Titre : Objects of Desire
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Auteure : Azrael Geffen
Traductrice : falyla
Correcteurs : falyla/Florent
Paring : Harry Potter/Draco Malfoy Hermione Granger/Severus Snape
Rating : M/NC-17
Etat de fic originel : terminée (20 chapitres divisés en 59 parties)
Etat de la traduction : terminée
Disclaimer: Les personnages appartiennent à l'univers de JK Rowling, l'intrigue est à Azrael Geffen, avec son aimable autorisation.
Warning : slash, scènes de sexe très graphiques, torture, viol, meurtre, tentative de suicide, drogue, abus d'alcool, langage cru.
Site : à cause des thèmes abordés, je ne sais pas si cette fic sera autorisée à rester sur FFnet, je la publie donc en parallèle sur AO3 sous le même pseudo.
Mise en ligne : sauf contretemps inattendu, le lundi, le mercredi et le vendredi.
Résumé : Après la fin de la guerre, Harry, Ron et Hermione décident de revenir à Poudlard pour obtenir leurs ASPICs. Avant la rentrée, lors d'une soirée très avinée, ils établissent et signent un pacte magique où ils s'engagent à perdre leur virginité pendant cette 8ème année.
Note de la traductrice : Je réédite ce chapitre pour la seconde fois. Lalouve m'a gentiment signalé que le texte était truffé de mots manquants. En effet, FFnet nous fait sa petite crise en bouffant des espaces, des mots et même des moitiés de phrases et je n'ai rien vu en le publiant. Alors, j'ai tout corrigé et j'espère que cela ne se reproduira pas. Et toutes mes excuses pour les lectrices qui ont subi la lecture pénible de la première mise en ligne.
Merci beaucoup pour vos commentaires, j'apprécie vraiment.
Bonne lecture.
Objects of Desire
Chapitre 11 (2ème partie)
Dès le moment où ils pénétrèrent dans la salle de bal, Harry fut inondé de gens qui voulaient le prendre dans leur bras, l'embrasser, lui parler, lui payer un verre, demander une danse et, malheureusement, lui mettre la main au panier – ce pantalon était une fut surpris pendant un moment, ne sachant pas vraiment comment appréhender ce retour sous les projecteurs. À Poudlard, tout le monde était habitué à sa présence et Draco, qui se fichait pas mal de sa célébrité, faisait attention à lui pour unetoute autre raison.
Il m'aime, il m'aime, il m'aime, il m'aime, il m'aime, il m'aime …
Il était conscient d'enlacer des gens qu'il ne connaissait presque pas – beaucoup qu'il n'avait pas revus depuis la guerre – et il souriait comme un idiot.
Il m'aime, il m'aime, il m'aime, il m'aime, il m'aime, il m'aime …
Draco ne voyait pas l'intérêt de se ranger sur le côté en attendant Harry. Au milieu de toute l'adoration dirigée vers Harry, il entendit les inévitables remarques lancées dans sa direction. La pièce semblait murmurer son nom dans toutes les directions : « Mais qu'est–ce qu'il fait là ? ». Il sentit les premières traces de nervosité s'insinuer en lui et il se mit à la recherche de la seule chose qui pourrait le remettre un peu d'aplomb. Le fois qu'il l'eut trouvé, il s'avança vers lui et fut suprêmement reconnaissant quand Hermione – un sujet qui suscitait considérablement moins d'admiration que Harry – lui prit la main pour venir avec lui.
Hermione n'était ni sourde, ni aveugle, elle n'enlaçait pas non plus une cinquantaine de personnes, elle prit donc la main de Draco et la serra fortement. Elle admirait son courage. C'était une fête remplie de gens qui avait combattu pour détruire tout ce que Draco avait considéré comme sacré et ce n'était certainement pas un terrain favorable aux Malfoy.
Ils se frayaient un chemin à travers l'impressionnante salle de bal et elle inspectait la pièce, émerveillée. Elle n'avait jamais été à une fête de sorciers avant et elle devait admettre que le bal de l'école pendant le Tournoi des Trois Sorciers ne tenait pas la comparaison. Sa robe était totalement appropriée et pas – comme elle le redoutait – un peu trop.La pièce accueillait plus de gens que Snape ne devait en connaître. Ce qu'elle avait cru être une fête pour environ deux cents personnes, ressemblait davantage à une fête pour cinq cents. Chacun était vêtu d'atours plusluxueux et décadents les uns que les autres.
Un jeune sorcier musclé descendit les escaliers, habillé d'un pantalon de cuir serré et de pas grand-chose d'autre ; à ses côtés se tenait une sorcière bien en chair coincée dans un bout de tissu, elle portait une chaîne fixée à un collier autour de sa gorge. Deux sorcières, vêtues de latex noir si étroit qu'il aurait pu être peint sur leur corps, éclatèrent de rire pendant qu'un couple sado–maso passait, puis se retournèrent pour s'embrasser passionnément. Hermione remarqua avec un peu de surprise qu'une des sorcières était le professeur Delancet, le professeur de Défense contre les Forces du Mal. Deux sorcières époustouflantes dans des robes de bal vintage les dépassèrent, piaillant à quelque blague obscène. Ce n'est que lorsqu'elles furent près d'eux que Hermione remarqua les épaules carrées et les pommes d'Adam. Elle en ressentit un pincement de jalousie que deux sorciers puissent avoir un plus beau décolleté qu'elle. Non pas que son décolleté ait matière à pâlir ce soir.
Les Bizar'Sisters faisaient leur show dans la salle de bal, leur musique entrecoupée de chansons moldues,une demande spécifique d'Albus Dumbledore. Le groupe jouait plus fort que la dernière fois où elle les avait entendusmais, malgré le niveau des décibelsqui avait franchi le seuil de douleur, la pièce était bondée de gens qui dansaient ou se tenaient là pour boire, discuter ou fumer en prenant la pose. Des bulles de silence étaient dispersées un peu partout dans la salle et des groupes s'y étaient entassés pour parler, rire, et essentiellement pour venir aux nouvelles des uns et des autres. Des douzaines de nymphes peu habillées s'occupaient de servir les boissons. Hermione pouvait sentir la fumée des cigarettes mais elle était mélangée avec une immanquable odeur de marijuana et de quelque chose d'autre, quelque chose de plus doux.
– C'est quoi cette odeur, celle qui est plus légère ? demanda Hermione en criant dans l'oreille de Draco.
– De l'opium, répondit–il sur le même ton.
Elle balaya la pièce du regard à la recherche de Severus, il devait bien être quelque se dit qu'elle devait juste rechercher des robes noires mais quand elle le fit, elle ne trouva que Ron – qui semblait assez aigri pour être Snape – et Dumbledore, qui avait choqué tout le monde en venant habillé comme un Mangemort.
– Tu peux voir Severus ?s'égosilla–t–elle.
Draco fouilla la pièce du regard.
– Il y a McGonagall là bas, elle saura où il est.
Il agrippa sa main plus fort et força le passage à travers la piste de danse.
Le professeur McGonagall était vêtue d'une robe médiévale élaborée, toute brocardée qui traînait sur le sol. Ses cheveux sombres étaient relevés haut sur sa tête, entrelacés d'un ruban de fils d'or. Elle se trouvait fort heureusement dans une de ces poches de silence et discutait avec Aberforth Dumbledore qui était venu déguisé en gardien de chèvres. Hermione se demanda s'il avait amené une chèvre. Quand Minerva les vit venir vers elle, elle sourit et leur fit signe d'approcher.
– Vous venez juste d'arriver ?
McGonagall était apparemment déjà pas mal éméchée.
– Il y a du champagne au bar… Attendez, je vais chercher une nymphe.
Comme par magie – et pas de doute, cela en était – une fille apparut, portant une plateau de rafraîchissement. Draco attrapa un verre pour le donner à Hermione, puis en prit deux de plus pour lui, en vida un en trois gorgées rapides puis l'autre, il replaça les verres sur le plateau et en reprit deux de plus avant de disposer de la fille d'un signe de la main.
– Vous essayez de vous rattraper, Draco ? demanda McGonagall.
Elle rit, lui tapota l'épaule et se tourna vers Aberforth.
– C'était un si gentil petit garçon. Qui aurait pensé qu'il se mettrait à boire comme un poisson ?
Draco sourit et sentit qu'il se relaxait un quelqu'un de saoul qui prenait la taquinerie aussi naturellement qu'il le pouvait.
– J'aime votre T–shirt,bredouilla Minerva.
Elle regarda la masse de gens autour de Harry et elle ajouta :
– Et je vois que vous avez habillé Potter comme une traînée.
– J'aime que mes hommes soient un peu vicieux, railla Draco.
Minerva rit de bon cœur.
– Pour être honnête, chéri, moi aussi.
Hermione écoutait ce simple échange avec une note d'envie, elle était encore en train de s'habituer au fait que le professeur McGonagall était saoule et agissait comme – eh bien – comme un des leurs. Pas du tout comme un professeur. Elle sourit, elle se sentait bien à l'intérieur. Si elle se mettait en couple avec Severus, elle pourrait assister plus souvent à ce genre de scène. Elles pourraient peut être vraiment devenir amies.
– Et vous !
Minerva se tourna vers Hermione et l'attrapa par la taille.
– Vous êtes à croquer. Et tout en rouge, Severus sera ravi.
Hermione rougit.
– Merci, Professeur.
– Non ! Pas de professeur ce soir.C'est pourquoi je ne voulais pas d'élèves ici ce soir.
Elle jeta un regard de dédain à la tribu Weasley.
– Bien sûr, certaines personnes choisissent d'outrepasser leurs invitations.
Elle se retourna vers Hermione.
– Appelez–moi Minerva. De toute façon, vous allez devoir vous y habituer, si vous espérez vous envoyer en l'air avec mon meilleur ami.
Hermione ne put empêcher son rire d'exploser et Minerva parut satisfaite.
– Merci, heu… Minerva. Heu… Où est le prof… Severus ?
– Par les couilles de Merlin, vous ne l'avez pas encore trouvé ?
Minerva regarda à droite à gauche.
– Restez là, je vais aller le chercher. La dernière fois que je l'ai vu, il se saoulait. Je crois qu'il avait abandonné l'idée que vous ne veniez.
Hermione lança un regard noir à Draco : elle lui avait bien dit qu'ils étaient bien plus que raisonnablement en retard.
oOo
Harry croyait dur comme fer que rien ne pouvait altérer son humeur. Les choses semblaient enfin se passer comme elles le devaient. Il avait attendu ce moment pendant des années, se sentir comme si tout allait bien sur terre et qu'il était au sommet. Mais encore une fois, il n'avait pas pensé que Ron serait à la fête. Quand il l'avait aperçu, Harry n'y avait vu aucun inconvénient. Il y avait de la musique,il y avait de l'ambiance et il y avait de l'alcool en abondance. Un grand nombre de très belles femmes se promenaient, Ron serait au paradis et sans doute dans d'aussi bonnes dispositions que Harry lui–même.
Il n'était vraiment pas préparé à l'accueil qu'il reçut de la part de son supposé ami.
– Salut ! sourit Harry.
Il venait juste de goûter le champagne magique et se demandait si Snape était à l'origine de la recette. Si c'était de son fait, Harry avait sous–estimé son utilité.
– Salut,répondit Ron aigrement.
– Je ne pensais pas que tu serais là.
Ron reluqua Harry de haut en bas et se renfrogna encore plus.
– Apparemment pas, autrement tu aurais pu reconsidérer le fait d'amener ton nouveau pote.
Le sourire de Harry s'effaça balaya la piste de danse des yeux jusqu'à ce qu'il trouve Hermione et Draco et nota les angles familiers de ses épaules et la courbe de son omoplate sous le haut moulant.
– Il n'est pas si mauvais, Ron.
Harry savait qu'il était inutile de prendre des gants mais il le dit quand même.
– Si tu lui donnais une chance, tu pourrais l'apprécier.
Il laissa traîner sur Harry un regard dédaigneux.
– Si l'apprécier veut dire que je vais finir fringué comme un putain de gigolo, bordel, je préfère pas l'apprécier.
– C'est un bal costumé, Ron.
– Je me fous de ce que c'est.
Harry se balançait sur place et laissa ses yeux faire le tour de la pièce, il essayait de penser à quelque chose à dire qui pourrait peut–être amener Ron à une conversation et à une réconciliation.
– Donc, depuis quand c'est ton nouveau meilleur ami ? demanda Ron abruptement.
– Quoi ?
Harry fronça les sourcils.
– C'est pas mon meilleur ami, c'est…
Bon, qu'est ce qu'il était, au fait ? Son amant, son petit ami, la personne qu'il commençait à aimer plus que toute autre… Son meilleur ami.
Harry se dandina maladroitement.
– Ecoute, cracha Ron. Hermione peut le baiser autant qu'elle veut et tu peux être son nouveau meilleur ami mais je risque pas d'oublier que c'est qu'un connard machiavélique issu d'une longue lignée de connards machiavéliques et si tu tiens à être son pote, tu devras sans doute reconsidérer ton amitié avec moi.
C'était un défi que Ron ne pensait vraiment pas que Harry puisse refuser et il fut satisfait quand Harry sembla foudroyé sur place. Mais ensuite Harry le regarda avec un air de défi sur le visage et pinça les lèvres. Ron put soudainement voir l'impensable sur son visage. Il allait laisser de côté toutes ces années d'amitié. Harry allait choisir Malfoy.
– J'espérais avoir les deux, fit Harry les dents serrées. Ne me fais pas choisir, Ron, tu pourrais ne pas aimer le résultat.
– Si tu choisis l'amitié de Draco Malfoy à la place de la mienne, alors tu ne vaux vraiment pas le coup.
Harry soupira lourdement et hocha la tête.
– Okay, ça me parait normal.
Ron sourit d'un air triomphant.
– À un de ces jours.
Harry tourna les talons et plongea dans la foule remuante de la piste de danse, laissant un Ron estomaqué sur le bord.
oOo
Draco avait découvert quelque chose de génial : chaque fois qu'il voulait un verre, une nymphe apparaissait pour lui en tendre moment où Minerva revint avec Snape, il était éméché, joyeux et discutait avec Aberforth des bienfaits d'être patron de pub. Quand Snape apparut enfin, Draco lâcha son verre, choqué.
Hermione était un train de faire à peu près la même chose. Severus était bien habillé – vraiment sur son trente et un. Comme ils l'apprirent ensuite, Minerva lui avait prêté le costume de Dumbledore, de ce fait Dumbledore avait emprunté la vieille robe de Mangemort de Snape pour la soirée. Severus Snape était habillé de couleurs criardes dignes d'un bouffon de cour et aussi paré de bijoux qu'un sultan. Un long manteau de velours pourpre retombait au sol. Il était Méphistophélès, Prince du monde souterrain et aliéné de Faust. Ses cheveux étaient propres et brillants et les mèches qui retombaient habituellement sur son visage avaient été tirées en une queue de cheval. Sa peau paraissait claire et sèche. Minerva était incroyablement fière de sa création, même s'il s'était plaint pendant cinq heures. Maintenant, il était incroyablement zen, surtout parce qu'il était défoncé et que Minerva avait peur qu'il ne fasse pas bonne impression sur la jeune sorcière qui venait juste d'arriver.
Elle n'aurait pas dû s'inquiéter. Hermione fixait, subjuguée, le sbire du diable qui se tenait devant elle mais restait complètement muette.
– Méphisto en personne ? sourit Draco.
Snape lui adressa une élégante révérence.
– Lui–même.
– Prêt à exaucer tous mes désirs ?
– Bien, tu devras me vendre ton âme pour ça.
Draco inclina la tête et sourit.
– Je ne pense pas que mon âme soit à vendre.
Il chercha Harry des yeux et faillit mourir d'une crise cardiaque quand il découvrit que Harry venait juste de bondir derrière lui. Il semblait rouge, excité et ses yeux étaient vitreux.
– Belle fête ! s'écria–t–il d'une voix forte sans réaliser qu'il venait d'atteindre un endroit calme.
– Il n'y a pas besoin de hurler, Potter.
Il dévisagea Snape, incrédule.
– Bordel de merde, vous êtes vachement bien !
Snape lui offrit un sourire moqueur mais il était étrangement rieur.
– Bien, je vois quevous vous êtes lassé de tous vos fans dévoués et êtes venu nous tourmenter de votre présence.
– Allons, allons Severus, l'apaisa Minerva en riant. Ne sois pas si chiant.
Elle plaça une main de chaque côté de ses hanches étroites et le fit tourner afin qu'il se retrouve face à Hermioneet elle remarqua que toute trace de raillerie avait quitté son visage.
– Bonsoir, murmura Hermione à mi-voix.
– Wouah.
Il remua nerveusement sur et McGonagall s'échangèrent un regard. Un Méphisto nerveux n'était pas particulièrement convainquant.
oOo
– Tu ne sembles pas beaucoup t'éclater, Ronnie.
Ron tressaillit et pria pour qu'elle arrête de l'appeler comme ça. Il ne savait pas exactement comment il était censé s'amuser. Il venait juste de se faire lâcher par le meilleur ami qu'il ait jamais eu pour un trou du cul rancunier, désagréable et probablement meurtrier –et maintenant Angelina s'approchait furtivement pour prendre avantage de ce qui hantait son esprit. Ça lui avait traversé l'esprit que, peut–être, il aurait dû faire un effort avec Malfoy mais c'était vraiment au–dessus de ses forces. Il avait passé des années à composer avec un Malfoy qui le tourmentait, insultait sa famille, préparait des coups fourrés, lui envoyait des sorts dès qu'il en avait l'occasion et au final, le père de ce bâtard avait détruit son bonheur, laissant un trou si béant dans son âme qu'il ne serait plus jamais rempli. Et là on espérait qu'il oublierait et pardonnerait ? Il ne pouvait tout simplement pas.
– On me boude, Ronnie ? gloussa Angelina. Comme c'est asocial de ta part.
– Qu'est–ce qui se passe ?
Ron se tendit au son de la voix de George et il déglutit sèchement.
– Ronnie ne veut plus me parler.
Angelina fit la moue et chassa une poussière sur le costume du chapelier fou de George.
– J'ai dû faire quelque chose de mal.
Elle lécha le cou de George de manière affectueuse.
– Qu'est ce que tu en penses, Boo, tu crois que j'ai fait quelque chose de mal à Ronnie ?
George rit alors qu'elle affichait une adorable mine boudeuse.
– Comment tu pourrais faire quelque chose de mal, mon Winnie l'Ourson à moi ?
Il sourit à Ron qui était vraiment sur le point de vomir.
– Pourquoi vous n'allez pas danser tout les deux ? Ce n'est pas parce que Ron est venu déguisé comme un officiel du ministère qu'il doit se comporter comme tel.
Angelina sourit, embrassa George sur la joue et entraîna Ron sur la piste de danse.
oOo
Tonks et Ginny étaient arrivées jusqu'à Harry et Hermione, toutes les deux contemplaient Draco avec un certain intérêt elles avaient entendu le discours venimeux de Ron à propos du soi–disant intérêt amoureux de Hermione, elles voulaient prendre en flagrant délit le couple joyeux. Elles devaient admettre, Hermione et Draco avaient l'air serein ensemble mais pas comme un couple le serait. Ils ne se tenaient même pas proche l'un de l'autre.
Harry avait démarré sur les chapeaux de roue avec le champagne et il donna un coup de coude à Tonks en désignant Draco.
– Tu savais que vous étiez cousins ?
Tonks le savait et elle se colora légèrement alors que Draco fronçait les sourcils, confus.
– De quel côté ? demanda Draco.
Il observa la jeune femme qui arborait une chevelure de la même couleur que le rouge à lèvres rose criard de Ginny.
– Du côté de ta mère, répondit Tonks en souriant nerveusement.
Elle n'avait jamais vraiment pensé qu'elle rencontrerait son très fanatique cousin au sang pur.
– Ma mère était la sœur de ta mère.
– Oh.
Draco réfléchit rapidement.
– Alors, tu es Nymphadora?
– Tonks ! corrigea–t–elle promptement. Je t'en prie, appelle-moi juste Tonks.
– Ta mère a épousé un Moldu, n'est–ce pas ?
– Oui, répondit Tonks sur la défensive. Et alors ?
– Rien, j'essayais juste de me rappeler pourquoi tu n'étais pas sur notre arbre généalogique.
Il vit son regard se faire menaçant.
– Je ne cherchais pas à t'offenser, dit–il rapidement. Je suis désolé.
– Alors, coupa Ginny, vous êtes au Manoir Malfoy, les gars ? Comment c'est ?
Harry rit de bon cœur.
– Putain, c'est énorme !
– Oh, oui, approuva Hermione en commençant à pouffer. Je me suis perdue en cherchant les toilettes l'autre jour, un elfe de maison a dû venir à mon secours.
– Il n'y a pas autant d'elfes de maison que ce que j'aurais cru.
Harry avala son champagne.
– Je n'en ai vu que quatre – je crois. Ils commencent à tous se ressembler pour moi.
– Il n'y en a que quatre, coupa Draco. Il y en avait cinq mais le balafré, ici présent, en a libéré un.
– Avant, il y en avait cinquante mais quelqu'un a décidé de les inviter pour le thé.
Snape commença à rire, puis se tourna maladroitement vers lui, marcha sur le bout de sa robe et attrapa son bras pour ne pas n'était apparemment pas la bonne personne à laquelle se retenir, il avait beaucoup trop bu et fumé. Ils tombèrent tout les deux par terre puis s'assirent là, pris d'un fou rire hystérique.
Aberforth haussa les épaules et s'assit avec eux,ce qui permit à leurs étudiants et à Tonks de regarder ouvertement deux personnes dont ils n'auraient jamais imaginé qu'elles puissent se comporter stupidement en public. Il apparut à Hermione qu'ils n'étaient pas en train de passer pour des imbéciles, ils riaient, tout simplement, ils s'amusaient. Elle se laissa tomber sur le sol à côté de Severus et Minerva le poussa brutalement vers elle.
– Oh, comporte–toi comme quelqu'un de ton âge, vieux sac !
Snape rit en tombant sur Hermione. Là, il s'attarda sur son décolleté.
– Mon âge ? grogna Minerva. Quelle horrible perspective, j'aurai soixante–dix–neuf ans en septembre prochain.
– Tu vas bientôt commencer à perdre de ta fraîcheur !
Ils repartirent dans un énorme éclat de rire, se roulant sur le sol comme deux gosses. Harry secoua la tête.
– Vraiment, soupira–t–il. Ils sont pas sortables.
Il s'assit à son tour, les jambes croisées sur le sol, et se pencha vers l'avant–ce qui attira l'attention de Tonks, Ginny et Draco, tous pouvaient maintenant voir directement le bas de son dos et ils remarquèrent avec un certain intérêt qu'il portait un string noir.
– Heu… Alors, vous nous parliez d'un thé ?
Draco commença à rougir.
– Oh, mon dieu, pitié, pas ça.
– Maintenant, vous êtes obligé de nous raconter.
Harry sourit largement et tira Draco sur le sol.
– Parce que ça a l'air d'embarrasser le Furet.
Snape reprit le contrôle d'une partie de ses sens, caressa le corps de Hermione en pensant qu'il pourrait la manger, puis il sourit, désabusé. Tandis que Ginny et Tonks se joignaient à la fête, il jeta un regard d'excuse à Draco.
– Je ne vais pas vous ennuyer avec une analyse détaillée du personnage de Lucius Malfoy parce que ça ne vous intéresse sûrement pas et que ça n'a pas grand chose à voir avec l'histoire mais vous devez savoir qu'il avait un énorme faible pour son fils et quand Draco était petit, c'était encore pire. Draco était le seul, l'unique et le pire gamin pourri gâté que j'avais jamais vu – et ça fait presque vingt ans que j'enseigne. J'avais déjà vu des enfants gâtés avant mais Draco gagnait la compétition haut la main. Lucius avait l'habitude d'avoir sur lui des photos du petit merdeux partout où il allait et tout ce qui sortait de sa bouche avait un rapport avec son fils. Draco a roté, Draco a parlé, Draco a fait au pot, Draco peut dire ceci, Draco peut dire cela. Et bien sûr, Draco était le bébé le plus intelligent que cette terre ait jamais porté. C'était irritant à un tel point qu'on avait juste envie de le cogner dans un mur dès qu'il ouvrait la bouche. Bref Lucius avait commencé à perdre ses elfes de maison et, bordel, il n'arrivait pas à comprendre ce qui se passait. Je crois qu'en l'espace d'une semaine, vingt avaient disparu. Il en devenait complètement fou car la généalogie de ces elfes servant sa famille était aussi ancienne que la famille elle–même et il ne voulait vraiment pas être celui qui les perdrait. Donc il s'est plongé dans les vieux livres de lois sur les elfes de maison pour savoir si quelque chose, par inadvertance, avait pu libérer ces petits cons mais il ne trouvait pas. Un soir,après que le nombre de ses serviteurs ait sérieusement commencé à diminuer, il avait organisé une réception avec une quinzaine de personnes présentes. Après le dîner tout le monde discute au salon quand un des elfes passe, traverse la pièce habillé de pied en cap avec un costume de marin bleu et se dirige directement vers la porte de sortie sans un regard en arrière. Là dessus, nous sommes tous étonnés mais Lucius a reconnu les vêtements et se précipite dans les étages, avec tous les convives aux trousses. Maintenant, vous devez vous imaginer la chambre de Draco, il y avait tellement de jouets dans cette pièce que je suis surpris qu'ils aient réussi à y faire entrer le lit – et c'était juste sa chambre, pas sa salle de jeux. Mais les jouets n'étaient plus suffisants n'est–ce pas ? Draco avait dressé la table, prête pour le thé et il venait de découvrir que les elfes de maison étaient à sa taille. Je crois qu'il avait trois ans à l'époque. Il les avait invités pour le thé – et ses invités devaient s'habiller pour l'occasion. Il avait sorti ces accoutrements ridicules que Narcissa avait l'habitude de lui faire porter quotidiennement et il s'en servait pour habiller les elfes… et bien sûr, les elfes s'empressaient de le remercier et de partir. Le gosse était rouge de colère parce qu'il ne comprenait pas pourquoi ses invités s'en allaient !
Harry crut qu'il aller se pisser dessus s'il continuait à rire autant. Hermione paraissait avoir de sérieux problème puisque son corset était beaucoup trop serré pour lui permettre de rire sans que ses seins n'aillent prendre l'air. Harry donna une tape dans le dos de Draco.
– Oh, oh, Merlin, Draco, un vrai petit militant pour la liberté des elfes. Hermione va bientôt te faire adhérer à la S.A.L.E.
– Oh, va te faire foutre, j'étais qu'un gosse.
– Il avait habillé quarante–cinq elfes de maison.
Snape eut un rictus.
– Je n'avais jamais vu quelqu'un passer de blanc à rouge à la vitesse de Lucius ce jour là. Je crois que c'est l'unique fois où il t'a mis une sacrée raclée.
– Oh, c'est si cruel ! réussit à dire Minerva même si elle riait aussi. Il essayait juste d'organiser une réception comme son papa !
Draco n'avait pas vraiment l'air amusé, ça avait définitivement assez duré. Il se leva et tendit la main à Minerva et lui offrit son plus beau sourire.
– Professeur McGonagall, m'accorderiez–vous cette danse ?
– Eh bien, Mr Malfoy, je pensais que vous ne le demanderiez jamais.
Draco eut un sourire diabolique et conduit son professeur de Métamorphoses sur la piste de danse.
oOo
– Ce que je ne comprends pas, dit un Ron bien imbibé, finissant son verre de vodka d'un trait, c'est pourquoi tu le hais autant.
Angelina s'appuya contre le bar.
– Eh bien, tu sais ce qu'on dit sur les femmes trompées.
– Ouais, mais…
Ron fronça les sourcils alors qu'elle le resservait en versant un petit plus de son cru dans son verre.
– Tu penses vraiment qu'il te trompe ?
Il prit le verre qu'elle lui tendait et le renifla avec méfiance.
– Je le sais, répondit–elle en sirotant son propre verre. Est–ce que tu vas le boire ?
– Qu'est–ce que tu as mis dedans ?
– Rien que tu n'aies jamais pris.
Ron, déjà saoul, décida qu'un peu plus ou un peu moins ne pouvait pas lui nuire et il avala son verre cul sec. Elle lui en prépara un autre.
– En plus, dit–elle légèrement, il y a d'autres choses, il n'est pas si innocent.
– Toi non plus, lui fit remarquer Ron.
– Oui, c'est vrai.
Elle sourit et l'observa ingurgiter le verre suivant.
– Mais au moins, j'ai une excuse – il m'y a forcé.
Ron haussa un sourcil. Il ne pouvait pas imaginer quelqu'un forcer cette femme à faire quoi que ce soit, de son point de vue, c'était elle qui faisait tout le forcing.Les vrilles agréables de la défonce avaient commencé à envahir son cerveau, diminuant la sensation de l'ivresse alcoolique. Il se sentait incroyablement vivant et pouvait même sentir l'air sur son visage, la sensation de la laine douce de la robe contre sa peau.
– Tu veux aller dehors ?demanda–t–elle. Je ne pense pas que ta mère serait très étonnée si je fumais ici. Elle utiliserait probablement ça comme une preuve de mon infertilité.
Ron considéra la proposition. Il ne dirait pas non à une regarda vers la piste de danse où son ex–meilleur ami dansait avec sa sœur.
– Bien sûr, pourquoi pas ?
oOo
Tonks et Ginny avaient entraîné Harry et Aberforth sur la piste, laissant enfin Hermione et Snape seuls. Ils restèrent assis quelques instants, regardant Harry se faire à nouveau emporter par la masse et s'enivrer de secondes en secondes. Enfin, Hermione sentit des doigts légers caresser sa nuque, elle sourit et soupira à ce contact.
– Tu es rayonnante ce soir.
– Merci.
Elle se déplaça sur le sol pour se rapprocher de lui.
– Tu n'es vraiment pas mal non plus.
– J'ai l'air d'un imbécile.
– Non, pas du tout, souffla–t–elle.
Ses doigts tracèrent la courbe de son omoplate.
– Est–ce que tu veux danser ? demanda–t–elle.
Elle tourna la tête vers lui et souhaita se trouver à des milliers de kilomètres, seuls, entourés l'un de l'autre.
– Non.
Il secoua la tête et se baissa pour la regarder, incapable de croire que cette magnifique petite chose était à lui. Toute à lui. Sa petite amie. Oh, bon dieu, il avait une petite amie!
– Oh.
Elle rougit et mâchonna sa lèvre. Il ne voulait pas danser, alors, ils allaient rester assis là toute la nuit ?
– Est–ce que tu veux aller dans un endroit moins… peuplé ?
Elle rit soudainement de soulagement.
– Oui, répondit–elle vigoureusement. J'adorerais aller dans un endroit moins peuplé.
Il se releva et la remit sur ses pieds puis il lui offrit son bras et haussa un sourcil. Elle le prit et ils naviguèrent jusqu'à la sortie de la salle, ne s'arrêtant que pour emporter une bouteille de champagne et deux verres.
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Draco s'accouda au bar et avala un autre verre. Il ne savait plus combien il en avait consommé et même s'il était sûr d'être complètement bourré, il n'en ressentait pas les effets. En fait, il ne se sentait pas bien du tout et l'été qu'il avait passé à boire au Chemin de Traverse commençait à lui revenir avec une force insoupçonnée. Il ne se sentait pas plaisanteries faciles du début de la fête ne semblaient à rien de plus qu'à un vieux souvenir tandis qu'il était assis au bar, seul et bourré, à regarder Harry danser. En fait, Harry n'avait pas arrêté de danser depuis qu'il avait posé un pied sur la piste avec Ginny Weasley. Draco croyait se souvenir que Harry n'avait pas été si bon sur la piste de danse la dernière fois qu'il l'avait vu danser. Mais, encore une fois, c'était pendant le bal de Poudlard et ça aurait aussi bien pu être des millénaires auparavant. Ce soir, il semblait avoir de l'énergie à revendre, une ligne infinie de partenaires et, Draco n'arrivait pas à le croire, un certain sens du rythme.
Alors Draco s'était installé au bar – et tout le monde avait formé un grand cercle vide autour de lui. Il ne pouvait pas vraiment leur en vouloir. Il attrapait au vol des petits bouts de conversation, des anecdotes de guerre racontées comme des histories drôles ou encore comme des sagas émotionnelles fortes. Ces gens avait survécu à ce à quoi Draco, avec de la chance et un père très protecteur, avait échappé.Et tandis que son père avait cherché à le protéger à tout prix, il n'avait eu apparemment aucun scrupule à tuer les enfants des autres. Draco était arrivé à la conclusion que s'il l'avait pu, il aurait lui-même étiré un énorme vide autour de lui.
Il sentit tout son corps se tendre alors qu'une fois de plus quelqu'un lui jetait un regard noir comme s'il était Lucius. Il supposait qu'il ressemblait à son père en plus jeune et en plus grand. Le visage était le même, le même nez, le même menton, les mêmes yeux ressentait une désagréable certitude qui venait avec le fait de savoir que quelqu'un voulait vraiment le passer à tabac. Seulement maintenant, ça concernait la plupart des personnes présentes. Tout près, il entendit mentionner son nom. Malfoy. Dit sur un ton de haine venimeux. Il s'empourpra, il ne voulait rien de plus que quitter le bar et se diriger vers la porte de sortie. Il devait le dire à Harry bien sûr. Et ça voulait dire se frayer un chemin sur la piste de danse pour interrompre quiconque était avec Harry et essayer de s'expliquer au milieu d'une musique si forte qu'elle ferait saigner des oreilles moldues. Il resta sur son tabouret de bar, sirotant son verre à espérer que Harry tombe et se foule la cheville.
Un homme passa près de lui, tourna la tête et le fusilla du regard. Il était plus vieux que Draco – dans la quarantaine peut–être, Draco n'aurait su dire – et couvert de cicatrices de combat. Il montra les dents et siffla, et, bien que Draco devinât la suite, il ne détourna pas son visage à temps. L'homme cracha, couvrant son visage d'un mélange de salive et de bile. Pendant qu'il fermait les yeux, il entendit les rires autour du bar; il prit une serviette et essuya silencieusement son visage. Ça ne servirait à rien de commenter, c'était un combat qu'il ne pouvait pas gagner.
Il était l'heure de partir.
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La vue depuis le balcon de la tourelle nord était spectaculaire. Alors que Hermione sirotait son champagne et admirait la vue, elle pouvait voir toute l'étendue de la plaine de Salisbury. Stonehenge était éclairé par des lumières colorées placées là par les autorités moldues pour les festivités de la nouvelle année. Hermione sentit sa tête s'alléger. Le champagne était de bonne qualité, français et définitivement d'origine magique à en croire les picotements sur sa langue et le fait qu'elle se sentait très heureuse depuis la première gorgée.
Derrière elle, Snape se colla contre son dos et commença à enfouir son nez contre sa gorge. Elle pencha sa tête sur le côté et sourit quand des lèvres chaudes et une langue brûlante suivirent son pouls juste sous son oreille. Des mains caressèrent son corps à travers le corset de velours.
– C'est si bon, soupira–t–elle, la voix un peu serrée alors qu'il devenait plus dur de respirer.
– Ça aussi, murmura–t–il en goûtant sa peau.
Elle sourit et pouffa avec de tourner la tête pour capturer ses lèvres. Ils s'embrassèrent passionnément, leurs langues se cherchaient et leurs corps se pressaient durement l'un contre l'autre. Elle se sentait écrasée contre lui, son buste se soulevait difficilement et Hermione supposa un instant que c'était une des fonctions d'un tel corset, l'impression d'avoir la poitrine emplie de passion. Elle avait besoin de lui, cette semaine à l'attendre avait était longue et elle était affamée du goût de sa bouche. Elle se demandait s'ils pouvaient juste se déshabiller ici, à cet endroit et faire l'amour à même le sol. Ce n'était pas l'accouplement romantique qu'elle avait imaginé mais elle le voulait si désespérément, ça ferait l'affaire. Leurs souffles formaient de petits nuages de buée dans l'air froid de la nuit. Il gémit doucement, inspirant l'air blanc et laiteux qui venait du fond de la gorge de Hermione.
– Je veux te baiser, murmura–t–il crûment et regretta son manque de contrôle.
Sa verge était dure et pulsait contre son pantalon. Severus voulait l'allonger et écarter ses cuisses au maximum pour voir son vagin luisant de cette humidité chaude qu'il avait provoquée, il voulait y glisser un doigt, lécher son clitoris jusqu'à ce qu'il durcisse et boire ses fluides. Il voulait enfouir son sexe en elle. Il était si dur que ça faisait mal.
– Je veux que tu me baises, haleta–t–elle en réponse. Je veux sentir ta queue bouger en moi.
Snape produit un grognement animal du fond de sa gorge et la jeta presque à terre sur les dalles de pierre.
– Tu as la moindre idée de ce que tu me fais, femme ?
– Si ça ressemble à ce que tu me fais, je suis dans de sales draps.
Ses yeux étaient vagues, ses lèvres gonflées de tant de baisers. Ils souffraient l'un pour l'autre avec une telle intensité que chacun d'eux avait l'impression d'avoir la peau en feu. Il la ramena vers lui, écrasant son corps sur le sien une fois de plus et l'étouffa presque de sa bouche. Sans mettre fin au baiser il la prit dans ses bras pour l'emporter plus loin.
oOo
– Alors comme ça, Harry t'a jeté pour Malfoy ?
Angelina n'avait pas la moindre idée du temps qu'ils avaient passé dehors et ça n'avait pas vraiment d'importance. Personne n'était venu les chercher et Ron ne voulait évidemment pas retourner à l'intérieur. Il avait jeté un sort de chaleur et elle avait fait apparaître une couverture pour qu'ils s'y assoient. Elle inspira une bouffée du joint qu'elle avait à la main et le passa à Ron.
– Ouais, il m'a jeté.
Ron inhala et retint la fumée dans ses poumons aussi longtemps qu'il le put.
– Il n'a même pas eu besoin d'y réfléchir à deux fois.
– Les gens se séparent, dit–elle avec philosophie.
– Je sais bien. Maison s'est retrouvés étrangers en seulement une nuit.
Angelina hocha la tête et fuma silencieusement pendant un moment. Elle n'était vraiment pas intéressée par les problèmes de Ron avec Harry. Elle aimait bien Harry, elle aimait vraiment bien Harry et si Harry voulait être ami avec Draco Malfoy, alors c'était son choix. Angelina n'avait pas les mêmes ressentiments que Ron envers Draco, elle ne pensait pas non plus que c'était Lucius Malfoy qui avait tué Charlie. Tout ce qu'ils savaient était que c'était un sorcier blond – et il y avait bien d'autres sorciers blonds que les Malfoy dans le monde. À son procès, Lucius Malfoy avait admis avoir tué pas mal de gens mais il n'avait pas admis la mort de Charlie. Au pire, il avait dit qu'il ne pouvait pas être sûr.
Elle aimait le sentiment de planer juste un peu, cette lucidité cotonneuse qui faisait que tout était différent. Les étoiles commençaient à briller dans le ciel et elle se reposa contre le mur de pierre de l'alcôve, tirant du plaisir de la fraîcheur contre sa peau.
– Peut–être qu'il est gay, s'exclama–t–elle.
– George ? demanda Ron, confus.
– Non, abruti. Harry.
– Harry ?
Ron la regarda, ébahi.
– Mais, bordel, qu'est–ce qui te fait penser que Harry est gay ?
– Eh bien, d'après est resté avec Malfoy depuis avant Noël, donc il était là–bas, pas à Londres.
Ron grogna, juste une autre pierre à ajouter à la trahison de Harry.
– Et maintenant il danse sur cette chanson moldue Man after Midnight avec pas mal d'enthousiasme.
– Ça s'appelle Gimme, Gimme, Gimme [1] – et il danse sur tout.
Angelina haussa les épaules.
– Et Malfoy est vraiment sexy.
Ron toussa et s'étrangla avec la fumée doucereuse.
– Malfoy est un connard à face de furet… et rien de tout ça ne signifie que Harry est gay. Ça veut juste dire que sa capacité de jugement est nulle. En plus, Malfoy est avec Hermione – et Harry a une petite amie.
– Alors elle est où ?
Ron haussa les épaules.
– Sûrement une étudiante, McGonagall n'a pas invité beaucoup d'élèves.
Angelina sourit.
– Et maintenant, Malfoy est avec Hermione Granger, ça c'est parfaitement incroyable. Putain, elle est généralement si mal fagotée.
– Pourtant, elle est foutument bonne ce soir.
– C'est vrai – elle a dû utiliser les millions des Malfoy pour apporter quelques améliorations.
Ron émit un petit rire désobligeant. Angelina lui attrapa le menton, tourna son visage et l'embrassa gentiment, suçant sa lèvre inférieure. En vérité, elle n'avait pas planifié ça. Elle avait décidé de l'exciter un peu mais elle avait pensé que la fête était un peu trop publique pour tenter quoi que ce soit. Mais Ron était très mignon et elle savait qu'elle pouvait l'avoir et ce pouvoir sur lui l'excitait comme jamais. Ron avait soupiré et s'était laissé aller dans le baiser alors qu'elle forçait ses lèvres à s'ouvrir avec sa langue pour se faufiler dans sa bouche. Il répondait au baiser, elle aurait dû deviner qu'il ne répondrait qu'à sa douceur. Alors comme ça Ronnie voulait une tendre amante. Elle aurait presque espéré pouvoir lui donner ça.
Il se recula.
– Ange, soupira–t–il d'une voix rauque. On ne peut pas continuer.
– Si on peut,murmura–t–elle.
Elle glissa sa main dans sa robe de sorcier, trouva son torse nu et plaça sa main à plat sur son cœur. Elle l'embrassa encore, plus durement cette fois, plus insistante, investissant sa bouche de sa langue, explorant les dents et les gencives. Elle déplaça sa main plus bas sur son corps, déboutonnant sa robe en passant. Alors, elle put enfin soupeser ses bourses à travers ses sous–vêtements, pressant doucement les sacs sensibles. Un gémissement s'échappa du plus profond de sa gorge.
– Cette drogue que tu fais ? soupira–t–il, essayant d'ignorer que son pénis était maintenant dur et palpitant contre son caleçon en coton, qu'est–ce qu'il y a dedans ?
Elle rit doucement et lécha sa gorge de la même manière qu'elle l'avait fait pour George un peu plus tôt.
– Plein de bonnes choses, des choses qui t'amènent du plaisir.
– Est–ce que… Est–ce que ça te pompe ta volonté ?
– Elle fait que tu m'appartiens,le taquina–t–elle.
Mais Ron entendit un germe de vérité dans sa voix. Il ne pouvait pas comprendre pourquoi elle voulait qu'il soit à elle. Elle n'était pas amoureuse de lui, elle le traitait avec à peine plus que du mépris, une chose sur laquelle elle avait du pouvoir. Pendant qu'elle relevait sa robe et baissait son pantalon, libérant son sexe de sa prison, il se demanda où tout cela finirait. Ce n'était pas quelque chose sur laquelle il aimait spéculer.
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Hermione passa un bras autour du cou de Severus et nicha son visage dans sa gorge. C'était si bon d'être dans ses bras. Protégée et en sécurité, en quelque sorte. Pour la première fois de sa vie, elle était heureuse d'être si petite, il la portait facilement, toute trace de son ébriété avait disparu. Elle caressa tendrement sa joue, suivant ses lèvres de la pulpe de ses doigts, attirant son visage vers le sien pour glisser sa langue entre ses lèvres. Il ne s'arrêta pas et elle mit fin au baiser, effrayée qu'il puisse accidentellement les faire passer par–dessus un balcon.
– Alors, tu as décidé de me kidnapper, Severus ?
Il sourit et la serra légèrement, se réjouissant du poids de son corps dans ses bras et du velours sous ses doigts.
– Où allons–nous ?
– Au lit.
Il embrassa son front.
– Tu vas essayer de me dévergonder ?
– Et plus si affinités.
Il la porta le long d'un couloir sombre, étroit et froid. Les bruits de la fête s'estompaient alors qu'ils descendaient plus profondément dans le manoir. Il poussa une porte avec son pied et Hermione se retrouva transportée à travers une grande et accueillante cuisine. Trois elfes de maison s'affairaient et elle sentit son estomac se tordre inconfortablement. Alors comme ça, il avait des elfes de maison. Elle se demanda s'il les traitait bien. De son côté, Snape était stupéfait de voir enfin Melville Junior. Et comme Melville Junior ressemblait en tout point à Melville Senior, il aurait très bien pu être servi par le fils et ne jamais remarquer la différence.
Depuis la cuisine, il la porta jusque dans les quartiers de famille. Invisibles de tous, ils se glissèrent dans le couloir menant à la porte de sa chambre qui s'ouvrit d'elle–même quand ils s'approchèrent. Severus entra et Hermione sentit sa respiration se bloquer dans sa gorge et brusquement elle redevint la petite fille de onze ans qui marchait pour la toute première fois dans le Grand Hall de Poudlard.
Il avait enchanté la pièce. Il faisait noir et le lit ressemblait à un objet isolé, sur le bord d'un précipice entouré d'un ciel de voilages blancs paraissaient briller d'une teinte bleutée à la lumière des étoiles et de la lune. Si elle y avait regardé de plus près, elle aurait vu les limites de l'illusion. Une cheminée, les contours flous d'une fenêtre. Mais ces choses étaient à peine remarquables alors que les nuages tournaient autour d' étoiles étaient étonnamment brillantes, les plus belles qu'elle eut jamais vues et la brise qui soufflait doucement était chaude et odorante. C'était l'été dans la chambre.
– C'est…
Elle sentit les larmes monter.
– C'est si magnifique. Est–ce que… est–ce que tu l'as fait pour moi ?
– Oh, non, j'ai toujours adoré dormir à la belle étoile, répondit–il ironiquement – avant de se le reprocher silencieusement.
Ce n'était pas le moment de faire ressortir son côté bâtard cynique. Ça lui avait pris quatre jours pour mettre au point ce ciel et la tâche n'avait pas été aisée. Celui du Grand Hall à Poudlard avait été peaufiné à travers les siècles, il avait eu moins d'une semaine. Ces saloperies d'étoiles l'avaient gardé éveillé et il avait été obligé d'enlever les chants d'oiseaux puisque leurs constants cris stridents avaient failli le rendre fou. Ce n'était que sur les coups de quatre heures ce matin qu'il avait finalement trouvé un sort pour éteindre et allumer les étoiles à volonté.
Néanmoins, Minerva lui avait assuré que Hermione était sous le charme du plafond du Grand Hall et il était déterminé à ce que tout soit parfait pour elle. Même si ça voulait dire supporter d'avoir des nuages qui lui passaient sous le nez toutes les cinq minutes.
Il la déposa délicatement sur le lit où elle s'enfonça. Il se recula pour l'admirer, allongée là, sur son lit. Elle semblait si belle, si parfaite. Il avait du mal à croire qu'elle était vraiment là, dans son lit, dans sa maison. C'était tellement irréel.
Il se baissa pour l'embrasser, goûter encore ses lèvres quand une voix masculine l'en empêcha, le clouant sur place, figé.
– Severus ? Mais putain, qu'est–ce que tu fais ?
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Naviguer sur la piste de danse était, comme Draco le redoutait, une tâche presque impossible. Il avait pensé simplement partir et ne pas en informer Harry. Ce n'était pas comme si Harry remarquerait qu'il était parti. Potter était bien trop occupé à s'éclater pour s'apercevoir de quoi que ce soit et Draco ne s'attendait pas à ce qu'il s'arrête pour lui. Malgré tout, le laisser simplement là lui semblait mal et il devait admettre que Harry pouvait avoir des éclairs de jalousie assez fulgurants. Il penserait probablement qu'il avait disparu avec la fille de l'accueil. Qu'importe que Harry vienne ou non avec lui ce soir, il pourrait au moins être rassuré sur le fait que Draco rentrait à la maison, seul.
Maintenant le seul problème était de pouvoir arriver jusqu'à Harry. Malheureusement, ce dernier sautillait au milieu d'un énorme groupe. Draco ne pouvait qu'apercevoir ses cheveux en bataille apparaître puis disparaître et réapparaître encore au–dessus de la se dirigea dans la direction de Harry en ignorant les remarques moqueuses tandis qu'il se frayait un chemin à travers la masse et ne laissait jamais sortir la tête de Harry de son champ de vision. Occasionnellement, il percutait quelqu'un et il s'excusait. Il se prenait souvent un coup de coude dans les côtes en guise de récompense pour ses efforts. Finalement, il découvrit qu'il avait changé de trajectoire et qu'il se trouvait dans une poche de silence, assez loin de Harry. Il tourna les talons pour essayer de repartir dans la foule et se retrouva coincé par la masse solide d'un homme.
– Excusez-m…
Les mots moururent sur ses lèvres et il se sentit partir. Il était soudainement sobre et ses jambes n'avaient pas l'air de fonctionner correctement. L'œil magique d'Alastor Maugrey pivota pour prendre en compte Draco et soudainement, il se retrouva face à face avec le vieil Auror grisonnant.
– Qu'est ce que tu fous là, Malfoy ?
Maugrey cracha son nom comme si c'était un poison particulièrement infect, ce qu'il était d'ailleurs sûrement pour ces gens. Draco inspira, il essaya de respirer normalement, il essaya de rester calme.
– J'ai été invité,répondit–il d'une voix traînante.
Il essaya de paraître sûr de lui, même si ce n'était absolument pas ce qu'il ressentait. Il sut qu'il avait lamentablement échoué.
– Et pourquoi on inviterait une ordure comme toi à cette petite fiesta ?
Parce que je baise le cul de ton héros, branleur.
Draco recula d'un pas et réalisa qu'il avait réussi à se retrouver adossé à une colonne.
– J'ai été invité, répéta–t–il.
Puis il ajouta :
– Avec des amis.
Il espérait que Maugrey le laisserait seul s'il pensait que Draco avait des amis pas loin. C'était un espoir vain.
– Pas des amis très regardants, à ce que je vois.
Maugrey avait sorti sa baguette et Draco en fixait le bout, figé. Draco avait sa propre baguette dans sa poche, réduite pour être plus facilement transportable. Ce n'était probablement pas une bonne chose de la sortir devant Maugrey, pas ici, en tout cas. Il serait probablement réduit à un petit tas de poussière avant d'avoir pu sortir un seul sort de défense.
– Je… Je pars maintenant.
Draco se redressa mais il tremblait et il était certain que Maugrey pouvait le voir.
– C'est ce que je ferais si j'étais toi,grogna Maugrey.
Puis soudainement, il ricana.
– On ne voudrait pas qu'il arrive un accident fâcheux, n'est–ce pas ?
Draco déglutit difficilement.
– N–n–non.
– Je veux dire, il y a beaucoup de gens ici, beaucoup de gens qui ne t'aiment pas. Ce serait une honte que l'un d'entre eux, disons, répande accidentellement un verre sur ce joli dos qui est le tien, hein ?
Maugrey le transperça de son œil magique.
– Mais il n'est plus si joli, non ?
Draco eut l'impression de s'être rétracté sur lui–même et que tous ses organes s'étaient rétrécis.
– Je pars maintenant, dit–il doucement, d'une voix assez rauque.
Il allait s'en aller, éviter Maugrey et courir jusqu'à la porte mais il sentit la baguette de l'homme suivre sa colonne vertébrale, ce qui le glaça et le fit geindre. Il se haït pour ça.
– Alastor !
Draco sentit une vague de soulagement le submerger tandis que Minerva accourait vers eux. Elle arracha Draco à Maugrey avec plus de force que Draco ne le lui en aurait prêtée. Son visage était austère et sa bouche était réduite à une infime ligne sur son visage.
– Alastor, répéta–t–elle mais cette fois de manière plus calme, avec une légère dose de mépris. Vous êtes venu, comme c'est intéressant.
Maugrey s'inclina avec raideur et déposa un baiser sur la main de Minerva.
– Vous êtes ravissante ce soir, Minerva, déclara–t–il d'un ton bourru. J'espère que Dumbledore sait à quel point il est chanceux.
– Oui, je suis sûre qu'il le sait, dit–elle nonchalamment. Que faites-vous ici ?
– Bien, mon invitation a dû se perdre dans le courrier et je savais que vous seriez vexée si je ne venais pas.
Il sourit d'une manière assez horrible.
– Maintenant, je peux voir que ma venue est une bonne chose. Il apparaît que je peux disposer de certaines…
Son œil tournoya vers Draco.
– … ordures pour vous.
Minerva ramena Draco vers elle et il la sentit passer une main sur sa hanche. Il n'y avait rien de sexuel dans le geste, c'était apaisant, essayant de calmer ses tremblements.
– En fait, Alastor, je préférerais que vous laissiez les invités tranquilles. Surtout celui–ci.
– Peut–être que vous devriez repenser votre liste d'invités, Minerva. Vous laissez la racaille passer le seuil de votre porte.
– Pas du tout mais je crains la terrible excuse de la fille à l'entrée qui a fait ça.
– Vous devriez faire attention, Minerva, après tout, tel père, tel fils.
– La guerre est finie, Alastor.
– Dites ça à tous les gens que les Malfoy ont détruits. Ils auraient dû tous les exécuter.
– Draco n'a rien fait de mal !
– Il n'y a pas de mal à prendre des précautions.
Minerva passa son bras fermement autour de la taille de Draco et le força à la suivre, murmurant doucement.
– Venez, mon cher, ne l'écoutez pas.
Elle l'amena loin de la piste de danse, au dehors de la salle de bal. Il y avait un petit salon, caché derrière les murs lambrissés, qui était assez calme. Une fois qu'elle fit partir le feu,il y fit bon et chaud. Draco se tenait au centre de la pièce, silencieux et immobile, pendant que Minerva l'observait, essayant de réconcilier l'image du jeune homme devant elle avec celle du jeune crétin arrogant qui était entré à Poudlard il y avait plus de sept ans déjà.
Il ressemblait effectivement à son père. Comme Draco, elle avait entendu les commentaires et elle avait été questionnée sur sa décision de l'inviter. Elle commençait maintenant à se demander si ça avait été une bonne idé était parti à sa recherche parce qu'elle avait entendu dire qu'un homme lui avait craché dessus – et elle l'avait trouvé en train de se faire menacer par Maugrey, quelqu'un qui, elle en était sûre, devait lui ficher une trouille bleue – et à juste raison. Néanmoins, elle devait l'avouer, il était comme Lucius. Ou, du moins, ce que Lucius aurait été s'il avait eu quelques obstacles dans la vie. Comme élève, Lucius avait été intelligent et futé mais certainement plus confiant en ses capacités que ce que son talent pouvait lui garantir. En tant que personne, il était beau, rusé, populaire et mesquin. Minerva aurait pu dire que Draco était comme lui. Si l'issue de la guerre avait été inversée, elle n'avait aucun doute sur le fait que Draco Malfoy serait en train de vivre la grande vieet irait occasionnellement danser une gigue sur la tombe de Harry Potter.
Mais la guerre n'avait pas pris cette tournure et Draco était là,essayant de s'intégrer à un groupe de gens qui ne l'accepterait jamais dans le rôle qu'il avait endossé. L'amant de Harry Potter. La plupart des gens pensait que Draco Malfoy s'en était trop bien tiré – la plupart des gens ne connaissait pas la moitié de l'histoire.
– Que se passe–t–il ?
Harry surgit de la porte, rouge et essoufflé.
– Dumbledore a dit que quelque chose était arrivé à Draco.
– Je vais bien, Harry, soupira Draco d'un ton irrité. Retourne voir tes amis.
– Qu'est–il arrivé ? Dumbledore a dit que Maugrey t'avait cherché des noises ou quelque chose du genre.
– C'est rien, ça va.
Minerva regardait alternativement les deux garçons et parla avant d'arriver à se retenir.
– Il ne sait pas ? demanda–t–elle à Draco.
– Laissez tomber ! aboya Draco.
Il commença à faire les cent pas.
– Laissez tomber, ça n'a aucune importance.
– Qu'est ce que je ne sais pas ?
– Rien, siffla Draco en colère. Ne t'inquiète pas pour ça, retourne à la fête et danse avec tous ces putain de gens.
– Draco, que se passe–t–il ?
Harry fronça les sourcils, incapable de comprendre ce qui pouvait le mettre dans un état pareil.
– Rien. Je rentre à la maison. Je suis fatigué, je me sens malade et je veux juste rentrer à la maison.
– Mais…
Harry repoussa les cheveux humides de son visage.
– Ne pars pas! Ce ne sera pas pareil si tu n'es pas là.
– Pourquoi ?
Draco se retourna vers lui, son visage empreint de rougeur.
– Pourquoi je devrais rester ? Pourquoi ce ne serait pas la même chose si je ne suis pas là ? Tu ne me parles pas. Personne ne me parle. Oh, ils me crachent dessus et j'ai reçu quelques menaces de mort et… Oh, oui, n'oublions pas la petite démonstration d'intimidation qui a failli me faire pisser de peur. Ça aurait été foutrement marrant, non ? Mais bon, qui peut leur en vouloir ? Je veux dire, de quel droit je pourrais espérer mieux ? Je suis le fils de Lucius Malfoy. Je pourrais aussi bien être Lucius lui–même parce que, bordel, regarde–moi, je lui ressemble tellement, ça signifie que je suis forcément comme lui ! Je veux dire, j'aurais dû être exécuté par précaution parce que je vais forcément faire quelque chose de mauvais – il faut juste me laisser quelques années et je serai aussi noir que Voldemort lui–même, hein ? Je mérite tout ça, je mérite tout ce qui m'arrive. Je mérite de me faire cracher dessus, je mérite que les gens me sifflent, je mérite d'avoir été attaché et qu'on m'ait balancé ce… truc… dessus. Quelle honte qu'il ne m'en ait pas recouvert totalement parce qu'alors on n'aurait pas cette conversation et tu serais là–bas en train de te défoncer à danser et passer un bon moment !
Il s'interrompit pour s'enfoncer dans le sofa, le visage rouge et fatigué. Il enfouit son visage dans ses mains.
– Je veux juste rentrer à la maison.
Harry et Minerva le fixèrent, réduits au silence. Draco ne releva pas la tête, il ne regarda aucun des deux. Il voulait juste que cette année misérable se finisse. Minerva tapota calmement l'épaule de Harry et quitta la pièce en fermant doucement la porte derrière elle.
Dehors, dans la salle de bal, le compte à rebours pour minuit commença.
A suivre…
Ndt :
[1] Gimme Gimme Gimme (a man after midnight) est une chanson mondialement connue du groupe ABBA qui signifie : « Donnez–moi un homme après minuit ».
Voilà, merci d'avoir lu jusque-là. J'attends vos commentaires.
Bisous.
Falyla
