Titre : Objects of Desire

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Auteure : Azrael Geffen

Traductrice : falyla

Correcteurs : falyla/Florent

Paring : Harry Potter/Draco Malfoy Hermione Granger/Severus Snape

Rating : M/NC-17

Etat de fic originel : terminée (20 chapitres divisés en 59 parties)

Etat de la traduction : terminée

Disclaimer: Les personnages appartiennent à l'univers de JK Rowling, l'intrigue est à Azrael Geffen, avec son aimable autorisation.

Warning : slash, scènes de sexe très graphiques, torture, viol, meurtre, tentative de suicide, drogue, abus d'alcool, langage cru.

Site : à cause des thèmes abordés, je ne sais pas si cette fic sera autorisée à rester sur FFnet, je la publie donc en parallèle sur AO3 sous le même pseudo.

Mise en ligne : sauf contretemps inattendu, le lundi, le mercredi et le vendredi.

Résumé : Après la fin de la guerre, Harry, Ron et Hermione décident de revenir à Poudlard pour obtenir leurs ASPICs. Avant la rentrée, lors d'une soirée très avinée, ils établissent et signent un pacte magique où ils s'engagent à perdre leur virginité pendant cette 8ème année.

Note de la traductrice : Merci beaucoup pour vos commentaires, j'apprécie vraiment.

Bonne lecture.

Objects of Desire

Chapitre 12 (1ère partie)

Dans le labyrinthe

Hermione ouvrit les yeux dans la semi clarté du matin du Nouvel An et fronça légèrement les sourcils à la vue du plafond inconnu au–dessus d'elle. Ses muscles pulsaient doucement, un peu douloureux, comme si elle avait couru un mile ou suivit un cours de cardio–training, un de ceux dans lesquels sa mère essayait toujours de l'entraîner pendant l'été. Elle se sentait endolorie, humide entre les cuisses. Dans la chambre planait une odeur musquée, sexuelle. Elle sentit bouger le matelas tandis que son compagnon remuait dans son sommeil. Il roula sur lui–même et se retrouva sur le dos.

Hermione écarquilla les yeux, soudain pleinement consciente de l'endroit exact où elle était et avec qui. Elle tendit le cou et se retrouva nez à nez avec Severus qui ronflotait gentiment, perdu dans un profond sommeil.

Elle se redressa brusquement, toute droite dans le lit et le regarda fixement, osant à peine respirer. Les sensations grisantes, enivrantes de la nuit passée lui revinrent en tête et elle le contempla, lui, son propre Maître de Jouissance. Severus était étendu sur le dos, dans un enchevêtrement de draps, de jambes et de bras. Elle se surprit à sourire sans même s'en rendre compte. Mais peut–être qu'elle s'était réveillée avec le sourire et qu'elle ne s'en rendait compte que maintenant. Les draps avaient réussi à s'enrouler autour d'une de ses longues jambes jusqu'à une hanche osseuse à part cela, il était étendu, nu devant elle. Si elle n'avait eu qu'un aperçu limité la nuit passée, ce matin rien n'était laissé à l'imagination.

Hermione se permit de le dévorer des yeux, puisqu'elle n'était pas sûre de pouvoir le toucher sans le réveiller. Elle le découvrait grand, mince, pâle, avec des muscles maigres mais vigoureux. Elle remarqua qu'il était un peu flasque à la taille mais ce n'était pas déplaisant en fait cela ne le desservait pas, au contraire, il avait ainsi plus de formes. Durant sa jeunesse, il avait dû être considéré comme un enfant malingre. Il était sûrement fort, puissant, puisqu'il l'avait portée jusque dans la chambre mais à le regarder nu, elle ne l'en aurait jamais cru capable.

Ses cheveux étaient étalés sur l'oreiller, d'un noir d'encre, tout comme les poils de ses aisselles et de son sexe. Il était profondément endormi, les lèvres légèrement entrouvertes, le visage tourné vers elle. Il ne semblait plus aussi effrayant que d'habitude maintenant qu'il était paisiblement endormi.

Elle laissa glisser son regard de son visage pour parcourir son corps, encore et encore, et se demanda si elle oserait un jour se rasseoir dans sa salle de classe sans penser à ce moment précis. Désormais, elle connaissait ce corps. Elle connaissait sa texture. Elle savait maintenant la douceur de son épaule sous sa main, comment son dos s'arquait de plaisir, ce que cela faisait de sentir ses hanches pointues s'enfoncer dans la chair tendre de ses cuisses lorsqu'il s'enfonçait en elle.

Hermione glissa sa main entre ses jambes pour vérifier la sensation et appuya sur sa chair endolorie. Elle grimaça. Aucun doute qu'il l'avait frappé assez fortement avec l'os pointu de son bassin mais elle n'imaginait pas douleur plus délicieuse. Lentement, elle fit courir le bout de ses doigts sur la clavicule de son dormeur et elle contempla un léger tremblement le parcourir, ses mamelons se durcir sous l'effet de la chair de poule. Elle sourit et ralentit le ballet de ses doigts, provoquant un frémissement dans chacun de ses gestes. Elle ne désirait rien de plus que le toucher partout, le réveiller et exiger en retour des câlins de sa part, une renaissance de leur nuit passée. Elle fit glisser ses doigts plus bas sur son corps, frôlant sa peau, s'attardant dans le creux de son nombril avant de se perdre dans les boucles brunes de ses poils pubiens. Elle effleura son pénis mou et caressa d'une main hésitante la courbure de ses testicules. Elle se sentait maladroite, inexpérimentée et peu sûre de ses gestes. Elle ignorait si elle pouvait lui faire mal en appuyant.

À sa grande surprise, son sexe se durcit à son doux contact et elle balaya la chambre du regard, réfléchissant activement à ce qu'elle pourrait faire. Est–ce que tous les hommes s'excitaient aussi vite ? Dans leur sommeil ? Devait–elle faire quelque chose pour le soulager, peut–être essayer de mettre son sexe dans sa bouche ? Lavande lui avait prêté un livre pour lui expliquer comment faire Hermione regrettait amèrement de ne pas l'avoir lu entre–temps. Elle n'avait cependant jamais considéré la fellation comme une option envisageable. Il semblait pourtant que ce soit une pratique assez courante. Harry et Draco le faisaient tout le temps. Non pas qu'elle les ait surpris mais ils en parlaient assez entre eux pour qu'elle ait capté l'essentiel du propos. D'un autre côté, Harry et Draco semblaient avoir excessivement du mal à garder leurs mains loin du corps de l'autre. Comment diable avaient–ils réussi à se contrôler pendant tous ces mois à Poudlard, sans que personne ne le remarque ? Bientôt, ils devraient retourner en cours et revenir à leur amour furtif, caché. Comme cela devait être dur. Hermione avait le sentiment qu'elle allait également devoir vivre avec cette difficulté particulière. Retrouver Severus à Poudlard ne serait pas facile. Ils sépareraient le travail et la vie privée. Oui, c'est ce qu'ils devraient faire.

Le sexe de Severus grossissait et durcissait. Hermione mordilla sa lèvre nerveusement. Elle allait devoir demander des conseils à Lavande ou même à Harry. Harry était un garçon, après tout, il savait sûrement ce qui faisait plaisir aux hommes. Severus allait devoir attendre jusqu'à ce qu'elle soit sûre de ne pas avoir l'air idiot en faisant une fellation. Au lieu de le prendre dans sa bouche, elle remonta jusqu'à son visage et effleura sa bouche de ses lèvres.

– Bonjour, Professeur, chuchota–t–elle. Bonne année.

Il ne répondit pas immédiatement mais la surprit en lui caressant la hanche d'une main, tout en rapprochant leurs deux visages en la tirant de l'autre main. Hermione se retrouva les lèvres écrasées de façon possessive contre les siennes. Elle trouva le chemin de sa langue qu'elle suça avec avidité, entremêlée avec la sienne, et elle se serra encore plus près de lui, s'étendant pour le recouvrir le plus possible de son corps nu.

Severus se détacha d'elle, écarta quelques mèches folles de son visage et, sans ouvrir les yeux, permit à un petit, tout petit sourire de fleurir sur ses lèvres.

– Bonjour, Miss Granger, marmonna–t–il, endormi. Depuis combien de temps es–tu réveillée ?

Il fit glisser sa main sur une fesse douce et remonta jusqu'à son dos. Elle fit une petite grimace et caressa du doigt la ligne carrée de sa mâchoire.

– Pas longtemps, je n'ai fait que te regarder.

Il renifla doucement car il savait parfaitement à quoi son corps ressemblait maigre, blême et sec. Il ouvrit lentement les yeux et la trouva les yeux fixés sur lui. Pendant un temps, ils ne parlèrent ni ne bougèrent, figés. Ils se contentaient de soutenir le regard de l'autre, se perdant dans la profondeur de leurs yeux. Hermione fut la première à briser le charme. Elle devait l'embrasser, c'était urgent. Elle avait l'impression d'avoir attendu ce moment depuis une éternité et se trouver si près de lui sans l'embrasser était enivrant. Être nue à ses côtés, être aimée par cet homme – une vague impétueuse de désir la souleva et elle captura sa bouche désespérément, le griffant de ses ongles, tentant de faire se fondre leurs deux corps. L'homme qu'elle avait connu était mort. Le vil Maître des Potions s'en était allé. Elle avait même du mal à se souvenir qu'elle l'avait redouté par le passé. Était–il possible qu'elle l'ait trouvé infâme ? Comment pouvait–il l'être alors que ses baisers étaient si bons ? En fait, si elle n'avait pas osé lui jeter de l'eau à la figure, elle n'aurait jamais goûté à tout cela.

Elle rit presque de la folie, de l'absurdité du destin.

Si elle avait su qu'il embrassait aussi bien, elle aurait tenté sa chance depuis longtemps. Sa bouche était maintenant collée sur la sienne, là, exactement à sa place sa main était posée derrière son crâne, la tenant fermement, et elle soupira de bien–être dans sa bouche. Il bougea, ne se contentant plus de l'embrasser sur la bouche mais savourant la courbe de son cou, ses lèvres glissant le long de la fine peau, sa langue surgissant pour goûter la saveur salée de l'excitation, captée dans le creux à la base de sa gorge. Hermione gémit doucement, son corps revenait à la vie tandis que les mains de Severus remontaient jusqu'à son dos. C'était si bon. Elle se sentait plus vivante que jamais, comme elle ne l'aurait jamais imaginé, considérant que la nuit passée avait déjà été incroyable. Si c'était ça le sexe, alors c'était la meilleure chose qu'elle ait jamais apprise ! Elle se sentit partir, dans l'océan de sensations procurées par sa bouche sur sa chair sensible. Le goût de sa salive était toujours dans sa bouche et elle le savoura. Elle le voulait en elle, encore, vite, même si son corps était encore moulu et endolori de la nuit précédente.

– Ainsi donc, Miss Granger, sourit–il d'un air mauvais, je suppose que vous avez bien dormi ?

– Très bien, Professeur, et vous–même ?

– Oh, bien, j'étais parfaitement endormi jusqu'à ce qu'un vilain petit diable vienne me réveiller.

– Peut–être que vous devriez lui donner une retenue, fit Hermione avec un rire étouffé.

Elle haleta en sentant son sexe se presser plus fort contre sa cuisse.

– Oh, je pense que j'ai une meilleure idée.

Ses lèvres effleurèrent son épaule et se posèrent sur le bleu pâle que Krum avait laissé là. Il embrassa sa contusion doucement, murmurant des mots doux qu'elle n'entendait pas à sa chair meurtrie et il y eut une petite lueur furtive.

Hermione s'arqua pour se frotter à ses parties intimes, lui offrit ses seins et il sourit gentiment. Elle commença à lui masser le dos de ses deux mains, vagabondant de son cou à ses fesses, caressant, malaxant. Il soupira et termina de murmurer sa formule contre la blessure. Il la retourna contre lui et embrassa sa bouche avec une telle intensité que c'était comme une explosion de sensations dans sa bouche, ses lèvres, sa langue. Elle répondit avec force au baiser, ses dents mordant dans la chair molle de ses lèvres, leurs dents s'entrechoquant comme s'ils essayaient de se dévorer sans rien laisser. Il tendit enfin sa main jusqu'à son sein et fit rouler entre ses doigts un mamelon durci par le désir. Elle en pleura presque de soulagement, ses doigts s'enfoncèrent durement dans son dos. C'était si bon. C'était divin.

Il se détacha de ses lèvres et elle grogna de frustration de cette absence mais il remplaça soudainement sa main par ses lèvres et elle cria bruyamment, savourant la chaleur mouillée de sa bouche qui se refermait sur un mamelon. Ses doigts glissèrent pour s'emmêler dans la masse noire de ses cheveux. Durant quelques instants, elle crut mourir et monter au paradis. Puis une main s'aventura entre ses cuisses et glissa sur son clitoris gonflé. Ses yeux s'ouvrirent brusquement et elle gémit, elle geignit. C'était trop bon. Honteusement bon. Délicieusement, scandaleusement bon.

Snape était de plus en plus assuré et audacieux, par rapport à Hermione. Maintenant qu'il s'était totalement abandonné, il ne se refusait plus rien. Pas d'hésitation, de peur que quelque chose n'aille pas. Il s'en tenait à une philosophie élémentaire et simple. Si c'était agréable, il fallait continuer. Si Hermione n'appréciait pas quelque chose, elle était libre de le lui dire. Il ne voulait rien de plus que lui donner du plaisir, c'en était presque devenu une raison de vivre. Il glissa habilement un doigt en elle et sourit en l'observant, submergée par des vagues de plaisir.

Il haleta au toucher de son intimité chaude et humide et y glissa un autre doigt. Il pouvait entendre les battements frénétiques de son cœur, elle pleurnichait, gémissait et se tortillait autour de sa main, tandis qu'il faisait jouer ses doigts dans et hors de son sexe, traçant des cercles sur son clitoris et pénétrant ensuite dans ses profondeurs.

– Ne trouvez–vous pas cette punition adéquate pour le diablotin qui a troublé mon sommeil, Miss Granger ?

Hermione tenta d'acquiescer mais se contenta de gémir en soupirant. Elle était déjà complètement perdue, incapable de parler avec cohérence, de bouger ou de répondre intelligemment à quoique ce soit sauf à ce besoin pressant de l'avoir profondément en elle. Il se décala pour se positionner sur elle, se calant dans le berceau de ses cuisses. Il repoussa ses genoux vers sa poitrine et la pénétra doucement. Elle sentit le pointu de ses hanches venir pousser contre ses cuisses et les meurtrir elle frissonna il lui faisait mal mais la douleur était délicieuse. Son gland était doux et soyeux mais aussi dur que la pierre, comme les statues lisses et brillantes qu'elle avait vues dans le hall d'entrée. Elle s'agrippa à ses épaules et le sentit trembler dans l'effort de rester doux et lent, pour ne pas se laisser aller et la pénétrer aussi fortement et rapidement qu'il le voulait. Mais Hermione avait envie de ça elle voulait être baisée autant que lui le voulait. Elle se pressa contre son sexe dur et ouvrit encore plus les jambes, jusqu'à ce qu'elle le sente se glisser en elle elle se tendit et se cambra pour le sentir la remplir enfin et elle se détendit alors, essayant de se presser encore plus contre lui, rapprochant leurs hanches, le laissant la pénétrer au plus profond d'elle–même.

– Qu'est–ce que ça fait ? demanda–t–elle en haletant.

Elle se rendit compte de l'absurdité de sa question. Elle voulait… elle voulait savoir ce qu'il ressentait et entendre sa voix dans son oreille lorsqu'il répondrait.

– Qu'est–ce que ça fait d'être en moi ?

Snape fronça les sourcils et bougea – juste de quelques millimètres – c'était suffisant pour la faire crier intensément. Comment c'était ? Stupéfiant ? Foutument incroyable ? Il se doutait que ce n'était pas ce qu'elle attendait comme réponse.

– C'est…

Il bougea encore et siffla entre ses dents à la chaleur qu'elle émanait.

– C'est chaud, chaud… et humide… et fort.

Il gémit doucement. Hermione sourit, pressant sa joue contre la sienne et savoura la sensation de son visage non rasé contre sa peau douce. Ses cheveux tombèrent devant ses yeux et elle les repoussa tout en embrassant sa pommette. Severus remua lentement en elle et toutes les sensations magiques de la nuit dernière la soulevèrent une nouvelle fois. Elle s'agrippa à lui, ses doigts creusant la chair de ses épaules, alors qu'il commençait à pousser plus profondément en elle, doucement au début, se retenant puis, en entendant ses halètements, avec l'urgence de l'escalade du plaisir.

Les hanches de Hermione se hissèrent à la rencontre de celles de son amant, le besoin de libérer son désir croissant avec le sien, impérieux. Severus lui murmurait encore des mots, mots qu'elle n'arrivait pas à saisir dans la chaleur de la passion. Il lui saisit les mains et les maintint fermement contre le lit, au–dessus de sa tête, devenant plus rude maintenant qu'il savait qu'elle pouvait l'arrêter. C'était un geste qui aurait pu l'effrayer mais elle se sentait si bien qu'elle sentait presque son corps se liquéfier.

– Tu es… si bon…, geignit–t–elle. Je te sens en moi… Je peux te sentir me pénétrer…

Il ne répondit pas il pouvait à peine s'exprimer plus que par des gémissements. Il augmenta le rythme et l'amplitude de ses poussées. Hermione ferma les yeux, la tête penchée en arrière tandis qu'elle cherchait son souffle. Tout son être était tendu et concentré vers Severus, sur sa respiration hachée, sur la rugosité de la barbe naissante de son menton lorsqu'il touchait sa peau douce de son visage, sur la force qu'il employait à chaque poussée profonde en elle, telle que Hermione eut peur que le lit ne s'effondre.

L'orgasme la terrassa, le plaisir se fracassa en elle. C'était comme si, durant quelques instants, chaque nerf, chaque fibre de son corps étaient tenus captifs puis subitement libérés. Son corps se transforma en lave en fusion, se coulant en elle, la dévorant, la jetant contre Severus. Un frisson la fit frémir de la tête à l'extrémité des orteils. Bien qu'elle ne s'en rendit pas compte, le bruit de gorge qui lui vint était autant un sanglot qu'un cri. En l'entendant, Severus perdit tout semblant de contrôle et poussa encore plus fort et profondément en elle, n'étant plus conscient de s'il la blessait ou pas, uniquement capable de pousser à bout son plaisir dans le corps de Hermione, tendu vers la libération.

Severus jouit en longs jets, des spasmes puissants de plaisir le soulagement le fit hurler tellement fort que Hermione était sûre qu'il allait faire accourir McGonagall.

Il s'effondra sur elle, et pendant quelques secondes, elle ne fut consciente que du rythme affolé de son cœur et du poids de son corps sur le sien. Elle enroula ses bras autour de lui et embrassa son torse, ses épaules, son visage. Elle lécha la sueur salée émanant de sa peau.

Dès qu'il le put, il se glissa hors d'elle, la prit dans ses bras et embrassa son front tandis qu'elle se lovait contre lui, nichant sa tête dans le creux de son épaule.

– Severus ?

– Mmm ?

– Si tu veux, je pourrais encore voler dans ta réserve et tu pourrais peut–être me punir une nouvelle fois.

Il rit tout bas.

– Ma chérie, je crois que je vais tout simplement t'en donner la clé.

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LaGazette du Sorcier – Dimanche 27 Décembre 1998.

La sécurité défaillante à l'Exposition Itinérante de Magie Noire.

« Après une impudente attaque menée par un inconnu, le Mangemort Lucius Malfoy a été retiré de l'Exposition Les Mangemorts et la Magie Noire, qui circule actuellement à travers l'Angleterre.

Des fanatiques avaient saisi l'occasion du repos d'après Noël pour organiser et mener une attaque. Par bonheur, le conservateur de l'exposition, Mr Archibald Semeuse a été capable de contrecarrer ce plan. L'attaque a provoqué des remous dans l'opinion publique et le doute autour du bien–fondé d'envoyer l'exposition en tournée. Le Ministre de la Magie, Cornelius Fudge, a défendu son point de vue, déclarant que l'Auror assigné à la protection du musée était en mesure d'assurer la sécurité de l'exposition et, qu'hormis quelques contusions et coupures superficielles, Mr Malfoy était indemne. Mr Fudge a également ajouté que pour sa propre sécurité, le Mangemort avait été rapatrié vers les caves sécurisées du musée à Londres.

Le Ministre avait reçu une ferme opposition lorsqu'il avait évoqué l'idée même de l'exposition, notamment de la part de Mr Weasley, le leader de l'opposition, qui avait clamé qu'une telle manifestation, qu'un tel étalage ramenait la société à l'époque de l'Inquisition. Après cette attaque, Mr Weasley a réitéré ses propos, campant sur sa position en déclarant que si la sécurité de l'exposition ne pouvait être garantie, elle devait être fermée immédiatement.

L'Exposition Les Mangemorts et la Magie Noire arrivera dans le Derbyshire en début d'année. Pour le programme complet des dates et l'itinéraire, veuillez vous référer à la rubrique Divertissement en page 20. »

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Semeuse n'avait pas lu la Gazette du Sorcier depuis plusieurs jours et, quand il l'ouvrit finalement, cela ne contribua qu'à approfondir sa colère et prendre la ferme résolution de ne plus jamais la lire. Le surlendemain de Noël, après le Boxing Day, il essaya de rattraper les dégâts. Il raconta sa version des faits avec conviction et alla même jusqu'à aller dans le sens de l'idée émise par Fudge de retirer Lucius de l'exposition jusqu'à ce que celle–ci soit revenue à Londres. Autant cela le peinait beaucoup de devoir renoncer à ce qu'il considérait maintenant comme le plus précieux, autant il savait que Londres pouvait apporter la plus grande sécurité à Lucius. Le musée était ancien, avec des salles aux dimensions impressionnantes. Le garçon, s'il décidait d'aller chercher son père et le faire sortir, ne pourrait même pas l'approcher.

Ainsi donc Semeuse était retourné à Londres, muni de sa précieuse cargaison. Il n'était pas stupide il avait compris que Lucius n'était pas étranger à l'éclatement de la vitrine. Ça ne pouvait être l'œuvre du garçon. Draco Malfoy était trop profondément envoûté pour prononcer son propre nom lorsque la glace s'était brisée. Oh, non, c'était bien Lucius qui avait fait ça. La question que Semeuse se posait avec une alarmante régularité était : comment ?

Bien sûr, le garçon n'était pas non plus stupide, donc il devait s'en être rendu compte et devait se poser la même question – et cela voulait donc dire que ce n'était qu'une question de temps avant qu'il ne découvre la réponse et revienne chercher son père. Semeuse prévoyait d'être prêt quand ce moment arriverait.

L'exposition était fermée jusqu'au Nouvel An, ce qui permettait à Semeuse d'établir un plan d'action pour faire échouer l'attaque. En réalité, le conservateur désirait passer quelques jours à Londres avec Lucius. Il y avait certaines choses qu'il devait découvrir. Une fois de retour dans l'enceinte de l'édifice qu'il avait appelé maison durant plus d'un demi–siècle, Semeuse installa Lucius dans sa propre chambre et se mit à la recherche de toutes les explications possibles de l'usage de magie des Anges. Plusieurs fois il se retourna pour regarder son ange allongé, passif, entre les draps. Il n'y avait qu'une seule explication possible et valable – celle que le Baiser n'avait pas fonctionné – et si c'était le cas, qu'était-il arrivé pour que Lucius soit dans son état actuel ? Il s'assit au bord du lit et repoussa une mèche de cheveux de la figure de plus en plus décharnée. Caressant la pommette haute et prononcée, il planta son regard dans les yeux gris.

– Lucius, tu es là ? demanda–t–il doucement, un sourire dans la voix. Te caches–tu dans ce corps ?

Cette idée l'émoustillait. La façon dont Lucius avait réussi son coup était sans importance comparée à l'idée qu'il avait eue. Qu'à l'intérieur de ce corps, dans cette tête, son esprit soit resté intact, en fonction, sensible, conscient. L'idée même que Lucius était assez éveillé pour comprendre ce qui lui arrivait, connaissait le contact de Semeuse, qu'il pouvait sentir et comprendre l'expérience. C'était trop beau pour être vrai, trop délicieux pour oser même l'envisager. Une fois l'idée fixée dans son esprit, l'étape suivante était logiquement d'essayer de prouver que c'était possible – mais c'était là où il échouait. Semeuse n'avait aucune idée de ce qui pourrait étayer sa théorie. Pour le moment, il devait se contenter de l'idée que c'était vrai – et découvrir le reste plus tard.

La semaine qui suivit, il fit l'amour à Lucius avec encore plus de passion que d'habitude. L'impression d'une main invisible se poussant vers lui prenait une signification. Il se demanda ce que Lucius pensait, quels sons il émettrait s'il en était capable. Pleurerait–il ou hurlerait–il ? Soupirerait–il tout en profitant secrètement des largesses de Semeuse ? Comment se comporterait–il, emporté par les affres de la passion ? Lucius connaissait–il les secrets de l'abandon, se tordrait–il et jouirait–il de tous les plaisirs de la chair ?

Mais Lucius restait obstinément muet, et les seuls mouvements qui l'animaient était ceux provoqués par les profondes pénétrations de Semeuse dans son corps, ses bras étendus à travers le lit. Semeuse passa la semaine à baiser son amant silencieux et à chercher à découvrir ses secrets. Lucius ne parlait jamais même lors d'un orgasme, son visage restait de marbre. Il était aussi froid et impassible qu'un cadavre. Aux premières heures du matin du Nouvel An, après une semaine sans avoir beaucoup dormi, Semeuse rampa dans son lit et prit son ange dans ses bras. Il glissa brièvement sa langue entre ses lèvres parfaites puis s'installa à côté de Lucius, espérant se fondre rapidement dans le sommeil.

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Harry et Draco dormaient, agrippés l'un à l'autre, leurs corps nus entrelacés, semblables à des jumeaux liés dans la matrice maternelle. L'horreur de la fête était passée, ils avaient dansé, étaient partis et s'étaient retrouvés dans cette pièce, dans leur chambre, dans leur lit. C'était le leur désormais, Draco ne pensait plus pouvoir le considérer comme rien qu'à lui dorénavant. Ils étaient revenus dans leur lit et avaient fait l'amour désespérément Draco avait caressé, goûté et exploré chaque parcelle du corps de Harry, encore et encore, sans relâche, jusqu'à ce qu'il jouisse dans un honteux sanglot. Draco aurait voulu effacer chaque mot malveillant, chaque chuchotement perfide et chaque coup d'œil en coin de l'esprit de Harry. Puis l'excitation qui les avait tenus à distance du sommeil durant la nuit s'était calmée, ils s'étaient endormis, baignés de sueur dans un sommeil fiévreux, serrés l'un contre l'autre.

Dans l'obscurité qui précédait l'aube, un léger chatoiement scintilla près du plafond, au–dessus du lit. Il s'intensifia et commença à tournoyer, créant des vagues de lumière dans l'air, miroitant comme des ondes de chaleur dans le désert. Puis de petits éclats de lumière commencèrent à descendre, ressemblant à des larmes de feu qui roulaient vers le sol. Les lueurs tourbillonnèrent et se transformèrent à l'approche du lit, parcourant l'enchevêtrement des jambes, des hanches et des bras de Draco, s'agitèrent et prirent une forme qu'on aurait pu qualifier d'humaine.

Harry et Draco dormaient, ignorants, insouciants de ce qui se passait. La lumière déferla sur le sol, sous le lit, sur les murs et enfin sur les deux garçons encore transpirants, leurs corps portaient encore la sueur de leurs ébats. Une voix s'éleva doucement des lueurs, murmurant quelque secret dans les profondeurs du sommeil.

– Moi aussi, je t'aime, papa, marmonna Draco en retour.

Les lumières semblèrent le caresser, sa peau, son corps chaud et il chuchota de nouveau.

– Je ne t'abandonnerai pas, je te le promets, je ne le laisserai pas t'enfermer.

Les lueurs effleurèrent son front et parurent s'arrêter à mi–course, hésitant, réfléchissant, pour finalement s'approcher de Harry.

La pression des lueurs fit bouger le corps de Harry, provoquant une ondulation sur sa peau à leur passage. Dans son sommeil, Harry se réveilla et soupira tandis qu'une voix lui chuchotait doucement des mots à l'oreille. Il fronça les sourcils et murmura : « Bien. » à mi–voix.

L'aube les trouva encore cramponnés l'un à l'autre, le visage de Harry niché dans le cou de Draco, les bras serrés sur sa poitrine. Draco avait agrippé la main de Harry si fortement qu'il y trouverait, par la suite, la marque de ses ongles dans sa paume.

Les lumières tourbillonnèrent autour d'eux une dernière fois, dessinant une vague scintillante sur leurs corps entrelacés puis s'élevèrent vers le plafond. Une brise caressa les deux garçons, rafraîchissant leurs corps fiévreux, apaisant leur sommeil la voix qu'on avait pu entendre fut remplacée par des battements d'ailes réguliers.

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Harry n'avait pas hâte de rentrer à Poudlard, une ironie du sort le connaissant, ce qu'il n'avait pas manqué de noter. Pendant des années, il avait considéré Poudlard comme sa seule maison, comme un échappatoire à la cruauté de son oncle et de sa tante et maintenant il redoutait d'y retourner. Voler au lieu de transplaner lui semblait être le meilleur moyen de transport pour le retour mais Harry reconnut que ce n'était qu'une tentative pour reculer l'inévitable.

Draco, de son côté, était impatient de retourner à l'école. Harry était venu le trouver pour plaider sa cause, prêt à se mettre à genoux et le supplier mais Draco s'était montré inflexible. Tout en serrant les dents, il avait été forcé d'admettre qu'il aurait bien aimé tester son nouveau balai sur une longue distance, cependant l'idée de voler jusqu'en Ecosse n'était pas ce qu'il avait en tête. Il avait des affaires à régler avec Snape qui ne pouvaient pas attendre. Sur ce point, une dispute éclata, dispersant les elfes de maison aux quatre coins du manoir.

– Il était là, à côté, pendant plus d'une semaine, pourquoi t'es pas allé le voir avant ?

– Je l'ai fait. Il m'a dit d'attendre d'être rentré car tous ses papiers étaient restés à Poudlard, fit Draco, un peu amer, comme s'il l'avait remâché avec ressentiment pendant longtemps.

La discussion avait commencé au petit–déjeuner le matin du Nouvel An et s'était tellement envenimée que Draco avait violemment jeté le plat de bacon à travers la table en direction de Harry, qui avait répliqué en frappant Draco d'un maléfice particulièrement vicieux. Cela avait marqué la fin de la querelle, dès que Harry avait entendu le bruit sourd de la tête de Draco tapant contre le plancher. Il avait contourné la table, relevé Draco et l'avait serré contre lui. Ils avaient alors fait l'amour à même le sol, entourés des restes du petit–déjeuner.

Plus tard, en voyant un Harry enveloppé d'une vieille robe Serpentard, les yeux cernés de noir dû au manque de sommeil de la nuit passée, Draco accepta finalement de rentrer à l'école en balai. Non leur servit le café dans la véranda. Harry manqua encore de tout bouleverser.

– J'ai fait un rêve des plus singuliers la nuit dernière.

Draco haussa un sourcil, son sommeil n'avait pas été sans rêve.

– Dans mon rêve, ton père me parlait.

Harry rit légèrement et secoua la tête à cette idée absurde. Draco en lâcha presque sa tasse de café.

– Q–quoi ?

– J'ai rêvé que ton père me parlait. Il était à côté du lit et il me parlait. C'était vraiment étrange.

Draco s'agita et demanda rapidement :

– Qu'a–t–il dit ?

– Rien de spécial, ce n'était qu'un rêve, Draco.

Harry haussa les épaules.

– Mais qu'a–t–il dit ?

Draco tremblait, ébranlé. Harry fronça les sourcils et fit une moue qui n'était pas sans rappeler celle de la tante Pétunia.

– Il m'a dit que je devais te protéger, quelque chose comme ça. Quelqu'un te voulait pour lui et je ne devais pas le laisser t'avoir. Je crois qu'il m'a dit que je devais te protéger à tout prix.

Draco se leva et se rendit jusqu'à la vitre de la véranda. Il fixa le Marais au loin et souhaita être déjà rentré à l'école pour pouvoir parler avec la seule autre personne qui comprendrait.

– C'était juste un rêve, Draco.

Draco hocha la tête sèchement.

– Tu sais que je le ferai, n'est–ce pas ?

– Que tu feras quoi ?

– Te protéger, déclara Harry sérieusement. À tout prix.

Draco se força à sourire d'un air narquois.

– Oh, Potter, déclara–t–il d'une voix traînante. Tu es mon héros.

oOo

Ron était rentré à Poudlard à la première occasion. Il avait emballé ses affaires et était prêt à partir dès six heures le samedi matin, exaspérant Ginny qui s'entêta pour qu'ils prennent le train ensemble plus tard dans la matinée. Elle espérait pouvoir lui parler de Harry et peut–être le convaincre de ne pas humilier son ami par rancune. Pas la peine de s'inquiéter : un coup d'œil à la Gazette du Sorcier du samedi matin prouva que l'opprobre était bel et bien mise à jour. Rita Skeeter avait apparemment réussi à trouver un indicateur au sein même de la fête, trop content de partager l'information à tous. Le journal criait la nouvelle à toute personne qui ouvrait ses pages. Ron avait lu l'article, avait déclaré que toute la faute en incombait à Harry puis il avait jeté le journal par terre et traîné sa malle au rez–de–chaussée.

Angelina était évidemment venue leur dire au revoir. Ron aurait été surpris si elle ne l'avait pas fait. Il était resté parfaitement immobile, les yeux fermés quand elle l'avait emmené jusqu'à l'orgasme. Il s'était simplement surpris à subir ses attouchements, comme s'il s'était résigné à un destin, sans savoir encore si c'était le paradis ou l'enfer. Elle lui donna un paquet contenant ce qu'il savait être de la drogue. Il lui dit qu'il n'en voulait pas mais elle lui sourit avec suffisance.

– Crois–moi, Ronnie, tu vas en avoir besoin.

Ron ne comprit pas ce qu'elle voulait dire mais ne posa pas de question. Il jeta le paquet dans sa malle et verrouilla la serrure, dit au revoir à sa famille et partit.

Une fois qu'il eut atteint l'Ecosse et mit plusieurs centaines de miles entre lui et sa belle–sœur, il se sentit physiquement délivré. Si seulement les autres problèmes de sa vie pouvaient être aussi facilement résolus. Non pas que ce problème allait le lâcher aisément. Il y avait le fait qu'il avait trahi son frère de la pire façon que ce soit et la sensation furtive qu'Angelina y était pour quelque chose. Ron savait qu'il était tellement impliqué que lorsque cette merde serait éventée, il allait être le premier dans la ligne de tir et, par–dessus le marché, il serait déjà sûrement accro à la drogue. Il le réalisa vraiment lorsqu'en milieu de matinée, il commença à trembler : il avait une envie et un besoin irrépressible de drogue. Il ouvrit le paquet d'Angelina et trouva un mot qui disait : Je t'avais bien dit que tu en aurais besoin.

Cependant, il était loin d'elle et c'était le plus important pour le moment. Il put enfin se détendre dans le silence de la salle commune et faire semblant que cette semaine n'avait jamais eu lieu.

Dans la chambre, il dut faire face au problème de Harry. Il s'assit et regarda de l'autre côté du mince espace le séparant du lit bien net et bien fait de Harry. Le lit du traître. Harry avait laissé des choses derrière lui quand il était parti chez Malfoy à Noël.

Chez Malfoy à Noël – l'idée même ulcéra Ron au–delà de toute mesure. Pourtant, Harry y était allé de son plein gré. Harry avait fait bien plus qu'aller là–bas, il s'était installé dans le lit de la Fouine, l'avait embrassé, il avait goûté et exploré l'intimité de Malfoy. Ron pouvait voir la scène dans son esprit, malgré lui. Les bras et les jambes emmêlées, le son de leurs bouche pendant leur baiser, la chaleur de leur voix lorsqu'ils se parlaient. Harry avait un amoureux et cet amoureux était Malfoy.

Ron contempla avec regret les sept années de fanions de Gryffondor épinglés au mur au dessus de son lit. Une photo de ses parents était posée sur la table de nuit et Ron se demanda ce qu'ils auraient pensé du choix de partenaire de leur fils. Une autre photo de Harry, Hermione et lui se trouvait à côté de celle de ses parents. Elle avait été prise pendant l'été, ils étaient en train de rire. Voldemort était mort et ils étaient libres. C'était le jour où Lucius Malfoy avait été condamné et ils avaient ri de soulagement après ça. Ils ne pouvaient pas penser que l'année à venir allait déchirer leur amitié en morceaux.

Bien que Harry et Hermione fussent toujours proches Ron n'avait aucun doute quand au fait que Hermione était au courant de tout à propos de Malfoy. Ils avaient pris position contre lui ils n'avaient même pas essayé de lui dire ce qui se passait. Ils l'avaient laissé le découvrir d'une telle façon !

Ron soupira et fixa le lit, mélancolique. Combien de nuits avait–il vu Harry revenir aux premières heures du matin, un nouveau bouton de rose ajouté au le contrat et un grand sourire à la figure ? Trop nombreuses pour les compter. Ron songea à brûler ce contrat, après tout ils avaient tous rempli les conditions qu'ils s'étaient eux–mêmes fixés. Avec qui Hermione l'avait fait, Ron l'ignorait et il se doutait bien qu'elle ne le lui dirait pas. Il avait coupé les ponts avec elle depuis un mois et il ne put s'empêcher d'en accuser Harry. La rose de Hermione avait fleuri, pleine, rose et glorieuse comme un matin d'été. Celle de Harry était d'un rouge séduisant plus sombre et celle de Ron était jaune, avec des touches abricot près de son cœur. Ron avait appréhendé qu'elle soit marron mais le contrat, une fois la tâche accomplie, ne semblait plus faire de discrimination. Ils avaient chacun une rose et c'était tout ce qui comptait. Cependant, Ron ne brûla pas le contrat au lieu de cela, il le décrocha, le roula en boule et le fourra sous le lit, en espérant pouvoir l'oublier.

Plus tard, environ une heure avant que les autres ne rentrent, il se rendit aux cuisines et trouva un carton. De retour dans sa chambre, il entreprit silencieusement de décrocher les banderoles du mur et les jeta dans la boîte.

oOo

Harry était étonné que Draco ne se soit pas encore plaint car si ça avait été son idée de rentrer en volant, Harry n'aurait pas cessé de grogner et de gémir comme un chien. C'était peu dire qu'il avait largement sous–estimé le gel et le froid et plus ils volaient vers le nord, plus il faisait froid. Harry s'était mis en tête que peut–être Draco ne se plaignait pas parce que tout simplement sa bouche était fermée par le gel il lui adressa un coup d'œil inquiet.

Les bordures de son manteau étaient teintées de blanc par la glace, son visage d'ordinaire plutôt pâle avait rougi, ses lèvres étaient presque bleues. Harry lui était maintenant reconnaissant de l'avoir forcé à mettre la cape de voyage de Lucius Malfoy bordée de fourrure et ses gants. Il se demandait comment, par l'enfer, il aurait pu survivre sans, alors qu'il avait argué qu'il n'en voulait pas. Malgré la fourrure isolante, Harry se sentait gelé sur son balai – et ils n'avaient même pas atteint Cumbria.

Harry vola à hauteur de Draco et se pencha sur son balai pour lui crier à l'oreille :

– Tu veux qu'on se pose un peu ? Prendre un café ?

Draco tourna son visage frissonnant et très mécontent vers Harry et tenta de prononcer entre ses dents :

– W–w–w–whisky ?

– Pourquoi pas.

Harry parla dans le vide. Draco avait déjà piqué vers le sol. Harry le suivit, scrutant le paysage pour trouver un regroupement de lumière suffisamment important, signalant un village ou une ville, dont les échoppes seraient encore ouvertes. Ce n'était que le crépuscule mais Harry savait parfaitement qu'en Angleterre, on fermait tôt, surtout en hiver. Cependant, si Draco voulait du whisky, ils devaient chercher un pub, ce qui ne devait pas être difficile à trouver. Draco semblait savoir où il allait, ce qui surprit Harry. Ils se dirigeaient vers un lopin de terre plus sombre, peut–être un parc ou une pelouse. Quand ils s'en approchèrent, il se rendit compte qu'ils se posaient dans un épais groupe d'arbres.

Draco se tenait debout à la cime des arbres, regardant par–dessus les arbres vers la rangée de lampadaires au bord de la route. Il semblait gelé, mouillé et en aucun cas heureux.

– T–tu as une idée de l'endroit où on se trouve ? balbutia Harry

–À Burnley, je pense.

Draco grimaça et frissonna tout comme Harry. Il montra un panneau indiquant, vers le sud Hoggart Cross, comme si ça pouvait dire quelque chose à Harry.

– Papa m'a déjà emmené ici, quand j'étais enfant. Il y a pas mal de Gobelins par ici.

Ils se traînèrent à travers le bois et continuèrent leur route jusqu'à une rue pavée. Dans le crépuscule, les gens continuaient de déambuler tranquillement dans la rue, chaudement vêtus contre le froid, promenant leur chien, poussant les enfants dans leurs poussettes, parfois même se baladant à bicyclette. Draco hocha la tête en grommelant sur la folie des Moldus. Non pas que Harry et Draco étaient particulièrement sains d'esprit, étant donné que voler plein nord au milieu de l'hiver n'était pas la meilleure idée que Harry eut jamais eue. Quelques passants se retournèrent sur les deux jeunes hommes dans leurs manteaux sombres, qui, balai à la main, marchaient tranquillement vers le centre–ville. La plupart pensant que c'était là un couple de gothiques égarés loin de Londres et les laissèrent seuls.

– Pub.

Draco désigna le bout de la ruelle et s'y précipita. Harry le suivit, se demandant pour la première fois s'ils avaient un peu d'argent moldu. Il fouilla dans ses poches et sortit son porte–monnaie. Il s'y trouvait un certain nombre de Gallions, quelques Mornilles et des Noises et – il soupira de soulagement – une vingtaine de livres. Suffisamment pour pouvoir prendre quelques verres.

Le pub semblait vieux, sombre et chaud. Un feu crépitait dans une cheminée. Draco s'arrêta devant, retira ses gants de ses mains gelées et se réchauffa doucement. Harry ôta son manteau mouillé de ses épaules, faisant de même avec Draco, enleva ses gants et copia les gestes de Draco devant le feu. La chaleur était douce, ses mains le picotaient légèrement tandis qu'elles se réchauffaient. Il suspendit leurs capes sur un portemanteau et poussa Draco vers la table la plus proche tandis qu'il se dirigeait vers le bar.

– Un triple whisky sans glace et une pinte de Carlsberg.

Harry jeta un coup d'œil vers Draco, il avait caché les balais dans un coin et s'était confortablement installé pour observer avec ravissement tous les Moldus en train de boire. Il se demanda s'il devait lui prendre quelque chose avec le whisky. Probablement pas – et boire une pinte de bière n'était certainement pas la meilleure chose à faire avant de reprendre le balai pendant des heures. Il savait ce qui allait se passer. Draco suggérerait de transplaner à cause du froid intense et Harry – qui n'avait toujours pas envie de rentrer – dirait non et, sans aucun doute, ça finirait en bagarre. Harry paya et apporta les boissons jusqu'à la table. Il décida que la meilleure défense était de ne pas en parler, en espérant que Draco n'en parlerait pas non plus.

– J'ai une proposition à te faire.

Draco descendit le whisky en une lampée, grimaça mais sembla très satisfait. Il poussa le verre vers Harry.

Et voilà.

Harry soupira et il se prépara à une nouvelle dispute.

– Tu veux un autre verre ?

– Ouais.

– J'ai ce qu'il faut, dit Harry en voyant Draco fouiller ses poches.

Il soupira encore et retourna au bar. Quand il revint, Draco but le whisky tout aussi rapidement.

– Ils ont des chambres ici, sourit Draco. J'ai vu une pancarte.

Harry se traîna jusqu'au bar, compta sa monnaie, commanda un autre verre pour Draco et se renseigna sur le prix des chambres. En revenant vers Draco, il retint le verre.

– Ralentis, ordonna–t–il, avant de la lui donner.

À contrecœur, Draco fit tournoyer le liquide dans son verre.

– Les chambres sont à trente livres la nuit – et ils ne louent pas à l'heure, si c'était ce à quoi tu pensais.

Harry n'avait aucune idée de la raison pour laquelle il était en colère, peut–être parce qu'il s'était préparé à une dispute et que Draco avait coupé court en suggérant de s'arrêter pour tirer un coup – sans doute sa façon d'amener plus aisément sa proposition de transplaner. Draco haussa les épaules et but un peu, résistant à l'envie de le finir tout de suite.

– Ce que j'allais dire, avant que ton cerveau pervers ne comprenne de travers, c'est que nous pourrions rester pour y passer la nuit. Il fait trop froid pour continuer à voler. En arrivant à l'école, nous serions à moitié morts de froid à cause du gel. Nous n'avons pas besoin d'y être avant demain de toute façon.

Harry rougit et il se sentit se détendre un peu.

– Je croyais que tu étais pressé de rentrer.

Il regarda Draco céder à la tentation et descendre le verre de whisky. Si Harry avait bu ainsi, il aurait déjà été saoul.

– En plus, nous n'avons pas assez d'argent.

Draco recommença à fouiller dans ses poches.

– Ils ne prennent pas d'argent sorcier.

Harry entendit sa voix se faire plus aiguë, sa tête était lourde et il ne se sentit pas la force d'expliquer à un sorcier pourquoi les Moldus utilisaient du papier plutôt que de l'or pour leurs transactions financières. Draco fronça les sourcils et sortit six billets froissés de vingt livres qu'il jeta sur la table.

– Et ça, ça vaut quelque chose ? demanda Draco, sincèrement confus quant à la valeur des billets.

– Ouais, répondit Harry, à mi–voix. Ça fait beaucoup d'argent.

Il prit les billets et les lissa d'un air absent. Il comprit subitement pourquoi il se sentait irrité. Il n'avait simplement pas du tout envie de retourner à Poudlard. Il voulait rester avec Draco et avoir la possibilité de faire des choses simples avec lui, comme aller dans un pub, sans que les gens n'écarquillent les yeux et soulèvent leurs sourcils. Il ne voulait pas se faufiler jusqu'à la tour sud–ouest pour pouvoir passer quelques précieux moments avec son amant.

– Alors, tu vas nous prendre une chambre ?

– Qu'en est–il de Snape ? demanda Harry, incertain.

Draco sembla déconcerté pendant un instant.

– Je suppose qu'il ne rentrera pas non plus avant demain, de toute façon. Je veux dire, il est avec Hermione et, d'après ce que j'ai pu voir, ils s'aiment vraiment beaucoup, donc je ne pense pas qu'il va se précipiter pour rentrer.

Il fit une pause et sourit à Harry.

– Et il fait chaud ici… Y'a à boire… Et j'ai envie d'une dernière nuit ensemble où nous pourrions seulement dormir tout les deux sans que tu te soucies de devoir retourner dans ton lit.

Harry sourit, reconnaissant, scandaleusement amoureux.

– Et tout ce voyage à chevaucher un balai m'a vraiment excité à mort.

Draco lui fit un sourire éclatant tandis que Harry recrachait sa bière.

– Je vais réserver la chambre.

– Bien.

Draco poussa son verre vide sur la table.

– Et tant que tu y es, prends–nous un autre verre.

oOo

Semeuse restait assez étonné que ce soit un Moldu qui lui ait donné la clé de son problème. Il n'avait aucune idée de la manière dont la conversation s'était engagée. Il était allé à Covent Garden pour acheter quelque chose chez Neal's Yard Bakery [1] afin de séduire Lucius. La conversation parlait des instincts humains, des instincts de base. De ce qui poussait un homme à tout faire pour sauver sa peau, de la manière dont les gens en train de se noyer s'agrippaient à tout ce qui pouvait les sauver.

Puis la réponse lui était venue. Elle était si évidente qu'il se réprimanda pour ne pas en avoir réalisé le potentiel plus tôt.

Il revint au musée, s'enfonça dans les profondeurs de sa cave et ouvrit les portes qui menaient au grand bassin qui y sommeillait depuis plus d'un siècle. Il était construit dans un style enjolivé, à la mode gréco–romaine comme au dix–septième siècle, lorsqu'il avait été édifié. Le propre professeur de Semeuse, le conservateur Sharn, en avait cessé l'utilisation, estimant que le musée était un lieu d'apprentissage et que le conservateur n'avait pas besoin de ce genre de luxe. Semeuse l'avait découvert une nuit lorsqu'il était jeune et qu'il rôdait dans son domaine mais il en avait fermé les portes, ne cherchant pas à le restaurer dans toute sa gloire d'antan. Ce n'était plus le cas maintenant. Il avait fait appel aux elfes de maison pour le nettoyer et le remplir d'eau. Il regarda la piscine et décida qu'elle était parfaite pour mener à bien son expérience.

Le lendemain du Nouvel An, il emmena Lucius dans la pièce et l'appuya contre une large colonne de marbre. Il semblait pâle et lumineux dans cette salle lugubre et caverneuse, même avec toutes ces torches flamboyantes. C'était la première fois que Semeuse le sortait de sa chambre depuis le lendemain de Noël.

– J'ai pensé que tu voudrais peut–être faire un peu de natation.

Il sourit fixement à Lucius qui resta inexpressif. Il lui retira son habit de coton, le tirant par la tête et le laissa nu. La salle était froide et Semeuse fut ravi en constatant un frisson courant sur la chair pâle. Il allait avoir encore plus froid.

Semeuse souleva Lucius du sol et le porta jusqu'au bassin. Avec le plus grand soin, il le plaça dans l'eau sur le dos et le regarda flotter sans effort, ses cheveux blonds partant dans toutes les directions comme des rayons de lumière. Il retira ensuite ses propres vêtements et s'avança péniblement vers l'ange flottant. L'eau lui montait jusqu'à la poitrine et était assez chaude, comme il l'avait demandé. Pour Lucius, cependant, c'était différent. Semeuse était particulièrement fort en Charmes et celui–ci était l'une de ses plus grandes réussites. Ainsi, alors que l'eau était chaude pour lui et la profondeur du bassin raisonnable, pour Lucius, l'eau était froide comme un torrent de montagne et aussi profonde que l'océan. Lucius pouvait couler pendant des heures sans jamais toucher le fond mais tant qu'il flottait à la surface en toute sécurité, Semeuse doutait qu'il en soit conscient.

Il permit à Lucius de flotter pendant un moment, tout en jouissant de la vue de son corps, la poitrine pâle et les mamelons roses, même le pli de son bras était un trésor pour Semeuse, les cheveux d'or, de la même couleur que les poils de son pubis qui entouraient son pénis flasque. Semeuse était sûr que jamais il ne se lasserait de regarder ce corps. Il lui plongea la tête sous l'eau.

Semeuse compta jusqu'à quarante et Lucius inspira, remplissant d'eau ses poumons. La réaction fut immédiate. Lucius commença à se débattre sauvagement dans l'eau, forçant Semeuse à renforcer son emprise sur sa tête. Le conservateur le tenait sous la surface avec une force que personne n'aurait envisagée chez un homme de son âge. C'était l'instinct humain de base, que quelqu'un ayant reçu le Baiser aurait encore. Le besoin de survivre était le signal de base du corps, une urgence primaire. C'était ce qui se passait après qui intéressait Semeuse : Lucius savait qu'il était en vie. Quand l'instinct de survie n'était plus nécessaire, Lucius continuerait–il à se battre et se relèverait–il ?

Il garda Lucius sous l'eau pendant une autre inhalation, veillant à ce que le corps se croie en train de se noyer. Lucius commença à se débattre difficilement – puis il le relâcha et il sauta à la surface comme un bouchon de liège. Lucius toussa, s'étouffa, amenant un sourire sur le visage de Semeuse. C'était le tout premier son qu'il entendait de la bouche de son ange. Un petit filet de bave mélangé d'eau coula de la bouche de Lucius sur son menton mais ce n'était pas suffisant il n'arrivait pas à retrouver son souffle et il coula de nouveau. Il se débattait, en essayant de maintenir à flot un corps qui avait oublié les mouvements de base nécessaires pour nager. Semeuse le tira vers la surface et écouta sa toux. Il craignit un moment de devoir le ressusciter.

Les doigts de Lucius se refermèrent autour du bras de Semeuse dans sa recherche de quelque chose de stable qui le maintiendrait au–dessus de la surface. Semeuse sentit les larmes lui monter aux yeux depuis combien de temps attendait–il ce moment ? De sentir Lucius s'accrocher à lui, de sentir son corps bouger contre lui. Et maintenant, c'était exactement ce qu'il était en train de faire il se déplaçait en répondant à ses instincts primaires de survie, en s'accrochant à ce qui pouvait le maintenir en vie. Les jambes de Lucius étaient enroulées autour de la taille du conservateur, ses doigts s'enfonçaient durement dans ses épaules. Semeuse sentit son sexe se durcir contre la cuisse de son ange et il glissa ses bras autour de Lucius, lui apportant un appui, tout en le maintenant.

Doucement, il glissa sa main sous la courbe de la hanche et commença à le caresser entre les fesses jusqu'à ce qu'il ait trouvé son entrée. Lentement, il enfonça un doigt dans l'orifice étroit.

Lucius se tendit, se replia sur lui–même et lâcha Semeuse. Le conservateur regarda, stupéfait, Lucius se reculer physiquement loin de lui – et il se noya encore une fois. Il commençait à se débattre sérieusement sous l'eau lorsque Semeuse le tira à la surface et sentit ses bras et ses jambes s'enrouler de nouveau autour de lui. Seul le visage de l'ange avait changé. Il était froid et frissonnant, la bouche était ouverte, les yeux écarquillés. Il semblait terrifié. Semeuse glissa à nouveau ses mains contre le corps de l'ange, le pénétra de nouveau de son doigt. Lucius le repoussa et s'enfonçant encore dans les profondeurs de l'eau.

À la troisième fois, Lucius se rendit compte qu'il ne pouvait pas gagner. S'il s'écartait, il se noyait et son corps ne lui accorderait pas une nouvelle tentative. Il s'agrippa à Semeuse tandis que le conservateur poussait un premier puis un deuxième doigt profondément dans son corps. Ensuite il enleva ses doigts et les remplaça par son sexe tout entier.

– N–n–non.

Semeuse s'immobilisa, toujours enfoncé en Lucius. La voix était si douce, si hésitante. Mais elle était bel et bien audible. Il se retira et observa l'ange qui lui rendait son regard avec un parfait discernement, éveillé. Une larme coula sur la joue de Lucius.

– S–s–s'il v–v–vous p–plaît… N–n–non.

– Alors, tu es parmi nous, finalement ? sourit Semeuse.

La lueur de compréhension disparut du visage de Lucius et ses yeux s'éteignirent.

C'était évident que seule la panique avait forcé l'esprit de son ange à refaire surface et qu'elle ne pouvait le retenir très longtemps. Il avait réussi à articuler quelque mots, puis il était reparti, de retour dans quelque recoin secret en lui–même. Semeuse s'enfonça en lui, le faisant descendre et remonter sur son sexe, serrant fortement ses hanches contre lui. Il le besogna jusqu'à ce que l'eau prenne une teinte rosée de sang puis il sortit Lucius de l'eau, l'enveloppa d'une serviette et le rapprocha de lui. Il était à lui. Son esprit était resté intact. Quoique que cela ne fasse aucune différence. Lucius ne quitterait jamais son présent état, à moins que Semeuse ne l'aide. Le fait qu'il soit lucide avait ajouté encore au plaisir de Semeuse – et s'il voulait quelque affection en retour, il pourrait désormais utiliser la piscine.

– Tu es à moi, Lucius. Je sais que tu peux m'entendre. Tu es à moi et personne ne sera en mesure de changer ça. Je sais, ton fils doit te manquer. Mais ne t'en fais pas, je l'aurai bientôt et avec toi, nous serons tous ensemble, comme une famille. Juste comme il le faut. Je ferai n'importe quoi pour te protéger, Lucius. Je t'aime plus que quiconque. Et je ne te laisserai jamais. Ni maintenant, ni jamais.

oOo

Draco était ivre, bêtement. Harry était content d'avoir payé la chambre avant de se mettre sérieusement à boire car il ne lui restait plus d'argent. Harry était un peu plus que joyeux aussi mais, alors qu'il glissait un bras autour de la taille de Draco et le traînait vers l'escalier, il se rendit compte qu'il était beaucoup plus lucide que son amant. Draco bafouilla quelques mots à Harry et, avec un rire enfantin, il se blottit tout contre lui, lui faisant des avances ouvertement sexuelles au milieu du bar. Non pas qu'un Moldu qui s'offenserait en voyant un couple de pédés dans un pub soit un problème. Même en ayant bu, ils pouvaient l'ensorceler d'un sortilège d'Oubliettes et Harry en était soulagé. Par contre, un Draco saoul et sentimental était certainement la dernière chose à laquelle il s'attendait.

– Je t'aime, bredouilla Draco. T'es mon putain… mon putain de… Bordel, chais même pas ce que t'es…

– Un petit ami ? suggéra Harry.

– Nan ! Ça fait vraiment con.

Harry rit doucement et rapprocha Draco des escaliers.

– T'es plus qu'mon p'tit ami de toute façon, déclara Draco avec une sincérité que seule l'ébriété pouvait provoquer. T'es toute ma vie, putain.

– Oh, je pense que tu pourrais vivre sans moi, dit joyeusement Harry.

Draco s'arrêta et resta planté debout sur ses talons, oscillant un peu. Il fixa Harry, l'air un peu misérable.

– Nan, ch'pourrais pas. T'es ma vie. Ch'peux pas vivre sans ma vie.

– Il est temps d'aller au lit, Draco, chantonna Harry.

Il sourit et glissa à nouveau son bras autour de lui. Cela devait probablement sembler un peu étrange aux yeux des personnes dans le bar, Harry soutenait d'une main le blondinet saoul et de l'autre, il portait les deux balais. Il souhaitait juste pouvoir l'emmener à l'étage avant que quelqu'un ne fasse un commentaire qui soulèverait la colère de Draco. Harry ne doutait pas qu'il ensorcellerait tout malheureux Moldu qui oserait dire quelque chose d'hostile à leur sujet.

C'est alors qu'il entendit une voix qu'il avait sincèrement espéré ne plus jamais entendre de sa vie. Une voix qui le fit se figer et le glaça jusqu'à l'os. Il tourna brusquement la tête dans la direction de la voix et l'entendit de nouveau.

– Viens donc, Duddynouchet, nous nous sommes levés très tôt ce matin et nous avons besoin d'une bonne nuit de sommeil.

Harry gémit et tira désespérément Draco dans les escaliers. Ce n'était pas juste, qu'est–ce qu'ils faisaient là ? Dans la campagne anglaise, pour l'amour de Dieu ?

– Draco, mon cœur, tu dois m'aider là, mets ton pied sur la marche.

– On a qu'à faire un putain de transplanage. Ch'peux p'us marcher droit…

Harry n'allait certainement pas prendre le risque que Draco se désartibule dans son état actuel. Et Harry ne se voyait pas du tout expliquer aux guérisseurs de Ste–Mangouste comment c'était arrivé. Ce ne serait pas drôle du tout.

– Il suffit de bouger ton putain de pied !

Draco bougea, manqua la marche et tomba durement, frappant son menton contre le bois massif. Harry jura et se pencha vers lui, essayant de le remettre sur pieds. Mais c'était trop tard désormais. Tante Pétunia, Oncle Vernon et Duddynouchet montaient l'escalier et regardaient avec un dégoût évident l'ivrogne étalé dans les escaliers. Tout d'abord, ils ne réalisèrent pas qui il était ce ne fut que lorsque Harry se releva en se retournant qu'il se retrouva face à eux.

– Potter ! cracha Vernon Dursley.

S'il avait eu plus de temps pour réfléchir, un instant pour se préparer à la confrontation, il aurait certainement ignoré son neveu, comme un étranger. Malheureusement, ce n'était pas le cas et la vue du garçon qu'il haïssait avec tant de fiel lui avait causé un choc. Et le nom lui avait échappé avant d'avoir eu une chance de se contrôler.

– Tiens, Oncle Vernon.

Le coup que Draco avait reçu à la mâchoire semblait l'avoir quelque peu dégrisé. Il s'était relevé et se tenait debout sans aide, derrière Harry. Harry jeta un coup d'œil préoccupé dans sa direction et constata que Draco dévisageait les Dursley avec un dédain sans réserve.

– Oncle Vernon, Tante Pétunia… Dudley… Voici Draco Malfoy. Draco, c'est…

– Ta famille, coupa Draco.

Il les regarda avec un ricanement.

– Des Moldus, compléta–t–il, comme si ce simple mot suffisait à les rendre sales.

Les Dursley l'examinaient à peu près de la même manière. Enfin, Pétunia, se souvenant de ses manières et consciente du fait que quelqu'un puisse les observer, se racla la gorge et tenta de sourire.

– Bonsoir, Mr Malfoy, fit elle avec une affabilité forcée.

Draco hocha sèchement la tête. Vernon Dursley n'était pas aussi poli que sa femme. Il ressentait une indignation irrationnelle tandis qu'il lançait un regard furieux vers son neveu, indésirable en ce lieu. Il se demandait comment il était possible que ce garçon puisse être ici, dans ce petit hameau à l'air anodin, où les gens de son espèce ne devraient jamais être autorisées à venir.

– Que fais–tu ici, Potter ? siffla–t–il. Je croyais que toi et tes affreux amis, vous étiez allés vous entretuer dans cette guerre dont tu nous avais rebattu les oreilles !

C'était vraiment ce qu'il ne fallait pas dire. Harry ne put s'empêcher de se sentir un peu désolé pour son oncle lorsque Draco plaqua sa baguette juste sous son menton. Par contre, il n'avait jamais vu son oncle aussi terrifié et Draco était positivement menaçant.

– Non, Oncle Vernon, j'ai réussi à y survivre.

Il vit une légère expression de déception passer sur le visage de son oncle et la baguette de Draco s'enfonça un peu plus fort dans la chair. Vernon commençait à transpirer, Pétunia semblait nerveuse et Harry vit avec crainte que Dudley se demandait s'il réussirait ou pas à mettre Draco K.O. Draco remarqua son expression et tourna légèrement sa baguette vers l'énorme cousin de Harry.

– Crois–moi, le gros, j'ai éliminé des Moldus plus gros que toi et si t'essaies de me toucher, je te tuerai si vite que t…

– DRACO !

– Ce sont que des putains de Moldus, Harry.

– Laisse–les tranquilles.

– J'en ai tué des pires, Harry, sourit méchamment Draco. Et pis, c'est qu'un gros tas qu'a fait de ta vie un enfer. Ce serait quoi, ton problème, s'il était plus là ?

Harry déglutit et tenta de ne pas paraître étonné de la tournure que prenait la situation. Il fit un petit sourire crispé et se tourna vers son oncle.

– Comme tu vois, Oncle Vernon, nous ne sommes plus des enfants – et Draco n'a jamais été du côté de la bonne magie.

Pétunia décida, pour le bien de son enfant chéri, de jouer les conciliatrices.

– D–donc, Mr Malfoy, hésita–t–elle en se raclant la gorge. Depuis combien de temps connaissez–vous Harry ?

Draco baissa sa baguette avec réticence et se redressa.

– Sept ans et demi, dit–il, pragmatique. Mais ch'suis tombé amoureux de lui que depuis quelques mois.

Oh, Merlin.

Harry sentit son visage se vider de son sang tandis que Pétunia en restait toute décontenancée. Draco fit demi–tour et se dirigea vers la première volée de marches, laissant Harry seul avec sa famille, ahurie.

– Il est… il est un peu… ivre.

Vernon jeta un coup d'œil à la ronde puis se pencha et siffla à mi-voix :

– J'ai toujours su que tu étais une tapette et tout cela le prouve bien.

– Harry ?

Celui–ci jeta un regard noir à Draco qui le regardait d'un peu plus haut.

– Tu viens au lit ou tu restes là toute la nuit avec les Moldus ?

Harry prit une grande inspiration. Il se rendit compte que si Draco tenait encore debout c'était probablement parce qu'il y avait les Dursley et que s'il n'arrivait pas tout de suite, il allait sans doute redescendre les escaliers et les ensorceler juste parce qu'ils le gênaient. Harry haussa les épaules, tourna les talons et commença à monter les marches pour aider Draco le reste du trajet.

NdT :

[1] Neal's Yard Bakery est une célèbre coopérative de boulangerie crée en 1978, les artisans utilisent principalement des produits bio.

A suivre…

Voilà, merci d'avoir lu jusque-là. J'attends vos commentaires.

Bisous.

Falyla