Titre : Objects of Desire
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Auteure : Azrael Geffen
Traductrice : falyla
Correcteurs : falyla/Florent
Paring : Harry Potter/Draco Malfoy Hermione Granger/Severus Snape
Rating : M/NC-17
Etat de fic originel : terminée (20 chapitres divisés en 59 parties)
Etat de la traduction : terminée
Disclaimer: Les personnages appartiennent à l'univers de JK Rowling, l'intrigue est à Azrael Geffen, avec son aimable autorisation.
Warning : slash, scènes de sexe très graphiques, torture, viol, meurtre, tentative de suicide, drogue, abus d'alcool, langage cru.
Site : à cause des thèmes abordés, je ne sais pas si cette fic sera autorisée à rester sur FFnet, je la publie donc en parallèle sur AO3 sous le même pseudo.
Mise en ligne : sauf contretemps inattendu, le lundi, le mercredi et le vendredi.
Résumé : Après la fin de la guerre, Harry, Ron et Hermione décident de revenir à Poudlard pour obtenir leurs ASPICs. Avant la rentrée, lors d'une soirée très avinée, ils établissent et signent un pacte magique où ils s'engagent à perdre leur virginité pendant cette 8ème année.
Objects of Desire
Chapitre 4 – 1ère partie
Quoi qu'il t'arrive durant la nuit
Draco, qui avait sagement décidé de ne pas aller déjeuner le matin suivant, flottait langoureusement au centre de la baignoire de la taille d'une piscine de la tour sud–ouest. Il était surveillé par la statue de Circé qui fixait sa silhouette nue, un sourire lubrique aux lèvres. De temps en temps, elle prenait dans une grande coupe de cristal un mélange de sels minéraux et de parfums et le jetait dans la baignoire en l'appelant pour qu'il vienne vers elle. Mais il avait assez d'expérience pour ne pas y aller.
Il fixa les nymphes en pierre qui peuplaient le plafond, gambadant joliment, lui montrant leurs membres délicieusement androgynes et promettant toutes sortes de plaisirs avec leurs sourires aguicheurs. Il se demandait si elles présentaient ce spectacle à tous ceux qui entraient dans la salle de bain. Il savait aussi qu'un fantôme venait ici pour regarder. Elle restait dans la pénombre et il ne prêtait pas attention à sa présence. Il se disait que, s'il était un fantôme, il ferait probablement la même chose.
Au souvenir de l'expression sur le visage de Granger quand Snape l'avait empoignée, il rit tout bas. Ça avait été un de ces impayables moments qu'il conserverait très précieusement pendant très longtemps. Néanmoins, il avait été surpris quand Snape n'avait pas exigé son renvoi, comme Draco l'avait espéré. Rien ne lui aurait donné plus grand plaisir que de voir cette Je–sais–tout de Sang–de–Bourbe mise à la porte du seul endroit où elle semblait déterminée à rester pour toujours. Il ne doutait pas qu'elle finirait professeur ici. Il avait déjà décidé que ses propres enfants, s'il devait en avoir un jour, seraient envoyés à Durmstrang.
– Il est temps d'y aller, Mr Malfoy.
Il regarda en direction de Circé qui s'était agenouillée à côté du bassin. Elle lui faisait toujours savoir quand il se faisait trop tard, les nymphes sur le plafond semblaient déçues. Il nagea vers le côté auprès d'elle et suivit avec un doigt le marbre froid de son visage.
– Merci, ma chérie, lui dit–il avant de donner un coup de langue le long du contour de la mâchoire de pierre. Je te verrai demain.
Puis il se souleva hors du bassin et s'enveloppa dans une épaisse serviette moelleuse.
– Tu es sûr que tu n'aimerais pas embrasser ma bouche ? lui demanda–t–elle. Tu la trouveras plus chaude que tu ne le crois.
Il sourit et répondit doucement :
– Allons, chérie, pour qui me prends–tu ?
Il leva les yeux une fois encore sur les nymphes au plafond. Il n'avait aucun désir de finir comme une d'entre elles. Elle eut l'air aussi déçu qu'une statue de pierre pouvait l'être mais elle reprit sa position initiale inanimée et recouvra sa rigidité. Sur un rapide au revoir aux ornements de la salle de bains et à son fantôme dissimulé, il retourna à sa chambre pour se préparer pour les cours.
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– Je vais le tuer, était en train de grommeler Ron entre deux bouchées de pain grillé. Je vais fracasser sa sale gueule de Malfoy et ensuite je le tuerai.
Harry le laissa fulminer, plus soucieux de l'état d'esprit de Hermione que de celui de Ron. Ron n'avait jamais apprécié Malfoy cette affaire n'était qu'un prétexte supplémentaire. L'humiliation de Hermione ajoutait simplement du combustible à ce feu particulier et cela ne le dérangeait pas vraiment. Malfoy était pourri jusqu'à la moelle, exactement comme toute sa lignée l'avait été. Harry l'acceptait et si Ron voulait tempêter pendant quelques heures encore, il pouvait. Hermione, d'un autre côté n'était pas en colère du tout, elle était simplement silencieuse et triste. Elle ne parlait pas du tout à Ron et ne parlait à Harry que si c'était nécessaire. Elle avait été humiliée et avilie, pas seulement par Malfoy mais par tout le monde dans le jeu, la nuit dernière. Ce qui accablait Harry était que Ron et lui étaient autant à blâmer que quiconque.
Ron lui avait raconté ses commentaires sur le je suis laide, merde. Hermione n'avait jamais frappé Harry comme étant quelqu'un qui se tracassait à propos de son apparence. Elle ne s'inquiétait jamais avec du maquillage, elle ne se donnait jamais la peine de faire quelque chose de spécial avec ses cheveux et elle ne s'était certainement jamais plainte au sujet de son allure. Il avait toujours supposé qu'elle était bien dans sa peau. Le fait que peut–être elle ne l'était pas le décontenançait. Si Hermione n'était pas solide, qui l'était ?
A la table des professeurs, Snape avait l'air d'une humeur massacrante et décidé à se montrer sous son pire aspect après son bain improvisé à deux heures du matin. Harry se rappelait comment il avait l'habitude de passer ses nuits à rôder dans les couloirs, il semblait donc que dernièrement il réussissait à dormir. Harry se demandait ce qu'il utilisait pour tenir les cauchemars en échec et s'il dormirait profondément à nouveau après l'intrusion de la nuit dernière. Pour la seconde fois de sa vie, Harry ressentit une pointe de pitié pour lui. Il ne pouvait pas vraiment lui reprocher d'avoir donné une retenue à Hermione n'importe qui l'aurait fait à sa place. Il était seulement reconnaissant de ne pas l'avoir renvoyée.
– Nous devrions lui dire que c'était le défi de Malfoy, suggéra Ron. Il devrait le comprendre.
Harry doutait que le gamin le moins populaire de l'école ait jamais été invité à jouer Action ou Vérité ou qu'il aurait été assez stupide pour le faire si on le lui avait demandé. Non, Snape ne comprendrait pas le concept de Malfoy contraignant Hermione à exécuter son gage sans l'utilisation du sort Imperio. En outre, quand cela concernait Draco Malfoy, Snape avait un angle mort plus large qu'un terrain de Quidditch.
oOo
Archibald Semeuse se recula pour admirer son œuvre. Ses Mangemorts lui rendirent son regard derrière leurs vitrines de verre. Seul son ange de la mort n'était pas encore scellé pour le premier des visiteurs. Il était maintenu dans l'angle de la vitrine où il ressemblait à une poupée de porcelaine surdimensionnée.
– Maintenant, Lucius, dit–il d'une manière presque paternelle, je veux que tu gardes ta tête relevée pour que tout le monde puisse te voir. Ça n'ira pas si elle est baissée sur ta poitrine, n'est–ce pas ?
La tête de Lucius retomba dès qu'il la lâcha. Il émit un claquement de langue désapprobateur et impatient et lui releva la tête cette fois, il la cala sur le côté en verre de la vitrine. Il n'avait pas le cœur d'attacher ses membres avec du fil de fer comme il l'avait fait aux autres. Le fil métallique exigeait de couper et forer dans la chair et les os et la première règle pour un collectionneur était celle–ci : si vous avez un spécimen parfait, ne rien faire pour l'endommager. Il n'aurait jamais abîmé cette chair, du moins, en aucune façon qui diminuerait sa valeur esthétique.
Sa première tâche avait été de le nettoyer. L'état dans lequel il était arrivé ne montrait réellement que peu de son vrai potentiel. Il était encore vêtu des loques immondes qu'il portait quand il avait été embrassé avant d'être jeté dans une des plus profondes cellules d'Azkaban pour dépérir et attendre une quelconque utilité. Les corps des Mangemorts embrassés vivaient dans un état brut de semi hibernation. Ils respiraient à un taux plus lent et moins profond qu'un fonctionnement humain normal et ils pouvaient rester de longues périodes sans nourriture mais cependant pas pour une période indéfinie.
Ils avaient les fonctions de base fondamentales pour leur permettre de vivre. Ils mangeaient, buvaient, dormaient, déféquaient, urinaient et respiraient. Si leurs vies étaient en danger, leurs corps les forçaient instinctivement à marcher et à bouger leurs membres, mais de tels gestes étaient limités et exigeaient d'énormes quantités d'énergie. Dans les plus profondes cellules d'Azkaban, pendant quatre mois, ils avaient en effet bougés, ils y étaient obligés, ils avaient besoin de manger. Après avoir pompé son estomac, il trouva quelque chose qui ressemblait remarquablement à un rat à moitié digéré et une autre viande étrangère qui aurait pu être humaine. Ce n'est pas que Lucius avait su ce qu'il était en train de faire, ils n'avaient aucune pensée consciente, ils avaient seulement des réactions qui leur permettaient de survivre. Franchement, c'était un destin final pire que la mort.
Semeuse doutait fortement que son ange avait encore un quelconque concept de ce qu'était son nom mais il le désignait toujours sous le nom de Lucius, l'articulant avec une sorte de douceur au milieu, comme Lu–chus. Aurait–il jamais rencontré Lucius Malfoy antérieurement au Baiser, que l'homme lui aurait jeté un sort pour avoir eu l'impudence de s'adresser à lui d'une telle façon. Il avait toujours été très attentif de se présenter lui–même afin de ne laisser aucun doute quant à la prononciation de son nom. Luci–ii–us Malfoy.
Ainsi tandis qu'il travaillait, Semeuse lui parlait, lui racontant en détail ce qu'il était en train de faire, (je suis en train de te déshabiller, je suis en train de te pomper l'estomac, je suis en train de te laver, je suis en train de te couper les ongles) et il y prenait beaucoup de plaisir. Au moment où les couches d'immondices tombèrent, la beauté de ce qui s'étendait dessous fut dévoilée. Il était beaucoup trop maigre, résultat de mois de manque de soins. Toute la graisse qu'il y avait autrefois était depuis longtemps partie et ce qui restait étaient de longs muscles nerveux, en train de s'altérer lentement faute d'usage dans une douce chair pâle. Semeuse avait enlevé ses gants pour finir le travail, autorisant ses mains à parcourir l'étendue de la peau chaude, pour le toucher intimement, testant ses réactions à la stimulation. Le corps fonctionnait encore, mais le visage ne portait aucune trace que quoi que ce fut ne se soit produit. Il avait lavé les longs cheveux pâles et les avait démêlés. Ils étaient longs, jusqu'en haut des cuisses de son ange, de la couleur du clair de lune et aussi doux que du fil de la Vierge. Ce fut quand il rasa son visage que Semeuse avait pu vraiment savourer la beauté qu'il avait devant lui. Sa mâchoire était fine, se terminant en un menton pointu et la courbe de sa bouche était sensuelle.
C'était un ange.
Il était parfait, dans chacun de ses aspects. Semeuse sentait pour la première fois et non la dernière, qu'il ne voulait pas que le monde le vît. C'était son spécimen, son ange. Mais le Ministère poserait des questions s'il n'était pas exposé, ils étaient déterminés à l'avoir. Il était très important, il avait été un des pires apparemment. Semeuse avait entendu les rumeurs, mais en regardant son trophée, cela lui était égal si elles étaient vraies. Semeuse se souciait seulement de la beauté. Quand Lucius Malfoy s'était transformé d'un Mangemort marchant et parlant au spécimen posé devant lui, il avait cessé d'être un être qui voyait et qui ressentait. C'était une œuvre d'art maintenant, c'était l'œuvre d'art de Semeuse.
– Peux–tu m'entendre, Lucius ? chuchota Semeuse et il sourit. Eh bien, peut–être pas.
Il s'inclina et embrassa le coin de l'œil de Lucius aussi légèrement que s'il avait épousseté un morceau de parchemin très ancien. Sa langue trembla à travers la texture soyeuse des cils de Lucius et descendit vers sa joue, laissant une trace brillante de salive dans son sillage et finalement trouva un passage entre les lèvres merveilleusement incurvées.
Lucius Malfoy cligna des yeux.
oOo
Pour Hermione, toute la journée passa trop vite et sa crainte de la retenue du soir fit qu'elle subsista durant la journée plutôt que d'y prendre une quelconque part active. Elle s'était forcée à manger un déjeuner copieux puisque Snape la voulait en retenue à cinq heures et demie et que le dîner était servi à la même heure. Elle doutait que le Maître des Potions lui proposerait un bon plateau de sandwiches.
Elle était parvenue à ignorer Ron qui avait passé la journée à insulter et menacer Malfoy qui répondait paresseusement de sa voix traînante, avec l'art de quelqu'un qui est faiblement amusé mais finalement ennuyé par la provocation. Harry avait essayé d'entretenir son moral en lui faisant observer que, quoi qu'il se soit passé, Snape ne pouvait guère lui faire du mal et qu'au moins, elle était toujours à l'école, alors il n'avait pas fait le pire. Bien sûr, aucun d'entre eux ne savait réellement ce que le pire de Snape pouvait être.
En classe, le Maître des Potions avait juste eu l'air un peu plus désagréable que d'habitude. De plus, elle était certaine qu'il avait ajouté de l'essence de Matricaire supplémentaire à son chaudron ce qui amena sa potion d'Œil Angélique à devenir rouge sang au lieu d'argent. Elle ne dit rien à ce propos – bien que Harry se fût hérissé de fureur – et accepta de rater cette potion. Elle savait très bien qu'elle pouvait la faire correctement mais elle la préparerait à nouveau sur son propre temps, juste pour s'en assurer. Ce fut pendant le cours de Potions qu'il l'informa de l'heure à laquelle elle était requise pour sa retenue.
– Et pour le dîner ? lui avait demandé Harry d'un ton qui résonnait remarquablement comme une provocation.
Hermione avait tressailli et aurait voulu lui dire qu'elle n'avait pas besoin d'être sauvée du Méchant Maître des Potions. Mais c'était la manière de Harry de négocier les choses. Alors, quand Snape l'avait gratifié d'une œillade cynique avant de ricaner et s'éloigner majestueusement à grands pas, Hermione avait compris qu'elle devrait subir une demi–heure de déclamation à ce sujet également.
Une fois que les leçons furent finies, elle retourna à la tour pour rapidement commencer à faire quelques devoirs puis elle passa un ensemble de robes plus chaudes et se mit en route pour les cachots.
oOo
Artemisia Absinthium
30 g de feuilles d'armoise
8,5 g de tiges, feuilles et fleurs d'hysope
1,8 g de racines de calames
6,0 g de mélisse
30 g de graines d'anis
25 g de graines de fenouil
10 g d'anis étoilé
3,2 g de graines de coriandre
4,2 g de feuilles de menthe
1 g de zeste de citron
4,2 g de racine de réglisse
Commencer à la pleine lune.
Faire macérer et distiller les ingrédients et laisser infuser pendant la moitié du cycle lunaire.
Filtrer le liquide et décanter un cycle lunaire.
Diluer avec 75% d'alcool.
Décanter un cycle lunaire.
Verser une part de liqueur, brûler un cube de sucre dans la liqueur. Ajouter six parts d'eau glacée à travers le sucre caramélisé. Le précipité devrait être évident.
Absorber immédiatement.
Le professeur Severus Snape ajouta les fleurs d'hysope dans son mortier et décida qu'il enseignait vraiment depuis beaucoup trop longtemps. Il avait eu seulement l'intention de rester jusqu'à ce que le Seigneur des Ténèbres fût bel et bien mort – ou eût triomphé, auquel cas il aurait simplement ajusté ses loyautés et aurait survécu. Mais, dans un cas comme dans l'autre, il n'était pas censé être encore ici, enseignant à des enfants imbéciles comment préparer des potions qu'ils n'utiliseraient jamais. Il fut une époque où ses classes avancées étaient sa seule consolation, maintenant ses classes avancées incluaient Harry Potter et cette Granger née de Moldus qui avait décidé de prendre totalement congé de son bon sens et qui lui avait balancé un saut d'eau à deux heures du matin.
Si seulement il avait attrapé sa baguette avant qu'il ne se réveille vraiment. Il pouvait s'entendre dire alors « Je vous assure, Albus, c'était un accident. Elle a jeté de l'eau sur moi, j'ai réagi instinctivement » la fille serait alors partie, pas en train de se diriger vers les cachots pour l'affliger davantage encore.
Il avait voulu s'en aller après que la guerre fût finie, mais Dumbledore possédait vraiment son âme. Il avait posé l'évidente question. Qui l'emploierait ? Que ferait–il s'il n'était pas ici ? Severus avait un assez joli domaine à lui dans le Wiltshire, laissé pour lui par un père qui s'était accroché amèrement à la vie dans un vain espoir de trouver un autre héritier qu'il considérerait suffisamment digne. Bien sûr, le vieux salaud avait réussi à perdre au jeu tout ce qui ressemblait à de l'argent qui profitait au domaine, avec tout le respect que le nom de famille de Snape avait toujours pu se permettre. En dépit des nombreuses offres de Lucius Malfoy pour acquérir l'endroit – il était voisin de sa propre propriété et les Malfoy détestaient tout simplement l'idée de ne pas posséder tout ce qui était à l'horizon – Severus l'avait gardé, espérant qu'un jour, il pourrait y vivre.
Pour l'instant, il devait payer pour son entretien. Et pour le faire, il avait besoin d'un travail et Dumbledore avait raison, qui l'emploierait ? Il avait un caractère odieux et mesquin, il possédait à peine plus qu'un talent pour les potions, un penchant pour la magie noire et une capacité à jouer des deux côtés à merveille, pour dire du bien de lui. Bien que ses qualifications fussent bonnes, il n'y avait pas beaucoup de gens qui avaient confiance en lui tant qu'ils pouvaient le repousser. Dumbledore semblait être la seule personne désireuse ou capable de regarder sous la façade. La confiance du vieil homme lui était–elle garantie pour autant ? Même Severus l'ignorait.
Selon toute probabilité, il resterait ici jusqu'à sa mort. C'était un sort qu'il considérait secrètement comme assez juste au vu de ses péchés. Ce n'était pas tellement un destin terrible, il avait le luxe de se permettre de faire toutes les potions qu'il aimait et, bien que sa passion pour elles avait diminué au fil des ans, il y avait encore certaines choses qu'il aimait préparer. L'absinthe d'Artemisia était justement une d'entre elles. Sa nature même assurait que la plus grande partie de l'établissement, personnel inclus le laissait à peu près tranquille, sauf deux exceptions notables.
Il était connu pour sortir dîner en de régulières occasions avec Minerva McGonagall, provoquant toutes sortes de spéculations parmi le personnel général qui n'aurait jamais fait de commérages devant lui et qui également ne se rendrait jamais compte que la plupart de leurs conversations auxdits dîners tournaient autour de deux sujets. Le premier était la relation plutôt tempétueuse de Minerva avec le directeur de l'école. Il semblait que Dumbledore, en dépit d'être infiniment sage, n'avait absolument aucune idée de ce qu'était la psychologie féminine. Minerva voulait le mariage, lui pensait que les choses étaient très bien comme elles étaient, ils étaient ensemble depuis plus de cinquante ans et Severus était bien certain qu'elle s'en était lamentée pendant le même laps de temps. Le deuxième sujet était la vie amoureuse de Severus ou plutôt son absence – les conversations étaient habituellement à sens unique à ce sujet. Minerva se mettait à le harceler pour qu'il trouve une gentille fille avec qui s'installer tandis que Severus mangeait et se renfrognait.
Son autre partenaire de conversation régulier était Dumbledore lui–même qui venait se lamenter sur sa relation plutôt tempétueuse avec la Maîtresse des Métamorphoses – pourquoi diable, après tout ce temps ensemble, Minerva voulait–elle encore le mariage ? Les choses étaient très bien comme elles étaient, n'est–ce pas ? – et, depuis que la guerre était finie, ils jouaient aux échecs. Et pendant qu'ils disputaient leur partie, Dumbledore se mettait à le harceler pour qu'il trouve une gentille fille avec qui s'installer. Dans ces cas–là, Severus se renfrognait et positionnait soigneusement ses pièces d'échecs pour la mise à mort. Dumbledore pouvait faire des choses avec une baguette que personne n'avait jamais vues avant mais il ne pouvait pas gagner aux échecs… Jamais.
Ainsi, son destin n'était pas si mauvais que ça et une fois cette année finie, il n'aurait jamais plus à poser les yeux sur Harry Potter et il pourrait supplier ce fantôme-là de se reposer. Et ce, jusqu'à ce que la petite progéniture du héros débarque. Severus frissonna et espéra contre toute espérance que ce sera une fille et qu'elle tiendrait de sa mère, quelle que fut cette malheureuse fille.
Il retourna son attention vers le mélange devant lui et ajouta l'anis étoilé. Ça commençait à sentir merveilleusement la réglisse, ce qui voulait dire que ça avançait gentiment. Il ajouta le contenu du mortier pour la décantation sur le brûleur et observa le liquide virer au vert émeraude.
Quand il y eut un coup à la porte, il sut exactement qui c'était, aussi la laissa–t–il attendre et mijoter un peu avant de crier :
– Entrez !
Elle se glissa dans la salle de classe et avec hésitation, se dirigea vers le bureau, ses yeux effleurant la potion sur laquelle il travaillait.
– Je suis ici pour la retenue, Monsieur, dit–elle.
– Je le sais bien, Miss Granger, rétorqua–t–il d'un ton cassant.
Elle se mordilla la lèvre et baissa les yeux vers ses chaussures. Il remua la potion en lui retournant un regard dur et pénétrant tandis qu'il l'observait traîner les pieds, embarrassée, malmenant sa bouche. Il était étonné que cela ne saignât pas vu l'ardeur qu'elle y mettait à chaque fois. Il détestait cette habitude mais l'effet secondaire faisait gonfler un peu sa lèvre inférieure et la rendait en quelque sorte attrayante. Il se demandait si elle le savait. Oh, elle le savait très probablement, cette vaniteuse petite misérable.
Il était désagréablement conscient qu'il la trouvait attirante. Depuis un an maintenant. Il doutait fortement que quelqu'un d'autre soit dans le même cas. Elle n'était pas particulièrement grande et son visage était quelque peu ordinaire pour les modes actuelles. Elle avait des yeux bruns clairs, un visage en forme de cœur avec un nez couvert de tâches de rousseur et une petite bouche avec une lèvre inférieure souvent enflée sur laquelle il fantasmait parfois de mordre. Elle avait commencé à nouer ses cheveux indisciplinés en arrière ce qui était probablement une bonne chose si elle décidait de pratiquer un métier incluant des potions – comme elle avait menacé de le faire d'après les formulaires de projets de carrière – elle aurait besoin de les garder attachés, hors de son travail. Il avait perdu le compte des fois où il corrigeait son travail au fil des ans seulement pour y trouver un long cheveu. Autrement, il les préférait détachés, il aimait la façon dont ils frisaient quand le temps était humide.
Il avait de la chance que son appréciation de son aspect physique soit tempérée par son aversion absolue pour sa personnalité. Elle était exactement ce qu'il détestait chez une femme. Elle n'était qu'une Je–sais–tout qui apprenait tout d'un livre mais qui n'avait aucune réelle compréhension de la vie. Elle pouvait accomplir n'importe quel sort ou charme à la perfection et s'attendait à des applaudissements quand elle le faisait. Elle ouvrait sans cesse la bouche pour exposer tout ce qu'elle savait, alors que ce qu'elle ignorait pouvait remplir des volumes entiers. Elle laissait les garçons prendre toute la gloire et lui marcher sur les pieds. Néanmoins, c'était une élève et elle avait eu suffisamment de chance pour survivre à la guerre, elle avait donc toute la vie pour s'améliorer. Simplement à condition qu'elle le fasse aussi loin de lui que possible
– En bas de ces escaliers, dit–il en les indiquant de sa baguette. Vous trouverez ma pièce de stocks personnels.
Le mur opposé s'ouvrit et une cage d'escalier apparut.
– Mais je croyais que vos réserves personnelles étaient…
Elle s'interrompit brusquement.
– J'imagine que d'ici la semaine prochaine vous aurez installé un filtre entre votre cerveau et votre bouche. N'est–ce pas, Miss Granger ?
– Oui, Professeur.
– Et je présume que je peux ajouter le vol à la liste de vos méfaits ?
– Non !
Elle mâchonnait avec acharnement.
– Je… euh. Non, Monsieur.
Il sourit, prenant plaisir à sa gêne. Il n'était pas idiot. Les élèves volaient dans le bureau des Maîtres de Potions depuis des temps immémoriaux. Il l'avait fait aussi quand il était étudiant. La première chose qu'il avait faite quand il avait pris le poste avait été de trouver une cachette sûre.
– Vous constaterez, Miss Granger, que je ne garde pas tout si facilement à portée de la populace estudiantine. Ce que vous trouverez en bas des escaliers appartient aux plus… toxiques… des ingrédients et je suis certain que vous, en tant qu'excellente élève, serez capable de les manipuler convenablement.
Il était bien conscient que sa référence à son excellence comme élève sonnait comme une insulte. Il se faisait une règle de ne jamais faire d'éloges à ses étudiants, surtout à ceux qu'il trouvait déplaisants. Il était aussi bien conscient qu'elle était sa meilleure élève et le fait qu'elle n'était qu'une Je–sais–tout de Gryffondor née de Moldus l'ennuyait par–dessus tout.
– Vous irez en bas, continua–t–il, et vous trierez et cataloguerez tous les ingrédients et potions. Tout ce qui est en train de décanter doit être approché avec précaution parce que beaucoup sont volatiles. Je détesterais être obligé d'aller chercher les elfes de maison et leur demander de vous racler du mur.
Il ricana presque à sa réaction.
– Si vous constatez que quelque chose est en fin de stock, vous en prendrez note. Vous nettoierez à fond les bocaux de tout ce qui est vide ou presque vide et les mettrez à part. Je compte sur vous pour vous efforcer de finir ça avant de partir ce soir parce que je ne veux pas devoir vous faire revenir demain à cause de votre incompétence… Oh, et je m'attends à ce que vous fassiez tout ça sans l'aide de la magie.
Sa bouche s'ouvrit en grand.
– Je vous serai très reconnaissant de cesser de rester la bouche ouverte comme un poisson, Miss Granger et je vous suggère de vous y mettre rapidement. En fait, j'espère dormir un peu cette nuit.
Elle avait l'air d'être sur le point de pleurer et il pria silencieusement pour qu'elle ne le fasse pas. Les femmes qui étaient en proie à des accès de crises de nerfs le rendaient fou et si on considérait la quantité de filles – et de garçons – qu'il avait fait pleurer au fil des ans, il était étonnant qu'il soit encore sain d'esprit.
Mais elle ne pleura pas.
– Oui, Monsieur, fut tout ce qu'elle dit d'une voix misérable.
Puis elle descendit les escaliers.
oOo
– Impedimenta !
Harry avança sur Malfoy, il était étendu sur le dos et respirait lourdement, ses yeux luisaient d'une lueur sauvage comme s'il réfléchissait à ce qu'il allait faire ensuite. Ça avait été un coup bas et Harry le savait, il avait jeté un sort de Reducto sur une boîte de pacotille en porcelaine et l'avait fait exploser. L'attention de Malfoy avait été momentanément détournée et il l'avait frappé avec l'Impedimenta ce qui l'avait renversé dans sa position actuelle. Mais Malfoy était excellent pour se protéger et semblait capable de tout esquiver. Harry désespérait de le frapper avec tout ce qu'il pouvait et de toutes les manières qu'il connaissait.
Il marcha vers Malfoy, qui en dépit de sa position sur le sol, était toujours aussi puissant et leva sa baguette.
– Expelliarmus.
– Protego.
Le pouvoir du bouclier de Malfoy envoya efficacement le sortilège désarmant sur le côté et il disparut dans le mur, inoffensif.
Harry ouvrit la bouche pour projeter quelque chose d'autre sur le sorcier aux cheveux blonds qui lui faisait face. Il allait gagner, il gagnait toujours ces choses–là. Malfoy pouvait esquiver et se protéger tout ce qu'il voulait, mais on en revenait toujours au même, Harry était le vainqueur.
– Primus Apnoea ! hurla Malfoy avant que Harry puisse sortir quelque chose.
Un jaillissement de lumière jaune brillant se précipita hors de sa baguette et frappa Harry en pleine poitrine.
Ce fut comme si des mains s'étaient infiltrées dans sa poitrine et expulsaient le moindre souffle d'air de ses poumons. Il essaya désespérément d'inspirer et découvrit que sa gorge était obstruée. Il ne pouvait plus respirer, pas même la plus petite prise d'air. Il ouvrit de grands yeux affolés vers Malfoy qui fit une pause pendant un instant et émit un rire bref et mordant devant le succès du sort.
Malfoy se souleva du sol et lentement, posément, commença à s'épousseter, ôtant même le plus minuscule morceau de peluche sur ses robes avant de lisser ses cheveux.
– Tu aimes ça, Potty ? demanda–t–il d'une voix traînante. J'ai trouvé celui–là moi–même mais je dois dire que ça fonctionne beaucoup mieux que j'aurais pu l'espérer.
Un mince filet de bave commençait à couler de la bouche de Harry, il amena convulsivement une main à sa gorge tandis qu'il gardait l'autre, qui tenait encore sa baguette, pointée sur Malfoy, non pas qu'il puisse parler ou même se concentrer assez fort pour lancer un sort.
– Ce bibelot appartenait à ma mère, siffla–t–il. Tu ferais mieux d'espérer que je puisse la réparer.
Harry pouvait à peine se tenir debout maintenant. Quand est–ce que Malfoy allait contrer le sortilège ? Pas de sitôt, manifestement. Le blond souriait largement avec un plaisir malveillant tandis qu'il regardait Harry tomber à genoux, ses yeux verts commençaient à s'exorbiter. Il faisait des gestes frénétiques à Malfoy pour qu'il le libère.
– Allons, allons, Potter, tu dois parler plus fort. Je ne comprends pas ce que tu es en train d'essayer de me dire.
Putain de sournoise petite merde, il était bien plus semblable à son père que Harry n'aurait jamais pu le prévoir. Harry se traîna lui–même sur ses pieds et tituba hors de la pièce et dans le couloir, Malfoy le suivit en riant gaiement tout en évitant la trace de salive que Harry laissait dans son sillage.
A suivre…
Voilà, merci d'avoir lu jusque-là. J'attends vos commentaires.
Bisous.
Falyla
