Hey everybody ! Je poste le chapitre assez vite parce que je pars en vacances et que je ne sais pas s'il y aura la Wi-fi. Du coup, il y a sans doute des fautes et des bizarreries, merci de me prévenir !
Ce chapitre est assez court mais je voulais absolument écrire ce qui se passait dans la tête de Sayu pendant qu'elle était dans son fauteuil roulant. Je sais que vous en avez un peu marre mais ça y est, j'ai terminé avec la partie kidnapping maintenant on passe à autre chose. Un nouveau personnage entre en scène !
Bon, je ne vais pas vous faire poireauter plus longtemps... lisez ce chapitre avec Who we are de Imagine Dragons ou Radioactive, le cover de Megurine Luka.
Bonne lecture !
Chapitre 9 :
Apathie
Je suis apathique.
Je ne ressens rien, je vois rien, je n'entends rien. Je suis dans le noir complet. Tout est flou, tout est renversé. Je n'arrive pas à marcher, je n'arrive pas à parler. J'ai perdu mes mots, j'ai perdu mes jambes.
Je suis un fœtus recroquevillé sur lui même.
Je suis une gamine qui apprend à lire.
Je suis une adolescente paresseuse.
Je suis une étudiante kidnappée.
Je suis adulte en train de travailler.
Je suis une vieillarde.
Je suis morte.
Et puis, je me réveille.
Je vois, je sens, j'entends. Je suis en vie, je respire. Je peux bouger. Je peux marcher. Je peux courir. Je saute hors de mon fauteuil roulant et je vais jouer dans l'herbe. Je reprends mon sac et je vais en cours. Je suis vivante.
Et je me réveille encore.
Je n'arrive plus à distinguer le rêve de la réalité. Tout ce que je touche me semble réel mais il s'effrite sous mes doigts. Dès qu'un fantôme s'approche je tente de me persuader qu'il n'est qu'une illusion, mais il me frôle, il est solide.
Et c'est papa.
Et c'est maman.
Et c'est Light.
Je crois que je suis devenue apathique après être rentrée chez moi. Maman m'a embrassée, Light m'a enlacée, je me suis endormie, et le lendemain, le cauchemar avait commencé. J'ai oublié où j'étais. J'ai oublié pourquoi j'y étais.
J'étais devenue apathique.
J'ai peur. J'ai peur. Je suis médusée, stupéfiée. Trop de stress, trop de chocs. Je ne les avais pas sentis mais ils étaient bien présents, juste latents. Et maintenant, ils reviennent, ils me reviennent en plein cœur.
Je souffre.
Il manque quelque chose, il manque quelqu'un. J'ai papa, j'ai maman, même si Light n'est pas là, il appelle parfois, j'ai mes amies qui viennent me voir. Mais il manque quand même quelqu'un.
Mello.
Mello n'est pas là.
Au secours. J'ai besoin d'aide. Il faut que quelqu'un m'aide. Sortez moi de là. Je n'arrive plus à crier, plus à hurler, plus à parler. J'ai perdu mes mots, j'ai perdu mes sens, je suis nue dans le noir.
Je suis apathique.
Qu'est-ce que j'ai fait au ciel pour mériter ça ? Je suis juste tombée amoureuse de Mello. Je ne l'ai même pas choisi. Je l'aime, je l'aime à en mourir et alors ? C'est pour ça qu'à présent, je suis apathique ?
Je suis malade. Je suis malade d'amour, malade de stress, malade de chocs, malade de faiblesse, je suis malade.
Je suis narcoleptique. Je m'endors sans aucune raison, je me réveille peu après d'un cauchemar qui m'avait paru sans fin pour me réveiller encore et encore et me rendormir.
Je dors éveillée, je me réveille endormie, je rêve dans un cauchemar et je cauchemarde dans un rêve.
On me parle, je ne comprends pas. Je dois comprendre, je dois répondre, parce que ceux qui me parlent ont l'air satisfait mais moi-même, j'ignore ce qu'ils ont dit, ce que je leur ai répondu, quels mots sont sortis de ma bouche. Tout est flou, sans queue ni tête. Je tourne dans le vide, je tourne dans l'obscurité.
On a déménagé loin de la ville, à la campagne. Le calme me convient mieux mais j'ai perdu mes repères. Parfois, maman m'emmène dans le jardin pour prendre le soleil et je me gorge de chaleur, de sensation. Le soleil me rappelle Mello. Le doré de ses cheveux. La caresse de sa peau sur la mienne. Sa lumière.
Mais ça ne dure pas longtemps. Quand je veux me lever, on me retient, on me dit qu'il faut que je me repose encore. Mais je veux marcher ! Alors quand personne ne me voie, je me lève et je marche.
Dès que je marche, je tombe.
Dès que je tombe, le monde tourne, je me retrouve la tête en bas.
Je dois remonter sur ce maudit fauteuil roulant qui me soutient et me freine.
Il faut que ça s'arrête. Il faut que je me reprenne.
Classe les événements dans ta tête. Allez, comme tu le fais d'habitude.
1. …
Je n'y arrive plus, tout se mélange en moi ! C'est impossible ! Je me perds, je me suis perdue ! À l'aide, aidez-moi… aidez-moi…
Je crois que je suis en train de hurler. Je m'arrache les cordes vocales. Ma tête va exploser, je n'en peux plus ! On me garde comme une malade, comme une morte alors que je suis vivante ! Je suis vivante !
Je ne suis pas apathique ! Je suis vivante !
Personne dans la maison. Réveille-toi, Sayu. Réveille-toi. Tu es vivante, tu peux le faire. Il est temps de te réveiller. Lève toi et marche. Même si tu tombes. Même si tes jambes ne te portent pas. Relève-toi et marche.
Marche !
Comme avant, un pas après l'autre, comme ça. Un pied devant l'autre. Je chute, je me raccroche à quelque chose. Un vase qui se brise. Des éclats de verre qui volent. Une musique agréable. J'entends avec précision le bruit de milles petits papillons de verre chanter sur le sol. Mon ouïe me revient. J'ai mal à la main, je tiens un morceau de verre brisé. J'ai mal.
J'ai vraiment mal.
Mais je reprends mes esprits.
Je me sens bien. Cette douleur me fait me sentir vivante, elle me rappelle à la vie, à la conscience. Le sang coule. Il coule aussi dans mes veines. Ça veut dire que je suis un être humain, que je suis en vie. Je me remets debout. J'y arrive. La souffrance qui pulse dans ma paume me donne de la force. De l'énergie.
Je ne suis plus apathique.
Marche, Yagami Sayu.
Redresse-toi, tu ne tomberas pas.
Tu ne tomberas plus jamais.
Comme dans un rêve, comme si j'avais de la fièvre, tout tourne autour de moi. Qu'importe. Je resserre ma prise sur ma douleur, mon ancre et j'avance.
Je reconnais ma nouvelle chambre. Je vois mon sang qui coule le long de ma paume. Le rouge grenat ressemble à un joyau liquide, qui me rend ma vue.
Le monde s'ouvre autour de moi, cesse de tourner. Je retire mon pyjama. J'ai trop chaud dedans. Il est plein de sueur, plein de mauvais souvenirs. Je me traîne jusque dans la salle de bain. J'allume la douche. Je me laisse tremper d'eau, je lave ma blessure avec du savon, même si ça fait mal. Il faut que ça fasse mal. Ça me permet de me rappeler que je suis en vie et de me rattacher à la réalité. Je jette le morceau de verre dans la poubelle. Je me nettoie enfin, de toute mes saletés, de toutes mes blessures. Je me sèche vite, j'enroule une serviette autour de mes cheveux. Contact rugueux de la serviette avec ma peau. Contact humide de mes cheveux avec ma peau. Je me délecte d'avoir retrouvé mon toucher.
J'aime retrouver mes habitudes d'antan, entortiller une serviette autour de ma tête. Ça me prouve que la Sayu du passé est encore là. Qu'elle n'est pas morte avec mes sens, qu'elle était juste endormie.
Je reviens dans ma chambre. J'ouvre le placard. Je reconnais mes vêtements. Je les regarde.
Qu'est-ce que je vais mettre aujourd'hui ?
Je suis toujours une fille, cette fille qui hésite avant de s'habiller, qui se demande quoi accorder avec quoi, qui tergiverse, qui essaye, avant de se rendre compte de l'heure et d'attraper la première chose qui lui tombe sous la main et qui est aussi le plus bel ensemble qu'elle aurait pu choisir.
Le pouvoir de l'intuition a toujours été plus fort que celui de la réflexion, chez moi.
Alors, qu'est-ce que je vais mettre pour sortir ?
Des sous-vêtements en dentelle. Un débardeur blanc. Un pull noir. Un jean bleu. Des chaussettes grises.
J'enfile le tout en me rendant compte à quel point mes vêtements m'ont manqués. Cela me fait du bien de redevenir moi-même.
Je regarde ma collection de chaussures. Ma belle collection de chaussure. Mes enfants. Ma fierté.
Je mets mes bottes préférées, noires avec des hauts talons aiguilles. J'ai la sensation de retrouver mes jambes.
Maintenant, je peux marcher. Maintenant, je suis prête. Je retire la serviette autour de mes cheveux et je vais devant ma coiffeuse. La jeune fille dans le miroir a beaucoup souffert. Des traits creusés, des yeux fatigués et cernés, une pâleur effrayante.
Mais ce qui est le plus impressionnant, c'est ce regard morne, vide et creux, qui donne la sensation d'être aspiré dans l'abîme sans fond de la pupille. Ce regard de mort, désespéré et apathique.
Il faut que je le fuie, ce regard, que je le remplisse, que je fasse diversion. Que je redevienne moi-même.
Je prends ma brosse et je discipline la chevelure en bataille. Même s'ils sont encore mouillés, je les attache en chignon haut.
Je prends un flacon de parfum et m'en asperge le cou. L'odeur fleurie me chatouille le nez, m'enivre. J'ai retrouvé mon odorat.
Il y a des bonbons sur ma coiffeuse, que quelqu'un a déposé. J'en mange un et son arôme acide picote ma langue, me rendant mon goût.
Je prends une écharpe indigo, exécute un petit tour devant la glace. Mes sens sont revenus à moi, je me sens bien.
La jeune fille dans le miroir retrouve une allure un peu plus présentable. Son visage est toujours aussi las, mais elle ressemble déjà plus à quelque chose.
Dans ses yeux, derrière son apathie, on aperçoit enfin une flamme farouche qui brûle, un désir de vie. Elle va se battre.
Soudain, elle fait un signe : le réveil affiche l'heure à laquelle maman rentre.
Si elle me voit comme ça, elle me dira de retourner dans mon fauteuil. Je ne veux pas. Il faut que je sorte. Il faut que j'aille prendre l'air.
Pas le temps de me maquiller. Pas le temps de parfaire ma tenue. Pas le temps.
Un papier sur mon bureau. J'écris que je suis sortie faire un tour. Je le pose en évidence. Ils doivent le voir ou bien ils s'inquiéteront.
Je prends mon porte-monnaie en vérifiant qu'il y a de l'argent dedans. Je dois prendre le bus, il y a un arrêt pas très loin, si je me souviens bien.
Il faut que je fasse vite.
Je sors de ma chambre, je sors de la maison en agrippant les clefs au passage, je sors dans la rue et je respire.
Enfin.
De l'air ! Je suis vivante !
Je ne suis plus apathique !
Je suis libre, à présent.
Je crois apercevoir la voiture de maman au loin.
Sans hésiter, je me mets à courir.
C'était comme si Sayu laissait son apathie derrière elle. Comme si elle abandonnait sa mélancolie au fur et à mesure qu'elle courait.
Il était si bon de courir !
Sentir le vent sur son visage, respirer, vivre. Ses jambes la portaient, lui obéissaient, accomplissaient les moindres mouvements qu'elle exigeait.
Le paysage ne tournait plus, la rue était stable, elle ne tremblait pas.
Elle était vivante.
La jeune fille arriva à l'arrêt de bus au moment où celui-ci s'arrêtait. Elle y monta sans aucune hésitation, heureuse de retrouver la civilisation et acheta un ticket au chauffeur. Sa joie de reparler à quelqu'un consciemment était immense. Elle s'assit dans un des sièges, adressant des sourires aux quelques gens qui la regardaient et consulta la carte. Ce bus passait dans le centre commercial qui bordait son université.
Bien.
Elle esquissa un sourire et regarda le paysage de campagne défiler à travers la vitre. Elle se sentait horriblement bien. L'adrénaline ne l'avait pas quittée. Elle respira profondément et ferma les yeux.
Elle était vivante.
C'était merveilleux.
Elle était libre et elle allait se balader.
-Excusez-moi… fit une voix à côté d'elle.
La jeune fille se retourna. Son interlocutrice était une jeune fille de son âge, aux traits asiatiques mais aux cheveux blonds ondulés. Ses yeux bleus étaient soulignés par des longs cils ce qui lui donnait un air doux et sympathique. Un peu plus grande que Sayu, elle paraissait assez robuste et musclée malgré son apparence fluette.
-Oui ? fit la jeune fille.
-Hum… vous saignez…
Elle désigna la paume barrée d'une fine ligne écarlate qui laissait encore passer du sang.
-Oh ! remarqua Sayu. Ce n'est rien, ça va…
-Comment est-ce que vous vous êtes fait ça ?
-Euh…
La blonde la regarda et, comprenant son air embarrassé, émit un petit rire.
-Je vois !
Elle sortit un mouchoir de sa poche et prit la main de la jeune fille.
-Excusez-moi…
Enroulant habilement le mouchoir autour de la paume blessée, elle esquissa un sourire.
-Merci beaucoup, sourit Sayu.
-De rien ! Ça ne vous faisait pas trop mal ?
-Hum… je n'avais même pas remarqué… ou plutôt, je pensais que ça ne saignait plus…
La vérité était qu'elle avait intégré cette douleur pour se sentir en vie alors elle ne l'avait plus vraiment sentie.
-Vous ne seriez pas un peu étourdie, par hasard ? rit doucement l'inconnue.
-Un peu peut-être, admit la jeune fille.
-À quoi pensiez vous pour ignorer une blessure quand même assez voyante ? demanda la blonde. Si je ne suis pas trop indiscrète, ajouta-t-elle précipitamment.
-Non, je suppose que c'est normal de se poser des questions… je me suis fait ça avec un morceau de vase cassé.
-Ça m'a l'air quand même un peu profond… soyez sûre que ça ne va pas s'infecter !
-Ne vous en faîtes pas… j'ai désinfecté avant de sortir…
Elle eut un petit rire embarrassé. Son interlocutrice la regarda avec des yeux ronds : comment se faisait-il qu'elle songe à désinfecter sa plaie mais pas à la bander ou vérifier que le sang ne coulait plus ?
Heureusement, voyant qu'elle ne trouvait pas de réponse appropriée, celle-ci changea rapidement de sujet.
-Je m'appelle Meisai Marisa, se présenta-t-elle, enchantée.
-Moi de même ! Je suis Yagami Sayu.
-Vous descendiez à quel arrêt ?
-Le sixième, et vous ?
-Pareil ! Que diriez-vous de faire les boutiques ensemble ? C'est bien pour ça que vous étiez venue, non ?
-Oui ! Avec plaisir !
Sayu sentait qu'elle s'était faîte une nouvelle amie. Marisa lui était agréable et sympathique et même si elles ne se connaissaient que depuis quelques minutes, elles s'entendaient déjà bien.
Un instant… elle était certaine de l'avoir déjà vue quelque part.
-On ne se serait pas déjà rencontrées ? demanda-t-elle timidement.
-Hum…
Marisa réfléchit quelques secondes puis secoua la tête.
-Je ne pense pas, désolée… mais il se peut que l'on se soit déjà croisées sans s'en souvenir. Peut-être dans une boutique ou quelque chose comme ça…
-Vous avez raison.
-Tutoyons-nous ! Après tout, nous ne sommes plus des étrangères, non ?
-D'accord !
Le bus s'arrêta, laissant rentrer et sortir quelques personnes. Marisa s'assit à côté de sa nouvelle amie. Tout de suite plus proche et plus à l'aise, elle se pencha vers elle sur le ton de la confidence.
-Toi, tu as la tête de quelqu'un qui est sortie en cachette, sourit-elle.
-Comment tu le sais ? s'étonna Sayu.
-Tes cheveux sont encore mouillés et il me suffit de voir tes cernes et tes traits tirés pour dire que tu étais certainement en convalescence il y a peu.
-Tu es vraiment observatrice !
La blonde eut un petit rire embarrassé. Elle passa une main dans ses longs cheveux et sourit timidement.
-En fait… je n'ai pas beaucoup d'amies, et les seules que j'ai, je ne les vois pas souvent… alors j'ai pris l'habitude de beaucoup observer les gens pour m'occuper…
-Je vois… tu n'es pas trop triste ?
-Un peu, parfois. Mais rencontrer de nouvelles amies fait aussi parti des avantages qu'i être un peu solitaire…
Sayu éclata de rire.
-Meisai-chan, tu es vraiment bizarre.
-Hum, je te retourne le compliment, Yagami-chan ! Qu'est-ce qui s'est passé pour que tu sortes en précipitation de chez toi ?
-Pas en précipitation… tempéra Sayu. Enfin, un petit peu quand même. J'ai été… disons… malade.
-Malade ?
-Non, en fait je dirais plutôt en état de stress excessif. Oui, c'est déjà plus juste. Il s'est passé quelque chose de grave et même si je ne m'en suis pas rendue compte, j'ai subi un assez gros choc et j'ai mal encaissé. Je suis devenue apathique. Mais on me traitait comme une vraie malade, j'en avais assez, je ne pouvais pas… vivre. Je ne me sentais pas vivante. Alors un jour, j'ai décidé d'aller prendre l'air et comme si on me voyait, on allait m'en empêcher, j'ai dû faire vite… et me voilà.
-Quelle histoire !
Le bus s'arrêta assez brutalement, les faisant sursauter. Elles se sourirent et après avoir jeté un petit coup d'œil aux gens qui entraient, se remirent à discuter.
-Yagami-chan, commença Marisa, tu connais bien le quartier ?
-Je le connais assez bien, j'allais souvent me balader avant qu'on ne déménage, répondit Sayu.
-Pourquoi est-ce que tu as déménagé ? demanda son amie, intriguée.
-À cause de mon… apathie. Il fallait que sois au calme et que je puisse me reposer sans être stressée. Surtout qu'avant, je refusais de sortir de ma chambre et je passais mes journées à pleurer…
Les souvenirs lui revenaient progressivement. Avant d'être apathique, elle avait été désespérée. Elle avait passé des jours à pleurer, s'enfermant dans sa chambre, incapable de comprendre ce qui lui arrivait. Elle n'avait voulu parler à personne. Trop de choses, trop de stress. Et surtout, le manque. Mello lui manquait horriblement et elle n'avait pas supporté cette double douleur.
L'incompréhension et le manque. Ça avait suffi pour la rendre apathique.
Mais ces souvenirs étaient encore flous dans sa tête, comme un cauchemar, comme si rien n'avait été réel. En réalité, elle n'avait pas oublié ces jours de souffrance, mais ils étaient si vagues qu'elle avait cru qu'ils n'avaient été qu'un simple rêve.
-Tu as dû beaucoup souffrir… remarqua Marisa avec gentillesse. Tu as été très courageuse…
Sayu hocha la tête et tenta de sourire. Remarquant sa tristesse, son amie s'empressa de changer de sujet.
-Je ne suis pas au Japon depuis très longtemps, dit-elle, deux semaines environ, alors du coup, je ne connais pas très bien le coin.
-Tu étais où ?
-Aux Etats-Unis, à New-York. Tu y es déjà allée ?
-Non, je n'ai pas beaucoup voyagé…
-C'est une jolie ville mais il y a beaucoup de monde. En tout cas, ça me change avec cette ville là !
-Tu dois être plutôt dépaysée !
-Ce n'est pas plus mal, je suis au calme et je vois de nouvelles choses. C'est plutôt pas mal, ici.
-Je trouve aussi.
-Tu pourras me faire visiter ?
-Avec plaisir !
Elles embrayèrent la conversation sur les différentes boutiques qu'elles avaient visitées, leurs vêtements préférés et les tenues à la mode. Une conversation plutôt normale, à vrai dire, mais qui leur faisait le plus grand bien à l'une comme à l'autre.
Sayu était heureuse de s'être faite une nouvelle amie et de parler normalement avec quelqu'un, chose qu'elle n'avait pas pu faire depuis très longtemps.
Marisa, elle, était contente pouvoir discuter tranquillement avec une personne aussi sympathique et agréable que Sayu.
Elles avaient énormément de choses en commun, malgré leurs différences apparentes. Ce n'était pas étonnant qu'il ne leur ait fallu que quelques minutes pour devenir très amies.
Le bus s'arrêta finalement à leur arrêt et elles descendirent.
-Bon, je vais te faire découvrir ma boutique préférée… déclara Sayu.
Elle l'entraîna par la main vers un ravissant magasin de chaussures, tout excitée et ravie de reprendre ses bonnes vieilles habitudes. La blonde la suivit en riant.
-J'avais découvert cette boutique hier, avoua-t-elle avant d'entrer dans le magasin.
-Et qu'est-ce que tu en penses ? questionna son amie.
Marisa prit son temps avant de répondre avec un grand sourire :
-Et bien je crois que ça va devenir un de mes endroits favoris !
Et c'est ainsi qu'elles découvrirent avec joie qu'elles avaient les mêmes goûts en matière de vêtements et de boutiques. Elles passèrent ensuite la journée à se promener, discuter et faire du shopping, comme deux amies de longue date.
Le soir, Marisa raccompagna Sayu chez elle. Devant la porte de celle-ci, elles s'arrêtèrent pour parler encore un peu.
-Merci beaucoup, la remercia la jeune fille. J'ai adoré passer du temps avec toi.
-Moi aussi !
-Hum… dis…
Sayu se hésita puis se décida.
-Je peux t'appeler Marisa ? demanda-t-elle timidement.
-Mais bien sûr Sayu !
Elles se sourirent, encore plus proches qu'avant. Il était difficile de deviner qu'elles ne se connaissaient pas le matin même !
-Je me demande ce que vont dire mes parents… soupira Sayu en repensant qu'elle avait « fugué ».
Son amie haussa les épaules.
-Ils comprendront, j'espère. Si tu as un problème, tu as mon numéro de toute façon.
Elles s'étaient échangé leurs coordonnés pendant la journée et Sayu avait découvert que Marisa allait dans la même université qu'elle, ce qui l'avait encouragée à reprendre les cours au plus vite.
-Oui… tu me consoleras !
Les deux jeunes filles éclatèrent de rire.
-On se voit demain ? demanda son amie.
-Je vais essayer de retourner en cours au plus vite, répondit Sayu.
-Je te prendrais des notes, ne t'en fais pas. Au cas où tu n'es pas là demain, je passerais te voir !
-C'est vrai ?
-Bien sûr !
Sayu sourit, ravie.
-Merci beaucoup !
Elle prit la blonde dans ses bras.
-Bon, je vais te laisser, déclara Marisa.
-Rentre bien et fait attention à toi !
-Ne t'en fais pas ! Allez, à demain ma petite Sayu !
Elle lui adressa un dernier signe de la main avant de partir en trottinant pour atteindre l'arrêt de bus. Sayu regarda sa silhouette disparaître dans la nuit, puis se tourna vers la porte et respira profondément.
Qu'est-ce qu'elle allait faire ? Qu'est-ce qu'elle allait dire ?
Non, se morigéna-t-elle, ne réfléchit pas. Sois sincère et spontanée, c'est comme ça que tu leur feras comprendre tes sentiments.
Décidée, elle ouvrit la porte et entra dans sa maison. Ses parents l'y attendaient, une expression indescriptible sur leur visage, mêlée de joie de la voir, d'inquiétude et de colère.
Avant même qu'ils ne puissent ouvrir la bouche pour parler, la jeune fille prit la parole.
-Papa, maman, je suis de retour, dit-elle simplement.
Mais le sourire qui éclairait son visage aurait pu illuminer une ville entière. Elle rayonnait de milles feux, elle irradiait littéralement de bonheur et de vie.
-Je suis vivante, ajouta-t-elle avec douceur.
Elle était si heureuse et si lumineuse que ses parents ne purent que l'enlacer en pleurant de joie.
J'espère que ça vous a plus !
Oui je vais vite, oui je zappe des trucs, mais sinon ça traine et j'avais pas l'inspi alors il fallait avancer. J'adore Marisa. Son prénom est en fait celui d'une peluche d'une petite sorcière que j'ai achetée à la Japan Expo d'Orléans, ma première grosse peluche. Et comme cette peluche est blonde, ben, Marisa est blonde, voilà voilà. En apparence, je me un peu suis inspirée de Reiko Date de Lost Paradise. Un bon manga que je vous conseille !
Sayu n'est pas vraiment narcoleptique, c'est juste que j'adore ce mot (enfin, surtout narcolepsie) alors je voulais le caser quelque part (héhé). Et oui, j'ai fait revenir Light au Japon un petit peu, juste pour accueillir sa soeur. Parce qu'il tient à elle, quand même.
Autre chose à dire ? Hum... ah oui, le sixième arrêt est une référence au Voyage de Chihiro... je vous conseille de le voir aussi si vous ne l'avez pas lu !
Bon, j'arrête de faire de la pub XD
De reviews s'il vous plait ! Même si je n'en ai pas, je continuerais de poster, mais je serais plus motivée si vous en laissez ! Ah... je suis nouille, c'est vous qui voyez si vous voulez reviewer pour ma misérable fiction TT
Des reviews quand même ?
