Hello ! Je sais, ça fait vraiment vraiment longtemps que je n'ai pas posté. Mais je ne vais pas abandonner, promis !

Ce chapitre ne fait pas vraiment avancer l'histoire, mais tout de même un peu et une fois que j'ai trouvé l'inspiration, j'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire.

Pour une fois, je ne trouve plus rien à dire de plus XD

Bonne lecture !


Chapitre 7 :

Amitié

Sayu attendait patiemment. Roulée en boule dans sa cellule, elle attendait. Ses longs cheveux noirs masquaient son visage inquiet en une cascade ondulée. Ses yeux sombres étaient clos, les mains délicates jointes, les jambes groupées contre le corps menu.

Elle pensait (encore et toujours) à Mello.

C'était un peu énervant de l'avoir toujours dans ses pensées, à la fin. Elle aurait aimé penser plus à sa famille, à ses amis, à l'université…

Mais non, quoi qu'elle fasse, c'était toujours Mello qui revenait. Cela dit, elle avait ses raisons, aujourd'hui.

Aujourd'hui, la mafia allait enlever le préfet.

Le chef de son père, d'ailleurs un ami de son père. Quelque part, elle ressentait une certaine culpabilité. Même s'il ne saurait jamais sa présence ici, même s'il ne serait pas au même endroit, elle se sentait mal rien qu'en se disant qu'elle trahissait un peu son père.

Elle était la petite amie de son ravisseur (situation sur laquelle elle culpabilisait déjà) et elle n'avait rien fait pour qu'il laisse le préfet tranquille.

De toute façon, elle n'aurait rien pu faire : Mello savait ce qu'il voulait, qu'importe qui elle était, elle n'aurait jamais pu le faire changer d'avis.

Mais elle n'avait même pas essayé !

Tracassée, tourmentée, elle ne pouvait pas penser à autre chose. Elle n'arrivait pas à se dire que ce n'était pas de sa faute (puisqu'elle pensait que ça l'était, justement) mais elle n'arrivait pas non plus à se dire qu'elle était l'unique coupable (puisque c'était l'idée de Mello et qu'elle n'aurait rien pu faire).

Perdue dans ses pensées, elle n'entendit pas la personne entrer.

-Bonjour, fit une voix qu'elle connaissait bien.

Sayu sursauta et releva vivement la tête. Devant elle se tenait la réplique exacte de Misa Amane.

La réplique exacte et non pas la chanteuse en personne, car jeune fille savait que ce n'était pas la petite amie de son frère. Déjà, Misa était plus petite. Ensuite, elle n'avait strictement rien à faire ici et ensuite, si c'était vraiment Misa, elle n'aurait jamais pu venir ici et si elle avait pu, elle l'aurait libérée.

Or, l'inconnue devant elle semblait juste vouloir parler.

Mais était-ce vraiment une inconnue ? Sayu rassembla ses souvenirs.

« -Je pensais que le clone t'aurait rapporté deux ou trois trucs.

-Elle fait ce qu'elle veut… et elle prend bien soin de cacher des trucs.

-Et c'est qui, exactement ?

-Je ne connais pas son vrai nom, mais c'est une anti-Kira, espionne itinérante. Elle se fait appeler Fukusha. Fukusha Hitojichi. »

Cette discussion avec Mello paraissait dater de si longtemps qu'elle ne lui revint qu'après avoir fait le tour de ses hypothèses sur la probable identité de l'inconnue.

Fukusha Hitojichi. Cela ne pouvait qu'être elle.

-Bonjour, Fukusha, répondit-elle prudemment.

Elle ne savait pas à quoi s'attendre de la part de l'espionne alors elle se méfiait. C'était logique, quoiqu'un peu absurde. Fukusha travaillait actuellement pour Mello. Elle n'avait aucune raison de lui faire du mal.

-Je vois que tu me reconnais, sourit Fukusha. Je m'y attendais, je dois dire. Mello a bien dû te parler de moi.

-Pourquoi avoir choisi cette apparence ? demanda Sayu. Et qu'est-ce que tu fais là ?

Elle en était plutôt intriguée. Normalement, Fukusha était auprès de ses parents, à jouer son rôle. Pourquoi n'était-elle pas à sa place ?

Zut, Sayu venait de se rendre compte qu'elle aimerait que Fukusha la remplace pour qu'on ne s'aperçoive pas de son absence. Tout le contraire de ce qu'elle aurait souhaité au début.

Je deviens folle, songea-t-elle avec un soupir mental.

-D'abord, répondit l'espionne, parce que tu connais Misa, c'est une figure que je considère comme rassurante pour toi. Ensuite parce que j'aime bien Misa Amane – pardon, je suis une fan – et enfin parce qu'elle ressemble à Mello.

La jeune fille pencha la tête sur le côté, analysant le clone de son amie.

Le même carré de cheveux blonds, quoiqu'un peu plus long que ceux du mafieux, le même style gothique…

Effectivement, il y avait une bonne ressemblance entre eux deux.

-Tu n'as jamais trouvé qu'il ressemblait à une fille ? s'amusa Fukusha.

-Si, avoua Sayu, mais je ne le lui ai jamais dit. Quoique, il doit bien s'en douter.

-Oh, il le sait parfaitement et ça l'énerve. Plus personne ne le lui dit de peur de se faire tuer. Comme quoi, la mafia est faite de beaucoup de peureux…

-Plus personne ? releva la jeune fille.

L'espionne détourna le regard et éluda la question.

-Quant au pourquoi je suis là, c'est parce que le préfet va être enlevé et je ne veux pas qu'on maltraite un seul otage ici – je me sentirais quand même coupable – et aussi parce que je voulais voir comment tu allais. Bien, à ce que je vois. Tes parents me pensent actuellement chez une amie étrangère… qui n'existe pas. J'ai pris un petit jour de congé, tu vois. Je suis arrivée en Amérique ce matin.

Pas une cerne n'assombrissait le visage poupin et bien qu'elle eut certainement une bonne dose de maquillage voir un masque, Fukusha ne paraissait pas fatiguée ou éprouvée par le voyage.

-J'ai pris l'habitude de voyager, tu sais, expliqua-t-elle, je m'adapte vite au décalage horaire et surtout, j'ai dormi dans l'avion.

Sayu hocha la tête – même si elle avait un peu de mal à comprendre car s'adapter au décalage horaire était toujours un défi pour elle, les premiers jours dans un pays étranger - avant d'en venir au sujet qui la tiraillait depuis pas mal de temps.

-Fukusha, tu connais bien Mello ?

L'espionne esquissa un sourire.

-Oui, je me renseigne toujours sur ceux pour qui je travaille. Pour ta gouverne, sache que c'est moi qui ai demandé à Mello de venir te parler au moins une fois pour te rassurer et faire en sorte que tu n'ais pas envie de te suicider, terrorisée. J'ai bien fait.

-Dans ce cas, merci beaucoup.

-Par contre, je n'avais pas prévu que vous sortiriez ensemble. Huhu, c'est plutôt intéressant. Je ne vous connaissais pas si bien que ça.

Elle paraissait contente de s'être trompée. C'était un peu étrange, vu qu'elle avait carrément l'air de jubiler, mais Sayu se dit que, de toute façon, elle était suffisamment bizarre comme ça. Alors un peu plus ou un peu moins… ce n'était pas si important, après tout.

-Tu connaissais Mello, avant qu'il ne te contacte ? Et comment te connaît-il ?

-Tu es curieuse, remarqua Fukusha.

Sayu rougit.

-Oui.

Elle n'allait cependant pas s'excuser ou lui demander d'oublier ses questions. Elle voulait savoir. Mais l'espionne ne paraissait pas vouloir répondre.

-Fukusha, s'il te plait, demanda Sayu. Je veux savoir plus de choses sur Mello.

-Tu l'aimes plus que tout, n'est-ce pas ?

La réponse de la jeune fille fut sans appel, sans aucune hésitation.

-Oui.

-Eh bien… oui, je le connaissais avant. Il ne le sait pas. Il me connaît car une de ses amies de la Wammy's house est une bonne copine, qu'elle lui a donné mon numéro de téléphone et que je suis anti-kira.

Elle avait prononcé ces derniers mots avec une haine perceptible. Sayu avait déjà entendu cette intonation rageuse lors de leur première rencontre.

-Pourquoi détestes-tu tant Kira ? questionna-t-elle.

Certes, elle-même ne l'aimait pas. Son père et son frère risquaient leur vie pour l'arrêter, Mello pouvait mourir par sa faute…

Mais elle n'aurait jamais pu mettre autant de haine dans ses mots en parlant de lui, comme Fukusha.

-Parce que, articula l'espionne d'une voix où vibrait le désir de tuer, il a assassiné des gens que j'aimais, il met en danger les vies de mes amis, il va tuer des personnes auxquelles je tiens beaucoup. Il ne mérite que ce qu'il donne ! Si je pouvais le tuer maintenant, je le ferais sans hésiter.

Le beau visage de Misa était déformé par la colère. Sayu constatait avec une pointe d'effroi que les expressions de Fukusha se mélangeaient avec celles de son amie, tellement elle ne pouvait contenir ses envies de meurtre.

L'espace d'une seconde, elle n'avait plus du tout le même visage que Misa. L'espace d'une seconde, Sayu eut peur d'elle. L'espace d'une seconde, elle sentit une soif de sang envahir la pièce.

Puis, l'espionne reprit les traits de la chanteuse, se calma, et l'atmosphère tendue disparut.

-Excuse-moi, sourit-elle d'un air contrit, mais j'ai du mal à rester impassible lorsqu'on parle de Kira.

-N… non, je… je comprends, balbutia la jeune fille.

Fukusha secoua gentiment la tête.

-J'ai l'habitude, ne t'en fais pas. Je sais que ça effraye toujours un peu les gens, mon envie de tuer. Quand j'étais petite, j'avais carrément des accès de violence, mais j'ai une amie qui m'a aidé à me contrôler. Ne t'inquiète pas, je ne vais pas te sauter à la gorge !

-Hum… oui…

Sayu n'était qu'à moitié convaincue. Elle laissa échapper un petit rire stressé et passa une main embarrassée dans ses longs cheveux noirs.

-Ah là là, je t'ai fais peur, ma petite Sayu ?

-Un peu, avoua la jeune fille sans se formaliser du surnom.

-Hum, je suis désolée. Ce n'était pas dans mon intention. Enfin, j'ai beaucoup parlé de moi alors que tu voulais en savoir plus sur Mello, non ? Voyons, qu'est-ce que je pourrais te dire…

-Il a déjà eu une petite amie ?

-Non, jamais. Malgré les apparences c'est encore un pu… ah, non, pardon. Bref, tout ça pour dire que tu es sa première petite amie. Il a grandi plutôt entouré de filles, mais il n'est jamais sorti avec aucune d'entre elles. Bon, je t'avoue que c'était plutôt compliqué, les plus normales étant déjà intéressées par d'autres et les autres étant disons… très spéciales. Et il y en avait une avec qui il n'arrêtait pas de se battre. Donc, même s'il possédait un sacré fan club, il n'a jamais eu de copine.

-J'avais raison, donc ! On en avait déjà parlé et il ne voulait pas avouer qu'il n'avait jamais eu de copine.

-Bah, c'était pas si dur à deviner. De toute façon, malgré tout ce qu'il a pu dire, il voulait que tu le saches.

Sayu battit des paupières, étonnée.

-Pardon ?

Fukusha esquissa un sourire amusé.

-C'est un génie, ma petite Sayu. Tu ne pensais tout de même pas qu'il ne savait pas mentir à la perfection ? S'il avait vraiment voulu te le cacher, tu ne l'aurais jamais su, je peux te le jurer. C'est donc qu'il te faisait déjà confiance et t'appréciait déjà beaucoup au moment où il te l'a dit. Il voulait que tu le saches.

Ben zut, elle avait vraiment cru qu'il voulait le cacher. La jeune fille fit la moue, mécontente de s'être fait avoir. Elle avait complètement oublié que c'était un génie et que par conséquent, il savait parfaitement mentir.

-C'est propre à tous les génies, de savoir mentir ? grommela-t-elle.

L'espionne haussa les épaules.

-Va savoir ! En tout cas, les génies que je connais savent mentir aussi naturellement qu'ils respirent. Impossible de savoir la vérité… à part pour d'autres génies. Et comme ils sont des génies, ils font en sorte que tu saches lorsqu'ils ne te mentent pas, s'ils le veulent.

-Et tu en connais beaucoup, des génies ? interrogea Sayu.

-Pas mal, oui, fit Fukusha en haussant les épaules une nouvelle fois, signe qu'elle n'avait pas envie de s'étendre sur le sujet.

La jeune fille réfléchit un instant à une autre question à lui poser mais elle sentait bien que l'espionne trouverait un moyen pour éviter d'y répondre : tout ce qu'elle avait envie de lui demander pouvait donner des indices sur son identité.

-En tout cas ma petite Sayu, déclara finalement Fukusha, c'était sympa de te voir. Mello ne va pas tarder à rentrer, enfin je pense. Moi, je vais attendre de voir l'état du préfet et je vais récupérer ma paye. Ensuite, je réendosserais ton apparence et je rentrerais chez toi.

Évidemment, ses services ne devaient pas être gratuit. Elle devait sans doute faire payer le billet d'avion et les transports par la mafia. Une autre question germa dans l'esprit de Sayu.

-Fukusha… mes parents et mon frère… ils vont bien ?

-Oui, ils sont en pleine forme. Ils n'ont pas deviné le remplacement et ne s'en doutent même pas, si tu veux savoir.

-Ah… oui, évidemment…

Mais ça lui faisait un petit choc, dit comme ça. C'était comme si sa famille ne faisait pas suffisamment attention à elle pour repérer la différence et voir qu'elle n'était plus la même.

-C'est le but, dit gentiment le clone de Misa. Je suis une professionnelle. Tout intelligent que soit ton frère, même lui ne pourrait rien déceler. Je fais tout pour devenir totalement la personne que je clone et qu'on ne voit pas la différence, alors c'est tout à fait normal que je reste incognito. Et puis tu ne passes pas ta journée avec eux. L'université me permet de me tenir éloignée de ceux qui seraient susceptibles de me démasquer et tes amis ne sont pas suffisamment proches de toi pour détecter le changement. Il faudrait vraiment qu'il qu'un te connaisse bien, tu vois ? Un peu comme un membre de ta famille, voir quelqu'un d'encore plus proche et plus observateur, quelqu'un qui te connaisse comme sa poche. Pour l'instant, personne ne peut savoir que tu as été enlevée et que je te remplace.

-Oui… je comprends.

Elle inspira et expira pour chasser sa frustration et sa mélancolie. Une nouvelle question lui vint instantanément à l'esprit.

-Dis-moi, est-ce qu'il y a déjà une personne qui t'a démasquée dans toute ta carrière ?

-Oui, répondit honnêtement l'espionne. Plus qu'une, tu sais. Cinq, en tout, ont réussit à me percer à jour. Ça m'a aidé à progresser et je suis bien plus douée qu'avant.

-Qui ?

-L, entre autres, sinon, tu ne les connais pas. Mais peut-être as-tu entendu parler de « l'affaire des poupées de pailles », la « B.B murder case » ?

-Oui, un peu. Comme mon frère veut devenir policier, une affaire étrange comme ça, il ne l'a pas loupée et il l'a un peu étudiée. C'était gore, d'après lui.

-Le criminel, Beyond Birthday, m'a démasquée.

-Tu l'as rencontré ?

-C'était bien avant l'affaire, avant qu'il ne soit un meurtrier, je ne savais pas qu'il allait devenir un assassin.

Sayu hocha la tête et resta pensive quelques secondes. Fukusha avait l'air de connaître un bon nombre de personnes. L, Mello, ceux de la Wammy's, Beyond Birthday… il y avait peut-être un lien entre eux qui pourrait lui donner une idée sur l'identité de l'espionne, mais la jeune fille n'avait pas envie de se casser la tête pour ça. Elle n'était pas Light, résoudre les énigmes ne lui était pas aussi simple.

-Et des gens pourraient te démasquer ? questionna-t-elle finalement. Je veux dire, des personnes lambda, des gens normaux, comme moi.

-Ça…

Fukusha esquissa un sourire.

-Qu'en penses-tu ma petite Sayu ? demanda-t-elle à la place.

-Moi ?

-Oui.

-Euh… je ne sais pas vraiment. Je ne pense pas.

-Moi, je pense que oui. C'est un avis personnel, mais je suis sûre que des gens normaux peuvent me percer à jour. Comment ? Je ne le sais pas, mais sans doute avec l'intuition, ou autre chose… enfin, ça me plairait beaucoup.

La jeune fille écarquilla les yeux, surprise. Ça lui paraissait un peu difficile à concevoir que quelqu'un comme Fukusha puisse apprécier d'être démasquée. Comme c'était son travail, elle ne devait pas trop aimer d'être percée à jour et donc, d'échouer dans sa mission.

-Pourquoi ? demanda-t-elle, toujours étonnée.

-Parce que je pourrais m'améliorer. Certains me considèrent comme une des meilleures faussaires de toute la planète – mais je dois dire que nous ne sommes pas en légion – et même si j'en doute, je suis d'accord que je suis douée, sans vouloir me vanter. Mais si je peux m'améliorer, devenir complètement mon modèle, être encore meilleure, j'en serais plus heureuse. Le déguisement, c'est mon métier, ma passion. Progresser, toujours me dépasser, faire encore mieux, ça me plait, j'aime ça. Je ne veux pas être bloquée, je ne veux pas atteindre mes limites. Alors si, quoi qu'il arrive, je peux toujours être reconnue par quelqu'un, ce serait un vrai cadeau. Comme ça, je pourrais toujours me perfectionner et ma passion n'aura ni limites, ni fin. Ce sont les gens que je ne vais pas duper qui vont m'aider, pas ceux qui se font avoir. Alors j'aimerais vraiment rencontrer quelqu'un qui pourrait me démasquer, ça me ferait plaisir.

Sayu médita les paroles de l'espionne. Elle n'avait pas tort. C'était un bon point de vue qui lui paraissait intéressant. Plus elle parlait avec le clone de Misa, plus elle l'appréciait et songeait qu'elle serait une bonne amie.

-Et… des gens connaissent ta véritable identité ?

-Dis-moi, c'est l'interrogatoire, ici, ma petite Sayu ! s'amusa Fukusha.

-Euh… désolée.

-Je te taquine, c'est évident que tu vas chercher à en savoir plus sur moi.

-Alors ?

-Des gens qui connaissent ma véritable identité, la plupart sont morts. Ils n'auraient pas craché un mot sur moi et je n'aurais pas touché à un seul de leurs cheveux, mais les circonstances ont fait qu'aujourd'hui, ils ne sont plus beaucoup à savoir qui je suis vraiment. Mais des gens le savent, oui. Cinq, à peu près… peut-être six. Mais uniquement des personnes de confiance.

-Ça ne doit pas être simple de faire confiance à quelqu'un, quand on est dans ta situation.

-Avec Kira dans les parages, c'est sûr. Mais il y a des gens de confiance, tu sais, des gens en qui on peut croire sans hésitation. Tu fais parti de ses personnes.

-Euh… ah bon ?

-Pourquoi crois-tu que Mello t'ait confié autant de choses ? Il est du genre méfiant et même la mafia ne sait rien de lui. Mais il t'aime alors qu'il sait que vous allez devoir vous quitter un jour et que vous ne vous reverrez probablement jamais.

-Il m'a dit que c'était à cause d'une promesse faîte à une amie…

Fukusha resta quelques secondes silencieuse, le regard dans le vide. Sayu crut discerner dans ses yeux de la… mélancolie ?

-Fukusha ? fit-elle doucement.

-Désolée, sourit tristement l'espionne, ça m'a rappelé quelque chose de plutôt douloureux. Enfin, Mello croit beaucoup en toi, promesse ou non. Il sait que tu ne le trahiras pas et il sait que tu es quelqu'un digne de confiance. Je le pense aussi.

-Hein ?

-Tu penses vraiment que je t'aurais dit tout ça si je ne croyais pas un minimum en toi ? Lorsqu'on te voit, on a vraiment une impression de confiance. Qu'on pourra te confier tout ce qu'on voudra, tu n'en diras rien à personne et tu sauras tenir les promesses que tu fais. Ce genre de personne existe… vous êtes assez rares, mais vous existez…

-C'est comme si tu n'y croyais pas vraiment, remarqua doucement Sayu.

-J'ai connu bien des gens, tu sais. Et pourtant, je ne suis pas très vieille. Quand j'étais jeune, j'ai rencontré des personnes que je savais de confiance car elles étaient mes amies et elles aussi avaient des secrets. Mais des personnes normales, comme toi, à qui je pourrais faire confiance… jamais. Je n'avais jamais eut autant envie de croire en quelqu'un dès le premier regard.

La jeune fille, embarrassée rougit. Elle avait l'impression que Fukusha lui confiait quelque chose de très important, d'être plus proche d'elle.

-Merci, dit-elle simplement.

-Hum… de rien.

-Tu vas devoir y aller, je suppose…

-Je peux bien rester encore un peu, si ça te dérange d'être seule. J'aime beaucoup discuter avec toi, ma petite Sayu.

-Merci beaucoup. Je me sentais un peu seule, c'est vrai. Je m'ennuie beaucoup quand Mello n'est pas là.

-Ça doit être ça, l'amour…

Les deux filles éclatèrent de rire, complices. En une discussion, elles venaient de devenir amies.

-Parce que tu en sais quelque chose ? rit Sayu.

-J'ai vu des couples mais je suis actuellement célibataire, soupira l'espionne. Ce n'est pas facile d'avoir un copain quand il ne sait même pas qui tu es !

-C'est normal. Tu vas devoir révéler ta véritable identité à l'homme que tu aimes si tu veux commencer une relation avec lui !

-Pas évident, dans le métier. Avoir un copain, ça m'a l'air d'être tout un art.

-Et tu as déjà essayé d'en avoir un ?

-Non, jamais. Pas le temps. Et toi, avant Mello ?

-J'ai une mère-poule et un père-poule. Ce n'est pas simple du tout ! J'ai bien eu deux ou trois copains, dont un récemment mais j'ai cassé parce qu'il m'énervait, sinon rien de très sérieux.

-Tu avais du succès, à ce que je vois.

-Un peu… le seul homme qui avait l'air de s'intéresser à moi plus sérieusement, c'est un collègue de mon père, un peu enfantin et timide, mais très gentil et charmant. S'il avait été un peu plus jeune, j'aurais pu envisager de sortir avec lui.

-Envisager, hein.

-Oui, j'étais sincère quand je lui ai dit, mais je le taquinais en même temps. J'aurais juste pu l'envisager, par contre. Je ne le connais pas si bien que ça…

-Ouh la petite allumeuse.

-Pardon ?!

Fukusha partit d'un grand éclat de rire. Son expression différait un peu de celle de Misa et son rire était moins enfantin. Quelque part, quand elle se savait démasquée, elle prenait moins la peine de conserver trait pour trait l'apparence qu'elle avait choisie et d'imiter parfaitement son modèle. Cependant, il restait impossible de discerner son vrai visage, même si Sayu commençait à se faire une bonne image d'elle.

Encore une preuve de confiance, pensa-t-elle.

Plus elle se remémorait les paroles de Fukusha à propos du genre de personne qu'elle était plus elle se rendait compte que l'espionne se fiait à elle. Mais si elle inspirait tant la confiance, c'était peut-être parce qu'elle avait tendance à facilement croire en ceux qu'elle appréciait et à s'en remettre aux gens lorsqu'elle sentait qu'elle pouvait ou devait le faire.

-Et toi, demanda-t-elle, avant de devenir espionne, tu as déjà essayé de séduire un garçon ?

-Malheureusement, oui, deux fois.

-Et ?

-J'ai raté les deux fois. Le premier ne me voyait que comme une petite sœur, il n'a rien remarqué. Quand il a fait sa déclaration à celle qu'il aimait, j'ai lâché l'affaire. Je les aimais trop pour m'immiscer dans leur relation. Ils disaient même qu'ils pourraient m'adopter pour rire…

Malgré le ton un peu triste de sa voix, l'espionne souriait d'un air heureux.

-Ils vont bien aujourd'hui. Ce sont des opposants à Kira, alors je m'inquiète un peu, mais ce sont des espions doués alors…

Elle ferma les yeux et hocha la tête.

-Je n'ai pas à m'en faire.

Sayu ne put s'empêcher de sourire à son tour, presque attendrie.

-Tu les aimes beaucoup, n'est-ce pas ?

-Aussi étrange que cela puisse paraître, je m'attache vite aux gens, avoua Fukusha. Peut-être un peu trop, même, ma petite Sayu… hum.

Elle ébouriffa les cheveux de sa nouvelle amie.

-Quant au deuxième, reprit-elle, il l'a bien remarqué… mais s'en est servi pour m'humilier publiquement. Ou plutôt, il a voulu m'humilier publiquement.

-Qu'est-ce qui s'est passé ?

-Il m'avait fait venir dans un endroit où il n'y avait apparemment personne… mais en réalité, il avait fait venir un grand nombre de personnes, ses amis et les miens, pour se moquer de moi.

-C'est horrible !

-Oui. Mais j'étais méfiante. Même amoureuse, un ami m'a dit que tant que tu n'es pas certain des sentiments de la personne que tu aimes et que tu as un doute, écoute ce doute. Alors j'ai demandé à une amie de prendre mon apparence – j'arrive aussi bien à déguiser les gens – et elle y est allée à ma place, pendant que je m'y suis rendue avec un autre visage. Lorsqu'il s'est mis à se rire de mes sentiments, à m'humilier, j'ai tout de suite compris que je n'avais aimé que l'image qu'il renvoyait, pas son « vrai lui ». Je l'ai détesté de tout mon cœur. Une fois qu'il a fini de se moquer, mon amie a retiré son masque… et je suis arrivée derrière lui, discrètement. Quand il a demandé où j'étais, je lui ai répondu « je suis là ! ». Il s'est retourné et je me suis servie de tout ce que j'avais apprit sur lui, ses défauts, ses manies, pour l'humilier à son tour et me venger. Je lui ai fait un superbe discours sur lui, histoire qu'il ait bien honte. Plan réussit, il ne savait plus où se mettre et aurait mille fois préféré sortir avec moi plutôt que de rester ici. Ensuite, je lui ai lancé un défi. Il était plutôt bon en combat, enragé et haineux, il a accepté, et…

-Et ?

-Je lui flanqué la raclée du siècle. Il a passé deux semaines à l'hôpital à manger de la soupe. Il a perdu deux dents, je lui ai éclaté les lèvres et je ne te raconte pas le nombre de fractures et de… bref, je lui aussi laminé l'entre-jambe. De mon côté, je m'en suis juste tirée avec une entorse à la cheville. Après ça, on m'a plus remarquée et respectée. Depuis, comme j'ai compris que je n'avais pas de chance avec les garçons j'ai abandonné toute tentative de séduction.

-Hum… tu as eu un passé… mouvementé ! Et on ne t'a pas reproché de l'avoir massacré ?

-J'avais l'autorisation. Ma seule punition a été de devoir réparer les choses que j'avais cassées pendant le combat. Sinon, je n'ai rien eu.

-Et ses parents… ou les tiens…

L'espionne grimaça.

-Si je t'en parle, tu vas trop en savoir. Mais ma mère…

-A été tuée par Kira ?

Son amie écarquilla les yeux, sa surprise dominant son envie de meurtre à l'évocation du tueur. La voir étonnée était très nouveau et Sayu eut l'impression qu'elle ne l'était pas très souvent.

-C… comment tu le sais ?

-Tout à l'heure, quand je t'ai demandé pourquoi tu détestais Kira, tu m'as répondu que c'était parce qu'il avait assassiné des gens que tu aimais, qu'il mettait en danger les vies de tes amis et qu'il allait tuer des personnes auxquelles tu tenais beaucoup. Quand tu as parlé de ta mère, avec l'intonation que tu as prise, j'ai pensé à ça…

-Hum… je crois que je commence à mieux comprendre pourquoi Mello t'aime tant.

-H… hein ?

-Non, rien, dit doucement Fukusha en laissant échapper un petit rire. Dis, ma petite Sayu, si je te revois, plus tard, sous une autre apparence, tu saurais me reconnaître ?

-Je ne pense pas, non, admit la jeune fille.

-Parfait, sourit son amie. Dans ce cas, je vais te laisser mon numéro et te confier quelque chose de très important.

-Quelque chose de très important ?

-Oui. Tu ne sauras sans doute pas ce que c'est… ça arrivera un jour où l'autre… tu n'en auras même pas conscience… mais je sais que si c'est toi, alors je peux te confier cette chose très importante.

-Euh… je suppose que je n'ai pas le droit de demander ce que c'est ?

-Si, mais je ne vais pas te répondre. Je peux te confier la charge d'une autre chose ?

Sayu fit mine de réfléchir longuement.

-Ça dépend de ce que c'est…

-Mon rêve. Ce n'est pas gênant ?

-Euh… et c'est quoi ?

L'expression de l'espionne se fit très douce et ses lèvres s'étirèrent en un sourire énigmatique et tendre.

-Ça, ma petite Sayu… tu le découvriras bientôt.


J'espère que ça vous a plu !

Je me suis rendue compte que j'avais un peu trop zappé Fukusha alors qu'elle va être importante pour la suite de l'histoire, donc j'espère que vous ne l'aviez pas trop oubliée XD Je suis sûre que maintenant, vous avez une petite idée de qui elle pourrait être… je ne pensais pas autant en dire sur elle, mais finalement, elle s'est révélée plus intéressante que je ne le croyais et j'étais vraiment contente de la mettre en scène.

Je vais essayer d'être plus régulière dans mes posts, désormais. J'espère pouvoir poster le prochain chapitre dans moins d'un mois…

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