Chers lecteurs, chères lectrices !

Chaque OS peut-être lu indépendamment. Mais il y a tout de même un fil conducteur… Le thème de l'amour, la mise en avant de personnages secondaires, et autre chose, mais ça vous le saurez qu'à la fin du recueil, à moins de le deviner !

Il est composé de 4 OS :

OS n°1 : Une larme figée pour l'éternité : Amour non-réciproque / rating K
OS n°2 : Je vis, je ris, j'aime… : La mort de l'être aimé / rating K(song-fic)
OS n°3 : Un rire cristallin et simple : l'homosexualité attention slash / Rating T
OS n°4 : Je voulais être digne de vous, \ scènes violentes / Rating T

Disclaimer : Les personnages et l'univers sont à JKR, le reste est à moi. Bonne lecture !

Je vis, je ris, j'aime

J'entre dans la Grande Salle. Je suis épuisée, autant moralement que physiquement. Mes membres souffrent sous l'effort fourni pour la bataille. Je tente de repousser ces images qui m'assaillent… Tous ces morts, tous ces corps, s'en est trop pour moi. J'ai juste besoin d'oublier, serrer fort mon fiancé dans mes bras, savourer l'instant présent, la joie d'être encore là. Je vois des corps partout : beaucoup de corps sans vie. Mon regard est attiré par une famille aux cheveux roux rassemblée autour d'un des leurs. Un mauvais pressentiment m'envahit aussitôt. Je me mets à courir vers l'endroit où ils sont rassemblés. Retenant à peine mes sanglots encore inexpliqués. George se retourne vers moi. Je le reconnais car il lui manque une oreille. Son visage est parsemé de larmes. Il avance vers moi et me serre dans ses bras. Je me dégage violemment et parcours les derniers mètres qui me séparent du corps de celui avec qui j'avais espéré une fin heureuse. Mon monde s'écroule.

J'reste
Avec mes souvenirs
Ces morceaux de passé

Je pose ma main sur la peau de son visage. Elle est plus froide que tout ce que j'ai pu toucher jusqu'à aujourd'hui. Peut-être est-ce dû à la glace qui enserre mon cœur ? Mes larmes coulent de plus en plus et je ne peux retenir mes sanglots. Ce n'est pas possible. C'est un cauchemar et je vais me réveiller.

- C'est impossible. Il, il, il n'est pas…

Ma gorge se serre : les mots n'arrivent pas à franchir la barrière de mes lèvres. Je ne peux pas le prononcer. C'est au-dessus de mes forces.

C'que j'voulais te dire
Reste sur des pages blanches
Sur lesquelles je peux tirer un trait.

Et pourquoi ? Pourquoi lui ? Quelqu'un qui avait tant à donner, et tant à recevoir ? Je m'assoie sur une chaise et contemple ce corps sans réellement le voir. Mon esprit est parti à des milliers de kilomètres de là. Quelques semaines en arrière : quand il m'a fait sa demande après avoir terminé une émission de Potterveille.
Il s'était tourné vers moi, l'air grave. Voir ma moitié comme cela m'a fait peur. Etait-il arrivé quelque chose ? Il s'est levé puis a posé un genou à terre tout en sortant une magnifique bague de sa poche. Il a déclaré d'un air solennel :

- Angelina Johnson, voulez-vous m'épouser ?

Jamais je ne l'ai vu aussi sérieux. Je l'ai regardé, abasourdie. Ne m'attendant pas du tout à cela ! Nous étions ensemble depuis longtemps, mais projeter un mariage en pleine guerre était de la pure folie ! Je l'aimais, c'est certain. Etais-je prête pour ça ? Il avait continué :

- Je ne sais pas ce que cette guerre nous réserve, peut-être que nous n'en sortirons pas tous deux vivants. Mais je veux que tu saches que je t'aime vraiment. Si je dois partir un jour, je veux le faire en sachant que j'ai osé te le demander. Et j'aimerais que tu me fasses une promesse si tu acceptes. Je veux que tu me promettes d'être heureuse si je pars, de continuer à aimer et à rire. Tu sais que j'aime tant quand tu ris. J'aime cette petite fossette qui apparaît sur tes joues. Et je te promets en retour que si tu pars, je continuerais à vivre, pour toi, pour nous.

Tu ne m'as pas laissé le temps
De te dire tout c'que je t'aime
Et tout c'que tu me manques

Jamais il ne m'a dit des mots aussi fort, et jamais je n'ai été capable de lui dire combien je tenais à lui. Combien je l'aimais.
Et maintenant c'est trop tard. Tu es parti loin de moi et je reste ici avec mes regrets. Regrets de ne pas t'avoir avoué la force de mon amour…

On devrait toujours dire avant
L'importance que les gens prennent
Tant qu'il est encore temps.

Les souvenirs que j'ai avec toi me reviennent. Notre premier baiser au bal du tournoi… Puis le calme plat pendant plus d'un an. Lorsque nous nous sommes revus après que j'ai décroché mes ASPIC. Notre première nuit, nos rêves d'enfants et d'avenir, nos promesses, notre amour. Tout se mélange, je vacille.

Pourquoi sans prévenir
Un jour tout s'arrête...

Je regarde les centaines de personnes présentes à l'enterrement décorer la tombe de mon fiancé. Je n'en connais pas la moitié. Je trouve cette cérémonie ridicule. Malgré cela, les larmes roulent sur mes joues, incontrôlables. Un trou béant s'est formé dans mon cœur et j'ai l'impression de ne jamais pouvoir le combler. Je me place derrière George et dépose ma fleur en même temps que lui sur la tombe de celui qui fut pour lui aussi sa moitié. Nous nous regardons et il me prend délicatement la main. Nous nous soutenons mutuellement dans cette brève étreinte puis je repars du côté de ma famille. Cherchant un soutien qui ne viendrait pas. Ils ne peuvent pas comprendre ce que je ressens. Ils ne peuvent pas savoir que jamais je n'oublierai l'odeur de sa peau, le goût de ses lèvres, la sensation de ses mains sur mon corps, sa voix lorsqu'il m'appelait mon ange, son sourire si beau, si éclatant.
Mon regard se dirige vers son jumeau. Il se tient à l'écart de sa famille, isolé. Je le vois et je sais que seule moi peux le comprendre. Je me dirige doucement vers lui et pose une main amicale sur son épaule. Il se dégage brusquement et s'éloigne de moi.

Tu ne m'as pas laissé le temps
De te dire tout c'que je t'aime.

Je suis seule dans ma chambre, je regarde une fois de plus ses photos que je connais désormais par cœur. Aujourd'hui, ça devait être ton anniversaire. Drôle d'ironie que tu sois né un premier avril… Tu aurais dû avoir vingt-et-un ans.
Ça fait presque onze mois que tu m'as quittée. Onze longs mois que je ne vis plus. J'essaie, je te le promets ! Mais chaque endroit où je vais me rappelle à toi. J'ai plusieurs fois croisé George, qu'est-ce qu'il te ressemble…

Tu n'm'as pas laissé le temps...

Je vois Fred rire à gorge déployée. C'est le portrait craché de son père. Il me dit brièvement au revoir et monte dans le train rouge l'emmenant pour Poudlard. Je sens la main de George serrer la mienne. Je le regarde, on se sourit. Roxane se serre contre nous et nous faisons de grands signes au petit roux que nous voyons s'éloigner en même temps que le train.
Je ne peux m'empêcher d'être heureuse pour lui en le voyant partir. Je me souviens de mon premier voyage comme si c'était hier : je l'avais passé avec les jumeaux et nous avions ri tout le voyage grâce aux farces des deux frères.
Mes yeux ne brûlent plus à ton souvenir. Tu es toujours là : au fond de mon cœur. Mais je ne suis plus triste en pensant à toi. J'ai compris que les pleurs étaient une insulte à ta mémoire : toi qui riais tant.
Auprès de ton frère j'ai trouvé le réconfort que je n'aurais jamais pu imaginer avec un autre. On s'est soutenu et maintenant on survit tous les deux, ensemble…
Tu vois, j'ai réussi mon amour.

Je vis, je ris, j'aime…

Note de l'auteur

J'espère que vous avez aimé ! N'hésitez pas à laisser une petite review ! Je sais que le titre du chapitre ne colle pas aux 3/4 du chap, mais je voulais rester sur une note d'espoir, une note positive. JE trouve la relation Angelina / Georges assez pathétique, et c'est ce que je voulais faire ressortir, j'espère que j'ai réussi ! ^^