Titre : Objects of Desire
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Auteure : Azrael Geffen
Traductrice : falyla
Correcteurs : falyla/Florent
Paring : Harry Potter/Draco Malfoy Hermione Granger/Severus Snape
Rating : M/NC-17
Etat de fic originel : terminée (20 chapitres divisés en 59 parties)
Etat de la traduction : terminée
Disclaimer: Les personnages appartiennent à l'univers de JK Rowling, l'intrigue est à Azrael Geffen, avec son aimable autorisation.
Warning : slash, scènes de sexe très graphiques, torture, viol, meurtre, tentative de suicide, drogue, abus d'alcool, langage cru.
Site : à cause des thèmes abordés, je ne sais pas si cette fic sera autorisée à rester sur FFnet, je la publie donc en parallèle sur AO3 sous le même pseudo.
Mise en ligne : sauf contretemps inattendu, le lundi, le mercredi et le vendredi.
Résumé : Après la fin de la guerre, Harry, Ron et Hermione décident de revenir à Poudlard pour obtenir leurs ASPICs. Avant la rentrée, lors d'une soirée très avinée, ils établissent et signent un pacte magique où ils s'engagent à perdre leur virginité pendant cette 8ème année.
Bonne lecture.
Objects of Desire
Chapitre 7 (1ère partie)
L'Envol des Anges
Les chambres à La Tête de Sanglier pouvaient être louées à l'heure en fait, c'était comme ça que le propriétaire préférait faire son commerce. Les deux personnes qui occupaient la chambre n°7 y étaient depuis presque trois heures le propriétaire regarda le sablier se déverser, il attendait avec une anticipation cupide le bénéfice à venir. Car c'était un homme qui aimait faire du profit, même si l'heure de fermer était passée depuis longtemps et que sa femme l'avait appelé pour qu'il vienne se coucher.
La fille de la chambre n°7 était étendue, haletante, sur le lit usé. Ses cris essoufflés atteignaient un degré fiévreux tandis que l'homme, dont le visage était fermement planté entre ses cuisses, la poussait à l'orgasme. Ses hanches tremblèrent et remontèrent dans ses paumes en sueur.
– George, oh, mon dieu, George !
Merde.
L'homme s'immobilisa et se demanda ce qui suivrait. Il n'eut pas à attendre longtemps, un minuscule geignement s'échappa de sa gorge puis vint le bruit distinct des sanglots.
Ron leva lentement sa tête d'entre les cuisses de sa belle–sœur, vit son air horrifié et ses larmes recommencèrent pour de bon.
– Oh, Ron, je suis tellement désolée, dit Angelina d'une voix rauque.
Elle pouvait bien. Ron avait travaillé sacrément dur pour en arriver là. Il avait été l'oreille compréhensive et l'épaule sur laquelle pleurer depuis le mois d'avant – il avait compati, quand Angelina expliquait qu'elle soupçonnait George d'avoir une liaison, il l'avait consolée, et ensuite il avait passé les dernières vingt–quatre heures pris entre la culpabilité et son désir pour la femme de son frère. Il avait dépensé l'argent de poche de tout son mois et, ironiquement, la plus grande partie de l'argent que Fred et George avaient envoyé en cas d'urgence, pour l'emmener ici. Il avait payé les boissons et bien sûr, la chambre, et ce, uniquement pour lui faire crier le nom de son frère juste quand il l'avait menée à l'orgasme.
Ron pressa un baiser à l'intérieur de la cuisse d'Angelina, ce qui ne servit qu'à la faire sursauter et ses larmes empirèrent. Ron soupira et fit tous les efforts pour être tendre comme il se dégageait de leur position plutôt intime.
Angelina s'assit et se détourna, lui présentant la courbe légèrement bronzée de son dos. Il sourit à la vue exquise mais accepta le fait que rien d'autre ne se passerait ce soir. Pas qu'il y ait du mal à tenter sa chance, bien sûr. Il chercha ses robes à tâtons sur le sol, trouva un mouchoir assez propre et le lui offrit. Angelina saisit brusquement le carré de tissu et se moucha de façon fort peu élégante.
– Je suis navrée, Ron, s'excusa–t–elle encore en reniflant, je croyais vraiment que je pouvais le faire, je suis tellement désolée.
Ron essaya de sourire de façon rassurante.
– Eh bien, ce sont des choses qui arrivent, hein ?
Il caressa son épaule doucement et essaya de l'attirer vers lui.
– Pourquoi tu ne viens pas ici ?
Angelina secoua sa tête et s'écarta.
– Non, Ron, je ne peux pas.
– Ange, l'appela–t–il doucement.
Il essaya de prendre un ton qu'il voulait séduisant, sans laisser paraître la suprême déception qui l'habitait.
– Laisse–moi te tenir, mon amour. Rappelle–toi – c'est lui qui t'a trompée.
En vérité, Ron doutait fortement que George ait trompé Angelina. Connaissant George et la ferveur avec laquelle il faisait marcher son commerce, Ron supposait qu'il avait simplement négligé les besoins de sa femme. George et Fred sortaient la plupart des soirs de la semaine et ça n'aidait pas non plus. Angelina voulait une tranquille vie de famille, George voulait s'amuser. Ron voyait ça comme un effet secondaire du mariage trop jeune. Il se sentit vaguement coupable d'être ici et d'essayer de faire revenir la femme nue de son frère dans le lit mais il repoussa rapidement ce sentiment.
– Il n'appartient qu'à toi de terminer ce qui a été commencé.
Angelina tourna la tête pour le scruter par dessus son épaule, ses larmes avaient séché incroyablement rapidement.
– Fais–moi confiance, Ron, lui dit–elle avec un sourire forcé, nous avons bel et bien terminé.
Elle traversa la pièce et tendit la main vers ses robes, d'où elle repêcha un paquet de cigarettes. Elle lui en offrit une, qu'il refusa, puis elle en enfonça une dans sa bouche et l'alluma.
– Et maintenant ? demanda Ron.
– Je ne sais pas.
Elle semblait irritée et se mit à faire les cent pas et à fumer furieusement.
– Nous rentrons chez nous, je suppose.
Ron aurait aimé qu'elle remette ses vêtements, déambuler nue dans la pièce ne faisait rien pour calmer sa très visible érection. Il avait besoin de sortir de là et il se demandait comment faire exactement sans avoir l'air d'un parfait crétin.
– Tu ne vas pas le dire à George, n'est–ce pas ? questionna–t–il prudemment.
– Quoi ? Tu penses que je suis folle ? Qu'est–ce que tu crois que je vais lui dire ? « Pardon de ne pas être rentrée à la maison pour dîner, mon chéri, j'étais dehors en train de baiser ton petit frère ! ».
Elle tira sur sa cigarette, son visage était dur. À ce moment–là, Ron ne pouvait rien trouver d'attirant en elle et il se demanda comment il s'était mis dans cette situation. En y réfléchissant, pourquoi était–elle si furieuse contre lui ? C'était son idée. Elle lui avait demandé de venir à La Tête de Sanglier, elle avait suggéré la chambre. Il l'avait juste suivi comme un idiot.
Il était en train de se servir de cette occasion comme excuse et il le savait parfaitement. Il commença à enfiler ses robes.
– Bon, dit–il. Techniquement, on a pas vraiment baisé alors t'as pas à te sentir coupable de l'avoir trompé ou quoi que se soit.
Elle lui jeta un regard foudroyant et ne tenta pas de s'habiller.
– Retourne à Poudlard, Ron, rétorqua–t–elle. Ne t'inquiète pas, je ne raconterai pas à ton frère ce que tu as fait.
Ce que lui avait fait ? Et pour ce qu'elle avait fait, elle ?
– Merci beaucoup, répondit–il méchamment. Mais souviens–toi seulement qui a invité qui, ici.
– Ouais, je me rappelle.
Elle lui souffla sa fumée au visage.
– Maintenant, casse–toi. Retourne dans ton école comme un bon petit garçon.
Il ne prit pas la peine de lui dire au revoir. Il la poussa juste du chemin vers la porte et jeta quelques Gallions au propriétaire pour la chambre. Si elle voulait rester plus longtemps, elle payerait elle–même. Furieux contre lui–même pour sa trahison, il rentra au château et vers son propre lit.
Quand il y arriva, il découvrit qu'il avait le plus petit des boutons de rose sur le contrat.
Harry n'était pas dans son lit et il avait le plus gros bouton de rose que Ron avait jamais vu. Ce n'était pas encore une rose pleine mais c'en était sacrément proche. Il se demanda où diable était Harry mais décida que où qu'il fut, il devait s'amuser. Ron grimpa dans le lit, à la fois heureux, effrayé et contrarié que l'un d'entre eux eut un peu de succès avec ce pacte.
oOo
Hermione resserra un peu ses robes autour d'elle et frissonna tandis qu'elle retournait des cachots à la tour. Elle marchait au hasard depuis plus longtemps qu'elle ne le pensait. Après avoir quitté le bureau de Snape, elle était partie vers la salle de classe de Potions et y était restée pendant un moment à regarder fixement son bureau. Elle essaya de se rappeler tous les cours de Potions qu'elle avait eus et tenta de comprendre comment elle avait pu s'amouracher de lui. Depuis son tout premier cours, il l'avait terrifiée à mort et l'avait traitée de fille stupide – elle avait perdu le compte du nombre de fois où ces mots s'étaient échappés de ses lèvres – et pourtant, il y avait quelque chose dans la manière dont il parlait. Si elle coupait à travers les insultes, elle pouvait discerner une passion lorsqu'il décrivait l'attrait d'un chaudron bouillonnant et elle se demanda si c'était peut–être ça, son propre chant de sirènes.
Bien sûr, elle n'avait pas vu ça à cette époque, elle était trop occupée à avoir peur de lui et à le comparer avec un gros rat malveillant. Maintenant, elle dansait sur la fine ligne qui séparait le plaisir de la douleur. Elle se sentait irrésistiblement frustrée sexuellement. Elle n'avait jamais fait l'expérience de cette sensation auparavant, elle n'avait jamais senti le désir ardent qui y était associé, le besoin inassouvi mais elle n'avait jamais été touchée avant non plus du moins, pas comme il l'avait touchée. Elle sentit un afflux de sang vers son clitoris et une agréable vague balaya son pelvis. Elle écrasa ses cuisses l'une contre l'autre. Pendant un moment, elle espéra soulager un peu la tension et la douleur qui s'étaient développées dans son aine mais cela ne marchait pas bien.
De l'encadrement de la salle de classe, elle l'avait vu quitter son bureau et prendre d'assaut les escaliers à pleine vitesse et de là, elle s'était mise à errer. Cela lui avait pris deux heures pour aller des cachots jusqu'à la porte de la salle commune et maintenant, elle avait froid pour la première fois depuis qu'elle l'avait quitté. La pensée d'aller se coucher commença à s'infiltrer dans son cerveau et l'idée fut soudainement tentante et merveilleuse. Elle traversa la salle commune silencieuse et se glissa dans la chambre qu'elle partageait avec Lavande.
Lavande leva les yeux lorsque Hermione entra dans leur chambre. Elle était assise sur son propre lit, les jambes croisées, des papiers éparpillés autour d'elle. Hermione ne put s'empêcher de se sentir consternée Lavande avait manifestement décidé d'étudier au lit, ce qui signifiait que Hermione devrait essayer de dormir la lumière allumée ou converser avec sa camarade de chambre. Elle n'était pas sûre de savoir laquelle de ces options disponibles était la plus déplaisante.
Ce n'était pas que Hermione n'appréciait pas Lavande. C'était simplement qu'elle ne s'intéressait pas à la jolie jeune fille qui était forcée de partager sa chambre. Lavande semblait exister à un niveau entièrement différent de Hermione. Elle était jolie, populaire et remarquablement sociable. Lavande pouvait tenir une cour où qu'elle soit, que ce soit dans un coin Aux Trois Balais ou dans les toilettes. Hermione, pour sa part, se trouvait complètement hors de son élément dans de telles situations, préférant l'intimité d'un petit groupe d'amis ou seule avec un bon gros problème à résoudre. Lavande passait beaucoup de temps dans ce qu'elle désignait comme des papotages de filles. Hermione n'était jamais incluse dans de tels bavardages en fait, Hermione n'avait jamais eu de papotages de filles de sa vie, pas même avec Ginny.
Lavande sourit gentiment à Hermione et ferma son manuel scolaire.
– Bonsoir, Hermione, je ne t'ai pas vue depuis ce matin, comment tu te sens ?
Hermione se sentit devenir rose vif. Elle avait oublié que c'était Lavande qui l'avait trouvée et couchée.
– Je…
Elle se mordit la lèvre.
– Heu… Ecoute, merci de m'avoir mise au lit, ce matin, ça signifie beaucoup pour moi.
– Oublie ça.
Le trop doux sourire était toujours fixé sur son visage.
– Alors, où tu as été si tard ?
– Heu…
Le rougissement devint légèrement plus intense.
– J'avais une retenue.
– Vraiment ?
Lavande avait l'air soudainement littéralement frémissante.
– Avec le professeur Snape ?
– Oui.
Hermione força sa voix à rester neutre et fit bien des cérémonies pour aller vers son lit chercher son pyjama mais elle ne le vit nulle part.
– Je n'avais pas tout fini hier soir alors je devais y retourner. Tu as vu mon pyjama ?
– Je l'ai mis dans ton tiroir, précisa Lavande avec un geste vague puis elle continua. Eh bien, je suis surprise que le professeur Snape ait pu te voir pour une retenue ce soir, après tout, il était très malade ce matin.
– Oh ?
Hermione se retourna vivement en dépit de toutes les promesses qu'elle s'était faites de rester calme et paisible.
– Oh, oui, confirma Lavande qui prenait beaucoup de plaisir à cette situation. Tous ses cours d'aujourd'hui ont été annulés. Vous avez dû boire une sacrée quantité, je veux dire, le pauvre homme était dans un triste état.
Hermione se figea. Lavande afficha son sourire le plus doucereux en voyant l'expression d'horreur absolue qui se peignait sur le visage de Hermione.
– Je… Je ne sais pas ce que tu veux dire, bredouilla Hermione.
– Eh bien, j'ai pensé, après l'avoir vu dans l'état où il était au petit déjeuner, que vous aviez dû boire assez pour tuer un dragon.
Lavande s'autorisa le luxe d'un gloussement avant d'ajouter :
– Et vous avez dû coucher ensemble aussi parce que vous empestiez littéralement le sexe !
– Je…
Hermione se sentit soudainement incroyablement malade, ses jambes vacillèrent et elle s'assit lourdement sur le bord de son lit.
– Je n'étais pas avec le professeur Snape, je ne sais pas ce qui t'a donné cette idée.
De toutes les choses que Hermione Granger faisait bien, mentir n'en était pas une. Elle s'empourpra encore plus et se mit à fixer ses mains de plus en plus crispées.
Lavande éclata soudain d'un rire joyeux.
– Oh, allez, Granger, remets–toi, je ne vais le dire à personne.
– Je ne sais pas de quoi tu parles, insista Hermione, désespérée.
Comment le savait–elle ? Comment Lavande le savait–elle ?
Lavande soupira, roula des yeux, se dirigea vers le lit de Hermione et se laissa tomber à côté de sa camarade de chambre.
– Écoute, dit–elle gaiement, je n'ai peut–être pas ton incroyable capacité mentale mais je ne suis pas complètement stupide. Tout ce que j'ai pour moi, à part une compétence assez moyenne en Magie et Divination, c'est mon sens de l'odorat. Snape d'ordinaire sent vraiment bon… Et je veux dire vraiment bon. On ne le croirait pas à le voir mais c'est probablement lui qui sent le mieux de tous les professeurs et de la plupart des élèves. Il sent le bois de santal, le patchouli et cette nuance réellement complexe de fleurs et de potions. C'est une formidable senteur, j'aimerais savoir comment il la fabrique parce que je parie que je pourrais la vendre par pintes. Toi, normalement, tu sens cet étrange parfum moldu, un assortiment de shampooing et de savon qui dit que c'est de l'Ylang Ylang et de la fleur d'oranger mais qui ne sent rien de tel. En tout cas, ce matin, tu sentais une affreuse substance d'alcool anisé, le vomi, ton ensemble étrange de parfum moldu, le bois de santal, le patchouli et une odeur tout à fait unique que j'appellerais ton sexe.
Hermione blêmit et dévisagea Lavande avec horreur, se demandant exactement ce qui allait arriver ensuite.
– Et ce matin, le professeur Snape sentait le bois de santal, le patchouli et son parfum fleuri de potions, l'odeur d'alcool anisé, ton parfum moldu et, pour couronner le tout, ton sexe.
Lavande fit un large sourire de triomphe.
– Je n'ai rien à ajouter.
Hermione s'assit, la bouche ouverte de terreur et se demanda si elle était la première personne à ne s'être jamais fait attraper à cause de l'odeur de son corps. Lavande Brown devait réellement abandonner son idée de se lancer dans le commerce de parfum, elle devait devenir Auror, flairant le crime avec son nez tout–puissant !
– Eh bien ? demanda Lavande impatiemment.
– Eh bien, quoi ?
La voix de Hermione était un peu rauque.
– Alors, c'est quel genre d'homme ?
– Rien ne s'est passé, marmonna Hermione et elle rougit.
Elle n'était vraiment qu'une lamentable menteuse.
– Le gros suçon sur ton cou suggère le contraire. A propos, bonne chance pour t'en débarrasser.
Maudit soit cet infernal suçon ! Elle semblait se rappeler que c'était incroyable quand il le lui avait fait mais, à l'évidence, tout le monde avait vu ce foutu truc !
– Il…
Elle mordilla sa bouche.
– On n'a pas couché ensemble, ni rien, dit–elle précipitamment.
Lavande poussa un petit cri et claqua des mains. Elle se rejeta sur le lit de Hermione, les yeux grands ouverts.
– Okay, raconte–moi ce qui s'est passé – et surtout ne sois pas avare de détails.
– Je… Il… Nous…
Hermione regarda Lavande et sentit un petit sourire espiègle s'épanouir sur son visage. Elle se tourna et remonta ses jambes sur le lit, fit face à sa camarade de chambre et se prépara à avoir le premier papotage de filles de sa vie.
oOo
Harry ouvrit ses yeux et se surprit à observer une nuque en extrême gros plan. Des cheveux blonds soyeux en désordre étaient étalés au hasard contre la peau pâle et le cou descendait en courbe sur une mince épaule musclée. La chair de cette épaule était endommagée par des cicatrices violettes à vif, le reste de son corps était niché confortablement dans le creux du sien.
La chambre était éclairée et, pendant un moment, Harry fut certain qu'ils avaient tous les deux dormi trop longtemps mais un coup d'œil à l'horloge de style ancien que Draco avait dans un coin, montrait qu'il était un peu plus de trois heures du matin. Ils s'étaient endormis avec le charme d'éclairage toujours en action. Il était sur le point d'éteindre et de retourner dormir mais dans la lumière jaune, Harry pouvait le voir.
Draco.
Un Draco paisiblement endormi, blotti contre son corps. Le bras de Harry était lourdement enroulé autour de son corps et il était surpris que la lente montée et descente de la respiration de Draco ne l'ait pas gardé éveillé. En fait, en dépit des quelques courtes heures de sommeil, il se sentait plus reposé qu'il ne l'avait été depuis des années. Il se perdit pour un moment dans la glorieuse intimité du corps enveloppé contre le sien. Dans son sommeil, Draco était vulnérable et pourtant il était couché là, confiant, son poing à moitié en boule sur l'oreiller, ses lèvres légèrement entrouvertes, ses cils évasés sur sa joue. Même la sensation de ses pieds, dont un reposait entre les chevilles de Harry, semblait si incroyablement intime que Harry sentit une vague d'émotions le submerger. Il fit courir sa main le long du bras de Draco et caressa la masse ferme de son épaule.
Mon dieu, c'était une chose incroyable. Le corps de Draco était merveilleusement chaud et Harry ne s'était jamais senti si à l'aise et détendu. Sous sa main, il sentit l'épaule de Draco bouger et il s'émerveilla de la sensation de ses muscles qui changeaient de place de façon fluide et des os qui pivotaient dans leurs articulations. La texture de sa peau sous sa main était douce et lisse. Il sentit la colonne vertébrale se cambrer et onduler contre sa poitrine. Il sourit et tendit la main pour caresser ses cheveux soyeux.
Draco roula sur le dos et s'étendit. Harry redressa la tête et regarda son amant dormir, admira les sourcils clairs, le doux arc de son nez, la manière dont ses longs cils s'allongeaient contre sa joue et sa bouche sensuelle aux lèvres légèrement entrouvertes. Puis, comme s'il était conscient qu'il était observé, le front de Draco se plissa dans un petit froncement de sourcils il cligna des yeux et les ouvrit.
Ils se dévisagèrent sans dire un mot pendant ce qui aurait pu être des heures. Finalement, Harry murmura :
– Salut.
– Bonjour, vint la réponse endormie.
Draco s'étira un peu et étouffa un bâillement.
– Quelle heure il est ?
– Tôt, un peu plus de trois heures.
Draco se renfrogna et roula vers Harry. Il jeta un bras autour de sa taille et nicha son visage dans le creux de son bras.
– C'est trop tôt, déclara–t–il en faisant la moue et sembla sur le point de se replonger dans un profond sommeil.
Harry baissa les yeux vers la masse de cheveux blonds il ne voulait qu'une chose : se pelotonner à nouveau dans le lit avec lui.
– Je dois partir, dit–il à contrecœur.
Draco se tendit et leva sa tête.
– Pourquoi ?
– Je… Ron…
Harry ne savait pas vraiment ce qu'il voulait dire, quelque chose au sujet de Ron mais il regarda le visage de Draco, ses cheveux ébouriffés par le sommeil et se délecta de la chaleur du corps à côté du sien. Sans hésitation, il repoussa Draco dans les oreillers et roula au–dessus de lui.
– Tu veux bien ? demanda–t–il, en se penchant.
Il embrassa doucement Draco, faisant courir le bout de sa langue sur les douces lèvres. Il ne savait pas où il avait trouvé cette soudaine ruée d'audace, il n'aurait jamais osé faire ça le soir d'avant. Mais, tant de choses s'étaient passées depuis le soir précédent.
– Je veux bien quoi ? Que tu partes ou que tu m'embrasses ?
– Je dois partir. Ça te dérange que je t'embrasse ?
– Non, m'embrasser, c'est bien.
Draco reprit doucement le visage de Harry pour un autre baiser, repoussant les dents avec sa langue et festoyant avidement sur sa bouche.
Oh, c'était la meilleure manière de se réveiller. Harry se sentait comme s'il était mort et parti au paradis. Le corps de Draco au–dessous de lui était incroyable, une masse complexe de nerfs, de sang, de pensées, d'émotions, d'os et de muscles, tous retenus volontairement captifs dans l'étreinte de Harry. Harry embrassa sa poitrine avec hésitation, goûtant la transpiration salée et la peau d'une blancheur laiteuse sur le mince torse musclé. Il fit courir sa langue sur sa clavicule, descendit sur un pectoral ferme jusqu'à ce que, finalement, il effleure un téton avec le tranchant de ses dents.
Draco, à moitié gémissant, à moitié riant, s'étira sous la bouche de Harry.
– C'est agréable, chuchota–t–il.
Harry sourit et ferma doucement ses dents sur le petit bouton rose.
– Oh, putain, haleta Draco.
– Je te fais mal ? s'enquit vivement Harry.
– Mon dieu, non, n'arrête pas !
Harry rit tout bas. Il suça le bouton, le mordit un peu plus fort et ensuite plus fort encore, testant Draco, le faisant gémir et se tordre, haleter son appréciation. Harry caressa et embrassa un chemin vers le bas, sur les côtes de Draco, vers la plaine plate de son estomac, effleurant de sa langue le creux de son nombril. Des vagues de chair de poule se propagèrent sur l'étendue de la chair pâle. Il mania maladroitement le cordon du pantalon de pyjama de Draco – il doutait sérieusement que Draco eut même entendu parler d'élastique dans les bandes de ceinture – et baissa le pantalon de soie, laissant Draco nu sous lui.
Harry s'assit en arrière un instant, saisissant sa première vision de Draco Malfoy nu. Il avait vu des mecs nus auparavant. On ne vit pas dans un pensionnat pendant sept ans sans voir ses amis nus, ils partageaient les salles de bains après tout, mais il n'avait jamais vraiment regardé avant. Les longues jambes de Draco étaient harmonieuses et pâles, saupoudrées de poils blonds légèrement plus foncés que ses cheveux. Harry pouvait voir les tentacules des cicatrices violettes s'enrouler autour du haut de sa cuisse droite et de son genou droit. Pendant un instant, il se focalisa sur elles dans son esprit, avec la clarté du cristal, il se promit qu'il allait trouver qui avait fait ça, trouver qui l'avait blessé et qu'il allait le tuer. Puis il s'allongea et effleura, de ses lèvres, le sexe parfait de Draco.
Le pénis de Draco avait l'air similaire au sien. Lorsque Harry fit courir ses doigts le long de la texture délicate du membre, il en savoura la sensation. Il mit sa main en coupe autour comme si c'était quelque chose d'incroyablement fragile et en embrassa la douce tête. C'était aussi doux que les pétales d'une rose. Harry frotta son pouce sur l'extrémité, pressa doucement en étalant les fluides. Il pouvait voir le sang se répandre sur le tissu juste en dessous du gland, la colorant en rose sombre, plus foncé à son centre. Harry lécha le présperme et entendit Draco aspirer vigoureusement entre ses dents avant de laisser échapper un petit cri. C'était intime, brut, incroyable. Comme s'il tenait le cœur de quelqu'un entre ses mains.
Draco se releva sur les coudes et regarda les lèvres roses de Harry se séparer, exactement comme il l'avait imaginé en fantasme. Harry prit le pénis de Draco profondément dans sa gorge avec précaution.
C'était maladroit au début. Son sexe remplissait sa bouche, poussait sa langue en arrière et allait trop loin au fond de sa gorge. Il eut presque un haut–le–cœur mais il força le réflexe à diminuer, il voulait que sa gorge se relâche et s'ouvre.
Draco ferma les yeux et laissa retomber sa tête en arrière. C'était trop bon et il savait qu'il n'allait pas durer longtemps. Il voulait jouir depuis le soir d'avant et maintenant, avec la bouche de Harry enveloppée autour de lui, il était si près du bord qu'il était surpris de ne pas y être encore. Il ne voulait pas que cette glorieuse sensation finisse. Les doigts de Harry lui chatouillaient les testicules, les poils duveteux à la jointure de ses cuisses, caressaient ses hanches. Draco laissa ces doigts aller partout où ils voulaient aller.
– Oh, mon dieu, Harry, oh, putain…
Il grogna désespérément, s'effondra sur les oreillers puis plongea ses mains dans les cheveux noirs en bataille de Harry. Il allait jouir. Il pouvait le sentir. Il ne pouvait pas l'arrêter. Il gémit et cria qu'il allait jouir encore et encore. Son corps était au point culminant.
Harry se concentra sur le fait de bouger sa bouche en écoutant les cris de Draco. Il savait qu'il était proche
Je le veux, pensa–t–il. Je veux qu'il jouisse, je veux être celui qui a provoqué ça, je le veux.
– Harry, s'écria Draco. Harry, Harry, Har… ah… ah… ahhhhhh…
Draco jouit, fort. Toutes intentions de sortir de la bouche de Harry envolées, dès qu'il avait commencé à se soulager par saccades en atteignant l'orgasme.
Harry s'étrangla et força sa gorge à travailler pour avaler le sperme que Draco y déposait. Il toussa un peu et se demanda s'il s'y habituerait. Il espérait. Il espérait qu'il aurait la possibilité de s'y habituer. Il leva son regard vers Draco étendu dans les oreillers, il regardait fixement le plafond, un sourire bienheureux aux lèvres.
– C'était bien ?
Draco éclata de rire à l'absurdité de la question. Comment cela pouvait–il ne pas avoir été bien ?
– C'était incroyable.
Harry rampa vers le haut pour l'embrasser, pour sentir les lèvres douces et chaudes de Draco contre les siennes.
– Je ne veux pas partir, chuchota Harry.
– Je ne veux pas que tu t'en ailles.
Ils s'embrassèrent à nouveau, légèrement au début mais comme leurs langues se rencontraient et s'enroulaient l'une autour de l'autre, cela devint plus urgent. Ils pressèrent leurs corps avec force, leurs mains s'étreignirent d'une manière qui laisserait de minuscules bleus sur la chair pâle.
– Tu as si bon goût, murmura Draco.
– Toi aussi, haleta Harry.
Il ne voulait pas partir, il voulait se mettre en boule, ici dans ce lit, avec cet homme et dormir longtemps, jusqu'au matin, mais il devait s'en aller, il devait retourner dans sa propre chambre. Malgré son désir de rester ici jusqu'à l'aube, il ne voulait pas tenter d'expliquer, à tous sans exception, pourquoi il se glissait furtivement hors de la chambre à coucher de Draco Malfoy. Draco le comprenait. Ils connaissaient tous les deux la délicatesse de la situation. Draco s'assit et consciencieusement enfila un peignoir en soie sur son corps couvert de cicatrices.
Harry soupira, réticent à y mettre un terme puis il balança ses jambes hors du lit avant d'enfiler son boxer, son jean et ses robes.
– Tu reviens ce soir ?
La voix de Draco était calme, un peu incertaine il agrippait sa robe autour de lui, comme pour se protéger.
Harry aurait pu danser une gigue de joie.
– Oui, dit–il.
Il ne pouvait pas envisager de répondre autre chose, il voulait hurler : « oui » sur les toits.
– Viens tard, lui conseilla Draco en souriant, et mets ta cape d'invisibilité. Je veux que tu restes toute la nuit et je ne veux pas que la Belette le découvre et me jette un sort pour t'avoir souillé.
Harry fit un large sourire et, après un instant d'hésitation, il donna à Draco un très long baiser d'au revoir, laissant leurs langues se rencontrer et se caresser, avant de prendre congé à contrecœur.
oOo
Il ne savait pas qu'elle était là.
Il l'avait cherchée, s'était employé à la trouver, mais en fin de compte, il savait qu'elle était trop bien protégée contre lui et il avait abandonné tout espoir de la retrouver. Il ne lui était pas venu à l'esprit qu'elle était encore à l'école, mais elle était ici.
Viktor Krum se renfonça un peu plus dans l'angle en pierre de la salle de bains, sachant qu'il ne devait pas s'inquiéter, elle serait incapable de le voir. Hermione Granger laissa tomber sa serviette et son sac sur le sol à côté du bassin, bailla et tourna les robinets.
Chourave lui avait dit qu'elle était toujours là. Ne connaissant pas leur histoire, le professeur avait loué les talents de Miss Granger en Botanique. Quelques questions plus tard et il savait où la trouver. Ils étaient encore là, tous les trois. Il était allé dans la salle commune pour la trouver, ne sachant pas exactement ce qu'il allait lui dire mais peut–être espérait–il l'avertir qu'il était là, afin qu'elle ne s'étouffe pas avec son petit déjeuner en le voyant. Elle n'était pas là, c'était sombre et désert. Alors, il avait utilisé un de ses multiples talents, il avait disparu des regards et attendu qu'elle s'éveille.
Il avait vu Harry sortir d'un couloir, il affichait un air tout chiffonné de sommeil et satisfait puis il disparut à travers une autre porte. Il attendit encore deux autres heures avant que quelqu'un d'autre ne trouble le silence. Il parvint même à dormir un peu. Puis une porte s'était ouverte, l'avait réveillé et elle était apparue.
Il aurait alors dû se manifester ou bien partir. À la place, il l'avait suivie dans la salle de bain.
Krum était inaccoutumé au luxe de Poudlard. Durmstrang était plus rudimentaire et plus froid. Il avait trouvé que la salle de bain attachée à ses propres quartiers était extravagante et maintenant qu'il voyait cette salle de bains, il n'en croyait pas ses yeux. Fournir tant de luxe à des étudiants semblait grotesque. Une baignoire de la taille d'une petite piscine n'était rien d'autre qu'un gaspillage d'eau. Bien sûr, les élèves partageaient sans aucun doute ce luxe mais il ne pourrait ne jamais le comprendre.
Comme pour prouver le partage des étudiants, une autre fille entra dans la salle de bains et commença à bavarder de loin avec Hermione. Elles semblaient être de bonnes amies, toutes les deux riant d'une plaisanterie. Il ne pouvait pas entendre ce qu'elles se disaient avec clarté, mais il ne voulait pas risquer d'aller plus près.
Un filet de sueur roula le long de sa colonne vertébrale. Il savait qu'il devait partir. Il n'avait pas encore donné le moindre cours et il était là, caché dans la salle de bain des filles senior, à espionner. Il devait partir. Il devait la sortir de son esprit, de ses pensées, de sa vue, mais lorsqu'elle dénoua son peignoir et le suspendit à un crochet, dévoilant son corps pâle, glorieusement nu, il sut qu'il n'irait nulle part.
Il avait encore sa dernière lettre dans sa poche intérieure. « Je ne crois pas que nous devrions continuer à nousécrire. » Elle ignorait combien ces mots l'avaient torturé. Elle avait retourné ses lettres ultérieures non ouvertes, se protégeant ainsi de lui d'une telle façon qu'il pourrait la chercher jusqu'à la fin des temps sans jamais la trouver.
Mais il l'avait trouvée. Elle était ici maintenant. Il pouvait aller vers elle, il pouvait tendre la main et la toucher, pour lui prouver qu'il n'avait pas l'intention d'être repoussé à la légère.
Le visage souriant d'Albus Dumbledore, qui s'était montré d'une bonté incommensurable en l'engageant, traversa son esprit. Dumbledore croyait en l'honneur et il était parvenu à le trouver dans le plus improbable des endroits. Pour sa part, Krum savait tout du passé du menaçant Maître des Potions, Karkaroff pouvait bien avoir été un lâche mais il était aussi une source utile d'informations. Alors que Krum savait que se cacher dans la salle de bains des filles à espionner la seule fille qui l'avait rejeté – et par conséquent la seule fille qu'il voulait – n'était guère honorable, il avait pleinement l'intention de faire le travail qu'il était venu faire.
Dumbledore n'avait pas du tout à s'inquiéter à cet égard, du moins Krum l'espérait. Il ne la toucherait pas, il s'était fait une promesse à lui–même. À Poudlard, on lui donnait une chance qu'il n'aurait jamais reçue chez lui. La guerre avait décimé son pays et son ancienne école. Il n'y avait plus d'équipe de Quidditch valant la peine d'être mentionnée et beaucoup de pays semblaient peu disposés à l'embaucher, quel que soit son talent et en dépit du fait qu'il n'avait rien eu à voir avec le Seigneur des Ténèbres ou les Mangemorts durant la guerre. Il ne ferait rien pour compromettre son poste. Son boulot consistait à enseigner aux enfants à monter sur des balais et les complexités des divers sports sorciers. Il arbitrerait également les matchs de Quidditch, chose qui lui serrait le cœur parce qu'il brûlait d'envie d'y jouer mais il l'avait acceptée, comme une partie des répercussions de la guerre. Son chemin croiserait rarement celui de Miss Granger et il savait comment éviter les complications en l'évitant, elle.
Excepté le fait qu'il était déjà en train de compliquer les choses, en l'espionnant, elle, et son amie, dans le bain.
Son amie avait aussi enlevé sa robe maintenant et il suspendit toute pensée pendant un moment, tandis qu'il appréciait le spectacle des deux femmes devant lui. Hermione était mince. Quand il l'avait rencontrée, au début, elle n'était qu'une enfant et il l'avait trouvée grande pour son âge il apparaissait qu'elle n'avait pas grandi d'un pouce. Son corps était quelconque, pâle et svelte avec des seins qui étaient un peu trop petits et des hanches qui n'étaient pas assez larges pour être vraiment féminines. Ses mamelons étaient petits et roses et les poils dans la poussée en v de ses cuisses étaient rares et hirsutes, de la même couleur que ses cheveux.
En comparaison, l'autre fille était plus grande et plus jolie, légèrement bronzée, avec de longs cheveux sombres, les membres souples. Elle avait des seins assez gros avec de larges mamelons bruns rosés, Krum savait qu'ils auraient la douceur du satin sous sa langue. Les poils sombres de son pubis auraient été épais et abondants s'ils n'avaient pas été épilés sans pitié à la racine. Elle se tourna et son regard suivit la courbe de ses hanches et la chair douce et parfaite de ses fesses. Des deux, cette fille était la beauté et Krum pouvait parfaitement imaginer qu'elle était capable de fournir beaucoup de plaisir mais elle ne possédait pas une chose qui était essentielle. Elle n'était tout simplement pas Hermione.
Pendant un instant fugace, il réfléchit à ce qu'il pourrait faire avec un sortilège Imperium, juste là, maintenant. Il repoussa cette idée, inutile d'aller à Azkaban juste parce qu'il était excité.
Il garderait ses distances, il garderait ses mains sur lui et lui laisserait son intimité.
Après que les jeunes filles eurent pris un bain.
Il se dit qu'il pouvait bien se permettre tout ça.
oOo
Hermione quitta la salle de bains avec un sentiment étrange, presque comme si elle avait été surveillée. Elle avait entendu dire que Mimi Geignarde s'était pris d'un vif intérêt pour les occupants de la salle de bains des garçons. C'était plutôt logique qu'elle ait décidé de jeter un coup d'œil aux filles à un moment ou un autre, c'est pourquoi Hermione pensa que c'était probablement Mimi qui l'avait ainsi troublée. Lavande avait été d'accord mais comme elle était de nature plus exhibitionniste que Hermione, elle s'était étirée de tout son long et avait flotté joyeusement au centre du bassin. C'était comme ça que Hermione l'avait laissée.
Aussi résolument déplaisante qu'était l'idée de penser que Mimi l'espionnait, Hermione n'allait pas se tracasser pour ça. Elle supposa que le malheureux fantôme avait très peu de plaisirs et si elle y pensait sérieusement, elle ne verrait pas d'inconvénient à entrevoir quelques uns des garçons en train de prendre un bain. Du reste, Hermione avait d'autres choses à l'esprit en ce moment, comme le fait que Lavande avait promis de la coiffer et de la maquiller ce matin.
Elle était sur le point de traverser la salle commune pour aller vers sa chambre quand elle sentit sa présence. Il semblait que depuis ces quelques derniers jours, son corps s'était involontairement accordé au sien. Elle regarda autour d'elle au moment où le professeur Snape sortait du couloir qui menait à la chambre de Draco.
Elle se figea, lui aussi. Ils se retrouvèrent paralysés pendant un moment, comme ils saisissaient et absorbaient chacun la présence de l'autre. Ils étaient raisonnablement proches, à moins d'un mètre de distance, la porte de la chambre à coucher de Hermione étant juste à côté de l'entrée du couloir. Elle songea que tout ce qu'elle avait besoin de faire était d'avancer de deux pas vers lui et elle pourrait tendre la main et le toucher. Laisser sa main reposer sur sa poitrine. Sentir son cœur battre. L'embrasser. L'entraîner dans sa chambre et bloquer la porte si fortement que Lavande ne pourrait plus jamais y entrer. Le jeter sur le lit et attenter à sa pudeur. Elle se sentait devenir moite et collante entre ses cuisses.
Il était vêtu de noir comme à son habitude mais pas dans ses robes d'école. Il avait sur lui ce qui ressemblait à des vêtements moldus et une fois qu'elle enregistra ça, elle faillit en mourir d'étonnement. Il portait un pantalon, des chaussures noires et un pull–over en laine noire qui avait l'air doux et agréable au toucher, un peu trop grand pour lui. Dans sa main, il tenait un long manteau noir. Se rappelant sa conversation avec Lavande de la nuit précédente, elle fit attention à son odeur. Il sentait le propre. Le parfum du bois de santal n'était pas dominant, en effet, il semblait plus faire partie de sa peau que quelque chose qui y était appliqué. Ses cheveux étaient humides, comme s'il venait de se doucher. Elle engloba toutes ces choses, brûlant de le toucher, de sentir les cheveux mouillés autour de ses doigts, de tester la douceur de son pull en laine.
Comme ses yeux la détaillaient minutieusement, elle maudit mentalement son obsession pour Winnie l'Ourson. Elle portait son peignoir Porcinet en éponge bouclée et ses pantoufles orange clair en forme de griffes de tigre que Ron lui avait achetées pour son anniversaire. Il les avait vues dans un magasin moldu de Londres et les avait trouvées marrantes. Elle aussi, jusqu'à ce qu'elle se tienne debout avec elles au pied, en face du professeur Snape. Distraitement, elle enleva de sa tête la serviette dans laquelle elle avait enveloppé ses cheveux et le regretta immédiatement parce que les boucles mouillées tombèrent sur ses épaules dans un humide désordre frisé. Lavande avait insisté pour que Hermione les lave avec son propre shampooing et les rince avant qu'elle puisse les coiffer.
Il pensa qu'il allait bien, il avait été choqué de la voir là, il avait été instantanément attiré par elle, mais il allait bien. Il avait décidé que s'il se concentrait sur ce ridicule peignoir en éponge et sur les choses qu'elle avait aux pieds – seul Merlin savait ce que c'était – il pouvait prétendre que peut–être ce n'était pas elle. Bien sûr, c'était tout à fait évident qu'elle n'avait rien sous sa robe, celle–ci se séparait juste assez pour qu'il puisse voir la petite trace d'une cuisse, d'un genou pâle et la légère courbe d'un mollet. Mais s'il ne regardait pas là, s'il levait juste un peu son regard, loin de la chair dénudée, alors il irait bien. Puis elle avait enlevé la serviette de sa tête et toutes ses boucles humides avaient dégringolé, sentant le chèvrefeuille et le lilas, frisant d'une telle manière que sa bouche s'était asséchée. Il n'allait vraiment pas bien, il devait sortir de là, les vêtements moldus qu'il portait n'étaient pas aussi indulgents que ses robes. Il s'était déjà masturbé en pensant à elle une fois ce matin – et hier soir, juste après qu'elle soit partie. Maintenant la voir en chair et en os – oh, mon dieu, sa peau – n'aidait pas vraiment sa cause.
Ils laissèrent tous les deux leurs yeux examiner la pièce tout autour, essayant de détecter un signe de mouvement ou de vie. La plupart des gens essayaient de profiter de leurs dernières minutes de sommeil, ceux qui s'étaient aventurés à ouvrir leur porte avaient vu le professeur Snape et l'avaient refermée. Il était trop tôt pour être confronté avec le perfide Maître des Potions, la plupart aurait besoin d'au moins deux autres heures avant que ce soit une option. Lavande était sortie de la salle de bains, les avait vus tous les deux et elle s'était retournée pour repartir directement à l'intérieur.
Ainsi ils étaient seuls, n'importe qui pouvait sortir mais en cet instant, ils étaient seuls.
Le cœur de Hermione battait si fort et si bruyamment dans sa poitrine qu'elle était certaine qu'il pouvait l'entendre. Elle se mit à chercher quelque chose à dire, quelque chose de profond et de parfait qui provoquerait son désir.
– Je… chercha–t–elle. Bonjour, Professeur, finit–elle à mi–voix.
– Bonjour, Hermione.
Sa voix était dépourvue de sarcasme ou de moelleux, elle était douce, un peu âpre et il l'avait appelée par son prénom.
Ils se regardèrent à nouveau mutuellement, chacun se focalisant sur les complexités du visage de l'autre. Il avait l'air un peu plus pâle que d'habitude et elle remarqua qu'il y avait de sombres cernes sous ses yeux noirs, comme s'il n'avait pas bien dormi depuis longtemps. Elle laissa son regard voyager du bas de l'arc prononcé de son nez à sa bouche pâle qui, quand elle était dénuée de mépris, semblait tendre, bien qu'elle ne dirait jamais qu'elle était douce. Pour la première fois de sa vie, elle ne le regarda pas en voyant de la laideur. Son visage était un amalgame d'imperfections, ses yeux étaient trop sombres, son nez, trop gros et ses lèvres, trop fines. Son visage était émacié, son teint pâle et blafard, ses cheveux graisseux mais, à ce moment–là, elle ne pouvait pas contempler une vue qui l'aurait enchantée davantage.
– Je pars pour Londres, lui annonça–t–il gauchement.
Il brisait ainsi la promesse qu'il s'était fait plus tôt de ne pas lui parler de ses déplacements, elle n'avait pas besoin de savoir, ce n'était qu'une élève.
– Je n'enseignerai pas aujourd'hui, précisa–t–il encore.
Le cœur de Hermione se serra. Lavande et elle s'étaient traînées hors du lit aux aurores que pour s'assurer qu'elle aurait l'air parfaite pour lui aujourd'hui et, à la place, il la voyait dans son peignoir Porcinet et ses pantoufles en griffes de tigre.
– Oh, fut tout ce qu'elle put dire.
Puis elle réfléchit à tout ça et sur la cause de son départ.
– C'est à cause de moi ?
Il courba sa lèvre dans un sourire moqueur et arqua un sourcil.
– Allons, Miss Granger, dit–il doucement, est–ce que vous pensez réellement que vous pouvez me faire fuir ?
Pendant un moment, elle crut qu'il était sérieux mais ensuite elle réalisa qu'il faisait une blague et elle était plutôt autocritique. Le professeur Snape était en train de plaisanter avec elle ! Elle rougit et sentit ses pieds bouger comme elle avançait d'un pas plus près de lui.
– Quand serez–vous de retour ?
– Dimanche.
Il dut lutter avec lui–même pour s'empêcher d'ajouter : « Venez avec moi ». Il savait que ça serait sans doute la pire chose à dire. D'une manière ou d'une autre, il devait encore ajuster ça parce que jusqu'ici, il n'avait provoqué qu'une glorieuse pagaille pour rectifier la situation. C'était pire maintenant parce qu'il avait fait un pas vers elle et qu'ils étaient dans la salle commune de sa tour. Chaque minute pouvait amener plus de trente étudiants dehors pour témoigner de son comportement insensé. C'était une excellente opportunité pour la dégoûter – parce que seul Merlin savait pourquoi ses regards n'étaient pas suffisants – et il pouvait à peine parler. Sa langue, d'ordinaire si habile en répliques blessantes ou en cruautés flagrantes, était tordue et plus morte que vive. Tout ce à quoi il pouvait penser était : « Venez avec moi » et en pareille circonstance, il se tut simplement.
– Si longtemps ?
Elle entendit le son anxieux que sa voix avait pris. Il n'était que mercredi, s'absenter jusqu'à dimanche voulait dire qu'il serait parti pour presque une semaine. Elle voulait désespérément le supplier de la prendre avec lui. Elle pouvait aller à Londres, elle était en avance sur tous ses devoirs, ils pouvaient partir ensemble. Elle savait que c'était une pensée ridicule. Il ne dirait jamais oui à une telle requête, il pourrait même la mépriser d'avoir suggéré ça. Il était son professeur, elle était son élève et elle savait que c'était comme il voulait que ce soit. Mais ils se rapprochaient l'un de l'autre, comme attirés par un treuil et pas de leur propre gré.
Elle hésita et mit une main tremblante contre son estomac. Sentant pour la première fois la masse ferme de son corps sous ses vêtements. Contre sa volonté, sa propre main s'éleva alors, caressa de ses doigts sensibles la douce texture de son peignoir et il sentit la dureté d'un mamelon sous le tissu. Il devait arrêter ça, il le devait – simplement, il le ne voulait pas.
– Il y a des choses dont je dois m'occuper.
Il avait l'impression que sa bouche était pleine de billes. Ses doigts s'égarèrent plus bas, sur la ceinture nouée autour de sa taille et après un instant d'hésitation, plongèrent dans l'ouverture dans la robe.
Mais, au nom de tout ce qui était sacré et saint, qu'était–il en train de faire ? Il ne pouvait pas être en train de faire ça. Ce n'était pas rationnel et il était avant tout un être rationnel… La plupart du temps. Il n'était pas en train de tendre la main entre ses cuisses, non. Mais il le faisait et il savait qu'il le faisait.
– Le professeur Dumbledore prendra les Potions jusqu'à ce que je revienne, dit–il, espérant que le son de quelque chose de si banal ferait ressortir d'une manière ou d'une autre sa main de la chaleur entre ses jambes.
Sa respiration se saccada lorsque ses doigts caressèrent doucement les boucles humides à la jointure de ses cuisses, elle les sépara légèrement pour lui donner un accès plus facile et un long doigt effleura son clitoris avant d'entrer doucement dans son corps.
– E–et v–vous serez de retour d–diman–c–che ?
Doux Jésus, mais comment faisait–il ça ? Il était en elle, une fois de plus, d'autres doigts doués massaient son clitoris et elle oscilla contre sa main.
– Si…
Sa propre respiration s'entrecoupa il voulait l'attirer plus près et enfouir son visage dans ses cheveux mouillés.
– Si ce n'est pas avant.
Elle était si chaude et étroite à l'intérieur. Si elle faisait cet effet autour de son doigt, il ne pouvait qu'imaginer ce qu'elle serait autour de son pénis. Il la déchirerait, il était trop gros. Il voulait désespérément le découvrir. Il savait qu'il devait arrêter ça, ils pouvaient être surpris, quelqu'un pouvait sortir de sa chambre à coucher mais il ne pouvait pas s'interrompre parce qu'elle était si brûlante et humide et il la désirait tellement qu'il mourrait s'il ne l'avait pas.
Ils l'ont fait, pensa–t–il soudainement. Ils ont finalement trouvé un moyen de me tuer.
– Je p–pourrais vous v–v–voir quand vous r–r–reviendrez ?
Elle commençait à atteindre son point culminant et elle voulait qu'il continue, cela ne prendrait pas longtemps, elle y était presque.
– Je…
Il déglutit.
– Je…
Si elle déplaçait juste sa main plus bas…
– Oui, je…
Il haleta quand il sentit son corps se resserrer autour de ses doigts. Elle commença à se tendre contre sa main.
– Je crois que nous avons besoin de… discuter…
Il ferma les yeux, elle se mit à geindre silencieusement, en mordant sa lèvre, essayant de ne pas faire de bruit.
– …de certaines choses, finit–il.
Hermione jouit en projetant ses hanches dans sa main, elle trébucha, tomba contre lui et il la tint contre son corps, oubliant pour un moment exactement où il était, tandis qu'elle laissait échapper son orgasme d'une voix rauque. Elle ne pouvait pas parler, elle pouvait à peine penser. Elle pouvait entendre son cœur battre dans sa poitrine et elle réalisa qu'elle était pressée contre lui.
– Emmenez–moi avec vous, chuchota–t–elle, luttant pour rester sur ses pieds.
À ce moment–là, il était d'accord l'emmener où elle voulait, à condition que, quand ils y seraient, il puisse l'allonger et la baiser jusqu'à ce que aucun d'eux n'arrive plus à marcher.
– Je…
Il ne put répondre car Draco sortit du couloir, enveloppé dans un peignoir en soie. Il bailla largement en marchant droit dans le dos du Maître des Potions. Snape mit vivement Hermione sur ses pieds et enfonça sa main dans sa poche puis la retira, rectifia le peignoir de Hermione et le remit en place. Hermione était encore dans un état de béatitude et n'avait pas encore réalisée ce qui était en train de se passer.
Draco Malfoy n'était pas idiot. Bien qu'il eut quelques difficultés à croire qu'il était même possible que Hermione Granger et Severus Snape puissent éventuellement être en train de faire quelque chose de vaguement sexuel l'un avec l'autre, la chaleur et la tension qui émanaient d'eux par vagues étaient presque palpable. Il y avait aussi le fait qu'il avait vu Hermione appuyée contre Snape et la main du professeur dans sa robe.
– Pardon, dit–il en baillant à nouveau. J'ai interrompu quelque chose ?
– Non, bien sûr que non.
Severus redevint brusquement et très rapidement le professeur Snape.
– J'étais simplement en train de dire à Miss Granger que je n'enseignerai pas aujourd'hui et qu'elle devait poursuivre ses solutions planétaires pour le restant de la semaine. Je crois bien que vous devriez faire de même.
– D'accord, si tu le dis, Oncle Severus.
Draco fit un large sourire. Une ombre de rougeur se répandit sur la chair de Snape et il se tourna vers Hermione.
– Pendant que je serai absent, le directeur a requis votre aide afin de vous assurer qu'au moins une des solutions de Mr Potter fonctionne réellement. Il est plutôt inquiet que Potter ne passe pas cette année.
Hermione était sidérée. Comment pouvait–il passer si rapidement de l'homme qu'elle voulait jeter par terre et agresser sexuellement à son sarcastique Maître des Potions ?
C'est parce que c'est ton sarcastique Maître des Potions, espèce d'idiote.
– Oui, Professeur, parvint–elle à dire, mais il avait déjà tourné les talons et se dirigeait hors de la pièce.
Ses jambes commencèrent à trembler et elle sentit un bras s'étendre autour de sa taille. Elle regarda Draco lui faire un large sourire.
– Et bien, Miss Granger, dit–il en l'aidant à retourner dans sa chambre. Je crois qu'il t'apprécie.
– Je…
Elle rougit tandis qu'ils titubaient dans sa chambre et elle s'affaissa sur le lit,
– Je…
– Et je pense que nous avons découvert qui t'a fait ces suçons.
Elle secoua sa tête.
– S'il te plaît, ne…
– Je ne vais rien dire.
Il rit doucement
– Mais j'ajouterais : bon travail. Je ne sais pas comment tu as réussi ça.
Quelque chose fit tilt dans sa tête.
– Oncle Severus ?
– C'est mon parrain, techniquement pas un oncle mais je l'appelle juste comme ça quand je veux l'emmerder un peu.
Draco rit tout bas.
– Ou quand je veux lui faire savoir que je ne suis pas dupe.
– Tu ne le diras pas ?
– Bien sûr que non.
Il fronça les sourcils
– Mais tu devrais aller prendre un bain, tu sens comme si tu venais juste de tirer un coup.
La bouche de Hermione s'ouvrit en grand et Draco sortit de sa chambre, en ricanant toujours, en route pour sa douche matinale.
oOo
Ron Weasley était de vraiment très mauvaise humeur. Sa soirée ne s'était pas déroulée comme prévu, il s'était pleinement attendu à avoir une rose sur le contrat et pouvoir ainsi faire étalage de sa réussite – mais certainement pas de sa maîtresse – à son ami moins couronné de succès. Quand il l'avait laissé, Harry était assis seul dans la salle commune et projetait d'aller au lit de bonne heure mais, quand Ron était revenu aux environs de deux heures du matin, il y avait un des plus gros boutons de rose que Ron ait jamais vu sur le rosier de Harry. Ron avait un bouton de rose sur le sien mais il était plutôt petit et il paraissait brunâtre et fané.
Comme si cela ne suffisait pas, quand il s'était réveillé à sept heures du matin, Harry dormait dans son propre lit, l'air satisfait et il y avait un autre énorme bouton de rose sur l'arbuste. Pour rendre les choses pires, il y avait un autre bouton sur le rosier de Hermione également. Celui de Harry avait des roses rouges, celui de Hermione était rose et Ron ? Eh bien, à ce qu'il pouvait voir, les fleurs auraient dû être jaunes mais elles n'étaient que marron, comme desséchées.
Harry était resté tout à fait muet sur l'identité de la mystérieuse femme et sur ce qui s'était exactement passé pour gagner les boutons. Il avait toutefois compris que Harry avait été gratifié d'une pipe et que, putain, ça avait été époustouflant. Ron en avait ressenti une lame de jalousie si forte qu'il avait failli cracher.
Alors, maintenant qu'il était collé au petit déjeuner avec un Harry qui n'était pas tout à fait là, il regardait furieusement vers la table de Hermione. Elle était assise avec Lavande d'un côté et ce putain de Draco Malfoy de l'autre. Hermione ne semblait pas très à l'aise et cela avait probablement quelque chose à voir avec le fait que Viktor Krum était assis à la table des professeurs et qu'il avait été introduit par Dumbledore comme le nouveau Maître des Sports.
Ron examina froidement Krum et ricana.
– Eh bien, on dirait que c'est la série de Hermione, dit–il à Harry. Krum est de retour, je dirais que c'est juste une question de temps avant qu'elle n'obtienne sa rose.
Harry regarda Krum et fronça les sourcils comme s'il venait seulement de réaliser qu'il était là.
– Est–ce que Hermione n'avait pas laissé tomber Viktor Krum ? demanda Harry, revenant à lui momentanément. Il lui envoyait toutes ces lettres vraiment grossières. D'ailleurs, il n'y en avait pas une qui contenait un maléfice ? Pourquoi ferait–elle quelque chose avec lui ?
– Eh bien, il est mieux que Malfoy, non ?
Ron mordit dans son pain grillé et toisa Draco.
– Je ne peux pas croire qu'elle ait laissé ce connard la toucher.
Harry rougit et sentit une vague de protectionnisme balayer son corps. Il regarda Draco qui lui décocha un sourire qui faillit le faire fondre.
– Je ne crois pas qu'elle ait fait quoi que ce soit avec Draco, dit–il.
– Oh, allez !
Ron s'étouffa presque.
– Tu les as vus !
– Oui, mais peut–être qu'il y avait une bonne explication.
– Laquelle ? Comme celle où ils étaient en train de parler de métamorphoses et qu'elle l'a embrassé sur la joue, sans aucune raison apparente ?
– Sûrement, pourquoi pas ?
– Une explication, mon cul !
Il jeta ce qui était resté de son pain grillé dans son assiette.
– On devrait l'amputer de ses lèvres puisqu'elle a touché les siennes. Nom de Dieu, tout ce que cette bouche touche doit être contaminé.
Harry remua, mal à l'aise et se demanda ce qui arriverait à son pénis si Ron découvrait exactement où la bouche de Draco Malfoy avait été.
– Arrête, Ron, il n'est pas si mauvais.
Ron resta bouche bée devant Harry, comme s'il avait soudainement développé une folle hystérie.
– Pas si mauvais ?
Il regarda autour de lui pour obtenir du soutien.
– PAS SI MAUVAIS ?
Maintenant la moitié de la Grande Salle le dévisageait.
– Tu rigoles ou quoi ? Puis–je te rappeler que son père a essayé de te tuer en de nombreuses occasions ? Cinquante fois, non ?
– En réalité, quatre fois.
Harry commença à sourire.
– Et combien de fois la petite fouine blonde a essayé de te jeter un sort ?
– Ça se chiffrerait en millier.
Il souriait franchement maintenant, à l'autre bout de la table, Draco était en train de manger quelque chose qui ressemblait à du yaourt. Il suçait comiquement sa cuillère en regardant fixement Harry.
– Et qui serait devenu un Mangemort si la guerre avait continué ?
– Eh bien, on n'en sait rien.
– Ouais, il ne s'est même pas battu, il s'est caché chez lui comme un putain de lâche. S'il avait combattu, on aurait pu tous avoir de la chance et tu aurais pu tuer cette saloperie de petite merde.
Harry tressaillit sur son siège et il dût refouler la vague d'angoisse qui coulait à travers lui. Ça n'avait plus d'importance maintenant, ça n'était jamais arrivé. Draco n'était pas devenu un Mangemort, il n'avait pas combattu durant la guerre, il était là, assis à l'autre bout de la table et il était sain et sauf. C'était tout ce dont Harry se préoccupait. Draco fit un clin d'œil et Harry se mit à rire.
– Alors maintenant, c'est amusant ?
– Non, Ron, c'est juste que…
Il soupira et roula ses yeux, il ne voulait pas vraiment se disputer maintenant, pas quand il se sentait si bien.
– Okay, t'as raison.
Ron fronça les sourcils
– D'accord, bien.
Il ramassa son pain grillé et commença à manger. Harry soupira. Pour dire à Ron au sujet de Draco, si tout marchait, il aurait besoin d'une cuve de drogue tranquillisante pour cette petite conversation. Il baissa les yeux à nouveau sur la table mais Draco était en train de parler à Hermione, en grimaçant d'un sourire plutôt diabolique, il avait l'air appétissant. Hermione semblait encore mal à l'aise mais elle paraissait apprécier sa compagnie.
La culpabilité qu'il avait ignorée dans l'euphorie matinale refaisait finalement surface. Il allait devoir faire quelque chose pour réparer ce qu'il avait fait. Ce devait être quelque chose d'énorme. Vraiment, vraiment énorme. Il ne savait pas encore quoi. Si quelqu'un à qui il faisait confiance le frappait – bon, le frappait et le cognait dans une cheminée, en fait – il aurait des difficultés à lui pardonner.
Hermione était pourtant différente de lui et il le savait. Elle pardonnait aux gens, souvent aux personnes qui ne méritaient pas d'être pardonnées. Il devait juste être honnête avec elle. Et en cela se trouvait le problème. Il regarda Ron, qui avait tourné le dos et parlait à Padma de l'autre côté. Comment leur annoncerait–il une chose pareille ? C'était une chose de vouloir être franc et honnête avec eux mais c'était tout à fait une autre chose de dire : « Ron, Hermione, je suis gay, je suis amoureux de Draco Malfoy et il m'a taillé une pipe vraiment d'enfer hier soir » – ou quelque chose d'approchant.
Il se mit à sourire et se glissa à nouveau dans son propre monde euphorique. Oui, il devait bien avouer que Draco Malfoy taillait vraiment des pipes d'enfer.
oOo
Le fait que Krum était non seulement à l'école, mais aussi qu'il y enseignait, contrariait infiniment Hermione. Elle avait travaillé dur pour se cacher de lui. Elle avait créé et maintenu des barrières qui masquaient les endroits où elle se trouvait et maintenant il s'était rappliqué et elle était là. Elle se serait donné des coups de pied de ne pas avoir parlé à Dumbledore du maléfice que ce bâtard lui avait envoyé par la poste. Néanmoins, raisonna–t–elle, si Dumbledore l'avait engagé, c'est qu'il ne devait représenter aucun danger pour elle. Dumbledore n'engagerait sûrement pas un maniaque.
Et pour le professeur Quirrel ? Ou Gilderoy Lockhart ?
Tout le monde avait ses mauvais jours. Elle dévisageait Krum nerveusement.
Dumbledore croit aux secondes chances, alors pourquoi pas toi ?
C'était un bon point et elle savait qu'elle devait le suivre. Pourtant, elle ne se décidait pas à créer d'elle–même un contact visuel avec Krum, à moins qu'il ne vienne directement vers elle et ne commence à lui parler, et jusqu'ici il l'avait nettement ignorée. Elle porta son regard vers le bout de la table, vers Harry qui lui adressa un sourire hésitant, elle détourna les yeux, elle était encore en colère contre lui. Elle avait réussi à éviter d'avoir un bleu là où il l'avait frappée mais ça faisait toujours mal en dépit de la potion antidouleur qu'elle avait faite. C'était typique de sa chance d'avoir une dispute avec Harry juste au moment où Krum arrivait.
Elle regarda mélancoliquement la place vide de Snape et se demanda où il était exactement et si elle lui manquait. Draco lui avait expliqué pour quelle raison il allait à Londres mais ça n'avait pas vraiment réfréné le besoin qu'elle avait de lui.
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Un voyage à Londres au milieu de l'année scolaire ne faisait pas partie des projets de Severus Snape. Surtout pas maintenant quand il avait tant de choses à mettre en ordre dans sa propre vie. Il avait encore des difficultés à croire en la situation dans laquelle il se trouvait. Il n'avait jamais fait l'expérience d'une femme qui le voulait réellement, une femme qui se laissait toucher, qui voulait qu'il la touche ! Après avoir quitté Hermione, son intention était de partir directement pour Londres, mais il était retourné à sa chambre, s'était branlé, avait pris une autre douche et avait souhaité plus que tout l'emmener avec lui.
C'était sans doute une bonne chose qu'il parte. Il avait besoin de s'éloigner d'elle. Le fait que cette expérience soit si nouvelle et si récente était sûrement la raison pour laquelle il ne pouvait pas se contrôler. Cette attirance était incompréhensible pour lui, oui, il avait été conscient de sa présence mais pas d'une manière qui rende son comportement déraisonnable. Certainement pas à un point qui lui ferait abandonner toute raison et attenter à sa pudeur au milieu de la salle commune juste avant qu'elle ne soit remplie d'étudiants. Sa conduite de ce matin était complètement irrationnelle. Il devait l'oublier et il n'y avait pas de meilleur endroit pour le faire que dans un lieu qu'il méprisait véritablement.
Il détestait Londres, il haïssait la ville entière, ses rues serrées et la foule de Moldus qui grouillaient même dans la plus étroite des allées à toute heure du jour ou de la nuit. Bien qu'il trouvait ça lui–même complètement irrationnel, Snape détestait les Moldus. Il en avait débattu intérieurement maintes et maintes fois et avait décidé que ce n'était pas qu'il avait la moindre discrimination contre eux mais il trouvait simplement leur existence futile. Comme pour prouver son point de vue, il tourna au coin d'une rue et se retrouva face à un immense kiosque à journaux WH Smith, de grandes affiches de magasines étaient visibles contre les vitres, l'un d'elle proclamait Les Stars sans leur maquillage et mettait en vedette sur la couverture une série de Moldues à l'air boutonneux. Il n'avait aucune idée de qui était Mélanie Griffith, ni pourquoi elle était si importante que des Moldus payaient pour la voir sans son maquillage mais, manifestement, ils le faisaient. Il sourit d'un air méprisant et dégoûté et continua à marcher. Si ce n'était pour Draco, il ne serait jamais venu.
Il y avait très peu de personnes au monde à qui Snape acceptait de rendre service et encore moins à qui il ne pouvait rien refuser. Draco Malfoy rentrait dans cette dernière catégorie, ainsi que Minerva, Dumbledore et Lucius. Une agaçante petite voix dans sa tête ajouta Hermione à la liste et il devait concéder que c'était probablement vrai, bien qu'il ne l'admettrait jamais franchement et ne le lui dirait jamais. Diabolique petite dévergondée aux lèvres douces et aux boucles sauvages et indomptables qui frisottaient quand elles étaient humides.
En fait, il était devenu le parrain de Draco des années auparavant, avant que Lucius ne soit plus que la brute sanguinaire de Voldemort. Bon, Lucius avait toujours été la brute sanguinaire de Voldemort, mais il avait été différent autrefois. Snape avait de bons souvenirs de lui. Lorsqu'il était enfant, le jeune Severus avait idolâtré son voisin incroyablement beau, de six ans son aîné. Snape avait senti que la tragédie de sa vie était de ne pas avoir tourné de la même manière. Il avait observé les habitudes de Lucius avec une ferveur presque religieuse, admirant même son habitude plutôt agaçante de tout arrêter afin de noter quelques ridicules pensées qu'il avait – ou une citation qu'il avait entendue ou un foutu truc écrit sur le flanc d'un immeuble – dans le carnet qu'il transportait partout avec lui. Bien sûr, Lord Voldemort n'avait pas partagé l'admiration de Snape et avait soumis Lucius à quinze minutes de Doloris parce qu'il n'avait pas écouté durant une réunion et, de cette façon, il avait mis fin à cette habitude. En premier lieu, c'était Lucius qui lui avait fait rencontrer le Seigneur des Ténèbres – alors peut–être qu'il ne devait pas le remercier pour la façon dont les événements avaient tourné.
La dernière fois que Severus avait parlé à Lucius avait été après que la bataille fut gagnée. Voldemort s'était réfugié dans une tour à demi effondrée et c'était là qu'il avait été tué Lucius y était entré et avait été pris. Severus l'avait transporté hors des débris de la tour, sachant qu'il était inévitable qu'il reçoive le Baiser mais espérant peut–être que son destin serait différent. Il ne voulait pas le laisser mourir là. Lucius, affaibli par les sorts de stupéfixion, l'avait regardé, avait réalisé que c'était un traître et il avait ri. C'était si typique de Lucius, ce bon vieux Lucius, riant de sa propre stupidité. Puis il avait regardé Snape avec sérieux et avait murmuré : « Veille sur Draco, veux–tu » avant de s'évanouir. Ce furent les dernières paroles que Severus entendit de lui.
Il ramena rapidement son esprit à la tâche à venir. Il avait informé Draco qu'il irait à Londres pour chercher Narcissa et donc, un peu après dix heures du matin, il se retrouva dans Soho, rejoignant les épaves et les rebus de l'humanité moldue qui peuplaient les rues sales de Londres. Il se fraya un chemin devant des étals du marché et des sex-shops, à la recherche de la façade grise du Musée des Antiquités et des Arts Magiques.
Snape n'avait jamais compris pourquoi il n'était pas situé dans un secteur sorcier. Que le plus important musée sorcier du monde soit situé au cœur du quartier des bordels moldus, coincé entre une boutique de lingerie et une librairie adulte, était une vraie farce. Bien que lorsque le musée avait été construit, c'était encore la rase campagne.
Il n'était pas allé au musée depuis qu'il était enfant. Ça avait été un de ces jours étranges où son père était dans une humeur particulièrement cruelle et sa mère avait senti le rare besoin de l'en protéger. Elle avait acheté des billets pour le musée, les billets étaient des Portoloins qui les avaient transportés dans une rue voisine. Il pleuvait ce jour–là et elle avait senti le besoin de les sortir de là. Elle avait regardé l'entrée principale, avait soupiré un peu quelques instants, avant de dire d'une voix aiguë qui signifiait qu'elle essayait de paraître enjouée et compréhensive avec lui :
– Allez, Severus, tu aimeras ça, cet endroit est plein de toutes sortes de choses intéressantes.
C'était un enfant maussade mais il avait levé les yeux vers elle et avait essayé de sourire à travers ses cheveux trempés de pluie. Il avait détesté chaque centimètre carré de ce musée.
Quelques trente–quatre ans plus tard, il pouvait encore sentir le froid piquant de la pluie sur son visage. Il fléchit les doigts de sa main droite, comme s'il les avaient tenu si serrés qu'ils faisaient mal et tourna au coin de Bouchier Street. Le musée apparut soudain devant lui, deux Aurors à l'air frigorifié et misérable étaient postés à la porte – ironiques gardiens pour des Mangemorts. Il souhaita un instant avoir revêtu un ensemble convenable de robes, plutôt que ces pantalons, pull–over et long manteau noirs moldus mais ça aurait été stupide de traîner dans Londres dans ses plus beaux atours sorciers. Il aurait préféré boire sa propre urine que de supporter les regards des Moldus qui pensaient qu'il était fou.
Il grimpa les marches, fit un signe de tête aux Aurors qui l'observèrent d'un air méfiant et entra dans le musée. La première sensation qui le frappa fut l'odeur cette même odeur de renfermé qu'il se rappelait de son enfance. Elle imprégnait chaque molécule d'air, elle devait être imprégnée dans la pierre même des murs. Il y avait beaucoup de sorcières qui fourmillaient à l'entrée, toutes habillées de vêtements moldus avec divers degrés de réussite, chacune tenait la main d'un petit enfant qui aurait tout fait pour se trouver à des milliers de kilomètres de cet endroit.
Deux sorcières le regardaient, elles l'avaient reconnu de l'école et elles frissonnèrent clairement. Il réprima un sourire moqueur, il aimait qu'on se rappelle de lui. Ce fut ensuite à son tour de trembler lorsqu'elles se tournèrent et qu'il vit une grande pancarte annonçant que l'Exposition de Magie Noire qui devait arriver ouvrirait ses portes une semaine plus tard. Il frémit en pensant au Ministère qui mettait des gens en exposition comme si c'était le Moyen-Âge. Snape n'avait pas de doute que cela serait un énorme succès. Il marcha vivement vers un bureau décoré d'un écriteau d'information surchargé et regarda l'elfe de maison à l'air nerveux qui se tenait sur un tabouret, attendant d'être utile.
– Je suis ici pour voir le conservateur concernant la récupération de la dépouille de Mrs Narcissa Malfoy, murmura–t–il doucement.
Il n'était pas nécessaire de faire savoir à tout le monde ce qu'il faisait ici.
– Est–ce que Monsieur a des lettres de recommandations ? demanda l'elfe de maison avec plus d'arrogance que Snape pensait qu'un elfe de maison pouvait posséder.
Il n'avait pas l'habitude de s'adresser à la plupart des gens avec politesse, il gèlerait en enfer avant qu'il ne se prosterne devant un elfe de maison !
– J'ai des lettres à montrer au conservateur. Maintenant, va le chercher pour moi avant que je ne te donne un chapeau.
L'elfe de maison tremblota, inclina sa tête de terreur et disparut. Il revint moins d'une minute plus tard, toujours tremblant et toujours courbé et pria Snape de le suive dans le musée.
A suivre…
Voilà, merci d'avoir lu jusque-là. J'attends vos commentaires.
Bisous.
Falyla
