Titre : Objects of Desire

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Auteure : Azrael Geffen

Traductrice : falyla

Correcteurs : falyla/Florent

Paring : Harry Potter/Draco Malfoy Hermione Granger/Severus Snape

Rating : M/NC-17

Etat de fic originel : terminée (20 chapitres divisés en 59 parties)

Etat de la traduction : terminée

Disclaimer: Les personnages appartiennent à l'univers de JK Rowling, l'intrigue est à Azrael Geffen, avec son aimable autorisation.

Warning : slash, scènes de sexe très graphiques, torture, viol, meurtre, tentative de suicide, drogue, abus d'alcool, langage cru.

Site : à cause des thèmes abordés, je ne sais pas si cette fic sera autorisée à rester sur FFnet, je la publie donc en parallèle sur AO3 sous le même pseudo.

Mise en ligne : sauf contretemps inattendu, le lundi, le mercredi et le vendredi.

Résumé : Après la fin de la guerre, Harry, Ron et Hermione décident de revenir à Poudlard pour obtenir leurs ASPICs. Avant la rentrée, lors d'une soirée très avinée, ils établissent et signent un pacte magique où ils s'engagent à perdre leur virginité pendant cette 8ème année.

Note de la traductrice : Merci beaucoup pour vos commentaires, j'apprécie vraiment.

Bonne lecture.

Objects of Desire

Chapitre 11 (1ère partie)

La fête

Madame Minerva McGonagall

Convie

Miss Hermione Granger, Mr Harry Potter et Mr Draco Malfoy

À célébrer la venue de la Nouvelle Année

Au Marais

Salisbury, Wiltshire

À 22 heures

Tenue décadente exigée.

oOo

Dans son sommeil, Draco parvenait à sentir quand son père le regardait. Il savait quand il l'observait dormir, quand il envahissait ses rêves et y prenait place. Lucius marchait à travers un labyrinthe tourbillonnant de pensées et de rêves, le pas sûr et ferme mais aussi silencieux qu'une tombe. Dans son esprit, Draco pouvait voir le visage de son père pivoter vers lui dans sa prison de verre et cet œil unique qu'il avait vu quand Lucius avait tourné la tête, fixe, glacé comme du marbre gris, presque embué et pourtant touché par une dernière étincelle de conscience.

Ce qui laissait Draco supplier pour une simple réponse : où était exactement Lucius maintenant ? Où était son père ? Était–il prisonnier, là, dans son corps, condamné à rester dans sa boîte de verre à regarder les gens qui venaient le juger ? Est–ce qu'il pensait et ressentait ? Était–il conscient ? Ou la structure du temps même s'était-elle arrêtée là, pour lui ?

– Dr–a–co – cours.

Draco ouvrit brusquement les yeux, pleinement conscient, le cœur battant la chamade dans sa poitrine. Il serra fermement Harry contre lui et respira son odeur propre et chaude. Harry n'était pas allé au musée, Harry n'avait pas vu ni entendu Lucius, Harry n'avait pas été témoin de la honte de Draco de se trouver incapable de stopper le conservateur qui parvenait à entrer dans son cerveau et à écraser toutes ses résistances. Harry ne savait rien de tout ça – et Draco s'assurerait qu'il n'en sache jamais rien. Draco étreignit la poitrine de Harry, la seule chose qui était précieuse pour lui, son talisman contre les ténèbres et la seule chose qui pouvait lui ramener l'espoir ou lui donner une chance d'avoir une vie après Poudlard et d'oublier la malédiction de son nom de famille.

Et cela devait se terminer. Il pressa son visage contre la nuque de Harry et goûta sa peau chaude contre ses lèvres, sentit l'effleurement de ses cheveux soyeux contre ses cils.

Je ne veux pas que ça se termine je ne veux pas te laisser t'en aller. Tu as tellement bon goût, tu es si chaud.

La lumière du soleil ruisselait de la fenêtre. C'était le dernier jour de l'année. Le dernier jour de la pire année de sa vie.

Et de la meilleure.

Il sentit Harry remuer, s'étirer et rouler sur le dos. Draco le relâcha et se déplaça pour faciliter son mouvement, puis il s'appuya sur son coude et l'observa dormir. Il enregistra distraitement que sa tête était légèrement douloureuse et que pour une raison ou une autre, elle semblait trop lourde pour sa nuque. Il était un peu chaud et il se demandait s'il n'était pas en train de tomber malade.

Il tendit la main et fit timidement courir ses doigts sur les épaules osseuses de Harry, le long de sa poitrine, insista sur un téton rose puis descendit sur sa cage thoracique ondulée. Sa peau était légèrement moite de sueur et Draco envisagea l'idée qu'ils étaient peut–être tous les deux malades. C'était logique, ils s'étaient mutuellement couverts de fluides corporels et ils partageraient assurément n'importe quelle maladie qui passerait de l'un à l'autre.

– Tu es malade, bébé ? murmura–t–il à la silhouette endormie.

Il apposa un baiser sur la douce peau écorchée de sa cicatrice le sourcil de Harry était brûlant.

– Je crois bien que oui.

Peut–être qu'ils n'iraient pas à la fête de ce soir. Peut–être qu'ils resteraient à la maison, au lit, à boire du bouillon de poule, à se plaindre de frissons et de douleurs. Pour une raison inconnue, l'idée lui paraissait incroyablement séduisante.

Draco avança petit à petit sa main sur la poitrine de Harry et trouva un vigoureux battement de cœur. Comment allait–il faire sans tout ça ? Comment allait–il réussir à laisser tout ça derrière lui ? Comment allait–il faire pour vivre quand Harry le fixerait avec haine au lieu de l'amour qui habitait son regard ? Il sourit lorsque Harry remua sous son attouchement.

Harry se réveilla lorsque la chaude bouche de Draco s'enveloppa autour de son mamelon, sa main avait glissé le long de sa cuisse et taquinait gentiment son sexe à demi érigé. Il se sentait brûlant et légèrement fiévreux mais peu importait parce que Draco se coulait vers le bas. Il prit son pénis dans sa bouche et commença à le sucer. Harry soupira quand le travail de la langue de Draco lui donna des frissons aux jambes et aux bras, ses petits tétons étaient douloureusement durs et, encore vaguement endormi, il s'étira pour caresser les cheveux soyeux de Draco, lui faisant savoir qu'il était éveillé – et qu'il pouvait continuer. Les mains de Draco tirèrent sur ses hanches sa langue le sonda d'une manière que Harry pouvait qualifier d'implacable. En tant qu'amants, ils étaient presque invasifs l'un envers l'autre, déterminés à glisser leurs doigts et leur langue dans chaque pli ou creux appartenant au corps de l'autre, à goûter et à savourer chaque centimètre carré de peau disponible.

C'était exquis et douloureux et quand les hanches de Harry ruèrent lorsqu'il jouit durement dans l'arrière de la gorge de Draco, ce fut renversant. Harry ravala les paroles qu'il brûlait de dire, sachant qu'il ne les entendrait pas murmurer en réponse. À la place, ils se cramponnèrent l'un à l'autre, muets, baignant dans une sueur fiévreuse, gardant leurs secrets juste encore un peu plus longtemps.

oOo

Ron ne savait comment s'habiller pour se rendre à une fête costumée qui avait la Décadence pour thème. Il ne voulait vraiment pas y aller. Son nom n'était pas sur l'invitation, fait dont il ne prit pas offense, bien que ce fût le cas pour Ginny – et sa mère. Leur raisonnement était simple, la famille au grand complet avait pris part à la guerre, la famille au grand complet aurait dû être invitée à la fête – la famille au grand complet allait s'y rendre. Il alluma une cigarette et se lamenta sur son inaptitude à y échapper. Une fête chez Snape. Quoique ce serait une bonne occasion de s'amuser. Il ricana et inhala la fumée mêlée d'opium.

Alors il était forcé d'y aller. Forcé d'y aller et de jouer à la famille modèle. Forcé d'y aller et de se comporter en frère consciencieux alors qu'il n'était rien d'autre qu'un crétin. Il n'avait rien à se mettre et pas assez d'argent pour s'acheter quelque chose. Alors qu'il savait que ses frères seraient resplendissants et ses belles–sœurs exotiques et magnifiques, il était réticent à leur demander quoi que ce soit – bien que ça n'ait jamais été un problème par le passé. Il choisit une simple robe de sorcier noire qui avait appartenu à Percy. Il était certain que Percy ne l'avait portée qu'une fois avant de mourir. Probablement achetée pour une réunion du Ministère quelconque, elle était sombre et pratique.

Cette robe ne lui allait pas et il le savait. Mais ce n'était pas important. Il était devenu pâle ces derniers temps et il commençait à avoir l'air émacié. Sans doute le résultat de son incapacité à manger. Personne ne l'avait remarqué sa famille était bien trop occupée à prétendre que tout allait bien et que Charlie et Percy étaient purement et simplement partis travailler et non pas morts, en train de pourrir sous terre. Des cernes dus au manque de sommeil alourdissaient ses yeux. Il passait ses nuits éveillé, à fixer le plafond, à penser à Charlie et à attendre qu'Angelina – elle était réglée comme une horloge – vienne dans sa chambre.

Mais elle n'était pas venue la nuit précédente et il avait observé l'aube se lever avec un sentiment grandissant de soulagement qui avait momentanément calmé la culpabilité qui lui tenaillait le ventre. Il s'adossa contre l'appui–tête de son lit et prit une autre longue bouffée de fumée en fermant les yeux, tout en écoutant la pluie au–dehors.

– Salut, Ronnie.

Il sursauta, il ne l'avait pas entendu entrer mais maintenant qu'elle était là, il n'était pas surpris. Son fiel ne le surprendrait plus jamais. Elle avait un sens de la discrétion bien à elle. Elle choisissait bien ses moments. Peu importait que ce fût le jour ou la nuit, Angelina viendrait toujours. Il aurait dû le savoir.

– Qu'est–ce que tu veux, Angelina ? demanda–t–il platement.

La conversation débutait toujours ainsi.

– Allons, allons, Ronnie, tu n'as pas besoin d'être comme ça.

Elle verrouilla la porte et la sécurisa par un sort.

– Je t'ai apporté ton médicament.

Il regarda la seringue qu'elle agitait dans sa direction et sentit son corps se tendre. Ce qu'il avait pris une fois par erreur pour une sorte d'opiacé, il le reconnaissait maintenant comme quelque chose qu'elle fabriquait elle–même et depuis une semaine, elle avait diminué l'opium de son propre mélange.

– J'en veux pas, marmonna–t–il.

– Bien sûr que si, tu adores ça. Je le sais.

Elle s'assit à côté de lui, sur le lit et ôta sa cigarette d'entre ses doigts.

– Pourquoi tu es tellement sur la défensive aujourd'hui ?

– C'est pas le cas, mentit–il.

Chacune de ses terminaisons nerveuses crépita soudainement lorsque ses doigts se promenèrent sur son ventre. Elle planta la seringue dans la chair de sa cuisse et il siffla. Puis il fut à elle. Avec peu de résistance, il se laissa caresser la joue avec le dos de la main.

– Comment tu te sens ?

Il ne put répondre, il secoua la tête avec lassitude et soupira puis sa bouche retint son souffle. Les lèvres d'Angelina étouffèrent les siennes, sa langue pénétra profondément, trop profondément, s'emmêla avec la sienne et manqua de l'étouffer. Elle passa son haut par–dessus sa tête et s'en débarrassa il sentit ses mains glisser de son corps jusqu'à ses seins, son pouce fit ses cercles sur un de ses tétons dressés. Il sentit ses entrailles se crisper et il se força à réprimer un grognement.

La réalité semblait si loin, comme un poids lourd qu'il essayait de soulever sur place. Pour l'instant, il n'y avait que le plaisir qu'elle était en train de lui donner et il accepta que sa main se faufile dans son pantalon de pyjama et s'enroule autour de son pénis. Elle se déplaça vers le bas de son corps comme un serpent et descendit le pyjama d'une manière qui lui était maintenant familière. Il baissa les yeux sur son propre corps et rougit de honte à la vue de son sexe saillant, une hampe épaisse et dure, le prépuce repoussé de son gland violacé. Elle le fixa un instant puis lui sourit tandis que sa main se referma autour de son membre, glissant de bas en haut, permettant au présperme de le lubrifier.

– Tu as vraiment une queue magnifique, Ron, dit–elle dans un souffle. Elle est belle et large, pas comme celle de George la sienne est plus longue mais plus mince.

– Arrête, murmura–t–il.

Mais il n'était pas sûr de ce qu'il voulait qu'elle arrête ce qu'elle faisait ou qu'elle cesse de parler de son frère.

Angelina lapa toute sa longueur, pressa sa langue dans la fente de l'ouverture de son membre pour y goûter les premières gouttes de semence qui s'y étaient rassemblées, puis elle ouvrit les lèvres en grand et le prit entièrement dans sa bouche. Il gémit et voulut fermer les yeux. Mais il savait qu'il ne le ferait pas. La vue de son sexe s'enfoncer dans sa bouche était trop séduisante. Il brûlait de culpabilité et de plaisir.

Elle lui prodiguait du plaisir, prenait le contrôle de son corps avec autant d'aisance que la drogue. Elle relâcha un peu son emprise et le repoussa un instant elle reprit son souffle en levant les yeux vers lui. La tête de Ron était rejetée en arrière. Son visage était partagé entre l'extase et la torture. Il était en train de murmurer son mantra, elle le savait bien.

– Non, je t'en prie, Angelina, arrête, s'il te plait, s'il te plait ! Ne fais pas ça.

Elle gloussa et referma à nouveau sa bouche sur son pénis, le suçant profondément, tirant l'orgasme de son corps. Elle lui permit de jouir dans sa gorge, se recula puis rit lorsque l'explosion finale lui couvrit les lèvres, la joue et le menton.

Angelina se leva rapidement, son intérêt pour lui s'affadissait très vite. Elle s'essuya le visage avec le dos de sa main. Il n'y avait nul besoin de civilités, plus maintenant il lui appartenait, alors peu importait ce qu'il ressentait. C'était un bon garçon et il servait son but. Ron remonta son pyjama sur ses hanches étroites il semblait sur le point de pleurer. C'était une honte, vraiment. Elle l'appréciait à sa façon. Si seulement il n'avait pas été le frère de George, ils auraient pu partager quelque chose de spécial.

– Casse–toi maintenant, tu veux, aboya–il vicieusement, pour cacher sa honte des larmes qui menaçaient.

– Je suis bien meilleure que toi à ce petit jeu, Ronnie, siffla–t–elle, alors surveille ton langage.

Elle enfila son haut et pivota pour s'en aller.

– Oh, au fait, Ronnie, ta mère a dit de descendre pour le petit–déjeuner.

oOo

Harry ne s'était jamais senti aussi mal à l'aise de toute sa vie. Bon, ce n'était pas entièrement vrai, il y avait eu la fois où il avait dû danser avec Parvati Patil au Bal de Noël puis cette fatidique journée de la St–Valentin avec Cho – mais ceci était assurément au sommet dans ce domaine.

Non se tenait derrière, les mains sur les hanches, l'évaluant d'un œil critique. Il ne pouvait que se demander comment diable Draco avait pu l'entraîner là–dedans. Il n'avait aucun problème avec le fait d'aller à la fête du Nouvel An de McGonagall. Hermione les avait supplié d'y aller parce qu'elle voulait s'y rendre et, malgré le fait qu'il ne sentait pas bien, il avait dit oui. Puis le problème des costumes avait surgi. Le thème était la Décadence. Ils n'avaient pas eu le temps d'aller acheter quelque chose alors ils devaient faire avec ce qu'ils avaient sous la main.

Draco avait une garde–robe considérable, Harry avait une malle pleine de jeans et de sweat–shirts avec lesquels Hermione et lui vivaient. Comme aucun des habits de Draco n'irait à Harry ou à Hermione, il avait bien semblé qu'ils s'y présenteraient en tant que couple de parias moldus. Et ceci jusqu'à ce que Draco ait une idée. Les vêtements de ses parents.

Harry avait bu une potion pour calmer les symptômes de la maladie – quelle qu'elle soit – qui faisait pulser sa tête et rendait son corps lourd comme du plomb. C'était au petit–déjeuner que Hermione s'était lamentée de leur état maladif et avait exigé qu'ils se rétablissent à temps pour la soirée. Puis elle s'était lamentée sur l'absence de costume, manifestement elle était nerveuse, elle voulait faire bonne impression en vieux pull et short découpé – Harry croyait sérieusement qu'elle voulait juste s'envoyer en l'air et qu'elle devait penser que Snape ferait son difficile ou quelque chose comme ça parce qu'elle voulait être parfaite.

Puis Draco avait dit :

– Pourquoi vous n'iriez pas voir dans la garde–robe de mes parents, ils ont des tas de trucs.

Harry et Hermione avaient eu l'air dûment choqués. Draco avait roulé des yeux.

– Quoi ? Ils ne sont pas exactement là pour les porter, non ?

Quand Harry avait protesté que rien de ce qui appartenait à Lucius ne lui irait, Draco avait gâché l'idée en l'informant qu'il faisait la même taille que Malfoy Senior. Harry n'avait pu s'empêcher d'être mortifié de découvrir qu'il partageait sa taille avec le Mangemort. Ça semblait absurde. Lucius Malfoy lui avait toujours paru si foutument grand, qu'il ne fasse qu'un mètre soixante–quinze – la propre hauteur de Harry – avait l'air d'une blague. Draco faisait bien huit bons centimètres de plus qu'eux. Alors, ça signifiait que Harry pouvait mettre les habits de Lucius et qu'une situation inconfortable commençait. Harry se tenait au milieu du dressing de Lucius, vêtu d'un pantalon de cuir extrêmement serré ayant appartenu au Mangemort.

Il aurait dû y avoir une loi contre les hommes d'un certain âge possédant des pantalons de cuir.

Ce qui était encore plus désolant, c'était que le pantalon lui allait remarquablement bien. Harry était certain que Lucius avait une envergure plus large que la sienne, plus classique peut–être. Alors il ne pouvait que se demander comme cet homme arrivait à caser son cul dans ce foutu truc. Il était noir d'encre et se laçait sur les côtés. Harry ne doutait pas qu'il était probablement nettoyé avec une sorte d'encaustique – et il espérait que le pantalon avait été lavé depuis la dernière fois que Lucius l'avait mis parce que l'idée que ses testicules partagent le même espace que celles de Lucius Malfoy était un peu dur à avaler. Draco l'avait assorti d'une lourde paire de bottes qui se bouclait à mi–mollet. Harry avait l'air de vouloir ruer de coups de pieds une pauvre âme, jusqu'à ce que mort s'en suive.

– S'il te plait, dis–moi qu'il y a une chemise qui va avec ça, demanda Harry, en essayant de masquer le tremblement de sa voix.

Harry n'avait jamais été de ceux qui s'exhibent, il préférait également que les gens ne le remarquent pas – ce qui n'était pas une option très réaliste – ou simplement penser qu'il était très commun. Ce qui n'allait pas arriver avec ce pantalon. Il avait besoin d'une très longue chemise. Draco fit la moue.

– Ça irait mieux sans, dit–il d'une voix cajoleuse.

Harry baissa les yeux sur son corps. Les os de ses hanches ressortaient comme deux pyramides pâles et les poils sombres qui se dessinaient de son nombril à son aine étaient raides contre la peau laiteuse de son ventre plat. Le pantalon tombait si bas qu'il pouvait voir le haut de son pubis.

– Putain, c'est hors de question.

Draco soupira dramatiquement et s'extirpa de la chaise sculptée.

– Très bien, dit–il en lui lançant un regard fané. Je te trouverai une chemise.

Non secoua à nouveau la tête.

– Votre père n'approuverait pas ceci, Maître Draco, fit–il avec hésitation. Il adorait son pantalon.

– Je sais, je sais. Mais il n'est pas là pour le mettre et Harry a besoin d'une tenue pour la fête.

– Je ne peux pas essayer quelque chose de moins… révélateur ? demanda Harry. Comme une de ces redingotes en velours avec les boutons en forme de serpents ?

Draco ignora le regard plein d'espoir de Harry et se mit à chercher dans la penderie. Après un moment, il appela l'elfe pour l'aider.

– Non ? Quelle chemise mon père mettait avec ce pantalon ?

Non eut une expression vide. Une chemise ? Quelle chemise ?

– Il ne mettait pas de chemise avec cette tenue, Maître Draco.

– Tu vois, fit remarquer Draco à Harry, il est censé se porter juste comme ça.

Harry ne put s'empêcher de rire rien qu'à l'idée.

– Est–ce que tu es en train de me dire que ton père, Lucius Malfoy, sortait uniquement vêtu comme ça ?

Draco et Non hochèrent la tête à l'unisson.

Grands dieux. Cet homme avait dû être un exhibitionniste autrefois. Harry n'avait jamais vu Lucius Malfoy autrement qu'en sorcier plein de prérogatives royales. L'imaginer vêtu comme ça était juste trop pour lui. Le vieux salaud devait vraiment avoir l'air sexy aussi.

Oh là ! Ôte immédiatement cette pensée de ta tête, mon vieux Potter.

– Voilà, essaie ça.

Harry rougit et prit le morceau de tissu que Draco tenait dans sa main. Ça ressemblait à de la résille, à un filet de maille ou quelque chose comme ça. C'était incroyablement petit. Harry le passa précautionneusement au–dessus de sa tête – c'était élastique et ajustable.

Bordel de merde !

– Waouh, souffla Draco. Putain, c'est tellement sexy que je pourrais te manger.

Harry s'examina.

– Sexy ? Tu trouves ça sexy ?

– Oh, ouais.

– Tu plaisantes ?

– Non.

Harry regarda son reflet, impuissant.

– Tu réalises que je suis habillé avec les vêtements de ton père, là ?

Draco acquiesça en souriant, mâchouillant le pendentif que Harry lui avait offert pour Noël, manifestement excité.

– Tu crois pas que c'est un peu tordu ?

Draco secoua la tête, souriant toujours, mâchouillant toujours le pendentif que Harry lui avait offert pour Noël, encore plus excité.

– Dis–moi que tu ne penses pas à ton père en cet instant précis.

– Oh, non, je ne pense pas à mon père en cet instant précis.

Draco gloussa et s'approcha furtivement de Harry, s'émerveillant de la manière dont la résille accentuait les contours de son corps, la façon dont elle révélait tout alors qu'elle donnait l'illusion de tout cacher. Par tous les dieux, Harry aurait dû s'habiller ainsi plus souvent. Il se pencha et mordit la poitrine de Harry à travers le tissu serré de la résille.

Harry haleta et découvrit instantanément une autre raison de ne vraiment pas vouloir mettre ce pantalon.

Non secoua la tête une nouvelle fois et sortit discrètement de la chambre.

oOo

– Tu ne peux pas mettre ça.

Minerva agita une main en direction de l'aspect général de Snape et parut dégoûtée par l'ensemble. Snape baissa les yeux sur lui–même, irrité.

– Pourquoi pas ?

Il était vêtu comme d'habitude. En robe noire, fin de l'histoire.

– Tu as l'air sur le point d'aller faire la classe, pas de passer le cap du Nouvel An.

Elle pinça les lèvres et lui jeta un regard furieux.

– Et tu aurais pu te laver les cheveux !

Il rosit et afficha un air indigné.

– Je me suis lavé les cheveux.

– Oh.

Ce fut au tour de Minerva de rougir puis elle revint rapidement à son état de désapprobation.

– Bien, alors peut–être qu'il serait temps de repenser aux soins protecteurs de tes cheveux.

Il se renfrogna de façon menaçante, elle commençait à ressembler à cette horrible femme, chez l'apothicaire de Pré–au–Lard, qui l'avait pourchassé à travers le village avec une bouteille de Chevelure de Rêve par Gilderoy Lockhart.

Elle lui sourit sournoisement.

– Je suis sûre que Hermione appréciera ce petit effort supplémentaire.

Snape sentit son estomac se nouer. Il vérifia mentalement la liste. Champagne, okay. Draps propres, okay. Bougies, okay. Sous–vêtement propres… okay.

– Tu dois posséder quelque chose d'un peu plus… fantaisiste que ça.

Il secoua la tête, peu concerné.

– Au moins, laisse–moi faire quelque chose avec tes cheveux.

– Ça risque pas.

– Severus ! gémit–elle.

– Minerva ! répéta–t–il en la singeant.

Minerva était sortie alors qu'elle avait fini de se préparer. Il avait l'habitude de la voir dans ses fonctions scolaires en noir ou en vert, portant des chapeaux plutôt laids. Ce soir, elle avait tout abandonné et avait opté pour une robe médiévale en brocard doré. Elle semblait vraiment radieuse et Snape ne pouvait qu'espérer que Dumbledore le remarquerait. C'était sa fête et elle voulait être étourdissante. Le problème était qu'elle voulait que lui aussi soit étourdissant – et il laissait lamentablement à désirer. Dans un cas comme celui–ci, il n'y avait qu'une seule vraie méthode éprouvée pour obtenir sa docilité. Le harceler jusqu'à ce qu'il dise oui.

– J'ai un costume qui pourrait t'aller.

– Non.

– Je t'en prie, c'est très digne.

– Non.

– Alors, laisse–moi te brosser les cheveux.

– Non.

– Je dirai à Dumbledore que tu couches avec une étudiante.

Il lui jeta un regard furieux et Minerva afficha un sourire narquois. Harcèlement, chantage, tout était bon.

– Dumbledore le sait déjà, dit–il d'une voix hésitante.

– Non, il ne fait que le soupçonner mais il y a un monde entre le fait qu'il le sache ou qu'il le suspecte. Et, si cette soirée est, comme je soupçonne que ce sera le cas, le grand soir, tu vas avoir besoin de moi pour le maintenir distrait pendant des heures.

– Des heures ? grogna Snape. Minerva, je n'ai pas eu de relations sexuelles depuis dix ans, je serai heureux si ça dure trois minutes.

– Peu importe, rit Minerva. Si je lui dis ce qui va se passer, tu n'auras même pas ça.

– Tu n'oserais pas !

Minerva sourit doucement.

– Tu paries ?

oOo

Hermione ne pouvait plus respirer. Cette réaction était une combinaison de sa crainte en voyant son propre reflet dans le miroir et le fait que le corset qu'elle avait lacé était incroyablement serré. Elle n'avait jamais eu, à proprement parler, de décolleté pigeonnant mais maintenant elle avait des nichons sur lesquels elle pouvait poser un plateau–repas. Ce qui était plutôt incroyable – et tout ce qui lui en coûtait était sa capacité à respirer et probablement un paire de côtes cassées aussi.

La robe était grandiose. Hermione n'arrivait pas à croire qu'elle la portait vraiment. Elle pouvait constater maintenant que sa propre modeste sélection de robes du soir n'était qu'une pitoyable tache en comparaison des offres que Narcissa Malfoy avait dans son vestiaire. Hermione était en train de comprendre précisément qu'être une sorcière pouvait lui permettre d'échapper à son quotidien habituel. Elle avait toujours essayé de rester simple et discrète. Après tout, elle était née de Moldus et le monde de ses parents était fait de jeans, de sweat–shirts et de chaussures de sport – et de cheveux indisciplinés noués en queue de cheval. Hermione était une remarquable sorcière mais elle n'avait jamais exploité cette partie. Chercher dans l'armoire de Narcissa Malfoy avait été une expérience en soi et elle n'avait aucun doute que Lavande aurait donné son bras droit pour avoir ce privilège.

Le dressing était séparé en plusieurs catégories. Catégorie 1 : vêtements d'intérieur. Catégorie 2 : vêtements de jour. Catégorie 3 : vêtements de loisir. Catégorie 4 : vêtements du soir. Catégorie 5 : vêtements de fête. Catégorie 6 : robes de bal. Catégorie 7 : chaussures. Catégorie 8 : chapeaux. Catégorie 9 : bijoux. Il devint rapidement évident pour Hermione que le choix de Narcissa pour ses vêtements d'intérieur, choses qu'elle revêtait uniquement pour flâner aux alentours, ressemblait aux robes de Hermione et que tout le reste était bien au–dessus de sa propre catégorie. Elle avait été sur le point de se fixer sur quelque chose qui provenait de la catégorie loisirs, quelque chose d'élégant, modeste et vert, lorsqu'elle avait vu une robe rouge parmi toutes les autres tenues de bal. Au début, elle considéra l'idée ridicule puis elle s'imposa petit à petit. Sans bretelles et corsetée, sa jupe étoffée amenait des images de France du dix–septième siècle dans son esprit. C'était une robe de conte de fée faite de velours rouge sang et elle en était tombée amoureuse.

Et maintenant, à cause du corset lourdement baleiné, elle pouvait à peine respirer.

Posie lui avait précautionneusement appliqué du maquillage et maintenant, elle était en train de lui torsader les cheveux en coiffure complexe, aussi magnifique et féerique que la robe elle–même. Elle attacha son pendentif en forme de fée autour de son cou puis lança un charme sur son épaule pour cacher la blessure violet foncé que Krum avait faite et qu'aucun sortilège n'avait pu guérir. Le parfum, si délicatement fait pour elle et pour elle seule, embaumait sa peau. Elle se sentait plus belle que jamais. Elle était absolument le contraire d'elle–même, comme si un sort avait été jeté sur son corps entier et non juste sur son épaule.

Elle espérait seulement que Severus aimerait l'effet. Elle pouvait sentir une vague de crainte au fond d'elle. Il lui avait écrit tous les jours depuis Noël, signait toujours d'un Je t'aime à la fin, ce qui la faisait sourire et rougir et son cœur gonflait dans sa poitrine. Parfois, elle se retrouvait debout sur le balcon, enveloppée dans la robe de chambre de Draco, à regarder vers le Marais, forçant ses yeux pour y voir à travers les fenêtres pour y distinguer le moindre signe de mouvement. Un matin, une silhouette vêtue de noir était sortie et l'avait fixée en retour – elle avait agité la main – il l'avait agitée en réponse – elle était alors rentrée dans la maison avec le sourire et l'esprit réchauffé.

Maintenant qu'elle allait le voir, elle sentait sa nervosité augmenter. Pour la première fois, le fait qu'il était son Maître de Potions, de surcroît beaucoup plus âgé qu'elle lui revint avec le poing froid de la réalité. Elle avait été tellement occupée à le convaincre que ces choses–là n'avaient pas d'importance qu'elle n'y avait pas vraiment réfléchi elle–même. C'était Snape, bon dieu ! Snape ! Le vilain Snape, le mesquin invétéré qui prenait son intelligence et sa lignée comme une insulte pour toute l'espèce sorcière. Et maintenant, c'était son petit ami. Le professeur Snape était son petit ami – bien que le terme semblât un affront pour lui. Elle en aurait ri – si elle avait été capable de respirer.

Son corset correctement lacé, Hermione s'examina dans le reflet une dernière fois et se sentit satisfaite. Krum avait essayé de la détruire et, à la place, il lui avait donné quelque chose qui la rendait un millier de fois plus puissante. Elle était forte, sensuelle et magnifique. Elle était amoureuse. Elle se regarda et réalisa qu'elle s'était transformée de bien des façons.

Il se faisait tard, elle devait vraiment descendre. Nul doute que Harry et Draco étaient déjà prêts. Ça avait été étrange de vivre dans cette maison toute cette dernière semaine. Étrange de vivre avec eux. Elle n'avait jamais rencontré deux personnes qui pouvaient se chamailler avec une si incroyable vindicte et s'entendre si passionnément – et ils se disputaient à propos des choses les plus insignifiantes. Harry l'aimait cependant, de ça, Hermione en était certaine. Elle pouvait le voir sur son visage, dans ses yeux, dans la manière dont ils semblaient briller quand Draco était dans la pièce. C'en était presque écoeurant.

Ce que Draco ressentait, elle ne pouvait le dire. Depuis le Boxing Day, il avait paru tour à tour distrait, irritable et puis brusquement affectueux. Harry l'avait interrogé sur son voyage au musée et il avait répondu avec brusquerie que ça avait été horrible et de laisser tomber. Harry et Hermione avaient tous les deux présumé que voir son père l'avait traumatisé et ils auraient souhaité qu'il ne fasse pas une telle chose tout seul.

Elle remercia gentiment Posie pour son aide – un geste qui sidérait toujours la petite elfe – et se dirigea vers l'escalier. Elle n'avait pas la moindre idée de comment elle était censée les descendre sans marcher sur sa robe. Elle était trop volumineuse pour la soulever délicatement. Elle se demanda si de telles robes étaient accompagnées d'instructions puis elle se réprimanda. Narcissa Malfoy avait sans doute passé des années à perfectionner sa technique pour marcher avec des robes comme ça, Hermione n'avait que quelques minutes. Elle retroussa la robe sans élégance et espéra qu'il n'y aurait pas d'escalier à la fête.

oOo

Harry était déjà en train de faire les cent pas dans le salon quand Hermione fit une entrée plutôt maladroite. Elle laissa tomber sa robe et sa mâchoire d'un même mouvement.

Oh – mon – dieu.

Mais, bon sang, qu'est–ce qu'il portait ? Uniquement le plus révélateur de tous les pantalons qu'elle n'avait jamais vus. Elle arrivait à voir les deux petites fossettes où la base de sa colonne vertébrale disparaissait et où commençait la courbe de ses fesses ! Puis il se tourna et elle dut y regarder à deux fois. Maintenant elle pouvait voir les poils noirs qui s'étendaient de son ventre à la taille incroyablement basse de son pantalon. Harry avait grandi ! Harry avait… Harry avait… Harry avait une toison pubienne ! Bien sûr, elle savait qu'il en avait une, c'est juste qu'elle n'avait jamais imaginé qu'elle en verrait autant.

Seigneur, Harry était sexy. Harry n'était pas censé avoir l'air sexy. Harry était censé être gentil, porter des lunettes et se vêtir d'un pantalon large sans forme ayant appartenu à son cousin. Il n'était pas supposé se tenir là en silhouette moulée dans du cuir noir et de la résille. Draco avait manifestement tailladé ses cheveux parce qu'ils étaient plus courts et dressés sur le dessus comme une sorte de Mohawk des temps modernes. L'arrière était regroupé en catogan. On lui avait enlevé ses lunettes et à la place, on avait mis de l'eyeliner. Beaucoup, beaucoup d'eyeliner noir. Il ressemblait un glorieux raton laveur aux yeux verts. Sauf qu'il avait l'air dévergondé. Et très sexy.

Elle sentit sa bouche se remplir de salive et se força à déglutir.

S'il vous plait, oh, s'il vous plait, Merlin, faites que quelqu'un le prenne en photo, je vous en prie.

– Je sais, dit–il en souriant. J'ai l'air d'un putain de phénomène de foire.

– Tu es… Tu es…

Elle avala encore une fois, déglutissant péniblement la bave qui stagnait dans sa gorge.

– Tu es absolument incroyable.

Harry fronça les sourcils, pas entièrement certain que ce fut une bonne chose.

– Bordel, j'y vois rien. Draco m'a dit que je pouvais pas remettre mes lunettes jusqu'à ce qu'on soit à l'intérieur. Je vais probablement me casser la figure en essayant de trouver la porte.

Il tâtonna pour trouver son chemin jusqu'à la table il mit la main sur ses lunettes qu'il s'empressa de remettre sur son nez et cligna des yeux.

– Wouah ! Merde alors, Hermione, tu es magnifique.

Il rit d'émerveillement.

– Tu es vraiment magnifique.

– Merci, fit–elle en rougissant. C'est la robe.

– Non, dit–il après un moment. C'est toi. Seulement toi. La robe n'est rien qu'un embellissement de ce que tu étais déjà.

– Merci.

Elle l'étreignit en l'attirant plus près. Merlin, son contact était aussi bon qu'il était beau.

– 'Mione ?

– Mmm ? répliqua–t–elle.

Elle ne voulant pas le laisser s'en aller, même un instant, le sentir était bon, le toucher était bon, il…

Il la repoussa.

– Je peux mettre mes lunettes dans ta bourse ?

– Bien sûr.

Elle lui permit de les garder pour le moment, décidant qu'il serait mieux qu'il n'ait pas d'accident avec la table avant même de quitter la maison. Elle lui permettrait de se saouler et de tomber sur la table plus tard. Il était connu pour faire ça avant.

– Où est Draco ?

– Il se prépare, répondit Harry en levant les yeux. Ça lui a pris des plombes avec moi, alors le temps qu'il finisse de s'habiller, on aura sûrement manqué minuit.

Elle rit et sentit son estomac faire un petit bond. Elle voulait vraiment être là–bas avant minuit mais Harry avait raison, la vanité de Draco ne connaissait pas de frontières.

Draco arriva un moment plus tard mais il n'était pas habillé pour aller à une fête. Il semblait stressé et contrarié. Le bas était identique à Harry, bottes et pantalon de cuir. Pour le haut, il avait passé une longue chemise lâche qui avait l'air d'avoir été tirée d'un panier de linge sale.

– Allez–y, vous deux, je ne me sens pas très bien…

Il regarda autour de lui, ses yeux étaient vitreux et il s'étreignit de façon défensive.

– Je vais rester ici.

– Qu'est–ce qui ne va pas ?

Harry était à son côté en une seconde, tout humour avait quitté son visage.

– Rien.

– C'est ça.

– Rien !

– Bon, tu voulais y aller il y a trois heures, tu t'es occupé de tes cheveux et tu as mis ton pantalon, pourquoi tu as brusquement changé d'avis ?

Draco parut mal à l'aise.

– Je n'aime pas ma tenue.

– Tu n'as qu'à changer de chemise.

– Je n'avais pas prévu de mettre cette chemise.

– Alors, quelle chemise tu avais envisagé de mettre ?

Harry était exaspéré, c'était presque impossible ! Draco baissa la tête.

– Je voulais mettre une chemise comme la tienne mais je n'arrive pas à formuler un sortilège qui fonctionne.

– Pourquoi tu as besoin d'un charme ?

Draco le dévisagea, incrédule.

– Parce que je veux pas ressembler à un de ces putains de mutant, enfoiré !

Harry ouvrit la bouche pour lui hurler une réponse puis il se rappela et fronça les sourcils. Il se tourna vers Hermione qui était en train de se demander comment exactement Draco Malfoy pourrait ressembler à un putain de mutant et il essaya de sourire.

– Tu es plutôt bonne en charmes, non ?

– Si, acquiesça–t–elle. Raisonnablement bonne.

– Tu pourrais camoufler, disons, une grande portion de peau ?

– Je suppose que oui.

Draco repoussa Harry.

– T'inquiète pas, je trouverai quelque chose d'autre et je viendrai plus tard.

Harry savait parfaitement que s'il ne venait pas maintenant, il ne viendrait pas du tout.

– Assieds–toi.

Il força Draco à entrer dans le salon et le plaça de manière à présenter son dos à Hermione. Il vit les traits de Draco passer de la colère à une soudaine crainte et il s'assit en face de lui.

– C'est bon, murmura–t–il. Nous sommes tes amis, tu dois juste apprendre à faire confiance à tes amis.

Hermione fronça imperceptiblement les sourcils puis se rapprocha d'eux.

– Qu'est–ce qui se passe ? demanda–t–elle.

Draco semblait sur le point de vomir. Harry déboutonna doucement la chemise de Draco et la repoussa, révélant le gâchis violet de son dos.

– Tu penses que tu peux déguiser ça ?

Hermione sentit ses intestins fondre d'horreur, des larmes lui piquèrent les yeux et elle ne put réprimer un hoquet aigu qui fit tressaillir Draco Harry le tint plus serré contre lui.

– Tu peux ?

– Ça dépend, fit–elle en déglutissant avec difficulté. Qu'est–ce qui a provoqué ça ?

Harry leva la tête de Draco. Il ne lui avait jamais demandé, bien qu'il ait toujours voulu savoir. Il se doutait bien que Draco ne le lui aurait pas dit.

– Qu'est–ce qui a provoqué ça ? répéta–t–il doucement.

Draco se recula et baissa la tête. Pendant un instant, ils craignirent qu'il ne dise rien puis, finalement, il répondit à voix basse.

– Acide de Madragora.

Oh, Seigneur, qui lui a fait ça ? Qui a pu être si vicieux ?

– Je… balbutia Hermione. Je ne peux pas, Draco, personne ne peut.

Elle le regarda reprendre sa chemise des mains de Harry et s'en envelopper. Alors, c'était pour ça qu'il était toujours complètement habillé, pour ça qu'il ne se baignait pas en même temps que les autres, pour ça qu'il dormait en T–shirt et robe de chambre la nuit où elle était arrivée.

– C'est quoi, l'acide de Madragora ? demanda Harry, pas particulièrement désireux de montrer son ignorance mais souhaitant en savoir plus.

– C'est plus une bactérie que de l'acide. Elle a été inventée dans les années 40 par Norton Madragora pour le sorcier Grindelwald, pour torturer ses ennemis. Peu à faire, beaucoup de dégâts, ça mange la chair. S'il y en a assez, ça peut manger un corps entier.

Elle fixa Draco.

– C'est illégal d'en fabriquer à l'heure actuelle, qui t'a fait ça ?

– Personne d'important.

Il se dirigea vers la porte, Harry derrière lui.

oOo

Considérant le début plutôt douteux de cette soirée, l'équipage menant au Marais fut plus joyeux que Hermione ne s'y attendait. Draco s'était décidé pour un haut noir décoré sur le devant d'un : « Ça n'apporte rien d'être un Elu » [1] et il passa la plus grande partie du trajet collé au visage de Harry, quelque chose que Hermione trouvait inconfortablement excitant à regarder. À un moment, elle fut convaincue qu'ils allaient abandonner toutes prétentions de se rendre à la fête et s'envoyer en l'air, juste là, en face d'elle. Elle essaya discrètement de détourner les yeux mais quand un pied se planta durement dans son genou, elle fut forcée de supplier qu'ils arrêtent, pour le bien de sa robe et parce que le balancement de la carriole la rendait malade. Elle ne savait pas pourquoi ils avaient pris une carriole de toute façon, le Marais n'était pas si loin et ils pouvaient transplaner. Cependant, Draco avait insisté pour prendre un équipage et, tandis qu'ils approchaient de la maison, elle comprit pourquoi. Une douzaine de carrosses étaient alignés devant la porte il semblait qu'arriver ainsi, dans un tel style, était de rigueur. [2]

Harry s'était tellement habitué aux elfes de maison qui faisaient tout ce que leur maître désirait qu'il fut surpris quand la porte de la maison de conte de fée de Snape s'ouvrit sur une jeune fille à peine vêtue, déguisée en ondine [3]. Hermione et lui en eurent le souffle coupé, interloqués de voir une demoiselle insuffisamment recouverte d'un morceau de tissu entièrement transparent. Draco, d'un autre côté, sourit d'un air vorace, toutes les pensées concernant l'homme dont il avait récemment attenté à la pudeur semblaient envolées, perdues dans un éclat de chair incurvée et de seins qui se trémoussaient.

– Eh bien, bonsoir, dit Draco d'une voix traînante, comme s'il allait dévorer la fille toute entière.

Il se tourna vers Harry avec une expression de petit garçon devant un magasin de bonbons – seulement pour rencontrer le regard furieux et dur de son amant. Le sourire s'effaça instantanément et il se maîtrisa. La fille gloussa – et se trémoussa – et leur fit passer la porte, où deux autres filles habillées de façon similaire attendaient de vérifier leurs invitations et de prendre leurs capes. Les yeux de Draco recommencèrent à se vitrifier, comme en transe, il avait l'air d'être au paradis des lolos. Harry jeta un coup d'œil à cette remarquable poitrine libre qui s'agitait et remua inconfortablement sur place.

Tandis que leurs capes disparaissaient, la fille de la porte et une de ses compagnes lisait leurs invitations. Elles les regardèrent tour à tour, décidant rapidement qui était Miss Granger puis dévisagèrent avec intérêt Mr Potter. La cicatrice sur son front était sacrément révélatrice et, tandis qu'elles laissaient glisser leurs yeux sur son corps et gloussaient, Harry sentit sa nervosité augmenter. Draco subit ensuite le même traitement mais il le prit bien plus admirablement que Harry. Draco, bien sûr, savait très exactement qu'il était diablement beau, bien que lui importait peu le nombre de fois où Harry lui avait dit qu'il était séduisant, il ne le croyait jamais tout à fait.

– Alors, fit la fille de la porte en fixant la cicatrice de Harry, impressionnée. Vous êtes Harry Potter.

– Hum, biaisa Harry, ouais, c'est moi.

Elle se tourna vers Draco.

– Et vous devez être le délectable Mr Malfoy ?

Le sourire vorace revint s'étaler sur le visage de Draco. La fille fit courir un doigt mince le long de son bras et sa langue courut sur la lèvre inférieure.

– Si vous vous ennuyez plus tard, je taille vraiment des pipes fabuleuses.

– J'en suis sûr, sourit Draco d'un air vulgaire.

Hermione était sûre que Harry était sur le point d'arracher la langue de la fille, juste après qu'il ait démembré les bras de Draco. Une veine semblait pulser dans sa tempe et elle était certaine que sa pression sanguine était montée d'un ou deux crans.

– À plus tard alors ?

La fille déplaça sa main du bras de Draco à sa hanche et en caressa l'os.

– Désolée, chérie, rétorqua Draco en glissant sa main sur son bras. Je suis pratiquement marié.

La fille fixa Hermione, dubitative et se moqua grossièrement. Elle gloussa et articula un silencieux : « Elle ? » à Draco.

Les yeux de Draco se posèrent sur Harry, qui à ce moment–là ressemblait à une boule de fureur et retourna à la fille.

– Lui, répondit Draco, l'air subtilement cruel. Et je te garantis qu'il taille de bien meilleures pipes que toi.

La fille recula d'un pas, parut choquée, gloussa puis sembla choquée à nouveau. Elle mit un moment à recouvrer son comportement aguicheur.

– Bien, si vous voulez comparer les styles, faites–le–moi savoir.

Bien que Draco eut l'air vraiment très désireux de devenir une sucette humaine, il prit le bras de Hermione et se tourna vers Harry.

– Allez, viens, le balafré, dit–il d'une voix traînante et affectueuse, on va faire la fête ou quoi ? Il y a tellement longtemps que je n'ai pas pu flirter avec des servantes, tu sais.

Harry fixa la fille de la porte avec un regard de haine pure et s'avança pour prendre l'autre bras de Hermione.

Pour trouver la salle de bal, il suffisait de suivre les fées dansantes qui illuminaient le chemin. Hermione se sentait nerveuse, agitée et coincée entre deux hommes qui étaient sur le point d'avoir une incroyable dispute.

– Putain, j'arrive pas à le croire, siffla Harry. T'es qu'un enfoiré de queutard.

– Je n'allais rien faire avec elle, c'était juste un flirt innocent.

Harry ne semblait pas convaincu.

– Harry ?

– Quoi ?

– Enlève tes lunettes, t'as l'air d'un con.

Il ôta ses lunettes de son visage et les tendit à Hermione qui les mit dans sa bourse. Puis il prit la mauvaise direction et tomba contre une desserte.

– Bien, je pense que j'ai l'air encore plus con, maintenant, grommela–t–il.

Draco et Hermione se mirent à rire de manière incontrôlable, ce qui ne fit qu'accroître son courroux tandis qu'il tâtonnait autour de lui, essayant de se relever mais en étant incapable de voir quoi que ce soit dans le corridor à peine éclairé.

– Je peux ravoir mes lunettes, s'il te plait ? demanda–t–il, en colère.

Draco prit les lunettes des mains de Hermione et s'agenouilla devant Harry. Pendant un instant, Hermione craignit que ce dernier ne le frappe lorsque Draco, riant toujours, lui mit les lunettes.

– Tu veux que je te dise quelque chose, Potty ? s'enquit Draco en riant.

– Quoi ? aboya Harry.

– Putain, je suis vraiment amoureux de toi.

oOo

– Tu as déjà été à l'Exposition des Mangemorts ?

Tonks buvait du champagne. C'était à Ginny Weasley qu'elle avait posé cette question. Celle–ci avalait subrepticement son champagne et lançait des coups d'œil nerveux autour d'elle : nul doute que sa mère l'aurait giflée si elle l'avait surprise. Elle avait grandi, elle était devenue une belle jeune femme et sa longue masse de cheveux roux l'auréolait comme une glorieuse couronne, ce qui faisait qu'elle avait en permanence ses trois frères aînés autour d'elle, qui jetaient de temps en temps un regard menaçant aux alentours, comme les videurs des boîtes de nuit du Chemin de Traverse.

– Non, répondit Ginny en prenant une gorgée prudente de son champagne. Je ne veux vraiment pas voir ça.

– Moi non plus, fit Tonks, un peu philosophique, mais je finirai bien par y aller. Ça file la chair de poule. Malfoy est le pire, bien sûr, mais tout le monde le sait.

Ginny resta étrangement silencieuse, elle fixait le haut de son verre, ce qui amena un ricanement de la part de Fred et George.

– T'inquiète, Ginny, se moqua George un peu fort. Je suis sûr que le petit Lulu est très bien au pays des rêves.

Ginny rougit et Tonks fronça les sourcils d'un air interrogateur.

– De quoi vous parlez ?

– Ginny a eu un petit béguin pour Lucius Malfoy, gloussa Fred.

– Elle a même pleuré quand on a rendu le verdict, ajouta George pour faire bonne mesure.

Tonks faillit s'étrangler avec sa boisson. Les béguins, elle pouvait comprendre – elle jeta un coup d'œil vers Remus Lupin et soupira – oui, elle pouvait comprendre le mystère des toquades, mais avec Lucius Malfoy ?

– Tu es en train de te ficher de moi, dit–elle sans ménagement. Tu as eu un le béguin pour Lucius Malfoy ?

– C'est dégueu, hein ? souligna Ron avec malveillance.

Ginny rougit plus fort et fixa les bulles qui montaient à la surface de son verre. Ils avaient raison, bien sûr, après la guerre, elle avait rêvé de lui, en fait, elle rêvait encore de lui. Il venait dans la nuit et la prenait par la force. Elle capitulait toujours, devenait toujours sa victime volontaire. Elle ne pouvait pas se rendre à l'Exposition, son illusion volerait en éclats.

– Ce n'était pas un béguin, marmonna–t–elle. Je ne sais pas ce que c'était.

– Ils ont eu leur moment pendant la guerre. Papa était presque traumatisé quand elle en a parlé.

– Il ne s'est rien passé ! s'écria Ginny, outrée. C'est juste que tu adores remettre ça sur le tapis parce que c'est gênant.

Tonks était bel et bien confuse maintenant. Quelle sorte de moment Ginny avait–elle bien pu avoir avec Lucius Malfoy ? Elle n'avait que seize ans lorsque la dernière bataille avait eu lieu, c'était difficilement un âge pour avoir un moment avec un homme dans la quarantaine.

– Il s'est passé quoi, alors ?

– Rien, rétorqua Ginny sur la défensive.

– Ouais, tu as continué à musarder autour de la maison pendant des mois après ça.

George s'amusait vraiment, il ne lui vint pas à l'esprit que sa sœur était vraiment fâchée.

– Tu leur dis ou c'est moi ?

Ginny soupira, sachant bien que Tonks pouvait soit obtenir sa version à elle, soit le récit hautement incorrecte de ces deux monstres de Fred et George.

– Bien, dit–elle lentement en ne relevant pas les yeux de son verre. C'était pendant la dernière bataille…

– Juste après qu'il ait tué notre frère, la coupa Ron et Ginny lui jeta un regard furieux.

– Si tu le dis, Ron.

Elle avala son champagne qui ne lui paraissait plus si bon.

– Quoi qu'il en soit, Harry avait poursuivi Voldemort et ils s'étaient rués dans les escaliers de cette tour et Luci… Malfoy était derrière eux, alors nombre d'entre nous les ont suivis aussi. Dumbledore avait donné pour instructions à tout le monde que c'était Harry qui devait l'achever et que nous devions tous le protéger à n'importe quel prix. Donc, on était tous derrière Malfoy mais on ne pouvait pas l'arrêter. Il semblait se ficher des sortilèges qu'on lançait sur lui, il se contentait juste de les dévier et ils faisaient beaucoup de dégâts. Je ne sais pas comment j'ai fait mais je me suis arrangée pour atteindre le haut de l'escalier avant lui, je pense qu'il se battait avec Ron à ce moment–là. Puis il s'est trouvé là, il venait sur moi et j'étais perdue, je savais que je ne pouvais magiquement l'arrêter alors je me suis jetée sur lui. Il ne s'y attendait pas parce que nous sommes tombés dans les escaliers, jusqu'en bas de la tour. Je me rappelle avoir pensé : Merde, voilà, je vais mourir parce que je vais me briser la nuque. Puis j'ai compris qu'il avait ralenti notre chute d'une manière ou d'une autre. Je ne sais pas comment il a pu nous arrêter de tomber mais il a suffisamment ralenti notre élan pour minimiser les dommages. C'était un truc très bizarre, on était, en quelque sorte, roulés en boule et il soutenait ma tête, comme pour la protéger. Je suppose que c'était l'instinct ou quelque chose comme ça, qui sait ?

Ginny rit d'un petit rire triste, presque affectueux.

– Bref, quand on s'est finalement stoppés, il était couché sur moi, il s'est relevé et a demandé : « Ça va ? ». Je l'ai regardé et j'ai dit oui alors il m'a souri, le même sourire que Draco a quand il se comporte comme un petit con effronté et il a répondu : « C'est bien ». Puis il m'a étourdie et il s'est envolé vers l'escalier.

Tonks resta silencieuse pendant un instant puis elle hocha la tête, impressionnée.

– Ah, ouais, ça, c'est un moment. J'aurais bien payé pour voir ça.

Ginny sourit tandis que Fred, George et Ron protestaient sur la légitimité que cet instant soit véritablement un moment et Tonks argumentait avec beaucoup d'énergie et d'humour.

– Alors, comment c'était ? demanda Tonks en riant après avoir bel et bien remis Fred à sa place.

Ginny sourit d'un air espiègle.

– En fait, sacrément bien.

– Ouais, se moqua Ron, alors comme t'as pas pu l'avoir, lui, t'es allé baiser avec la Fouine.

– QUOI ?

Ce fut un mot dit à l'unisson et tous les yeux se tournèrent vers Ginny qui rougit furieusement mais fixait Ron avec défiance.

– En fait, Ron, fit–elle en crispant ses doigts sur son verre, je me suis envoyée en l'air avec Draco bien avant que la guerre ne commence, alors lâche–moi la grappe, merdeux.

Ron ouvrit la bouche pour répliquer mais il n'en eut jamais l'occasion. Ce qu'il allait dire fut oublié et un son étranglé et vaguement compréhensible sortit de sa bouche :

– Oh, mon dieu !

Il sentit le sang lui monter au visage et prit conscience du nombre de gens autour de lui qui y regardaient à deux fois. Hermione était arrivée, elle avait une allure incroyable, avec Harry à un bras et Draco Malfoy à l'autre.

Mais, au nom de tout ce qui était bon et sacré, qu'est–ce que Harry portait sur lui ?

A suivre…

NdT :

[1] It Don't Help To Be One Of The Chosen en vo, merci à Severus Snape, webmaster du site du TO de m'avoir soufflé cette traduction.

[2] en français dans le texte d'origine.

[3] Une ondine est un génie des eaux dans la mythologie germanique, on l'appelle aussi nymphe ou naïade.

Voilà, merci d'avoir lu jusque-là. J'attends vos commentaires.

Bisous.

Falyla