Titre : Objects of Desire
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Auteure : Azrael Geffen
Traductrice : falyla
Correcteurs : falyla/Florent
Paring : Harry Potter/Draco Malfoy Hermione Granger/Severus Snape
Rating : M/NC-17
Etat de fic originel : terminée (20 chapitres divisés en 59 parties)
Etat de la traduction : terminée
Disclaimer: Les personnages appartiennent à l'univers de JK Rowling, l'intrigue est à Azrael Geffen, avec son aimable autorisation.
Warning : slash, scènes de sexe très graphiques, torture, viol, meurtre, tentative de suicide, drogue, abus d'alcool, langage cru.
Site : à cause des thèmes abordés, je ne sais pas si cette fic sera autorisée à rester sur FFnet, je la publie donc en parallèle sur AO3 sous le même pseudo.
Mise en ligne : sauf contretemps inattendu, le lundi, le mercredi et le vendredi.
Résumé : Après la fin de la guerre, Harry, Ron et Hermione décident de revenir à Poudlard pour obtenir leurs ASPICs. Avant la rentrée, lors d'une soirée très avinée, ils établissent et signent un pacte magique où ils s'engagent à perdre leur virginité pendant cette 8ème année.
Note de la traductrice : Merci beaucoup pour vos commentaires, j'apprécie vraiment.
Bonne lecture.
Objects of Desire
Chapitre 10 (2ème partie)
Voici Noël
Snape tenait un miroir à plat dans sa paume et versait une épaisse substance à base de mercure à sa surface. Il espérait qu'il était plus près de Krum que ne l'était Dumbledore. Enfin, ça n'avait pas tellement d'importance. Snape savait qu'il avait l'avantage. C'était une des raisons qui prouvait qu'il avait été indispensable au vieux sorcier pendant la guerre. Le Maître des potions avait un don pour trouver les gens. Le monde des ténèbres était un cercle fermé et Snape avait sa part d'ombre. Cela dit, Dumbledore avait quelques heures d'avance sur lui, il avait été présent quand Krum avait transplané. Ce dernier avait sûrement laissé une trace qui permettrait au directeur de le suivre.
Snape se concentra sur une image mentale du Bulgare. Il baissa les yeux sur le miroir où la solution se mit à frémir.
– Guide–moi, murmura–t–il.
Le mercure tourbillonna avant de former une flèche. L'homme eut un sourire froid et prit la direction indiquée.
Krum avait transplané depuis l'Ecosse mais il n'avait certainement pas quitté le Royaume–Uni. Snape doutait qu'il retournerait en Bulgarie, à moins d'y être forcé. Heureusement pour le Maître de Potions – et malheureusement pour sa proie – Krum avait atterri directement en Angleterre, dans le Derbyshire, plus précisément. Le miroir lui indiqua la direction et une fois arrivé dans le même pays, le chemin devint de plus en plus clair et simple à suivre.
Le miroir le mena à un chemin tortueux et sinistre, non loin de rues moldues très fréquentées, entourées de grands champs et de passages visibles seulement par les sorciers. L'air froid de la nuit faisait voler ses cheveux dans tous les sens. La rosée de la nuit hivernale recouvrait ses mains et son manteau claquait à cause de la vitesse de son balai. Il volait assez haut pour ne pas être aperçu depuis le sol mais assez bas pour voir où il allait. Au bout d'un moment, il put distinguer le paysage qui l'environnait et il se concentra encore une fois sur le miroir qui le guidait vers son gibier.
Il volait depuis plusieurs heures, l'aube allait bientôt se lever. Le mercure se remit à frémir avant de se stabiliser. Snape atterrit sur une voie étroite entourée de deux murs de pierre. La lune éclairait le chemin et le sorcier se mit à marcher d'un pas rapide, cherchant l'endroit où Krum avait pu se cacher. Après un virage, le passage déboucha sur un terrain et un peu plus loin, il put voir une lumière provenant d'une maison isolée.
Il se dirigea vers l'habitation, enjamba une barrière et traversa le terrain boueux. Quand il fut à moins de vingt mètres de la maison, il s'arrêta et attendit. Tout était calme à l'intérieur. Le cottage était petit, récemment blanchi à la chaux avec son toit de chaume, il semblait bien entretenu. C'était un endroit tranquille avec ces nombreux arbustes qui le cachait. La maison était silencieuse, il n'y avait aucune lumière, mise à part celle qui éclairait une seule fenêtre. Snape s'approcha furtivement, avec précaution.
Il ne prit même pas la peine de frapper. Si ce n'était pas le bon endroit, s'il entrait chez des Moldus sans histoire, il n'aurait qu'à leur lancer un sort d'Oubliette avant de repartir. Il ouvrit la porte avec fracas et entra. Il embrassa la scène devant lui d'un coup d'œil. Krum était assis devant une petite table en bois et avait descendu une bonne partie d'une bouteille de whisky. Surpris, il contemplait le Maîtres de Potion sans bouger. Sa robe de sorcier était sale, comme s'il était tombé en traversant le terrain qui entourait le cottage. Pendant un bref moment, Snape se demanda à qui la maison appartenait. Krum s'appuya sur la table et se leva en tremblant.
Krum se détendit un instant, comme s'il s'était attendu à ce que quelqu'un de pire franchisse la porte. Peut–être Potter. Ils s'observèrent, chacun conscient du fait qu'ils se ressemblaient énormément physiquement. Ils portaient tous les deux du noir, ils avaient les cheveux noirs, les yeux noirs. Ils étaient tous les deux grands, dotés d'un corps maigre et tendu. Leurs visages se fendirent d'un sourire torve au même moment.
– Tiens donc, ce n'est pas Dumbledorrre lui–même qui s'est déplacé, maugréa Krum. Cette sale petite trrraînée de Sang–de–Bourrrbe ne devait pas trrrop compter pourrr lui, en fin de compte.
Snape grimaça, tremblant de colère.
– Allons, allons, Prrrofesseur, vous n'êtes générrralement pas si silencieux, se moqua l'autre sorcier qui essayait d'être éloquent malgré son ivresse. Vous allez me donner votrrre avis, me dirrre ce que j'ai fait de mal. Je peux vous assurrrer que Miss Grrrangerrr n'a jamais hésité à me fairrre parrrt de son opinion. Putain, même qu'elle l'a hurrrlée dans mon orrreille.
– Je ne pensais pas que l'opinion de Miss Granger vous intéressait.
Snape darda des yeux pleins de dédain sur Krum.
– Je croyais que tout ce qui vous intéressait était de la tabasser sans pitié.
– Eh bien, dit le Bulgare en riant, j'aurrrais prrréférrré qu'elle écarrrte gentiment les jambes pourrr moi mais elle aime l'amourrr vache. Je n'ai fait que la satisfairrre.
Snape serra les poings et son visage passa de sa pâleur habituelle à un rouge soutenu en un instant.
– Vous aurrriez dû l'entendrrre, reprit Krum, riant toujours. Elle couinait comme une trrruie.
Snape se jeta sur Krum. Ses mains se tendirent vers la gorge de l'autre homme qu'il serra de toutes ses forces. Le Bulgare répondit en assénant ses poings là où il pouvait l'atteindre. Tout se passa si rapidement que Krum ne put rien faire d'autre que tomber en arrière et se défendre. Il ne s'était pas attendu à une attaque physique. Les sorciers ne se comportaient pas de la sorte. Ils utilisaient leur baguette. Mais Snape ne pensait pas comme un sorcier ou comme un Serpentard. Non, il agissait comme un homme et, en cet instant, tout ce qu'il voulait c'était massacrer ce salopard à mains nues.
Cela dit, les coups de Krum finirent par déloger les mains de Snape. Ils s'écrasèrent au sol sans cesser de se battre, leurs mains et leurs jambes s'agitaient dans tous les sens. Le Maître de Potions plaqua l'autre homme par terre avant de décocher, avec une grande satisfaction, trois coups de poings dans la figure du sorcier ivre. Il fouilla dans la robe sale du Bulgare et se saisit de sa baguette. Snape se redressa et pointa les deux baguettes vers le bas.
– Qu'est–ce que ça peut vous fairrre ? cracha Krum, un filet de sang coulant du coin de sa bouche. C'est qu'une Sang–de–Bourrrbe, une Miss je–sais–tout, une étudiante ! Vous les détestez ! Je le sais, Karrrkarrroff me l'a dit.
Snape pointait toujours les baguettes vers lui, l'air dangereux.
– Je t'interdis de parler d'elle ! Tu m'entends ? cria–t–il en postillonnant sur le Bulgare.
Sa voix trembla un peu, comme si un sanglot s'échappait du plus profond de son être. Krum explosa de rire.
– Elle vous plaît ? Vous avez le béguin pourrr la géniale Miss Grrrangerrr ? demanda–t–il en essayant de s'asseoir. Qu'est–ce qui vous fait crrroirrre qu'elle serrra intérrressée parrr un vieux con aux cheveux grrras comme vous ?
Le professeur pâlit et prit de profondes inspirations. On aurait dit que du chagrin marquait ses traits.
Krum rit plus fort encore quand il comprit :
– Oh, je vois ! Vous y avez déjà goûté. C'est vous qui me l'avez volée, espèce d'enfoirrré ! s'exclama–t–il avec un sourire mauvais. Je ne peux pas dirrre que je la félicite de son choix et il semble bien que j'ai malmené votrrre jolie poupée.
Le rire de Krum se transforma en un cri d'agonie au moment où un bruit de déchirure s'éleva dans les airs. Un long lambeau de tissu et de chair se détacha de sa cuisse. Ses yeux s'écarquillèrent tandis qu'il observait, incrédule, la profonde blessure.
– Abripio Vestitus.
La robe du Bulgare quitta son corps, le laissant en sous–vêtement et un autre morceau de chair se détacha de sa cuisse. Il hurla, faisant tout pour retenir la chair qui s'arrachait. Cela ne changea pas grand–chose : malgré sa main, la peau se décolla, accompagnée de tendons et de fibres musculaires. Karkaroff lui avait dit jadis que le Maître de Potions de Poudlard était un Mangemort, cruel en plus de ça mais il ne l'avait pas cru. D'accord, Snape lui avait semblé amer et vindicatif mais c'était évident qu'il était l'allié de Dumbledore… pas un Mangemort.
Mais maintenant, il savait que c'était vrai. Les yeux noirs de Snape semblaient sans fond. Ils ne reflétaient rien d'autre que le visage terrifié du Bulgare. Le professeur se fendit d'un sourire cruel.
– Ça fait mal, hein ? dit–il d'un ton onctueux, mais d'après ce que j'ai compris, tu n'es pas contre un peu de souffrance.
Un autre morceau de chair fut arraché et Krum s'éloigna, hurlant de douleur. Il fallait qu'il sorte d'ici, qu'il s'échappe de cet endroit, sinon Snape allait l'écorcher vif. Il s'accrocha aux meubles pour se relever et fonça vers la porte qu'il franchit avant de courir à travers le jardin, vers la forêt.
Snape se retourna et le regarda partir, ses yeux brillant d'une joie malsaine.
– Ne cours pas ! cria–t–il en riant. Sinon ce sera pire !
Mais Krum continuait à courir, inconscient de la direction qu'il suivait, essoufflé. Des branches s'accrochaient à ses membres, élargissant les blessures sur ses jambes. Il trébucha contre un arbre mort avant de tomber. Snape se pencha vers lui, comme s'il l'observait depuis le ciel.
– Voyons Krum, ne me dis pas que tu as peur, se moqua–t–il méchamment. Ne me dis pas que tu ne peux te défendre que contre une sorcière deux fois plus petite que toi, privée de sa baguette.
Terrifié, le Bulgare ne put répondre mais il retrouva sa voix pour hurler quand un bout de chair se détacha de son bras comme s'il s'agissait d'un simple morceau de tissu. La baguette de Snape tressaillit avant de pointer vers la poitrine de l'autre homme où un autre morceau de chair fut arraché. La douleur était intense, la poussière, les feuilles, même l'air qui effleurait son corps n'étaient que pure agonie contre ses blessures sanglantes.
– S'il… s'il vous plaît, sanglota Krum. J'irai à Azkaban. Mais… s'il vous plaît, arrêtez ça !
– Azkaban ? répéta Snape en feignant la surprise. Il n'a jamais été question que je t'envoie à Azkaban.
– Quoi ? gémit Krum.
– Oh non ! J'ai l'intention de te tuer de la façon la plus lente et douloureuse possible, précisa–t–il dans un rire diabolique. Je parie que tu étais soulagé en voyant que c'était moi et non Potter sur le pas de ta porte.
Il dirigea sa baguette vers l'entrejambe du Bulgare.
– Je ne pense pas que tu auras encore besoin de ça, ajouta–t–il.
Krum hurla quand la chair, les muscles et les nerfs se déchirèrent puis se détachèrent. Horrifié, il osa regarder l'endroit où avait été son sexe. Il put voir deux boules blanches qui pendaient contre ses jambes, attachées par des fibres sanguinolentes. Il sut que c'était ses testicules nus et hideux maintenant que son scrotum ne les entourait plus. Snape explosa d'un rire malveillant. Tout en déplaçant sa baguette, il se demanda ce qu'il pourrait arracher ensuite.
– SEVERUS !
Ce dernier se retourna et fixa Dumbledore d'un regard furibond.
– Ne fais pas ça, Severus.
– Laissez–moi cinq minutes, répondit le Maître de Potions avec un petit sourire. C'est tout ce que je demande.
– Rentre chez toi. Minerva t'attend… et Hermione a besoin de toi là–bas, pas à Azkaban.
Apparemment, Snape n'en avait cure puisqu'il se contenta de hausser les épaules avant de se détourner de nouveau vers le Bulgare pour l'observer saigner et se tortiller sur le sol. Il s'approcha d'un pas rapide et lui donna un coup de pied dans le ventre puis dans l'entrejambe. Dumbledore détourna les yeux quand Snape essuya le bout de sa botte sur le visage de Krum.
– Je vais m'en occuper, dit Dumbledore. Il sera puni.
Il semblait clair que Snape ne voulait pas rendre sa proie. Cela faisait des années que le vieux sorcier n'avait pas vu le professeur dans cet état.
– Il sera puni, répéta–t–il en prenant la baguette du Bulgare des mains de Severus.
– Il mérite ce qui lui arrive, maugréa le Maître de Potions.
– Peut–être, répondit le directeur, mais ce n'est pas bien.
Snape se foutait carrément de ce qui était bien ou mal. Ce qu'il voulait, c'était tuer Krum.
Mais pas ce soir.
Il recula et hocha la tête en direction de Dumbledore. Le ciel s'éclaircissait, l'aube approchait. Bientôt, il allait faire jour et Minerva l'attendait sûrement avec des nouvelles fraîches. Il baissa la tête, ramassa son balai et transplana.
oOo
Il était très tôt en ce matin de Noël lorsque Hermione ouvrit les yeux et grimaça tout en fixant un plafond qu'elle ne reconnaissait pas. Il n'y avait pas de toiles d'araignée, les belles décorations de Lavande avait disparu. Elle ne voyait que la faible lumière du jour passer à travers les arbres. Elle avait mal partout mais elle se sentait entière, reposée et en sécurité. Quelle que soit la potion que Madame Pomfrey lui avait donnée, elle avait l'impression de flotter, elle se sentait euphorique mais ressentit un léger vertige quand elle se rendit compte qu'elle était couchée dans un lit inconnu.
Lentement, ses souvenirs refirent surface.
Elle se trouvait au Manoir Malfoy, elle avait été attaquée puis elle était venue ici. Harry et Draco étaient venus la chercher, elle se rappelait qu'il y avait eu un elfe de maison, d'autres personnes les avaient rejoints, elle en était certaine. Madame Pomfrey aussi était présente. Elle prit une profonde inspiration, ce qui eut pour conséquence une horrible douleur dans ses côtes. Elle pouvait sentir un matelas moelleux sous son dos, une couverture qui la recouvrait ainsi qu'autre chose… une main, posée sur son ventre. Petit à petit, elle se rendit compte qu'elle pouvait entendre une respiration profonde à sa droite et à sa gauche et que de la chaleur provenait des deux côtés. Elle tourna la tête et réalisa qu'elle était allongée entre Harry et Draco. En d'autres mots, elle vivait le fantasme d'un bon nombre d'élèves de Poudlard.
Elle reconnut l'odeur familière de Harry c'était lui qui avait posé sa main sur elle. Quand il dormait ainsi, il avait l'air jeune et innocent avec ses cheveux désordonnés un peu sales qui s'éparpillaient sur son oreiller comme une coulée d'encre. Ils étaient vraiment longs maintenant, elle ne l'avait pas remarqué avant. Le jeune homme ne portait pas de chemise et elle put voir des traces de sang, son sang à elle et un fin duvet de poils sur son torse. Elle se demanda à quel moment le garçon qu'elle connaissait s'était transformé en cet homme, allongé près d'elle. De l'autre côté, Draco s'était habillé pour dormir. Il avait revêtu un bas de pyjama, un T–shirt et une robe de chambre. Il avait croisé ses bras dans une attitude défensive. La chambre était grise et froide dans cette faible lumière du matin. Harry se mit à frissonner. Hermione remonta la couverture sur ses épaules.
Elle se demanda un moment comment elle avait pu dormir cette nuit. Était–ce grâce à leur présence ou à une potion de sommeil ? Comment ferait–elle pour les nuits à venir ? Ferait–elle comme beaucoup d'autres qui utilisaient des potions ou des mixtures pour oublier ce qui leur était arrivé ? Elle s'était toujours estimée chanceuse d'avoir survécu à la guerre avec si peu de blessures émotionnelles. Est–ce que tout ça serait remis en cause après cet acte de violence inouï ? Krum avait essayé de la détruire physiquement mais il avait échoué. Elle était toujours là, vivante, consciente et entière. Cela dit, elle sentait bien que son moral en avait pris un coup. Qui allait arranger ça ?
Elle contourna Draco en faisant attention et plaça ses jambes hors du lit. Malgré la faible lumière, elle s'aperçut que la chambre était magnifique. Elle était en sécurité ici. Elle n'avait qu'à se le répéter encore et encore pour s'en convaincre. Le sol était froid sous ses pieds et elle se leva lentement, testant sa force. Ses muscles étaient endoloris mais c'était supportable. La potion que lui avait donnée l'infirmière avait sûrement apaisé la douleur. Elle se dirigea vers la fenêtre et contempla le jardin en repensant à sa situation.
Derrière la terrasse, il lui semblait apercevoir une orangeraie. Et plus loin, éclairé par la lumière, elle pouvait voir une maison dans la vallée. Bizarrement, l'habitation ressemblait à la fois à une maison de contes de fées et à un mini château. Les tours et les tourelles formaient une petite structure, construite par les sorciers, il n'y avait aucun doute. Elle paraissait trop enchantée pour être bâtie par des Moldus. Elle se demanda si l'habitation faisait partie de la propriété, une drôle d'idée qu'aurait eu un Malfoy d'un endroit où se retirer. Elle posa la main sur la vitre fraîche avant d'y coller son front.
Elle entendit quelqu'un bouger dans le lit et se retourna. Draco était réveillé et assis. Il avait découvert Harry et suivait du bout des doigts les lignes de son corps. Il tourna la tête et s'aperçut qu'elle l'observait, alors il lui sourit. Il replaça doucement les couvertures, se leva et s'approcha d'elle avant de l'entourer de ses bras par derrière. Il posa son menton pointu sur son épaule et l'attira contre son corps chaud.
– Salut, chuchota–t–elle.
– Comment te sens–tu ? demanda–t–il avant de déposer un petit baiser dans son cou.
– Ça va, répondit–elle, fatiguée. Je suis vivante.
Elle frissonna et il la serra contre lui. À l'extérieur, le soleil avait fini par se lever et la lumière changeait : elle brillait de plus en plus et illuminait la neige qui recouvrait le jardin. La vue était magnifique. De la fumée s'élevait d'une des cheminées de la maison de la petite vallée.
– Est–ce que quelqu'un habite cette maison ? s'enquit–elle.
Draco regarda dans la direction indiquée et sourit.
– Oui, elle s'appelle le Marais. C'est la maison familiale de Snape.
– Du professeur Snape ?
– Oui, elle appartient à sa famille depuis très longtemps.
– Donc c'est là qu'il vit, murmura–t–elle pour elle–même.
– Pas toujours. Il y est en ce moment mais quand j'étais petit, il n'y vivait jamais. Un jour, mon père m'a dit que Snape détestait cet endroit. Je ne sais pas pourquoi, d'ailleurs. Je me faufilais souvent là–bas et je trouve que c'est plutôt joli.
– Il est là en ce moment ? voulut–elle savoir.
Elle fronça les sourcils. Finalement, elle aurait dû venir avec Harry et Draco depuis le début.
– Oui, répondit le blond en caressant son bras. Il est arrivé hier soir avec Pomfrey et McGonagall. Tu ne t'en rappelles pas ?
– Non, dit–elle en secouant la tête. Je ne me souviens que de Madame Pomfrey.
Si elle était venue avec Harry et Draco, elle aurait été proche de lui et elle aurait été en sécurité. Les horreurs de la nuit dernière n'auraient jamais eu lieu. Mais à ce moment–là, elle ignorait qu'il était ici. Il ne lui avait pas laissé le choix.
– Il ne m'avait pas dit qu'il ne serait plus à Poudlard, déclara–t–elle d'un ton amer, il ne m'avait pas dit qu'il partirait.
– Je sais, dit–il en embrassant son cou une fois de plus. On lui a déjà dit notre façon de penser à propos de ça.
– Vous vous êtes disputés ? s'enquit–elle, tendue tout à coup mais Draco fit tout pour la calmer.
– Ce n'était pas vraiment une dispute. On lui a juste dit qu'il était idiot puis il est parti.
– Est–ce qu'il était contrarié ?
Mon dieu, faites qu'il soit contrarié.
Draco ferma les yeux.
– Tu connais Snape, c'est difficile de savoir avec lui, répondit–il avant de faire une pause. Mais oui, il était en colère.
Harry bougea dans le lit et ils se tournèrent tous les deux vers lui. Le brun s'était mis sur le dos et dormait toujours à poings fermés sous les couvertures.
– Je devrais peut–être le réveiller, dit Draco.
Hermione put entendre la note affectueuse dans son ton, le Serpentard semblait presque radieux. Elle se remémora la façon dont il avait touché le corps de Harry, son visage reflétait de l'émerveillement à ce moment–là.
– Une fois qu'il s'endort, c'est impossible de le réveiller.
Hermione se mit à rire sans pouvoir s'en empêcher.
– C'est parce que pendant de nombreuses années, il avait peur de dormir, maintenant il se rattrape.
Draco la relâcha et se dirigea vers le lit. Pendant un instant, la jeune fille crut qu'il allait rejoindre l'autre garçon pour le dévorer tout entier. Il s'arrêta cependant et se retourna vers elle.
– Je… commença–t–il avec un petit sourire.
Son regard revint vers la couche où les couvertures avaient un peu glissé. Et grâce à la lumière, Draco pouvait voir un téton qui ne demandait qu'à être léché. Il se retourna de nouveau vers Hermione qui l'observait avec un sourire amusé.
– Peut–être que je devrais prendre un bain, dit–elle. Tu peux me dire où se trouve la salle de bains, s'il te plaît ?
– Oui, bien sûr. Je réveillerai Harry pendant que tu seras dans ton bain. C'est Noël après tout, on doit ouvrir nos cadeaux.
Hermione savait que dès qu'elle quitterait la pièce, Draco allait profiter d'un autre cadeau. Il plaça un bras autour de sa taille et la guida vers la salle de bains.
oOo
– Hé, Potter ! Allez, réveille–toi !
Harry s'éveilla à cause de la main qui le secouait et essaya désespérément d'ouvrir les yeux.
– Qu… quoi ?
Draco l'embrassa en posant sa bouche sur la sienne et en lui léchant les lèvres. Harry gémit dans la bouche de l'autre garçon et ses mains se posèrent automatiquement sur son corps pour le caresser. Il fut déçu de constater que le blond était toujours habillé. Il passa ses doigts sous son T–shirt et les glissa contre sa peau chaude. Il aimait ce genre de réveil et ne serait pas contre le fait que ça devienne une habitude. Tout comme il pouvait s'habituer à ce corps couché sur lui, impatient de le toucher.
– Où est…
Le cerveau de Harry se remit en marche et il se souvint des événements de la nuit précédente.
– Où est Hermione ?
– Dans la salle de bains, marmonna Draco tandis qu'il se démenait avec le cordon du pantalon de Harry.
Harry se dégagea de son étreinte et s'assit. Draco avait les joues rouges et paraissait un peu frustré d'avoir été repoussé de la sorte.
– Elle va bien ?
– Ça avait l'air d'aller, répondit l'autre en repoussant ses cheveux blonds en arrière. Elle ne parlait pas beaucoup mais elle avait l'air bien. En ce moment, elle prend un bain, reprit–il avec un sourire avant de se rapprocher, ce qui veut dire que nous avons tout le temps pour nous amuser.
Il posa de nouveau sa bouche sur celle de Harry dont il suça la langue avec délectation. Harry gémit, se régalant du goût qu'ils partageaient et posa sa main sur la tête de Draco. Mais il se dit qu'ils ne devaient pas laisser Hermione toute seule, pas encore. Il n'arrivait pas à oublier ce que Draco lui avait raconté sur Pansy Parkinson. Donc il repoussa une nouvelle fois l'autre garçon.
– Peut–être que je devrais aller vérifier comment elle va.
– Elle va bien ! s'exclama Draco, exaspéré. Elle voulait juste prendre un bain, ajouta–t–il en caressant le sexe de Harry. J'ai l'impression que c'est plutôt toi qui as besoin d'attention.
Harry bondit hors du lit, loin des doigts cajoleurs de son amant.
– Tu ne penses donc qu'à ça ?! Je veux m'assurer que Hermione va bien.
– Ouais, mais je ne pense pas qu'elle sera heureuse de te voir débarquer dans la salle de bains, rétorqua Draco, les yeux brillants de colère.
Harry se contenta de lui lancer un regard furibond avant de quitter la chambre.
Draco croisa les jambes et se prit la tête dans les mains avant de masser ses tempes, l'esprit ailleurs. Peut–être qu'il aurait été plus sage de venir ici seul pour Noël. Il leva les yeux et détailla la pièce que la lumière éclairait de plus en plus. Sa chambre. La chambre de son enfance.
Il se leva sans faire de bruit puis se dirigea vers la porte que Harry avait prise pour l'entrée du placard. Ce n'était pas le cas. Elle menait à la chambre de ses parents. Ou plus précisément la chambre de son père, bien que sa mère y passait le plus clair de ses nuits. Chaque année, au matin de Noël, il allait les rejoindre, les obligeait à se lever pour demander ses cadeaux, quelque chose à faire ou tout simplement de l'attention. Même quand il était trop vieux pour se comporter de la sorte, il y allait quand même. La tradition voulait qu'il force ses parents à se lever avant qu'ils ne se dirigent, à moitié endormis, vers le salon tandis qu'il courait autour d'eux, surexcité. Mais l'année dernière, il s'était assis sur leur lit puis Non leur avait apporté du café et des pâtisseries et ensuite, ils avaient discuté pendant des heures. Peut–être avaient–ils senti que c'était leur dernier Noël. Il ne l'avait pas réalisé à ce moment–là. S'il avait su, il aurait tout fait pour mémoriser la conversation. Aujourd'hui, elle avait disparu de ses souvenirs. Tout comme son enfance.
Il tourna la poignée puis ouvrit la porte. La pièce était sombre et froide. Aucun feu n'avait été allumé ici depuis très longtemps. L'air sentait le refermé. Il se demanda pourquoi il faisait ça. Peut–être cherchait–il à se torturer en recherchant les fantômes de sa maison.
Il se précipita vers les fenêtres et ouvrit les rideaux. La lumière entra par flots et éclaira la chambre. Il se tourna vers le lit.
La pièce était silencieuse, figée dans le temps et la couche était vide. Aucun objet n'avait bougé depuis ce jour où Lucius Malfoy avait quitté sa maison. Il n'y avait pas de poussière, tout était propre et bien rangé, à sa place comme si on attendait le retour des Maîtres. Draco monta sur le lit, retira le dessus de lit en satin gris en priant pour que les elfes n'aient pas changé les draps. Il s'allongea, la tête sur l'oreiller de son père et inspira profondément. Il put la sentir. L'odeur des cheveux de son père, l'effluve du shampoing qu'il utilisait, son savon, le sommeil et la peau. C'était l'odeur de son père, une fragrance unique. Il la sentait à peine mais elle était toujours présente. Il inspira profondément encore une fois, serrant l'oreiller contre lui avant de fondre en larmes amères et silencieuses.
oOo
Minerva se réveilla alors qu'il faisait toujours sombre autour d'elle. Il était tôt et comme elle était allée se coucher à peine deux heures auparavant, elle avait raisonnablement pensé qu'elle serait encore endormie à cette heure. Il y eut un bruit dans le hall et au son, elle sut que ce n'était pas un elfe. Elle enfila une robe de chambre chaude et sortit de la pièce pour voir de quoi il s'agissait.
Elle vit Snape marcher au bout du couloir, la fenêtre éclairait sa silhouette.
– Severus ? appela–t–elle, hésitante.
Le visage du sorcier était toujours dans l'ombre. Il s'arrêta sans dire un mot, baigné par la lumière faible du matin.
Il put entendre la peur dans sa voix alors il lui répondit :
– Tout va bien, Minerva. Je ne l'ai pas tué.
– Merci, mon dieu, soupira la sorcière, soulagée.
– Merci, mon dieu ? répéta–t–il sur un ton ironique. Le monde irait beaucoup mieux s'il était débarrassé des ordures comme Victor Krum. J'aurais dû le tuer.
– Si ça peut te soulager, je suis heureuse que tu ne l'aies pas fait, déclara–t–elle avec un sourire.
Puis elle tenta de faire de l'humour :
– Si tu avais été enfermé à Azkaban, ma fête n'aurait pas été réussie.
– Ne t'inquiète pas, Minerva, dit–il en souriant misérablement, tu aurais quand même pu l'organiser ici.
Elle se précipita vers lui.
– Ça aurait été différent sans toi.
Il la fixa, éclairée par la lumière. La maîtresse de Dumbledore. Il ne comprenait pas pourquoi elle l'aimait bien. Il n'était qu'un pauvre misérable et elle était comme le soleil dans son monde. Elle le forçait à rire quand tout ce qu'il désirait c'était se complaire dans son désespoir. Il sourit, réalisant pour la première fois qu'il avait vraiment là une très bonne amie. Sa meilleure amie.
Dumbledore devrait l'épouser.
– Est–ce que Hermione va bien ? demanda–t–il.
C'était la première fois qu'il l'appelait par son prénom devant quelqu'un.
– Elle va bien. Les garçons restent avec elle, cette nuit. Poppy lui a donné un relaxant pour qu'elle essaie d'oublier les horreurs de la nuit dernière. Krum ne l'a pas violée, apparemment, il a éjaculé avant d'arriver à ses fins.
Le soulagement déferla en lui, le réchauffant aussi sûrement qu'un vin onctueux de grand crû. Au moins, ce salopard ne l'avait pas violenté physiquement, elle avait pu garder quelque chose pour elle. Snape mourrait d'envie de la rejoindre, de la serrer très fort contre lui et d'essayer de l'apaiser. Mais il était sûrement la dernière personne qu'elle souhaitait voir. Un sanglot monta de sa gorge et il ne put rien faire pour le retenir.
Minerva tendit rapidement la main et caressa sa joue pour le calmer.
– Chut, murmura–t–elle. C'est fini maintenant, elle est en sécurité.
Elle se rendit compte que sa peau était froide et elle se demanda jusqu'où il avait voyagé cette nuit.
– Tu es froid, lui dit–elle sur un ton maternel.
– Je suis toujours froid.
– Tu devrais aller prendre un bain chaud et te coucher.
Il sourit malgré lui. Elle caressa encore une fois sa joue et il embrassa sa paume.
– Tu as quelque chose pour t'aider à t'endormir ? Il me reste de la potion de sommeil, proposa–t–elle avec un sourire.
Elle avait envie de le prendre dans ses bras. Il paraissait si abattu.
– Je suis un Maître de Potions, Minerva. Je connais deux ou trois trucs pour m'aider à dormir.
– Eh bien, tu devrais peut–être boire quelque chose pour dormir toute la journée.
– Et toi ?
– Albus vient passer Noël avec moi, répondit–elle avec un sourire espiègle. Apparemment, il a compris qu'il ne pouvait pas vivre sans moi. Je pense que tu devrais dormir un peu et ce soir tu iras voir Hermione au Manoir.
– Je ne pense pas qu'elle ait envie de me voir, se renfrogna–t–il, de nouveau tendu.
– N'importe quoi ! Poppy m'a demandé pourquoi elle n'arrêtait pas de répéter ton nom cette nuit. J'ai inventé une histoire mais elle n'est pas stupide. Hermione sera heureuse de te voir, tu verras.
– Tu me prends pour un vieil imbécile ? s'écria–t–il tout à coup. Elle est si jeune et je… je ne suis pas vraiment quelqu'un de très gentil, soupira–t–il.
Le tact dont il faisait preuve pour se décrire lui–même le fit sourire.
– Je pense que l'amour peut éclore là où on l'attend le moins. Pense un peu aux deux garçons qui sont au Manoir.
– Je préfère ne pas penser à la catastrophe qui se prépare, répliqua Snape en levant les yeux au ciel.
– D'accord mais reconnais que c'est plutôt inattendu, insista Minerva avec un grand sourire. Je me demande qui a séduit l'autre.
– Okay, sur ce, je vais me coucher.
Il tourna la poignée et tenta de franchir le seuil de la porte avant qu'elle ne soit complètement ouverte et se cogna donc contre le panneau. Minerva poussa un cri.
Ils s'entre–regardèrent pendant un instant puis ils explosèrent de rire.
– Okay, dit Snape avec un large sourire, promets–moi de ne parler de ça à personne.
– Promis.
– Joyeux Noël, Minerva, dit–il en ouvrant la porte.
– Joyeux Noël, Severus.
A suivre…
Voilà, merci d'avoir lu jusque-là. J'attends vos commentaires.
Bisous.
Falyla
