consommation d'une plante toxique dont il avait ingéré une trop grosse quantité. Se souvent de l'homme compétent et intègre qu'il avait rencontré en août et qui avait fait des merveilles durant les deux premiers mois de l'année, le directeur se dit que décidément, la chute de Voldemort n'avait pas changé grand chose au problème, et il semblait bien que le poste soit toujours maudit. Ce qui voulait peut-être dire que l'auteur de la malédiction n'était pas, hélas, aussi détruit qu'on le croyait.
Et voilà, j'espère que ça vous a plu ! ^^ Les derniers drabbles de ce défi seront, du fait de la chute de Voldemort, un peu moins violents...
À demain !
