Et un nouveau chapitre, un !

Un nouveau pas vers ma thérapie post-finale… Fin de merde... Je n'aurai jamais cru que Lok puisse me décevoir à ce point et ce sur tous les plans...


Korra était remonté de ce satané sous-sol avec un sentiment d'amertume et de frustration mêlés. Elle explosa soudain :

- Il faut redescendre, on a sûrement raté quelque chose…

- Il n'y avait rien, Avatar, l'interrompit Beifong d'un ton sec.

Korra se refrogna, à la fois vexée et furieuse. Ils auraient dû trouver quelque chose, n'importe quoi ! Mais Beifong avait besoin de preuves et elle ne lui en avait apporté aucune.

De son côté, Tenzin ne laissait transparaître que de l'inquiétude, là où chez Korra et Lin il n'y avait que de la frustration et de l'agacement. Il continuait à regarder derrière eux, les sourcils froncés, comme s'il s'attendait à tout moment de voir surgir un Equalist des ténèbres mal éclairées du souterrain.

Il était du même avis que Korra. Il la croyait, mais l'Avatar était bien trop préoccupée pour s'en rendre compte.

Elle allait leur montrer, se promit-elle en serrant les poings, à la manière d'une enfant prise en faute.

Par contre, quand ils finirent enfin de remonter ce maudit escalier, elle remarqua très bien l'absence de quelqu'un en particulier. Elle fondit, les traits déjà tirés, les mâchoires déjà serrées, sur la pâle et frêle Asami qui avait pourtant l'air aussi inquiète qu'elle ne l'était elle-même.

- Où est-il ? Gronda-t-elle à la manière d'un animal blessé.

Asami eut un mouvement de recul et Korra décela avec délice une ombre de peur dans les magnifiques yeux émeraudes.

- Où est Mako ? Rugit-elle avec un peu plus de force, avant de définitivement perdre le contrôle de ses nerfs et de répéter avec une intensité frôlant l'hystérie. Où est-il ?

Ses mains allèrent empoigner les vêtements délicats de la jeune Nonbender et aussitôt, elle sentit qu'on l'empoignait elle aussi, qu'on tentait de la rejeter en arrière, de l'éloigner d'Asami qu'elle s'apprêtait à pulvériser.

Elle continua à hurler, à hurler le nom de Mako, à hurler son inquiétude et sa rage. Et alors que son obsession prenait dangereusement des accents de folie furieuse, l'absence de Bolin lui échappa totalement.

Mako, Mako, Mako !


Même après dix ans, il lui arrivait encore de la sentir… Cette odeur. Cette horrible odeur âcre de chair brûlée. Ainsi que les cris, les hurlements de ses parents tandis qu'ils brûlaient vifs. Tout lui revenait par moment, alors qu'il était parfaitement éveillé, avec une telle violence qu'il en suffoquait.

Pourtant, il n'en avait tiré aucune peur, aucune haine particulière pour le feu. Il était Firebender. Il n'en avait pas honte et en était même fier. Qu'importe que ce soit un Firebender qui avait assassiné sa famille. Qu'importe que pour tous, les Firebenders n'étaient que des sadiques ou des espèces de cinglés assoiffés de sang. Lui, il n'était pas comme ça… Lui, il était…

Mako ouvrit brusquement les yeux, tiré brutalement et sans explications des tréfonds de l'inconscience. Les yeux couleur flamme papillonnèrent quelques instants, complètement désorientés. Un hurlement retentit au loin. Tout le corps du Firebender se raidit. Chacune des fibres de son être fut soudain sur le qui-vive, comme une proie sentant le danger se rapprocher. Son inquiétude monta d'un cran, au milieu de cette obscurité où il ne voyait absolument rien, quand il comprit qu'on lui avait attaché les bras et les jambes. Il ne pouvait plus bouger, pire encore ainsi ligoté toute maîtrise du feu lui était impossible. Il était totalement sans défense.

Bolin… Se rappela-t-il soudain.

- Bolin ! Appela-t-il dans un cri, en écarquillant désespérément les yeux dans l'espoir de distinguer la silhouette de son frère à ses côtés.

Mais personne ne lui répondit. Il fallut quelques instants à son esprit terrorisé pour comprendre qu'où qu'il puisse bien se retrouver à cet instant, il était seul. Seul le bruit de sa propre respiration se faisait entendre dans les ténèbres qui l'entouraient et qui menaçaient de le submerger.

Son petit frère n'était pas là… La rage prit soudain le dessus sur sa peur. Il allait le leur faire payer. Tous, jusqu'au dernier. Il tenta une dernière fois de se libérer de ses liens, cette fois-ci avec l'énergie du désespoir, avant de laisser échapper un long hurlement de colère et de désespoir face à un nouvel échec.


Korra n'avait acceptée de se calmer qu'au bout de très longues heures. Tenzin l'avait ramené de force au Temple de l'Air, l'empêchant ainsi de participer aux recherches. Il l'avait même enfermé dans sa chambre, comme si elle n'était qu'une enfant turbulente et capricieuse ; chambre où à présent elle tournait comme un lion en cage.

Beifong, qui avait finalement accepté devant cette double disparition de constater qu'il se passait quelque chose d'anormal, avait promis qu'elle les retrouverait. Mais ce n'était pas suffisant… Korra n'avait aucune confiance en cette femme. Si Mako avait disparu, ce serait à elle seule de le retrouver et à personne d'autre.

Elle laissa ses ongles s'enfoncer violemment dans ses avant-bras. Elle aurait dû être là, se dit-elle soudain en commençant à se lacérer. Elle n'aurait jamais dû le laisser seul.

Elle fallait qu'elle sorte. Elle pouvait le retrouver, elle en était persuadée.

Korra ouvrit la fenêtre, décidée. Personne ne l'y empêcherait. La jeune fille enjamba la rambarde d'un geste précis et vif, avant de se laisser retomber avec agilité sur le sol. Elle se releva et se cacha précipitamment derrière un arbre. Mais étrangement, aucun Garde du Lotus Blanc, ni aucun Acolyte de l'Air ne paraissaient être en vue. Elle s'élança en avant, non sans un dernier regard circulaire. Elle s'élança, avec une vitesse et une souplesse toute féline et avec en tête l'image de Mako qui ne faisait que renforcer sa détermination et sa rage.

Elle ne pouvait que compter que sur elle-même pour le retrouver.

Sur elle et sur Naga.


Une voix retentit, claqua dans le silence et l'obscurité de la cellule à la manière d'un coup de fouet.

- Debout !

Mako, surpris et tiré aussitôt brusquement des bras de Morphée, fit un bond si violent qu'il en tomba de son misérable lit de camp. Et attaché comme il était, il fut bien incapable de se relever malgré tous ses efforts. Il entendit une sorte de claquement de langue agacé et aussitôt quelqu'un le souleva et le força à se remettre debout. Mako se laissa faire et ne se débattit pas. Qu'aurait-il pu faire de toute manière ?

Mako se laissa guider. Il avait beau écarquiller les yeux, tout semblait plongé dans l'obscurité la plus complète. Ce n'était pas normal. Ce n'était pas normal qu'il ne voit rien alors que ses bourreaux semblaient se déplacer sans la moindre gène. Il marcha, même s'il ne voyait absolument rien, même s'il n'avait pas la moindre idée d'où il allait.

La panique l'assaillit soudain, alors qu'il commençait à comprendre ce que cela voulait dire.

- Mes yeux… Laissa-t-il échapper dans un gémissement.

Quelqu'un abattit son poing sur le visage de l'adolescent et le gémissement se mua en exclamation de douleur.

Et soudain, on le força à s'arrêter. L'inquiétude de Mako monta d'un cran. Il faillit s'excuser, presque supplier, d'avoir osé dire quelque chose. Il ne le fit pas tout du moins. Il avait encore sa fierté, même si sa peur commençait à prendre des accents hystériques et menaçait à tout moment de le faire craquer.

- Bonjour Mako, dit alors une voix qu'il ne connaissait que trop bien.

- Monsieur Sato ? Fit le jeune Firebender d'une voix incrédule.

Au milieu de cette obscurité dont il semblait le seul à être plongé, il entendit plus qu'il ne vit le rictus moqueur, voir même cruel, du plus vieux.