Titre : Objects of Desire
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Auteure : Azrael Geffen
Traductrice : falyla
Correcteurs : falyla/Florent
Paring : Harry Potter/Draco Malfoy Hermione Granger/Severus Snape
Rating : M/NC-17
Etat de fic originel : terminée (20 chapitres divisés en 59 parties)
Etat de la traduction : terminée
Disclaimer: Les personnages appartiennent à l'univers de JK Rowling, l'intrigue est à Azrael Geffen, avec son aimable autorisation.
Warning : slash, scènes de sexe très graphiques, torture, viol, meurtre, tentative de suicide, drogue, abus d'alcool, langage cru.
Site : à cause des thèmes abordés, je ne sais pas si cette fic sera autorisée à rester sur FFnet, je la publie donc en parallèle sur AO3 sous le même pseudo.
Mise en ligne : sauf contretemps inattendu, le lundi, le mercredi et le vendredi.
Résumé : Après la fin de la guerre, Harry, Ron et Hermione décident de revenir à Poudlard pour obtenir leurs ASPICs. Avant la rentrée, lors d'une soirée très avinée, ils établissent et signent un pacte magique où ils s'engagent à perdre leur virginité pendant cette 8ème année.
Note de la traductrice : Un grand merci à toutes celles (et ceux ?) qui ont pris le temps de me laisser un message pour m'encourager ou me donner leurs impressions sur l'évolution de cette histoire. C'est très gentil et j'apprécie.
Bonne lecture.
Objects of Desire
Chapitre 6 (1ère partie)
Corrosion
« Seuls les morts ont vu la fin de la guerre »– PLATON
L'air semblait avoir l'épaisse consistance de la mélasse. Severus Snape essayait de clarifier ses pensées tandis qu'il abaissait sa main sur le corps de la jeune femme étendue au–dessous de lui. Elle haleta ce ne fut qu'infime accroc de sa respiration, mais ce fut suffisant pour le rendre fou. Elle arqua son dos pour le rencontrer, ses petits seins, couronnés de doux mamelons roses lui étaient offerts et il pencha sa tête pour les embrasser chacun à leur tour, suçant doucement la chair tendue. Leurs mouvements étaient lents, trop lents, comme s'ils étaient partiellement ralentis par une quelconque drogue hallucinatoire. À ce moment–là, d'une manière ou d'une autre, des êtres merveilleux les rejoignirent, bien qu'il ignorât d'où ils étaient sortis ou même comment ils étaient arrivés là.
Elle poussa un cri, haleta et se contorsionna. Il la tira vers lui, trouva sa bouche avec la sienne et festoya sur ses lèvres merveilleusement gonflées. Elle avait le goût d'anis et de réglisse et sa langue impudique forçait son chemin dans sa bouche et commençait à explorer ses dents.
Embrassez–moi.
Je suis en train de vous embrasser.
Embrassez ma bouche.
Etait–ce un souvenir ? Oui, oui, c'était ça. Ils avaient bu, oui, durant toute la nuit. En étaient–ils arrivés à ça ? Oui, sans doute.
Il était en elle, il la baisait et elle le regardait, le sourire aguichant, les yeux mi–clos, son visage en forme de cœur renversé, sa bouche gonflée, légèrement entrouverte. Elle ne ressemblait pas à elle–même, elle ressemblait à une tentatrice impudique. Mais qui était–elle ? Elle était étroite à l'intérieur, une chaleur de vierge, mais il ne pouvait pas se rappeler être entré en elle ou comment ils l'avaient fait sur ce lit, des draps de satin emmêlés autour d'eux. L'air flottait autour d'eux. Il se sentait en apesanteur, pourtant il était ici, à l'intérieur de cette femme, la pénétrant, le pénis entouré par sa chaleur.
Il savait qui elle était.
Hermione.
Sa voix ne semblait rien de plus qu'un souffle d'air et elle ouvrit les yeux un peu plus grands et sourit du sourire d'une séductrice… Et elle releva ses hanches pour rencontrer ses poussées.
Il jouit durement en elle en d'abondants jets rapides qui menaçaient de ne jamais finir.
Et Severus Snape se réveilla.
Seul.
Il était absolument seul. Il ne pouvait même pas déceler la moindre trace d'une odeur autre que la sienne. Ses yeux inspectèrent la pièce, vérifiant les coins familiers. Il s'orienta et réalisa qu'en fait il était dans son propre lit, sur des draps en coton blanc tout frais, sous d'épaisses et chaudes couvertures. Par la fenêtre, il pouvait voir la lumière en train de disparaître du ciel et avec un sentiment déraisonnable de perte, il comprit qu'il avait dormi toute la journée.
Il devint bientôt conscient de la froide éjaculation figée dans son sous–vêtement et il plissa le nez tandis qu'une violente vague de dégoût le balayait. Avec ce dégoût, vinrent des flashs de souvenirs. Des souvenirs qui étaient peut–être une partie d'un rêve. C'était sûrement une partie d'un rêve. Ils avaient bu. Beaucoup trop bu. Le goût de l'absinthe sur la langue d'une femme. Son contact et son parfum.
Hermione.
Il s'assit droit comme un piquet dans le lit, à nouveau tout désorienté. Il avait rêvé qu'il était en train de coucher avec Hermione Granger ? Il y avait plus que ça. Il en était certain. Il avait fait quelque chose de terriblement mal mais ce qu'était précisément cette chose, il n'en avait aucune idée. Il se gratta distraitement l'estomac et fit courir une main dans ses cheveux graisseux avant de baisser les yeux sur le désordre qu'il avait fait.
Mais que diable portait–il ?
Il se demanda pendant un moment comment il était parvenu à se mettre au lit. Il se rappelait qu'il était allé au petit déjeuner – et avec honte, il se souvint qu'il était encore assurément très saoul à ce moment–là – et après ça, il s'était senti malade.
Il avait vomi. Vraiment vomi. Vomi partout et quelqu'un avait tiré sa tête hors de la cuvette des toilettes et l'avait nettoyé. Le son d'un rire intéressé se précipita dans son esprit. Minerva l'avait mis au lit.
Eh bien, ça expliquait le choix des vêtements. Elle avait, sans aucun doute, été très amusée. Il était habillé d'un T–shirt noir chiffonné qui portait l'inscription Baise–moi et épouse–moi tant que je suis jeune … un cadeau de Noël 1983 de Lucius Malfoy et ce qui ressemblait à un boxer en satin de Frosty le Bonhomme de Neige, rouge vif avec des bonhommes de neige blancs et beaucoup de houx… un autre cadeau de Noël, cette fois d'Albus Dumbledore, 1998. Il ne pouvait absolument pas se rappeler avoir jamais porté l'un ou l'autre dans sa vie. Et maintenant, il avait eu un orgasme en les portant.
Ressentant un lourd sentiment de honte que Minerva l'ait déshabillé – il n'était pas été assez en forme pour lutter contre ça – il balança ses longues jambes pâles hors du lit et traversa à petits pas la pièce en train de s'assombrir, en direction de la salle de bains. Il y avait un billet a attaché sur la porte avec un ruban adhésif.
« Cher Severus,
Je t'ai mis un remède contre la gueule de bois sur le lavabo, à côté de la baignoire. Si tu n'es pas debout vers cinq heures cet après–midi, je viendrai te réveiller. Je t'apporterai à dîner plus tard. S'il te plaît, rappelle–toi que le nouveau Maître des Sports arrive ce soir. Je veux que tu viennes à la salle des professeurs pour le rencontrer.
Minerva
PS : je ne t'ai pas vu nu depuis que j'ai dû aller te repêcher dans cet arbre, celui dans lequel James Potter t'avait abandonné, quand tu avais treize ans. Ça alors, tu as drôlement grandi. »
On pouvait faireconfiance à Minerva pour ajouter un commentaire comme celui–ci. Il se sentit vivement rougir. Il retira la note de la porte et la froissa en boule. Il avait oublié à propos du nouveau Maître des Sports. Il ne pouvait toujours pas croire qu'après toutes ces années, Bibine l'avait finalement annoncé. Elle était uniquement restée jusqu'à ce qu'on trouve un remplaçant convenable et comme Dumbledore ne pensait pas que Ludo Verpey était un remplaçant convenable, ils avaient attendu des mois. Tellement en fait, que Severus avait commencé à présumer que la vieille Bibine resterait.
Le remplaçant de Bibine arrivait ce soir et il avait promis qu'il irait le saluer. Severus grogna. Il rencontrerait ce pauvre imbécile bien assez tôt, pourquoi devait–il le faire ce soir ?
La potion anti–gueule de bois était en effet sur le lavabo à côté de la baignoire et, bien qu'il se sentît bien, il la but pour une sensation de bien–être supplémentaire. Il enleva le T–shirt choquant et le caleçon résolument collant et entra dans la douche. Aussitôt des jets d'eau très chauds l'arrosèrent et il soupira à un des quelques plaisirs que sa vie fournissait. Il aimait la plomberie de Poudlard. Il ferma les yeux pour jouir de la sensation mais la ligne de sa mâchoire, le tour de son nez et le gonflement sensuel de sa bouche envahirent ses pensées.
Hermione.
Son sexe se dressa en quelques secondes.
– Ce n'est qu'une enfant, Severus, ronchonna–t–il.
Mais, à la différence des autres fois quand cette chose même se produisait, il ne put pas pousser l'image hors de sa tête. Il sentit pendant un moment comme si, d'une manière ou d'une autre, il la connaissait intimement, il pouvait l'entendre rire, entendre sa voix dans sa tête – racontez–moi une histoire – sentir la façon dont son corps semblait s'emboîter dans la courbe du sien, la dureté de ses mamelons tendus, son étroite humidité.
Il avait mis ses doigts dans la jeune fille.
Oh, mon dieu, il l'avait fait ! Il l'avait touchée. Il l'avait fait jouir.
– Oh, putain, non !
Il resta complètement immobile sous le jet continu d'eau chaude pendant un très long moment. Il n'était pas prêt à fermer les yeux, à moins d'apercevoir une fois encore ce qui lui était expressément interdit. Il se tenait là, bouche ouverte, désespérément en érection et les yeux grands ouverts. Il ne pouvait pas avoir fait ça. Il ne voulait pas. Il ne pouvait pas !
Mais il l'avait fait et il savait qu'il l'avait fait, à cause de tous les regrets du petit déjeuner qui lui revenaient avec la clarté du cristal. C'était mal. C'était très, très mal. Puis d'autres pensées lui vinrent. Avait–elle aimé ça ? Lui avait–il donné assez de plaisir ? Est–ce qu'elle se réveillerait et souhaiterait que sa vie soit finie quand elle réaliserait qu'elle avait embrassé son répugnant Maître des Potions ? Essaierait–elle de se pendre quand elle réaliserait qu'il avait mis ses doigts en elle ?
Son pénis était en train d'exiger qu'il fasse attention à lui, refusant de revenir à son état normalement flasque sans une sorte de libération. À contrecœur – bien qu'il en frissonnât d'anticipation – il descendit sa main, enroula ses doigts autour de son sexe et commença à se caresser rudement, en se représentant son visage tandis qu'il s'amenait lui–même à son second orgasme de la journée.
oOo
Harry avait, exactement comme il l'avait craint, été associé avec Ginny pour le duel. En tant que tel, il n'avait rien appris du tout aujourd'hui. Ginny l'avait fixé avec les mêmes yeux blessés dont elle s'était servie l'année précédente et dardait sur lui son pire regard. Il avait, bien sûr, facilement dévié tout ce qu'elle essayait et ne lui avait rien renvoyé de sérieux. Le fait était, constata–t–il, que sans Draco, le duel était incroyablement ennuyeux.
Ce n'était pas la faute de Ginny. C'était une duelliste raisonnablement habile. Mais il y avait une différence entre le duel et le combat. Harry avait été entraîné par Dumbledore à se battre, à combattre jusqu'à la mort. Draco avait été entraîné par Lucius Malfoy à se battre, à combattre jusqu'à la mort. Nul n'avait besoin d'être un génie pour comprendre qu'ils étaient de parfaits partenaires d'entraînement. Il constata lui–même que ça le démangeait de lancer avec force quelque chose de vraiment mauvais sur Ginny, n'importe quoi, juste pour le fun. Il savait aussi qu'il n'y avait pas moyen qu'elle fut capable de dévier la moitié de ce qu'il pouvait lui lancer, aussi se la joua–t–il tranquille, en réprimant un bâillement. Il aurait pu, décida–t–il, lire un livre et encore en sortir vainqueur.
Alors, quand il eut terminé la Défense contre les Forces du Mal ce jour–là, assez peu satisfait, Harry déclina l'idée d'aller regarder les Gryffondor jouer au Quidditch afin de retourner à la tour pour étudier. C'était tout ce qu'il semblait faire ces jours–ci. Etudier. Il se demandait si c'était ça d'être comme Hermione et décida qu'elle devait avoir une existence plutôt terne. Lui, il avait besoin que les choses bougent, de quelque chose qui insufflait une petite étincelle à sa vie. Peut–être que c'était pourquoi il avait jeté sa prudence au vent et avait embrassé Draco. Ou alors, il n'avait fait que prouver sa propre idiotie.
Regarder l'entraînement des Gryffondor ne servirait qu'à souligner le fait qu'il ne pouvait plus jouer et de toute façon, les Serpentard étaient en train de leur botter le cul, cette année. Ron était d'accord avec le sentiment de Harry et ils s'étaient dirigés tous les deux vers la tour. Ron avait une sorte de rendez–vous avec une femme mystère dont il ne voulait pas divulguer le nom, Harry supposait donc qu'il la connaissait. Il semblait assez enthousiaste de s'y préparer et donc ils étaient retournés à la tour dès que les cours s'étaient terminés, pour changer de robes et se préparer pour le dîner afin que Ron puisse partir pour satisfaire les termes du contrat.
Toutes les pensées de Draco et les voix sombres qui remplissaient souvent sa tête furent bannies pendant un court moment et Harry était content de se promener dans les couloirs avec Ron dans une sympathique camaraderie – comme s'ils étaient gosses à nouveau et qu'ils n'avaient pas atteints ce stade de jeune adulte où ils remarquaient au centuple les fautes de l'un et de l'autre, tout en essayant désespérément de les ignorer. Tout allait bien jusqu'à ce qu'ils entrent dans la salle commune.
Draco s'éloignait de Hermione comme si elle l'avait brûlé et ils se tournèrent tous les deux pour faire face à Harry et Ron, leurs visages figés de culpabilité, Hermione affichait à la perfection l'expression du cerf surpris par des phares. La bouche de Ron essaya de s'ouvrir et se fermer, tandis qu'il luttait pour parler mais le choc se mua rapidement en colère.
Draco avait l'air modérément embarrassé et coupable, il ne regardait pas Ron ou Hermione. Il était en train de regarder Harry avec un certain intérêt, se demandant exactement quelle serait sa réaction. Harry les regardait fixement en retour, ses yeux vacillant de Draco à Hermione et inversement, essayant de traiter avec ce qu'il avait vu. Hermione avait embrassé Draco, mais toute sa chevelure avait dissimulé là où elle l'avait embrassé. Est–ce que ça avait été sa joue ? Seigneur, faites que ce soit sa joue ! Un gros nœud se forma dans le creux du ventre de Harry, il commença à se tordre, il s'enroulait à lui faire mal. Ses propres incertitudes lui disaient qu'elle avait embrassé la bouche de Draco. Il s'était rongé les sangs pour Draco toute la journée et maintenant, il le trouvait ici avec sa meilleure amie, sa future ex–amie.
Ron recouvra sa voix.
– Nom de dieu, qu'est–ce qui se passe, bordel ?
Sa voix semblait lointaine et caverneuse pour Harry. À quoi est–ce qu'ils étaient en train de rire, pourquoi avaient–ils ri tandis qu'ils s'embrassaient ? Elle s'était penchée, elle avait mis sa main sur son épaule et elle l'avait embrassé – sur la joue ? La bouche ? – et elle avait chuchoté quelque chose. Qu'avait–elle chuchoté ? De quoi ils étaient en train de rire ?
– C'est lui ? demanda Ron à Hermione. C'est avec lui que tu étais la nuit dernière ? Cette petite merde ?
– De quoi est–ce que tu parles ?
La voix de Hermione sonnait aiguë et confuse. Il y a une minute, elle riait, maintenant, Ron était en train de lui crier dessus.
– Le contrat, jeta Ron. Tu as fait un boulot formidable, tu devrais aller vérifier ça. Il nous raconte quand tu as fait l'imbécile avec quelqu'un, pas que le putain de gros suçon sur ton cou nous dise le contraire !
La main de Hermione vola à son cou et elle commença à bredouiller une réponse qui fut perdue pour Harry et Ron. Harry pâlit comme s'il avait été vidé de son sang. Est–ce que c'était Draco qui était avec Hermione la nuit dernière ? Avait–elle été là, quelque part dans la pièce, témoin du baiser insensé de Harry ? Était–ce de cela qu'ils étaient en train de rire ? Étaient–ils en train de rire de lui ?
– Je n'arrive pas à croire que tu aies des goûts pareils, cracha Ron. Après Krum, j'ai su que tu appréciais les mauvais garçons, mais c'est ridicule. Tu laisses ce putain de rebut de l'humanité te toucher ! Je ne pensais pas que tu allais t'enfoncer dans le caniveau juste pour honorer le pacte.
Hermione jeta un regard sinistre et furieux à Ron et fit la pire chose qu'elle pouvait faire dans ces circonstances.
– Ne le traite pas de rebut de l'humanité, Ron, il ne t'a rien fait.
Alors que Draco était surpris que Hermione tienne tête à Ron pour lui, ses mots semblaient confirmer le pire pour ses amis. Harry les regarda tous deux avec horreur.
– Elle était là ? demanda soudainement Harry, coupant Ron à mi–phrase.
– Tu te fais de fausses idées, répondit Draco avec calme.
– ELLE ÉTAIT LÀ ? beugla Harry.
– J'étais où ?
Hermione était presque suppliante, effrayée par l'expression sur le visage de Harry et le volume de sa voix. Elle se demanda pendant un moment si c'était ce à quoi il ressemblait quand il s'était tourné vers Voldemort dans cette bataille finale, elle n'aurait pas été surprise que ce fût ça.
Harry se tourna vers elle, les yeux étincelant de pure haine.
– C'était amusant ? exigea–t–il de savoir. T'étais cachée où ? Tu as ri un bon coup quand je suis parti ?
– H–H–Harry, tu as tout faux. Nous étions en train de parler de travail scolaire, de métamorphose, je le jure…
Elle était au bord des larmes, elle ne savait pas ce qu'elle pouvait dire pour arranger ça.
– De métamorphose ?
Ron rit désagréablement.
– Tu as parlé de métamorphose avec moi pendant des années et tu ne m'as jamais embrassé pour ça.
– Peut–être parce que tu n'es qu'un crétin à face de belette, répliqua Draco.
Il prenait un plaisir absolu à voir ça. Il n'avait jamais été là auparavant pour voir les trois se disputer et Harry était aussi jaloux que le péché… ce qui mettait vraiment Draco dans une très bonne position. Il ne pouvait pas s'empêcher de sourire d'un air supérieur.
– Je n'étais pas en train de te parler, la Fouine, siffla Ron.
Draco garda son sourire suffisant sur son visage et haussa les épaules. Hermione se tourna désespérément vers Harry, il était d'habitude le plus raisonnable des deux et elle espérait que sa rationalité prévaudrait maintenant.
– Draco me demandait qui m'avait fait ce suçon, nous en avons ri et je lui ai dit que je lui raconterai. C'est tout, c'est vraiment tout.
Ses espoirs étaient vains.
– Oh ?
Les yeux de Harry se rétrécirent.
– Je croyais que vous étiez en train de discuter de métamorphose ?
– C'était le cas, s'écria–t–elle inutilement.
– PUTAIN, NE ME MENS PAS !
Hermione s'éloigna de Harry qui semblait maintenant être la rage personnifiée. Il n'y avait rien du raisonnable Harry en lui à présent.
– Non, dit–elle, les larmes brûlant ses yeux, je ne suis pas en train de te mentir.
– Elle n'était pas là, Harry.
Draco était toujours paisible, toujours souriant.
– Tu vois le problème à l'envers, rien ne s'est passé, tu vas seulement te couvrir de ridicule si tu continues ça.
– CASSE–TOI !
Harry donna un coup dans la poitrine de Draco.
– MAIS BORDEL, BARRE–TOI, PETIT MERDEUX !
Draco rit.
– Harry, dit–il.
– CASSE–TOI !
Draco haussa les épaules et se tourna vers Hermione.
– Je te parlerai au sujet du duel demain.
Il émit un ricanement en direction de Ron et Harry qui s'était hérissé de colère.
– N'essaie même pas de le raisonner, lui conseilla–t–il en désignant Harry. Laisse–le se calmer et cesser d'agir comme un stupide petit garçon.
– Connard, siffla Harry.
Il sortit sa baguette et la pointa sur Draco. Draco ne recula pas, il ne sortit pas sa propre baguette, il regarda simplement la masse tremblante de furie qu'était Harry et haussa un sourcil.
– Qu'est–ce que tu vas faire, Harry ? demanda–t–il d'une voix traînante, tu vas me jeter un sort parce que j'ai peut–être ou peut–être pas embrassé une de tes amies ?
Harry ne dit rien pendant un moment, parce qu'en vérité, pendant un moment, il ne put rien dire du tout puis finalement il cracha :
– T'es qu'une ordure, Malfoy. T'es rien d'autre que le fils répugnant du salaud répugnant qu'est ton père qui mérite tout ce qui lui arrive. Tu la retouches plus, tu souilles aucun de mes amis en les touchant.
Le sourire revint sur le visage de Draco, rendant Harry encore plus furieux.
– D'accord alors, dit–il. Je ne reposerai plus jamais un seul doigt sur toi ou tes amis.
– Bien.
C'était Ron maintenant.
– J'aurais détesté devoir laisser tomber un ami parce qu'il était contaminé par une saleté comme toi.
Le sourire de Draco se tordit en un sourire malveillant et positivement diabolique.
– Vraiment ? Eh bien, si c'est ce que tu fais quand je les touche, tu devras renier ta sœur alors, hein ? Je dois dire qu'elle n'était pas un si mauvais coup étant donné la famille qui l'a élevée, mais je suppose qu'elle aura une fabuleuse carrière devant elle, tu ne crois pas ?
Avec ça, il quitta sagement la pièce avant que Ron puisse recouvrer assez de ses sens pour lui jeter un sort.
oOo
Contrairement à l'opinion populaire de l'école, Snape non seulement se baignait mais il lavait aussi ses cheveux. D'implacables moqueries dans sa jeunesse lui avaient fait développer une fixation presque fanatique pour l'hygiène personnelle et il était remarquablement propre. Malheureusement, ses cheveux et sa peau se moquaient réellement de ce qu'il faisait et en dépit de ses traitements réguliers, ses cheveux semblaient gras, ils en avaient toujours l'air. Quelqu'un qui en réalité était assez proche de lui certifierait qu'il ne sentait certainement pas mauvais, en fait, il sentait réellement très bon. Minerva l'avait convaincu, quelques années auparavant, de faire un parfum pour elle, basé sur le fait qu'il faisait le sien avec un si incroyable talent. Si tout le reste échouait, il pouvait toujours se mettre au commerce du parfum… L'idée l'horrifiait, mais il pouvait toujours y avoir recours.
Au fil des ans, il avait résisté à toutes les tentatives de gens bien intentionnés qui voulaient corriger ses imperfections physiques. Certes, il était obsédé par la propreté mais il refusait carrément de s'assujettir à une myriade de potions qui le ferait paraître mieux qu'il n'était. L'idée même lui rappelait de si repoussants dandies, tel que Gilderoy Lockhart et il affirmait souvent que s'il commençait avec toutes ses bêtises, les robes lilas ne seraient pas si lointaines. Il frissonna à cette idée. Il avait l'air menaçant, il était effrayant, il aimait ça de toute façon. Il n'avait jamais été beau et cela ne le dérangeait pas.
Aussi pourquoi était–il en train de penser à ça maintenant ?
Hermione. Mon dieu, à quoi avait–il pensé ? Ou peut–être qu'il n'avait pas réfléchi et c'était pourquoi il était dans cette fâcheuse situation. La balle était très nettement dans le camp de la jeune fille parce qu'elle pouvait le mettre dehors de Poudlard d'un simple mot au directeur. Il avait deux options. Il pouvait se montrer, de façon écœurante, gentil avec elle, peut–être même offrir de lui donner des notes parfaites pour ses ASPICs… Par l'enfer, il donnerait même à Potter des notes parfaites pour ses ASPICs… si elle se taisait. Mais ce n'était pas dans sa nature de faire ça et il soupçonnait qu'elle ne l'accepterait pas non plus. Donc la seconde option était de la menacer pour qu'elle ne parle pas. Il pouvait le faire. C'était un professionnel aguerri de l'intimidation.
Sauf qu'il ne voulait pas l'intimider. Le fait était qu'elle avait éveillé quelque chose de longtemps endormi en lui. Le désir. Le désir pour une femme. Le désir de rendre quelqu'un heureux et d'être heureux soi–même. Avec cette fille, cependant, il ne pourrait jamais avoir ça. Elle était son étudiante, elle était trop jeune, elle était inexpérimentée de toutes les façons du monde. Ce n'était qu'une petite Gryffondor je–sais–tout, c'était la meilleure amie de ce morveux de Potter et elle avait fait de sa vie un enfer durant sept ans et quelques. Eh bien, ce n'était pas entièrement vrai, elle n'avait pas fait de sa vie un enfer en tant que tel. Si quelqu'un était coupable de ce crime c'était probablement lui–même… ou au moins Potter.
Son plus grand souci était qu'elle se réveillerait, réaliserait ce qui s'était passé et déciderait que la vie ne vaudrait plus la peine d'être vécue. Il n'avait pas eu de relation sexuelle depuis à peu près dix ans et c'était vraisemblablement parce que la dernière fois était si épouvantable qu'il ne pouvait pas se motiver à le refaire. Il avait, sur les pressions d'un ami, visité un bordel local. Seulement pour choisir une fille qui se trouva être une ancienne élève – et si on y réfléchissait vraiment, toutes les jeunes femmes du bordel de Pré–au–Lard, ou même de n'importe où en Angleterre, devaient être des anciennes étudiantes de Poudlard. Ça l'avait tellement traumatisée de devoir baiser le professeur Snape qu'il était encore en train de payer pour sa thérapie.
Oh, mon dieu, ne la laissez pas penser que je l'ai forcée.
C'était l'autre problème. Et si elle pensait sincèrement qu'il l'avait forcée ? Ce n'était pas le cas, il en était sûr mais les preuves n'étaient pas bonnes. Ils étaient enfermés dans sa réserve privée, buvant sa planque personnelle d'absinthe extrêmement forte.
Il se regarda dans le miroir, un bon miroir moldu qui n'émettait aucun commentaire sur son apparence, sa personnalité ou son comportement et il souhaita pour la première fois depuis son enfance être une meilleure personne. Il balaya ensuite cette pensée, se regarda d'un air menaçant et se redressa de toute sa taille.
Se sentant davantage comme il était habituellement, il marcha d'un air majestueux à travers sa chambre pour enfiler ses robes et se prépara à partir. Il savait qu'il allait souffrir pendant le dîner parce que Minerva rirait à ses dépens. Avant qu'il n'atteigne la porte, il vit une lettre posée sur sa table de chevet. S'y rendant rapidement, il examina le lourd parchemin crème. Le sceau représentait un M orné enlacé dans un enchevêtrement de roses. Il ouvrit la lettre et lut son contenu. Puis il s'effondra dans une chaise à côté de sa cheminée vide.
Narcissa était morte.
oOo
– Ginny ? répéta Ron, sous le choc.
– Il était sans doute juste en train de déconner, suggéra Hermione, tentant de rassurer Ron en dépit du fait qu'il était si furieux contre elle qu'il voulait la voir pourrir en enfer.
– Ginny ?
Il n'arrivait pas le croire.
– Il a seulement dit ça pour t'atteindre.
– Ginny ?
Harry se retourna vers Hermione, sa baguette dangereusement près de son visage.
– Alors qu'est–ce qui s'est passé ? demanda–t–il, essayant de contrôler sa voix, essayant de se calmer.
– Rien, Harry, honnêtement, il ne s'est rien passé.
– Alors avec qui tu étais la nuit dernière, si ce n'était pas lui ?
Elle chercha une réponse.
– Ginny ? répéta encore Ron, toujours sous le choc de la révélation.
– LA FERME ! hurla Harry à son ami, qui instantanément revint brusquement à ses sens.
– Putain, je vais la tuer ! déclara Ron.
Harry roula ses yeux et frappa du pied impatiemment.
– Tu dois pas te préparer pour un rendez–vous ou quelque chose ?
Ron regarda Harry, choqué par le ton et décida que c'était mieux de tirer sa révérence sur cette dispute.
– Ouais, confirma–t–il en lançant à Hermione un regard mauvais. Je tuerai Ginny demain. Tu ferais mieux d'espérer que je ne te tue pas.
Ce fut maintenant au tour de Hermione de rouler ses yeux, comme si Ron allait tuer quelqu'un. Ron lança à Harry un regard encourageant, espérant s'assurer que Harry continuerait à réprimander Hermione pour avoir commis l'impardonnable avec une personne inconcevable et il disparut dans sa chambre pour se changer.
Harry regarda furieusement Hermione.
– Alors ? questionna–t–il, c'était qui ?
– Rien ne s'est passé, dit–elle calmement.
– Avec qui tu étais ? redemanda Harry, entêté.
– Pas avec Draco Malfoy.
– Alors qui ?
Sa colère était à nouveau en train de monter, elle pouvait l'entendre dans sa voix et le fait qu'il était redevenu rouge.
– Personne d'important.
– Nom de dieu, tu vas me dire qui c'était ou je te jure que je vais faire quelque chose que je regretterai plus tard.
Elle frissonna, sa bouche s'assécha et d'une voix étranglée, elle lâcha :
– Snape.
– PUTAIN, NE ME MENS PAS !
Il la frappa. Fort. Il la cogna sur le côté avec une telle force que sa tête claqua contre la cheminée et elle tomba lourdement par terre, choquée. Des larmes coulèrent le long de son visage avant même qu'elle réalise qu'elle était en train de pleurer et, pendant un moment, elle ne put pas bouger la douleur envahissait chaque partie de son crâne et elle s'assit là, incapable de croire qu'il l'avait frappée.
Harry sentit la colère le quitter et fut instantanément remplacée par l'horreur de ce qu'il avait fait. Il tendit la main vers elle.
– Oh, mon Dieu, 'Mione, je suis tellement désolé.
Elle le regarda avec de grands yeux et recula loin de son contact, l'expression facilement reconnaissable de peur inscrite sur tous ses traits.
– J'ai une retenue, sanglota–t–elle. Je dois me préparer.
– 'Mione, je suis désolé.
Elle se mit sur ses pieds et s'enfuit de la pièce.
oOo
– Comme vous pouvez le voir, Monsieur le Ministre, la collection est très belle, vraiment très belle.
Cornelius Fudge regarda le conservateur Archibald Semeuse et il pensa immédiatement à Barty Croupton. Pas tant par son apparence, mais par la méticulosité de sa personne. Cet homme semblait capable de repérer même le plus petit, le plus insignifiant morceau de peluche sur ses robes. Ses robes étaient repassées de très près. En regardant attentivement, Fudge pouvait voir que chaque pli avait un parfait faux pli enfoncé.
Fudge hocha la tête.
– C'est impressionnant, Conservateur, l'entrée est excellente. La collection d'objets rares de magie noire qui conduit aux Mangemorts est très habile.
Son regard se tourna nerveusement vers les Mangemorts dans leurs vitrines de verre.
– Bonté divine, ils sont effrayants, n'est–ce pas ?
Il rit pour cacher le frisson qui courait le long de sa colonne vertébrale.
Ses yeux passèrent d'un Mangemort à l'autre puis Fudge se faufila plus près de la vitrine renfermant Lucius Malfoy et le dévisagea ouvertement. Combien de pots–de–vin avait–il reçus de cet homme ? Combien de contributions Malfoy avait–il faites pour sa campagne ? Fudge sourit, dans le cas de Malfoy, le silence était d'or. Malfoy semblait maigre et pâle. Là où les autres Mangemorts regardaient fixement, aveuglément et semblaient presque en paix, Malfoy avait de sombres taches sous les yeux. En regardant dans ses yeux, Fudge fut effrayé. Ses iris ne ressemblaient pas à ces choses vitreuses et mortes, comme des billes de marbre, qu'il y avait dans les têtes des autres. Les yeux de Malfoy étaient clairs, inquiets et intelligents. Il frissonna à nouveau, c'était sans doute parce que les yeux de Malfoy étaient gris, la couleur d'un ciel orageux, peut–être que c'était la raison pour laquelle il n'avait pas l'air aussi mal que les autres, dont les yeux étaient autrefois plus clairs ou plus foncés.
– Ils bougent ? demanda Fudge au conservateur.
– Parfois.
Semeuse rejoignit le Ministre, plus qu'heureux de parler de son spécimen préféré.
– C'est très rare, parfois, il s'agit simplement de fermer leurs yeux pour dormir.
– Donc, ils ne parlent jamais ?
– Non, ils ne peuvent pas. C'est la nature du Baiser, Monsieur le Ministre.
Fudge sourit et regarda à nouveau vers Malfoy, considérablement soulagé mais toujours déconcerté par la clarté de ses pupilles.
– Vous les avez admirablement nettoyés, déclara–t–il en cachant son malaise. Peut–être un peu trop bien. Je ne sais pas comment les gens prendront le fait qu'ils aient l'air aussi bien.
– Je dois le concéder, quand j'ai commencé à enlever la saleté, je n'ai pas pu me reposer qu'une fois ma tâche achevée. Je pense que vous serez d'accord, j'ai trouvé des petits trésors.
Semeuse ronronnait presque, son regard se focalisait entièrement sur Malfoy.
Fudge regarda le conservateur étrangement. La salle devait l'impressionner et le conservateur parlait presque affectueusement des Mangemorts. Ils ressemblaient à des poupées de porcelaine surdimensionnées pour Fudge, qui ne pouvait pas supporter plus longtemps leurs yeux fixes. Il fronça les sourcils
– Des trésors ? Je suppose qu'on peut les appeler comme ça. Je crois réellement que nous devrions avancer jusqu'à la salle suivante, Conservateur.
Semeuse sourit légèrement et conduisit Fudge hors la Chambre des Mangemorts.
– Vous devez me pardonner, Monsieur le Ministre. Je ne les remarque pratiquement plus, mais je sais que vous vouliez qu'ils paraissent déconcertants et je crois que vous conviendrez que j'y ai réussi.
– Oui, certainement.
– Je dois admettre que je me perds dans les collections et pour moi, ce ne sont que des spécimens. Je sais que ça peut sembler terrible mais je dois dire qu'ils ne me font plus aucun effet. Ils sont comme morts et aussi fascinants que des momies.
Fudge acquiesça.
– Pour travailler si près d'eux, je suis sûr que vous pensez à eux de la bonne façon. Si vous vous appesantissez sur ce qu'ils étaient, vous pourrez trouver cela difficile de vous charger de l'exposition. Prenez Malfoy par exemple, c'était le bras droit du Seigneur des Ténèbres, vous le saviez ?
Semeuse sentit la colère et l'anxiété se lever.
– Non, dit–il. Je savais qu'il était important pour Lui, mais je ne savais pas quel rôle il jouait.
– Eh bien, c'était le pire. Une nature mauvaise. Le monde se porte mieux sans lui.
Semeuse obligea sa rage à diminuer. Plus tard, il descendrait son ange et le baignerait, laverait ses cheveux et verserait une potion de sommeil au fond de sa gorge. L'ange semblait fatigué, il avait besoin de dormir, il avait besoin de repos.
Fudge accéléra l'allure et donna l'impression d'être sur le point de se lancer dans un discours de campagne politique.
– Ici, au musée, poursuivit le Ministre, les Mangemorts peuvent être éducatifs, une histoire de mise en garde, si vous voulez, un avertissement. Dans cet état, ils peuvent rendre à la société ce qu'ils ont essayé de détruire.
S'emparant de l'opportunité avec son habituel impeccable timing, Semeuse dit d'un air pensif,
– Oui, Monsieur le Ministre, vous avez absolument raison, ce serait presque dommage d'y mettre fin.
– D'y mettre fin ? Je ne comprends pas ce que vous voulez dire.
– Après l'exposition, expliqua Semeuse. Je crois savoir que les spécimens seront rendus à leurs familles.
– Oui. Ou à Azkaban si leurs familles n'en veulent pas.
Fudge retourna à son habituelle personnalité joviale.
– Je dois vous dire, la majorité d'entre eux retournera à Azkaban, la plupart des familles ont sagement décidés qu'il valait mieux ne pas être associés avec cette… lie… de la société.
Semeuse sentit son courage prendre son essor.
– Eh bien, c'est un peu honteux. Je veux dire, ce sont tous des Sangs–Purs aussi bien que des criminels et ce serait une telle contribution si, au lieu de les renvoyer à Azkaban, vous les laissiez ici, comme faisant partie de la collection permanente.
– La collection permanente ?
Semeuse avait l'impression de mener un petit enfant à une conclusion inévitable.
– Oui, Monsieur le Ministre, ici au musée, nous nous enorgueillissons de l'excellence de notre collection permanente. Il n'y a aucun musée au monde qui ait une collection de Mangemorts ou de sorciers de Sang–Pur. Ce serait un gaspillage d'en avoir une en parfait état et la laisser pourrir à Azkaban. Pensez–y, Monsieur le Ministre, pensez aux générations futures que nous pourrons éduquer.
Fudge opina du chef.
– Oui, oui je vois.
C'était encore plus facile que Semeuse ne l'avait imaginé. Il avait craint de devoir utiliser l'Imperio et ne tenait pas vraiment à l'essayer sur le Ministre de la Magie en personne.
– Ce serait comme un testament pour vous, Monsieur le Ministre.
– Oh ? Comment cela ?
– Pensez donc, Cornélius Fudge, le Ministre qui a abattu le Seigneur des Ténèbres Voldemort et qui a soumis ses Mangemorts. Ce sera votre réussite et tout le monde pourra la constater.
Et ce fut scellé. Vous donnez au Ministre et non au jeune Potter le crédit d'avoir abattu le Seigneur des Ténèbres et vous le regardez accéder à toutes les demandes de Semeuse.
– Oui ! s'exclama Fudge, les yeux brillant d'excitation. Excellente idée, je vais prendre des dispositions immédiatement.
– Merci, merci, Monsieur le Ministre, vous êtes l'image même de la bienveillance.
Semeuse eut l'impression que sa peau allait se mettre à briller de triomphe. Il jeta un regard derrière lui dans la salle où il pouvait voir son ange baigné de lumière, il se languissait déjà de caresser la chair chaude.
– Bien sûr, Malfoy sera une perte, mais je suis certain de pouvoir en trouver un autre pour le remplacer.
Semeuse se figea.
– Monsieur le Ministre ? Malfoy, une perte ? Je croyais que vous disiez que les familles ne les voulaient pas ?
– Non, non. La plupart des familles n'en veulent pas. Mais j'ai bien peur que le fils de Malfoy ne veuille que son père lui soit retourné.
Un fils ? Son ange avait un fils qui voulait qu'il revienne ?
– Je vois.
Il se força à rester calme et regarda l'ange avec un douloureux sentiment de panique.
– Cela serait terriblement dommage, Monsieur le Ministre. Mr Malfoy est vraiment le chef-d'œuvre de cette collection. Comme vous l'avez dit vous–même, le bras droit de Voldemort.
– Eh bien, dit Fudge, le garçon est à Poudlard, peut–être qu'il pourrait se laisser convaincre. Ensuite, il y a toujours l'argent.
Fudge rit.
– L'argent a toujours été une chose que les Malfoy comprenaient.
Bien sûr ! Il n'y avait rien de plus facile. Le jeune Malfoy était à l'école, un enfant, facile à convaincre et le musée avait de l'argent qui pouvait être utilisé pour acquérir quelque chose d'aussi important, comme la pièce maîtresse d'une collection majeure. Les enfants étaient facilement influençables et Semeuse ne voyait rien de plus facile que de persuader un garçon qu'il n'avait vraiment pas besoin du fardeau d'un père Mangemort embrassé par un Détraqueur. Le regard du conservateur se fixa à nouveau sur l'ange dans son écrin de verre et il sourit à ses yeux gris.
oOo
Harry était assis dans la salle commune déserte, il se désolait sur son sort et se posait les questions qu'il avait évitées depuis des mois. Qu'était-il devenu exactement ? Qu'est–ce que Dumbledore avait fait de lui ? Il avait surpris tant de bribes de réflexions de gens passant près de lui. Des mots et des voix qui remplissaient sa tête. Il aurait dû mourir, il n'aurait jamais dû survivre, il aurait dû mourir comme c'était prévu. Ils avaient fait de lui leur arme et comme toutes les armes, il aurait dû être détruit une fois son utilisation terminée.
Ron l'avait traîné au dîner et l'avait soumis à une bonne heure de divagations au sujet de Hermione et à quel point elle était dégoûtante d'avoir touché Malfoy. Ron avait ensuite traqué Ginny et lui avait braillé dessus et si Ron n'avait pas eu ce rendez–vous, Harry était sûr que la dispute qui s'en était suivie aurait continué toute la nuit. Ils étaient ensuite retournés à la tour, Ron avait poursuivi son discours tout le long du chemin et Harry avait hoché la tête et acquiescé à tout ce qu'il disait. Oui, Malfoy n'était qu'un con répugnant à face de fouine. Non, il ne comprenait pas à quoi jouait Hermione. Oui, Malfoy était une horreur consanguine de sang pur. Non, il ne savait pas pourquoi Ginny avait rabaissé le nom de leur famille en couchant avec lui. Oui, Malfoy méritait de mourir d'une mort lente et douloureuse. Le laïus continuait sans fin.
Harry avait arrêté d'écouter, il continuait juste à opiner et à émettre des bruits d'approbation alors qu'il se demandait comment diable il avait pu se comporter de façon si stupide. Il avait embrassé Draco Malfoy et ensuite il avait frappé Hermione parce qu'elle avait fait la même chose. Son estomac lui faisait mal en pensant à la bouche de Hermione sur celle de Draco, faisant la même chose que lui la nuit dernière avec la langue de Draco. Il repoussa cette pensée aussi vite qu'il put. Harry l'avait frappée assez fort pour la faire tomber et il lui avait vraiment fait mal.
Ils furent de retour à la tour à temps pour voir Hermione se précipiter dehors pour sa retenue. Elle s'était arrêtée comme pour dire quelque chose mais elle s'était détourée rapidement avant de descendre.
– Traînée ! avait crié Ron après elle et elle se retourna encore une fois.
Harry empoigna Ron et le traîna dans la salle commune, il ne voulait pas voir son expression blessée plus longtemps.
Ron avait vérifié son reflet, froissé ses cheveux, aimé ce qu'il voyait puis était sorti pour son rendez–vous, en disant à Harry de ne pas l'attendre en lui adressant un clin d'œil salace. Harry avait souri malgré lui. Une fois parti, Harry resta seul avec ses pensées dans la tour désertée, des choses qu'il avait évitées comme un lâche. Autant pour le héros Gryffondor.
La sensation de sa main qui atteignait le visage de Hermione. Cette douleur cuisante contre sa paume, ce qui avait dû lui faire beaucoup plus mal. Pourquoi est–ce que ça avait été aussi bon ? Pourquoi était–ce si foutûment bon de frapper quelqu'un ? De lui faire mal ?
Qu'est–ce que je suis devenu ?
Une arme devait être démantelée, on ne devait pas autoriser toute cette puissance à suppurer.
Où avait–il entendu ça ? L'esprit de Molly Weasley. Mais elle l'aimait comme une mère. Non, la mère de Harry était morte, si sa mère avait été vivante, il ne serait pas devenu celui qu'il était.
Des voix familières remplirent sa tête. Il ne méritait pas d'avoir survécu. Il était censé mourir. Il ferma les yeux. C'était le produit de trop de nuits sans sommeil – et quand il dormait, c'étaient les rêves qu'il combattait. Il trouvait que c'était plus dur de les ignorer dernièrement. Peut–être qu'il avait toujours cru qu'ils avaient tort mais maintenant il avait frappé son amie et il avait aimé cette sensation. Toutes ces années, il s'était maintenu en vie et le froid y avait culminé. Il était une arme obsolète attendant d'exploser.
– Tu as terminé avec ton petit accès de colère, Potty ?
La voix traînante de Malfoy était inévitable mais Harry sursauta quand même.
– T'es qu'un immonde queutard, Malfoy, jeta Harry d'un ton cassant.
Draco haussa les épaules.
– Ne crois pas tout ce que tu entends, Potter.
Il rit de façon moqueuse.
– On se bat en duel ?
– Non.
Harry ne voulait rien de plus que de se battre en duel, il avait besoin de faire sortir un peu de l'agressivité qui s'était construite en lui, mais il ne voulait pas donner à Malfoy cette satisfaction.
– Je ne suis pas d'humeur.
Draco bailla et s'étira, dévoilant un éclat du ventre pâle qui avait rendu Harry fou deux ans auparavant et qui l'avait conduit sans aucun doute à ce gâchis actuel. Il eut un effet similaire à présent. Harry regardait fixement, paralysé, l'endroit où il avait vu l'éclair de ventre.
– Alors, ils sont où, tous ?
Draco étouffa un autre bâillement.
– Bibliothèque.
Harry retira à regret ses yeux de l'estomac de Draco pour jauger le paquet dans son entier. Il portait un T–shirt noir et un pantalon de pyjama noir porté bas. Ses pieds étaient nus. Harry sentit son sexe s'agiter et commencer à durcir.
– À étudier ?
– Oui.
Harry regarda exprès au–delà de Draco et se focalisa sur la cheminée soudainement fascinante.
– Alors, qu'est–ce que tu vas faire ? demanda Draco. Rester assis là toute la nuit en t'apitoyant sur ton sort parce que tu t'es comporté en parfait crétin cet après–midi ?
– Je ne me suis pas comporté en crétin cet après–midi ! grogna Harry sur la défensive. C'est toi qui étais assis là, à faire des mamours avec Hermione !
–À faire des mamours ?
Draco rit.
– Je ne crois pas que j'ai jamais fait de mamours de ma vie.
Harry rougit et ensuite sentit sa colère monter.
– Qu'est–ce que tu faisais avec elle, alors ?
Draco soupira.
– Exactement ce qu'on a dit qu'on faisait. On parlait. On était sur les métamorphoses et ensuite je l'ai interrogée sur le suçon, c'est tout.
– Alors pourquoi elle t'a embrassé ?
– Je ne sais pas ! Un signe d'affection peut–être ?
– Ce devait être une putain de conversation que vous avez eue.
Harry se détourna, en boudant.
– Cela a débarrassé sept ans de haine de vos entrailles.
Draco souleva un sourcil.
– Eh bien, ce n'est pas le baiser le plus surprenant que j'ai reçu ces dernières vingt–quatre heures, alors, je ne l'ai pas questionnée.
Harry rougit et regarda partout sauf Draco, il changea de sujet, sachant qu'il ne voulait pas vraiment.
– J'ai appris pour ta mère, dit–il.
Il le regretta quand il vit Draco se tendre et croiser ses bras de manière défensive.
– La Gazette du Sorcier l'a publié ?
– Ouais, confirma Harry à voix basse en observant un muscle tressauter sur la joue de Draco.
– Eh bien, dit–il d'une voix traînante avec un sarcasme forcé, elle a toujours aimé se retrouver dans les pages de société.
– Est–ce que ça te bouleverse ?
– Bien sûr que ça me bouleverse ! Qu'est–ce que tu veux que je fasse, que je fonde en larmes ?
– Je…
– Écoute, l'interrompit Draco, je ne veux pas vraiment parler de ma mère en ce moment, alors on peut laisser tomber ?
– Bien sûr.
– Bon.
Il regarda Harry et obligea son esprit à agir.
– Tu veux venir dans ma chambre ?
Harry regarda vivement vers lui, son esprit s'emballait.
– Pourquoi ? demanda–t–il rapidement, méfiant, presque craintif.
– Parler, se rouler des pelles, baiser, n'importe quoi.
Il se détourna de Harry, aux aguets.
– Quelqu'un vient, dit–il.
Harry écouta attentivement et entendit des pas grimper les escaliers de pierre.
– Si t'as envie de moi, je suis dans ma chambre.
Draco se tourna et s'éloigna. Après un moment, Harry le suivit.
oOo
Hermione réussit à arrêter le flot de larmes sur le chemin qui menait aux cachots. Elle était très angoissée d'être sur le point de voir l'homme avec qui elle avait passé la majeure partie de la nuit dernière, bercée contre son corps, les yeux et le nez rouges d'avoir pleuré. Harry l'avait giflée. Une partie de son esprit refusait toujours de le croire. La douleur engourdie en mémoire dans son crâne attestait que c'était vrai. Il l'avait giflée parce qu'il croyait qu'elle avait été avec Draco. Il avait continué à l'accuser d'avoir été quelque part, elle n'avait pas la moindre idée de où elle était censée avoir été, mais elle était certaine de ne pas y être allée.
C'était presque comme s'il était jaloux.
Presque ? C'était exactement comme s'il était jaloux ! Mais comment était–ce possible ? Harry n'était pas amoureux d'elle. Alors de qui était–il jaloux ? Draco ? Ce n'était pas possible. À moins que...
Non. Pas possible... A moins que…
Cela n'avait pas d'importance, de toute façon. Elle n'allait pas lui pardonner de l'avoir frappée.
Le froid des cachots la heurta comme une force physique. Elle vacilla un peu. Elle n'avait pas mangé depuis presque deux jours et sa tête lui faisait mal. Elle sentit une arrivée soudaine de nausée la balayer.
– Reprends–toi, ma fille, se murmura–t–elle et elle frappa à la porte du bureau du professeur Snape.
– Entrez, vint la réponse grondée de l'intérieur et elle poussa la porte pour l'ouvrir un peu et se glissa à l'intérieur.
Il ne leva pas les yeux quand elle entra dans la pièce et elle resta debout nerveusement pendant un moment avant de l'interpeller.
– Professeur ?
– Que puis–je faire pour vous, Miss Granger ? lui demanda–t–il doucement, sans lever les yeux des copies qu'il était en train de corriger.
Elle cligna des paupières et cligna à nouveau. Vraiment, la moindre des choses qu'il pouvait faire était de la regarder quand il parlait.
– J'ai une retenue, Monsieur.
Il leva alors les yeux, le froncement de sourcils parfaitement en place. Il la regarda comme si elle était à peine plus qu'une saleté sur ses robes.
– Je vois, dit–il. C'était bien de vous en souvenir. Je vous suggère d'aller chez Mr Rusard et de lui dire que je vous y envoie pour une retenue.
Il retourna à sa correction. Hermione ne bougea pas. Elle ne pouvait pas. Elle se sentait collée sur place. Il l'avait congédiée, comme si elle n'était véritablement rien d'autre qu'une saleté sur ses robes. Elle le regarda furieusement, les mains serrées en poings sur ses côtés, la colère montait dans sa gorge. D'abord Harry la frappait, ensuite Ron la traitait de traînée et maintenant Snape l'ignorait ! Après la nuit dernière, ce bâtard aurait dû la vénérer !
Il la regarda d'un air interrogateur.
– Est–ce que vous avez mal compris ce que je vous ai dit, Miss Granger ? Je vais rendre ça très clair pour vous, de peur que votre cerveau soit incapable de traiter l'instruction. Allez–chez–Mr–Rusard–et–dites–lui–que–je–vous–envoie–pour–une–retenue. Je suis sûr qu'il aura un travail adapté pour vous.
– Vous ! s'écria–t–elle soudainement.
– Oui ? répondit–il de façon égale.
– Espèce de fils de pute graisseux et visqueux !
Ses yeux s'agrandirent, elle était furieuse, elle était tellement en colère qu'elle tremblait. Ainsi le chaton avait des griffes, il sourit presque.
– Comment osez–vous, espèce de misérable dégoûtant ! Vous devriez vous mettre sur vos putains de genoux et me remercier d'être descendue ici !
Elle était brillante à l'intérieur, il était à genoux, les bras jetés autour de sa taille, mais il se contenta de rétorquer :
– Avez–vous terminé votre accès de colère, Miss Granger ?
– Non, bordel, non ! s'écria–t–elle. Nous avons passé une soirée ensemble, qui, je suis sûre que vous en conviendrez, était davantage qu'un petit divertissement et vous me recevez en me disant d'aller voir Rusard ? Vous avez de la chance que je ne me sois pas levée pour gifler l'air renfrogné qu'il y a sur votre affreux visage graisseux !
– Eh bien, merci, Miss Granger, pour vos remarques très spirituelles sur mon apparence. Quant à notre divertissante soirée ensemble, je vous rappellerai que nous étions tous les deux sous l'influence de beaucoup d'alcool et ne savions pas la moitié de ce que nous étions en train de faire.
– Je peux vous le répéter si vous avez besoin que je vous rafraîchisse la mémoire, siffla–t–elle durement. Je peux vous en donner un compte–rendu mot pour mot, action par action si vous le désirez.
Elle se redressa de toute sa hauteur, bien qu'elle fut plutôt courte.
– Ou peut–être que je devrais le raconter au professeur Dumbledore. Je suis certaine qu'il trouverait ça très intéressant.
Par tous les dieux, mais il aurait pu être à Serpentard, le diabolique petit lutin. Snape se cala sur son siège.
– Entendu, dit–il d'un ton plus doux, plus respectueux, vous voulez discuter de ce qui s'est passé la nuit dernière ?
Elle ne put pas cacher son sourire triomphant.
– En effet.
A suivre…
Voilà, merci d'avoir lu jusque-là. J'attends vos commentaires.
Bisous.
Falyla
