Titre : Objects of Desire

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Auteure : Azrael Geffen

Traductrice : falyla

Correcteurs : falyla/Florent

Paring : Harry Potter/Draco Malfoy Hermione Granger/Severus Snape

Rating : M/NC-17

Etat de fic originel : terminée (20 chapitres divisés en 59 parties)

Etat de la traduction : terminée

Disclaimer: Les personnages appartiennent à l'univers de JK Rowling, l'intrigue est à Azrael Geffen, avec son aimable autorisation.

Warning : slash, scènes de sexe très graphiques, torture, viol, meurtre, tentative de suicide, drogue, abus d'alcool, langage cru.

Site : à cause des thèmes abordés, je ne sais pas si cette fic sera autorisée à rester sur FFnet, je la publie donc en parallèle sur AO3 sous le même pseudo.

Mise en ligne : sauf contretemps inattendu, le lundi, le mercredi et le vendredi.

Résumé : Après la fin de la guerre, Harry, Ron et Hermione décident de revenir à Poudlard pour obtenir leurs ASPICs. Avant la rentrée, lors d'une soirée très avinée, ils établissent et signent un pacte magique où ils s'engagent à perdre leur virginité pendant cette 8ème année.

Note de la traductrice : Un petit mot pour vous dire que je serai en vacances la semaine prochaine et les deux suivantes, ce qui nuira probablement à une mise en ligne aussi soutenue. Même si cette fic est déjà entièrement traduite, il reste toujours la relecture attentive, le découpage et la nouvelle mise en page pour qu'elle soit compatible avec AO3. Bref, on verra. Mais si ça arrive, ne vous inquiétez pas, je serai de retour prochainement.

A la review d'un guest anonyme qui trouve ce texte vraiment trop dur malgré tous mes avertissements et me demande si tous les passages avec Lucius sont bien nécessaires ou purement ornementaux pour étoffer la trame principale… j'ai envie de répondre simplement oui, tout cela est indispensable à la trame parfaite que l'auteure a ficelée. Si Azrael Geffen a fait de Semeuse un être absolument abject, c'est qu'elle avait ses raisons…

Bonne lecture.

Objects of Desire

Chapitre 9 (1ère partie)

Petite chanson sur l'amour et la haine

Harry dormit mal, seul dans son lit, incapable de se réchauffer. Le son de la respiration de Draco lui manquait, ainsi que le paisible mouvement de sa poitrine et les battements de son cœur. Sa chaleur aussi lui manquait, celle avec laquelle il réchauffait son âme et éloignait les voix qui le hantaient.

Étendu dans la pénombre à écouter les ronflements de Ron, il aurait aimé que ce son soit plus proche et appartienne à une autre personne. Il ensorcela son oreiller afin qu'il imite la respiration d'une personne et qu'il émette le battement d'un cœur mais tout cela était inutile, ce n'était pas Draco. Il n'y avait pas cet enchevêtrement intime de membres, pas cette chaleur exquise, ni ce parfum unique d'épices et de sueur propre.

Au final, il resta simplement étendu dans le noir, les yeux fixés au plafond en attendant la froide lumière de l'aube. Il laissa le silence l'entourer, l'oppresser jusqu'à ce qu'il n'en puisse plus puis se laissa oppresser plus encore. Cela faisait moins d'une semaine qu'il était entré dans le lit de Draco et déjà, il sentait que son corps était tellement au diapason de celui de son amant qu'il ne pouvait plus s'en passer.

Non pas qu'il ait dormi bien avant cela…

Le matin venu, Harry se retrouva replongé dans sa routine journalière. La plupart de ses camarades, même s'ils avaient été à Pré–au–Lard la veille, étaient descendus prendre leur petit déjeuner. Par contre Draco, qui n'y était pas allé, ne se montra pas. Harry n'avait même pas pris la peine de se coiffer et regardait dans sa tasse de café comme si elle pouvait contenir des réponses aux questions qu'il ne se posait pas. Des cernes violets s'étalaient sous ses yeux et il ne s'était ni douché ni rasé.

– Tu ressembles à une merde, tu sais ?

– Merci, Ron.

– J'énonce simplement une évidence, vieux.

Harry dut bien admettre que Ron avait raison, dire qu'il ne s'était même pas brossé les dents…

– Hermione a un autre bouton de rose, annonça Ron en lançant un regard mauvais à la jeune fille de l'autre côté de la table.

Il ne se souvenait plus très bien de la raison de sa colère envers elle mais il était néanmoins toujours en colère.

– Elle n'était pas avec Krum, hier soir ?

– Hein ?

Harry fronça les sourcils et dû se concentrer sur ce que venait de lui dire Ron avant de pouvoir formuler une réponse correcte.

– Oh… Ouais, c'est vrai, elle était avec lui.

– Eh bien, on dirait qu'il a joué aux doigts collants.

– Putain, Ron, c'est dégueulasse.

Ron éclata de rire.

– Eh, mon pote, ton buisson est tellement rempli de roses qu'un second est apparu sur le contrat, alors je pense que tu dois être habitué à l'idée maintenant.

Harry sentit ses joues prendre une teinte rouge vif et replongea dans la contemplation de son café. Ainsi, Hermione avait succombé à Krum ? Il se sentit étrangement dérangé par cette idée. Et, bien qu'il méprisât Snape, il aurait cru Hermione plus loyale que cela. Il lança un regard interrogateur à la jeune fille qui à son tour regarda Ron d'un air méprisant, se leva et vint s'asseoir près de Harry.

– Mais voilà notre petite reine du sexe de Poudlard, cracha Ron avec amertume.

– Moi au moins j'en ai, Ron, rétorqua Hermione sèchement.

Elle venait juste de renvoyer à Krum un bouquet de roses qu'il lui avait envoyées. Car après une nuit passée à s'interroger, elle avait décidé qu'il serait mieux de couper tout contact avec lui, même si pour cela elle devait se montrer froide et cruelle. Elle n'avait pas vraiment envie de voir cette histoire de courrier piégé se répéter. Elle se tourna vers Harry et secoua la tête.

– Tu as une tête affreuse.

– Merci, murmura Harry. Au fait, ça ne devait pas être qu'un dîner amical ?

– Ça devait, oui… Je me suis ennuyée comme un rat mort et puis ce salaud a essayé de me tripoter sur le chemin du retour.

– Il a réussi, on dirait.

– Hein ?

– Le contrat. Tu as un autre bouton de rose.

– Oh…

Hermione rougit puis afficha un sourire malicieux. Elle regarda Severus, leurs regards s'accrochèrent quelques instants, juste le temps pour elle de remarquer un début de sourire sur son visage avant qu'il ne se détourne. Son sourire s'agrandit.

– Ce n'était pas Krum, dit–elle doucement.

Harry regarda Snape, qui lui renvoya un regard noir. Le professeur McGonagall était assise à côté de lui, Harry n'en était pas certain mais il semblait qu'elle prenait un malin plaisir à le tourmenter.

Ce qui était impossible, qui oserait tourmenter le Maître des Potions ?

Mais aussi, qui oserait le trouver sexy ?

Harry reporta son attention sur Hermione, se demandant comment il était possible que ses goûts soient devenus aussi mauvais. Puis il eut un sourire, cette fille était décidément pleine de surprises.

– Dis–moi, entre le dîner et Krum qui t'a pelotée, quand as–tu trouvé du temps pour Snape ?

– La Forêt Interdite, en revenant.

Harry, qui avait jusqu'alors eu l'air parfaitement misérable, éclata d'un rire sonore. Ron, quant à lui, avait si ostensiblement ignoré Hermione, qu'il n'avait pas entendu un seul mot de leur conversation, leur lança un regard noir et se détourna afin d'accorder à Padma toute son attention.

– Je vois que tu es toujours en désaccord avec…

Hermione baissa la voix.

– Heu… Tu sais, la personne avec qui tu es en désaccord.

Harry fronça les sourcils et retourna à son café.

– C'est pas vraiment un désaccord, répondit–il à mi–voix. On a simplement réalisé à quel point on était différents.

– Et tu ne le savais pas avant ? grogna Hermione. Bon dieu, Harry ! Oublie tout ça et va t'excuser d'avoir traité son père de… De quoi déjà ?

– De saloperie de fils de pute démoniaque.

– D'accord, de saloperie de fils de pute démoniaque et réconciliez vous.

– Mais son père est vraiment une saloperie de fils de pute démoniaque.

– Tout le monde le sait mais Draco l'aime et tu vas devoir t'y faire. Je veux dire… Qu'est–ce qui pouvait lui arriver de pire ? Ce mec est un légume maintenant. Et quand l'exposition sera terminée, Draco le remisera au grenier où il prendra la poussière.

– Je ne vois pas Draco mettre son père au grenier.

– Ouais, mais il ne peut pas non plus l'exposer.

– T'as raison.

Hermione leva les yeux au plafond en entendant un bruit d'ailes.

– Tiens, le courrier.

Harry n'attendait jamais de courrier mais ces derniers temps, il en avait tout le temps. Cette fois–ci, c'était une lettre de Tonks, une autre de Lupin et sa Gazette. Il mit les lettres de côté et déroula son journal avant de regarder autour de lui au cas où Draco avait décidé de descendre.

Ron riait, d'un rire fort et joyeux. Il donna un coup de coude enthousiaste à Harry.

– T'as vu, Harry ? Oh, putain, j'aimerais trop que Malfoy soit là, j'adorerais voir sa réaction sur sa sale gueule de petit branleur !

De quoi parlait–il ? Harry fronça à nouveau les sourcils. Le rire de Ron était devenu hystérique, Harry regarda Hermione et haussa les épaules mais elle ne lui rendit pas son geste, elle regardait la première page de la Gazette, bouche bée. Le jeune homme regarda à son tour le journal et cela lui prit quelques secondes afin de réaliser ce qu'il voyait.

En première page, il y avait un article sur l'ouverture de l'exposition de Magie Noire et des Mangemorts à Londres et l'illustration était une grande photographie en couleur de Lucius Malfoy.

Une saloperie de fils de pute démoniaque, soit dit en passant.

Excepté peut–être que Harry ne pouvait plus penser cela. Il ne l'avait plus vu depuis la dernière bataille et n'avait aucune idée de ce que faisait le Baiser du Détraqueur. Confronté à cette réalité, Harry sentit un poids lui comprimer l'estomac. Malfoy était immobile dans sa cage, si immobile qu'on aurait pu croire que la photographie était moldue mais Harry savait que ce n'était pas le cas, car les reflets dans la vitrine bougeaient. Seul Malfoy était immobile.

En dépit de la longue robe qui le couvrait, Malfoy était de toute évidence pitoyablement maigre, sa peau était bien trop pâle et il tremblait. Oui, il tremblait, c'était le seul mot… Il avait l'air d'être conscient de ce qui se passait autour de lui et semblait effrayé. Et son visage reflétait une évidente impuissance, il était à la merci de ses geôliers. Cet endroit était celui où tout le monde avait voulu qu'il soit et à présent qu'il y était, Harry prenait pleinement conscience de l'horreur de cette situation.

– C'est… commença Hermione.

Elle avait du mal à parler.

– C'est macabre.

– Putain, mais c'est hilarant, voilà ce que c'est ! répliqua Ron.

Il avait l'air de jubiler, comme s'il venait à nouveau de gagner la guerre.

– Ron ! s'exclama Hermione, lui lançant un regard peu amène. C'est horrible, totalement barbare.

– Oh, allez, il a mérité ce qui lui arrive, non ? J'ai hâte de voir la Fouine pour lui montrer ça, j'ai envie de le lui mettre en plein dans la tronche.

– PUTAIN ! N'Y PENSE MÊME PAS !

Harry s'était levé si vite que sa tasse était tombée par terre où elle s'était brisée.

– Ne l'approche pas ! Qu'est–ce qui t'arrive, Ron ? Depuis quand t'es devenu ce petit connard vindicatif ?

– Petit connard vindicatif ? répéta Ron en se levant à son tour, son poing crispé sur sa baguette, à l'intérieur de sa poche.

Il hésitait à la sortir car Harry était son ami. Et il était aussi Harry Potter. Qui irait pointer sa baguette sur Harry Potter ?

– C'est de Malfoy qu'on parle là, continua–t–il d'un ton presque suppliant. C'est pas comme si on en avait quelque chose à faire. Depuis quand t'es inscrit au fan–club de ce putain de Draco Malfoy ?

Harry ne répondit pas, il se contenta de regarder méchamment son soi–disant ami et soudain il se mit à le haïr de tout son être.

– Draco n'est pas son père, fit remarquer Hermione. Pourquoi cherches–tu autant à le blesser avec ça ?

– Mais parce que c'est un putain de Malfoy ! s'exclama Ron, exaspéré. Et parce que c'est l'occasion idéale. Ce mec est un trou du cul, s'il le pouvait, il vous ferait la même chose. En plus, ça me fait marrer.

– Ouais, cracha Harry. J'aimerais bien voir comment tu rirais si ça t'arrivait.

– Et ben, ça peut difficilement m'arriver, hein ? reprit Ron d'un ton venimeux. Mon père n'est pas un putain de psychopathe.

– Non, pas ton père.

– Ce qui veut dire… ?

– Oh, va te faire voir, lança Harry avant de tourner les talons.

Il n'avait pas le temps pour ça. Il n'avait pas le temps pour un bras de fer avec Ron et son drôle de sens de la justice. Il voulait juste sortir de la grande salle et retourner à la tour sud ouest, vers Draco, tout en espérant qu'il n'ait pas reçu son exemplaire de la Gazette.

oOo

– Alors, qu'est–ce que tu faisais dans la forêt hier soir ?

Snape recracha la gorgée de café qu'il était sur le point d'avaler et regarda Minerva, les yeux écarquillés.

– Mais, exactement ce que j'ai dit, répliqua–il d'une voix beaucoup plus calme que lui ne l'était. Je pissais dans les bois.

– Vraiment ? Pendant vingt minutes ? sourit Minerva. Tu n'as pas idée des difficultés que j'ai eues à retenir Mr Krum au restaurant, tu devrais me remercier.

Un étrange rire nerveux s'empara de Snape, il réussit à le maîtriser mais sa voix monta dans les aigus.

– Pour… Pourquoi tu as retenu Mr Krum ?

Minerva regarda ostensiblement Hermione, qui était en train d'étaler de la confiture sur un muffin, les joues un peu rougies.

– Elle est très jeune, Severus, dit–elle lentement.

– Trop jeune, répondit Snape d'un air absent, puis il secoua la tête afin de reprendre ses esprits. Je ne sais pas de quoi tu parles.

Son ton n'était pas convaincant, lui même pouvait entendre une note de désespoir dans sa voix et ça n'était pas bon. Il se concentra un instant afin de retrouver son habituel air impassible, le seul avec lequel il pourrait affronter cette matinée… Et Minerva.

– Je ne sais pas pourquoi tu es de si mauvaise humeur, dit Minerva en se servant du thé. Tu ne t'es pas fait attraper et tu sais qu'elle n'est pas rentrée avec Mr Krum, tu devrais être content.

Snape ne répondit pas. Il n'avait vraiment pas envie de se justifier devant Minerva et à dire vrai, il était mortifié d'avoir été si facilement démasqué. Et en cet instant, la chose qui aurait le plus ravie Minerva aurait été de le séquestrer dans une pièce afin de lui extorquer un à un tous les détails de cette sordide histoire. Mais bien sûr, Snape se serait amputé d'un membre plutôt que de la laisser faire une telle chose.

Alors il la laissa s'amuser et reporta son attention sur Hermione. La jeune fille croisa son regard et lui sourit, il lui rendit presque son sourire mais avant de le faire il se rattrapa. Il ne ferait rien qui pourrait montrer au reste des convives qui il désirait le plus au monde, rien, comme par exemple sourire comme un idiot en public.

Comment était–ce arrivé ?

Dans le même temps, il fut amusé de constater à quel point Krum avait l'air misérable, en plus de sa gueule de bois. Son regard impassible balaya la salle avant de se fixer sur Hermione et de se faire plus noir encore.

Ouais, tu peux continuer à la regarder, petit branleur de Bulgare, tu ne l'auras pas. Elle est à moi.

Il devait arrêter d'avoir ce genre de pensées.

La veille, il était revenu sur ses pas afin de la retrouver et était arrivé juste à temps pour la voir repousser Krum – à qui il avait failli jeter un sort rien que pour l'avoir touchée mais vu qu'elle l'avait remis en place… – puis il l'avait suivie jusqu'à sa tour, histoire de s'assurer qu'elle était bien en sécurité. À ce moment là, il aurait voulu la traîner jusqu'aux cachots et il ne doutait pas qu'elle l'aurait suivi de son plein gré.

Mais il devait vraiment arrêter d'avoir ce genre de pensées.

Il s'était même dit que Minerva pouvait avoir raison, qu'il pouvait succomber à l'attirance et que l'amour viendrait plus tard. Mais après y avoir cru quelques heures durant, il s'était finalement dit que tout cela était ridicule. Hermione était son étudiante et elle était si jeune. Elle n'irait pas s'attacher à un vieil homme tel que lui – pas qu'il soit si vieux, si l'on considérait l'espérance de vie dans le monde sorcier, il était même plutôt jeune – pour le reste de sa vie. Snape n'avait pas envie d'être le premier d'une longue liste d'amants. Il voulait être sûr avant de s'investir dans une relation sentimentale que ça serait pour une bonne raison. Il n'était pas de ceux qui laissent entrer si facilement les gens dans leur esprit, il n'allait pas commencer à s'ouvrir à une gamine de dix huit ans simplement parce que son cerveau avait migré dans son pénis.

À présent, il était clair que Minerva savait, et si Minerva savait, cela ne resterait pas longtemps un secret pour Albus, et une fois qu'Albus saurait…

Snape ne voulait même pas y penser. Car si Albus pardonnait beaucoup de choses, un professeur abusant de l'une de ses élèves n'en faisait pas partie. Combien de fois Snape avait–il entendu le discours de Dumbledore : « Guidez–les, façonnez–les, protégez–les » ? Il doutait cependant que baisez–les puisse être ajouté à la fin de cette liste de recommandations.

Il allait devoir arrêter. Il allait devoir apprendre à se contrôler et vite.

Ses pensées furent interrompues par l'arrivée des hiboux postaux qui entraient par les combles. Minerva reçut son exemplaire de la Gazette du Sorcier directement sur ses genoux.

– Pourquoi tu lis ce torchon ? grogna–t–il, néanmoins heureux de cette distraction.

– Parce que c'est le seul journal que nous avons pour les informations.

Il émit un reniflement méprisant dans son café en vidant sa tasse. À son avis, lorsque l'on parlait de la Gazette, il fallait donner un autre sens au mot information.

– Severus ! s'exclama Minerva, l'air alarmé.

– Quoi ? demanda–t–il en fronçant les sourcils.

En réponse, elle lui tendit le journal et soudain Hermione quitta son esprit.

– Merde, murmura–t–il. Je dois trouver Draco.

Minerva acquiesça sombrement et Snape se dépêcha de sortir de table il se rendit vaguement compte que, alors qu'il sortait, Potter s'était mis à crier.

oOo

Draco hurlait sur quelqu'un lorsque Harry atteignit sa porte. Il pouvait l'entendre, hurlant d'une voix qu'il ne lui connaissait pas.

– C'est ta faute, ta faute ! C'est toi qui l'as livré !

L'autre voix, bien que plus calme et plus âgée, avait l'air bouleversé.

– J'ai fait ce que je devais faire. Le but était de rester en vie et il le savait.

– Mais c'est toi qui l'as livré ! Tu aurais pu le cacher mais tu l'as livré !

– Draco, ça ne sert à rien de t'énerver, essaye de te calmer. Tu vas te rendre malade.

– JE VEUX ÊTRE MALADE ! PUTAIN, JE PEUX QUAND MÊME ÊTRE MALADE SI J'EN AI ENVIE. C'EST TA FAUTE, POURQUOI TU NE L'AS PAS TUÉ ? POURQUOI TU LUI AS FAIT ÇA ?

– C'était la guerre, Draco, je devais le faire…

Draco ne dit plus rien ou s'il parla, Harry ne l'entendit pas. En tout cas, il était évident qu'il avait lu la Gazette du Sorcier. Harry retourna dans la salle commune afin d'attendre que la personne qui était avec Draco s'en aille.

Une demi–heure plus tard, Snape sortit, l'air pâle et bouleversé. Il lui lança un regard méprisant avant de sortir.

Harry fixa le couloir. Et si Draco refusait de le voir ? Et s'il était la dernière personne que Draco voulait voir ? Il se força à avancer en repoussant sa peur. La pire chose qui pouvait lui arriver était que Draco lui dise de ficher le camp, alors il se retrouverait au point de départ. Il frappa à la porte et attendit.

Elle s'ouvrit en grinçant et un œil rougi par les larmes se fixa sur lui.

– Salut, fit Harry en espérant ne pas avoir l'air trop nerveux.

– Qu'est–ce que tu veux ?

La voix de Draco était enrouée, comme s'il avait crié et pleuré en même temps, ce qu'il avait probablement fait d'ailleurs.

– Tu vas bien ?

– Non.

– Je peux entrer ?

La porte s'ouvrit un peu plus et Draco se poussa pour le laisser entrer. Harry entra et referma le battant derrière lui en voyant que le blond restait immobile au centre de la pièce.

– Tu ressembles à une merde, constata ce dernier en reniflant.

Harry eut un petit sourire.

– Je sais, je n'ai pas pu dormir la nuit dernière.

– Pourquoi ?

– Tu sais pourquoi.

Draco baissa les yeux avant de demander.

– Tu as vu le journal ?

– Ouais, ouais, je l'ai vu.

La lèvre de Draco se mit à trembler. Il ne pouvait pas parler. Des larmes remplirent soudainement ses yeux et son souffle se transforma en grandes inspirations frissonnantes. Harry l'attira jusqu'au lit afin de le prendre dans ses bras et le berça doucement, le visage enfoui dans ses cheveux d'or pâle.

Draco pressait ses poings crispés sur ses paupières fermées.

– Je n'en peux plus, souffla–t–il entre deux halètements tremblants. Je… Je peux pas. Je… Je veux rentrer chez moi.

– Je te ramènerai chez toi, murmura Harry dans ses cheveux. Je t'emmènerai loin d'ici.

Il attira le visage de Draco dans le creux de son épaule et sentit ses cheveux soyeux caresser ses lèvres. Il sentait son corps intimement en contact avec le sien, comme si leurs âmes étaient en contact, ça lui paraissait clair et éclatant de vérité.

C'était donc ça tomber amoureux ? Cet incroyable lien, ce partage de la douleur, cette connexion ?

Les barrières de Draco cédèrent et il se mit à pleurer. Son corps était secoué de spasmes douloureux tandis qu'il pleurait comme seul un enfant peut pleurer, avec abandon, sans espoir. Et Harry le tint ainsi tout en le berçant lentement, il ne pouvait qu'écouter ces sanglots qui prenaient naissance dans la poitrine du blond pour finir dans son propre cou.

– Il… Il me manque.

– Je sais, répondit Harry en déposant un léger baiser sur son front.

– Je le hais.

– Non, tu ne le hais pas… dit Harry tout contre son front. Tu l'aimes.

– Je…

Draco leva les yeux vers Harry, son visage était mouillé, comme s'il venait de sortir de l'eau mais Harry savait bien que l'eau sur son visage avait le goût salé des larmes.

– Oui… Je l'aime, il…

– Je sais, je sais, Draco. Tu l'aimes.

– Il… commença Draco mais il s'interrompit en fermant les yeux.

Harry ne comprendrait pas, Harry ne voudrait jamais comprendre. Il se contenta de se blottir contre lui, dans ses bras, son corps tout autour de lui. Il avait besoin de Harry, de sa chaleur et il voulait le goûter, savoir qu'il était là. Draco avait besoin de se sentir aimé.

– Embrasse–moi, dit–il doucement en regardant Harry dans les yeux, ses yeux si verts.

Sans rien dire, Harry prit son visage en coupe entre ses mains et l'embrassa, doucement, commençant par ses paupières. Sa langue goûta les larmes salées qui y perlaient encore, les chassa. Il la fit ensuite courir le long de la joue pâle et la glissa entre les lèvres offertes de Draco, dans la chaleur humide de sa bouche. Draco se pressa un peu plus contre lui et Harry se sentit durcir contre sa hanche.

Un élan de culpabilité le traversa. Draco avait besoin de réconfort, pas de lui ni de ses désirs. Mais Draco le poussa en arrière afin qu'il se retrouve étendu sur le dos, se pressant ainsi un peu plus contre son érection. Il lui ôta son sweat shirt et son jean et Harry se retrouva nu sur le lit.

– Enlève ta robe, murmura Harry. Je veux te voir.

Draco évita son regard. Harry sentit son cœur se gonfler d'un sentiment qu'il connaissait à présent, l'amour, à la vue de son visage rougi par les larmes et de son air un peu perdu. Alors, très lentement, il fit glisser la robe le long des formes minces du jeune homme et caressa légèrement de ses doigts son dos dont les cicatrices rendaient la peau rêche. Leurs yeux ne se quittaient pas, ceux de Draco brillaient d'une telle intensité que Harry était certain de pouvoir voir son âme.

– Tu es si beau… commença–t–il.

Il s'arrêta, ne sachant pas quoi dire de plus, car s'il continuait, il allait avouer à Draco qu'il l'aimait, c'était une chose qu'il n'était pas prêt à avouer et que Draco n'était pas prêt à entendre.

Draco le poussa à se rallonger avant de s'asseoir près de lui pour l'observer.

– Je veux te posséder, chuchota–t–il.

– Tu me possèdes déjà…

Draco se détourna afin d'atteindre sa table de chevet. Il fouilla un instant dans ses tiroirs et finit par mettre la main sur ce qu'il cherchait : une petite bouteille d'huile dont il s'enduisit les mains. Puis il se mit à caresser Harry de façon experte, si experte et accompagnée d'un rythme si exquis que Harry était sûr qu'il allait se répandre là, entre ses paumes brûlantes et douces.

Cela lui aurait suffi. Mais Draco se pencha et commença à déposer des baisers le long de son corps, laissant sa langue l'explorer et tracer une ligne humide sur son ventre. Il atteignit rapidement son but et sans préambule avala entièrement son sexe.

Harry eut un sursaut puis se mit à gémir tandis que les doigts de Draco erraient, titillant ses testicules, puis plus bas, le sondant doucement…

Oh… Oh, par tous les Saints, qu'était–il en train de faire ?

Harry sentait des doigts frôler son intimité, le sonder avant de s'y introduire doucement.

Sa respiration se fit hachée et ses paupières fermées se crispèrent sous la sensation. Draco continua malgré tout ses caresses sur son sexe tandis que son doigt entrait plus profondément dans son corps et attendit patiemment qu'il se relaxe afin de pouvoir pousser plus loin encore.

Harry en avait le souffle coupé… Il avait mal… Mais c'était si bon. Avoir les doigts de quelqu'un à cet endroit n'était pas supposé être aussi bon. Draco enfonça son doigt un peu plus loin et, avec un mouvement que Harry ne put définir, commença à le caresser à l'intérieur.

Ses yeux s'écarquillèrent alors que ses hanches s'élevaient d'elles–mêmes, forçant Draco à le prendre plus profondément dans sa gorge.

– Oh, putain, Draco ! Que… Qu'est–ce que c'est ?

Le blond rit, la bouche entourant toujours le sexe de Harry puis il se recula un instant sans cesser le mouvement de ses doigts.

– Tu aimes ?

– O… ou… Oui.

– C'est ta prostate.

Un cri de plaisir s'échappa de la bouche de Harry, ce qui fit sourire Draco. Il aimait cette façon qu'il avait de s'abandonner ainsi à ses caresses. Son impudeur lorsqu'il était là, nu sur son lit et que lui le caressait. Dans ces moments–là, il gémissait, criait, se tordait de plaisir et jouissait avec tant de complaisance que Draco ne pouvait s'empêcher de sourire comme un idiot en le regardant. Car c'était comme si chaque baiser, chaque caresse, était une nouvelle expérience pour Harry. Il ne se retenait pas, il était passionné. Et Harry crispait ses poings sur les couvertures, son corps était si proche de l'orgasme, il se sentait sur le point d'exploser.

Alors Draco le reprit dans sa bouche, doucement, prenant le temps de caresser sur toute sa longueur son sexe dur tandis que ses doigts s'enfonçaient toujours plus loin en lui et touchaient leur but à chaque mouvement. Harry lui avait parlé du contrat, il savait donc qu'un jour ou l'autre, ils devraient aller plus loin. Ce ne serait pas ce soir mais ça se terminerait ainsi. Ce serait mieux quand le corps de Harry serait habitué à de telles intrusions. Il était si chaud et si incroyablement étroit.

Bien que perdu dans ses sensations, Harry pouvait sentir contre sa jambe l'excitation de son amant, il tenta de bouger mais leur position ne lui permettait pas grand chose, il ne pouvait que caresser la chevelure soyeuse et le dos de son compagnon.

– Je… Je veux te sucer aussi, haleta–t–il. Comment…

Draco comprit sans cesser ses mouvements ni ralentir son rythme, il bougea gracieusement son corps et se positionna de telle façon que ses hanches se trouvèrent face au visage de Harry.

Harry rejeta sa tête en arrière et imita les mouvements de Draco sur sa virilité ainsi offerte. Il le fit s'allonger sur lui, leurs corps s'emboîtèrent naturellement, comme à chaque fois. Et comme à chaque fois, il sentit sa gorge se relaxer et s'ouvrir un peu plus afin de satisfaire son amant. Il se sentait bien ainsi.

Il leur semblait qu'ils pouvaient continuer éternellement, chacun niché dans le corps de l'autre, liés dans cette chaleur tissée autour d'eux comme un cocon et entourés du parfum étrange mêlant ceux de leurs salives, de leur sueur et de leur semence.

Lorsqu'ils furent épuisés, ils se serrèrent l'un contre l'autre en continuant de s'embrasser, leurs lèvres encore gonflées du plaisir qu'ils venaient de se donner. Et Draco se blottit dans les bras de Harry, heureux de sentir autour de lui sa chaleur et de humer son odeur, il sentait la lavande et la sueur.

– Ça va ? demanda Harry au bout d'un moment.

– Ouais, je veux juste que tu me serres contre toi, répondit Draco en caressant le torse du brun avant de déposer un baiser sur sa clavicule.

– Je ne m'en vais pas.

– On pourrait dormir toute l'après midi.

– J'aimerais bien, fit Harry en baillant. Je n'ai pas dormi la nuit dernière. Je ne peux pas dormir sans toi.

– Pourquoi ?

Harry fixait le plafond, il eut un sourire triste.

– L'obscurité. Le silence. Quelquefois la nuit, l'obscurité et le silence m'oppressent.

– Peur du noir, Harry ? le taquina gentiment Draco.

– Non, répondit Harry. Le calme m'effraie. C'est peut–être ce que je crains le plus. J'ai le sentiment que ce n'est qu'une façade qui cache l'enfer. Je me demande : « Mais quel sera le sort réservé à mes enfants ? ». Les gens disent que le monde sera merveilleux mais du point de vue de qui ? Pour goûter à la véritable paix, il faut avoir vécu dans une ambiance de constante animation ou comme un artiste, dans un monde enchanté, et détaché de tout… Détaché.

– Ou peut–être qu'il faut tomber amoureux d'une personne au point d'en oublier le reste, de vivre hors du temps, ajouta Draco en souriant.

Puis il se hissa légèrement pour embrasser les lèvres de Harry. Ce dernier lui rendit son sourire en caressant délicatement sa joue.

– Tu crois qu'on va réussir à surmonter toutes nos… différences ?

– Je ne sais pas, soupira tristement Draco. On est bien là, non ?

– Oui.

– Alors peut–être qu'on devrait simplement prendre les choses comme elles viennent.

– Peut–être.

Et tandis que la journée avançait et que la vie continuait dans le château, ils dormirent, étroitement enlacés. Leurs rêves prirent le rythme lent de leurs respirations, ignorants de la pluie qui s'abattait contre les murs de pierre.

A suivre…

Voilà, merci d'avoir lu jusque-là. J'attends vos commentaires.

Bisous.

Falyla