Titre : Objects of Desire
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Auteure : Azrael Geffen
Traductrice : falyla
Correcteurs : falyla/Florent
Paring : Harry Potter/Draco Malfoy Hermione Granger/Severus Snape
Rating : M/NC-17
Etat de fic originel : terminée (20 chapitres divisés en 59 parties)
Etat de la traduction : terminée
Disclaimer: Les personnages appartiennent à l'univers de JK Rowling, l'intrigue est à Azrael Geffen, avec son aimable autorisation.
Warning : slash, scènes de sexe très graphiques, torture, viol, meurtre, tentative de suicide, drogue, abus d'alcool, langage cru.
Site : à cause des thèmes abordés, je ne sais pas si cette fic sera autorisée à rester sur FFnet, je la publie donc en parallèle sur AO3 sous le même pseudo.
Mise en ligne : sauf contretemps inattendu, le lundi, le mercredi et le vendredi.
Résumé : Après la fin de la guerre, Harry, Ron et Hermione décident de revenir à Poudlard pour obtenir leurs ASPICs. Avant la rentrée, lors d'une soirée très avinée, ils établissent et signent un pacte magique où ils s'engagent à perdre leur virginité pendant cette 8ème année.
Note de la traductrice : De retour de vacances avec la dernière partie de ce chapitre. Merci encore pour de tous vos commentaires, j'apprécie vraiment.
Bonne lecture.
Objects of Desire
Chapitre 10 (4ème partie)
Voici Noël
Draco garda sa capuche relevée sur sa tête en passant l'entrée du chapiteau singulièrement petit, monté dans la plaine de Salisbury. Il avait choisi de venir durant le Boxing Day [1] pour la bonne et simple raison que le lendemain de Noël était généralement plutôt calme. Il n'avait aucunement besoin d'une foule qui le regarderait fixement tandis qu'il essaierait d'accepter tout ça. Le chapiteau abandonné ne le surprit donc pas et il ricana au nez de l'Auror posté à la porte, qui le dévisageait avec suspicion.
Il était vraiment absurde de penser qu'il devait payer cinq Gallions pour pouvoir voir son propre père. Le Ministère aurait dû prendre des mesures pour les familles des Mangemorts. Non pas que gouvernement s'en inquiète vraiment. Draco savait qu'on le considérait toujours avec méfiance tout simplement parce qu'il se sentait encore concerné par le destin de son père. S'il s'était convenablement comporté, il aurait abandonné Lucius et aurait commencé une nouvelle vie. Ou alors il aurait dû mourir, comme nombre de ses amis. Naturellement, il n'avait opté ni pour l'un, ni pour l'autre. Ce n'était clairement pas dans les habitudes de Draco Malfoy de se comporter comme un bon petit garçon. Enfin, à moins que cela ne serve ses propres intérêts.
Il flâna parmi les objets de magie noire avec un désintérêt ennuyé. Il avait grandi entouré d'objets autrement plus impressionnants que ceux–ci. D'après ce qu'il pouvait voir, le conservateur aurait été prêt à donner sa couille droite rien que pour pouvoir jeter un coup d'œil à toute ces vieilles merdes entassées dans les cachots du Manoir. À moins que le Ministère n'ait déjà tout trouvé. Cependant, il en doutait. Il ne s'inquiétait pas de savoir si les Aurors étaient bons, le Manoir ne délivrerait jamais ses secrets si facilement.
Il s'attarda près des objets magiques, regardant les inutiles miroirs maudits, les tapis volants usés, les poisons, les potions et les différents objets ensorcelés. Il savait qu'il ne faisait qu'éviter l'entrée de la prochaine salle, ce qui était ridicule étant donné que c'était l'unique raison qui l'avait poussé à venir ici.
Il s'était levé tôt il avait laissé Harry dormir parce qu'il savait que s'il lui disait où il allait, il tenterait de l'en empêcher. Il n'avait pas vraiment envie de se battre avec Harry ce matin. Il y aurait bien assez de temps cet après–midi pour ça et encore assez d'heures ensuite pour faire avec. Il devait juste se débarrasser de tout ça sans lutter. Donc il était ici. Et maintenant, il était trop effrayé pour entrer.
Pas vraiment effrayé, il ignorait simplement s'il pouvait le supporter. Il était reconnaissant qu'il n'y ait personne. S'il perdait son sang–froid, il n'y aurait aucun témoin. Bien qu'il se soit bien entraîné au sortilège d'Oubliettes, juste au cas où.
C'était sûrement mieux d'inspirer un bon coup et d'y aller. Il courba la tête, se sentant un peu idiot, et souffla.
Son père se trouvait à l'autre bout de la salle, il ne vit immédiatement que lui, fixa des yeux l'auréole de lumière et alla directement à lui. Il refusait de regarder autour de lui, refusait de voir ce qu'il était advenu des autres qu'il avait connus, avant, comme les amis de ses parents. Son seul souci était de voir son père, avachi comme il l'était dans le coin de sa cage.
Une fois qu'il eut traversé la salle, une fois face à la vitrine, il se permit de se concentrer et de regarder vraiment l'homme à l'intérieur. Il expira et se figea.
Lucius ressemblait vraiment à sa photo publiée à la une de la Gazette du Sorcier. Mince, fragile et effrayé. Il était penché contre la paroi de la cage, ses cheveux semblaient emmêlés, comme une poupée utilisée pour jouer et rangée à la hâte. Ses cheveux étaient ridiculement longs, Draco était certain qu'il détesterait cette nouvelle apparence. Ils étaient si longs qu'ils avaient commencé à se courber aux pointes et s'étalaient dans la vitrine.
Draco se rapprocha encore plus de la vitrine et tourna autour, s'arrêtant là où là tête de son père était appuyée lourdement contre le verre. Il posa une main sur la vitre et écarta ses doigts jusqu'à recouvrir l'espace où l'épaule de Lucius était appuyée. Moins d'un centimètre les séparait et cela aurait pu être un abîme.
– Bonjour papa, dit–il doucement à la vitre. Comment vas–tu ?
Il n'y eut pas de réponse. Il n'en espérait pas.
– J'ai bien reçu mes cadeaux de Noël.
Draco sourit.
– Ils étaient vraiment supers. J'ai adoré le balai.
Il hocha la tête.
– Il vole très bien.
Draco déglutit et reposa son front contre le verre, de telle sorte qu'il murmurait presque à l'oreille de son père.
– J'ai eu des invités à Noël.
Il fit une pause et se mordilla la lèvre. Pas la peine de s'inquiéter. Ce n'était pas comme si Lucius pouvait lui montrer sa désapprobation. Cependant, Draco frissonna, il savait que si Lucius avait été en pleine possession de ses moyens, il le décevrait maintenant.
– J'ai… hum… j'ai invité Harry et Hermione à rester au Manoir pour fêter Noël. Tu te rappelles de Hermione ? Hum… Une… hum… fille de Moldu.
Il grimaça, comme s'il s'attendait à recevoir une bonne claque dans la figure. Rien ne se produisit.
– Et tu connais Harry, bien sûr. Harry… P–Potter.
Draco s'écarta de la paroi vitrée et fixa le profil de son père. Lucius n'avait pas bougé, n'avait eu aucune réaction visible. À cet instant, Draco aurait tout donné pour que Lucius se retourne et le traite de parfait crétin en hurlant. Il réalisa bêtement qu'il portait toujours sa capuche et la repoussa, dégageant son visage.
– En fait, ajouta–t–il prudemment, gagnant en courage et en force, Harry et moi, on est… on est… on est amoureux. Il n'est pas du tout comme je l'imaginais. Toute cette année ne se déroule pas du tout comme je l'imaginais. Tant de personnes sont mortes, j'étais…
Il s'interrompit, ce n'était pas la peine de se justifier devant son père, pas maintenant.
– Je sais que tu ne serais pas content de moi. Pas la peine de me le faire remarquer. Mais je ne peux pas m'en empêcher. Tu n'as aucune idée de ce que c'est que d'être vivant et d'être ton fils. Je n'avais personne, aucun ami, personne, excepté ceux qui me dédaignaient à cause de mon nom et mon père. Ils pensent que je suis le fils du diable, et putain, qui sait ? Je le suis probablement. Pourquoi a–t–il fallu que tu Le suives ? Pourquoi t'es–tu comporté comme un mouton ? Tu m'as toujours dit et répété d'être fier, d'être le leader, de ne jamais obéir à personne et de surveiller tout ce que je faisais. Tu as suivi aveuglément la cause de notre ruine ! Tu aurais dû me laisser me battre, comme ça, putain, j'aurais pu mourir et je n'aurais jamais eu à gérer toute cette merde que tu as laissée derrière toi.
Draco se recula en fixant cet homme dans sa cage à travers ses larmes, la vue rapidement brouillée.
– Et Hermione est arrivée et m'a offert son amitié. Qu'est–ce que j'étais supposé faire ? La lui rejeter à la figure ? Maintenant elle est si… importante pour moi et Harry…
Draco s'interrompit et regarda son père presque désespérément.
– Il m'aime. Il s'en fout de toi, de qui je suis, du passé, de la guerre et de tout ce dont il devrait s'inquiéter. Il m'aime tout simplement et je…
Il y eut un mouvement. Draco n'en crut pas ses yeux mais dans la vitrine, il y eut un mouvement. Lentement, Lucius tourna ma tête et fixa de son grand œil gris le visage stupéfait de son fils. Il s'agissait d'un moment de lucidité complète et Lucius Malfoy était bel et bien là, il regardait son fils avec un total discernement.
oOo
Snape et Hermione n'avaient pas dormi. Ils avaient passé la nuit dans les bras l'un de l'autre, parlant de tout et de rien, de ce qui leur passait par la tête, ils somnolaient de temps en temps et se réchauffaient à la chaleur de l'autre. C'était totalement différent de toutes les fois où ils avaient été ensemble. Hermione était tout simplement ébahie car cela lui rappelait la première nuit qu'ils avaient passée ensemble, enfermés dans une petite pièce, lorsqu'ils avaient joué à Action ou Vérité. Ils avaient parlé comme ils l'avaient fait cette nuit–là, gagnant une confiance mutuelle en apprenant la personnalité et l'esprit de l'autre.
Alors que les lueurs de l'aube filtraient pas la fenêtre, ils se rendirent compte qu'ils ne s'étaient même pas touchés sexuellement – même si Snape avait été tenté d'essayer, particulièrement à deux heures du matin lorsque des cris émanant de la maison les avaient presque arrachés du lit avec un sursaut de panique, jusqu'à ce que Harry ne se mette à crier : « N'ARRÊTE PAS, N'ARRÊTE PAS, N'ARRÊTE PAS ! » de toute la force de ses poumons. Ce n'était de toute manière pas le moment d'avoir des relations sexuelles, c'était trop tôt pour elle et son corps avait besoin de récupérer.
Le soleil montait déjà dans le ciel, éclairant la matinée d'hiver. Ils avaient somnolé un court instant, lorsqu'elle le réveilla en chuchotant doucement :
– Severus ?
– Mmm ?
– Raconte–moi une histoire.
Il rit.
– Une histoire ?
– Oui. Je veux entendre une histoire vraie.
– Très bien, je vais te raconter une histoire vraie.
– Est–ce que c'est une histoire joyeuse ?
– Bien sûr, c'est Noël et tu mérites bien une histoire heureuse.
– Bien.
Elle bailla tranquillement.
– Raconte–moi donc une histoire vraie et heureuse.
– Il était une fois, commença Snape en suivant doucement du doigt la courbure parfaite sur la joue de Hermione, un dragon vert qui mangea un train entier, plein de personnes désagréables.
– Est–ce que c'étaient tous des Moldus ?
– Oh, non, la contredit Snape, pas du tout. Je dirais même qu'il y avait pas mal de sorciers à bord surtout des agents du Ministère.
Hermione gloussa et se serra un peu plus sur son torse. Snape continua.
– Naturellement, le dragon se retrouva avec une très mauvaise indigestion qui dura de nombreuses semaines. Il décida donc d'aller voir un médecin. Il se traîna chez l'apothicaire le plus proche et lui déclara : « J'ai une indigestion et la nausée ».
Hermione se mit à glousser.
– C'est ta voix de dragon vert ?
– Oui, elle n'est pas très réussie ?
– Si, si. Elle est excellente, exactement comme j'imaginais la voix d'un dragon vert.
– Heureux de l'apprendre. Mais où en étais–je ?
– « Indigestion et nausée », ricana Hermione en prenant sa meilleure voix de dragon vert.
– Ah oui. « De quoi cela vient–il ? » demanda l'apothicaire. « Oh, juste toutes les personnes les plus désagréables du monde » répondit le dragon. L'apothicaire, après avoir soigneusement examiné le dragon, lui donna du lait de magnésium. Deux jours plus tard, le dragon se sentit mieux et il avala un autre train rempli de gens de la même espèce. Il se sentit encore plus mal qu'avant et après des semaines de souffrance, il retourna chez l'apothicaire. « S'il vous plaît, aidez–moi, Monsieur l'apothicaire » dit–il. « Toutes les personnes mauvaises du monde me rendent terriblement malade ». L'apothicaire répondit : « Vous devez traverser cette terrible épreuve pour les hommes mais je vous donnerai encore du lait de magnésium, de toute manière ». Le dragon vert était beaucoup plus gros qu'avant, maintenant qu'il avait avalé deux trains entiers en peu de temps. Il se trouvait étendu près des voies ferrées quand un train s'arrêta pile devant lui. Il le fixa de ses deux grands yeux bruns et observa les gens rire longuement à leurs propres blagues et frimer pour la galerie. Il essaya de se maîtriser mais il détestait tellement ce genre de personnes qu'il s'avança lourdement vers le train. Il le mangea presque entièrement et le digéra en un temps record, compte tenu de ses sucs digestifs très forts. Parmi les débris du train se trouvait étendu un vieil homme qui avait échappé à l'estomac du dragon et qui se tenait là, hochant la tête avec incrédulité. « Bonjour, » dit–il si naturellement que le dragon en eut presque les jambes coupées. Le dragon le considéra avec perplexité. « Vous êtes sincère en me disant bonjour ? » « Eh bien » répliqua l'homme « à l'évidence, aucun de nous ne croit à l'existence de l'autre. Alors on va causer [2] ».
– Cette histoire n'est pas vraie ! déclara Hermione.
– Bien sûr que si, assura Snape.
– Et comment tu le sais ?
– C'est Dumbledore qui me l'a racontée, c'est arrivé à son frère, Abelforth.
– Et qu'est–ce qu'Abelforth Dumbledore ferait dans un train plein de personnes désagréables ?
– Eh bien, c'est un homme très étrange.
– Il est très gentil, il aime les animaux et…
– Sa fascination pour les chèvres n'a rien à voir avec le fait d'être gentil avec les animaux.
Hermione avait déjà ouvert la bouche pour répliquer puis assimila l'information.
– Oh, fit–elle, choquée.
Souriant avec malice, Hermione roula sur le ventre et se plongea dans les yeux noirs, insondables, de Severus Snape. Elle n'arrivait pas encore à croire tout à fait qu'il était là, qu'il avait passé toute la nuit avec elle – qu'il l'aimait. Il semblait fatigué ses paupières semblaient vouloir se fermer toutes seules. Il ne semblait pas heureux une tristesse dans ses traits trahissait son tourment : elle avait été blessée alors qu'il aurait dû être là pour la protéger. Il en était convaincu et porterait ce fardeau toute sa vie. Son visage reflétait une autre émotion, une émotion qu'elle ne lui avait jamais vue. Il semblait content.
Elle l'embrassa, se pressant fort contre son corps, surprise par sa soudaine faim de lui. Elle glissa doucement sa main sous sa chemise et se permit de passer ses doigts sur la peau lisse. Elle envisagea de déboutonner et enlever son pantalon mais elle doutait que son corps puisse déjà supporter de faire l'amour.
Il gémit dans sa gorge. Elle lécha sa langue et lui rendit son gémissement.
– Ne fais pas ça, mon cœur, chuchota–t–il.
Son sexe durcissait et il sentait déjà un désir inexorable se tendre vers elle. Son corps étroit était trop fragile, il ne pouvait pas prendre le risque de la blesser.
Un coup fut frappé à la porte, un tout petit coup, et la porte s'ouvrit. Harry entra, regarda autour de lui et rougit. C'était une situation que Harry n'aurait jamais pensé rencontrer, voir l'infect, l'affreux et graisseux Snape, au lit avec l'une de ses meilleures amies. Ils étaient habillés et Harry en fut intérieurement reconnaissant.
Hermione sourit à Harry, Snape semblait juste gêné. Il se redressa sur le lit de telle sorte qu'il soit assis. Il ne se sentait pas de discuter avec Potter, allongé sur le dos avec une très évidente érection.
– Hum… Bonjour.
Il rougit encore il savait qu'il dérangeait, mais étant donné ce qu'il avait à faire, il s'avança d'un pas dans la chambre.
– Désolé de vous ennuyer…
– Qu'est–ce qu'il y a, Harry ? demanda Hermione en s'asseyant, l'air inquiet.
Harry devait savoir que Severus était là, il ne serait donc pas venu à moins que ce soit réellement nécessaire.
– Ahem… Eh bien, je dois vous parler, Professeur.
Il tenta de lui sourire. Snape se renfrogna.
– Que puis–je pour vous, Potter ? interrogea Snape, crachant presque ses mots.
– C'est… euh… c'est Draco. Il est allé à l'exposition de Magie Noire.
Snape pâlit. Il ne se faisait pas d'illusions sur l'état de santé mental de Draco. Il était sûrement fragile et il couchait avec Potter, pour l'amour de dieu ! La dernière chose dont il avait besoin était bien d'aller voir son père dans cet état, dans cette cage de verre. Et s'il ressentait la même chose que Snape lorsqu'il avait été à Londres ? Est–ce que ça le rendrait complètement fou ?
– Pourquoi ne l'en avez–vous pas empêché ? rugit–il.
Les narines d'Harry frémirent et ses yeux verts papillonnèrent dangereusement. Il s'exhorta au calme.
– Je n'ai pas pu, il est parti avant mon réveil. Il ne m'écouterait pas de toute façon, je lui ai déjà dit de ne pas y aller ou au moins de ne pas y aller tout seul.
– Et alors ? Qu'attendez–vous de moi ? Que j'aille le chercher ?
Harry rougit de plus belle. C'était à lui d'aller le chercher mais il savait que Draco le rabrouerait – Draco écouterait Snape alors qu'il n'obéirait pas à Harry. Il hocha la tête maladroitement.
Snape soupira et coula un regard vers Hermione. Il n'avait aucune envie de sortir de ce lit. Il aurait voulu y rester pour toujours. D'autant plus que partir signifierait ne pas la revoir d'ici le Jour de l'An. Il avait promis à Minerva, loyalement, qu'il l'aiderait, et il aurait bien voulu s'être tu ce jour–là. En outre, il avait ses autres projets à organiser. Il embrassa Hermione doucement, longuement, totalement conscient du fait que Potter en était intérieurement malade.
– Bien, dit–il en lançant un regard furieux à Potter. Je vais aller le chercher.
oOo
– Papa ?
Draco recula d'un pas, horrifié. Ça n'était pas possible, pas possible. D'un autre côté, si quelque chose pouvait sortir quelqu'un de sa catatonie, apprendre que son propre fils était homosexuel et amoureux de sa Némésis était sûrement un bon moyen.
– Papa, est–ce que tu peux m'entendre ?
Lucius s'affaiblissait déjà, le moment était passé. Draco fixa le mur devant lui, silencieux, choqué. Soudain, l'air tourbillonna autour de lui et s'emplit d'un bruit incroyable, intense, comme le battement d'ailes géantes, tentant de s'envoler. Attiré par la cage, il s'avança et il entendit une voix dans sa tête, celle de son père mais pas exactement, une voix qui pleurait, à l'agonie.
– Papa ? répéta–t–il avec effroi avant de s'arracher à l'attrait de la cage.
Il recula encore d'un pas et entendit alors une autre voix, une voix bien réelle qui provenait de la salle. Derrière lui, quelqu'un souffla son nom.
– Draconis.
Draco sentit très distinctement le bout des doigts de quelqu'un toucher ses cheveux jusque dans son dos, il frissonna et se retourna.
Archibald Semeuse se figea, sa main en l'air.
– Vous lui ressemblez tellement, souffla–t–il, émerveillé.
Draco fronça les sourcils et se redressa de toute sa hauteur. Il remit ses robes en place, les lissa et souleva élégamment un sourcil.
– Et vous êtes ? s'enquit–il en affichant un air de dédain.
Le conservateur sourit, fasciné.
– Archibald Semeuse, Mr Malfoy. Je suis le conservateur de ce musée.
Ah, oui, le bâtard auquel Draco envoyait chaque mois le paiement pour son père.
– Je vois, fit Draco, brusquement. Je suis…
– Draconis, sourit le conservateur.
Il balaya des yeux le corps du jeune homme, mourant d'envie de le toucher, de se frotter contre lui, pour voir si ce serait comme avec son père, pour les voir tous les deux ensemble…
– Draconis Malfoy.
– Draco, corrigea le susnommé. Juste Draco.
Un éclat passa dans les yeux de Semeuse.
– Draco alors. C'est un plaisir de vous rencontrer enfin, Draco Malfoy.
Il lui tendit la main.
– Je préfèrerais que vous m'appeliez Mr Malfoy.
Draco serra la main tendue et se recommanda en lui–même de penser à la laver ensuite. Semeuse sourit légèrement. Draco le considéra de haut en bas de façon hautaine.
– Je suppose que je devrais vous remercier de garder mon père dans cette…
Du regard, il passa de Lucius au conservateur.
– … situation, acheva–t–il avec un ricanement.
Semeuse offrit de nouveau un sourire mince.
– Comment cela pourrait–il en être autrement, Mr Malfoy ? Quelle alternative ? Une cellule à Azkaban ? Vous n'avez pas idée des conditions dans lesquelles je l'ai reçu. Vous devriez me remercier du soin que je lui apporte.
– J'étais sur le point, grâce à un arrangement avec le Ministère, de les rapatrier chez moi lorsque l'idée de cette exposition ridicule a été suggérée. Maintenant, ma mère est morte et mon père est désormais une attraction de foire – et je vous paie les soins.
Draco lui retourna son mince sourire.
– Je ne vois donc aucune raison de vous remercier de quoi que ce soit.
Semeuse sentit un frisson lui parcourir l'échine. Le garçon était hautain et arrogant envers lui. Semeuse avait entendu parler de la réputation de son ange, son arrogance, sa fierté, son contentement de lui–même et de sa supériorité. Il pouvait désormais constater que tout cela s'était animé et incarné dans le fils de son ange. Il était beau. Aussi beau que son père mais plus jeune, plus grand. Les cheveux courts lui allaient parfaitement, bien que Semeuse les aurait préféré plus longs. Ils les auraient longs tous les deux. Enlacés dans les bras l'un de l'autre, comme deux âmes perdues.
Il pouvait l'avoir pour lui, maintenant ! Le musée était désert et il n'avait pas besoin de plus. Un lien partiel. Le sortilège d'Imperium. Il était bon en sortilège d'Imperium. Il pouvait l'exécuter discrètement et il n'avait pas besoin de montrer sa baguette magique. Il plongea la main dans sa poche et enroula ses doigts autour de sa baguette. Il murmura la formule.
Draco sentit quelque chose se précipiter sur lui, comme une brise molle, un souffle et il se sentit soudain tout à fait détendu.
– Bien, Mr Malfoy, sourit le conservateur, venez par ici, je pense que nous devrions apprendre à mieux nous connaître.
Draco se sentit comme sur un tapis roulant car il fut soudainement et involontairement contraint d'avancer vers le conservateur.
– Vous êtes vraiment un beau jeune homme, fit Semeuse en caressant sa joue. Tout comme votre père.
Le sortilège avait ramolli le corps de Draco, ses muscles se détendaient et perdaient en vitalité. Le conservateur avait raison, n'était–il pas beau ? Il le savait. Tout le monde le savait. Mais il ne se sentait pas bien. Il n'aurait pas dû être aussi endormi, amorphe. Semeuse s'infiltra dans son esprit et repoussa toutes ses barrières. Il repoussa doucement le doute, la résistance, imposant grâce à l'Imperium ses propres directives guidées par ses désirs malsains.
Il caressa distraitement l'épaule tendue de Draco.
– Mon pauvre enfant, chuchota–t–il, tu as dû te montrer si courageux pour continuer seul.
Il effleura la courbe lisse de sa gorge et ressentit sous ses doigts un frisson. Il déboutonna les premiers boutons de la robe longue et glissa sa main sous le tissu noir, laissant ses doigts caresser lentement le torse imberbe et un mamelon rose pâle.
– Tu as envie de retrouver ton père, n'est–ce pas ? Il te manque, tu le réclames ? Je peux faire cela pour toi, Draco, je peux vous réunir pour l'éternité.
D'un doigt léger, il suivit le contour de la bouche molle de Draco. Les lèvres du garçon étaient si pâles, si délicatement ourlées. Sous la clavicule, il aperçut un suçon, une morsure d'amour qui virait au rougeâtre, cramoisie au centre. Il avait probablement baisé une fille ce matin et cette fille devait donc savoir qu'il était là. Semeuse s'infiltra de nouveau dans son cerveau, chercha soigneusement dans ses souvenirs et trouva la forme endormie d'un garçon – ô combien délicieux – tandis que Draco se faufilait hors de la chambre. Ainsi, son petit ami n'avait aucune idée de l'endroit où il était allé. Semeuse sourit et glissa son doigt entre les lèvres pâles, taquinant sa langue rose. Il sentit son sexe durcir en imaginant cette langue humide enroulée autour de lui. Il se pencha alors et remplaça son doigt par sa langue, goûtant la douce salive de Draco.
Chaque nerf du corps de Draco se réveilla brusquement, il se tendit et se replia, reculant précipitamment et se cognant dans la cage de son père. Il colla son dos contre le verre, menton relevé, narines frémissantes. Chaque partie de son corps semblait trembler d'horreur. Son regard rencontra celui du conservateur et il le fixa de ses grands yeux horrifiés, les prunelles aussi foncées, aussi grises qu'un ciel de tempête.
Semeuse supporta cet examen un long moment. Puis il se permit de passer de Draco à son ange, sur lequel il fixa son regard. Il sourit et renvoya toute son attention sur le jeune homme. Il resserra son emprise mentale et fit un pas en avant. Dégageant le front de Draco de quelques mèches de cheveux pâles, il murmura tranquillement :
– Tu vas rester ici. Tu vas venir et rester dans mon lit jusqu'à te noyer dedans. Tu vas te tordre et gémir sous mes coups de langue. Tu vas rester ici, avec ton père.
Draco hocha la tête, un petit assentiment, sans être d'accord, regrettant de ne pas savoir comment combattre cet enchantement. La bouche du conservateur se fixa sur la sienne et scella ainsi son ordre. La langue de Semeuse se tendit vers la sienne, la goûtant. Elle était amère, comme morte, il n'y avait aucune trace de la douceur de Harry. Il sentit les doigts secs de l'homme ramper le long de son corps, ils trouvèrent leur chemin sous ses robes longues et atteignirent son aine. Il sentit ce contact comme une intrusion jusqu'aux profondeurs mêmes de son corps et il frissonna de dégoût. Il commença à suffoquer.
Soudain, dans le silence de la salle, un crac ! retentissant résonna et le verre de la vitrine derrière Draco se craquela brusquement. Semeuse se recula. Il écarquilla les yeux, son regard passant rapidement de Draco à son père. Ça devait être l'œuvre du fils et si c'était bien lui, alors il était beaucoup plus puissant que prévu, surtout pour un si jeune sorcier. Étant donné qu'il était sous l'emprise d'un puissant sortilège et d'un contrôle mental, le garçon aurait dû être complètement immobilisé, hors d'état de manifester sa volonté. Draco respirait fort, son torse se soulevant violemment.
– Tu voudrais m'arrêter, Draco ? demanda Semeuse en souriant. Mais vers qui voudrais–tu te retourner ? Le garçon, dans ton lit ? Qui est–il pour toi ? Rien. La seule famille que tu as, elle est ici.
Harry, il y avait Harry ! Draco pouvait compter sur lui. Le nom lui vint avec force, dissipant les brumes dans son esprit et il lutta contre ses entraves. Semeuse rit et s'avança dans la vitrine pour réclamer son dû.
La cage éclata. Elle se brisa soudainement de l'intérieur, soufflant des éclats de verre dans toute la salle, plantant des tessons dans le sol, les murs, dans Semeuse lui–même, mais évitant Draco comme par miracle alors qu'il était appuyé tout contre.
Semeuse cria de douleur, il tenta de se détourner des éclats de verre en couvrant son visage.
Draco prit une profonde inspiration, les effets du sortilège se dissipaient, il sentit sa volonté revenir ainsi que sa liberté de mouvement et il trébucha contre une forme tombée du piédestal.
Sans son appui de verre, Lucius était tombé en arrière et s'était effondré en tas sur le plancher. Draco se démena pour arriver jusqu'à son père, il le prit dans ses bras et regarda fixement dans ses yeux gris, une fois de plus remplis d'intelligence, alertes.
– D–D–r–a–c–o.
La voix de Lucius était sèche, craquelée, il haletait, le cœur battant.
– C–cours.
Draco tenta de le relever, voulant le porter à l'extérieur mais soudain une main saisit son bras. Il se retourna brusquement, craignant que ce soit encore le conservateur mais celui–ci s'était sauvé à la recherche de l'Auror en faction. L'homme qui se tenait derrière lui était Severus Snape.
– Tu ne peux pas l'emmener maintenant, nous devons partir d'ici.
Désespéré, Draco se retourna vers son père.
– Il… il… m'a… il m'a par…
– Nous reviendrons, mais nous devons d'abord savoir ce qui se passe vraiment.
Snape regarda autour de lui, effaré.
– Allez, dépêche–toi, les Aurors sont en route.
– Nous reviendrons.
Draco posa un baiser sur le front de son père.
– Je te promets que nous te sortirons de là.
Mais Lucius était déjà reparti dans un autre monde, perdu dans quelque torpeur léthargique. Snape tira désespérément sur le bras de Draco, qui lâcha son père, laissant Lucius parmi le verre brisé, tandis qu'il se retournait et se sauvait avec Snape.
A suivre…
NdT :
[1] Boxing Day : généralement le 26 décembre mais légalement défini comme le premier jour ouvrable après Noël, il peut également être reporté à un autre jour. Il existe plusieurs hypothèses sur l'origine du Boxing Day, mais la plus courante est que les serviteurs et les marchands recevaient les cadeaux de leurs employeurs lors du premier jour ouvrable après Noël, le lendemain des célébrations en famille.
[2] let's go bowling dans la vo. Cette locution comporte un nombre considérable de signification possible. Mise à part aller faire un bowling, cette expression veut également dire : se mettre ensemble par affinité, avoir une discussion, pratiquer certains gestes lors de rapports sexuels ou même fumer du cannabis dans un bol. Mais comme nous n'avons jamais vraiment compris la morale de cette histoire, et l'auteure ne nous a jamais éclairés sur ce point, nous avons choisi celle qui nous semblait la plus logique mais nous restons ouverts à toute suggestion.
Voilà, merci d'avoir lu jusque-là. J'attends vos commentaires.
Bisous.
Falyla
