Titre : Objects of Desire

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Auteure : Azrael Geffen

Traductrice : falyla

Correcteurs : falyla/Florent

Paring : Harry Potter/Draco Malfoy Hermione Granger/Severus Snape

Rating : M/NC-17

Etat de fic originel : terminée (20 chapitres divisés en 59 parties)

Etat de la traduction : terminée

Disclaimer: Les personnages appartiennent à l'univers de JK Rowling, l'intrigue est à Azrael Geffen, avec son aimable autorisation.

Warning : slash, scènes de sexe très graphiques, torture, viol, meurtre, tentative de suicide, drogue, abus d'alcool, langage cru.

Site : à cause des thèmes abordés, je ne sais pas si cette fic sera autorisée à rester sur FFnet, je la publie donc en parallèle sur AO3 sous le même pseudo.

Mise en ligne : sauf contretemps inattendu, le lundi, le mercredi et le vendredi.

Résumé : Après la fin de la guerre, Harry, Ron et Hermione décident de revenir à Poudlard pour obtenir leurs ASPICs. Avant la rentrée, lors d'une soirée très avinée, ils établissent et signent un pacte magique où ils s'engagent à perdre leur virginité pendant cette 8ème année.

Bonne lecture.

Objects of Desire

Chapitre 10 (1ère partie)

Voici Noël

– Tu aimeras ça, je te le promets.

Ron fronça les sourcils et frissonna. Il faisait froid dans la chambre malgré le feu qu'ils avaient fait. Il aurait souhaité avoir sa chemise sur lui, il aurait souhaité ne pas être là du tout.

– Je… je veux pas…

– Oh, allez, Ronald, fit Angelina avec un rire de gorge. Tu as peur ?

– Non, répondit Ron sur un ton peu convainquant. Bien sûr que non, j'ai pas peur.

– Tu aimeras ça, je ne te donnerais rien que tu n'apprécieras pas.

Elle l'embrassa, couvrant sa bouche avec la sienne. Lorsqu'elle y mit fin, un mince filet de salive coula sur le menton de Ron. Il n'avait pas du tout bougé sa bouche, n'avait pas fait rencontrer sa langue avec la sienne mais il avait fermé les yeux, la tête inclinée contre la sienne. Elle se recula et rit de son expression hypnotisée.

Ron ferait ce qu'elle voulait et il le savait. Graduellement, il s'approchait de l'endroit où elle voulait le conduire, de manière hésitante et méfiante, comme lorsqu'on longe le bord d'une falaise rocheuse surplombant la mer, tout en connaissant exactement les risques qui jalonnent le chemin mais en acceptant de les prendre, courtisant le danger alors qu'il prétendait le défier.

– Je sucerai ta queue si tu le fais, le cajola Angelina. Maintenant que je sais que tu aimes ça.

– Non… Je…

Elle tendit la main vers le bas et caressa ses testicules alors ses paroles se dissolvaient dans un sifflement aigrelet, comme si l'air se précipitait à travers ses dents serrées.

– On devrait rentrer à la maison, proposa Ron inutilement.

Ils n'iraient nulle part. Pas encore. Elle commença à déboutonner son jean.

– Oh, allez, Ronnie. Ça ne te fera pas mal.

Angelina fit la moue, sa main caressant toujours ses testicules. Ron détourna son regard, ses yeux bleus sentirent la première piqûre des larmes et il cligna des paupières pour les réprimer. Elle n'allait pas obtenir ça de lui.

– Arrête, dit–il à mi–voix.

Il ne voulait pas qu'elle s'interrompe mais il voulait qu'elle redevienne logique et réalise ce qu'elle faisait.

– Alors, écoute–moi bien, Ronnie, fit Angelina en perdant patience. Je suis en train de t'offrir quelque chose que tu aimeras et je t'ai offert de te tailler une pipe pour aller avec. Tu es en train de faire le difficile. Tu ne veux pas que George découvre notre liaison maintenant, n'est–ce pas ?

– Tu ne lui diras rien, répliqua Ron avec hésitation, tu ne risqueras pas ton mariage.

Angelina rit amèrement.

– Mon mariage ? C'est comme ça que tu appelles ça ? Tu sais depuis combien de temps George et moi, on n'a pas baisé ? Ça a cessé d'être un mariage quand il a sauté cette petite traînée à Londres.

Ron ne savait rien de cette petite traînée de Londres. Les secrets et les trahisons du mariage de son frère étaient un mystère pour lui et il espérait vraiment qu'ils le resteraient. Il savait qu'il était en train de faire quelque chose de mal rien qu'en étant ici, avec elle. Quand il était sorti pour se rendre dans l'abri de jardin dans lequel il se cachait enfant, il aurait dû savoir qu'elle le suivrait. Il se demanda un instant s'il l'avait deviné inconsciemment et si le fait de le savoir avait engendré le courage d'y aller.

– Pourquoi tu ne pars pas, alors ? demanda–t–il, le souffle court tandis qu'elle introduisait sa main dans son jean et commençait à le masturber.

– Oh, je le quitterai, dit–elle en souriant. J'ai juste quelques trucs à faire avant.

Elle abaissa son visage et prit son sexe dans sa bouche il hoqueta en sentant soudainement une chaude humidité autour de lui. Il ferma fortement les yeux, souhaitant être quelqu'un d'autre, un bon frère, Charlie. Angelina travaillait en experte, le stimulant avec sa langue. Elle ne bougeait que très peu la tête, activant sa bouche et sa langue autour de l'extrémité de son pénis tout en caressant la longueur de ses mains lestes. Les mains de Ron se serrèrent, agrippant la couverture sous lui et ses hanches ruèrent dans sa bouche quand il jouit, étouffant ses cris et ses grognements avec sa bouche fermement scellée.

– Je penses que tu as aimé, déclara Angelina en léchant les gouttes de sperme sur ses lèvres.

Il hocha distraitement la tête, incapable de parler sans sangloter, ne voulant pas lui avouer que c'était sa première pipe, que c'était la première fois que quelqu'un le touchait si intimement et que ça avait été honteusement bon.

– Maintenant, lui ordonna Angelina, tends ton bras.

Il s'exécuta et elle y entoura un cordon de soie et le serra autour de son biceps. Il la regarda faire puis réalisa que son jean était déboutonné et que son pénis mou et humide en dépassait.

– Je peux fermer mon pantalon ? marmonna–t–il.

Elle rit et il reboutonna son jean. Il l'observa faire sa petite cuisine. Il n'avait pas la moindre idée de comment elle avait trouvé de la drogue mais elle était là. Elle était douée en potion et en botanique. Elle avait pu faire pousser ses pavots elle–même, en extraire l'opiacé et fabriquer l'héroïne dans un chaudron de cuisine. C'était un procédé assez simple et il était facile d'acheter des pavots à opium dans le monde magique. De nombreux Sangs–Purs mastiquaient encore de l'opium en guise d'anti–douleurs et on pouvait s'en procurer chez n'importe quel apothicaire.

– Ça ne te fera pas trop mal, dit–elle, juste une petite piqûre– tu devrais avoir l'habitude. [1]

Il rougit fortement tandis qu'elle effleurait la douce peau de bébé du creux de son coude avant d'enfoncer l'aiguille dans sa veine. Il tressaillit. Elle dénoua le cordon de soie et la drogue circula brusquement à travers lui avec l'afflux de sang. La nausée le frappa presque instantanément et il vomit le contenu de son estomac sur le sol poussiéreux. Ils n'étaient pas à proximité de la maison et la petite part de son cerveau qui pouvait encore être logique en fut reconnaissante. Personne ne sortirait pour savoir d'où venait le bruit. Les vomissements s'interrompirent aussi vite qu'ils avaient commencé et il retomba en arrière, loin de la flaque collante. Il rampa jusqu'à la couverture et s'effondra sur le dos, fixant le plafond invisible, incapable de bouger tandis que l'euphorie le submergeait.

Angelina alluma une cigarette et l'observa un moment. Aucun sourire ne traversa son visage, aucune émotion ne lui fit rompre sa contenance. Elle inhalait profondément sa cigarette et le fixa longuement. C'était vraiment un beau garçon, si on aimait le genre avec des tâches de son, ce qui était assurément le cas d'Angelina. Ron Weasley avait hérité de la meilleure partie des traits de la famille Weasley. Il avait la taille et la minceur de Percy, ce qui signifiait qu'il avait de l'allure avec un jean moldu et une chemise et il avait les traits de Bill. Un visage finement osseux, un long nez fin avec de douces lèvres charnues et de brillants yeux bleus. Ces yeux–là étaient perdus d'émerveillement maintenant et il était en train de marmonner : « Rats au paradis » encore et encore. Ses cheveux avaient poussé ces derniers mois et ils lui allaient bien mieux que la chevelure courte que Fred et George l'avaient convaincu d'adopter au début de l'année scolaire.

Charlie lui manquait, elle le savait, ils le savaient tous. Elle devait admettre que Charlie lui manquait aussi – toutes ces nuits dans des draps trempés de sueur, de larmes et de semence. Mais elle n'avait jamais souillé le nom de Charlie en révélant leur liaison. Non, elle se vengerait de George d'une autre façon. Elle le ferait de cette manière–là. Avec Ron, elle ne voulait pas retrouver le réconfort qu'elle avait eu avec Charlie. Non, Ron lui était utile d'une toute autre manière.

Elle se leva et s'éloigna de lui. Le laissant seul dans le froid. Il ne pouvait plus le sentir de toute façon.

– Joyeux Noël, Ron, murmura–t–elle avant de jeter d'une pichenette le mégot de sa cigarette vers lui.

Il ne dit rien, il regardait stupidement le plafond et quelles que soient les visions qu'il y voyait. Elle ferma la porte de la cabane de jardin et retourna à la maison, vers son mari endormi qui, sans nul doute, n'avait même pas remarqué qu'elle était sortie.

oOo

Hermione accéléra dans un mugissement de vent et de couleurs tourbillonnantes, son Portoloin magnétiquement attaché à sa main. Elle n'avait jamais aimé voyager en Portoloin et, bien qu'elle sût qu'elle disparaissait en direction de la sécurité, le vent pressait durement sur son corps brisé et rendait le trajet encore plus insoutenable. Étant donné l'alternative, cependant, elle serait restée là, dans cet orage, pour l'éternité. Du moment qu'elle était sauve, du moment qu'elle pouvait s'éloigner autant que possible de Krum.

Ses pieds frappèrent le sol de façon si inattendue qu'elle s'étala en avant, son visage heurta le sol. Elle faillit rire, si sa figure n'avait pas déjà été réduite en bouillie, elle aurait sans doute eu mal.

Autour de la petite pièce, des appliques murales étaient allumées et plongeaient la chambre dans une lueur jaune. Il faisait chaud, ici, ça pouvait calmer la douleur et l'endormir si elle n'était pas prudente. Ça la fit paniquer. Elle ne pouvait pas s'évanouir maintenant. Elle avait besoin de trouver de l'aide. Son propre instinct de survie la secoua et elle tenta de se relever. Ça ne marcha pas. Un de ses yeux était plein de sang, ses oreilles la sonnaient, son poignet était brisé et l'autre bras sans utilité à cause des dommages subis par le muscle de son épaule. Elle se roula en position fœtale et se demanda pourquoi, bon dieu, elle était toujours en vie.

– Bienvenue au Manoir Malfoy, gargouilla–t–elle à travers le sang dans sa gorge et elle rit.

Elle n'était consciente que de la douleur qui pulsait dans son corps et du fait que la douleur signifiait qu'elle était encore vivante et qu'elle devait en être reconnaissante. Après qu'elle fût restée étendue là un moment, elle commença à discerner d'autres sensations. L'air était chaud sur sa peau, mais malgré ça, elle trembla. Elle était nue. Harry allait la trouver nue. Elle n'avait jamais été nue en face d'un homme avant et maintenant, elle allait se retrouver nue devant Harry. Et probablement devant Draco aussi. L'absurdité de sa crainte se cristallisa dans sa tête. Peu importait qu'elle soit nue, tant qu'elle était sauve. Harry la garderait en sécurité parce que c'était ce que Harry faisait. Harry viendrait la chercher. Son Harry, tout à elle.

Un son la força à lever les yeux. Quelqu'un ou quelque chose se tenait devant elle et, pendant un bref et terrifiant instant, elle crut que Krum l'avait suivie. Mais cette créature n'avait pas la taille de Krum. C'était une petite chose, elle ne marchait pas pesamment vers elle. Elle ne sentait pas la sueur et la haine et elle ne lui hurlait pas des obscénités. Elle se tenait à côté d'elle et regardait vers elle. Cette petite chose n'était pas Krum, c'était un elfe de maison.

– Miss ? fit une voix timide. Est–ce que Posie peut vous aider, Miss ?

Posie ? Posie l'elfe de maison ? Comme c'était original. Elle essaya de sourire, voulant être gentille et polie envers la petite créature mais rien ne marcha. Elle força sa gorge à réprimer le sang qui l'étouffait et chuchota :

– H–Harry P–Potter.

L'elfe trembla en tentant de toucher la joue de Hermione, lui arrachant un gémissement.

– S–s'il te plait, sanglota–t–elle. Va chercher H–Harry.

Posie inclina sa tête, les yeux écarquillés et effrayés. Posie n'avait pas la moindre idée de qui était cette fille, ni quelle terrible calamité lui était tombée dessus mais Posie savait que si elle interrompait le Maître quand il était… eh bien, il y avait là matière à discuter sur ce que faisait exactement le Maître avec Harry Potter… ce n'était pas une tâche que Posie était ravie d'exécuter.

Elle observa à nouveau la fille qui sanglotait sur le sol. Du sang commençait s'étendre sous elle et Posie décida qu'elle devait faire face au courroux de son Maître. La fille avait besoin de son aide. Elle acquiesça silencieusement et transplana.

oOo

– Je n'ai pas dit que je devais me marier, bredouilla Minerva.

Son verre de vin penchait dangereusement et Melville rôdait anxieusement à côté de son bras avec une serviette de table de peur qu'elle ne tache le tapis.

– Je veux dire, j'ai déjà été mariée mais il ne me le demande même pas. C'est juste qu'il semble penser que ça va continuer comme ça – pour toujours !

Snape fronça les sourcils puis se détendit. Il supposa que tant qu'elle parlait de sa vie amoureuse à elle, elle ne parlerait pas de la sienne. Bien que ce ne fût qu'une question de temps avant qu'elle n'y arrive.

– Bien, dit–il en soulevant son verre de vin de la lumière du feu pour vérifier sa robe rouge, c'était il y a longtemps, Minerva. Peut–être qu'il croit en ce vieil adage : « Pourquoi changer ce qui fonctionne très bien ? »

– Je lui en donnerai du changement, moi, grommela–t–elle.

Snape ne put s'empêcher de rire. Il était né et avait été élevé dans cette maison et Minerva McGonagall était la première vraie invitée qu'il avait. C'était le cas si on n'incluait pas Lucius, le fils que son père aurait souhaité avoir. Ça semblait étrange d'être assis dans le salon avec une amie et un verre de vin. Minerva avait replié ses pieds sous elle et elle était nichée dans le vieux fauteuil de son père. Il n'avait jamais été capable de voir ce gros truc comme quelque chose de confortable. Il avait vu son père assis là pendant bien trop longtemps. Il était vieux et élimé. Sa famille, comme beaucoup de Sangs–Purs, était issue d'innombrables générations de sorciers qui utilisaient le Ministère comme façade mais dirigeaient le monde sorcier derrière les portes closes, utilisant leur sang comme revendication du pouvoir. Leur argent s'était envolé, les sofas étaient râpés et leurs vestes défraîchies mais son grand–père les portaient alors tout allait bien. Il n'était pas étonnant que Severus ait été un fils si décevant. Il voyait sa famille comme elle était réellement.

Regardant vers Minerva, roulée en boule dans ce fauteuil, toute enveloppée de velours rouge, étincelante dans la lumière du feu, il pouvait presque imaginer la maison pleine de lumière. Presque. Il devait juste apprendre comment regarder un peu plus profondément.

– Et bien sûr, continua Minerva, il ne veut pas m'épouser mais il attend pourtant de moi que j'écarte mes…

– Minerva ! l'interrompit–il en levant promptement la main. C'est suffisant comme information, je t'assure.

La dernière chose que Severus avait besoin d'entendre était qu'un homme plus que centenaire avait une vie sexuelle plus remplie que la sienne. Il se demandait de quoi Hermione aurait l'air dans ce fauteuil. Toute habillée de velours rouge. Ses cheveux tomberaient sauvagement sur ses épaules, ses yeux seraient agrandis et noirs de passion. Son pénis remua et les agréables vrilles de sa boisson envahirent son cerveau. Il se permit de se bercer dans un fantasme dans celui–ci, cette maison était quelque chose de bien, son père était un homme gentil et coucher avec Hermione était une chose possible.

Snape se surprit à sourire stupidement à ce rêve éveillé. Il pouvait remercier la caisse d'excellent merlot que Minerva avait amenée avec elle. Il savait qu'il était saoul. Il le savait parce qu'il était détendu et, qu'au lieu d'être reconnaissant parce qu'il était loin de Hermione, il devenait nostalgique et souhaitait sa présence. Et alors, qui est–ce qu'il croyait tromper ? Il avait espéré qu'elle soit là avec lui depuis qu'il était arrivé ce matin. Il était relaxé, chacun de ses muscles commençaient à se dénouer. Il devrait lui écrire lui dire où il était. L'inviter à leur fête. Juste l'amener ici, comme ça, il pourrait plonger son visage dans ses cheveux.

Sa lettre du matin lui avait manqué. Il avait donné l'adresse de la volière mais il était assez certain qu'elle serait furax quand elle réaliserait qu'il était parti. Ça semblait une bonne idée de ne pas le lui dire, un bon moyen de la mettre à l'écart. Mais, tandis que la journée avait avancé, il avait compris qu'il ne voulait vraiment pas la mettre à l'écart. Il aimait recevoir des lettres d'elle, il aimait sentir ce genre d'émotion. Il lui avait répondu en nature. Il ne pouvait pas s'en empêcher, elle suscitait en lui un désir qu'il n'avait jamais ressenti auparavant.

Bien qu'il plongeât doucement dans un état d'ébriété avancé, il était parfaitement conscient que Minerva était bel et bien là. Elle avait dépassé sa phase de gloussements et maintenant, elle se retranchait derrière sa phase désordonnée et balbutiante : « Albus est un salaud ».

Snape sourit, s'il avait été n'importe où ailleurs, si Hermione avait été là, il aurait presque pu se croire heureux.

Minerva inclina sa tête en arrière, siffla son verre et il se remplit instantanément. Merde, cet elfe de maison était bon. Il avait oublié comme il était pratique de les avoir courant partout dans la maison. Melville avait repris sa surveillance à la serviette. Snape était tenté de lui dire de ne pas s'inquiéter. Le tapis était ancien et pas particulièrement de bonne qualité. Ils auraient dû s'en débarrasser.

– Alors, fit Minerva en levant vers lui un regard embué par l'alcool, parle–moi de Hermione Granger.

Il ferma les yeux, il savait que ça viendrait. C'était sans doute une partie de son plan. Le saouler, le faire se détendre puis avancer pour l'abattre. Il rit – et il n'arrivait pas à croire qu'il riait.

– Qu'est–ce que tu veux savoir sur Miss Hermione Granger ? demanda–t–il, amusé de découvrir qu'il ne lui dirait probablement rien de ce qu'elle voulait savoir.

Il se demanda à quel point il était bourré. Manifestement, il ne commençait pas juste à être saoul, il était déjà bien lancé.

La cheminée mugit en prenant vie et ils sursautèrent tous les deux, inondant de vin le tapis et le malheureux Melville. L'elfe marmonna quelque chose et redescendit aux cuisines chercher du sel pour les taches. La tête de Dumbledore flottait dans le feu.

– Albus ! gloussa Minerva. Nous étions en train de parler de toi.

Au début, Dumbledore ne répliqua pas et ils surent immédiatement que quelque chose n'allait pas. Normalement, il aurait lancé quelques boutades au détriment de Minerva et ils auraient échangé des insultes de part et d'autre avant qu'Albus en revienne à ses affaires. Mais pas cette fois. Cette fois, il était silencieux. Il n'y avait pas d'éclat dans ses yeux. Il paraissait redoutable et austère et vieux de façon alarmante.

– Qu'est–ce qui ne va pas, Albus ? s'enquit Minerva, sa voix teintée de panique.

Elle ne l'avait jamais vu comme ça depuis la guerre et elle ne voulait plus jamais voir cette expression.

– Il est arrivé quelque chose ?

– Minerva, Severus, fit la voix tendue de Dumbledore.

Il semblait choqué.

– Il y a eu un incident à l'école. J'ai besoin de vous au Manoir Malfoy. Je vous envoie Poppy.

oOo

Harry et Draco étaient couchés côte à côte, ils regardaient le plafond, baignés de sueur et légèrement haletants. Les relents de sexe se répandaient dans la chambre. Une étrange odeur de transpiration, de semence et de désir musqué.

Oh, bordel de merde, pensa Harry avec consternation, je lui ai dit que je l'aimais, putain, comment je peux être aussi con ?

Oh, espèce d'enfoiré, pensa Draco avec désespoir, pourquoi tu n'as rien dit, même n'importe quoi ? Il vient de te dire qu'il t'aime et tu ne dis rien. Putain, t'es qu'un gros balourd.

Puis la même pensée les frappa comme un éclair de lumière. Cette partie de jambes en l'air avait été incroyable. Incroyable et foutument époustouflante.

– Ça va ? demanda finalement Draco.

Il savait qu'il devait prendre soin de Harry, vu comme il avait sauvagement pilonné le corps de son amant il serait surpris s'il pouvait encore marcher.

– Ouais, souffla Harry. C'est bon.

Au son de la voix de Harry, Draco sentit une émotion le submerger et il roula pour l'embrasser, en lui caressant amoureusement le visage de ses doigts sensibles.

– Je t'ai blessé, bébé ?

– Non, mentit Harry.

À moins que tu comptes le fait de ne rien dire du tout quand je t'avoue que je t'aime.

– Tu es si beau, murmura Draco, en effleurant sa joue.

Ouais, mais tu ne m'aimes pas, hein ?

– Pas aussi beau que toi, répondit Harry.

Ils s'embrassèrent profondément et Harry réalisa qu'il allait devoir se consoler avec des gestes attentionnés, la chaleur des bras de Draco et ses baisers. Ce n'était pas difficile. Le corps de Draco était consentant, ses caresses comptaient plus que toutes les paroles non–dites. Pourtant, Harry aurait souhaité qu'il dise quelque chose. Même si c'était juste pour dire que Draco l'appréciait vraiment beaucoup. Il se détendit dans le baiser, cherchant la langue de Draco avec la sienne.

Ils furent interrompus par un coup à la porte. Draco leva la tête et fronça les sourcils. Il marmonna : « Lumos » en s'asseyant. La pièce fut baignée dans une douce lumière et il tendit la main vers sa robe de chambre, ordonnant à qui que fut derrière la porte d'entrer. La porte s'ouvrit et le visage gêné d'une elfe de maison pénétra dans la pièce.

C'était une chose que Harry avait remarquée, les elfes de maison, sauf l'impérieux Non, étaient terrifiés par leur Maître. Harry se demanda comment Draco les aurait vraiment traités s'il n'avait pas fait de son mieux pour les traiter avec considération, pour lui. Il l'observa jeter un regard furieux et impatient à l'elfe l'elfe regarda derrière lui de ses gros yeux terrifiés.

– Eh bien ? aboya Draco. Qu'est–ce que tu veux ?

– M–m–maître, s'il vous plait, Maître Draco, Monsieur, Mr Harry Potter a un visiteur.

Draco reporta son regard furieux sur Harry.

– Tu attendais quelqu'un ?

– Non.

Harry s'assit également.

– Seuls Hermione et toi savez que je suis ici.

– Qui est–ce ? s'enquit Draco.

– Une fille, Maître Draco, Monsieur. Posie ne sait pas son nom. Elle a été blessée, Monsieur. Elle demande Harry Potter.

Harry et Draco échangèrent un regard. Ce devait être Hermione. Mais blessée ? Comment ?

– Elle est sérieusement blessée ? demanda Draco, hésitant avant de parler.

L'elfe sembla même plus effrayée, se méprenant sur le ton incertain de Draco, pensant que c'était une lente colère qui montait. Elle éleva sa main aux longs doigts, couverts du sang de Hermione.

Harry se rua soudainement pour trouver des vêtements. Il s'arrangea tout juste pour passer un pantalon de pyjama appartenant à Draco avant de sortir et se précipiter dans l'escalier. Draco, le plus prudent et le plus réfléchi des deux, trouva une autre paire de pantalon de pyjama, attacha la ceinture de sa robe de chambre et prit sa baguette avant de suivre Harry. L'elfe de maison lutta pour maintenir le rythme avant de se rappeler qu'elle avait l'avantage de pouvoir transplaner dans la maison. Finalement, elle battit les garçons de dix bonnes secondes.

oOo

Les professeurs Snape et McGonagall ainsi que Madame Pomfrey étaient arrivés au Manoir Malfoy une minute seulement après que Harry et Draco eurent trouvé Hermione. Madame Pomfrey, avec sa brusquerie habituelle, avait pris les choses en main avec calme et autorité. En quelques secondes, une civière avait été invoquée et Hermione y fut placée avec douceur. Les garçons l'avaient emmenée à l'étage, sur le lit de Draco. Draco avait désigné deux elfes de maison pour assister l'infirmière et lui fournir tout ce dont elle avait besoin et on les avait fait sortir de la pièce.

Harry faisait les cent pas dans le salon. Il trembla de froid jusqu'à ce que Minerva allume un feu. Puis Draco lui avait trouvé un pull pour cacher le fait qu'il était à demi nu. Snape regardait par la fenêtre dans un silence de pierre. Draco grignotait l'ongle de son pouce et Minerva fixait la cheminée comme si elle s'attendait à ce que Dumbledore apparaisse à tout moment. Il était évident pour tous les quatre que Victor Krum n'avait vraiment plus longtemps à vivre. C'était une affaire de jours, de semaines peut–être ou s'il était chanceux, de mois. Mais certainement pas plus d'une année. Ce qui était incertain, par contre, était de savoir qui, de Harry ou Snape, irait le pourchasser en premier.

La tactique de Harry était de battre le fer tant qu'il était chaud, alors que sa colère était si forte qu'il pouvait tuer un homme. Snape travaillait mieux furtivement. Il savait très bien que Krum s'était arrangé pour s'envoler et le temps que Harry le trouve, sa rage aurait décru, alors il y réfléchirait à deux fois avant de le tuer. Mais pas Snape. Il allait le traquer et ensuite il lacérerait lentement, douloureusement, petit bout par petit bout, cette pourriture de Bulgare.

Voilà dans quoi ils étaient tombés. Snape et McGonagall étaient un peu abasourdis. Ils étaient arrivés et avaient trouvé Harry soulevant Hermione du sol il était encore couvert du sang de Hermione. La première question qui s'était presque ruée sur eux était simple mais que diable faisait Harry Potter au Manoir Malfoy, uniquement vêtu d'un bas de pyjama qui manifestement n'était pas le sien – le monogramme D brodé sur la poche arrière n'était-il pas la plus grande preuve qu'il ne lui appartenait pas ? Maintenant que Poppy était à l'étage à soigner Hermione et qu'ils devaient attendre, ils avaient le temps de réfléchir à la question.

Et ils savaient de quoi ça avait l'air. Ils étaient parfaitement capables d'additionner deux et deux et d'en conclure que Malfoy baisait avec Potter. Ce qu'ils n'aimaient pas, c'était qu'ils étaient plus que probablement dans le vrai. Snape pouvait presque entendre Narcissa se retourner dans sa tombe.

Snape n'avait aucun problème avec les préférences sexuelles de Draco. La bisexualité était une pratique courante parmi les Sangs–Purs depuis des siècles. Lucius avait eu des maîtresses et des amants d'après ce qu'en savait Snape. Et avec Draco la pomme ne tombait jamais loin de l'arbre. Ce qui alarmait Snape était le choix de Potter pour amant. Harry Potter était totalement inapproprié et n'aurait certainement jamais été une option que Draco aurait prise si Lucius avait été là pour l'en empêcher.

Mais Lucius n'était pas là. Lucius n'était plus qu'un imbécile baveux dans une boîte de verre.

La roue de l'esprit de Snape se remit à tourner tandis que Potter marchait de long en large près de lui. Hermione. Sa magnifique Hermione. Il allait tuer Krum. Harry s'interrompit subitement au milieu de la pièce.

– Je ne peux pas rester là. On reste assis alors que ce salopard se fait la malle.

– Il ne va pas s'échapper avec ça, Harry, expliqua patiemment Minerva. Le professeur Dumbledore va le trouver et quand ce sera fait, il s'en occupera.

– Il s'en occupera comment ? exigea de savoir Harry. Il l'enverra probablement à Azkaban pour quelques mois et ça sera tout.

– Dumbledore s'assurera que la sanction correspondra au crime.

– Et comment il va faire ça, hein ? En réduisant Krum en charpie avant de lui enfoncer un balai dans le cul ?

– Eh bien, évidemment que non, répondit Minerva en réprimant un sourire, mais c'est très inventif, Mr Potter.

– Peut–être, intervint Snape d'une voix soyeuse en se détournant de la fenêtre pour jeter un regard légèrement dédaigneux à Harry, que vous devriez cesser se faire les cent pas et employer vos nombreux talents pour réfléchir à comment vous pourriez aider le directeur à localiser Krum.

Harry se tourna vers lui et le fixa haineusement.

– Putain, vous pouvez parler, c'est vous qui devriez sortir à la recherche de ce salaud ou vous n'en avez rien à foutre d'elle ?

– Je ne pense pas que mes sentiments dans cette affaire soient particulièrement importants, Potter.

– Oh, vraiment ? Eh bien, je parie le contraire, Professeur. Si ce n'était pas à cause de vous, Hermione ne serait pas dans cet état.

Les yeux de Snape étincelèrent et il pâlit un peu.

– Je ne vois en quoi c'est ma faute si Mr Krum a brusquement décidé de se comporter en forcené psychotique en attaquant Hermi… Miss Granger.

– Si vous ne l'aviez pas encouragée, elle ne serait pas restée seule à Poudlard, rétorqua vivement Harry. Elle serait là en sécurité.

– Peut–être, ricana Snape en jetant un coup d'œil aux deux garçons, qu'étant donné vos intentions manifestes pendant ces vacances, elle se sentait gênée de vous accompagner.

Draco avança vers eux, le visage rouge tandis qu'il lançait un regard furieux vers son parrain.

– Bordel, n'essaie pas de nous mettre ça sur le dos ! Tu aurais pu lui dire que tu partais, tu savais ce qu'elle ressentait pour toi et elle n'est pas le genre de personne qui se laisse embarquer par une toquade. Je sais que tu l'as encouragée. Je t'ai vu, tu te rappelles ? Mais tu n'as rien dit, n'est–ce pas ? Tu l'as juste laissée là–bas. Tu l'as abandonnée, prouvant une fois de plus quelle sorte d'ami tu es. Tu as l'habitude de détruire tes amis, non, Oncle Severus ? Pourquoi cette fois ce serait différent ?

Harry regarda de Draco à Snape et surenchérit.

– Ouais, vous l'avez laissée seule avec lui !

Snape pâlit un peu plus, un muscle tressauta sur sa joue et Harry fut certain de voir quelque chose qui aurait pu être une larme dans ses yeux. Cependant, il ne pleura pas. Il ouvrit la bouche comme pour dire quelque chose, une remarque ou une excuse mais rien ne vint. Ses lèvres tremblèrent une fraction de seconde puis sa figure se durcit. Il se rua à travers la pièce, prit son manteau de voyage et sortit d'un air digne.

Harry se détourna de la silhouette qui s'éloignait en s'étreignant lui–même et Draco baissa la tête. Minerva se leva d'un bond et courut après Snape.

– Severus ! l'appela–t–elle désespérément. Severus, attends !

Il s'arrêta, plus parce qu'il savait que Minerva ne pouvait pas courir et qu'il ne voulait pas qu'elle tombe sur le sol de marbre.

– Quoi ? demanda–t–il.

Il n'était pas d'humeur à parler, il voulait juste sortir de cette maison. Il n'aurait pas dû venir ici.

– Ne t'emporte pas, fit Minerva en cherchant son souffle, les jambes faibles. Ils sont en colère, contrariés et ils cherchent un coupable à blâmer. C'est tout.

– C'est tout ? Minerva, de toute ma vie, je n'ai entendu de paroles plus exactes. Ils ont raison, je l'ai laissée là–bas. Je sais que j'aurais dû lui dire où j'allais mais je ne l'ai pas fait.

– Oui, mais tu ne pensais pas qu'elle allait rester là–bas pour toi, n'est–ce pas ?

– Ce que je crois est joliment clair, je n'ai pas réfléchi du tout.

– Ce n'est pas ta faute, Severus.

– Je ne pense pas que Hermione verra les choses comme ça.

Minerva regarda autour d'elle, désemparée. Elle voulait le serrer contre elle. Il semblait sans espoir et en colère. Il avait l'air effrayant.

– Reviens au salon, l'encouragea–t–elle. Tu devrais attendre et t'assurer qu'elle va bien.

– Je suis sûr que tu es plus que capable de le faire, Minerva.

– Peut-être qu'elle voudra savoir que tu es là.

– J'en doute.

Il se renfrogna et se détourna en enfilant son manteau.

– Je te verrai dans la matinée, de retour au Marais.

Minerva déglutit.

– Tu vas y retourner maintenant ?

– Pas dans l'immédiat.

Il fixa la porte avec impatience.

– Alors où est–ce que tu vas maintenant ?

Il pivota vers elle et lui sourit d'un air sinistre.

– Trouver Krum.

oOo

– Ronald Weasley, est–ce que c'est une dragée surprise de Bertie Crochue que tu t'es enfoncée dans le nez ?

Comment exactement la dragée s'était enfilée dans sa narine gauche, Ron ne pouvait se le rappeler, seulement qu'elle s'était retrouvée là. Ses souvenirs d'enfance étaient clairsemés, il n'arrivait pas à y repenser trop loin avant que tout ne redevienne blanc. Celui–là – il était certain que c'était un souvenir et pas un rêve – revenait maintenant avec clarté tandis qu'il se traînait lourdement dans la nuit glacée jusqu'à la maison.

– T'es qu'un p'tit con, avait ri Charlie et il avait repoussé le menton de Ron en arrière pour mieux voir dans le nez de son petit frère.

Il avait assis Ron sur un mur de pierre peu élevé de l'enclos à cochons et s'était agenouillé dans la neige, essayant de réfléchir à comment il allait s'y prendre pour sortir le bonbon de là.

– Le dis pas à m'man ! avait couiné Ron tout en essayant d'expulser la dragée incriminée.

Il n'avait réussi qu'à se recouvrir la lèvre supérieure de morve. Charlie avait secoué la tête de dégoût et essuyé la bouche et le nez de Ron avec un mouchoir. Finalement, il eut l'idée d'utiliser sa baguette pour doucement chauffer la dragée jusqu'à ce qu'elle devienne collante et malléable, puis, tenant le mouchoir vers le nez de Ron, il lui avait ordonné de souffler. La dragée était sortie en une bouillie poisseuse rouge brillant.

Ron s'était empressée de regarder le contenu du carré de tissu, avait vu le rouge, l'avait instantanément pris pour du sang et s'était mis à hurler. Charlie avait ri, levé le petit de quatre ans dans ses bras et l'avait ramené à l'intérieur, vers la chaleur du feu de Noël.

Si seulement Ron avait surveillé l'arrière du champ de bataille ce dernier jour, comme Dumbledore le lui avait demandé, si seulement il ne s'était pas précipité au front, si stupidement avide de faire ses preuves. S'il était resté là où on le lui avait demandé, il aurait pu être là–bas pour protéger son frère, le sauver du Mangemort blond qui était descendu en piqué depuis le ciel pour le décapiter.

Lorsque Ron poussa la porte du Terrier, des larmes striaient ses joues.

Ce n'était que maintenant, alors que Charlie reposait dans un quelconque lopin de terre humide, que Ron appréciait pleinement tout ce que son frère avait fait pour lui. Il avait été son protecteur, celui qui l'avait sauvé des tourments des jumeaux, le seul qui l'écoutait comme si ce qu'il disait avait de la valeur, le meilleur attrapeur de l'histoire de Gryffondor et son héros personnel. Quand Charlie avait quitté la maison pour aller travailler en Roumanie, Ron en avait eu le cœur brisé. Il avait eu des accès de colère, dit des choses qu'il ne pensait pas, il s'était comporté en gamin. Si seulement il avait eu une chance de dire à Charlie combien il avait compté pour lui mais il était trop tard maintenant. Il ne pouvait qu'ajouter ça à sa liste de regrets toujours croissante.

Charlie aurait eu honte de lui maintenant. Charlie n'aurait jamais trahi son frère comme Ron l'avait fait.

Ron monta l'escalier, en évitant les craquements et les gémissements du vieux parquet et porta le fardeau de sa culpabilité jusqu'à son lit. Il n'avait pas la moindre idée de ce qui était en train de se passer. Pourquoi Angelina l'avait–elle choisi, lui ? Et pourquoi n'avait–il pas le pouvoir de lui résister ? Pourquoi avait–il permis qu'elle remplisse ses veines avec cette drogue immonde qui lui sapait son énergie et le rendait euphorique ? Sa seule consolation était que ce qu'elle lui avait injecté était sans aucun doute pur et net, ce n'était pas comme cette étrange et dégoûtante mixture que les Moldus fournissaient. Il savait que c'était une pratique grandissante parmi les sorciers que de prendre des plantes traditionnellement utilisées pour guérir et d'en faire des drogues pour eux. Autrefois, c'était considéré comme en dessous d'eux, les Sangs–Purs estimaient que de telles drogues étaient la faiblesse des Moldus. Mais depuis la chute de Voldemort, beaucoup de personnes de pur lignage avaient disparu.

Ron s'affala dans son lit et ferma les yeux. Son bras lui faisait mal, là où elle avait planté l'aiguille dans sa veine et il ne voulait pas regarder dans la chambre. Il savait où ses yeux se poseraient et il ne voulait pas voir le pacte, pas encore. Il ouvrit les yeux et murmura un sort pour allumer.

Le bouton de rose à côté de son nom était petit et jaune et une fois de plus, nuancé de marron. Il détourna les yeux et sentit les larmes couler de ses paupières. Il n'y avait aucune raison de pleurer pour ça. S'il avait tellement détesté ça, il n'aurait jamais permis que ça arrive. Il s'essuya les yeux du dos de la main d'un geste furieux et fixa longuement les noms de Harry et de Hermione. Son cœur manqua un battement.

Harry avait une rose. Pleine et éclatante, brillant de manière saisissante. C'était un rouge parfait et, pendant un instant, Ron fut certain de pouvoir sentir un parfum de roseraie. Alors, c'était fait, pour Harry, du moins. Il sentit une amertume remplir son cœur. Une fois de plus, Harry Potter était sauvé de son hideux destin. Ron n'aurait pas été surpris s'il s'avérait que Dumbledore s'était arrangé pour fournir une fille parfaite à Harry. Le héros du monde magique ne pouvait pas se retrouver couvert de furoncles, n'est–ce pas ?

Il observa les boutons de roses de Hermione. Deux d'entre eux semblaient sur le point de mourir et formaient des gouttelettes comme s'il y avait du sang. Probablement parce qu'elle les avait obtenues avec cette immonde petite merde de Malfoy. Ron avait été amoureux de Hermione, il y avait longtemps et d'une manière absurde. Maintenant, elle se roulait littéralement dans la fange avec Malfoy. La Fouine. Parmi tous les autres. Elle savait exactement ce que les Malfoy avaient fait. Elle savait que le clan entier était fielleux, tordu et mauvais. Elle savait que c'était Lucius le Mangemort qui était descendu du ciel pour tuer son frère bien–aimé. Elle savait tout ça et pourtant, elle continuait. C'était comme lui jeter la mort de Charlie au visage.

Et maintenant Harry était également en train d'apporter son aide à la Fouine. Au début, Ron avait suspecté un sortilège Imperius mais finalement avait renoncé. Harry était connu pour son habileté à lui résister. Ce qui signifiait que non seulement Hermione baisait volontiers avec cette petite merde – mais que Harry prenait sa défense maintenant !

Tout ce que Ron voyait, c'était un acte ultime de trahison.

Il ferma à nouveau les yeux et laissa reposer sa tête contre les oreillers. Il se sentait malade, il ressentit le besoin de vomir mais il n'y avait plus rien dans son estomac. Il se demanda pourquoi, maintenant que la guerre était finie et que sa vie était censée être magnifique, il se sentait comme une merde.

A suivre…

NdT :

[1] Jeu de mot avec little prick qui signifie petite piqûre mais aussi petite bite ou petit con

Voilà, merci d'avoir lu jusque-là. J'attends vos commentaires.

Bisous.

Falyla