Titre : Objects of Desire
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Auteure : Azrael Geffen
Traductrice : falyla
Correcteurs : falyla/Florent
Paring : Harry Potter/Draco Malfoy Hermione Granger/Severus Snape
Rating : M/NC-17
Etat de fic originel : terminée (20 chapitres divisés en 59 parties)
Etat de la traduction : terminée
Disclaimer: Les personnages appartiennent à l'univers de JK Rowling, l'intrigue est à Azrael Geffen, avec son aimable autorisation.
Warning : slash, scènes de sexe très graphiques, torture, viol, meurtre, tentative de suicide, drogue, abus d'alcool, langage cru.
Site : à cause des thèmes abordés, je ne sais pas si cette fic sera autorisée à rester sur FFnet, je la publie donc en parallèle sur AO3 sous le même pseudo.
Mise en ligne : sauf contretemps inattendu, le lundi, le mercredi et le vendredi.
Résumé : Après la fin de la guerre, Harry, Ron et Hermione décident de revenir à Poudlard pour obtenir leurs ASPICs. Avant la rentrée, lors d'une soirée très avinée, ils établissent et signent un pacte magique où ils s'engagent à perdre leur virginité pendant cette 8ème année.
Bonne lecture.
Objects of Desire
Chapitre 9 (2ème partie)
Petite chanson sur l'amour et la haine
Severus s'était plus ou moins attendu à ce que Hermione vienne le voir à un moment ou un autre de la journée. Il en avait occupé la plus grande partie à se préparer mentalement à la confrontation, sachant pertinemment que c'était son stupide comportement qui avait entraîné cette histoire bien plus loin que nécessaire et qu'il lui fallait maintenant rompre tout lien définitivement. Lorsqu'elle frappa à sa porte, un peu plus tard dans l'après midi, il ne fut pas surpris et afficha un air mêlant suffisance et supériorité avant de lui ouvrir.
Pour se trouver alors confronté à une petite amie potentielle furieuse qui le bouscula en franchissant la porte avec un grognement.
– Il faut qu'on parle.
Il avait appréhendé leur inévitable discussion. Elle allait lui demander le fatal : « Où cela nous mène–t–il ? ». Il pouvait voir la question en toutes lettres, patientant dans son esprit, avec une clarté si cristalline qu'il fut tenté d'y répondre sans même qu'elle en prononce les mots. Il serait alors forcé de lui dire que ça ne mènerait nulle part et qu'il fallait que ça s'arrête, maintenant, qu'il n'y avait plus rien à en tirer.
Elle le haïrait et tout serait dit.
Bien qu'à en juger à son regard, elle était déjà au deux tiers du chemin qui la menait à la haine. Il ferma la porte, la verrouilla et, après réflexion, insonorisa la pièce à l'aide d'un sort de silence. Il fit ensuite face à la boule de fureur qui avait rejoint le centre de ses appartements et levait un sourcil interrogateur.
– Un problème, Miss Granger ?
– Oui, Professeur, j'ai effectivement un problème. Il ne mesure pas loin d'un mètre quatre–vingt–dix, c'est un gros connard graisseux et, surprise, surprise, il se tient exactement à la même place que vous en ce moment !
Il joignit ses mains, simulant la surprise.
– Il ne peut évidemment pas s'agir de moi, n'est ce pas ? demanda–t–il de sa voix la plus mielleuse.
– Vous m'avez planté là ! Espèce de crevard. Vous m'avez laissée seule dans la Forêt Interdite et j'ai dû repousser Krum quand il s'est mis à me peloter !
Snape grimaça.
– C'est regrettable, dit–il en se forçant à rester calme.
– Regrettable ? C'est trop gentil à vous de l'admettre ! grimaça–t–elle dans une excellente imitation de lui.
Elle parcourut la pièce des yeux, observant attentivement tous les livres et oubliant sa rage pour un instant.
– Qu'est ce que vous lisez ? demanda–t–elle sur un ton grognon.
– Rien qui vous regarde.
Elle se dirigea vers l'une des piles jonchant le sol et piocha le livre qui en constituait le sommet. Elle fronça les sourcils. Guide des Guerres Célestes. Le livre juste en dessous avait pour titre L'Angéologie par Ravenhorn. Regardant autour d'elle, elle remarqua alors ce qui semblait être une forte tendance. Il semblait que le Maître des Potions ait un vif intérêt pour les anges.
Snape posa plus ou moins consciemment les yeux au même endroit. Ses appartements, habituellement si clairsemés, étaient totalement encombrés de livres. Il y avait ramené tous les ouvrages traitant des anges qu'il avait trouvés au Marais. Ajouté au fait que l'encombrement représentait environ la moitié de la Section Réservée de Poudlard, cela laissait peu de place aux occupants. Jusqu'à présent, il avait réussi à en apprendre beaucoup au sujet des anges mais très peu sur ce dont il avait besoin. Il y avait de nombreuses incantations à tirer des anges, bien qu'il n'en ait trouvé aucune pour appeler le Metatron et la potion que Lucius avait notée n'était apparue dans rien de ce qu'il avait lu jusque–là.
Il avait alors soupçonné que quelque chose de bien plus sinistre se tramait. Snape avait beau savoir que Lucius Malfoy n'était pas totalement le tueur d'enfant et le démon dépeceur de cadavres que la plus grande partie du monde des sorciers pensait qu'il était, il n'était pas non plus aveuglé par les préjugés. Lucius Malfoy était à des lieues ne serait–ce que d'atteindre les frontières de la bonté.
Alors qu'il pouvait faire fi d'une faute commise par l'un de ses amis, il pouvait aussi bien leur tourner le dos en un clin d'œil. Snape pouvait se hasarder à dire que la seule personne que Lucius ait jamais aveuglément et entièrement aimé était son fils. Pour Lucius, Draco était la raison pour laquelle la terre tournait, tout le reste pouvait être considéré comme collatéral. Mais bien qu'aimer son fils soit un trait admirable, cela n'en faisait pas une meilleure personne. Lucius avait dévoué sa vie entière au jeu de l'exercice d'un certain pouvoir sur les autres.
Depuis le jour où il avait décapité son premier elfe de maison jusqu'à celui où il avait reçu le Baiser du Détraqueur, il avait joué à ce jeu, avide de plus de pouvoir, l'obtenant à n'importe quel prix. Il avait corrompu, triché, flatté, menti, menacé, décapité et pillé. Snape avait vu Lucius tuer des gens sans même trembler et, s'il avait pu poursuivre sur cette voie, les Moldus auraient été éradiqués de la même façon que l'on débarrasse une maison de ses rats.
Alors pourquoi, ne put que se demander Snape une fois de plus, un ange risquerait–il sciemment ses plumes pour sauver l'âme d'un tel être ? Il avait décidé d'orienter ses recherches vers les livres de Démons.
– Recherchez–vous quelque chose de précis… ? demanda Hermione, son humeur s'arrangeant un peu.
– Non, il s'agit seulement d'un centre d'intérêt passager.
Son ton n'avait absolument rien de convaincant mais il espéra qu'elle accepterait son excuse.
Hermione enleva une pile de bouquin d'une chaise sur laquelle elle s'assit, croisant les bras sur sa poitrine et le fixa, attendant clairement quelque chose de sa part. Mais comme il ne dit rien, elle finit par soupirer.
– Eh bien, n'allez vous pas m'offrir un rafraîchissement ?
Snape leva les yeux au ciel, offrir du thé et des gâteaux constituait pour lui une ridicule perte de temps. Il invitait en général ses visiteurs à dire ce qu'ils avaient à dire et à prendre directement congé.
– Alors il nous faut être civilisés ?
– En effet, répondit–elle. Je ne vois pas pourquoi nous ne le serions pas.
– Oh, excusez moi, j'ai sans doute mal interprété le gros connard graisseux.
Hermione grimaça à nouveau, visiblement, il n'était pas du tout sur le point de lui offrir quoi que ce soit à boire.
– Alors, vous allez me proposer une boisson, oui ou non ?
– Thé ou vin ?
– Ce qui demande le moins de travail aux elfes de maison ?
Ah oui, elle militait pour les droits des elfes de maisons, ou quelque chose du même genre ridicule.
– Le vin, proposa–t–il avec détachement.
Ce qu'il regretta immédiatement. Il ne devait absolument rien boire qui ne contienne un soupçon d'alcool lorsqu'elle était impliquée.
– Eh bien, ce sera du vin, alors.
Dis–lui que tu n'en prends pas. Dis–lui qu'elle devrait prendre du thé. Dis–lui que tu n'en…
– Rouge ou blanc ?
– Rouge.
Il sortit une bouteille du buffet et en servit deux verres. Un pour chacun. Et c'était tout. Un verre de vin ne pouvait rien faire. Rien… du tout. Il s'installa sur la chaise en face d'elle et la fixa, interrogateur.
Hermione lui retourna son regard mais comprit vite qu'elle ne gagnerait jamais cette bataille. Elle sortit vivement sa baguette et invoqua un feu dans l'âtre glacial. Snape leva une fois encore les yeux au ciel.
– Je vous ferais remarquer, dit–elle tranchante, que le fait que vous ne sentiez pas le froid ne signifie pas que les autres ne le sentent pas non plus. Il gèle ici.
Il retira le rictus qui était en train de se former sur son visage. Très peu de femmes avait un jour osé lui parler avec une telle familiarité et, d'une certaine façon, il appréciait le fait qu'elle ait correctement deviné qu'elle pouvait prendre ce genre de libertés dans la manière dont elle s'adressait à lui. Comme s'ils se connaissaient depuis une éternité.
– Bon…, commença–t–elle. Comment allez–vous ?
– Pourquoi ne pas en venir directement à la raison de votre visite, Miss Granger, et nous sortir ainsi tous deux de notre impasse ?
Hermione lâcha un profond soupir.
– D'accord…
Elle fronça les sourcils, mordillant sa lèvre un instant.
– Qu'est ce qui se passe… ? Entre nous, je veux dire…
Et la question demeura là, suspendue dans l'air qui les séparait et il lui fallait répondre. Ça n'était pas comme s'il pouvait simplement la repousser et lui dire qu'elle s'imaginait des choses. C'était une question légitime et elle méritait une réponse. Il réalisa qu'il pouvait réagir de deux façons. Il pouvait la jouer salaud insensible et lui dire qu'elle ne signifiait rien pour lui, qu'il avait juste besoin de tirer un coup ou il pouvait être honnête, ou du moins raisonnablement sincère avec elle. Considérant que lors de leur dernière conversation à propos d'eux, il avait opté pour la première option – et qu'ils avaient terminé les lèvres scellées – il décida d'essayer l'honnêteté cette fois ci.
– Je ne défierai pas votre intelligence en me contentant de vous rappeler notre dernière discussion à ce sujet, dit–il. De fait, je dois avouer que je ne sais absolument pas ce qui se passe entre nous deux. Il semble évident que nous en sommes tous deux venus à la conclusion que nous nous trouvons l'un l'autre attirants. En dehors de cela, je n'en sais rien.
– D'accord, acquiesça–t–elle d'un signe de tête. Donc, nous nous trouvons attirants. Et maintenant ?
– Maintenant rien, rétorqua–t–il crispé. Il nous faut cesser ça, purement et simplement. C'est un comportement inapproprié pour un élève et un professeur.
– Je croyais que vous ne me feriez pas l'affront de me rappeler notre dernière discussion à ce sujet ?
– Je…
Il se renfrogna mais admira sa capacité à lui retourner ses mots avec tant d'aisance.
La petite garce.
Hermione sourit, quitta sa chaise et s'approcha de lui. Sensuellement, elle s'assit sur ses genoux et sentit ses mains caresser automatiquement ses hanches, l'appuyant bien contre lui.
– Appelleriez–vous cela un comportement approprié, Professeur ? s'enquit–elle innocemment.
– N–non, ce n'en est pas un.
Merlin, était–ce sa voix qui sonnait si aiguë et étouffée ?
Elle trempa un doigt dans son vin et suivit la ligne de ses lèvres avant de se frayer un chemin dans sa bouche pour qu'il puisse lécher l'alcool.
Ohhh, par tous les Saints, il fallait qu'elle cesse immédiatement de faire ça.
– Et ça ? Est–ce approprié, Monsieur ?
Il secoua la tête, son doigt toujours dans sa bouche. Elle rit doucement puis retira sa main, trempa à nouveau son doigt dans son vin et délicatement, respirant la luxure, elle le suça à son tour pour le débarrasser de la délicieuse substance.
La bouche de Snape s'assécha et son sexe se rappela vivement à son esprit. Il fallait qu'elle cesse de faire ça. Il le fallait parce que… parce que le lit était juste là et qu'il lui faudrait environ cinq pas pour l'y emmener.
Hermione termina de sucer chaque petite trace de vin de son doigt et leva un sourcil, frottant sa cuisse contre son érection.
– Je suis sûre que vous trouvez cela approprié, Monsieur…
– N–non, grinça–t–il.
Elle recouvrit sa bouche de la sienne, savourant ce soudain pouvoir qu'elle exerçait sur lui et il répondit immédiatement, comme si un courant électrique passait entre eux. Ses lèvres se séparèrent et sa langue glissa dans sa bouche, courant le long de ses dents qu'elle avait parfaites et blanches, avant d'y trouver sa langue. Il ne saisissait toujours pas comment quelqu'un pouvait avoir un goût aussi agréable que le sien. Ses bras l'enlacèrent, l'attirant un peu plus contre lui. Il sentit ses mains plonger dans ses cheveux, frissonnant sous ses mains baladeuses et il la déplaça légèrement, l'aidant à passer ses jambes de chaque côté de lui afin qu'elle enserre sa taille. Ses doigts saisirent fermement ses fesses et il se pressa contre elle, frottant son érection contre l'intérieur de ses cuisses. Ils portaient encore beaucoup trop de vêtements pour ça. Elle était si brûlante, il ne pourrait lui échapper, même s'il le voulait. Mais ce n'était pas le cas. Il voulait juste la soulever et faire ces cinq pas qui les séparaient du lit. Oui, c'était une très bonne idée.
Mais il devait arrêter ça. Il le fallait, tout de suite, parce que quelque chose allait se produire, il le sentait, comme une prémonition, quelque chose était sur le point de…
– Severus ?
Il se releva si vite qu'elle tomba au sol et il se tourna vers la cheminée près du lit, pas celle qui se trouvait face à eux (MerciMerlinMerciMerlinMerciMerlin…), dans laquelle flottait actuellement la tête de Dumbledore. Il se glissa rapidement devant elle de façon à obturer la vision que Dumbledore avait de la chambre.
– Etais–tu en train de travailler ?
– Non, Albus. Je réunissais certaines lectures…
Hermione s'assit, frottant son postérieur et se cacha derrière une chaise, suffisamment loin de tout champ de vision.
– Alors je vais aller droit au but. Lorsque tu étais à Londres, Lucius Malfoy avait–il l'air…
Dumbledore grimaça légèrement, cherchant le terme approprié.
– … avait–il l'air en bonne santé… ?
– Il avait l'air bien, peut–être un peu choqué.
– Et tu as rencontré Archibald Semeuse ?
– Le conservateur ? Oui, pourquoi ?
– Et comment avait–il l'air… ?
Snape fronça les sourcils.
– Peut–être devriez–vous me dire ce que vous avez en tête, Albus ?
Dumbledore acquiesça.
– Je suis sûr que ce n'est rien. Minerva l'a rencontré hier et elle m'a dit qu'il ne lui avait inspiré aucune confiance. Je parlais avec Remus ce matin, il m'a dit quelque chose de similaire. Minerva dit qu'il survolait le sujet Malfoy. J'essaie de me souvenir exactement à quelle occasion j'ai entendu mentionner son nom auparavant mais je ne vois pas. J'ai songé que tu avais peut–être fait la lumière sur ses actes lorsque tu te trouvais là–bas.
– Il… commença Snape.
Il fixait Dumbledore mais il était conscient du fait que Hermione se trouvait quelque part dans la pièce, bien qu'une discussion au sujet d'Archibald Semeuse ait eu pour effet d'amoindrir son envie.
– Il a proposé d'acheter Lucius et il m'a demandé de parler à Draco d'une vente possible.
– L'as–tu fait ?
– Évidemment que non. Le pauvre garçon est assez traumatisé comme ça.
– Je vais me renseigner au sujet de cet homme. À propos, le Ministère m'a contacté pour me faire savoir qu'ils en avaient terminé avec le Manoir Malfoy.
– Ont–ils trouvé quelque chose ?
– Non, Severus, ils n'ont rien trouvé.
Voyant le rictus de Snape, Dumbledore leva un sourcil.
– Tu crois qu'ils ont manqué quelque chose… ?
– Tout est possible, Albus, répondit Snape doucement, son rictus toujours en place.
Dumbledore savait aussi bien que lui que les hommes du Ministère ne trouverait rien que Lucius Malfoy ne souhaitait pas qu'ils trouvent.
– Si tu pouvais dire à Draco que son foyer est à nouveau à sa disposition, je t'en serais reconnaissant.
– Bien sûr, je…
– Et, Severus, au sujet de ta petite invitée qui est actuellement derrière une chaise, en face du feu… Je ne t'avertirai qu'une seule et unique fois, sois prudent.
Snape pâlit et baissa les yeux.
– Oui, Albus, dit–il, sa voix plus basse qu'un soupir.
Le feu s'éteignit lentement et Dumbledore disparut. Il se tourna face à Hermione qui, debout près du feu, le regardait d'un air aussi secoué que lui.
– C'est terminé, dit–il simplement. Vous devez partir.
– Mais Severus…
– Pas de mais, partez.
– Il n'a pas dit de ne pas le faire !
– C'est tout comme.
Il la rejoignit à grands pas.
– Vous devez partir.
– Écoutez, il ne reviendra plus maintenant, pas de sitôt du moins.
Elle essaya de sourire. Peut–être que si elle était plus directe, un peu comme Ron peut–être…
– Pourquoi on irait pas juste au lit, histoire d'en finir avec ça maintenant… ?
– QUOI ?!
Eh bien, autant pour le tact, elle comprit vite pourquoi Ron s'en sortait aussi mal dans ce domaine.
– Je… Je veux dire, je…
– Vous avez déjà eu ce genre de relations avec un homme avant ?
Hermione rougit.
– Eh bien, non…
– Je ne pense vraiment pas qu'il s'agisse de quelque chose où il est question d'aller juste au lit et d'en finir avec ça.
Il grimaça.
– A vrai dire, je dirais que c'est là la différence fondamentale entre vous et moi.
– Et c'est quoi, au juste ?
Elle croisa les bras, sur la défensive.
– Je ne suggèrerai jamais que nous allions directement au lit en finir avec ça. Certainement pas pour votre première fois.
Hermione en resta bouche bée.
– Quoi ? Alors maintenant, vous êtes plus romantique que moi, Monsieur Je–me–roule–dans–le–sous–bois–avant–de–disparaître–dans–la–nuit ?
– JE SUIS REVENU POUR M'ASSURER QUE VOUS ALLIEZ BIEN !
– ALORS VOUS AVEZ VU CE QUE KRUM FAISAIT ? POURQUOI N'ETES–VOUS PAS INTERVENU ?
– VOUS AVIEZ L'AIR CAPABLE DE VOUS EN SORTIR TOUTE SEULE !
– Je t'aime, lâcha–t–elle brutalement avant de se mordre la lèvre.
Il la fixa durant ce qui sembla être une éternité avant de lui tourner le dos.
– Vous ne savez pas ce qu'est l'amour. Vous n'êtes qu'une enfant. Vous ressentez toutes ces sensations mais elles vont vous quitter sous peu.
– Vous osez présumer que vous en savez plus sur moi que moi ? Je connais ma tête et je connais mon cœur. Je sais ce que je veux et ce dont j'ai besoin. Je me connais. L'amour n'est pas qu'une sensation, je sais à quel point c'est dur parfois mais cela ne signifie pas qu'on ne peut rien tenter.
Il croisa les bras et se mit à marcher de long en large.
– Vous vous connaissez peut–être, Hermione, mais vous ne me connaissez pas et je ne vous connais pas. Avoir de tels sentiments l'un pour l'autre est impossible avec un tel manque de connaissance.
– Osez prétendre que vous ne ressentez rien, le défia–t–elle.
Il restait silencieux et elle sourit triomphalement.
– Je dirai à Dumbledore que c'est ma faute, que c'est moi qui vous ai séduit.
– Non, réfuta–t–il calmement.
– Alors c'est tout, c'est ça ? J'ai essayé de vous atteindre et vous avez décidé du contraire ? C'est impossible. Ça ne peut pas se finir comme ça. Vous ne m'avez même pas donné une chance de commencer !
Il lui lança un regard furieux. Cette fille était manifestement perturbée. C'était la seule raison plausible qui expliquerait pourquoi elle continuait à argumenter avec lui à ce sujet. Elle avait entendu Dumbledore et elle discutait encore. Il eut un mince sourire.
– Quand bien même, il faut que cela se termine. Nous ne pouvons plus avoir d'autres contacts l'un avec l'autre en dehors de ceux d'une élève et d'un professeur.
– Comment allons–nous apprendre à nous connaître si nous ne pouvons pas discuter… ?
– Et qu'est ce qui vous fait croire que je souhaite apprendre à vous connaître, Miss Granger ?
Hermione déglutit et se força à respirer calmement.
–À cause de cette nuit–là, nous étions enfermés et nous avons tant parlé. Ce que je ressens lorsque vous me touchez. Je pense que vous voudriez être aimé, je crois qu'au fond, vous souhaitez aimer et être aimé en retour.
– Quelqu'un aurait dû vous dire, Miss Granger, de ne jamais attribuer ses propres émotions à quelqu'un d'autre.
L'esprit de Hermione s'agita, elle devait trouver un moyen de résoudre ça… Une idée jaillit dans son esprit. Elle devait en faire un défi, elle travaillait toujours mieux si elle avait un but à atteindre, c'était la façon dont elle fonctionnait le mieux. Le traiter comme un défi particulièrement difficile. Et sa date butoir serait… la veille de Noël.
– Des lettres, dit–elle finalement.
– Quoi ?
– Je garderai mes distances mais laissez–moi vous écrire.
Il ferma les yeux, il ne voulait pas se disputer avec elle, il voulait la baiser. Quel danger pourrait entraîner de simples lettres ? S'il disait non, elle continuerait à argumenter encore et encore.
– Très bien, je vous autorise à m'écrire des lettres.
– Mais vous devez y répondre.
– Je ne…
Il s'interrompit. Pourquoi ne pourrait il pas participer, après tout, juste un peu ?
– Si c'est ce que vous souhaitez.
– En effet.
Elle sourit avant de lui tourner le dos pour rejoindre la porte.
– Au revoir, Professeur.
– Miss Granger ?
Elle se retourna. Ne sachant pas réellement ce qui le poussait à dire cela, Snape la fixa et lâcha :
– Plus de rendez–vous avec Viktor Krum.
Hermione sourit.
– Bien sûr que non, Severus, pourquoi ferais–je une chose pareille ?
oOo
La première lettre arriva le matin suivant. Snape trouva une note superbement scellée du sceau de Poudlard, parfumée de miel et de jasmin, posée sur le plateau de son petit déjeuner. Il la fit tourner entre ses longs doigts fins et l'inspecta suspicieusement. Lorsqu'il fut certain que personne ne le regardait, il la huma.
– Une lettre d'amour, Severus ?
Il sursauta et regarda Minerva, alarmé.
– Dumbledore m'a dit qu'il t'avait surpris dans ce qui ressemblait fort à une position compromettante mais il était certain de s'être mépris.
– Vraiment ?
– Oh, oui. Il a dit qu'il était complètement impossible que ce qu'il croyait avoir vu soit vrai car quand il s'agit de la population étudiante, l'opinion générale s'accorde à dire que tu es un vrai con.
Dumbledore avait dit qu'il était un vrai con ? Snape rougit.
– Eh bien, ouvre cette foutue lettre !
Il tourna le dos à Minerva, se pencha sur le rouleau de parchemin et finit par le décacheter.
« Cher Severus.
Pourquoi pensez–vous que les gens écrivent des lettres d'amour ? Pensez–vous qu'il s'agisse d'un moyen plus personnel d'écrire, plus intime ? Je ne le comprends pas vraiment mais peut–être que toute inhibition s'envole et que les vrais sentiments peuvent mieux s'exprimer. Je ne suis pas assez habile avec les mots, alors j'ai décidé de laisser d'autres exprimer ce que je ressens pour vous. Je commencerai par un poème dont je pense qu'il pourra vous instruire de mon état d'esprit et de certaines de mes peurs.
Ne laissons mettre empêchement aux épousailles
Des esprits accordés l'amour n'est pas l'amour,
Qui varie en trouvant que son objet varie,
Ou recule aussitôt que l'autre a reculé.
Mais non ! C'est un phare érigé pour toujours,
Qui voit les ouragans sans jamais en trembler
Il est l'astre guidant toute barque en dérive,
Dont on prend la hauteur, mais en ignorant sa vertu.
L'amour n'est pas jouet du temps, même si sous sa faux
Sont prêtes à tomber les lèvres roses et les joues
Il ne varie avec ses courtes heures ou semaines,
Mais les emporte au seuil du Jugement dernier.
Si je faute en ceci et que ma vie le prouve,
Nul n'a jamais aimé et je n'ai point écrit. [1]
Tout mon amour,
Hermione »
Snape rit doucement, referma la lettre et la rangea dans la poche tout contre sa poitrine.
oOo
Hermione fut déçue de ne recevoir aucune lettre ce jour là et ressentit une profonde détresse en n'en trouvant pas non plus sur son plateau du petit déjeuner le jour suivant. Elle avait vraiment cru que Shakespeare ferait son effet et elle était au bord du désespoir lorsque l'un des hiboux jeta une lettre dans ses mains.
Le parchemin était couleur ardoise, attaché à l'aide d'un ruban gris et scellée par de la cire argentée formant un S sinueux et travaillé.
Elle l'ouvrit rapidement, ne souhaitant pas endommager la présentation parfaite mais elle l'abîma malgré tout.
« Hermione,
Dans les profondeurs les plus étendues du cœur résident ces désirs que personne n'ose nommer.
Je n'aime pas mon état d'esprit
Je suis amer, belliqueux, aigri
Je hais mes jambes, je hais mes mains
Pour les beaux paysages, je ne ressens rien
J'appréhende l'aube et sa lumière indéfinie
Je déteste rejoindre mon lit la nuit
Je dédaigne les gens, simples comme fervents
Je ne tolère pas qu'on me taquine gentiment
Je ne trouve de paix dans ce que je peins ou j'écris
Mon monde n'est rien qu'un tas de conneries.
Je suis désillusionné, époumoné
On pourrait m'arrêter pour mes simples pensées
Je ne suis pas fou, mais pas ordinaire
Mes rêves d'autrefois ont fini en Enfer.
Mon âme est déchirée, mon esprit douloureux.
Je ne m'aime plus, ne serait-ce qu'un peu.
Je critique, querelle, lapide, me plains
Et rien ne m'atteint
Je frissonne à l'idée de l'humain
Retomber amoureux semble être mon destin. [2]
Severus. »
Hermione replia la lettre, prise entre le désir et le traumatisme complet. Elle décida de ne pas envoyer de réponse hâtive. Elle voulait garder le rythme d'une lettre par jour et elle travailla tard pour fournir une réponse convenable puis elle la donna à un hibou un peu après minuit pour la livraison du courrier matinal. Si ça continuait ainsi, la compétition promettait d'être intéressante jusqu'à Noël.
A suivre…
NdT :
[1] William Shakespeare, sonnet CXVI, Poèmes et sonnets, traduction Armel Guerne, Bibliothèque européenne, ed. Desclée de Brouwer, 1964.
[2] Syndrom Recital de Dorothy Parker
Voilà, merci d'avoir lu jusque-là. J'attends vos commentaires.
Bisous.
Falyla
