Chers lecteurs, chères lectrices !

Chaque OS peut-être lu indépendamment. Mais il y a tout de même un fil conducteur… Le thème de l'amour, la mise en avant de personnages secondaires, et autre chose, mais ça vous le saurez qu'à la fin du recueil, à moins de le deviner !

Il est composé de 4 OS :

OS n°1 : Une larme figée pour l'éternité : Amour non-réciproque / rating K
OS n°2 : Je vis, je ris, j'aime… : La mort de l'être aimé / rating K (song-fic)
OS n°3 : Un rire cristallin et simple : l'homosexualité attention slash / Rating T
OS n°4 : Je voulais être digne de vous, \ scènes violentes / Rating T

Disclaimer : Les personnages et l'univers sont à JKR, le reste est à moi. Bonne lecture !

Je voulais être digne de vous

Je regarde cet objet maudit, le tournant lentement entre mes doigts. J'ai bêtement cru qu'il m'apporterait la sagesse et la connaissance, mais rien de tout cela ne s'est produit. Je n'ai récolté que la honte et le déshonneur, m'obligeant à me réfugier parmi les rats et autres créatures immondes. Je détaille cette sinistre forêt : le soleil doit être haut dans le ciel, mais la pénombre est reine et la peine grandit en moi. Les arbres sont noués et recroquevillés, comme s'ils souhaitaient eux-mêmes se protéger. Je n'aurais pu mieux peindre mon désarroi et ma honte. Comme j'aimerais retourner en Angleterre, voir Mère une dernière fois… Le château me manque, le soleil également. Mais l'acte que j'ai commis est un tel affront que je serais roulée dans la boue et je ne souhaite pas causer ce souci en plus à Mère. L'exil est mon choix, j'ai trahi ma famille et mes croyances, jamais je ne pourrai me le pardonner, jamais on ne pourra me le pardonner.

Je voulais tant lui ressembler. J'admirais sa force et son intelligence, son élévation d'esprit et sa soif de connaissance. Lors de l'élaboration de la chose, je n'étais plus, je n'existais pas pour elle, seul son précieux et sa magie comptaient.
J'étais tel un fantôme. Le vol de son emblème de maison ne fut pas l'idée la plus sage et réfléchie que j'ai eu de ma vie. La jalousie s'était emparée de moi. Cet objet représentait tout ce que je désirais : l'amour de Mère, l'intelligence et la connaissance. J'aurais tellement aimé qu'elle s'intéresse à moi autant qu'à ce maudit diadème. C'était son œuvre, mais en la réalisant, elle m'avait négligé et le seul enseignement que j'ai pu tirer d'elle fu finalement ce qui me mena à ma perte : l'envie.
Aveuglée par ce sentiment, j'ai alors retiré la cause de tous mes maux à ceux qui en avaient besoin. Sur cette maudite estrade reposait alors quatre totems : l'épée de Gryffondor, le médaillon de Serpentard, la coupe de Poufsouffle et l'objet de toutes mes tentations : le diadème de Mère.
Je ne savais pas. Je ne me rendais pas compte qu'en subtilisant un des quatre objets j'amputais symboliquement le château d'une maison.
Lorsque j'ai enfin pu me coiffer de cette couronne, j'ai ressenti des choses ignobles… Les conséquences de mon acte. Effet papillon.
J'ai alors tenté d'aller le reposer à sa place, comme si de rien n'était. Mais alors Peeves - l'esprit frappeur que cette chère Helga a défendu tant de fois devant un Salazar excédé – avait sonné l'alerte du vol. Avec sa finesse et sa discrétion habituelle…

« AU VOLEUR !
Au voleur !
Le symbole de Madame Serdaigle a disparu !
Le diadème qu'elle chérissait plus que son propre enfant a déguerpi des serres de cette vieille harpie ! »

Je ne sais toujours pas si Mère était si furieuse juste à cause du diadème ou si elle était en plus indignée par les paroles que cet esprit frappeur au nez si fin avait hurlé durant des heures dans tout le château.

Ceci dit, je n'eus pas longtemps à attendre pour voir quelle tempête j'avais déclenché au château. Je dissimulai le plus longtemps possible mon infamie. Mais mon silence fut le pire des agitateurs. Salazar fut accusé par Godric d'avoir lui-même volé le diadème. Et, tandis que Mère était inconsolable malgré les magnifiques métamorphoses réalisées par ses élèves et les merveilleux petits plats concoctés par Helga avec sa classe de cuisine magique, une dispute terrible éclata entre les deux hommes. Les voix s'entendaient de l'autre bout du château. Petit à petit, le diadème ne fut pas le seul sujet de discorde. Au terme d'un débat – plutôt duel vocal – suivi avec attention par les élèves qui petit à petit s'étaient levés. Salazar prit la décision de quitter le château. Selon lui, il n'avait plus place ici, les idées émises par les autres fondateurs ne lui plaisaient guère et son temps fut fait.

C'est ainsi que la moitié des élèves – n'ayant pas entendu le début de la dispute – pensèrent que Serpentard quittait le château suite à un désaccord sur le cas des nés-moldus.

Pour ma part, j'ai toujours su toujours la véritable raison de son départ et plus j'avançais, plus ma culpabilité devenait un étau dans lequel je me sentais de plus en plus étroite. Par un beau soir d'été j'avouai tout à ma mère, mon geste, le pourquoi de cela. Je m'apprêtais à lui rendre son précieux diadème lorsqu'elle me jeta en-dehors du château en me déshonorant auprès de tous les élèves. C'est alors que j'ai entrepris ce long voyage, chargé d'embûches et d'amertume.

Je sursaute en percevant des bruits de pas. Quelqu'un vient, je me relève, il faut absolument que personne ne trouve la chose. Je recule doucement, mon dos bute contre un grand chêne, je sens un creux au niveau du bas de mon dos. J'y pose la preuve de mon orgueil et jette discrètement quelques charmes afin de le fixer et de le masquer. J'aperçois une silhouette au loin, je n'ose pas avancer à sa rencontre. Peut-être passera-t-elle sans me voir, peut-être n'est-ce pas moi qu'elle cherche ? L'ombre se rapproche de plus en plus et je parviens à distinguer son visage. Mes jambes fléchissent, les battements de mon cœur s'accélèrent, c'est le Baron Filfrand !

Par Merlin, pourquoi se trouve-t-il ici ? Je lui ai pourtant énoncé clairement qu'il ne m'attire aucunement… Je devrais fuir, partir, m'envoler, mais je n'arrive pas à bouger, mes jambes sont comme bloquées. Je suis victime d'un sort, me suit-il ? A-t-il pu apercevoir l'endroit où j'ai caché la chose ?

Il parcourt lentement les quelques mètres qui nous séparent. La peur me saisit. Cet homme est déséquilibré et je ne sais pas ce qu'il s'est mis en tête d'exécuter. Je sens des larmes emplir mes yeux, l'angoisse monte et enserre ma poitrine et mon cœur. Je distingue plus précisément ses traits. Ses iris se posent sur mon corps sans pudeur, comme j'aimerais fuir ! Son sourire éclatant contraste avec l'ambiance morbide de la forêt, que va-t-il me faire ?

- Vous êtes là ma belle, je commençais à désespérer vous retrouver. Pourquoi vous être exilée si loin de nos contrées ?

Je déglutis lentement. Je n'ai ni l'envie ni la force de lui répondre. Ses yeux m'effraient, il a ce regard carnassier qui me trouble tant. Il s'avance de plus en plus. Une boule se forme dans ma gorge, j'ai froid.

- Tu ne veux pas me répondre ? De quoi as-tu peur ? Je ne te veux pas de mal.

Il me tutoie ! Il faut que je réponde quelque chose, que je l'arrête. J'ignore ce dont il est capable. J'ouvre la bouche, je n'ai pas adressé la parole à quelqu'un depuis une éternité. Que ce temps me paraît lointain ! Ma voix est rauque lorsque je déclare sans sentiment aucun :

- Je ne vous ai jamais permis de me tutoyer. Pourquoi être venu à moi, je ne vous aime pas. Et je vous avais prévenu, je ne veux plus vous entendre ni vous voir.
- Mais vous êtes à ma merci ma beauté, ne l'avez-vous pas encore compris ? Je voulais être sûr de pouvoir tout vous dire avant de repartir, de préférence avec vous.

Mes yeux s'écarquillent, Quel culot ! Jamais je ne le suivrai, plutôt mourir. Au moins, il a la décence de recommencer à me vouvoyer. Je suis supérieure à lui : il me doit le respect malgré les ignominies que j'ai pu réaliser par le passé.

- Vous hantez mes nuits et mes journées, et vous manquez à tout le monde au château.
- J'ai peur que cela soit faux, coupai-je soudainement.

Il ignora mes paroles et enchaîna :

- Depuis votre départ, je n'arrive plus à dormir, je m'inquiète pour vous, savez-vous comme la nature est dangereuse ? S'enfuir n'était pas la solution. Vous êtes partie, causant du tort à votre mère et me brisant le cœur en mille morceaux. Je n'arrive pas à oublier vos yeux, vos iris me pourchassent la nuit et vos dernières paroles la journée. Savez-vous pourquoi je suis là ? Votre mère est mourante, elle m'a envoyé vous chercher sachant que je ne trouverais le repos que lorsque je vous aurais vu une dernière fois. Si je suis là devant vous, c'est que je vous aime au-delà du possible. Je ne vois pas ma vie sans vous à mes côtés.
- Mère est mourante ?
- Elle souffre énormément et Sir Gryffondor ne lui donne plus que quelques mois à vivre. Elle est touchée par une maladie encore inconnue. Mais je soupçonne votre départ d'en être la cause. Elle ne mangeait plus et refusait toute visite, même de ses elfes de maison. Votre retour pourrait tout changer, j'en suis persuadé.

Quel mensonge, c'est un plan pour me ramener avec lui. Mère ne doit pas être attristée par mon départ. Les mots qu'elle a eus contre moi étaient trop forts. Elle me haïssait et je doute que ça ait évolué.

- Je ne vous crois pas. Mère me déteste, c'est elle qui m'a poussée à l'exil.

Quel excellent comédien, il ne laisse rien transparaître. Peut-être ne ment-il pas. Il semble réellement attristé, et je connais l'affection qu'il porte à Mère. Ses mains tremblent, je sens la colère s'emparer de mon interlocuteur.

- Pourquoi vous mentirai-je ? Je vous aime, et votre mère est mourante, je vous conjure de rentrer !

Son ton flanche, il semble si faible. J'aurais presque pitié de lui, mais je n'arrive pas à le croire. Je choisis la voie de la sagesse, en digne héritière de ma mère.

- J'accepte de rentrer, mais sans vous. Prenons chacun un chemin différent. Je vous méprise et n'apprécie aucune compagnie, encore moins la vôtre.

Tout se passe en un instant. Je le vois se mettre à trembler de tous ses membres. Un reflet argenté, il court vers moi, une vive douleur. Je sens ma bouche s'emplir d'un goût de fer. Ma vue se brouille, je m'effondre. Je perçois un grand cri. Rassemblant mes forces, j'ouvre une dernière fois les yeux, il s'écroule sur moi.

Pardonnez-moi, Mère, je voulais être digne de vous.

Note de l'auteur

Et voilà ! C'est ici que tout s'achève, j'ai eu énormément de mal à écrire ce dernier OS. Je ne trouvais pas d'idées. Je ne sais pas si vous l'avez remarqué, mais j'ai tout d'abord écrit sur une Serpentard, puis une Gryffondor, puis une Poufsouffle, je finis par une Serdaigle ! Vous pourrez constater que le style a évolué depuis le premier chapitre, même si j'ai essayé de réduire cet « écart » du mieux que je pouvais.
Petite explication pour ceux qui n'auraient pas compris, le baron Filfrand, c'est le nom que j'ai décidé de donner au Baron Sanglant. Car je suis sûre que son nom ne devait pas être « sanglant », les fantômes ont des surnoms ^^.
J'aurais pu écrire un OS sur Luna, mais je ne me sens pas à l'aise avec ce personnage, donc je la laisse à d'autres auteurs qui sauraient la traiter mieux que moi. J'ai donc eu beaucoup de mal à trouver un personnage oublié de la saga pour réaliser ce dernier OS. J'ai modifié le thème qui à la base était "la déclaration d'amour", car en effet, il y a une petite déclaration d'amour, mais ce n'est pas vraiment le thème du chapitre.
Cet OS a été modifié à plusieurs reprises. Et c'est pour un défi d'écriture que j'ai inséré le passage sur les fondateurs mais je l'aime beaucoup alors je vais le laisser comme ça ! :D

La bise à tous, et n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé !
crazy