Hello ! Me revoilà après des plombes d'absence ! je suis vraiment désolée, désolée, désolée. J'ai eu un méga-manque d'inspiration. Mais c'est bon, normalement, je posterais plus vite après !

À toutes celles qui pensent que Mello est OOC et qui ont plus que raison : je me suis rendue compte à quel point ça devait être insupportable. Je suis désolée, désolée, désolée, j'ai été nulle. Je vous promets de réecrire les premiers chapitres de manière à ce qu'il redevienne normal.
En revanche, je constate que Matt est plutôt fidèle à l'original (même si on ne le connaît pas trop dans Death Note) et comme je l'aime bien comme ça, je ne pense pas que je vais le changer.

Réponses aux reviews :

Guest : Ben... pour maintenant. Je suis désolée d'avoir mis si longtemps à poster !

Bluemeteor : Merci beaucoup ! C'est vrai que des Mello x Sayu, je n'en ai pas trouvé des tas et c'est peut-être pour ça que j'ai eu envie d'en écrire une.
Pour le Mello OOC, j'ai merdé, tu as tout à fait le droit de chipoter, je suis sûre que tu aurais fait mieux, mais je vais corriger ça.
Si Near n'apparaît pas souvent dans mes fics, c'est parce que j'ai super peur de le faire OOC et que je ne sais pas trop quoi penser de lui. Et puis comme il a beaucoup moins de présence que Mello et Matt, j'ai tendance à le zapper un peu.
Je suis vraiment contente que tu aimes les Wammy's girl et encore plus Justice parce que comme ce sont des OCs, j'avais peur qu'on ne les apprécies pas. Je suis aussi soulagée que l'apparition de Justice soit bien passée et que finalement, elle ne fasse pas tâche et soit plutôt bien aimée.
Merci encore pour ta review !

Ana : Merci pour ta loooooooongue review ! XD Ça m'aide vraiment pour réecrire les premiers chapitres, qui, je m'en rend compte, sont vraiment insupportable. Je suis désolée...
En gros, j'ai bien compris qu'il fallait que je réecrive les chapitres avec Mello et que je fasse très attention avec ses prochaines apparitions. Bon, au moins, les chapitres sans lui ne posent pas de problèmes, c'est déjà ça de gagné.
Matt n'est pas OOC, ouaaaiiiiiiiis ! Comme on ne le voit pas beaucoup dans le manga et que j'ai mieux cerné le personnage en lisant des fanfictions, pour moi il était réussit mais je n'étais pas sûre. Victoire !
Dans l'ensemble, je crois que tout le monde a bien aimé l'apparition de Justice et je suis vraiment soulagée qu'elle ne soit pas gênante. Je ne savais pas du tout comment les gens allaient réagir avec l'apparition d'un OC mais je suis rassurée, j'ai eu raison de la mettre.
Merci encore pour tes conseils, t'es géniale !

Aria On The Planete : Merci pour ta review ! C'est grâce à toi que Justice a eu une chanson, donc merci ! Je ne voulais pas forcément faire un chapitre super triste mais il est devenu ce qu'il est devenu (il s'est un peu écrit tout seul). J'ai écouté Shiwa de Gumi et c'est une super chanson (ça m'inspire).
Merci de toujours reviewer, je t'adore !

Voilà voilà je vous conseille de lire la première partie avec Drunk in Love le cover de Ed Sheeran et la seconde partie avec Shiwa de Gumi !

Je fais quelques allusions aux Wammy's girls et à la génération de B, L et A. je vous conseille de lire ou relire les Wammy's girls, et plus principalement les one-shot de Gun et de Mistya, il y a des apparitions des "anciens" de la Wammy's. J'adore aussi parler de la Wammy's, c'est plus fort que moi.

MÉGA DÉDICACE À TOUTES MES REVIEWEUSES : ANA, GUEST, BLUEMETEOR, ARIA ON THE PLANETE, LLO, BLUEGUNS, PROCHAIN CHAPTER, LOU CELESTIAL ET MISETE ! JE VOUS ADORE TOUUUUUUTES SUPER FORT ! Z'ÊTES TOP !

Bonne lecture !


Chapitre 11 :

Retrouvailles

Une explosion. Le QG de la mafia venait d'exploser. Ava arrêta sa moto, épouvantée, et posa pied à terre. Qu'est-ce qui s'était passé ? Qu'est-ce qui venait d'arriver ?

La jeune femme courut sans s'arrêter jusqu'aux ruines de son ancien lieu de travail. Elle était en mission et elle n'avait aucune idée de ce qui avait pu provoquer cette explosion. Enfin, techniquement, elle le savait. Le bâtiment était truffé d'explosifs en cas de problème et le détonateur se trouvait dans la salle de contrôle. Elle voyait bien Mello déclencher les explosions, mais elle ne voyait pas pourquoi.

La réponse s'imposa à elle directement quand elle vit des hommes en combinaison d'attaque sortir des ruines en se soutenant les uns et les autres. Elle aperçut un homme bien plus mal en point que les autres et reconnut le directeur adjoint de la police japonaise, Yagami, qui avait fait l'échange de la petite Sayu contre le cahier. Les autres paraissaient vouloir l'encourager, mais elle savait qu'il ne survivrait pas. Elle avait suffisamment vu la mort pour la reconnaître. Et là, elle rôdait autour de l'homme, attendant simplement son heure qui ne tarderait pas.

Mais ce n'était pas le problème. Maintenant, elle savait ce qui c'était passé.

Ils avaient été attaqués par la police japonaise. Sidoh les avait donc trahis, mais ce n'était pas étonnant. Elle n'avait aucune confiance en cet imbécile de shinigami.

Elle aurait pu leur tirer dessus, mais elle n'était pas de ce genre. Et puis la quête du cahier n'était pas son combat. La mafia n'avait pas vraiment d'importance pour elle, c'était juste du travail. Si tout le monde était mort, alors ça ne faisait rien. Ce n'était que des hommes.

La tueuse se faufila discrètement dans le bâtiment et constata qu'effectivement, tout le monde était mort. Elle aperçut le cadavre de Rod Ross et comprit que c'était la fin de son clan. La cause de la mort était simple : crise cardiaque.

Kira. Mais pourquoi ?

Il avait dû s'allier à la police japonaise, préférant que des incompétents aient son cahier et ne s'en servent pas plutôt que la mafia qui, elle, en faisait un usage qu'il devait voir comme abusif. Entre la peste et le choléra, Kira avait choisi.

La tueuse retint un soupir. Une chance que son nom et son visage ne soient pas connus des services secrets. Elle avait toujours été extrêmement discrète, elle ne risquait rien.

Ava monta jusqu'à la salle de contrôle. Son instinct lui hurlait que quelqu'un était encore en vie ici. Elle s'arrêta devant la porte défoncée et tourna à droite, sans entrer dans la pièce. Elle sentait une odeur de chair brûlée, de vie qui s'effrite. En tant qu'assassin, elle savait repérer les blessés sans les voir.

Son intuition de chasseuse la guida jusqu'à une cachette d'arme dans le mur. Elle était haute et large d'environ un mètre et demi, profonde de deux, il suffisait d'appuyer à un endroit bien particulier de la cloison pour l'ouvrir. Elle la connaissait bien puisque c'était la sienne. Presque vide étant donné qu'elle emportait toujours la majorité de son arsenal avec elle, elle faisait une cache sans égal. Elle l'ouvrit et aperçut quelqu'un, recroquevillé, une main sur le visage. Vêtements noirs, cheveux blonds, aura sauvage, c'était Mello.

-Ava, grinça-t-il d'une voix rauque.

Il savait qu'elle allait rentrer, qu'elle était vivante, qu'elle allait le trouver. Qu'elle pouvait le sauver. Elle s'accroupit devant lui.

-Pourquoi je t'aiderais ? demanda-t-elle.

Ce n'était pas de la cruauté, c'était une simple question. Une question de tueuse, de mafieuse. Elle sentait l'odeur du sang et de la chair brûlée lui emplir les narines, le son du souffle douloureux chanter à ses oreilles, la vue de la proie blessée effleurer ses yeux.

Mais c'était Mello. Elle n'avait pas le goût de la vengeance ou de la victoire dans la bouche, elle ne percevait pas le sang de son adversaire sur sa peau et elle ne le voulait pas.

Elle l'appréciait, elle ne souhaitait pas sa mort.

Mais c'était une tueuse et on ne perd par les bonnes habitudes.

-La mafia de Rod Ross est perdue, reprit-elle. Je n'ai plus de travail. C'est un peu de ta faute, même si je dois avouer que je me suis bien amusée depuis que tu es là. Et puis…

Là, ça avait à voir avec son honneur de femme, plus trop avec sa condition d'assassin.

-J'ai vu le directeur adjoint de la police japonais et il ne m'avait pas l'air en forme. Il allait mourir.

Elle s'arrêta, le temps de voir sa réaction et aperçut une flamme dans ses yeux bleus.

-Tu as déclenché les explosions.

-Oui.

-Tu as tué le père de la prisonnière.

Elle n'avait aucune preuve concrète mais elle était certaine de ce qu'elle allait dire.

-Tu as tué le père de la femme que tu aimes.

La flamme disparut dans les yeux de Mello pour un instant, remplacée par de la rage pleine de culpabilité. Elle avait vu juste.

-Oui, fit le blond d'un souffle.

-Ta petite chérie va souffrir par ta faute. Pourquoi aiderais-je quelqu'un qui fait souffrir une femme et m'a pris mon travail ?

-Je sais… je sais où se trouve un des QG du clan Fireblade. Il s'est reconstruit avec les quelques membres qui n'étaient pas présent au moment de l'accident. D'autres l'ont rejoint pour le recréer, en attendant de voir réapparaître l'héritière. Je sais où il se trouve parce que quand Blaze a eu quinze ans, qu'elle est allée clamer son droit d'héritage et qu'elle a prouvé à tous qu'elle pouvait en être le leader légitime, je l'ai accompagnée. Je ne sais pas si elle y sera, mais il y a des chances. Tu pourrais l'intégrer. Si tu parles de moi… alors Blaze acceptera sans doute de te prendre.

La jeune femme se mordit la lèvre. C'était tentant. Elle adorait le clan Fireblade, le clan autrefois le plus puissant des Etats-Unis qui était en train de remonter, et pour elle, Blaze était une héroïne. Une femme, la dernière héritière du clan, la boss. Qui avait été élevée comme un génie et qui avait battu les renégats de son clan alors qu'elle n'avait que quinze ans. Une idole, somme toute. Si elle sauvait un de ses amis, ça lui vaudrait sans doute de la reconnaissance. Mais encore une chose la gênait.

-Et Sayu ? demanda-t-elle.

-Je la retrouverais, grimaça-t-il. Et elle sera à même de me tuer. Alors en attendant, je ne peux pas mourir. Je ne peux pas lui supprimer sa vengeance.

-Et si elle décide de te laisser vivre ?

-Alors je détruirais Kira.

-Tu vas la détruire elle, en faisant ça.

Le regard d'Ava se fit sévère.

-Tu ne peux pas laisser ton combat te brûler comme les explosions. Un jour tu verras, sans elle, tu ne survivras pas. Alors je veux que tu me promettes que si tu t'en sors, tu devras prendre soin d'elle, tu devras l'aimer et ne pas l'abandonner. Jure-le et je te sors de là.

Les yeux de Mello brillèrent d'un éclat sauvage mais il avait l'air nostalgique. Elle sentait bien qu'il puisait dans ses dernières forces pour parler normalement, pour rester en vie. Il était gravement blessé mais elle s'en contrefichait.

-Il y a longtemps, fit le gothique, on m'a aussi fait promettre de prendre soin de la personne que j'aimerais. De l'aimer et d'accepter mes sentiments. Tu as raison, il ne faut pas que je brise cette promesse. Alors, oui, je te le jure, je ne l'abandonnerais pas.

-Bien.

Ava passa un bras sous ses épaules et le chargea sur son dos. C'était un poids plume, il ne pesait rien du tout. Elle récupéra de l'autre main les quelques armes qui lui manquaient et fit demi-tour.

-Je t'emmène où ? questionna-t-elle.

-Matt, marmonna-t-il.

Maintenant qu'il se savait hors de danger ou presque, il s'abandonnait à l'inconscience, au sommeil.

-Encore quelqu'un que tu as abandonné ? railla Ava.

Mello tiqua. Elle put sentir sa colère mais c'était mieux ça qu'il s'endorme et lui laisse le problème de le soigner sur les bras. Elle savait tuer, mais sauver une vie, quelque part, c'était plus difficile.

-Mon meilleur ami, répondit-il.

-Tu sais où il habite ?

-Los Angeles.

-Merci de cette précision.

-Je n'en sais pas plus.

-Génial.

-Mais il est hacker, plutôt connu.

La jeune femme passa une langue sur ses lèvres. Ça ressemblait à de la traque. Ça lui plaisait.

-L'adresse du clan Fireblade et je t'y emmène.

Mello murmura l'adresse et celle-ci se grava en lettres de feu dans la tête de la mafieuse.

-Merci, sourit-elle.

Elle était arrivée à sa moto qu'elle enfourcha, laissant glisser son ancien chef derrière elle. Il ne s'était même pas encore évanoui. Elle le cala contre son dos, histoire de ne pas le laisser tomber en cours de route, et démarra.

Retrouver Matt n'avait en fin de compte pas été très dur. Pour quelqu'un de la pègre, retrouver un autre illégal n'est pas compliqué, du moins qu'on a les bons contacts et un bon flingue. Il lui avait suffi de poser quelques questions et de tirer quelques coups et elle avait tout de suite obtenu l'adresse du meilleur hacker de Los Angeles.

Ava monta quatre à quatre les escaliers menant à l'appartement de Matt, bénissant le poids plume de Mello. Arrivée devant la porte, elle crocheta la serrure et l'ouvrit d'un coup de pied. Un jeune homme roux, en garde de combat, la regarda avec surprise. Il avait une garde parfaite, les sens en alerte, un flingue à sa ceinture.

-Tiens, s'étonna-t-elle, un homme doué.

Il ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais elle lui jeta carrément le blond dans les bras.

-Cadeau ! lança-t-elle.

Puis elle fit demi-tour et claqua la porte derrière elle. Il était temps pour elle de prendre un nouveau départ. Devenir une tueuse pour le clan Fireblade. Déployer ses ailes et s'envoler pour de bon. Peut-être même retrouver sa demi-sœur qu'elle n'avait jamais connue.

La jeune femme sortit de l'immeuble et respira à fond.

-Adieu, Mello ! s'exclama-t-elle.

Elle enfourcha sa moto avec un sourire et démarra.

Athéna « Ava » Bullock s'enfonça dans la nuit.

Matt vivait à Los Angeles dans un immeuble un peu délabré. Sayu se félicita de ne pas avoir pris autant d'affaires qu'elle l'aurait souhaité en premier lieu car le rouquin habitait au dernier étage et il n'y avait pas d'ascenseur.

Toujours agréable, nonchalant, un peu moqueur et narquois, le jeune homme lui plaisait finalement bien malgré la première impression qu'elle en avait eue – un manipulateur plutôt énervant – et elle pouvait sentir une grande gentillesse derrière son sourire désinvolte. Elle avait compris qu'il s'inquiétait réellement pour Mello et que l'autodérision et l'humour étaient des moyens de cacher son anxiété.

Oui, Matt était vraiment quelqu'un de bien. Au point qu'elle se demandait, avec son caractère provocateur et franc, comment il avait pu survivre avant de devenir ami avec Mello (dans le sens où celui-ci, à l'époque où il ne le connaissait pas bien, avait été tenté plusieurs fois de l'éliminer).

Malgré son naturel, son sourire adorable et son apparence qui variait parfois de l'ange au bad boy, c'était un vrai geek. Dès qu'il se mettait à parler ou même à évoquer les jeux vidéo, ses yeux brillaient et on sentait qu'il faisait un effort pour ne pas se mettre à étaler sa science sur le sujet.

Mais en voyant son appartement, Sayu avait compris en quoi il se souciait peu de l'apparence des choses. Elle avait eu les témoignages de Mello sur la notion de ménage de Matt mais là, rien qu'en voyant la porte, elle se posait des questions.

Le numéro pendait misérablement sur une cloison trouée à la peinture écaillée portant des déchirures, des griffures et autres preuves que ce n'était pas un lieu très sûr ici.

La jeune fille se demanda un instant si cela dérangeait Matt puis elle se dit qu'il avait dû au contraire choisir ce lieu à cause de ça. Il lui avait dit qu'il vivait de piratage informatique et mieux valait impressionner ses visiteurs plutôt que de paraître trop clean.

Sayu avait un peu d'appréhension. D'après les récits de Mello, le rouquin n'était pas un exemple de propreté… elle se demandait quelle tête aurait l'appartement de Matt, dans quoi elle mettait les pieds. Et puis, il y avait Mello. Que ferait-elle en le voyant ? Qu'est-ce qu'elle dirait ? Comment est-ce qu'elle réagirait ? Elle secoua la tête pour chasser ses pensées moroses et se concentra sur Matt.

Le jeune homme ouvrit la porte usée et s'effaça devant elle.

-Après vous mademoiselle, l'invita-t-il avec un clin d'œil.

Elle sourit un peu nerveusement et entra.

Ses yeux s'agrandirent en voyant la pièce. C'était un salon assez simple, assez petit, qui comportait juste une télévision et un canapé en face cachant les objets posés sur une petite table basse placée entre les deux. La pièce était sombre à cause de l'ampoule qui diffusait une faible lumière un peu sale et elle ne remarqua qu'après le nombre incroyable de matériel informatique – des ordinateurs, des consoles de jeu, des portables, etc. – ainsi que les deux étroits couloirs au fond, à gauche et à droite qui paraissaient s'enfoncer dans les ténèbres.

Mais ce n'était pas ce qui l'avait étonnée.

La chambre était rangée. Propre. En ordre.

Certes, les murs nus étaient abimés et dans un état juste un peu meilleur que celui de la porte, mais quelqu'un semblait avoir essayé de les réparer. On voyait un peu de peinture encore fraiche ici et là, du scotch, des traces de graffitis à peine effacés, une éponge dans un seau posé dans un coin de la pièce.

Quelqu'un avait fait du ménage et elle était quasiment certaine qu'il ne s'agissait pas de Matt.

Le rouquin se faufila derrière elle.

-Alors ? Un peu glauque, mais on s'y fait vite et je dois dire que l'état était pire avant qu'on ne m'aide à faire un peu de ménage.

Il gloussa et s'alluma une cigarette.

-Enfin… on m'a foutu dehors pour faire le ménage. Je n'ai rien fait, ce n'est pas mon truc. Je suppose que Mello avait du te parler de mon incapacité à nettoyer… surprise ?

Elle hocha la tête doucement, encore ébahie, sans quitter des yeux la pièce propre.

-C'est assez petit, décrivit le geek, alors le tour sera vite fait. Le couloir de gauche donne sur trois pièces : ma chambre, celle de Mello et la salle de bain et le couloir de droite mène à la cuisine et à la salle à manger. Ici, c'est le salon mais tu l'auras deviné. C'est vachement sombre mais on s'y fait vite et je vais bientôt changer les ampoules. En tout, il y a quoi… quatre, cinq fenêtres ? Une dans chaque pièce à part celle là. Si tu as besoin de luminosité, va dans la salle à manger, c'est là où il fait le plus clair. Désolé de te faire dormir sur le canapé mais à moins que tu acceptes de dormir avec Mello…

Sayu qui acquiesçait en enregistrant les informations se tourna brusquement vers lui. Matt éclata de rire.

-Tu vois ! s'exclama-t-il. J'étais sûr que tu réagirais comme ça.

-Quand… quand je pourrais le voir ?

Elle ne savait pas si c'était du désespoir ou de la rage dans sa voix.

-Ben… techniquement, quand tu veux. Après, tu serais sympa de me le laisser en vie et de ne pas lui casser la gueule tout de suite. Attends qu'il soit sur pied – ce type a une capacité de récupération incroyable – et tu pourras lui faire la peau, mais pas avant, ce serait cool.

La jeune fille soupira.

-D'accord.

Le rouquin approuva d'un signe de tête satisfait. À ce moment, Sayu comprit qu'il était plus dangereux et plus redoutable qu'il ne paraissait l'être : elle le soupçonnait d'être aussi doué en tir que Mello et presque aussi implacable au combat.

Il ne souhaitait pas lui faire de mal mais si jamais elle avait voulu blesser son ami, il l'aurait maîtrisée sans aucune difficulté.

Les enfants de la Wammy's house étaient sans aucun doute terrifiants. Elle se demanda si chacun des orphelins apprenaient à se battre et supposa que oui, quelle que soit leur apparence. Même si Mello ne l'avait jamais dit ouvertement, elle avait fini par deviner que malgré l'allure apathique de Near tel qu'il le lui avait décrit, ce dernier n'était pas sans défense. Et puis il y avait celle qui lui avait donné son billet… elle ne pouvait s'enlever de la tête la sensation de dangerosité et d'instabilité qu'elle avait eue.

Mello, Matt, Near, la fille de l'aéroport. Tous les quatre étaient de la Wammy's house, donc des génies et des combattants. Elle l'avait bien senti.

Ils étaient dangereux.

-Je sais ce que tu penses, fit le geek en la tirant de ses pensées.

Sayu sursauta.

-J'ai toujours été assez fort pour deviner les pensées des gens à leur tête, commenta-t-il, bien que j'ai connu un type qui était capable de le faire même si la personne en face de lui était impassible. Enfin. Je sais ce que tu te demandes. Jusqu'à quel point est-ce que va notre entraînement de la Wammy's ?

La jeune fille rougit légèrement, embarrassé. Il était très fort.

-Oui, avoua-t-elle. Mello, toi, la fille de l'aéroport… vous semblez plus ou moins normaux à première vue mais… vous êtes dangereux. Vous savez vous battre, vous êtes des génies…

-Et nous ne sommes pas les meilleurs, sourit Matt.

-Pardon ? Je croyais que Mello et toi étaient deuxième et troisième.

-Certes. Mais si tu rencontrais le top dix de la génération de L, celle avant nous… ou du moins, ce qu'il en reste, tu serais épatée. Ils sont encore meilleurs que nous, mais ils avaient une pression de malade. N'importe quelle personne trop fragile craquerait. Et c'est ce qui s'est passé…

Il paraissait plus triste, plongé dans ses souvenirs. Mello faisait la même tête en repensant au passé, remarqua Sayu.

-Le top dix… ouais, ils ne sont plus beaucoup. Et encore, je n'ai pas compté L. Leur génération est celle qui en a le plus bavé. Comme il y avait de ex-aequo, en tout, ils étaient treize. La malchance, quoi. X, Y et Z se sont entredéchirés et un seul a survécu à leur affrontement, sachant que I est mort pour le sauver. A s'est suicidée et évidemment, B a complètement déchanté avant de mourir tué par Kira, comme L. Les survivants ont tout fait pour nous éviter de revivre la même tragédie…

Il secoua la tête comme pour s'éviter d'y repenser.

-Enfin bref. Quand on était petits, avec Mello et les filles, on les appelait les Big Boss. C'étaient un peu des monstres. Franchement…

Il sourit.

-Bon. Venons-en à notre problème !

Il ne paraissait pas avoir la tête de quelqu'un qui parlait d'un problème.

-Je parle de Mello. Tu veux le voir maintenant ?

Le sang de Sayu ne fit qu'un tour. En elle, ce fut la tempête en un éclair, le chaos total. Mais elle savait. Ses yeux déterminés se plantèrent dans ceux de Matt.

-Oui, répondit-elle.

Elle devait le voir.

Elle ignorait ce qu'elle devait faire, mais elle devait le voir.

Le sourire du rouquin s'agrandit et il lui fit signe de le suivre. Ils s'engouffrèrent dans le couloir sombre de gauche. Il n'était pas très long mais elle dut tenir le bras de Matt pour éviter de buter sur des objets non-identifiés toutes les deux secondes et pour se repérer. On ne voyait quasiment rien.

Finalement, le couloir se divisa en trois autres, encore plus sombres, et ils prirent celui du milieu.

Très « jeu-vidéo », tout ça, songea Sayu.

Le couloir était minuscule. Plutôt large, il ne faisait même pas deux mètres avant de donner sur une porte noire.

-La chambre de ma chère blondinette, présenta Matt.

Il ouvrit la porte.

-Après vous, très chère.

La jeune fille entra, l'appréhension lui nouant le ventre. La pièce était simplement constituée d'une armoire et d'un réfrigérateur contre les deux murs, et d'un lit sous la fenêtre, face à la porte. L'ampoule brillait faiblement, renforçant l'atmosphère austère de la chambre.

Mello était là. Allongé sur le lit, elle discernait ses cheveux blonds, son visage à moitié bandé et son unique œil visible, le droit, qui brillait d'un éclat de glace.

Elle s'approcha de lui sans un mot.

-Tu as tué mon père, lâcha-t-elle une fois devant lui.

-Oui, murmura faiblement Mello.

-Tais-toi, le coupa-t-elle sèchement. Je ne veux pas t'entendre.

Il baissa le regard.

-Tu as tué mon père. Tu me l'as retiré. Quand je pense que…

Elle secoua la tête.

-Tu mériterais que je te tue ou que je te livre à la police. Tu mériterais que je te haïsse plus que je n'ai jamais haï personne. Tu mériterais la mort. Je te déteste. Tu ne peux pas savoir à quel point je te déteste.

Elle pointa un index rageur sur lui.

-Si ce n'était pas pour Matt, si tu n'étais pas blessé, tu ne serais plus de ce monde, Mello, je t'aurais déjà tué sans remords, clama-t-elle d'une voix qui tremblait sous le coup de la colère. Tu n'es qu'une ordure, tu n'es rien.

Elle le détestait. Ce type méritait la mort. Il avait assassiné son père. Il avait assassiné son père !

« N'en veux pas à Mello. Il est violent, entêté, brusque, mais il n'aurait jamais voulu tuer ton père. Il porte sur lui le poids de toutes les morts, de toutes les vies qu'il risque. Il paraît inhumain, mais il souffre déjà. Ne lui ajoute pas en plus le fardeau de ta haine. »

La folle. Le Cid. Mello.

Les paroles de la fille de l'aéroport lui revinrent en mémoire, plus fortes que jamais.

La jeune fille serra les poings. Elle s'était entêtée à détester le blond, mais quand elle y repensait… personne ne portait le poids d'une mort impunément.

Mello avait mal, elle pouvait le sentir. Il s'en voulait.

-Je te déteste, fit-elle, mais je sais que tu te détestes encore plus. Tu souffres déjà assez. Je ne te pardonne pas, mais…

Elle hoqueta, au bord des larmes.

-Mais je veux bien comprendre, pour une fois, que je n'ai pas de raison de te haïr.

Elle tomba à genoux, posa la tête contre le torse de Mello. Le gothique lui effleura doucement les cheveux.

-Je t'aime encore, abruti, dit-elle, je te déteste mais je t'aime. Je ne veux plus que tu partes, je ne veux pas que tu meures. Je t'aime.

Sayu éclata en sanglots.

Matt sortit de la pièce et s'étira, satisfait.

-Alors ? demanda-t-il en se retournant à moitié.

Sayu essuya ses larmes. Elle était restée avec Mello jusqu'à ce qu'il finisse par s'endormir.

-C'est bon, marmonna-t-elle. Ça va.

Le geek prit un air attendrit.

-C'était tellement romantique…

-Tais-toi.

-Ok, ok.

Ils arrivèrent en silence dans le salon. Une couverture et un oreiller avaient été installés sur le canapé. Visiblement, il y avait quelqu'un d'autre dans l'appartement de Matt mais la jeune fille n'osait pas lui demander qui.

Mais évidemment, le rouquin remarqua tout de suite son air interrogatif.

-Une amie, répondit-il d'un ton malicieux. Elle m'a pas mal aidé et je n'ai pas honte de dire qu'on s'entend assez bien pour ne plus avoir à se parler pour savoir quoi faire. Et sans elle, Mello ne serait plus de ce monde.

Il éclata de rire.

-J'étais super paniqué quand j'ai récupéré Mello ! Si elle n'avait pas été là, je ne m'en serais pas sorti.

Ça, elle voulait bien le croire. Si jamais elle récupérait Marisa blessée gravement alors qu'elle la cherchait depuis des années, elle n'aurait pas non plus su quoi faire.

-En fait, en pleine nuit, expliqua Matt, il y a une fille qui a sonné, elle portait Mello sur son dos… c'était une mafieuse et elle me l'a laissé littéralement sur les bras. Sur le coup, j'étais à la fois heureux et paniqué. J'ai directement appelé mon amie parce que je ne savais pas quoi faire.

-Une mafieuse ?

-Ouais. Elle a ouvert la porte, elle a fait un commentaire très féministe, elle m'a laissé Mello et elle s'est cassée. Comme un coup de vent.

Il avait une façon très spéciale de raconter la chose, comme s'il l'avait à la fois vécue et pas vécue, d'une manière détachée et pleine d'autodérision. Sayu éclata de rire.

-Il faudra que je la remercie, si jamais je la vois.

-Ça m'étonnerait, mais il faudra que je la remercie aussi.

Des pas résonnèrent et une jeune fille émergea du couloir de droite. Assez jeune, pas plus de treize ans, elle avait des cheveux bruns qui lui arrivaient aux épaules et une frange désordonnée. Plutôt petite et fluette, elle portait d'un tablier passé par dessus un t-shirt blanc et un jean bleu et était pieds nus. Elle avait un joli visage enfantin, timide et délicat.

-Matt ? appela-t-elle. Je…

Elle s'interrompit en apercevant Sayu, qui écarquillait grand les yeux.

-Yumi Aizawa ? s'exclama-t-elle.

-Sayu Yagami ?

-Ben ? Vous vous connaissez ? s'étonna Matt dont le regard passait de l'une à l'autre.

Les deux filles l'ignorèrent.

-Qu'est-ce que tu fais là ? demanda Sayu.

Elle savait que Yumi passait du temps aux Etats-Unis à cause de problèmes familiaux, mais elle ne se serait jamais attendue à la voir ici.

L'adolescente rougit légèrement.

-J'ai rencontré Matt il y a quelques mois… il m'a demandé de l'aide quand Mello est arrivé et je suis allée vivre chez lui.

-Tes parents le savent ?

-Non, répondit-elle honnêtement. J'ai laissé un mot disant que comme j'avais du mal avec mes cousines, avec la mort de ton père et le mien étant blessé, ça faisait beaucoup, j'avais besoin d'air, j'étais allée vivre chez un ami pour quelques temps.

Sayu voulut dire qu'ils allaient s'inquiéter, que c'était assez irraisonnable, mais sachant qu'elle sortait avec le meurtrier de son père, qu'elle avait aussi un peu fugué dans un certain sens et que, sans Yumi, les chances de survie de Mello auraient largement diminuées, elle se tut. Ça valait mieux comme ça.

-Je vois, dit-elle juste.

-Je n'imaginais pas que ce serait toi, celle que Mello voulait voir, commenta Yumi d'un ton pensif.

Elle parut sur le point de faire un commentaire mais se ravisa et se tourna vers Matt.

-J'ai fini de préparer le dîner, annonça-t-elle.

-Tu joues les femmes de ménage ? la taquina Sayu.

-Sans moi, il ne survivrait pas, répliqua Yumi en riant.

Le rouquin sourit et plaqua un baiser sonore sur la joue de son amie avant de filer. A cet instant, Sayu comprit qu'il y avait entre eux plus qu'une simple amitié. Ses principes lui hurlaient que c'était une mauvaise chose, mais elle n'était pas d'accord. Ils étaient mignons, ensemble. L'adolescente étant encore rouge, elle décida de ne pas l'embêter avec ça, préférant partir à la suite de Matt pour la laisser se reprendre tranquillement.

Sa vie prenait un nouveau tournant, et ça ne lui déplaisait pas.


Merci d'avoir lu !

J'espère que ça vous a plus. Comme j'aimais bien Ava, je me sentais coupable de la laisser mourir avec les autres donc elle a survécu. Au début, je voulais que ce soit Matt qui aille chercher Mello mais j'ai voulu remettre Ava sur le devant de la scène. Et oui, la demi-soeur dont Ava parle, c'est Hal Lidner. Je n'ai pas pu m'en empêcher. (Ceux qui ont lu la première version ont pu voir que j'ai changé, avant c'était Gun, mais comme c'était moins significatif, j'ai changé d'avis)

Oui, j'y ai mis Yumi. C'est que j'adore le couple Matt x Yumi que je suis sans doute la seule à supporter. CDDLN est en lien avec Dance for a cigaret (que je posterais une fois que j'aurais fini cette fiction). J'espère que Mello n'est pas trop OOC (pour le peu qu'il cause, de toute façon), cette fois !

Je crois que j'avais mal expliqué l'admiration d'Ava pour Blaze dans le chapitre 4 parce qu'à ce moment, j'avais oublié que Blaze avait à peu près le même âge que Mello et donc qu'elle avait pu devenir la chef de son clan. Donc en fait, Ava admire Blaze parce qu'elle est une femme mafieuse, la chef de l'ancien clan le plus puissant, un génie, qu'elle a fait pas mal d'exploits dans le domaine mafieux.

J'hésite à écrire un bonus des Wammy's girl sur Blaze, comment elle a récupéré son clan. Ça vous tenterais ?

Je vous promets que je posterais le prochain chapitre plus vite !

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