Oh là là ça faisait longtemps ! Je vous ai manqué ?
Bon, bref, nous revoilà avec un nouveau chapitre... je sais, je suis en retard sur la publication ! Et ça va sans doute recommencer car tata Chiza est trèèèèèèèèès pas inspirée pour le chapitre suivant qu'elle a commencé, euh aujourd'hui, ce qui signifie qu'elle n'en a plus en avance. Yeepee. Désolée...
SI VOUS N'AVEZ PAS LU LE BONUS DE WAMMY'S GIRL NEAR, MELLO AND MATT GENERATION, LE DÉPART DE MELLO, FILEZ VITE LE LIRE, SINON, VOUS N'AVEZ PAS BIEN COMPRENDRE !
Ça, c'est dit... et je vous recommande vraiment de lire le chapitre sur Justice avant ça. Sinon, évidemment, ça va être un peu flou. Ah, et laissez une review, je... non, j'arrête, je vous avais déjà fait le coup avant.
Je vous conseille, non, vous ordonne XD, de lire ce chapitre avec Sanza Nuvole d'Alessandra Amoroso, qui va très bien avec.
Guest : prochain chapter : La suite, la suite, alala... elle va être longue à venir, sans doute... sinon, je suis contente que tu aimes ma fiction, merci beaucoup !
Et bah... bonne lecture ! Ceci est mon cadeau de Noël !
Chapitre 5 :
Déclaration
-Near, j'ai gagné !
-C'est vrai, je suis Kira !
-J'ai beau leur parler, ces abrutis ne comprennent rien…
-Mais qu'est-ce qu'elle fout cette conne ?
-M… merde…
Sayu se réveilla en sursaut, avec pour dernière image, le visage de Mello. Cette voix… terrifiante… une voix de fou…
-C'était juste un rêve, se rassura-t-elle.
La jeune fille se roula en boule sur le sol froid et serra les poings, s'obligeant à arrêter de trembler. À qui appartenait cette voix ? Elle était sûre de l'avoir déjà entendue… les paroles étaient floues dans sa tête, et sa seule vision était celle d'une pomme qui pourrissait dans le noir. Impossible d'identifier celui qui parlait. Elle soupira et s'assit. Elle était adulte, maintenant, quoi qu'en dise Mello, elle n'allait pas se mettre à s'affoler pour un simple cauchemar.
Petite, ça l'avait toujours terrifiée. Elle faisait fréquemment ce genre de rêves où elle ne voyait presque rien, n'entendant juste que des bribes de paroles floues.
Son rêve le plus net et le plus effrayant datait, mais elle s'en souvenait comme si c'était hier. Elle avait entendu un garçon qui parlait en anglais, et qui tentait apparemment de convaincre une jeune fille, parlant anglais également, de ne pas se suicider. Mais celle-ci avait repoussé un à un chacun de ses arguments calmement, et finalement, le reste de la discussion s'était accéléré jusqu'à en devenir incompréhensible, et elle avait entendu un cri déchirant, désespérés, avant d'avoir la sensation de tomber. Ensuite, elle avait entendu des pleurs, des sanglots, et des rires terrifiants, des rires de fou, un feu qui brûlait… et avait vu du sang. Du sang, partout. Des rires, du sang. Des cadavres. Apeurée, elle s'était réveillée en sursaut, et n'avait pas pu se rendormir. L'enfant qu'elle était alors avait longtemps pleuré et cauchemardé à ce sujet, gravant chaque partie de ce rêve dans sa tête pour l'éternité.
Si elle avait oublié le contenu de la conversation, trop lointaine et trop floue, rendue incompréhensible à cause de l'anglais, le cri était resté en elle. Abyss. C'était ce mot qu'elle avait entendu, mot hurlé par quelqu'un de complètement désespéré. Mais était-ce un mot ou… un nom ?
-Je dois me calmer, fit Sayu en secouant la tête.
Repenser à ses cauchemars d'enfance ne l'aiderait pas à se rendormir… elle se leva pour marcher un peu et oublier son rêve.
Cela faisait deux jours que Mello n'était pas venu. Elle se demandait bien ce que ce con fichait. Il avait promis de venir la voir tous les jours… il était juste passé en coup de vent, hier, assez en retrait et gêné, agissant étrangement. Il avait dû repartir quelques minutes plus tard, et elle n'avait pas vraiment compris pourquoi et comment il était devenu aussi bizarre. Depuis « l'expérience » de Mello, elle se doutait bien qu'il n'arriverait pas à lui reparler normalement, mais là… il ne paraissait pas froid, pas détaché, mais… différent. Gêné. Jouer avec elle semblait ne plus l'intéresser, mais l'embarrasser. Elle était presque contente de ne pas avoir eu à reprendre leur discussion, mais elle n'aimait pas ce brusque revirement d'attitude.
-Calme, ma vieille, se morigéna-t-elle, normalement, en tant qu'otage, tu devrais être contente qu'il te laisse tranquille.
Certes, mais en tant qu'amoureuse, elle se désespérait vraiment.
On dirait un remix de Roméo et Juliette, songea-t-elle. Je suis vraiment trop romantique et cliché…
Elle était idiote. Très idiote, trop idiote. Tomber amoureuse de son ravisseur. Quelle idée stupide ! Il s'amusait avec elle, il l'aimait bien, mais en tant qu'amie, la possibilité qu'il l'aime était dans les négatifs. Cette constatation lui déchira le cœur.
-Je te hais, murmura-t-elle.
Pour l'avoir kidnappée. Pour jouer avec elle aussi ouvertement. Pour se moquer de ce qu'elle pouvait ressentir. Pour ne la voir que comme une expérience. Pour la laisser seule alors qu'elle avait besoin de lui. Pour être aussi désirable.
Pour l'avoir fait l'aimer à un tel point qu'elle en avait mal.
-Abruti, grommela-t-elle.
Quoi qu'elle fasse, elle ne pouvait pas s'empêcher de penser à lui. La jeune fille se tourna vers le mur et posa son front contre la paroi glacé. Le contact froid ne lui fit rien. Elle hésita à frapper sa tête contre le mur, mais renonça. Ce n'était pas en se blessant qu'elle oublierait cet amour impossible, bien au contraire.
-Crétin, crétin, crétin. Je ne te le pardonnerais jamais. Jamais, jamais, jamais.
Ses poings se crispèrent et elle planta ses ongles dans sa paume. Elle devait se mordre la lèvre pour ne pas hurler sa rage. Une haine glaciale la dévorait.
Mais ce n'était rien en comparaison du feu brûlant qui coulait dans ses veines, de ce brasier ardent dont la chaleur était insupportable, de cet amour volcanique qui l'embrasait intérieurement et faisait fondre sa colère.
Elle avait mal. Elle avait vraiment trop mal. C'était la première fois qu'elle aimait quelqu'un aussi fort. Elle savait très bien que lorsqu'on était amoureux, on ne faisait pas que voir la vie en rose et chanter du matin au soir. Foutu cliché. Il pouvait être réel, mais dans son cas, non.
Pour elle, la vérité était bien plus cruelle. Dans son cas, on souffrait. À cause de l'autre, pour l'autre. Parce qu'on ne savait pas s'il en aimait une autre, s'il n'était pas déjà pris, s'il avait envie d'avoir une relation. Si ses sentiments étaient les mêmes que les vôtres, aussi forts et aussi ardents. Cette ignorance faisait tellement mal ! Plus on aimait l'autre, plus la douleur était forte.
Dans le cœur de Sayu, aimer Mello, c'était le désirer, le vouloir, rêver de lui, s'emballer à chacune de ses paroles, défaillir à n'importe lequel de ses sourires, vouloir devenir son égal, avoir besoin de lui, l'adorer et le réclamer à un tel point que cet amour ce transformait en haine.
Haine de devenir son esclave. Haine d'être dépendante de lui. Haine de souffrir par sa faute. Haine que ses sentiments ne soient pas réciproques.
Elle l'aimait tellement qu'elle l'en haïssait.
Des larmes roulaient sur ses joues. Elle réprima un sanglot avec difficulté et ferma les yeux pour contenir ses pleurs.
Ce n'était pas le moment de s'apitoyer sur son sort.
Elle n'était pas bien dans ses vêtements. On lui en avait fourni d'autres, mais ils étaient trop grands et elle préférait les siens. Elle n'était pas à l'aise, elle voulait tout casser, hurler, s'enfuir. Mais évidemment, elle ne pouvait pas. Comment l'aurait-elle pu ? Elle ne savait pas où elle était, elle n'avait aucun moyen de contacter de l'aide, elle allait se faire rattraper très vite, personne ne la croirait vu que personne ne savait qu'elle avait été enlevée et elle risquait gros en tentant de s'évader. Mais surtout, la présence de Mello la retenait ici plus efficacement que des chaînes.
Maudit soit ce con !
-Je te hais, siffla-t-elle en contenant péniblement un sanglot, je te déteste !
-Je ne savais pas que tu me haïssais tant que ça…
Sayu sursauta mais ne se retourna pas. Elle n'avait pas entendu arriver Mello, comme d'habitude.
Le jeune homme referma doucement la porte derrière lui et avança d'un pas. Elle ne bougea pas, pas plus qu'elle ne s'autorisa à lui faire face pour voir son visage.
-Je vois que tu as enfin décidé de venir me voir, dit-elle d'une voix railleuse. Tu t'autoriserais donc une nouvelle expérience ?
Je te hais, je te hais, je te hais ! pensa-t-elle en même temps. Elle ne savait pas ce qui était le plus dure, entre garder un masque de nonchalance haineuse et résister à l'envie de fondre dans ses bras et lui dire qu'elle l'aimait.
Il ne répondit pas, à son grand malheur. Mais elle ne se retourna pas. Elle ne voulait plus le voir. Elle voulait l'ignorer. Il avait suffisamment joué avec elle. Maintenant, c'était assez, elle ne se laisserait plus faire.
-Qu'est-ce que tu veux ? cracha-t-elle. J'étais contente, sans toi.
Elle ne put en dire plus, bloquée par les larmes qui montaient. L'envoyer loin d'elle la tuait, mais ce n'était rien en comparaison de la douleur qu'elle ressentait en pensant qu'il jouait juste avec elle. C'était mieux ainsi. Ils n'étaient pas faits pour être amis. Il valait mieux qu'elle détruise tout de suite leur amitié avant que son amour pour lui ne prenne le dessus. Elle le regretterait toute sa vie, mais pas autant que si elle lui pardonnait dès maintenant et qu'ils redevenaient amis.
-Je vois, constata doucement Mello. Tu me hais.
La colère transpirait de ses mots, et son ton placide n'était qu'une apparence. Elle l'avait très bien entendu.
-Je te déteste bien plus que tu ne peux l'imaginer, connard ! lança-t-elle pour déclencher les hostilités.
S'il la détestait, ce serait encore mieux. Comme ça, elle s'en voudrait moins.
-Et je peux savoir d'où vient cette soudaine… haine ? siffla le blond.
-De te petite expérience d'il y a deux jours, répliqua-t-elle. Je dois dire que ton petit numéro d'amitié m'a leurrée, et je t'ai vraiment fait confiance. Maintenant, n'y compte plus.
Qu'il la pardonne. Qu'il ne la croie pas. Qu'il comprenne. Il était bien plus intelligent qu'elle, il ne se laisserait pas berner.
Mais si d'habitude Mello aurait bien compris ce qu'elle souhaitait, il était en ce moment fou de rage. Contre elle, contre lui. Cet amour qu'il s'était découvert lui faisait mal. Et savoir qu'elle le détestait… il en perdait ses moyens.
-Très bien Yagami, puisque tu le prends comme ça, je comprends très bien ce que tu veux dire, lâcha sèchement Mello.
Yagami. Il ne l'avait pas appelée Sayu, mais Yagami. Pour la jeune fille, ça signifiait qu'il n'avait pas compris, mais qu'il avait choisi aussi de la détester. Maintenant, ils se haïssaient tous les deux. C'était bien. Même si les larmes qu'elle retenait de toutes ses forces venaient rouler sur ses joues.
Elle ne put pas répondre, la gorge serrée de chagrin, ne s'autorisant pas la faiblesse d'essuyer son visage trempé par ses pleurs. Mais le mafieux prit son silence pour de l'arrogance.
-Salope, persifla-t-il, j'ai été sympa avec toi et voilà comment tu me remercies. Tu n'es qu'un otage, sans aucune valeur ! N'oublie pas que tu n'es qu'une monnaie d'échange, un simple objet !
C'était dur. Aussi dur à entendre qu'à dire. L'un et l'autre encaissèrent le choc, l'un bouillant de rage et l'autre glacée de douleur.
-Heureuse de n'être qu'un objet pour toi, je savais que je n'étais même pas ton amie, juste une expérience. Tu m'as bernée, tu m'as laissé me bercer de l'illusion que j'avais de l'importance pour toi. Je suis tellement contente que tu révèles ton vrai visage avant de me laisser pour toujours, monstre !
Sayu entendit un choc violent tout proche et vit le poing de Mello qui venait de percuter de mur juste à côté d'elle. Elle ne déglutit pas et laissa ses cheveux masquer son visage trop ravagé par la tristesse pour afficher de la peur.
-Monstre ? Je suis donc un monstre pour toi ? Parfait, alors, objet, nous sommes quittes !
-Oui, murmura-t-elle, parfait. Tu n'es qu'un monstre d'égoïsme en qui j'ai en tort d'avoir confiance !
-Parce que tu m'as un jour fait confiance !
Le sanglot qu'elle contenait perça dans sa voix, contre son gré. Mais elle n'en pouvait plus. Elle n'en pouvait plus de se disputer avec lui alors qu'elle aurait voulu de toutes ses forces qu'il parte ou la frappe.
Elle l'aimait tellement qu'elle l'en haïssait.
Non.
Maintenant, elle le haïssait tellement qu'elle ne pouvait plus que l'aimer.
Et à présent, devoir supporter sa rage, devoir supporter d'entendre ses mots si blessants, devoir supporter de lui faire du mal, c'était trop pour elle.
Elle n'était pas aussi douée que lui pour masquer ce qu'elle ressentait vraiment. Elle n'avait réussit que parce qu'elle pensait qu'il allait la laisser.
Mais elle ne pouvait pas tenir plus longtemps.
-Oui, je t'ai fait confiance ! cria-t-elle d'une voix brisée de larmes. Oui, j'ai cru en toi ! Oui, je pensais que nous étions amis, que tu m'appréciais !
Elle fit un effort qui lui parut insurmontable pour continuer à parler.
-Mais j'avais tort ! Je ne suis qu'un otage, qu'une monnaie d'échange, qu'un objet pour toi, je ne suis rien ! Même pas… même pas un être humain ! Tu m'as trahie, tu as trahi a confiance, juste pour une putain d'expérience de gosse à la con ! Va te faire foutre, sale connard ! Tu es juste égoïste ! J'ai besoin de toi, tu m'abandonnes ! Tu m'as trahi comme un lâche, et tu oses m'en vouloir ! Tu es un monstre d'égoïsme et d'égocentrisme ! Tout ça pour une saloperie d'égo de merde ! Je te hais plus que tout au monde ! Tu es encore pire que Kira ! Je crois que ton mentor, ton L, ne serait pas fier de toi !
-De quel droit tu oses parler de lui comme ça ? hurla Mello. Tu ne sais rien de lui !
-Toi non plus ! s'exclama-t-elle, désespérée. Tu as beau dire, tu ne sais rien de lui ! Rien du tout !
-De quel droit tu parles de lui aussi légèrement ?
-Du même droit que celui que tu te donnes pour être aussi égoïste, égocentrique, pour flatter ton égo, pour traiter les gens comme tes pions, pour trahir ceux qui ont confiance en toi !
La fureur de Mello redoubla et il perdit totalement le contrôle de ses paroles, le sens de ses mots.
-Tu peux bien mourir, fulmina-t-il, ça m'est égal !
-Et tu peux te faire battre par Near sans regret ! répliqua vertement la jeune fille.
Elle venait de toucher un point sensible, elle le savait parfaitement.
-Comment j'ai pu penser un jour que tu étais sympa ? gronda le gothique.
-De la même manière que j'ai cru que tu étais mon ami ! rétorqua-t-elle.
-Je te sauve la vie, je te protège, je te tiens compagnie, tout ça pour ça ?
-ÇA QUOI ? craqua Sayu partant soudainement dans les aigus. TU M'AS TRAHI ALORS QUE JE TE FAISAIS CONFIANCE !
Elle n'en pouvait plus. Elle n'en pouvait plus. C'était fini. Fini, fini, fini. Il n'y avait plus rien entre eux. Envolée leur prétendue amitié. Terminé les jours heureux où ils riaient ensemble.
Ensemble.
Cela lui faisait mal de penser qu'elle aimait ce monstre encore plus qu'elle ne le détestait.
Il s'était brusquement énervé lorsqu'elle l'avait traité d'égoïste et elle avait appuyé là où ça faisait mal dans l'espoir qu'il la frappe, qu'il la blesse suffisamment pour qu'elle oublie qu'elle l'aimait. Mais rien. Rien ! Il venait presque de défoncer le mur d'un coup de poing, mais il ne l'avait même pas touchée.
Elle refusait de se retourner pour regarder la fureur dans les yeux bleu glace. Elle sentait presque son torse musclé contre son dos, son souffle sur sa nuque, sa rage près de sa douleur.
Il lui agrippa le bras violemment et le serra si fort qu'elle laissa échapper un petit cri de douleur.
-Je crois que tu ne mérites pas que je fasse quelque chose pour toi. Tu sais quoi ? Les mafieux auraient bien envie de te violer. Avec un peu de drogue, pour que tu ne te rappelles de rien. Ils en profiteraient. Je ne sais même plus pourquoi j'ai fais ça, mais j'ai dit que tu étais à moi. Je pense que c'était pour te protéger. Une fois hors d'atteinte, ils ne pouvaient rien te faire. Ça fait deux jours que je ne t'ai pas touchée et ils ne veulent pas que tu restes vierge comme ça. Je pense que je vais te laisser à eux.
Il parut hésiter à l'enfoncer encore plus et à la frapper, mais il renonça, se contentant de la lâcher.
Sayu était horrifiée. Elle ne savait pas que Mello avait fait quelque chose pour elle. Elle essaya vainement de chasser son espoir. C'était sans doute du bluff, il n'avait jamais rien dit pour elle, il avait juste profité qu'on avait la violer bientôt.
Ne pas pleurer, être forte. Elle devait être forte.
Mello fit demi-tour et elle l'entendit s'arrêter devant la porte.
-Mello ? l'appela-t-elle doucement.
Pourquoi venait-elle de faire une chose aussi stupide ? Elle rêvait qu'il parte.
Il ne répondit pas, mais ne bougea pas non plus.
-Prends soin de toi, dit-elle avant d'éclater en sanglots.
C'était trop. Ils n'allaient plus jamais se revoir. Elle l'aimait peut-être encore plus qu'elle ne le pensait. Tellement que ça touchait à l'impossible. Elle venait de le blesser pour qu'il parte et elle réalisait que peut-être y avait-il un espoir que lui aussi ait menti.
Mello s'arrêta net. Sayu pleurait. Elle pleurait. Des larmes retenues depuis trop longtemps, impossibles à arrêter, des sanglots irrépressibles de douleur et de souffrance.
« Prends soin de toi »
Pourquoi fallait-il qu'elle dise exactement les mêmes mots que Justice le jour où il était parti ? Pourquoi ? Déjà lorsqu'elle avait parlé d'égoïsme, il n'avait pas pu s'empêcher de redoubler de fureur.
Même s'il l'aimait. Il l'aimait tellement qu'il l'en avait haïe, qu'il s'était détesté pour lui infliger ça. Alors qu'il avait donné sa parole de la protéger ! De l'aimer !
Quel imbécile ! Il avait encore renié ses sentiments, il les avait refusés, tout ça pour quoi ? Pour la faire pleurer, pour la faire souffrir !
Il l'aimait bien plus qu'il ne l'avait pensé. Il l'aimait passionnément, intensément, si fort que cela lui paraissait chimérique.
Et dans sa rage, il avait oublié sa promesse. Et il l'avait blessée.
Sayu n'arrivait pas à arrêter ses sanglots. Impossible de ne plus pleurer, de sécher ses larmes, de se taire. C'était trop tard. Elle n'avait pas été assez forte.
Elle sentit soudain le torse de Mello se plaquer contre son dos, ses bras entourer sa taille, des lèvres caresser ses cheveux.
Jusque là, elle n'avait jamais réalisé à quel point il était plus grand elle. À quel point il était dangereux. À quel point la tuer était facile pour lui.
Mais son contact n'était pas hostile. Il était… désespéré. Triste.
Elle se laissa faire. Elle ne lutta pas. Elle continua de pleurer contre lui jusqu'à ce que ses larmes se tarissent. Il ne disait rien, se contentant de la serrer dans ses bras, de l'étreindre comme s'il ne voulait plus la laisser partir.
« Pardonne-moi », aurait-il voulu dire.
Mais Mello ne s'excusait jamais. Ou alors très rarement. Mais tout en lui prouvait qu'il s'en voulait. Sayu l'avait compris, à sa grande surprise. Et elle savait qu'il ne lui demanderait jamais pardon oralement comme elle savait qu'il n'avait pas à s'excuser, car tout était de sa faute.
-Non, chuchota-t-elle donc, c'est moi qui te demande pardon.
-Sayu, je… je n'ai pas réalisé… à quel point tu souffrais. J'ai été égoïste. J'étais trop aveuglé par la colère pour faire attention à toi. J'ai… je suis désolé.
Il l'avait enfin dit. Les mots avaient été si durs à dire, et il se sentait idiot maintenant qu'il les avait prononcés. Il n'aimait pas s'excuser et en avait perdu l'habitude. Maintenant, dire le moindre mot pour demander pardon lui coûtait.
Elle leva une main sans force pour effleurer sa joue, un contact qu'elle n'aurait jamais osé avant.
-Ne t'excuse pas. C'est de ma faute. C'est moi qui ai commencé à te blesser, je voulais que tu partes, que tu me détestes, que tu m'oublies. Que… que je t'oublie.
-Et tu as bien failli réussir, réalisa-t-il, empli de remords.
La jeune fille esquissa un maigre sourire. Son cœur battait vite. C'était peut-être un rêve, qu'il soit si gentil, si doux avec elle. Elle avait cru cela impossible. Était-ce une illusion, une simple illusion, qui se tenait derrière elle ? Les bras du jeune homme autour de sa taille la persuadaient du contraire.
-Mais ce que je ne comprends pas, reprit Mello, c'est pourquoi tu as fait une chose pareille.
Sayu rougit. Zut alors, il posait la question. C'était ce qu'elle redoutait le plus, qu'il lui demande ses raisons d'agir. Elle tenta de se trouver une excuse valable sans avoir l'air de trop y réfléchir.
-Je pensais que je n'étais qu'une expérience pour toi. C'est pour ça que je ne voulais pas que nous soyons amis, je voulais que tu me détestes, ça aurait été mieux… je croyais vraiment que tu me voyais comme un objet…
-Je t'avais pourtant dit que je ne jouais pas avec toi.
Sa voix était douce et irrésistible, mais elle reprit ses esprits assez rapidement pour trouver une réponse sans trop tarder.
-J'avais du mal à te faire confiance, improvisa-t-elle. Je ne savais plus trop quoi penser de toi, alors je ne t'ai pas cru.
Ce qui est totalement faux, songea-t-elle, parce que je me suis raccrochée à ce petit espoir comme à une bouée de sauvetage.
Son mensonge devait être plutôt flagrant car le gothique ne fut pas dupe une seule seconde et elle crut même le voir hausser un sourcil ironique l'espace d'une fraction de seconde.
-Il y avait autre chose, insista le blond.
Il l'avait deviné, évidemment. Elle aurait dû s'en douter. Il l'avait eu, encore une fois, et elle n'avait pas vu le piège. Que devait-elle dire ? Un nouveau mensonge, qu'il détecterait sans aucun doute, ou la vérité ?
Elle essaya de dire ce qu'elle avait sur le cœur, une bonne fois pour toute. Il fallait qu'elle le dise, c'était le bon moment.
-Parce que…
Elle hésita, se mordit la lèvre, tergiversait encore…
-Parce que je… je te… t'…
Sa langue buta contre le mot, sa gorge se noua. Pourquoi fallait-il que ces trois mots soient si durs à prononcer ? Il attendait en silence que sa langue se délie, qu'elle parle, qu'elle avoue enfin.
-Je… je te… essaya encore Sayu en rassemblant tout son courage. Je… je te… je t'ai… je… je…
-Parce que tu me détestais depuis le départ ? supposa Mello d'un ton qui laissait transparaître sa tristesse.
Il fallait qu'elle dise ces trois petits mots, il fallait qu'elle les dise, il était en train de se leurrer, de se blesser, à cause d'elle !
Elle fit une nouvelle tentative, échoua, le sentit partir… là, sans aucune hésitation, elle se retourna vers lui, affrontant le magnifique visage et les yeux glacier. La beauté et le charisme du mafieux, tout son être, la firent douter, mais elle ne voulait plus tergiverser. Elle ne voulait plus être faible.
-Parce que je t'aime, Mello ! s'écria-t-elle. Voilà pourquoi j'ai fait tout ça !
Elle réprima le sanglot qui montait et baissa la tête. C'était dit, c'était fait. Il n'avait pas réagi. Il allait se moquer d'elle encore une fois. Elle le savait bien, pourtant, que ses sentiments n'étaient pas réciproques ! Elle était si proche de pleurer une maudite nouvelle fois qu'elle ne l'entendit pas approcher.
Elle fut donc très surprise lorsqu'il lui releva le menton pour planter son regard azur dans le sien et essuyer ses larmes du bout des doigts. Ce geste empreint de tendresse la surprit.
-Sayu.
Ses yeux étaient doux, même légèrement amusés. Il avait été tellement frappé par ses sentiments, happé dans un maelstrom de bonheur, qu'il en avait perdu la parole, ce qu'elle avait pris pour un refus.
Il était sérieux. Elle perçut un changement dans son regard tandis qu'il approchait son visage du sien.
-Me… Mello ? balbutia-t-elle.
Si c'était un rêve, elle ne voulait pas se réveiller. Si elle était droguée, elle voulait le rester pour toujours. Son cœur battait si fort qu'elle aurait pu croire que le jeune homme l'entendait.
Le profond regard azur la transperça, comme s'il lisait en elle, comme si ses yeux étaient une flèche qui venait de la frapper en pleine poitrine.
Leurs visages n'étaient plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre et elle sentait son souffle sur ses lèvres, ses longs cils effleurer les siens.
Mello esquissa ce sourire qui faisait toujours s'emballer le cœur de la jeune fille et la contempla comme s'il venait de la découvrir pour la première fois. De découvrir pour la première fois à quel point elle était belle, à quel point il la désirait.
À quel point il l'aimait.
-Je t'aime, Sayu, murmura-t-il.
Il n'attendit ni sa réponse, ni sa réaction pour se pencher vers elle et l'embrasser avec fougue. Cette fois, elle répondit à son baiser sans attendre, passa ses bras autour de son cou tandis qu'il posait ses mains sur sa taille, et se perdit dans son étreinte brûlante.
J'espère que ça vous a plu !
Oui, Sayu a des prémonitions. Oui, la scène qu'elle a vu petite va être dans Au delà des Abysses. Oui, Abyss est le nom de A, pour moi et non, je n'ai pas copié sur Lulu Murdoc. Je cherchais un nom en A et j'ai fait des recherches sur le jeu Tales of the Abyss... comme ça m'a inspiré, je l'ai pris. J'ai donc été assez surprise de voir qu'il y avait quelqu'un d'autre qui avait eu la même idée que moi... ^^' c'est le destin, comme on dit !
Le sang qu'elle voit, les rires, c'est en référence à LA BB murder case. Le livre que je ne regrette pas d'avoir lu mais qui m'a traumatisé... oui, ça m'a fait peur. Je suis trop imaginative, c'est pour ça. En plus, j'étais en plein dans Death File ! Donc, pas possible de me détacher de Death Note... bouhouhou.
Désolée pour tous ceux qui trouvent Mello OOC. Je fais de mon mieux mais je l'écris comme je le vois, comme je pense qu'il se comporterait. Un côté caché, quoi. Après tout, Mello n'est pas qu'un dictateur sans coeur, c'est un côté que les fanfictionneuses ont développé. On a jamais dit qu'il l'était. M'enfin bref, on le voit comme on le voit...
Bonne année, joyeux Noël !
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