Heellloooo ! Bon, je n'ai pas eu de review pour le chapitre dernier... ça doit être ma punition... ahhh... en tout cas, si l'histoire commence à devenir n'importe quoi, dîtes le moi, j'essayerais de rectifier ça.
J'ai fait une grosse ellipse temporelle parce que je n'avais pas l'inspiration, désolée...
J'espère que Sayu ne vous paraîtra pas trop OOC... et dans ce chapitre, pas d'OC, on retrouve Near !
Bon, je crois que je n'ai plus rien à dire si ce n'est que je vous souhaite une bonne lecture !
Chapitre 8 :
Conséquences
Petit récapitulatif des évènements qui viennent de se passer… songea Sayu.
Tout était allé si vite, voir trop vite. Comme elle en avait pris l'habitude à force d'entendre Light conseiller de le faire, elle remit les événements dans l'ordre, datés et commentés. Cette technique lui permettait de se remettre les idées en place, de voir avec une certaine distance tout ce qui lui était arrivé et de se calmer un peu. Un petit exercice mental qu'elle faisait depuis qu'elle était petite et qui lui avait servi bien des fois pour se recadrer.
La jeune fille dressa une liste mentale de tout ce qui avait chamboulé sa vie depuis qu'elle avait été kidnappée.
1. 20/09/09 : j'ai été enlevée en secret par Mello et remplacée par Fukusha.
Commentaire : J'ai eu un sacré mal de tête.
2. 21/09/09 : je rencontre Mello.
Commentaire : Maintenant que je m'en rends compte, sans lui, je me faisais violer.
3. 22/09/09 : je tombe amoureuse de Mello.
Commentaire : aaaaaaaarrrrrgggghhh.
4. Du 23/09/09 au 29/09/09 : j'en apprends de plus en plus sur Mello et nos relations s'approfondissent.
Commentaire : une période plutôt calme. Il ne s'est rien passé d'assez important pour que je le signale.
5. 30/09/09 : Mello m'embrasse et on se dispute.
Commentaire : hum… je préfère ne pas mettre de commentaire à ce propos.
6. Du 01/10/09 au 03/10/09 : Mello ne vient pas me voir où juste quelques minutes le 03, il a l'air très gêné et n'agit plus comme avant.
Commentaire : ma première véritable déprime amoureuse. J'ai envie de redire aaaaaarrrrrggghhhh. Ahem.
7. 04/10/09 : je me dispute avec Mello mais finalement, il se trouve qu'il était aussi amoureux de moi. Premier jour de « notre couple ». On… hum, disons, fait ce que font tous les couples au bout d'un moment.
Commentaire : ma première fois. Quand j'y pense, notre couple a eu un début très bizarre mais bon, je suis ce que je suis et Mello est ce qu'il est donc forcément, ça ne pouvait pas démarrer normalement.
8. 05/10/09 : je promet implicitement à Mello que je l'aimerais toujours.
Commentaire : ça peut paraître assez anodin mais pour moi, c'est très important. Je sais que je tiendrais ma promesse, même si elle fait horriblement romantique.
9. Du 06/10/09 au 07/10/09 : je vis mon amour avec Mello.
Commentaire : c'était encore très calme, le calme avant la tempête. On profitait de nos derniers jours ensemble. Pas d'événement important à noter.
10. 08/10/09 : Fukusha vient me voir et on devient amies. J'en apprends des belles sur elle et sur Mello et elle me donne son numéro de téléphone après m'avoir confié des choses sur lesquelles je ne sais rien et ne saurais jamais rien.
Commentaire : Fukusha est tout de même sympa, j'ai appris son numéro par cœur. Par contre, je me demande bien ce que vont être ces choses qu'elle m'a confiées. Son rêve et une autre chose importante… qu'est-ce que ça peut-être ?
11. Du 09/10/09 au 10/10/09 : je continue de vivre mon amour avec Mello et de profiter des derniers jours qu'il nous reste. Apparemment, le préfet n'a toujours pas parlé.
Commentaire : Je culpabilise beaucoup, beaucoup, beaucoup et m'en veut de ne pas avoir pu l'aider un peu. Mais Mello étant Mello, je n'aurais sans doute rien pu faire. Et il n'est pas sensé savoir que je suis là.
12. 11/10/09 : le préfet se fait tuer par Kira, Fukusha repart avec la mafia en simulant un enlèvement. Mello m'explique le plan de l'échange, je pique une crise, il est mort de rire, mais je finis par accepter, plus ou moins forcée.
Commentaire : Mello est un vrai démon.
13. 12/10/09 : mon dernier jour avec Mello. J'ai beaucoup pleuré mais il m'a promis qu'il essayerait de me revoir, une fois Kira mort. Je lui fait confiance et souhaite à Kira de mourir le plus vite possible en écrivant par erreur son nom dans son propre Death Note.
Commentaire : je souffre encore beaucoup de cette séparation. Personne ne remplacera jamais Mello. Je l'aimerais toujours.
14. 13/10/09 : une journée chargée. J'ai remis pour la première fois mes vêtements, ceux que Fukusha portait pour l'enlèvement, pour qu'on ne soupçonne rien et on m'a emmenée très tôt dans l'autre planque, celle où s'est fait l'échange. On m'a bandé les yeux et endormie, je n'ai rien vu. Papa a appelé et j'ai pu lui répondre, mais pas entendre sa voix. En revanche, Mello me parlait plutôt rudement, ça m'a fait bizarre. Mais ça faisait parti du plan. Ensuite, j'ai dû aller dans le tourniquet et j'ai enfin pu voir mon père. Je n'ai pas du tout eu besoin de jouer la comédie pour exprimer mon bonheur et mon soulagement de le revoir. La suite s'est déroulée selon le plan et ça m'a touchée que mon père choisisse de sacrifier le Death Note pour me sauver, même s'il a hésité, ce qui est normal. Pour le forcer, Mello a dit de me tuer mais selon le plan, il devait changer d'idée et dire qu'il me garderait plutôt avec lui comme jouet. Même si je savais qu'il n'allait pas me tuer, j'ai eu peur, il avait l'air très sérieux. Papa a écrit dans le Death Note et apparemment, ça a marché, ils m'ont laissée partir. Nous sommes montés dans un hélicoptère et on nous a emmenés dans un grand bâtiment qui serait le Q.G d'un certain N pour nous interroger. Mon père a discuté avec L et j'ai en gros compris qu'il s'en voulait d'avoir laissé le Death Note entre les mains de mes ravisseurs. Des hommes de N nous ont séparés pour m'interroger à part.
Commentaire : j'ai fait mon baptême d'hélicoptère et je me trouve actuellement dans une grande pièce blanche. Je sens que N va bientôt parler. Je suppose qu'il s'agit de Near, d'après ce que m'a dit Mello. Je vais pouvoir me faire une idée plus précise du personnage.
-Yagami, fit une voix électronique.
La jeune fille sursauta et battit des paupières.
-Ou… oui, répondit-elle.
Elle n'aurait jamais cru que se faire passer pour une étudiante encore choquée par son enlèvement serait aussi facile… mais, elle s'en rendait compte à présent, c'était parce qu'elle était encore sous le choc des événements et de sa séparation avec Mello. Il y avait un peu d'autre chose, mais elle n'arrivait pas à savoir ce que c'était.
-Je suis N.
Ça, elle l'avait deviné. Mais bizarrement, elle tremblait un peu. Elle avait certainement peur qu'il soit suffisamment intelligent pour deviner la vérité… mais encore une fois, il y avait autre chose.
-Je… euh… ah.
Elle n'avait rien trouvé à répondre, mais il n'y avait sans doute rien à dire. Il savait qui elle était et dire qu'elle était enchantée aurait parut bizarre. Du coup, elle avait voulu dire quelque chose mais avait fini par bafouiller misérablement. Il allait la prendre pour une idiote…
Une petite seconde, songea-t-elle. C'est mieux comme ça ! S'il me prend pour une fille normale, il ne se méfiera pas.
-Yagami, as-tu vu tes ravisseurs ? questionna-t-il sans aucun tact.
La jeune fille se surprit à se crisper brusquement. Son enlèvement lui avait donc laissé des séquelles plus importantes qu'elle ne le pensait…
-N… non, le seul que j'ai vu est l'homme qui a fait l'échange et il portait un masque…
-Tu as pu entendre leur voix ?
-Il n'y en avait qu'un qui parlait et il ne m'a pas parlé souvent, je… je suis désolée…
-Comment était ta cellule ?
Sayu ferma les yeux. Franchement, ce n'était pas une chose à demander aussi vite à quelqu'un qui vient de se faire enlever ! Elle releva les paupières et respira profondément.
-C'était… une grande pièce sombre et sale… avec un grand écran de télévision. Rien d'autre. Il n'y avais pas de fenêtres… le papier peint était délavé et déchiré… il y avait deux portes en fer fermées à clé. Je n'en ai empruntée qu'une qui donnait sur un long couloir et sur le tourniquet.
-C'est tout ?
-Oui… désolée…
-La personne qui te parlait… comment était sa voix ?
Là, la jeune fille prit son temps pour réfléchir. Elle devait analyser les intonations de la voix de Mello et imaginer ce qu'elle aurait répondu si elle n'avait pas su qui était son interlocuteur.
-Sa voix… avait l'air plutôt jeune. Un adolescent ou un jeune adulte… quelque chose comme ça.
-Il y avait des caractéristiques dans sa voix ? Des bruits étrangers ?
-Je… je crois que je pourrais reconnaître sa voix sans problèmes mais de là à dire que c'était à cause d'une caractéristique je ne sais pas. Il n'avait pas une voix anodine, en tout cas… et j'entendais quelque chose qui se cassait, parfois.
-Rien d'autre ?
-Non…
-Tu as entendu des mots qui t'auraient permis de les identifier ?
-Ils étaient plutôt prudents… j'ai posé des questions mais ils ont refusé de répondre. Je n'ai rien entendu de particulier, désolée…
-… je vois. Tu n'as eu accès à aucune information concernant tes ravisseurs, donc.
-Non… ils sont de la mafia et recherchait le carnet qui a servi de monnaie d'échange, c'est tout ce que je sais, mais je pense que vous le saviez déjà…
-Oui.
Il n'a vraiment aucun tact, pensa Sayu. Mais il ne se doute de rien.
Si elle avait vraiment été la jeune fille terrorisée qu'elle mimait, elle se serait déjà effondrée en sanglot à l'idée de devoir ce rappeler de cette expérience traumatisante.
-Je suis… désolée… si j'avais fait plus attention, je… vous…
Elle n'arriva pas à terminer sa phrase. Des larmes venaient de pointer sur le coin de ses yeux. Elle se demanda ce qu'il lui arrivait avant d'en conclure que si elle n'avait pas été traumatisée, son enlèvement avait quand même eu des conséquences qu'elle ignorait jusque là. En réalité, elle n'avait pas « bien vécu » son kidnapping : elle avait juste repoussé tout ce qu'elle aurait normalement dû ressentir en étant enlevée et maintenant, tout lui revenait dessus.
Elle ferma les yeux et baissa la tête, les poings serrés. Elle avait horreur d'être faible devant les autres.
-E… excusez-moi…
N resta silencieux. Visiblement, en plus du tact, réconforter les filles en pleurs ne devait pas faire partie de ses compétences. Sayu inspira profondément pour se calmer mais elle y échoua. Cette vague de sentiments mêlés – détresse, douleur, peur, etc. – était insupportable et elle ne se maîtrisait absolument pas. De plus, la froideur de son interlocuteur l'agaçait profondément.
-Mais… c'est quoi ce cahier ? demanda-t-elle sans pouvoir empêcher une intonation désespérée de percer dans sa voix. Il permet de tuer des gens, à cause de lui, j'ai été enlevée… pourquoi est-ce qu'il est aussi important ? On devrait juste le détruire !
Elle essuya rageusement les larmes qui venaient de couler sur ses joues. Elle ignorait totalement ce qui lui avait pris de dire ça. Elle connaissait pourtant l'importance du cahier mais dans son esprit, elle agissait comme si son enlèvement n'avait réellement été que d'un jour.
Elle ne contrôlait plus rien en elle.
-Donc, conclut N, tu en sais tout de même quelque chose.
-J'ai été prisonnière, pas sourde ! répliqua-t-elle.
Bon, elle voulait bien être prise pour une fille normale, voir un peu idiote, mais PAS pour une imbécile sans aucune intelligence.
-J'ai bien compris que ce truc était important et dangereux, je ne suis pas idiote tout de même ! s'emporta-t-elle (elle détestait être prise pour une fille sans cervelle). Vous n'avez aucun cœur, vous savez ? On voit bien qu'on ne vous a jamais kidnappé pour un fichu de cahier à la noix !
N ne répondit pas, sans doute parce qu'elle venait de lui clouer le bec. Elle acheva sa tirade avec un sanglot rageur non maîtrisé. Elle l'aurait eu devant elle, elle lui en aurait collé une belle droite. Encore une fois, elle avait la sensation que son corps ne lui appartenait plus, qu'elle agissait contre son gré. Tout son être était balancé entre des émotions incontrôlables et elle tentait désespérément de reprendre les rênes, mais en vain.
-Ce cahier est assez important, avança son interlocuteur.
-Pourquoi ? cracha-t-elle.
-… ceci est confidentiel.
-J'ai été enlevée à cause de ce fichu cahier ! J'ai le droit de savoir ! Votre confidentialité, vous pouvez vous la mettre là où je pense ! Pourquoi est-ce qu'il est aussi important ce maudit cahier ? Il peut tuer des gens et alors ? Il aurait dû être détruit, c'est tout ! Ça ne sert à rien, un truc aussi mauvais ! Je ne comprends pas pourquoi quelque chose qui peut tuer est aussi important ! Je ne comprends pas du tout… je ne comprends rien ! J'en ai assez, je veux juste rentrer chez moi et oublier tout ça, même si c'est impossible ! Pourquoi vous m'obligez à me souvenir de tout ça ? Vous n'avez même pas une once de compassion, vous vous fichez bien de ce que je ressens ! Vous êtes un monstre ! Laissez moi tranquille !
Et elle ignorait toujours ce qui la mettait dans cet état là. Elle n'aurait jamais dû s'énerver, pleurer ou trembler. Alors pourquoi avait-elle l'impression d'avoir les nerfs à vif, de ne rien pouvoir supporter ? Pourquoi est-ce qu'elle se mettait dans des état pareils pour rien ? Elle avait envie de tout envoyer valser, de taper la première personne qui se présenterait, de donner des coups dans le mur.
-Yagami, tu… tenta N.
-LA FEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEERRRRRRMMMMEEEE ! hurla-t-elle.
Mais qu'il la laisse pleurer tranquille ! Avec sa voix électronique, son ton monocorde et son manque total de tact et de compassion, il l'énervait vraiment ! On aurait dit qu'il ne la voyait que comme un boulet, quelque chose sans aucune importance ! C'était insupportable !
-Bon, fit N après un long silence. Je ne vais pas te garder plus longtemps. Désolé. Tu vas pouvoir retrouver ton père et retourner à ta vie.
La jeune fille réussit enfin à retrouver une attitude plus posée. L'excuse de son interlocuteur avait réalisé l'exploit de discipliner tout ce qui bataillait en elle. Il avait ENFIN compris le problème.
-N, dit-elle le plus calmement possible. Je ne sais pas qui vous êtes, mais j'ai une vague idée de genre de personne que vous pourriez être. Il a fallu que je vous hurle dessus pour que vous daignez enfin de vous excuser. Ce que j'ai bien entendu, c'est que vous ne comprenez pas les être humains. Vous en êtes un vous même, pas une machine, j'en suis sûre, mais vous êtes incapable de comprendre les sentiments.
-Les sentiments sont négligeables, répondit son interlocuteur après un long silence qui signifiait qu'il ne savait pas trop quoi répondre.
Avec la voix électronique, impossible de voir si sa tirade l'avait touché ou non, mais Sayu sentait que quelque part, elle avait tapé juste. Les larmes ne voulait pas s'arrêter de couler mais elle avait réussit à apaiser sa colère.
-Je ne suis pas d'accord, rétorqua-t-elle. Vous faîtes fausse route avec ce genre de pensées.
-… tu sembles vraiment le penser, remarqua N.
-J'en suis certaine, affirma la jeune fille.
-C'est toi qui te trompes. Les sentiments sont inutiles, ils ne font que ralentir. Ils ne servent à rien, ils n'aident pas, ils sont des boulets qui brouillent notre jugement. Sans les sentiments, nous serions meilleurs.
Ses paroles ravivèrent la rage dans l'esprit de Sayu mais elle domina rapidement sa bouffée de colère. Ce N lui inspirait un profond mépris… et quelque part, beaucoup de pitié pour cet être qui ne parvenait pas à saisir la beauté des sentiments humains. Il n'avait aucun cœur et devait en souffrir, même inconsciemment.
-Vous n'avez pas d'âme, lâcha-t-elle. Je vous plains sincèrement.
Sa dernière phrase était vraie. Si elle était encore partagée entre le dédain et la pitié, elle ressentait vraiment de la compassion.
-Tu me… plains, dit N.
Vu son ton, ça ne devait pas lui arriver souvent.
-Effectivement, c'est ce que j'ai dit, confirma Sayu. Vous n'avez pas de cœur… pas de sentiments…
Elle ferma les yeux et lorsqu'elle les rouvrit, son regard était empli de douceur. La gentillesse avait remplacé le mépris. Décidemment, il lui était bien dur de détester quelqu'un. Son altruisme finissait toujours par trouver une qualité ou une raison d'être mauvais à la personne qu'elle voulait haïr.
-Comme c'est triste, murmura-t-elle avec chagrin.
Elle ne pouvait s'empêcher d'imaginer ce que cela faisait de rejeter les émotions ou de ne pas en avoir et cela lui paraissait insupportable. Ce que vivait ce N, même s'il n'en avait pas conscience, devait être affreux.
-Vous pensez ce que vous dîtes ? demanda-t-il.
Il la vouvoyait, à présent, preuve qu'elle avait remonté dans son estime et qu'il la respectait. Si les personnes qui devenaient plus proches se tutoyaient habituellement, il était clair qu'il agissait à l'inverse : parce qu'elle n'était désormais plus une étrangère, il la vouvoyait avec estime et politesse.
-Oui, répondit-elle sans aucune hésitation.
N resta silencieux quelques secondes. Sayu n'avait aucun point à fixer mais son regard était droit et si des larmes roulaient toujours sur ses joues, elle était paisible.
-Je vois, déclara finalement son interlocuteur. Nous pourrions continuer ce débat longtemps mais je dois interroger votre père.
Elle la sensation qu'il la remerciait et que son départ était uniquement fait pour couvrir cet aveu mais il lui était impossible de le confirmer. Le seul moyen de le savoir était d'essayer de prolonger un peu cette conversation.
-Vous fuyez, N ? releva-t-elle avec une pointe d'humour provocateur.
-… non. Je n'ai simplement pas le temps de discuter, même si cela me tente.
La jeune fille ne put s'empêcher de noter que son ton était moins monocorde et plus doux. Il lui était déjà beaucoup moins insupportable et devenait de plus en plus sympathique. Pour le coup, elle ne regrettait pas de l'avoir enguirlandé, mais avait changé d'opinion à son propos. Il avait avoué que continuer à discuter avec elle le tentait ce qui signifiait qu'il s'intéressait à son point de vue et ne la voyait plus comme une simple fille responsable de la perte du Death Note qui pourrait lui donner des renseignements.
-Je comprends. Mon père en saura sans doute plus que moi. Je suis… je ne dirais pas que je suis désolée de vous avoir crié dessus, mais plutôt que je n'étais pas très juste avec vous.
-Pardon ?
-Je vous voyais comme une espèce de machine sans cœur, expliqua-t-elle, mais vous êtes déjà plus agréable une fois que vous tentez de comprendre le point de vue des gens. J'ai changé d'opinion à votre propos.
-… je suppose que je dois vous remercier ?
Sayu battit des paupières, étonnée, puis laissa échapper un petit rire malgré ses larmes, amusée.
-Je suppose, sourit-elle.
-Dans ce cas… merci.
-Vous n'aimez ni avoir tort, ni remercier les gens, n'est-ce pas ?
Son interlocuteur ne répondit pas.
-N, vous savez, vous ressemblez à un enfant. J'ignore qui vous êtes, mais j'en viens à penser que malgré vos airs, vous n'êtes pas plus vieux que moi.
-Qu'est-ce qui vous fais penser ça ? interrogea-t-il.
Il n'avait pas nié, pas démenti, signe qu'elle n'était pas loin de la vérité.
-Notre conversation. Je n'ai pas votre visage, pas votre vraie voix, mais vos mots vous trahissent, quelles que soient les précautions que vous avez prises.
-Je ne pense pas avoir parlé comme un enfant…
-Vous venez de le faire. En réalité, je ne saurais pas l'expliquer, mais derrière vos paroles, je sens… je ne sais pas… j'ai une sorte d'intuition mais je suis sûre de ne pas me tromper.
-Je ne comprends pas.
La jeune fille sursauta. Il avait abandonné sa voix électronique. Son ton restait un peu monocorde et sans émotion, mais il ressemblait déjà plus à un être humain.
-Qu'est-ce que vous ne comprenez pas ? s'étonna-t-elle.
-Vous. Votre façon de penser. Vous êtes une véritable énigme. Je n'ai jamais rencontré quelqu'un comme vous.
-Ça peut paraître étrange, mais vous n'êtes pas la première personne à me dire ça. Une amie m'en avait aussi fait la réflexion. Mais je ne vois toujours pas ce que j'ai d'aussi étrange.
-La confiance que vous accordez aux gens et que vous inspirez. Je ne sais pas pourquoi, mais vous êtes quelqu'un en qui on peut croire… en qui j'ai l'impression que je peux croire.
Sayu rougit, touchée.
-Je ne vois pas ce qui inspire tant de confiance en moi… avoua-t-elle.
-Je l'ignore également mais je pense qu'il s'agit de votre altruisme. J'ai du mal à saisir votre façon de penser et vos déductions, basées sur vos intuitions ce que vous ressentez. Je ne comprends pas comment vous supposez telle ou telle chose, comment vous devinez ceci ou cela. Je ne comprends vraiment pas.
La jeune fille sourit doucement.
-Vous n'avez pas besoin de comprendre maintenant. Réfléchissez-y. Peut-être que nous nous reverrons et vous me direz ce que vous en pensez.
-C'est d'accord. Je ne sais pas si nous nous reverrons, mais j'essayerais de vous comprendre un peu mieux.
-Vous ressemblez déjà moins à une machine, remarqua-t-elle. Tenter de comprendre les gens, c'est le premier pas vers le cœur. Je pense que si vous avez tant de mal à comprendre les autres, c'est que vous ne vous comprenez pas bien vous même.
-Je vois… fit-il. Je m'en souviendrais.
-Je crois que je dois vous remercier, N.
-Pourquoi ?
-Grâce à vous, je me sens déjà mieux. Merci beaucoup.
-Je ne sais pas en quoi je vous ai été utile, mais cela ne fait rien. Maintenant, je vais devoir vous laisser.
-Juste une dernière chose avant que vous alliez interroger mon père. Pensez-vous que nous pourrions être amis ?
Elle venait d'ôter la parole à N. Déstabilisé par sa question, il en oublia de totalement répondre. S'il n'était pas d'accord, il aurait dû le dire plus tôt car Sayu n'avait pas l'intention d'attendre trois milles ans pour avoir sa réponse.
-Je prends ça pour un oui, décida-t-elle (sa manière à elle de se venger).
-… vous êtes redoutable. Je vous ai grandement sous-estimée et je m'en excuse. Je vous prenais pour une simple fille, peut-être plus intelligente que la moyenne, mais je pense que vous êtes bien plus fine et forte que vous ne le laissez penser. J'admets que vous m'avez bien eu.
La jeune fille n'en croyait pas ses oreilles. Il… s'excusait ? Il venait d'avouer implicitement sa « défaite » ? Cela lui paraissait tellement improbable qu'elle avait du mal à y croire ! Elle rougit avant de se reprendre sans pouvoir réprimer le léger sourire qui lui montait aux lèvres.
-Hum… merci.
-Bien… au revoir.
-Au revoir.
-Merci beaucoup, Sayu.
-N ?
Mais il avait déjà coupé la communication pour aller parler à son père. Cette dernière phrase, prononcée avec douceur et reconnaissance l'avait beaucoup touchée. N était donc capable de vraiment ressentir et de le communiquer.
Il s'en est rendu compte ? se demanda Sayu.
Sans doute, puisqu'il avait préféré « fuir » plutôt que d'affronter sa réaction à ce propos. Même sans les explications de Mello, elle aurait deviné qu'il s'agissait encore d'un adolescent.
Sans aucune raison, elle se mit à rire et à pleurer en même temps. La « présence » de N l'avait calmée et leur conversation l'avait apaisée, mais maintenant qu'il n'était « plus là », elle ne contrôlait plus rien.
Enfouissant son visage entre ses mains, elle ne put réprimer ses tremblements et laissa échapper des sanglots douloureux entremêlés de rire.
-Au secours, murmura-t-elle.
La jeune fille mordit ses lèvres qui esquissaient un sourire empli d'amertume et se laissa tomber au sol sans pouvoir s'arrêter de pleurer.
Merci d'avoir lu !
Oui, la fin est bizarre et ce qui arrive à Sayu aussi mais il fallait que je trouve quelque chose pour expliquer le fait qu'elle finisse dans son fauteuil roulant... si tout c'était bien passé, elle ne se serait pas retrouvée dedans.
J'adore mettre en scène Sayu : quand elle s'énerve ; quand elle est altruiste. Je trouve dommage qu'on ne l'ait pas beaucoup vue dans le manga et qu'elle n'apparaisse souvent qu'en personnage secondaire dans les fics.
Je posterai le prochain chapitre le plus tôt que je peux, promis !
Hey, cette fois, je peux avoir mes reviews ?
