Titre : Objects of Desire

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Auteure : Azrael Geffen

Traductrice : falyla

Correcteurs : falyla/Florent

Paring : Harry Potter/Draco Malfoy Hermione Granger/Severus Snape

Rating : M/NC-17

Etat de fic originel : terminée (20 chapitres divisés en 59 parties)

Etat de la traduction : terminée

Disclaimer: Les personnages appartiennent à l'univers de JK Rowling, l'intrigue est à Azrael Geffen, avec son aimable autorisation.

Warning : slash, scènes de sexe très graphiques, torture, viol, meurtre, tentative de suicide, drogue, abus d'alcool, langage cru.

Site : à cause des thèmes abordés, je ne sais pas si cette fic sera autorisée à rester sur FFnet, je la publie donc en parallèle sur AO3 sous le même pseudo.

Mise en ligne : sauf contretemps inattendu, le lundi, le mercredi et le vendredi.

Résumé : Après la fin de la guerre, Harry, Ron et Hermione décident de revenir à Poudlard pour obtenir leurs ASPICs. Avant la rentrée, lors d'une soirée très avinée, ils établissent et signent un pacte magique où ils s'engagent à perdre leur virginité pendant cette 8ème année.

Objects of Desire

Chapitre 5 (1ère partie)

A propos de la nuit dernière

Six heures du matin.

Piers Tampling travaillait en tant qu'apprenti au Musée des Arts Magiques et des Antiquités depuis approximativement un an. Comme il n'avait jamais rêvé d'une carrière en particulier durant ses sept années à Poudlard, Piers ne pouvait pas dire que son poste était celui qu'il avait recherché. L'apprentissage lui avait été imposé quand son père, concerné par le manque de perspectives de son fils, avait parlé à un ami au Ministère et à son tour, cet ami avait parlé au conservateur, qui avait offert le boulot à Piers. Être embauché par le conservateur comme le seul apprenti en cinquante ans était un honneur auquel Piers ne s'était pas attendu et il n'était certainement pas suffisamment idiot pour refuser. Comme il n'était pas connu non plus pour son talent avec une baguette, Piers avait décidé de travailler à n'importe quel poste qui assurait qu'un usage intensif de magie ne serait pas demandé et par chance, la vie au musée était tranquille et pas particulièrement ambitieuse.

Dans ses pensées intimes, il estimait que le conservateur Semeuse était particulièrement bizarre. Le vieil homme était exigeant sur sa propre apparence et sur la propreté de ses objets exposés. Semeuse avait l'étrange habitude de parler aux objets inanimés comme si c'étaient ses animaux domestiques et sa collection préférée semblait être celle composée d'elfes de maison empaillés, sans doute parce qu'ils donnaient l'impression de pouvoir lui répondre. En dépit de tout ça, Piers pensait qu'il s'entendait avec le vieil homme, il le voyait comme quelqu'un de sage et intelligent, comme une espèce d'oncle excentrique. Le premier jour de son arrivée, il avait pris la résolution de faire tout ce qu'on lui dirait et d'écouter le vieil homme, convaincu que s'il le faisait, il apprendrait beaucoup.

Puis le Ministère avait envoyé les Mangemorts pour l'exposition et les choses avaient commencé à changer.

Piers avait vu Semeuse s'agiter et s'exciter à la perspective d'une nouvelle collection : une collection humaine, vivante. Quand ils arrivèrent, les vieux elfes de maison moisis furent oubliés et l'excitation du conservateur atteignit un degré fiévreux. Le petit homme méticuleux plaçait tout son temps et son énergie dans l'installation des présentoirs et à cataloguer sa nouvelle collection. Il se mettait en devoir ensuite de s'assurer que la température et l'humidité étaient précises, comme si les Mangemorts étaient aussi précieux que des momies historiques datant de l'aube de la civilisation. Il flattait bassement ses biens, apparemment inconscient qu'ils avaient été autrefois la lie de l'humanité.

Piers ne partageait pas la passion de son employeur pour les nouveaux exposés. Les Mangemorts lui donnaient la chair de poule. Ils étaient tellement silencieux et immobiles, telles des poupées géantes appuyées contre la vitrine d'un magasin de jouet démoniaque. Le fait qu'ils étaient en vie dans cet état le déconcertait. Il détestait aider à les habiller, les laver et les toucher. Leur peau était chaude, pensait–il, alors qu'elle aurait dû être froide et morte, leurs membres étaient trop souples, ils sentaient distinctement la vie. Il aurait préféré qu'ils soient morts, de cette manière, il n'aurait pas eu l'impression de les violer d'une certaine façon. Il laissait de la nourriture pour eux, juste à côté de leurs mains, ils ne les tendaient jamais pour la prendre, mais au matin, elle avait disparu. S'il les voyait bouger, il était sûr qu'il en serait terrifié.

Bien sûr, avec les Mangemorts, vinrent les fanatiques qui voulaient les voir morts ou démembrés, ou les deux ! Des milliers de lettres de menaces avaient plu à verse après que La Gazette du Sorcier eut diffusé l'article au sujet de l'exposition. « Les Mangemorts doivent être détruits, » criait le public « Nous viendrons et les détruirons ! ».

Semeuse avait contacté le Ministère qui avait placé une sécurité supplémentaire au musée. L'opinion de Piers était que si les gens voyaient ce qu'il était advenu des Mangemorts, ils conviendraient qu'en effet, ils avaient été détruits.

A six heures, ce mardi matin, il avait été réveillé par des bruits venant de la Salle Sais [1]. Il savait que c'était la Salle Sais même sans sortir de la chaleur de son lit, son instinct le lui disait. C'était là où ils étaient et sa chambre à coucher était juste à côté. Il resta sans bouger, les oreilles aux aguets, à écouter les bruits les plus infimes. Assurément, le conservateur, ou les Aurors qui avaient été postés aux portes du musée, entendraient et descendraient directement, mais il ne perçut rien. Pas de voix élevées, juste le son d'un meuble qu'on ouvrait et un étrange bruit de frottement, comme si quelqu'un qui était entraîné de force… ou si quelque chose se traînait par ses propres moyens. Était–ce possible ? Un des Mangemorts avait–t–il pu recouvrer ses sens et tenter de s'enfuir en rampant ? Il savait que la réponse était non, c'était une impossibilité donnée par la nature même du Baiser des Détraqueurs. Donc, quelqu'un y était.

Il attendait, il savait que c'était trop long, mais il n'avait jamais été courageux. C'était un Poufsouffle à l'école et il avait terminé l'année du Tournoi des Trois Sorciers. Il se rappelait la mort de Cédric Diggory et avait rapidement appris à assimiler la bravoure avec la mort. Harry Potter avait affronté Lord Voldemort et avait survécu, mais Piers Tampling n'était pas Harry Potter, il n'était purement et simplement pas ce genre de personne. Il ne se mettrait certainement pas lui–même en danger pour quelques Mangemorts sans esprit. Aussi attendit–il que tous les sons s'évanouissent dans le calme du matin et le silence remplit à nouveau le musée. Alors il descendit de son lit, enfila ses robes et ses pantoufles et se dirigea vers l'obscurité de la Salle Sais.

Lumos.

Chacune des vitrines exposées s'illuminèrent pour lui et ils regardèrent fixement vers lui. Le regard fixe et perplexe des damnés, il frissonna. Il scruta chaque visage, essaya de voir une différence entre eux mais il n'en trouva aucune. Puis il arriva à la dernière vitrine, la vitrine qui contenait le pire d'entre eux.

La vitrine était vide. La porte était ouverte et la vitrine était vide. Piers sentit sa bouche s'assécher et une douleur sourde de panique se forma profondément dans son gosier. Où était–il parti ? Comment était–il sorti ? Le bon sens lui disait que Lucius Malfoy ne pouvait pas s'être levé pour marcher, que c'était une prouesse impossible, mais le bon sens jouait une très petite part dans la froide obscurité, à six heures du matin, dans une pièce pleine d'effrayants Mangemorts au regard fixe. Et par dessus tout, il devait aller annoncer au conservateur que la plus prisée de ses possessions s'était envolée. L'intérêt du conservateur pour Lucius Malfoy avait embarrassé le jeune homme quand il l'avait remarqué la première fois. Maintenant que le Mangemort était parti, il se demanda juste comment le conservateur allait prendre cette perte. Archibald Semeuse pouvait être un homme pointilleux, mais Piers n'avait aucune illusion sur la puissance du vieux sorcier. Des rumeurs au sujet d'une jeunesse plutôt sombre abondaient dans le musée Piers appréhendait à l'avance la tâche qui l'attendait.

Il se mit en route le long des ombres des couloirs vers la chambre du conservateur et fut surpris de voir une lumière venant de l'intérieur de la pièce. Ainsi Semeuse était éveillé, peut–être qu'il avait entendu le bruit lui aussi. Piers était sur le point de frapper quand il entendit une voix à l'intérieur. La voix du conservateur, parlant doucement mais distinctement, gémissant de temps en temps, comme de passion. Piers s'aplatit contre le mur et scruta la pièce.

Sa bouche s'ouvrit en grand quand il vit à la scène qui se déroulait à l'intérieur.

Lucius Malfoy était étalé sur le lit, les bras étendus en travers des couvertures en satin. Le conservateur avait déployé la longue chevelure blonde sur les oreillers, son visage avait été incliné vers le haut, jeté un peu en arrière, de sorte que Piers avait une vue parfaite de son profil. La chemise blanche en coton dont Malfoy avait été si soigneusement revêtu était relevée au–dessus de sa taille et le conservateur le chevauchait. Piers le regarda avec horreur caresser avec douceur le visage immobile d'une main, tandis que l'autre poussait rudement les jambes de Malfoy en arrière pour permettre une entrée plus profonde dans son corps.

– Tu aimes ça ? susurra Semeuse à sa victime. Tu aimes ça, n'est–ce pas, mon ange ?

Son ange ne disait rien, mais s'il avait été capable de parler, Piers n'avait aucun doute que l'homme aurait hurlé : « NON ! ». Le conservateur n'avait pas été prudent avec lui, son désir l'avait suscité à pousser violemment dans le corps et les douces cuisses de Malfoy étaient striées de sang. Piers combattit l'envie de vomir à la vision de l'homme qu'il avait considéré comme son mentor, en train de profaner le corps d'un homme presque mort.

Semeuse embrassait Malfoy maintenant, chuchotant à son ange entre deux festins sur sa bouche. Piers sentit sa lèvre se relever de dégoût et avant qu'il ne puisse s'en empêcher, il avait fait un pas hors des ombres.

– Conservateur !

Sa voix était presque un sanglot tellement il était dégoûté.

Semeuse se figea et tourna son visage vers le jeune homme qui se tenait maintenant debout à côté de la porte et qui lui lançait un regard furieux avec une telle expression sur le visage. Il se sentit rougir.

– Tampling, dit–il avec autant de dignité qu'il pouvait rassembler.

Il baissa les yeux vers son ange et remarqua avec un peu de consternation que Lucius saignait il se fit une note mentale d'être plus prudent à l'avenir. Il retourna son visage vers Tampling et se demanda ce qu'il pouvait dire. Il n'avait aucune excuse pour ce qu'il était en train de faire, mis à part pour ses propres désirs mais il doutait que Piers Tampling les comprendrait. Il regarda l'homme. À peine plus qu'un gosse à vrai dire, pas quelqu'un par qui il voulait être surpris, mais sûrement quelqu'un de facile à manipuler.

– Vous devez arrêter ça, Conservateur.

Piers sentit une vague de puissance sur le vieil homme.

– C'est contre nature, le Ministère exigera votre démission. Vous pouvez aller en prison !

Semeuse regarda à nouveau vers Lucius qui était admirablement échevelé. Il y avait un peu de sang dans ses cheveux, Semeuse devrait les laver. Il sourit tendrement à son ange avant de regarder vers le gamin.

– Je ne pense pas que nous ayons besoin de parler de ce genre de choses, Piers, dit–il calmement. Je suis sûr que nous pouvons arriver à une sorte d'arrangement.

– Conservateur ?

Semeuse se retira de Lucius et enveloppa vivement ses robes autour de lui. Il descendit la chemise sur les hanches de Lucius et caressa doucement ses jambes en les refermant.

– Il s'est passé pas mal d'années depuis que j'étais un apprenti, Piers, dit–il.

Il se remit debout et avança vers le garçon.

– Mais je me souviens que ce n'était pas le plus plaisant des postes. Je peux encore me rappeler comme ça pouvait être frustrant.

Il sourit légèrement et cueillit une peluche de l'épaule de sa robe.

– Je peux considérablement avancer ta carrière. Imagine ça, tu serais toi–même un conservateur dans quelques courtes années avec mon aide. Ta famille serait si fière.

Piers fit un pas en arrière, ses yeux allant du conservateur au Mangemort étendu sur le lit. Il se souvenait de Draco Malfoy à l'école, un sale type qui aimait jeter des maléfices aux gens quand les professeurs ne regardaient pas. Le chouchou de Snape. Il ressemblait à son père. Il avait même rencontré Lucius une fois, si on pouvait considérer ça comme une rencontre. Il s'était cogné contre lui sur le Chemin de Traverse une fois quand il était en train d'acheter des fournitures scolaires et Malfoy avait grommelé quelque chose à propos des Sang–Mêlés qui polluaient les rues. Aussi pourquoi devait–il se soucier de ce que le conservateur faisait ? Malfoy avait probablement accompli des actes qui étaient de loin bien pires dans sa carrière.

La réponse était simple, sept années à Poudlard sous la direction de Dumbledore lui avaient instillé un sens inné de la décence. C'était tout simplement mal.

– Je ne suis pas intéressé par ce que vous pouvez faire pour moi… balbutia–t–il. Vous violez cet homme simplement parce qu'il ne peut pas se défendre.

– Viol est un mot tellement sévère, Piers, je peux t'assurer que je ne suis pas juste en train d'abuser de lui. Nous n'avons aucune idée de son opinion, n'est–ce pas ? Il pourrait aimer ça.

– Vous êtes qu'un malade ! s'écria Piers, incapable de contenir son dégoût. Un salaud écœurant !

– Allons, allons, mon garçon, pas besoin de ça. Penses–y. Je suis à ce poste depuis plus de cinquante ans et je doute fortement que le Ministère prêtera foi aux prétentions parvenues d'un garçon qui veut mon travail.

– Mais je me fiche de votre boulot !

– Bien sûr que non.

– Je… non. Je vais aller vers les Aurors ! Je… je… je vais leur raconter ce que vous avez fait. Je vais m'assurer que vous ne revoyiez jamais ce musée !

Il se tourna pour s'en aller, secoué mais étrangement fier de lui–même. C'était le premier moment de courage de sa vie.

Le regard d'Archibald Semeuse alla de la retraite de Tampling à l'ange étendu sur le lit et sentit que tout ce pour quoi il avait travaillé était en train de lui glisser entre les doigts. C'était son musée, il y avait rassemblé chaque collection, tout lui appartenait et à personne d'autre. Ce parvenu, Tampling menaçait tout ça. Le parvenu devait être arrêté. Il lui restait une seule chose à faire.

Avada Kedavra.

Semeuse murmura le maléfice si doucement que Piers Tampling ne l'entendit jamais. Tampling entendit le souffle d'un sortilège venant vers lui et n'eut pas le temps de se tourner pour voir ce que c'était. Il heurta le sol avec un bruit sourd, il ne sut jamais ce qui l'avait frappé.

Semeuse marcha vers le corps et le poussa avec le bout de son pied.

– C'est dommage, dit–il un peu tristement, tu aurais vraiment fait un bon conservateur un jour, mais j'aurais dû te le dire, personne ne m'éloignera jamais de mes collections et elles ne s'éloigneront jamais de moi non plus.

Il se retourna vers Lucius et sourit chaleureusement à la figure dont les yeux étaient fermés. Pendant un instant, il se dit qu'il aurait voulu le voir, il aurait tellement aimé être le témoin de ce mouvement. Semeuse retourna le corps de Tampling et regarda fixement le visage légèrement surpris.

– L'ange est à moi, je n'admettrai aucune menace de la part de stupides petits garçons à ce sujet, siffla–t–il.

Après avoir envisagé la situation pendant un moment, il décida que la salle de momification avait besoin d'une nouvelle addition.

oOo

Hermione plongea la tête derrière un ensemble d'armures et vomit sur le sol en pierre. C'était merveilleux, comme la libération d'une pression écrasante, comme si une fiole de poison vert sortait à flots de son système. Elle sentit ses paumes toucher la pierre froide et l'énergie coula en elle en vagues convulsives.

Oh, mon dieu, c'est affreux.

Snape. Elle avait embrassé Snape ! Moins d'une demi–heure auparavant, il l'avait fait jouir. Elle avait été amenée à l'orgasme par sa main. Puis il l'avait laissée là, froide, seule et terriblement ivre, ce qui, à la suite, l'avait menée à cet épouvantable trajet à travers le château pour se rendre à la tour sud–ouest et la merveilleuse perspective de son lit et l'espoir d'oublier les événements de la nuit. Jusqu'ici elle était arrivée aussi loin que le couloir des Enchantements, ce qui n'était pas si mal. Elle était au moins dans le vague voisinage de la tour.

Quand elle fut capable de soulever sa tête, elle vit que Lavande l'observait, elle la dévisageait comme si elle ressemblait à un insecte intéressant mais légèrement répugnant. Hermione se traîna loin de la flaque gluante et s'assit tremblante contre le mur.

– Qu'est–ce que tu fais hors du lit ? demanda–t–elle, prise de nausée par le goût dans sa bouche et aussi parce que quelqu'un était témoin de cette démonstration.

– Je ne pouvais pas dormir, répondit Lavande et elle tendit sa main pour aider Hermione à se remettre sur pied. Ça va ?

Hermione se mit à quatre pattes pour se relever.

– Je vais bien, bredouilla–t–elle, en crachant de manière peu gracieuse de la bile sur le sol. J'ai juste besoin de sommeil.

Lavande contempla sa camarade de chambre, incertaine de la tactique à utiliser pour s'y prendre avec elle. Elle n'avait jamais considéré Hermione Granger comme une amie. Hermione avait toujours été l'amie de Ron et de Harry. Alors que Harry et Ron étaient en quelque sorte attachants – Harry en étant… Harry et Ron en étant un gentil flirt – Hermione n'avait jamais vraiment possédé les qualités qui attiraient les gens à elle. Lavande – et beaucoup d'autres – croyait toujours qu'il y avait quelque chose dans l'attitude de Hermione qui se moquait d'eux. La jeune fille était tout simplement tellement bonne en tout mais elle avait l'agaçante manie de regarder ceux qui n'étaient pas aussi intelligents qu'elle comme s'ils étaient stupides. Ce qui n'était pas le cas.

Lavande n'avait pas de connaissance particulière quand il s'agissait de l'école. Ses buts à Poudlard étaient simples, terminer avec une bonne compréhension de la magie et avoir un travail convenable à la fin. La ferveur d'apprendre de Hermione, la perfection et la fierté pure qu'elle montrait quand elle affichait ses capacités n'étaient rien, à part énervant et avaient beaucoup conduit à l'éviter. Elle n'avait aucun intérêt pour les choses qui intéressaient la plupart des filles. Les rendez–vous, le soin des cheveux, le maquillage, les vêtements, aucune de ces choses n'entraient dans la sphère de Hermione Granger. Quand elle s'était présentée avec Viktor Krum au Bal de Noël, Lavande était presque tombée de sa chaise sous le choc. Il avait été décidé, bien longtemps auparavant, que le mieux serait de la laisser étudier ses livres et oublier à quel point elle était une sorcière née de Moldus accomplie.

Aussi, c'était vraiment un choc de la trouver échevelée et malade dans le couloir des Enchantements, empestant l'alcool et la lourde odeur musquée caractéristique du sexe. En plus, il y avait un suçon plutôt gros sur le cou de la jeune fille. Écartant toute hésitation, Lavande glissa un bras autour de la taille de Hermione et commença à la traîner en direction de la tour.

oOo

Ils étaient alignés en travers du terrain comme une armée de l'ancien temps. Ils l'avaient gardé à l'arrière parce qu'ils avaient besoin qu'il vive assez longtemps pour tuer le Seigneur des Ténèbres et il savait qu'il vivrait. Il le devait. Une fois que Voldemort serait mort, il pourrait mourir, c'était censé se passer comme ça. Il le savait, en lui–même, il devrait mourir à la fin de tout ça. Ils ne le pleureraient pas s'il mourait, ils pourraient l'immortaliser comme légende.

Ils restaient immobiles sur leurs lignes, regardant fixement à travers le terrain dans l'expectative de l'ennemi absent, attendant pendant ce qui semblait une éternité avant qu'ils n'arrivent. Un millier de Mangemorts descendirent du ciel sur des chevaux ailés aussi noirs que la nuit, comme une vague déferlante de cauchemars. Ils tenaient des gourdins. Harry n'en avait jamais vu auparavant, mais ils étaient puissants. Ils déchirèrent la chair et les os en lambeaux quand les Mangemorts commencèrent à les abattre les uns après les autres depuis le ciel, hors de portée.

La méthode d'attaque était inattendue et ils commencèrent à se disperser. Charlie Weasley lui ordonnait de courir. Il était vraiment nécessaire de courir, il devait se cacher. Il devait survivre. Il devait retourner à l'école et à la sécurité manifeste de la pierre et du mortier qui pouvait le tirer d'affaire.

Le champ de bataille, réalisa–il lentement, était le terrain de Quidditch, mais les anneaux et les gradins avaient disparus.

Il devait retourner à l'école.

– Harry, COURS !

Il regarda Charlie mais ses jambes ne fonctionnaient pas, il ne pouvait pas bouger, même quand le visage de Charlie se déforma et sembla d'une manière ou d'une autre se décoller de sa tête et bouger, l'expression encore fixée directement sur le propre visage de Harry et le frappa avec un bruit de viande humide.

Puis, il fut enlevé par un des cavaliers noirs et Snape le regarda par dessous la cagoule noire.

– N'oubliez pas de hurler, dit Snape.

Harry hurla. Harry hurla et s'assit droit comme un piquet dans le demi–jour. Le matin. Un rêve (un souvenir), c'était seulement un rêve (un souvenir). Il commença à frissonner tandis que la sueur refroidissait son corps.

Lumos.

Il avait réveillé Ron qui remuait et marmonnait à cause de la lumière. Il se releva et regarda Harry qui était assis à moitié nu en travers du lit.

– Mauvais rêve ? demanda–t–il en baillant.

– Ouais, désolé, c'était juste un rêve (un souvenir).

– Tu as sérieusement besoin de prendre des potions de sommeil sans rêves avant d'aller au lit. Dumbledore a dit que tu pouvais.

Harry haussa les épaules. Il savait que c'était le mieux à faire mais il paniquait à l'idée d'être incapable de se réveiller si c'était nécessaire.

– Heu… Harry, mon pote, grimaça Ron, tu es en train de me donner un peu trop d'informations, là.

Il baissa les yeux sur la longueur de son corps jusqu'où les couvertures ne couvraient pas tout à fait sa pudeur et il les remonta.

– Merci, marmonna–t–il.

Mais Ron ne le regardait plus, il fixait le mur derrière lui avec, sur le visage, une expression d'horreur ou d'étonnement ou les deux.

Harry se tourna pour voir ce que Ron regardait et il vit le contrat. Il était exactement comme ils l'avaient laissé le jour d'avant, avec une très notable exception. Les rosiers de Harry et de Ron étaient toujours honteusement nus. Sur celui de Hermione, d'un autre côté, avait poussé un minuscule bouton de rose de couleur rose.

– Je croyais que c'était censé être une fleur épanouie, dit Ron, les yeux ne quittant pas la minuscule tache de couleur.

– Ça devrait, répondit Harry, les yeux fixés sur le même endroit. Peut–être qu'elle n'est pas allée jusqu'au bout.

Ils continuèrent à regarder fixement, en se demandant avec qui diable Hermione avait été, pourquoi elle ne leur en avait pas parlé et quand elle avait trouvé le temps de le faire. Ils devaient vraiment parler à la jeune fille.

oOo

Draco Malfoy était perdu dans le plaisir de la plus vive session de masturbation matinale qu'il avait eue depuis des années. Sa respiration était lourde et pénible, sa main travaillant vigoureusement sur son érection. Ses yeux étaient fermés et il conjurait dans l'œil de son esprit l'image de la personne qui avait provoqué son état actuel.

Potter. Potter, qui avait eu l'audace non seulement de l'embrasser, mais ensuite de se retourner et de s'enfuir comme un voleur dans la nuit. Potter, qui avait les yeux semblables à des pierres précieuses imaginaires et une langue qui avait un goût de bâtons de cannelle et de Fondants du Chaudron. Dans son imagination, Potter était en train de faire beaucoup plus que de l'embrasser. Draco avait une excellente imagination il pouvait se représenter chaque centimètre de cette chair, imaginer la façon dont ce corps bougeait, comment sa bouche serait, enveloppée autour…

– Ohhhhhh, Harry.

Ses hanches remontèrent dans ses mains et il fut bien content, pas pour la première fois, d'avoir sa propre chambre.

Draco n'avait jamais été avec un homme avant, mais cela ne voulait pas dire qu'il était opposé à cette idée. L'occasion ne s'était simplement jamais produite. Il avait été sexuellement actif depuis qu'il avait quinze ans et les femmes n'avaient jamais vraiment été un problème pour lui. Il avait été élevé avec la simple devise du plaisir pour l'amour du plaisir.

Draco sourit et commença à se travailler un peu plus fort. Potter n'était pas beau, mais il avait la plus magnifique paire d'yeux que Draco avait jamais vue et il s'était agréablement étoffé en grandissant, svelte et pourtant un peu trapu. Potter n'était pas tellement grand mais plus si horriblement petit. D'après ce qu'il avait entendu, il avait une stature similaire à celle de son père, James Potter, et lui se ressemblaient de la même manière que Draco ressemblait à son propre père. Potter était, cependant, le héros du monde sorcier. Il avait terrassé tout ce que Draco avait autrefois tenu pour sacré. L'idée même que le héros de son monde suce le pénis d'un Malfoy était tout simplement trop délicieuse pour se la refuser. Il pouvait également voir Potter le faire, ses lèvres roses se séparer, ses yeux émeraude se fermer…

Il pouvait sentir son corps atteindre les sommets du plaisir, douloureux de pouvoir se libérer. C'était comme s'il était branché sur une source incroyable d'énergie, accumulant de la puissance à l'intérieur de son ventre et il commença à pousser doucement de petits cris :

– Harry… Harry…

Dans son esprit, toute activité sexuelle disparut et il fut laissé avec un seul souvenir. Le souvenir de la main de Potter étendue en travers de sa poitrine et ce premier moment quand Draco avait écarté ces lèvres parfaites et goûté l'intérieur de sa bouche.

– Oh, mon dieu, Harry.

Harry avait fermé les yeux quand il embrassait, Harry avait plongé ses mains dans les cheveux de Draco, Harry avait tremblé quand il avait rencontré sa langue.

– Oh, oh, oh, mon dieu… HARRRRYYYYYYYYY !

Il jouit en jets abondants dans sa main et, la respiration haletante, il s'apaisa. Ses hanches vinrent se reposer et un sentiment de satisfaction assoupie se déversa sur lui comme la pluie. Ses yeux clignèrent et s'ouvrirent.

– Bordel de merde, Potter, dit–il aux étoiles qu'il avait enchantées pour apparaître sur son plafond.

Il leva sa main et examina la couche de sperme. Fronçant un peu les sourcils, il la renifla puis la lécha avec hésitation, goûtant sa propre semence. Ce n'était pas affreux. Un petit peu amer mais bon, lui aussi l'était. Il se redressa sur ses coudes et baissa les yeux sur son ventre maintenant collant et se demanda s'il pouvait vraiment faire ça. Depuis les procès, il n'avait fait aucune tentative pour séduire quelqu'un et avec raison. Certaines cicatrices ne guérissaient jamais et celles qu'il avait sur le corps l'empêchaient d'envisager une nouvelle aventure. Ajoutée à cela, la perspective que cette aventure serait Potter et il savait assurément qu'il marcherait sur un terrain dangereux. Il ne pourrait jamais supporter l'idée d'un rejet et, comme il ne l'avait jamais goûté avant, il ne projetait pas de commencer maintenant. Il essuya ce qui restait du sperme sur sa poitrine et décida qu'il avait vraiment besoin d'une douche.

oOo

Petit déjeuner.

Harry regardait fixement son petit déjeuner avec un total désintérêt. Il était fatigué, ses rêves commençaient à troubler son sommeil plus que nécessaire et maintenant il avait ajouté un nouveau problème tout à fait inimaginable à une liste qui ne cessait de croître.

Draco Malfoy.

Il avait embrassé Draco Malfoy.

À dire la vérité, il avait plus que simplement embrassé Draco Malfoy. Il avait festoyé sur ces lèvres parfaites et enfoncé sa langue directement dans la bouche de Malfoy ! Par tous les dieux, si Ron savait où sa langue avait été, il aurait coupé l'appendice fautif et l'aurait brûlé. Ce serait, bien sûr, après qu'il ait transigé avec le fait que Harry, son meilleur ami et camarade de chambre depuis sept années et quelques, avait embrassé un autre homme.

Alors qu'allait–il se passer aujourd'hui ? Est–ce que Malfoy allait valser dans la Grande Salle, afficher son plus grand sourire de salaud et raconter à tous que le célèbre Harry Potter était un homosexuel absolument délirant qui avait attenté à sa pudeur pas plus tard que la nuit dernière ?

Harry pouvait l'entendre à présent, disant de sa voix traînante l'affreuse vérité à tous ceux qui l'écouteraient : « Oh, ouais, il a enfoncé sa langue directement au fond de ma gorge, ce putain de pédé. »

Harry frissonna.

Mais Malfoy lui avait rendu son baiser.

L'avait–il fait ? Oui, oui il l'avait fait ! Harry en était certain. Les mains de Draco avaient caressé la montée de son dos, la langue de Draco avait explorée la caverne de sa bouche. Harry devait arrêter de penser à ça tout de suite avant que ça ne l'excite trop.

Excité ? Excité ! Oh, mon dieu, il était assis au petit déjeuner et il était excité !

Il jeta un coup d'œil autour de lui espérant que personne n'était en train de le regarder et fut atterré quand Lavande accrocha son œil et sourit. Elle se dirigea vers eux et commença son histoire de la découverte de Hermione saoule et vomissante dans le couloir des Enchantements de très bonne heure ce matin. Il savait qu'il aurait dû être beaucoup plus intéressé par ces nouvelles qu'il ne l'était, mais il était trop occupé à contempler un broc d'eau glacée tomber goutte à goutte sur ses genoux.

Ron commença à dire quelque chose au sujet de Hermione, il alla jusqu'à :

– Qu'est–ce que Herm…

Puis il s'arrêta à mi–phrase et ne s'embêta pas à cacher l'air d'absolu dédain qui traversa son visage. Harry le regardait, n'osant pas se retourner. Ron avait sur le visage ce qu'il réservait à une seule et unique personne et cela ne pouvait signifier qu'une chose. Harry sentit le banc bouger à côté de lui tandis que quelqu'un s'asseyait de l'autre côté et il se figea. Il espéra malgré tout que, d'une manière ou d'une autre, Hermione s'était réveillée complètement sobre et avait récupéré après seulement une heure de sommeil et était descendue déjeuner. Bien sûr, ce n'était pas possible, il pouvait voir quelques filles de maisons diverses regarder leur table les yeux pleins d'une adoration puérile. Il n'y avait qu'une personne qui créait ce genre de regard chez autant de jeunes filles. Il tourna lentement la tête.

Malfoy. Non, Draco. Non, Malfoy.

Putaindemerdeputaindemerdeputaindemerde.

oOo

Le petit déjeuner n'avait jamais été le repas préféré de Severus Snape. Il était beaucoup trop tôt pour être confronté avec les visages souriants et le bavardage inepte de mille deux cents élèves, qui, quand ils s'y mettaient tous, s'élevait comme un grondement sourd qui attaquait ses sens. Aujourd'hui était bien pire que la plupart du temps et il se demanda pourquoi il était ennuyé. La réponse était horriblement simple. Il voulait voir si elle allait descendre.

Il regarda la quantité de bacon, d'œufs au plat, de tomates frites et de saucisses que Minerva était en train d'empiler sur son assiette et il sentit le besoin de vomir. Elle ajouta du pain grillé pour faire bonne mesure, en dépit de ses faibles protestations de ne pas le faire. Si elle ajoutait des harengs fumés, il gerberait sur le tout.

Et ce serait quelque chose que tous se rappelleraient.

Elle n'ajouta pas de harengs fumés et il remerciait le ciel pour sa clémence. Il tendit une main tremblante vers son café.

– Tu as besoin de manger quelque chose, le sermonna Minerva, en pinçant ses lèvres d'une façon qu'elle espérait sévère puis essaya de réprimer un petit rire.

– La nourriture grasse aidera à calmer ton estomac.

– Je ne crois pas que je pourrais…

– Mange, le menaça–t–elle, en le regardant d'une manière remarquablement maternelle. Ou je te nourrirai à la cuillère.

Il mit une fourchette de bacon dans sa bouche et se mit en devoir de contraindre sa mâchoire à travailler à la mastication.

– Qu'est–ce que tu fous ici, Malfoy ? cracha Ron. C'est pas l'heure où tu te branles dans le bain habituellement ?

Malfoy sourit aimablement et dit :

– Pas ce matin, la Belette, j'avais une bonne raison de me branler un peu plus tôt que d'habitude aujourd'hui. Tu me passes le pain grillé, s'il te plaît, Harry ?

Il prononça le nom de Harry très distinctement et Harry rosit. Il passa le pain grillé à Draco sans le regarder.

– Merci, Harry.

Harry hasarda un coup d'œil en direction du blond et il trouva Draco en train de le dévisager ouvertement. Quand Harry regarda, Draco lui offrit un sourire éblouissant. C'était son fameux sourire qui rendait les filles malléables comme de la guimauve. Harry en eut un peu le vertige. La situation était ridicule, lui qui glissait des regards à Draco Malfoy et Draco Malfoy qui lui adressait ce sourire–là. Il se retourna rapidement vers Ron et sur la confortable spéculation de l'identité de l'homme mystérieux de Hermione, tout aussi conscient du blond qui mangeait son petit déjeuner à ses côtés.

– Honnêtement, Severus, tu devrais bien te garder de boire autant un soir d'école.

Acquiesce. Mâche.

Hermione n'était pas descendue et il doutait qu'elle le ferait. Il jeta un coup d'œil sur leur table et vit Draco assis à la place habituelle de Miss Granger. C'était bizarre mais il se sentait beaucoup trop mal pour spéculer ou même s'en soucier. Si la jeune fille savait ce qui était bon pour elle, elle passerait la journée entière au lit à cuver.

– Est–ce que tu as pris une potion gueule de bois ?

Acquiesce. Mâche.

– Et ?

Il força la nourriture surmastiquée à descendre dans sa gorge.

– Je me sens mieux.

– C'est mieux qu'avant ?

– Oui.

– Par les couilles de Merlin, Severus ! Mais t'as bu combien ?

La réponse était évidente.

– Trop, marmonna–t–il.

Il décida qu'il enverrait à Hermione une potion à prendre dès qu'elle se réveillerait. Avec du sommeil et la potion, il pouvait au moins s'assurer qu'elle serait dans un meilleur état que le sien.

Peut–être qu'il pouvait supporter le pain grillé. Il prit une bouchée et le regretta immédiatement. La mastication forcée recommença et il repoussa l'assiette. Puis il souleva presque amoureusement son café de ses mains tremblantes.

– Ceci, dit Minerva, en indiquant la tasse, ne va pas t'aider.

oOo

Les hiboux commencèrent à descendre des chevrons avec le courrier du matin et Harry sentit une appréhension familière. Il n'avait jamais aimé le courrier du matin. En dépit de n'avoir plus personne à perdre, il regardait toujours les hiboux descendre avec un sentiment d'épouvante. Hedwige tournoya vers lui, entrant en compétition avec Coq pour la descente la plus rapide, utilisant ses ailes pour créer assez de vent pour repousser le minuscule hibou.

Ils furent tous les deux coupés du chemin par un hibou géant du Ministère qui fondit devant eux et, à la grande horreur de Harry, vint droit sur lui. Cela ne pouvait pas être pour lui. Que pouvaient–ils vouloir de lui ? Le hibou atterrit, pas devant Harry, mais devant Draco, à côté de lui. Il attendit patiemment que la lettre soit détachée de sa patte avant de s'élancer à nouveau.

Draco tourna la lettre dans ses mains. Il reconnaissait le sceau et vérifia que ce n'était pas une Beuglante. Pourquoi le Ministère lui écrivait–il ? Est–ce qu'ils voulaient davantage d'argent pour l'entretien de ses parents ? Il avait déjà envoyé des vêtements, des couvertures et l'argent pour les frais de voyage pour cette horrible exposition itinérante et il avait payé la taxe annuelle. Il ne pouvait qu'assurer l'espoir qu'ils soient tous les deux nourris. Qu'est–ce que le Ministère pouvait vouloir maintenant ? Il soupira et ouvrit la lettre.

« Cher Mr. Malfoy,

Nous avons le regret de vous informer qu'à cause d'une erreur imprévue d'emballage, votre mère, Mrs Narcissa Malfoy, est décédée durant le transit de la Prison d'Azkaban au Musée des Antiquités et Arts Magiques à Londres. L'enlèvement immédiat du corps du musée est par conséquent requis. Si vous ne souhaitez pas prendre possession du corps, le Ministère de la Magie organisera l'enterrement du corps à la Prison d'Azkaban pour un coût de 80 Gallions.

Veuillez contacter le Ministère de la Magie dans les cinq jours, après réception de cet avis afin de convenir des arrangements nécessaires.

Sincères condoléances.

Anya Zohar

Secrétaire

Ministère de la Magie. »

Draco regarda fixement la lettre pendant un long moment. Les sons autour de lui semblèrent s'atténuer et se taire complètement. Il ne voyait rien, tout cessa d'exister en cet instant. La seule chose qui existait était la lettre devant lui. Elle restait constante et claire, quelques mots prirent plus de relief que d'autres. Bondissant sur lui comme pour les lui répéter. Narcissa. Décédée. Enterrement. Corps.

Il plia la lettre, lentement, sans hâte et la plaça dans sa poche. Il respira ensuite profondément, se repoussa de la table et se tourna pour sortir de la salle avec de longues enjambées déterminées.

A suivre…

NdA :

[1] Le Musée des Arts Magiques et des Antiquités est divisé en dix galeries : la Salle Eretria – Objets Obscurs la Salle Psammetichus – Tapis magiques la Salle Samians – Reliquaires et boîtes magiques la Salle Pesasus – Amalgames Entomologique la Salle Sais – Exposition de Magie Noire et de Mangemorts la Salle Hartog – Jeux Magiques la Salle Aphetae – Magie Ancienne et Associations Sacrées la Salle Battus – Gravures Sfumato la Salle Ladice – La Mémorable Chasse aux Sorcières Moldue la Salle Dorus – Anges et Démons.

Voilà, merci d'avoir lu jusque-là. J'attends vos commentaires.

Bisous.

Falyla