Hello tout le monde ! Voici le chapitre 4 !

SI VOUS N'AVEZ PAS LU LE BONUS DE WAMMY'S GIRL : LE DÉPART DE MELLO, MIEUX VAUT QUE VOUS ALLIEZ LE LIRE AVANT DE COMMENCER CE CHAPITRE, SINON, VOUS RISQUEZ DE NE PAS COMPRENDRE GRAND CHOSE ET C'EST PIRE POUR LE CHAPITRE 5. Ah, et allez voir qui sont Justice et Blaze, en passant, vous comprendrez mieux. Et vous pouvez laisser une review... teheu teheu !

Bon, bref, voilà, j'ai averti. Si vous ne pigez rien ensuite, ce ne sera pas de ma faute.

Le chapitre 4 est enfin là. Il va sans doute y avoir un changement de style entre temps parce que je ne l'ai pas écrit au même moment. Donc, ça va devenir un peu moins gamin, après. Enfin, j'espère.

Guest : Lou C : Ah, mince, c'est vrai qu'il est un peu OOC... je vais tâcher d'arranger cette grossière erreur tout de suite. Mais sinon, je suis contente que cela te plaise. ^^ Ensuite pour Sayu un peu OOC aussi (décidément), je ne sais pas, comme on ne la voit pas tellement... mais c'est vrai que j'avais zappé la scène avec Matsuda. Merde de chez merde. Bon, on a tous notre côté gamin caché, après tout ! Je vais faire de mon mieux pour la suite...

Eeeeeh beeeeeh... plus rien à dire... ah, si encore quelque chose à dire, vous avez vu, j'ai changé le résumé ! Je n'aimais pas tellement le premier, j'en ai écris un autre et j'ai demandé à ma kokoro no dokusha ce qu'elle en pensait, et j'ai eu le feu vert ! Comme ce sont nos conversations qui m'ont inspirée pour le second résumé, je voulais son avis. Alors, vous en pensez quoi ?

Lisez ce chapitre avec... euh... ce que vous voulez ? Essayez Military Storm de Trance, je ne sais pas mais ça convient plutôt bien à la situation.

Bonne lecture !


Chapitre 4 :

Protection

Mello était assis, comme d'habitude, sur le dossier du canapé dans lequel se pavanait Rod Ross, qui entourait du bras deux pouffiasses gloussantes. S'il n'avait tenu qu'à lui, il les aurait déjà faite taire. Cependant, ça n'était pas de son ressort, malheureusement, et les deux bécasses continuaient de piailler gaiement. Heureusement que Sayu ne ressemblaient pas à ces deux connes… sinon, il ne l'aurait jamais, au grand dieu, jamais kidnappée et se serait rabattu sur la fille d'Aizawa. Mais si son choix s'était porté d'abord sur Sayu, c'était parce que Fukusha avait plus de mal à imiter des enfants, ce qui était compréhensible, et ensuite parce que la fille Aizawa, Yumi, s'il en croyait les dires de l'espionne, n'était pas tout le temps au Japon, sa mère devant prêter main forte à son frère, en Amérique. Certes, elle se trouvait aux Etats-Unis, mais il ne savait pas où, et son emploi du temps était donc plus dur à repérer.

La voix de Rod Ross le tira de ses pensées.

-Et donc, qu'est-ce que tu en penses, Mello ?

Il lui fut simple de retrouver la question, car son esprit vagabondait peut-être, mais il n'était pas tout à fait coupé du monde extérieur, et avait retenu la conversation ennuyeuse en entier.

Il donna sa réponse avec un ton intéressé. La mafia n'était qu'un pion, pour lui. Rien d'autre. Devenir le bras droit du chef et se faire obéir et respecter n'avait été qu'une simple question de temps. Il fallait dire qu'il avait reçu un sérieux coup de piston, en disant qu'il connaissait la fille Fireblade, l'unique membre de l'ancien clan mafieux le plus puissant des Etats-Unis, décimé par un accident d'avion. Le successeur principal, une fille, avait survécu alors qu'elle n'avait que quatre ans grâce à sa force titanesque, et avait été recueillie à la Wammy's sous le nom de Blaze, qui n'avait pas hésité à lui fournir son nom de famille pour l'intégrer à la mafia. Comme preuve, il n'avait eu qu'à montrer un des nombreux briquets de l'explosive rousse, gravé au nom Fireblade. Tout le monde l'avait cru, et il s'était intégré très rapidement, devenant vite le conseiller principal de Rod Ross, car ses méthodes et ses conseils étaient toujours justes, et avaient permis le développement rapide de l'organisation.

-Merci Mello, sourit Ross. Nous allons donc pouvoir tirer Enrick de ce mauvais pas, et récupérer un de nos meilleurs contrebandiers.

Du coin de l'œil, le blond vit Neylon se renfrogner. Il avait dû lui aussi donner une idée, qui devait être bien moins efficace que la sienne. Ancien bras droit de Ross détrôné par Mello, il lui vouait une haine irascible. Il s'en serait bien pris à Sayu si cela n'aurait pas nui à la mafia, et provoqué sa mort ou sa déchéance complète par la même occasion, et ne connaissait pas d'autres points faibles du gothique. Il savait que le jeune homme appréciait leur otage à force de le voir toujours aller discuter avec elle, mais cela de pouvait en rien lui nuire car s'il l'aimait bien, c'était son droit, et par ailleurs, cela valait mieux plutôt qu'elle ne se décide à se suicider, terrorisée.

-Enrick a été très con, souligna Ava, une des seules mafieuses que Mello appréciait parce qu'elle n'était pas idiote. À cause de lui, nous avons perdu une partie de la cargaison parce que cet idiot a oublié certaines règles de prudence. Si il n'était pas doué, il aurait mieux valu le tuer plutôt que craindre pour la sureté de l'organisation.

-Je suis d'accord, soupira Ross. Il a été bête, et je ne tolérerais pas une seconde erreur de sa part.

-Je serais d'avis qu'on le tue, grommela Ava, mais comme je l'ai dit, il est doué.

Elle considérait les hommes comme des choses inutiles qui ne servaient qu'à se reproduire, en féministe extrême, et la mort d'un membre masculin ne la dérangeait pas plus que ça. Chargée des assassinats, elle était plutôt douée pour s'introduire en pleine nuit dans une maison et éliminer la cible ou quiconque barrait sa route. Cela en faisait une mafieuse plutôt crainte. Elle admirait Blaze comme une idole, la dernière héritière du plus puissant clan mafieux, et heureusement pour Mello. Il n'avait pas eu de mal à obtenir l'amitié de la tueuse et sa sympathie. Peut-être que son allure androgyne et l'affection qu'il témoignait à Sayu y étaient pour quelque chose, il n'en savait rien.

Ava faisait souvent des sous-entendu comme quoi « heureusement qu'il sert à quelque chose, sinon, il vaudrait mieux l'éliminer », ce qui signifiait : tuons-le.

Elle respectait Mello, et se pliait à ses ordres, ce qui lui permettait d'avoir un contrôle sur les autres mafieux, qui évitaient de fâcher la jeune femme, réputée peu patiente.

-Pas encore, Ava, la repris Rod Ross, il restera en vie jusqu'à la prochaine bourde, et je te chargerais de son élimination. En attendant, si tu pouvais détruire les dossiers compromettants contre lui, ça m'arrangerait.

-Sale besogne, grogna-t-elle. Pourquoi je dois toujours me taper ce genre de choses ?

-C'est ton job, t'es payée pour ça.

-Je préfère les assassinats, t'as pas un truc pour moi, en ce moment ?

-Non, trancha Mello d'une voix glaciale. Pas de meurtres pour le moment.

Le claquement du chocolat qui se brise résonna sans appel dans la salle à présent silencieuse. Mello était craint. Mello était respecté. Mais surtout, il était écouté. Ses conseils permettaient de développer la mafia et il ne s'était jamais trompé. Le contredire menait irrémédiablement à la mort ou au déshonneur.

-Pourquoi ? cracha Ava.

Bien que déjà vaincue, elle ne pouvait s'empêcher de protester. Cependant, le jeune homme savait qu'elle crachait son venin sur les gens plus qu'elle ne mordait vraiment, et qu'elle se servait de sa réputation pour être tranquille, et qu'elle ne lui ferait jamais le moindre mal. Elle n'était pas la sadique assoiffée de sang qu'elle mimait, et il avait vu clair dans son jeu depuis longtemps.

-Les autorités sont sur les dents et prêtes à nous débusquer, expliqua-t-il calmement, la moindre erreur nous coûterait. La bourde d'Enrick est réparable, à condition que tu fasses ce qu'on te dise, Ava. Compromettre la mafia t'empêcherait de tuer sous couvert, ce que, je pense, tu n'apprécierais pas. Donc, contente toi pour l'instant de détruire ces dossiers et de te tenir prête si nous devons éliminer quelqu'un et calme tes envies de meurtres.

La mafieuse renifla sèchement mais se tut, soumise. Il était rare de gagner à une joute verbale contre Mello, qui savait dissimuler ses faiblesses et son passé. Personne ne pouvait trouver quoi que ce soit contre lui qui ne nuise pas à la mafia. S'opposer à lui, c'était s'opposer à la mafia et Rod Ross, s'opposer à la mafia et Rod Ross, c'était mourir. Tout le monde la savait. C'était la raison pour laquelle personne n'aurait jamais rien tenté contre Mello, et que la plupart se contentaient de nourrir une haine silencieuse à son égard, sans jamais oser lever la voix. Car le blond n'avait pas seulement de la réputation. Son image n'était pas du vent. Il avait prouvé à maintes reprises qu'il savait ce qu'il faisait, qu'il faisait ce qu'il voulait, et que le sort de ceux qui ne lui plaisaient pas n'était pas enviable.

-Bien, reprit Ross, maintenant, venons-en à ce qui nous intéresse.

Mello s'apprêtait à repartir dans ses pensées lorsque la seconde phrase du boss l'arrêta net.

-Mello, cela te concerne principalement.

Veillant à ne montrer aucun étonnement, le gothique haussa les épaules et croqua dans sa tablette. Ben voyons. De quoi ils voulaient causer, maintenant ?

-Je sais que tu t'entends bien avec l'otage…

Il hésitait à poursuivre, et ce n'était pas le jeune homme qui allait l'encourager. Les pouffes ricanaient et chuchotaient en le regardant, et échangeaient des petits coups d'œil de temps à autre.

-Mais les gars se demande ce qu'on en fait.

Mello avait compris l'allusion. Ce n'était pas le problème de si on allait la tuer ou non, ou quelque chose dans ce genre, c'était qui se la ferait le premier. Il ne soupira pas, ce qu'il aurait aimé faire, et pencha la tête sur le côté. Ce n'était pas lui qui parlerait et se proposerait le premier. Il attendait patiemment la suite, retenant d'avance un petit rire. Cela s'annonçait amusant. Il fit quelques prévisions, en se demandant s'il allait avoir raison ou non.

-J'veux bien me la taper, moi, commença finalement Neylon en débutant les hostilités par la même occasion.

Parce qu'une Sayu Yagami en robe de soirée, c'est canon tout de même. Seul Mello l'avait vue rire et savait à quel point la beauté qu'ils avaient tous vue était loin de la réalité. Sayu n'était pas seulement belle, elle était magnifique. Sublime. Rayonnante. Peut-être que ce n'était que son simple avis, mais dans ce cas, cela ne lui plaisait pas. Être le seul à penser à elle de cette manière plus douce, plus… romantique ? Il n'aimait pas ça. Il avait la sensation d'être… faible. Il croqua un carré de chocolat pour reprendre contenance, et se prépara à la prochaine réplique.

-Eh, égoïste, je la veux ! protesta Melson.

-J'vais pas te la laisser ! cria Mike, un mafieux plutôt pervers.

-Nan, je me la fais !

-Pas question !

-Eh, tu t'es entendu ?

-Je serais le premier !

-Non mais pour qui tu te prends ?

-Tu crois que t'as tout les droits ou quoi ?

-Salauds ! J'vais pas me laisser faire !

-Tu veux mon poing dans ta gueule ?

-Allez tous vous faire enc…

Des cris de tous genres fusèrent. Mello devait se retenir d'exploser de rire. Ses prévisions étaient justes. Les voir se battre comme des chiens devant un morceau de viande était une vision plutôt hilarante, et il se retenait de toutes ses forces. Visiblement, Ross aussi.

-VOS GUEULES LES CONNARDS, J'ME LA FAIS ! gueula Ava dans le vacarme. J'VAIS PAS VOUS LA LAISSER, ARRÊTER DE CROIRE QUE VOUS AVEZ TOUT VOS DROITS SUR ELLE !

-Mais t'es une fille ! s'étonna quelqu'un.

-Ah, oui, merde, c'est vrai.

Sa déclaration fit redoubler de force les hurlements, et la bagarre était sur le point de commencer.

Amusant, songea le blond en mordant dans son chocolat. Dès que je peux sortir d'ici, j'explose de rire et je crois que Ross va faire de même.

Le boss riait déjà, avec le rire du patron que ses petits amusent, mais on pouvait sentir qu'il faisait de gros efforts pour ne pas s'esclaffer.

Ava jeta un regard au gothique. Elle aurait adoré le secouer pour lui dire de bouger ses fesses et d'empêcher que Sayu ne se fasse violer, mais elle ne pouvait pas faire de mal à Mello, c'était impossible. Il l'effrayait trop pour ça. Elle l'appréciait en tant qu'ami et supérieur, mais elle le craignait également, lui et ses regards glacés, sa voix atone, son Beretta toujours chargé et son charisme écrasant.

La bataille continuait toujours, plus forte et plus violente. Certains en étaient venus au mains, seul moyen pour eux de faire taire les autres et de s'approprier la superbe créature enfermée dans la pièce d'à côté.

Near aurait-il pu résister à un charme pareil ? se demanda Mello.

Parce que cela signifiait que lui, l'insensible, le fort, le froid, avait succombé ? Qu'elle avait gagné ? Cela était inadmissible, et pourtant… il mordit sauvagement dans son chocolat. Penser à autre chose, penser à autre chose ! Il ne faisait que la rassurer, la taquiner, elle n'était qu'une amie. Qu'un otage, même ! Il n'en avait rien à faire si elle se faisait baiser par un autre, il n'en avait rien à faire ! Rien !

Alors pourquoi cette jalousie, pourquoi cette envie de la garder pour lui, pourquoi ce besoin de ne la donner à personne ?

Il la considérait juste comme une amie, c'était tout, et personne n'avait envie de voir son amie violée. C'était simplement ça, c'était juste ça ! Rien d'autre, rien de plus !

Tu es sûr ? le taquina une petite voix en lui (celle de Matt, tiens donc). Sûr que ce n'est que de l'amitié ?

Ta gueule, répliqua mentalement Mello en s'en voulant de se battre contre lui même pour une stupide histoire d'AMITIÉ !

Non mais oh. C'était pas l'OTAGE qui le traitait de GAMIN qui allait le charmer !

Qu'elle se fasse violer, s'ils en avaient envie. Il l'appréciait, certes, mais elle était une monnaie d'échange avant tout, une roue de secours ! Juste ça ! Il fallait qu'elle soit en bon état, mais s'ils voulaient s'amuser un peu, c'était une mauvaise idée d'être contre. Sa réputation en prendrait un coup, s'il décidait de la protéger.

-Calme les gars, calme ! beugla Ross. C'est pas la foire, ici !

Ceux qui se battaient s'arrêtèrent, tous se turent, plus ou moins lentement, mais au bout de quelques minutes, un silence à peu près acceptable régnait dans la pièce.

-Vous êtes vraiment des gamins, à vous battre comme ça pour une fille ! C'est rien que l'otage, hein !

-Ouais ben c'est une fille tout de même, pas un objet ! râla Ava. Bande de machos écervelés !

-Ta gueule, Ava ! répliqua Neylon.

-Va te faire foutre ! grogna la mafieuse. Je suis pas de bonne humeur, et j'ai la gâchette qui me démange.

Prudent, l'ancien bras droit de Ross préféra se taire, sachant qu'elle mettrait ses menaces à exécution à la prochaine offense. Entendre qu'une fille allait être traitée comme un objet l'avait déjà suffisamment énervée comme ça.

-On peut peut-être tirer à la courte paille ? tenta Glenn.

-Pas question, rétorqua sèchement Rashual, ce n'est pas juste.

-Ce serait le hasard !

-J'en connais des doués à la triche !

Une vague de protestation s'éleva, mais ce fut le coup de feu tiré par une Ava très en colère qui décida finalement Glenn que son idée n'était pas si bonne qu'il l'aurait cru.

-J'ai dit que c'était pas un jouet qu'on gagne à la loterie ! hurla la mafieuse. Y a des pouffes dans la mafia qui seront ravies qu'on les gagne au jeu, mais j'pense pas que l'otage soit ce genre de fille, pigé ?!

-… pigé, répondit docilement la foule de garçons d'un coup très calmes.

Rod Ross éclata d'un rire gras, amusé par Ava. Elle était une trouvaille particulièrement amusante, un joyau rare, qui le faisait beaucoup rire. Il appréciait cette tueuse à gages peu patiente, mais d'une efficacité exemplaire.

-Allez, allez, paix, Ava, répéta-t-il en riant. Ces messieurs ne sont certes pas des gentlemen mais tu devrais te calmer.

-Me calme si je veux, grommela-t-elle.

Mais c'était un ordre du boss, et elle n'avait pas d'autres choix que d'obéir. Mello la comparait beaucoup à Blaze et son caractère explosif. Blaze était encore pire qu'Ava, prête à tabasser tout ce qui ne lui plaisait pas, avec un vocabulaire encore plus imagé, et une intelligence plus grande encore. La rouquine enflammée prenait un malin plaisir à se battre (ou massacrer), et démolir ceux qui l'énervaient. Sa patience était encore plus maigre que celle d'Ava, et son habileté aux armes bien plus redoutable.

Le blond se demanda un instant si toutes les vrais mafieuses possédaient le caractère de merde des deux filles, et retint un sourire à cette pensée : les hommes avaient du souci à se faire.

-Un problème se pose, reprit le patron, à qui ira notre otage ? C'est un simple otage, à la base, une monnaie d'échange. Je ne vous ai pas autorisé à la toucher, pour l'instant, mais devant votre insistance, j'ai proposé l'idée. Cependant, mieux vaut ne pas la traumatiser. Si on veut pouvoir acheter son silence, ce n'est pas une bonne idée de la violer, vous ne pensez pas ?

-Je le pense ! renifla sèchement Ava.

Mais les autres mafieux, non. Ils jurèrent et protestèrent avec férocité, pas décidés à laisser partir leur « proie ». Aucun ne s'inclinerait, même pas en face du chef. La plupart ne plaisaient pas aux femmes, et devaient payer pour s'en faire une, alors posséder l'otage gratuitement, ce n'était pas de refus. Ils savaient tous pertinemment que celui qui l'aurait ne la lâcherait à personne, et le premier à l'obtenir la gardait pour toujours ensuite, jusqu'à sa libération. Un privilège qu'on ne voulait donner à personne, et surtout pas aux autres mafieux qui étaient dans les mêmes conditions.

-Pas d'accord ! rétorqua quelqu'un. On peut la droguer !

Dans le brouhaha ambiant, il était dur de repérer qui parlait, mais Mello avait identifié Mike. Son fort accent canadien le démarquait, mais sans doute le blond était-il le seul à l'avoir remarqué, les autres n'y prêtant que peu d'attention.

-Pas d'accord, répéta-t-il plus fort cette fois, tant qu'on en a une gratuit, on a le droit ! C'est un otage, pas un hôte de luxe ! Et on peu la droguer !

Des exclamations encourageantes accueillirent sa remarque, le poussant à poursuivre :

-Et puis, on l'a bien mérité. On bosse tous les jours, on obéit sans dire un mot, on fait ce qu'on a à faire, on doit bien avoir une petite récompense en plus, non ?

Très applaudit, Mike fit une petite révérence et salua son auditoire avec une courbette ironique. Ava, elle, fulminait. L'honneur des femmes était bafoué par ce con, et elle ne comptait pas laisser passer ça.

-Pour qui tu te prends ? l'apostropha-t-elle en se mettant à sa hauteur. Non mais je rêve !

Ils faisaient exactement la même taille en temps normal, mais portant des talons aiguilles, c'était Ava qui avait l'avantage. Mike ne pouvait pas la toiser de toute sa hauteur, comme il aurait rêvé de le faire.

Un petit cercle de mafieux attentifs et motivés s'était formé autour des deux protagonistes, survolté par l'atmosphère tendue. Mello croqua son chocolat et froissa l'aluminium vide, qu'il jeta par dessus son épaule. Il n'eut pas besoin de vérifier que le papier était tombé en plein centre de la poubelle et s'avança pour mieux voir.

-Je te parie tout ce que tu veux sur Mike, lui glissa Neylon à l'oreille.

Il pensait que Mello sursauterait, mais le gothique l'avait entendu arriver bien avant qu'il ne parle.

-Cent dollars sur Ava, répliqua le blond.

-Comme tu veux, mais attends toi à perdre.

L'autre haussa les épaules avec un sourire tranquille. C'était uniquement la fierté masculine de Neylon et sa haine envers lui qui le faisait parier sur Mike, sinon, il aurait donné Ava gagnante sans hésiter.

-Pas de mort ! rappela Ross. On n'a pas besoin de perdre des effectifs.

-Blessures graves exclues également, ajouta Mello. L'hôpital est truffé de flics qui n'attendent que de nous voir pour nous sauter dessus. Et, sachant que les morts ne parlent pas et ne sont pas jugés, nous agirons au plus vite pour faire taire et… « protéger » les inutiles qui seront capturés.

Son ton cynique fit frissonner la foule, mais l'adrénaline ne redescendit pas. Tous les regards étaient portés sur les deux combattants qui se toisaient mutuellement. Les yeux sombres de Mike étaient fichés dans les prunelles vertes d'Ava. Leurs deux têtes brunes, presque à la même hauteur, ne bougeaient pas.

-Tu veux jouer à ça ? releva l'homme. Reste donc dans la cuisine ou à la maison pour t'occuper des gosses et du ménage, ça vaudra mieux.

Ava n'était pas une patiente. Cependant, ne rien répliquer et frapper aurait été considéré comme une marque de faiblesse, et elle ne voulait pas paraître sans répartie.

-T'as aucun droit sur les femmes, puceau, cracha la jeune femme. Va pas croire que ce sont tes putes qui vont t'apporter la moindre gloire. T'aurait mieux fait de jouer au foot, t'aurait peut-être été un peu moins minable.

Elle fit une moue dégoûtée, comme si Mike en face d'elle venait de se changer en un tas de déchets.

-Pétasse ! ragea Mike.

-T'es rien qu'un minable pervers sans couilles, t'as rien entre les jambes, tu mérites d'être castré, ça ira mieux !

-Connasse…

-Franchement, monsieur j'ai-pas-de-testicules, tu devrais améliorer ton vocabulaire. T'as rien dans le crâne, rien dans le froc, sincèrement minable, je te souhaite de mourir, ça abrègera ta bêtise.

-T'as rien à dire, sale pute ! Les femmes, c'est fait pour obéir et fermer leur gueule, c'est tout !

L'homme serra les poings, s'apprêta à lui cracher à la figure… et se reçut un genoux violent entre les deux jambes, suivit d'un coup de pied en plein ventre. Il fut littéralement éjecté dans les airs et atterrit lourdement au sol.

Ava, les yeux emplis de colère, venait de déclencher les hostilités.

Mike se releva péniblement. Un coup entre les jambes aussi abrupte était particulièrement douloureux, et un talon aiguille d'une force incroyable dans l'estomac n'était pas quelque chose de doux.

-C'est bien ce que je disais, siffla Ava, rien entre les jambes, rien dans le bide, c'est pour ça que tu te relèves !

Mike renonça à sortir son pistolet, respectant les règles du jeu, et se jeta sur elle en rugissant de douleur.

-Voyons ce que t'as de le crâne, connard ! hurla la mafieuse en lui envoyant son poing dans la figure.

L'autre retourna illico presto faire ami-ami avec le sol.

-Salaud ! cria encore la jeune femme en lui shootant dans les côtes. Va te faire enculer, bâtard ! Sale bouffon ! Je t'emmerde haut et fort !

Elle lui donna encore quelques coups avant de retenir son pied et de reculer en reniflant sèchement.

-Embarquez le hors de ma vue où je le tue.

Quelques amis du canadien le traînèrent vivement hors de la pièce. Il était assommé, et avait bien besoin d'un petit séjour à l'infirmerie.

-Pas de blessures graves ? risqua quelqu'un d'un peu imprudent.

Dans l'état où elle était, elle pouvait tuer tout ce qui bougeait de sang-froid sans le moindre ressentiment.

-Rien de pas soignable à l'infirmerie pour cet enculé de sa race des cons, je me suis malheureusement retenue.

Elle avait l'air franchement en colère, et personne ne contesta sa victoire. La mafieuse se retenait de ne pas aller massacrer Mike, qui bafouait l'honneur féminin avec ses insinuations macho.

Les doigts gantés de Mello se déplièrent pour se tendre en direction de Neylon, qui sortit un billet de cent dollars en râlant. Le gothique le mit dans sa poche avec un petit sourire aux lèvres. Ava ne le décevait jamais.

-Bon, reprit Rod Ross en riant, voilà une chose de faite. Maintenant, revenons-en à nos petites affaires.

Petites affaires… étrangement, Mello n'aimait pas ces mots. Il n'aimait pas qu'on parle comme ça de Sayu. Ça lui déplaisait vraiment. Ils osaient insinuer qu'elle était une petite affaire… un simple otage…

Bon sang, c'était ce qu'elle était ! Il ne devait pas… il ne devait pas commencer à penser comme ça ! Non, se dire qu'elle était précieuse… qu'elle lui était précieuse… ça ne devait jamais arriver !

Elle lui était précieuse… quelqu'un de précieux pour lui… quelqu'un qui lui était précieux…

Ces mots firent remonter en lui un souvenir ancien, une voix désespérée, des pleurs, un cœur en miette, datant du jour où il était parti.

« Si tu trouves quelqu'un d'important pour toi, quelqu'un qui compte, quelqu'un que tu aimes, quelqu'un qui t'es précieux, jure moi d'accepter tes sentiments, à n'importe quel prix, de profiter de chaque seconde avec cette personne, de l'aimer plus que tu ne t'aimerais jamais, et de ne jamais l'abandonner jamais. Même si tu détruis son monde, ou si elle détruit le tien, promets-moi de l'aimer toujours, et toujours la protéger, même si tu dois mourir pour ça. De ne pas laisser partir ta chance de la garder en vie, de la sauver de la mort. »

Il avait juré. Il avait promis. Il… il avait donné sa parole à une Justice anéantie.

Le jeune homme prit une discrète inspiration, et expira longuement.

Sayu.

Ce qu'il ressentait pour elle ne pouvait pas être faux. Ça ne pouvait pas être un simple syndrome.

Mello aimait Sayu.

Plus qu'il n'avait jamais aimé personne.

Son cœur lui appartenait. Il avait nié ce sentiment, nié ce coup de foudre, refusé ce que son âme lui hurlait. Elle n'était sensée être qu'un otage, elle était passée du statut de monnaie d'échange à celui d'être le plus précieux au monde.

Arrêter Kira, devenir L, battre Near, incarner la justice, s'il devait tout échanger pour sauver la vie de Sayu, il le faisait sans hésiter.

Il devait la protéger. Il avait donné sa parole.

« -Promets-le moi, Mello.

-Je ne… comprends pas, Just.

-Jure-le.

-Tu ne vas pas bien…

-Jure-le !

-Just…

-JURE-LE !

-Je… d'accord. C'est juré.

-Fais le avec ton cœur. Pas parce que je deviens folle.

-Justice… je te donne ma parole d'honneur. Je jure sur ce que j'ai de plus cher que je tiendrais ma promesse.

-Bien, Mello. C'est bien. Mais si tu manques à ta promesse… je le saurais… et je détruirais tout ton monde. Je nous tuerais tous. Matt en particulier. Je me suiciderais dans d'atroces souffrances, et je te laisserais seul, souffrant d'avoir trahi ton univers.

-Ça n'arrivera pas, Justice.

-Oui, j'en suis sûre. Mais je deviens folle, tu le sais aussi bien que moi. »

Mello retint un soupir. Il espérait que son amie n'avait pas perdu toute sa tête et était encore en vie. Détruite par la mort de son amour, elle n'avait pas supporté non plus son départ, et son rendu état instable l'avait torturé pendant les premières semaines de sa fuite. Elle aurait été capable de se torturer et de se suicider après avoir traqué et massacré Kira, et c'était pour cette raison qu'elle et les Wammy's girls avaient renoncé à la poursuite du criminel. Trop solidaires, elles n'auraient pas arrêté Kira, elles l'auraient laissé à Justice, qui l'aurait tué sans aucune hésitation.

-Je propose qu'on se la partage, disait Rod Ross, tirant Mello de ses pensées sombres.

Un brouhaha insupportable régnait dans la pièce, chacun voulant s'approprier l'otage.

Le blond aurait adoré rester stoïque et se taire.

Mais il avait donné sa parole.

-Elle est à moi, dit-il simplement.

Il était presque surpris de l'avoir dit.

Le silence s'était installé dans la salle, silence instantané, obtenu par le seul son de sa voix.

-Elle est à moi, répéta doucement Mello. Je ne la donnerais à personne. Vous avez déjà vos putes personnelles. Je garde la prisonnière pour moi. Elle m'apprécie, autant qu'elle ne soit pas traumatisée. Compris ?

Personne ne contesta. Personne ne parla. Sayu était à Mello.

Le jeune homme promena son regard glacial sur l'assemblée, se leva, et quitta la pièce. Il avait tenu une partie de sa promesse.

Les mafieux se regardèrent, et finalement, se dispersèrent également.

Vaincus.

Car, qu'est-ce qui les attendait, si jamais ils osaient protester ? Ils le savaient tous très bien.

Ce qui les menaçait n'était pas simplement le terrifiant bras droit de Rod Ross.

Non.

C'était la mort.


Merci d'avoir lu !

Désolée pour les deux OCs, Ava et Mike, mais sur le coup, j'avais vraiment envie de faire intervenir une mafieuse. J'aime bien Ava... elle me rappelle Blaze. Pour Mike, je n'avais pas mon Death Note 13 sous la main et j'avais oublié le nom des autres mafieux (rajoutés après) donc j'en ai créé un nouveau... j'espère que ça ne vous a pas gêné.

J'ai essayé de mettre en valeur la position de Mello au sein de la mafia, comment il la voit et comment il est parvenu aussi vite à ce poste. Pour ceux qui ne connaissent pas Blaze, c'est un de mes OCs, une Wammy's girl, qui a un trèèèèès mauvais caractère plutôt explosif. Son histoire est racontée dans Wammy' girl Near, Mello and Matt génération. Mais si vous avez lu le bonus, vous savez où la trouver... 'fin bref.

Voilà pourquoi il fallait lire le bonus : j'y fait allusion et c'est dur de réellement comprendre dans quel contexte on lui a dit ça et pourquoi il se sent obligé de tenir sa promesse.

Pardon pour le langage un peu cru mais ce sont des mafieux... et j'adore les jurons.

Bon, ben... au prochain chapitre !

Des reviews, s'il vous plait (yeux de bambi) ? N'oubliez pas, je me fiche de la date... mais pas de votre avis !