Titre : Objects of Desire
Lien vers la fic originale : dans mon profil, FFnet n'affiche pas les liens URL
Auteure : Azrael Geffen
Traductrice : falyla
Correcteurs : falyla/Florent
Paring : Harry Potter/Draco Malfoy Hermione Granger/Severus Snape
Rating : M/NC-17
Etat de fic originel : terminée (20 chapitres divisés en 59 parties)
Etat de la traduction : terminée
Disclaimer: Les personnages appartiennent à l'univers de JK Rowling, l'intrigue est à Azrael Geffen, avec son aimable autorisation.
Warning : slash, scènes de sexe très graphiques, torture, viol, meurtre, tentative de suicide, drogue, abus d'alcool, langage cru.
Site : à cause des thèmes abordés, je ne sais pas si cette fic sera autorisée à rester sur FFnet, je la publie donc en parallèle sur AO3 sous le même pseudo.
Mise en ligne : sauf contretemps inattendu, le lundi, le mercredi et le vendredi.
Résumé : Après la fin de la guerre, Harry, Ron et Hermione décident de revenir à Poudlard pour obtenir leurs ASPICs. Avant la rentrée, lors d'une soirée très avinée, ils établissent et signent un pacte magique où ils s'engagent à perdre leur virginité pendant cette 8ème année.
Objects of Desire
Chapitre 5 (2ème partie)
A propos de la nuit dernière
Harry regarda Draco partir, se demandant quel était le contenu de la lettre. Il poussa son numéro de La Gazette du Sorcier de côté pour le lire plus tard et rit docilement quand Ron demanda gaiement après la retraite de Draco :
– Mauvaises nouvelles, hein ?
Il y avait trois lettres pour lui. Une de Lupin, une de Tonks et une de Maugrey. Elles demandaient toutes la même chose. Pourquoi ne leur avait–il pas écrit ? Est–ce qu'il allait bien ? Avait–il besoin de parler de quelque chose ? Il n'avait pas besoin de répondre à tout le monde. Il se figurait qu'il devait se trouver chanceux qu'ils soient tous encore intéressés par son bien–être.
Il avait conscience de Ron qui riait au sujet de quelque chose et il décida de ne pas y porter intérêt, si c'était important, il n'avait aucun doute qu'il découvrirait ce que c'était très bientôt. À la place, il se focalisa sur Lavande qui se dirigeait vers la table des enseignants pour informer les professeurs que Hermione était malade.
Mon dieu, Snape n'a l'air bien, pensa–t–il et il se demanda, avec une sensation momentanée d'exaltation, si ça pouvait être mortel.
oOo
Snape n'aurait jamais dû se permettre de chanter victoire si fort sur les Serpentard qui étaient en tête de la Coupe de Quidditch cette année parce que Minerva était en train de prendre un grand plaisir à le torturer. Sorcière malfaisante.
Il voulait qu'elle se taise mais il connaissait suffisamment bien Minerva McGonagall pour savoir que non. Oh, non, Minerva était juste en train de s'échauffer et une fois qu'elle serait chaude, eh bien, il pouvait aussi bien mourir parce qu'il n'allait pas avoir la paix d'une autre manière.
Sa tête résonnait lourdement et s'il était honnête, il devait admettre qu'il était probablement encore saoul. Il n'avait pas dormi, il avait pris un bain mais il pouvait toujours sentir Hermione sur lui, il pouvait encore percevoir sa saveur. Cela faisait bien trop longtemps qu'il n'avait été avec une femme. Si longtemps en fait, qu'il avait fait l'inconcevable et profité de l'état d'une élève. Une étudiante majeure, mais une élève quand même. C'était inexcusable et il ne pouvait qu'espérer qu'elle n'irait pas directement chez Dumbledore pour porter plainte contre lui. Il avait saoulé cette pauvre fille et avait attenté à sa pudeur ! Comment avait–il pu permettre que ça arrive ? Si Dumbledore le découvrait, il serait viré de Poudlard avant de pouvoir dire absinthe !
Cela ne se reproduirait plus jamais. Non pas qu'il y eut une chance que ça se répète encore une fois. Miss Granger – et c'était Miss Granger, pas Hermione – se réveillerait sans aucun doute et souhaiterait mourir quand elle se rappellerait ce qui s'était passé. Et il y avait vraiment matière à cauchemars. Il n'avait aucune idée de comment l'empêcher d'aller chez Dumbledore. Irait–elle vers Dumbledore ? Elle avait semblé y avoir pris du plaisir, la nuit dernière.
Pris du plaisir? À quoi est–ce que tu penses, idiot ? Elle était si saoule qu'elle n'avait aucune idée de ce qu'elle était en train de faire !
Il ne pouvait pas réfléchir clairement dans cet état. Il ne souhaitait pas grand-chose en fait : il voulait s'allonger et dormir il voulait que Minerva se taise et le laisse tranquille et il ne voulait surtout pas voir Lavande Brown qui marchait vers lui. Voilà ce qu'il désirait ardemment.
– Lève la tête, Severus, était en train de dire Minerva. Miss Brown vient par ici, il est temps de revêtir ton visage.
Il la regarda de travers.
– Oui, c'est celui–là.
Il prit une autre gorgée de café. Le tremblement de ses mains semblait empirer, pas s'améliorer. Ça n'allait vraiment pas être une bonne journée.
oOo
Lavande regarda les professeurs avec hésitation et sourit de son plus joli sourire. Elle savait que cela ne marcherait pas avec Snape, mais McGonagall, en le voyant, s'était prise de sympathie, au fil des ans.
– Bonjour, Miss Brown, dit gaiement McGonagall.
Snape parvint à peine à grogner vers elle. Il n'avait vraiment pas l'air très bien. Ce n'est pas qu'il l'ait jamais été, mais aujourd'hui il avait l'air épouvantable. Vraiment terrible. Pire que jamais, si c'était possible. Il ne semblait pas tellement malade mais plutôt… terrassé par une gueule de bois d'enfer. Comme Hermione, ce matin.
Comme Hermione.
Elle sentit presque une ampoule s'allumer dans sa tête et se retrouva totalement bouche bée devant l'infect Maître des Potions. Ce n'était pas possible, bien sûr. Hermione Granger n'avait jamais gagné de concours dans la catégorie chouchou de Snape. Mais elle pouvait distinctement sentir la légère odeur du même alcool dont Hermione avait littéralement empesté. Snape avait manifestement pris un bain, mais elle pouvait encore la percevoir. Le sens de l'odorat de Lavande était légendaire, elle projetait de faire des parfums et des senteurs quand elle aurait fini l'école. Elle pouvait aussi détecter la même vague odeur de sexe qui avait émané de Hermione par vagues. C'était intéressant, très intéressant en effet.
Elle rit presque tout haut et elle n'eut pas de doute que toute cette idée n'était pas si absurde. Hermione et Snape ? Qui l'eût cru ? Plus important, comment diable était–ce arrivé ?
– Miss Brown ?
McGonagall la regardait d'un air interrogateur, arrachant son attention loin du Maître des Potions qui avait commencé à lancer des regards sombres sous son examen minutieux.
– Oh, oui, désolée.
Elle offrit à nouveau son sourire.
– Je voulais juste vous faire savoir que Hermione Granger est malade et ne sera pas en classe aujourd'hui.
Elle regarda explicitement Snape, essayant de voir s'il avait une quelconque réaction.
– Ça, par exemple, fit McGonagall. J'espère qu'elle va bien.
La fin de sa phrase fut noyée par la réaction de Snape. Lavande ne parvint à reculer d'un bond qu'une demi seconde trop tard. Snape laissa tomber sa tasse de café et elle éclata en morceaux sur le dessus de la lourde table en chêne. Lavande fut la moins touchée, elle ne reçut qu'un peu de son contenu. Snape et McGonagall, d'un autre côté, en étaient recouverts.
La bouche de McGonagall s'amincit mais Lavande vit quelque chose proche du rire danser en travers de son visage. Snape était en train de regarder fixement la table, totalement incapable de comprendre ce qui avait fait tomber sa tasse et les asperger tous les trois de café. Puis l'odeur le frappa. L'odeur du café et de la graisse figée du petit déjeuner. Il eut un haut–le–cœur sec et Lavande recula un peu plus loin de la table. Même McGonagall repoussa sa chaise en arrière.
La main de Snape vola à sa bouche.
– Jecroisquejevaisvomir.
Il eut encore un haut–le–cœur sec et s'enfuit par la porte derrière lui.
La Grande Salle était silencieuse. On aurait pu entendre une épingle tomber parce que tout le monde regardait fixement le siège maintenant vacant. Manifestement, ce n'était pas quelque chose que l'on voyait tous les jours. La salle resta dans son apparent charme de silence jusqu'à ce que le son reconnaissable de la voix de Ron Weasley ne le brise.
– Eh bien, Harry, il semble qu'on soit sans Potions pour la journée.
Minerva ne put s'en empêcher. Elle se mit à rire.
oOo
Les Potions furent en effet annulées et, tandis que l'école se réjouissait du fait que Snape avait pris son premier jour de maladie en à peu près dix–sept ans, Harry passa le temps qu'il aurait normalement passé en double potions assis à la bibliothèque, en évitant ses propres pensées troublées, comme il le faisait chaque jour depuis que la guerre était finie. Il avait décliné une offre d'aller participer à un groupe d'étude avec Ginny et Luna, sachant que le groupe d'étude se résumerait à eux trois, buvant du vin illicite bon marché puis les filles essayeraient de se faire embrasser. Il avait décidé qu'il avait vraiment besoin d'au moins essayer d'avoir sa tête à son travail de Potions et il ne voulait pas que les filles sachent qu'il était vraiment en train de lutter avec ça.
Ils travaillaient sur le Tria Prima.
« L'Alchimie se focalise sur l'identification et la purification du Tria Prima, les trois principes de l'âme, de l'esprit et du corps – représentés par le soufre, le mercure et le sel. Le processus est utilisé dans la purification du magicien. La recherche de la substance insaisissable, la Pierre Philosophale, dont on dit qu'elle transforme les métaux de base en or et qu'elle est l'élixir de l'immortalité, indique que le but des Alchimistes est d'atteindre le divin. »
Ce n'était pas vraiment ce qu'il avait obtenu mais il aurait dû, étant donné qu'il avait effectivement tenu une pierre philosophale dans sa main. Atteindre le divin ? Si Snape avait atteint le divin, Harry voulait bien manger Hedwige. Il voulait juste apprendre à faire des potions afin de pouvoir commencer sa formation d'Auror. La perspective de trois ans d'école supplémentaires était terrifiante. Il soupira. Il aurait vingt ans avant même d'avoir un boulot, si tant est qu'il arrivât à décrocher un travail. Ajouté au fait qu'ils pourraient très bien ne pas l'accepter à la fin ne lui inspirait pas confiance, mais c'était tout ce qui le faisait avancer la plupart du temps. Il fallait absolument qu'il réussisse cette matière.
Décidant qu'il avait vraiment besoin d'attendre que Hermione soit dans les parages, il mit le travail de Potions de côté et sortit la Gazette du Sorcier de son sac et examina les nouvelles. Cela faisait longtemps qu'il ne considérait plus La Gazette du Sorcier comme une source sûre d'informations mais il le parcourait par habitude, tout comme il le faisait quand il se cachait dans le jardin des Dursley pour le lire.
Un article sur l'exposition des Mangemorts faisait une manchette en première page. Il apparaissait que le musée avait reçu des menaces provenant de victimes mécontentes de Voldemort et de ses disciples. Ils voulaient du sang et ils étaient prêts à utiliser l'exposition pour l'obtenir. Elle ouvrirait ses portes à Londres, deux semaines plus tard, où elle resterait jusqu'après Noël, ensuite elle continuerait sa tournée en Angleterre, puis en Europe et s'achèverait en mai.
Elle était programmée pour arriver à Pré–au–Lard le 20 février. Harry doutait que Ron attende si longtemps. Il avait prévu d'emprunter l'appareil photo de Fred et George pour prendre des clichés des Malfoy, il les utiliserait pour torturer Draco. Harry avait des sentiments mitigés sur l'exposition. Dumbledore appelait ça une parodie. Lupin, dans sa lettre en parlait comme d'un carnaval de la souffrance humaine et pourtant Harry se trouvait bizarrement fasciné par ça. Il ne voulait pas y aller mais quelque chose attirait son intérêt. Il n'avait jamais vu quelqu'un après le Baiser d'un Détraqueur. L'idée l'horrifiait, le mort vivant, pas de pensées, pas de mémoire, rien du tout. Juste une existence, une existence sans compréhension. Il se demandait s'ils avaient l'air mort et il voulait le voir.
L'article continuait et annonçait les décès. Trois Mangemorts étaient morts. Ils avaient suffoqués pendant le trajet qui les menait vers l'exposition. Le nom de Narcissa Malfoy attrapa son regard. C'était l'une des trois. Il se rappela du soudain départ de Draco de la salle et de la lettre officielle du Ministère et tout ça prit soudainement un sens. Sa mère était morte.
Harry n'avait qu'un seul vrai souvenir de Narcissa Malfoy. Il avait trouvé que c'était une femme hautaine, remarquablement jolie à part son regard qui donnait l'impression qu'elle avait une perpétuelle mauvaise odeur sous le nez. Il avait une fois accusé Draco d'être cette mauvaise odeur, cela semblait tellement loin maintenant, comme une autre époque. Narcissa avait été la cousine de Sirius, tout comme Draco était le cousin de Tonks. Harry doutait énormément que Draco ait jamais rencontré Nymphadora Tonks et pendant le plus bref des moments, il s'imagina les présenter l'un à l'autre, un jour.
Il se demandait comment Draco prenait sa mort. Il n'avait pas été en Métamorphoses et Harry ne l'avait vu nulle part quand il avait découvert que les Potions étaient annulées. Harry doutait maintenant qu'il se présente pour la Défense contre les Forces du Mal cet après–midi, ce qui laisserait Harry sans partenaire et il finirait probablement avec Ginny parce que Hermione était malade. Ce n'était pas une perspective dont il se délectait. Ginny avait passé l'année dernière à faire tour à tour le chaud et le froid envers lui. Elle lui avait demandé pour le groupe d'étude et il avait dit non, c'était manifestement un rejet personnel et elle l'avait fixé de ses yeux accusateurs, comme s'il lui avait fait du tort en n'étant pas en mesure de les faire travailler. Il ne voulait pas se retrouver comme ça tandis qu'il essayait de se battre en duel avec elle.
Peut–être qu'il pouvait s'esquiver en étant malade lui aussi mais il savait qu'il ne pouvait pas parce que cela mènerait à trop de questions et il ne voulait pas que Ron l'accuse d'éviter sa sœur. Cela n'aidait pas que la seule personne qu'il voulait vraiment voir était la seule personne qu'il ne pouvait pas. Il avait espéré que Draco irait en classe et qu'ils pourraient peut–être parler. Mais parler de quoi ? Du fait que Harry l'avait embrassé ? Du fait qu'il avait embrassé Harry en retour ? Le sujet entier semblait un peu stupide.
Harry réalisa, avec un peu de consternation, qu'il était en train de faire très exactement ce qu'il essayait d'éviter. Penser.
Est–ce qu'il en faisait trop, à propos de ce baiser ? Ce n'était, après tout, qu'un baiser et pour tout ce qu'il savait, Draco pouvait embrasser n'importe qui, n'importe où. Il avait une certaine réputation après tout et elle devait bien tirer son origine de quelque part. Harry pouvait très bien n'être qu'un de plus dans la longue file de personnes qui s'étaient jetées à la tête du Prince de Glace – oui, il avait entendu certaines filles employer ce surnom en parlant de Draco, Ron en avait tellement ri qu'il en était tombé sur le cul. Pourtant, il se demanda à combien de personnes il avait retourné le baiser. Y en avait-il beaucoup ? Probablement.
Il fut reconnaissant quand les couloirs résonnèrent du son caverneux de la sonnerie qui indiquait la fin des cours. Il fourra le journal dans son sac et se dirigea vers les serres pour son cours de Botanique.
oOo
Draco avait négocié la nouvelle de la mort de sa mère de la seule manière qu'il connaissait. Il était retourné dans sa chambre, avait brisé un globe de neige moldu qu'elle lui avait ramené des plages des mers du Sud quand il avait cinq ans et quand il ne put pas le réparer, il hurla de frustration. Il se calma ensuite, se força à respirer, arrangea ses robes, lissa ses cheveux et s'assit pour écrire une lettre à son parrain lui annonçant la nouvelle et lui demandant de s'occuper des arrangements puisqu'il pensait vraiment qu'il ne pourrait pas. Une rapide excursion à la volière fut ensuite menée et retournant à sa chambre, il rassembla son travail pour étudier et trois bonnes bouteilles de gin il avait décidé de ne pas assister aux cours mais il ne pouvait pas se permettre d'avoir du retard. Il s'installa devant le feu dans la salle commune pour étudier les Métamorphoses tandis qu'il essayait d'engourdir son esprit en s'enivrant.
oOo
Hermione dormit jusqu'à tard dans la journée, aidée par un léger charme de sommeil que Lavande avait lancé avec prévenance et pour son propre épuisement de la nuit d'avant. Pattenrond avait tenté de la réveiller par deux fois, en donnant des coups de tête contre son visage et en poussant quelques miaulements plaintifs à sa silhouette endormie. N'ayant pas obtenu de réponse, il avait abandonné. A la place, il se roula en boule et dormit pendant quelques heures à côté de sa maîtresse.
Un peu après deux heures, Pattenrond fut troublé par un grattement à la fenêtre. Levant sa tête pour en inspecter l'origine, il fut confronté à la figure d'un énorme grand–duc qui le regardait fixement en hululant avec indignation. Pattenrond ignora l'oiseau mais celui–ci continua à gratter jusqu'à, finalement, obtenir gain de cause. Le chat se réveilla, s'étira, toisa l'oiseau et bondit à la fenêtre.
Hermione se réveilla au bruit de la confrontation entre l'oiseau et son chat orange. Pattenrond gémissait vers l'oiseau qui lui jetait un regard furieux et impérieux depuis dehors, dans la neige. Il émit un torrent de hululements – et Hermione fut certaine que c'était une quantité de jurons plutôt grossiers en langage hibou. Hermione aurait vu le côté comique de la situation si sa tête n'avait pas été en train de cogner comme si quelqu'un avait jeté le sort Doloris à l'intérieur de son crâne.
– Pattenrond, descends ! se fâcha–t–elle en faisant une grimace de douleur quand sa propre voix résonna autour de sa tête.
Elle lutta pour pousser Pattenrond hors du chemin avant d'ouvrir la fenêtre.
Le hibou regarda le chat avec méfiance et vola vers la table de chevet. Hermione alla jusqu'à lui pour dénouer le petit paquet attaché à sa patte, mais il s'éloigna d'elle et la dévisagea clairement de haut en bas avec un regard de dédain.
– Mon Dieu, je suis en train d'être évaluée par un hibou, marmonna–t–elle, tendant à nouveau la main pour le paquet.
Le hibou hulula et tira sa patte, détournant sa tête comme s'il n'aimait vraiment pas ce qu'il voyait. Elle déficela le paquet et le déballa. Il contenait une petite bouteille de potion et une notice qui disait simplement « Buvez–moi, vous vous sentirez mieux ».
Elle reconnut l'écriture de Snape et but le contenu de la bouteille. L'effet fut instantané, sa tête s'éclaircit et elle se sentit incroyablement bien. Il était bon avec elle, il était très, très bon. Elle se tourna pour remercier le hibou, mais il la regarda furieusement et prit son envol.
Des souvenirs de la nuit précédente la submergèrent. Elle avait bu. Beaucoup bu. Combien avait–elle bu ? Assez pour la rendre d'humeur dragueuse alors ça devait être beaucoup. Elle était renommée pour être terriblement prude, même quand elle était très saoule. Elle était devenue beaucoup plus que dragueuse, elle était devenue littéralement impudique. Avec Snape ! Parmi tous les hommes ! Snape, qui n'avait jamais regardé quelqu'un sauf pour le critiquer et qui, elle avait été certaine, ne l'avait jamais regardée sauf pour lui trouver un défaut. Le graisseux, l'exécrable, le répugnant Snape. À quoi avait–elle pensé ? Eh bien, elle n'avait pas réfléchi, c'était en fin de compte le cœur du problème. Elle n'avait pas réfléchi parce qu'elle était beaucoup trop occupée à l'embrasser ! À l'embrasser, à être bercée contre lui, à jouir quand il avait mis ses doigts en elle.
– Oh, mon dieu, dit–elle quand elle réalisa cet état de fait. En plus, il était sacrément doué.
Elle fut soudainement remplie d'un incroyable sentiment de triomphe. Elle avait affronté le malveillant Maître des Potions et avait suscité la passion. Elle avait provoqué chez lui une façon de réagir qu'elle n'aurait jamais cru possible. Durant tout le temps qu'elle avait été à Poudlard, il n'y avait jamais eu la moindre rumeur qui disait que Snape avait une liaison, une femme ou même une pensée humaine. Il aurait pu être puceau pour ce qu'elle en savait, quoique l'idée semblât absurde. Il savait où mettre ses doigts, il connaissait exactement les bons endroits et les avait adroitement trouvés alors il devait avoir de l'expérience. Il lui avait parlé comme à une étudiante qui n'était pas idiote et elle l'avait fait rire ! Pour tout ça, elle ressentit toute la fierté d'un roi conquérant. Il était comme un pays qu'elle avait envahi et gagné.
Mais il s'était ressaisi et, à la fin, il l'avait laissée là.
Mais il lui avait donné plus qu'il ne l'avait voulu.
Elle sourit au souvenir de ses lèvres contre sa gorge et de la façon dont il murmurait doucement contre la chair derrière son oreille, d'une voix chaude et érotique. Elle se sentait devenir moite d'excitation et rit à son propre choc. Elle était parvenue à faire l'impossible, elle était humide tout en pensant à Snape, deux choses qu'elle n'avait jamais cru pouvoir associer un jour.
oOo
Draco s'était bel et bien installé devant le feu, il avait déjà fini une bouteille de gin et il en était à la moitié de la deuxième quand Hermione, baignée et habillée, entra dans la salle commune. Elle l'examina silencieusement, remarquant la bouteille vide et une à moitié vide à côté de lui. Il ne semblait pas du tout saoul et c'était un peu effrayant. Il occupait toute la place devant le feu et par conséquent l'endroit même où elle avait prévu de s'installer avec ses devoirs d'Arithmancie. Il semblait qu'il avait sorti tous ses livres scolaires pour étudier et elle se demanda pourquoi il n'était pas en classe.
– Est–ce que tu dois vraiment occuper tout le plancher ? demanda–t–elle d'un ton irrité.
Il leva la tête. Il n'avait pas réalisé qu'elle était là. Il portait un T–shirt noir et un jean bleu décoloré elle n'aurait jamais parié qu'il avait en sa possession ces deux articles de vêtements, sans parler de les mettre. Il portait aussi des lunettes à fines montures de platine, étroitement ovales et manifestement coûteuses. Elle se demanda comment un sale type tel que lui pouvait avoir le physique de Draco Malfoy. Etait–ce une sorte de blague cosmique que quelqu'un d'aussi beau puisse être aussi mauvais ? On pouvait dire la même chose de son père, mais elle frémit à cette idée. Elle pouvait admettre que Draco était séduisant, mais elle préférait ne pas penser à Lucius Malfoy en ces termes.
– Je ne m'étais pas rendu compte que je n'étais pas seul, dit–il, en ne bougeant pas d'un pouce.
– Pourquoi t'es pas en cours ?
– Je pourrais te demander la même chose.
Elle traîna les pieds nerveusement.
– J'étais malade, rétorqua–t–elle sur la défensive, en croisant les bras sur sa poitrine.
– Oh, vraiment ? fit–il d'une voix traînante. Je croyais que tu t'étais évanouie ivre morte dans le couloir des Enchantements.
Elle pâlit. Est–ce que toute l'école savait ? Elle le fixa longuement et, pour couvrir son embarras, elle le bouscula.
– Pousse–toi, marmonna–t–elle, tu es en train de monopoliser la chaleur.
Il soupira de façon dramatique et se mit à déplacer ses livres et papiers. Elle s'assit avant qu'il n'ait une chance de finir, repoussant son travail du pied dangereusement près du feu il rassembla avec colère les papiers dans aucun ordre particulier. Sous prétexte de se rapprocher du feu, elle se déplaça encore plus près de lui, envahissant son espace personnel, plus par désir de le contrarier que par réelle attirance.
– Tu bois trop.
Elle indiqua la bouteille avec une moue désapprobatrice.
– Tu bois tellement que tu ne peux même plus te saouler.
– Eh bien, premièrement, tu peux parler Miss–j'ai–vomi–partout–dans–l'école–ce–matin et deuxièmement, je ne suis pas en train de me saouler parce qu'il semblerait que Snape ait trouvé mon stock et qu'il ait corsé tout ça avec une potion qui évapore l'alcool. Il n'y a pas assez d'alcool contenu là–dedans pour enivrer un elfe de maison.
Au nom de Snape, son intérêt augmenta.
– Pourquoi il ferait ça ?
– Sentiment mal placé d'obligation parentale.
Elle fronça les sourcils, cela n'avait pas de sens.
– Pourquoi tu bois encore ça, alors ?
– J'espère un effet placebo.
Il retourna son attention vers son étude, déterminé à l'ignorer et elle sauta sur l'occasion pour faire ce que beaucoup de filles dans l'école auraient aimé faire à sa place : elle avait vraiment une bonne vue sur lui. Il était aussi beau que Snape était laid. Bien sûr, elle était en cours de réévaluer la beauté de Snape mais la vieille comparaison sautait toujours à l'esprit. Il était mince, mais pas trop maigre. De solides bras émergeaient des manches de son T–shirt, il paraissait bâti d'une masse de longs muscles fins. Il semblait un peu débraillé ces jours–ci mais, en fait, ça lui allait mieux. Elle avait grandi avec lui et son allure parfaitement distinguée et raffinée maintenant qu'il s'était un peu relâché et s'était autorisé à avoir l'air plus naturel, il parvenait à faire palpiter de nombreux cœurs. Il était parti d'une beauté élégamment sculptée pour devenir un sex–symbol. Apparemment, certains élèves de 1ère et 2ème année avaient même fondé un fan–club. Colin lui en avait parlé. Ils lui avaient demandé s'il avait des photos de Draco et, par la suite, il avait ramassé un joli paquet en retirant d'anciennes photos de Quidditch du Serpentard.
Il se mit dans une position plus commode et elle admira la manière dont ses membres bougeaient, il semblait assez confortable d'être Draco Malfoy.
– T'as fini de me mater ? demanda–t–il après un moment.
– Je suis juste en train de profiter de l'occasion de bien te regarder, répondit–elle avec calme. D'habitude à cette proximité, tu me jettes un sortilège, je n'ai d'ordinaire pas la chance de pouvoir t'observer convenablement.
Il la surprit en riant.
– Tu aimes ce que tu vois ? s'enquit–il avant d'étirer ses bras théâtralement de façon à ce qu'elle puisse tout voir de lui.
– Pas mal, joli derrière.
– Merci, répondit–il en se souriant à lui–même. Maintenant arrête de me dévisager, tu me gênes.
– Toi ? se moqua–t–elle. Jamais !
Il rit en haussant les épaules et elle fut à nouveau surprise quand elle réalisa qu'il était un peu embarrassé. Les surprises ne cesseraient jamais. Pendant un moment, elle se demanda si elle s'était réveillée dans une espèce de réalité alternative où Snape était un dieu du sexe et où Malfoy était poli. Il était retourné à son livre de travail et était lentement en train de s'y réabsorber.
– Qu'est–ce que tu étudies ? demanda–t–elle avant qu'il n'y soit trop plongé.
– Métamorphoses, murmura–t–il, ne voulant pas être distrait davantage.
– Le cours était bien aujourd'hui ?
– Je ne sais pas, répondit–il, je n'y étais pas.
– Pourquoi tu n'y es pas allé ? Tu ne peux pas juste sécher un cours parce que tu en as envie.
Il posa le livre et lui jeta un regard furieux.
– Étant donné que ta propre excuse pour ne pas y aller était assez boiteuse, je ne pense pas que tu as le droit de faire des commentaires. Je n'ai jamais raté un cours parce que je m'étais saoulé la nuit d'avant.
Elle sentit son visage rosir.
– Je crois que nous avons tous constaté que j'ai mal agi, ma question était pourquoi toi, tu n'étais pas en classe aujourd'hui.
Il soupira, contrarié.
– Pas que ce soit tes affaires mais j'ai reçu une lettre du Ministère m'informant que ma mère était morte et je n'avais vraiment pas envie d'assister aux cours aujourd'hui. C'est une réponse satisfaisante ?
Elle blêmit en détournant les yeux. Elle se sentait affreuse.
– Je suis navrée, dit–elle. Je ne savais pas, je suis tellement désolée.
Il haussa les épaules.
– La vie est une chienne, elle est probablement mieux maintenant, de toute façon.
Il ne put retenir l'amertume de sa voix et il prit une autre gorgée de la bouteille de gin avant de retourner à son livre.
– Tu veux en parler ?
Il devint évident qu'il n'allait pas terminer quoi que ce soit tant qu'elle serait assise là. Il la regarda et se demanda pourquoi diable elle voulait parler avec lui, de toute façon.
– Maintenant, pourquoi une Sang–de–Bourbe comme toi se soucie de ce que je ressens au sujet de la mort de Mrs Malfoy ?
– Ne m'appelle pas comme ça, le pria–t–elle. Je n'ai rien fait pour te provoquer. Pourquoi est–ce que tu repousses les gens quand ils essaient de s'intéresser à toi ?
Il l'examina froidement
– Est–ce qu'il ne t'ait jamais venu à l'esprit que je pourrais ne pas vouloir que tu t'intéresses à moi ? Je n'ai aucun intérêt pour toi, tu n'es qu'une garce de Sang–de–Bourbe je–sais–tout qui pense qu'elle est la sorcière la plus intelligente qu'on ait vu depuis un siècle, tu es la meilleure amie de la Belette, qui, si tu ne l'avais pas remarqué, m'empoisonne l'existence.
– Tu as oublié Harry, dit–elle amèrement.
Harry.
Il répéta le nom presque de façon absente puis se reprit.
– Harry ne compte pas.
Hermione fronça les sourcils.
– Tu viens de l'appeler Harry ?
Draco rougit. La bouche de Hermione s'ouvrit en grand.
– Oh, fit–elle avant que la pleine implication ne la frappe. Oh !
– C'est pas ce que tu crois, nia–t–il rapidement.
– Okay.
Elle était un peu stupéfaite. Draco appréciait Harry. Draco appréciait vraiment Harry. Elle se demanda si Harry le savait. Elle était sacrément sûre que ce n'était pas le cas de Ron parce que s'il avait su, la nouvelle circulerait maintenant dans toute l'école et serait probablement imprimée sur des bannières longues de six mètres flottant au–dessus du terrain de Quidditch.
– Il… il a piqué mon intérêt.
– Oh ?
Allait–il parler ? Elle brûlait de curiosité. Harry avait–il vraiment fait quelque chose pour le provoquer ?
– Il…
Draco sourit mais il n'était pas vraiment avec elle à ce moment. C'était un sourire malicieux, lointain, provoqué par le souvenir de quelque chose. Il revint brusquement au présent et la regarda d'une manière anormalement amicale.
– Tu as déjà réussi les métamorphoses animales ? demanda–t–il soudainement en changeant de sujet de conversation.
– Umm, oh, umm.
Elle était un peu confuse et honteuse parce qu'elle brûlait d'entendre les ragots les plus infimes sur ce que Harry avait fait exactement pour pousser Draco à sourire comme ça.
– J'ai un peu essayé, mais sans succès, et toi ?
– Pareil. J'étais en train de réfléchir à la différence entre la métamorphose Animagus et la métamorphose animale et j'ai regardé dans le livre d'histoire comment tout cela a commencé. Parce que cette méthode était utilisée pour les duels, il y a des siècles…
– Vraiment ?
Elle était consternée, elle ne le savait pas. Elle détestait ne pas savoir.
– Oui, tu ne te rappelles pas ? L'histoire de Merlin et d'Agatha, ils se sont battus en duel, en se transformant eux–mêmes en divers animaux jusqu'à ce que Merlin dévore Agatha. Il y a eu un autre incident plus tard, quand Cerridwen et Gwion Bach firent la même chose. Cerridwen avait battu Gwion Bach quand il s'est transformé en grain. Elle s'est alors changée en poulet et l'a mangé.
– Donnant naissance à Taliesin.
– Exactement.
– Tu crois que tu peux faire ça ? Cela n'a pas été tenté depuis des siècles, nous ne savons même pas si ces histoires sont réelles.
Draco fit un large sourire, à fond dans le sujet, soudain content d'avoir quelqu'un qui comprenait de quoi il parlait.
– Oh, c'était vrai, c'est tout à fait possible de se métamorphoser en de multiples animaux, tu sais. C'est différent pour les Animagus. Ils se transforment entièrement en un seul animal, revêtent la plupart de ses attributs physiques et psychologiques et ils peuvent rester comme ça pendant une période indéfinie. Ils ne peuvent pas choisir l'animal qu'ils deviennent, c'est quelque chose d'enraciné dans leur personnalité ou ce sont leurs propres traits physiques qui déterminent la forme qu'ils prennent. Accomplir une métamorphose animale basique est différent, ça n'a pas besoin d'être parfait et on peut choisir ce qu'on devient. Cela ne dure pas au–delà de quelques courtes minutes mais c'est courant, surtout chez les Aurors. Le truc dans son utilisation pour le duel est que ça doit se faire très rapidement. On ne peut pas passer de l'animal à soi–même et ensuite à un autre animal, on doit passer directement d'un animal à un autre. Donc, disons que tu te transformes en poisson, tu dois utiliser le cerveau du poisson pour te métamorphoser en quelque chose d'autre, c'est là–dessus que repose l'astuce.
Hermione dévisagea Malfoy et pria Merlin pour que Harry ou Ron possèdent un jour le même mode de pensée.
– Tu as essayé ? demanda–t–elle.
– Oui, répondit–il à contrecœur. Mais avec un succès limité.
– Tu as été capable d'atteindre la forme animale ?
Une fois encore il semblait hésitant.
– Oui, mais ce n'est pas aussi bien.
– Tu n'as pas pu faire une transformation totale ?
– Oh, si. J'y travaille depuis quelques années maintenant et je peux faire une transformation totale. Le problème est que je suis parvenu à devenir un Animagus et à chaque fois que j'essaie de me métamorphoser, je deviens automatiquement cet animal et je ne peux pas en devenir un autre.
– Wouah !
Les yeux de Hermione étaient larges comme des soucoupes.
– Tu es un Animagus ! C'est tellement cool ! C'est quoi, ton animal ?
Il détourna les yeux mais sourit au fait qu'elle était impressionnée.
– Oh, allez, qu'est–ce que c'est ?
Il marmonna quelque chose en réponse.
– Excuse–moi ? Je n'ai pas compris.
Il marmonna à nouveau.
– Pardon ?
Il la regarda, exaspéré et rosissant.
– Une fouine, s'écria–t–il. Là, tu es satisfaite ? C'est une foutue fouine !
Elle le regarda fixement, sa bouche se retroussa en un sourire involontaire puis lentement, elle se mit à rire. Il gargouilla dans sa gorge et s'échappa, fort et aigu puis soudain il devint hystérique. Elle dut maintenir son ventre parce que ses côtes commençaient à lui faire mal.
– Oh….
Elle rit plus fort.
– Oh, mon dieu, reprit–t–elle. Est–ce qu'elle rebondit ?
Elle roula sur son dos et hurla de rire.
Il l'observa patiemment. Il fut un temps où il lui aurait déjà jeté un sort, mais il se surprit à être étrangement tolérant vis–à–vis de sa gaieté à ses dépens. Il travaillait sur son projet de métamorphose depuis des années maintenant et c'était la première fois qu'il pouvait vraiment en discuter avec quelqu'un. Même si Crabbe et Goyle avaient été un peu plus que les imbéciles que tout le monde pensait, ils ne lui avaient offert aucune stimulation intellectuelle et Pansy avait été plus intéressée par le contenu de son pantalon que par le contenu de son cerveau. Alors il la laissa rire, sachant bien qu'elle finirait par se calmer et – il l'espérait – lui offrirait une utile perspicacité.
– Je… dit–elle enfin, essayant de réprimer son rire. Oh, mon dieu, je suis désolée, c'est génial.
Elle essuya une larme de son œil.
– Je voudrais être capable de le faire.
– Je peux t'aider, offrit–il, les surprenant tous les deux. Si tu veux travailler avec moi. Je me dis qu'à nous deux, on pourrait trouver comment faire les transformations multiples.
Elle s'arrêta de rire et s'assit, son visage affichait un air d'excitation non dissimulé.
– Vraiment ? fit–elle.
Mais ensuite elle fronça les sourcils.
– Eh bien, peut–être pas. Je veux dire, je t'aiderai, mais je ne crois pas que j'essaierai la partie Animagus.
– Pourquoi pas ? Ça ne te fera pas mal.
– Eh bien, si tu es une fouine, je ne peux qu'imaginer en quoi je vais finir.
– Probablement la même chose que ton Patronus, c'est comment ça marche d'habitude.
– Oui, mais pas toujours. Mon Patronus est un ornithorynque.
– Ça sonne bien, je peux t'imaginer comme un ornithorynque.
– Ouais ? Eh bien, je peux m'imaginer finir en phacochère ou quelque chose comme ça.
Draco plissa son nez de dégoût.
– Pourquoi diable crois–tu que tu vas finir en phacochère ?
– Eh bien, je ne suis pas belle ni rien et tu as dis toi–même que tu deviens habituellement quelque chose qui est basé sur l'attribut physique.
– Tu trouves que tu ressembles à un phacochère ? Je crois que tu as regardé les armoiries de l'école pendant trop longtemps !
– Si j'étais un animal je ressemblerai probablement à un phacochère, insista–t–elle.
– Pourquoi ?
Il la regardait, incapable d'en croire ses oreilles.
– Oh, bien sûr, parce que tu es couverte de verrues [1], peut–être ? Bon dieu !
Il empoigna ses épaules et la secoua.
– Écoute.
Il prit brutalement son visage dans le creux d'une main.
– Je sais que j'ai été foutument horrible avec toi depuis des années, mais c'était plus parce que tu me surpassais en tout plutôt que parce que tu étais née de Moldus. Je ne le dirai qu'une seule fois et si tu répètes à quelqu'un que je l'ai dit, je le nierai. Tu n'es pas laide.
– Mais je ne suis pas belle non plus, répéta–t–elle à voix basse.
– Est–ce que tu dois l'être ?
Il sourit amèrement.
– Ça n'aide pas d'être beau, tu sais. Tu te ressembles, tu es une jolie fille, pas renversante, mais jolie. Un jour, tu rencontreras quelqu'un qui regardera la somme de tout ce que tu es et te trouvera irrésistible. C'est ce qui importe. Tu dois toujours te rappeler, nous valons plus que la chair brute avec laquelle nous sommes façonnés.
Elle l'embrassa. Elle ne put s'en empêcher. Elle n'arrivait pas à croire qu'elle faisait ça, mais elle le faisait. Il répondit pendant un instant, il se rapprocha, s'ouvrit au baiser jusqu'à ce que leurs langues se rencontrent brièvement puis ils se séparèrent.
Pendant quelques secondes ils regardèrent n'importe où sauf l'un vers l'autre jusqu'à ce que Draco sourie de façon puérile et dise :
– On n'aurait vraiment pas dû faire ça.
Elle rit nerveusement, gênée.
– Non, ce n'était pas la chose la plus intelligente que j'ai faite.
– C'était plutôt agréable malgré tout, dit–il.
– Ouais, plutôt.
Ils se regardèrent réciproquement et soudainement éclatèrent de rire.
– Tu sais, dit–il en riant tout bas, si tu avais fais ça hier, je t'aurais baisée sur le champ.
– Ouais, sourit–elle. Hier, je t'aurais sans doute laissé faire.
Elle le bouscula gentiment.
– Donc, tu n'es pas gay ?
– Eh bien, disons juste que j'estime que je peux faire bénéficier les deux sexes du plaisir de ma compagnie.
– Tu aimes bien Harry ?
Il fronça les sourcils vers elle.
– Sujet interdit, dit–il.
– Tu disais qu'il avait piqué ton intérêt.
– Peut–être.
Il sourit.
– Comment ?
Draco rit vers elle et la bouscula en retour.
– Maintenant ça serait révélateur.
– Oh, allez.
Elle le poussa à nouveau.
– Nous venons de partager un moment intime, tu peux officiellement tout me dire.
– Vraiment ? la défia–t–il. Eh bien, je te le dirai si tu me dis qui t'as fait le gros suçon sur ton cou.
Ses mains volèrent vers sa gorge. Elle avait un suçon ? Oh, mon dieu, pourquoi n'avait–elle pas regardé dans le miroir ? Draco était en train de rire aussi fort à sa réaction qu'elle avait fait quand il lui avait dit au sujet de la fouine.
– Je… je… je ne peux pas te le dire, bredouilla–t–elle.
– Oh ? rit–il. Allez, nous venons de partager un moment intime, tu peux officiellement tout me dire.
– Espèce de salaud !
Elle riait maintenant aussi. Elle se pencha vers lui et elle embrassa sa joue.
– Je ne te dirai rien, chuchota–t–elle.
Il n'eut pas la chance de répondre en riant, parce que Harry choisit ce moment pour franchir la porte avec Ron.
A suivre…
NdT :
[1] jeu de mot entre wart, verrue et warthog, phacochère.
Voilà, merci d'avoir lu jusque-là. J'attends vos commentaires.
Bisous.
Falyla
