Titre : Objects of Desire
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Auteure : Azrael Geffen
Traductrice : falyla
Correcteurs : falyla/Florent
Paring : Harry Potter/Draco Malfoy Hermione Granger/Severus Snape
Rating : M/NC-17
Etat de fic originel : terminée (20 chapitres divisés en 59 parties)
Etat de la traduction : terminée
Disclaimer: Les personnages appartiennent à l'univers de JK Rowling, l'intrigue est à Azrael Geffen, avec son aimable autorisation.
Warning : slash, scènes de sexe très graphiques, torture, viol, meurtre, tentative de suicide, drogue, abus d'alcool, langage cru.
Site : à cause des thèmes abordés, je ne sais pas si cette fic sera autorisée à rester sur FFnet, je la publie donc en parallèle sur AO3 sous le même pseudo.
Mise en ligne : sauf contretemps inattendu, le lundi, le mercredi et le vendredi.
Résumé : Après la fin de la guerre, Harry, Ron et Hermione décident de revenir à Poudlard pour obtenir leurs ASPICs. Avant la rentrée, lors d'une soirée très avinée, ils établissent et signent un pacte magique où ils s'engagent à perdre leur virginité pendant cette 8ème année.
Note de la traductrice : Merci beaucoup pour vos commentaires, j'apprécie vraiment.
Bonne lecture.
Objects of Desire
Chapitre 12 (2ème partie)
« Lorsqu'il est revenu, je n'ai pas réagi comme je l'avais espéré. Je n'ai ressenti aucune joie. Je n'ai ressenti aucune brusque poussée d'énergie qui aurait signalé l'accomplissement de mes désirs. Au lieu de ça, j'ai ressenti, avec une terrifiante certitude, que c'était la fin. J'ai eu peur pour mon fils. J'ai eu peur pour son destin et je n'ai voulu que le préserver jalousement contre le pouvoir qu'il désirait si désespérément. Je n'ai pu qu'imaginer les moyens de l'éloigner de la main de mon Maître mais je savais que la lutte pour le garder hors de sa portée serait futile. Finalement, mon fils deviendra comme moi, servant un vieil homme né une seconde fois qui nous maintient sous sa coupe par la crainte.
Et je le crains vraiment.
J'ai trouvé un livre ancien qui illustre le Ragnarök [1] – au moment où tout est prêt pour la ruine. Un homme avec un coeur de serpent dévore Odin et s'assoit sur son trône. Ensuite, la mort s'abat sur les dieux, les géants, les elfes et les nains, sur les hommes et les femmes, les fils et les filles d'Ask et d'Embla. Au commencement, la lune et les étoiles se perdront dans un épais brouillard blanc, puis les rivières, les lacs et les mers gèleront. Et enfin, un loup nommé Skoll ouvrira ses mâchoires, mangera le soleil et plongera le monde dans une nuit sans fin.
Je crois que j'entends le loup derrière la porte. »
Severus Snape referma le livre dans un claquement sec, ses longs doigts posés en travers de la couverture de cuir noir. Avec un froncement de sourcils, il se recula de la table et se mit à marcher le long des murs de la pièce. Hermione était tranquillement en train de lire au centre de la bibliothèque. Appuyée contre une vieille chaise mangée aux mites et entourée de bougies, elle semblait plongée dans un autre monde. Il aimait qu'elle soit là. Elle ne l'avait pas questionné sur ce qu'il lisait et il n'avait pas pris la peine lui faire la même demande. Il pouvait voir qu'elle lisait un livre sur les Métamorphoses il n'y avait aucun doute, elle étudiait pour ses ASPICs.
Snape avait choisi de lire le journal intime de Lucius Malfoy – un sujet bien plus intéressant – mais c'était assurément une chose à tenir hors de portée des yeux curieux. Dans ces pages, il avait espéré trouver un indice sur ce que Lucius avait fait pour se protéger, quelque chose d'autre que la moitié d'une potion et une incantation que Severus ne savait pas du tout comment exploiter. Jusqu'à présent, il n'avait trouvé que des pensées et des récits issus de l'esprit papillonnant de Lucius, ses réflexions étaient parfois aussi profondes que l'océan et d'autres fois, tellement stupides que c'en était alarmant.
– Quelque chose te trouble ?
Il se tourna et se força à sourire, se sentant vraiment comme s'il avait été pris en flagrant délit. Hermione posa son livre sur le sol, s'étira en ondulant sur sa chaise puis elle s'y affala à nouveau de manière fort peu gracieuse avant de se mettre à mâchouiller une boucle de ses cheveux.
– Non, rien ne me trouble.
– Menteur.
– L'école, la paperasse. Rien qui peut t'inquiéter.
Elle sourit avec indulgence.
– D'accord, fit–elle, garde tes secrets.
Elle se redressa et croisa ses jambes dans le fauteuil.
– Regarde ça.
Il haussa un sourcil cynique et avança jusqu'à elle.
– Non, reste là–bas et observe.
Il fit ce que qu'elle demandait. Hermione ferma les yeux en inspirant profondément et, lentement, elle se mit à changer. Il sentit un sourire s'étaler sur son visage tandis qu'elle semblait se recroqueviller sur elle–même, fondre, fusionner et rétrécir jusqu'à ce que finalement elle ne soit plus Hermione du tout mais une petite loutre au poil duveteux.
Ça alors ! Ma petite amie est une petite chose vraiment intelligente.
Ça lui convenait très bien, il n'aurait jamais pu tomber amoureux d'une femme idiote.
– Tu es vraiment la plus épouvantable m'as–tu–vu qui soit, tu sais ça ?
La loutre le regarda et il put presque discerner un haussement de sourcil. Puis elle se mit à trembler et Hermione reprit sa forme en souriant, dans l'expectative. Il croisa les bras et resta silencieux.
– Eh bien ? Allez ! Dis–moi que je suis merveilleuse flatte mon ego. Tu sais combien j'ai besoin d'attention. Je veux entendre le professeur Snape me couvrir de louanges pour changer.
– Je pense que tu as entendu le professeur Snape chanter tes louanges bien plus souvent qu'à l'accoutumée ces derniers jours.
– Je veux l'entendre maintenant.
Snape lâcha un soupir indulgent puis lui dit la vérité :
– C'était magnifique.
Il sentit une soudaine vague d'émotion lui remplir la gorge. Oui, sa petite amie était vraiment intelligente.
– Très impressionnant. Minerva sera ravie.
– En fait, c'est Draco qui m'a montré comment faire.
– Draco ?
Encore une autre petite chose intelligente… enfin, plus si petite.
– Il veut se battre en duel en se changeant en animal et nous avons pensé que nous pourrions essayer ensemble.
Snape sentit une jalousie irrationnelle suinter de son cerveau. Hermione et Draco travaillaient ensemble sur une chose à laquelle il ne prenait aucune part. À laquelle il ne pourrait jamais prendre part. Les Métamorphoses n'étaient pas sa matière… la plus forte. En fait, il avait eu de la chance de réussir l'examen. Il ourla ses lèvres et commenta avec un onctueux dédain :
– Je vois peu d'intérêt à faire renaître une forme ancienne de duel si personne n'est assez talentueux pour la pratiquer. Les baguettes sont parfaitement adéquates. La plupart des duels de métamorphoses ne s'achèvent que lorsque l'une des parties dévore l'autre. Quelque chose, qui j'en suis sûr, tu trouverais fort déplaisant – sans mentionner la déception de Mr Potter si tu devais manger son amant.
Hermione baissa les yeux elle avait vraiment espéré qu'il serait impressionné, intrigué par l'idée, et, à la place, sa voix était pleine de dérision. Elle sentit les larmes lui brûler les yeux.
– Est–ce que tu pleures ?
L'irrationnelle jalousie de Snape fut promptement remplacée par de l'irritation pure. Elle pleurait pourquoi, d'abord ? Il lui avait dit que c'était impressionnant. Qu'est–ce qu'elle voulait de plus ? Une parade ?
– Non !
Mais évidemment qu'elle pleurait. Snape soupira et se demanda ce qu'il pouvait y faire exactement. En toute honnêteté, il voulait juste reprendre le journal intime de Lucius et aller droit au lit avec plutôt que de passer il ne savait combien de temps à essayer de comprendre pourquoi elle pleurait. Dieu, qu'il détestait les pleurnicheuses.
– Qu'est–ce qui ne va pas ?
– Rien.
Il leva les yeux au ciel.
– J'ai dit quelque chose qui t'a offensée ?
– Non.
– Puis–je au moins espérer communiquer avec toi avec des phrases qui comprennent plus d'un mot ?
Elle se plongea le visage dans les mains et sanglota plus fort.
Oh, mais c'est ridicule.
– Si tu ne veux pas me dire ce qui ne va pas, comme suis–je censé l'arranger ?
Tu devrais savoir ce que tu as fait de mal, pauvre con !
Pas de réponse.
– Je vais au lit. Sens–toi libre de venir quand tu décideras d'agir de manière plus rationnelle.
Il prit le journal intime posé sur le bureau et sortit majestueusement de la pièce.
oOo
Harry trouva Draco en haut de la première volée de marches et il constata, désabusé, que leur chambre était au deuxième étage. À peine eut–il le temps de trouver Draco qu'il se tourna vers lui.
– Tuer des Moldus ?
La tête de Draco lui tournait à cause du whisky qu'il avait bu et du joint qu'il s'était empressé d'aller fumer dans la salle de bain. Harry avait essayé de l'encourager à commander quelque chose à manger mais il était parti trop loin. Quand le propre dîner de Harry était arrivé, il n'avait même pas voulu essayer de manger ce qui ressemblait à une grosse part de ragoût tout à fait insipide. Le raisonnement de Harry était que même sans saveur, il aurait au moins ça dans l'estomac. Draco s'était détourné en levant le nez et maintenant il en payait le prix. Il s'appuya lourdement contre le mur.
– J'ai tué personne te mets pas dans cet état.
– Je n'aime pas qu'on me mente !
– On peut parler de tout ça dans notre chambre ?
– Non, on va en parler maintenant. Comme je l'ai dit, je n'aime pas qu'on me mente. Qui tu as tué ?
– Personne ! De toute façon, je t'ai pas menti à toi, mais à eux.
– C'est la même chose, Draco !
– Quoi ? Mais non, pas du tout !
Draco regarda autour de lui avec désespoir il se sentait pire de minute en minute.
– Qu'est–ce que j'étais censé faire ? Laisser ce salaud me traiter de monstre et souhaiter que tu sois mort ? Laisser ce gros enfoiré me frapper à la tête ? Je suis désolé, Harry. J'ai pas été élevé de cette manière. J'en ai rien à foutre des Moldus je me fiche de savoir avec quelle famille ils sont apparentés ! Maintenant, bouge ton cul de ces escaliers qu'on puisse aller se coucher.
– Tu peux marcher au moins ? demanda vivement Harry.
– Bordel, bien sûr que je peux marcher.
Draco se poussa du mur et perdit l'équilibre, manquant de tomber tête la première par–dessus la rampe. Harry l'attrapa, Draco s'appuya contre lui en glissant son bras autour de sa taille.
– Sois pas fâché contre moi, murmura–t–il.
– Ça va ? s'enquit Harry, manifestement toujours en colère.
L'estomac de Draco se souleva. Il n'aurait vraiment pas dû boire plus de deux bouteilles de scotch. Il pouvait les imaginer se répandre dans son estomac, se mélangeant avec le seul autre contenu possible, la semence qu'il avait avalée avant qu'ils ne sortent ce matin. Il se figura une image mentale, l'ambre profond tourbillonnant à travers le blanc perlé. Il eut un sérieux haut–le–cœur. Seul sa crainte de vomir sur Harry le retint.
– Je vais bien, fit–il.
Son visage était pressé contre le devant du pull de Harry et il n'en sortit qu'un mot étouffé.
– J'ai juste un peu bu, c'est tout. Je suis qu'un stupide merdeux.
Harry n'allait pas argumenter contre ça. Il n'envisageait pas le meurtre des Moldus, même en plaisanterie, même s'il s'agissait des Dursley, comme quelque chose à utiliser comme menace. Et il n'était pas content que Draco soit ivre – une fois de plus.
– Je t'aime, marmonna Draco dans le pull.
Et ça, c'était tout simplement déloyal.
– Je t'aime aussi, chuchota Harry, juste au moment où les Dursley arrivaient.
Ils se jetèrent des regards furieux, Petunia se hâta de trouver leur chambre, tirant Vernon avec elle. Dudley s'arrêta, s'assura que Draco n'était pas en état de lui lancer un sort et siffla :
– Saloperie de petites tapettes.
Harry n'y réfléchit pas, ne pensa même pas que Draco ne pourrait pas tenir debout. Il se tourna pour affronter son cousin. Draco bascula en avant, tomba contre Dudley et inspira une bouffée de son infect après–rasage moldu. Il sentit son estomac faire un bond, il hoqueta sèchement et douloureusement une fois, deux fois et la troisième fois, le contenu entier de son estomac ressortit, couvrant Dudley Dursley de la tête aux pieds.
Harry sentit un lent sourire s'étaler sur son visage et, tandis qu'il s'avançait rapidement pour dégager Draco de son cousin qui affichait une expression meurtrière, il se mit à rire.
oOo
« Cet endroit n'est pas comme je l'avais imaginé. On dit qu'un homme devient fou ici, s'il reste assez longtemps. Pour certains, ça peut prendre des jours, d'autres des semaines, des mois ou même des années. On dit qu'on peut oublier les plaisirs rudimentaires de la vie. La lumière du soleil sur son visage, l'herbe sous ses pieds, l'odeur des jours d'été, le son de la brise bruissant dans les feuilles. C'est sombre ici, c'est certain – mais je suis allé dans des endroits plus sombres encore que celui–ci – et aussi difficile soit–il de le comprendre, je me sens en sécurité ici.
Je sais que le Seigneur des Ténèbres viendra et nous fera disparaître au loin. Je pense que les seuls qui ne le savent pas sont ceux qui travaillent au Ministère eux–mêmes. Ils ont une telle confiance en leur forteresse et en ceux qu'ils paient en âmes pour les maintenir saufs. Mais les Détraqueurs sont en train de partir et ce ne sont pas des murs de pierre qui garderont le Seigneur des Ténèbres loin de ses serviteurs, pas quand il doit les punir de leur échec. Il viendra me sauver de cet endroit, je m'agenouillerai devant lui et je le remercierai pour ça, même s'il hurle des Doloris qui rempliront mon corps de feu.
C'était écrit, et pourtant je ne peux m'empêcher de maudire le jour où le morveux aux yeux verts est né.
Mais dans mes rêves les plus sombres, dans l'ombre d'un moi dont je me satisfais maintenant, dans ces endroits–là, j'ose prier pour la victoire du gamin… »
Snape laissa tomber le livre sur ses genoux et secoua la tête. Lucius avait toujours eu le goût du drame. Pourtant, ça soulevait certaines questions avait–il été à la bataille dans le secret espoir de perdre ? Ou cette déclaration n'était–elle que le fruit d'un instant de mélancolie alors qu'il était assis dans sa cellule d'Azkaban ? Quand on en revenait à l'esprit de Lucius, Snape ne pouvait jamais dire ce qu'il en était vraiment. Il eut été plus simple de pouvoir se représenter Lucius comme la plupart du monde magique le faisait, comme un horrible scélérat, avide de pouvoir. Bien sûr, Snape le connaissait différemment. Lucius avait été un père aimant et un bon mari. Il connaissait sa manière de plaisanter et comme il pouvait se montrer généreux face à une faute. Mais la capacité d'amour de Lucius contrastait de façon si flagrante avec sa froide habileté à tuer les enfants des autres que Snape en était glacé jusqu'aux entrailles. Est–ce que ça le rendait plus monstrueux parce qu'il était capable d'amour ?
Mais Snape lui–même était capable d'amour, c'était une chose qu'il apprenait en cours accélérés en ce moment et il avait été capable de tuer sans réfléchir. Il le pourrait probablement encore s'il y était contraint. Alors peut–être était–il un monstre lui aussi.
Un discret coup à la porte le tira de ses pensées et il ferma le livre tandis que Hermione se glissait dans la pièce. Elle n'avait vraiment pas besoin de frapper mais il pouvait voir à ses yeux rouges et aussi à sa lèvre mordue qu'elle était plutôt intimidée. Il sentit un pincement de culpabilité parce qu'il l'avait fait pleurer, une sensation qu'il n'aimait pas, particulièrement parce qu'il l'avait fait pleurer de nombreuses fois dans le passé. Pourtant, il n'était pas dans une salle de classe, ils étaient dans sa maison – et ici, elle n'était pas son élève mais sa maîtresse. Il devait apprendre à refréner ses tendances naturelles quand il s'agissait d'elle ou alors il pourrait bien se retrouver seul et malheureux – encore une fois.
– Je suis désolée, renifla Hermione, je pensais juste que tu avais été plus impressionné que ça… et je suis toujours un peu émotive quand j'attends mes règles.
Snape était sur le point de répondre, de dire quelque chose qu'elle affectionnait, d'agréable et de gentil, comme : « J'étais impressionné, ma chérie » ou un truc comme ça. À la place, il en resta bouche bée. Elle avait jeté le sujet de ses règles dans la phrase de manière si désinvolte qu'il avait failli le manquer. Bien sûr, il savait qu'elle en avait, c'était juste qu'il n'avait pas cru en entendre parler en termes autres que : « Pas ce soir, chéri, c'est ma période du mois ».
Est–ce qu'elle allait devenir émotive comme ça tous les mois ? Par les couilles de Merlin !
– Je…
Il déglutit. Pour quand ce foutu truc était attendu ? Est–ce qu'elle avait tout ce qui lui fallait pour faire face ? Ils étaient allés faire les magasins sur le Chemin de Traverse, le jour d'avant, pour acheter de nouvelles robes et un manteau de voyage, elle pouvait difficilement retourner à Poudlard dans les vieux habits découpés de Potter ou dans sa robe de bal en velours rouge qu'elle portait pour le Nouvel An. Est–ce qu'elle avait été subrepticement acheter ce dont elle avait besoin ? Il décida d'éviter le sujet et de se concentrer sur ce qu'il avait vraiment compris.
– J'étais impressionné, Hermione, très impressionné. Tu dois me pardonner, je suis certain que tu me connais assez pour savoir que c'est difficile pour moi de faire l'éloge de quiconque. J'essaierai de faire mieux à l'avenir.
– Je ne veux pas que tu le fasses, contra–t–elle rapidement.
Elle s'avança vers le lit, n'hésita qu'un instant avant de grimper et de se glisser vers lui, sous les couvertures.
– Je ne veux pas que tu changes, je t'aime exactement comme tu es.
Maintenant, ça allait un peu loin, personne ne l'appréciait comme il était… excepté Minerva, peut–être. De toute façon, il était trop tard, elle l'avait déjà changé.
– Je suis navré de t'avoir fait pleurer, dit–il, mal à l'aise.
– Je suis navrée d'avoir pleuré.
Il se renfrogna et marmonna :
– Alors, nous sommes tous les deux navrés, en pathétique petit couple que nous sommes.
Hermione sourit largement et passa lentement ses robes par–dessus sa tête, amenant un sourire désabusé sur le visage de Snape. Il tendit la main vers un de ses petits seins.
– Bon, peut–être pas entièrement pathétique.
oOo
Harry fixait inutilement le désordre qui régnait au milieu de la salle commune et sentit son estomac dégringoler. Il avait espéré un meilleur retour à Poudlard que celui–ci. Cette journée avait, après tout, assez bien commencé. Draco, en véritable armoire à pharmacie ambulante, avec tout un stock de potions anti–gueule de bois, concoctées par le Maître de Potions lui–même, alors ils s'étaient réveillés et s'étaient sentis bien. Puis le sexe doux de Draco avait facilement glissé entre ses lèvres et il avait amené son amant à l'orgasme avec sa bouche. Par conséquent, il avait été capable de le convaincre de faire le reste de leur voyage en balai avec peu d'argument. Harry s'était fait une note mentale : demander à Draco de faire quelque chose alors qu'il était dans un état post–orgasmique donnait généralement un résultat positif. Il s'était même arrangé pour que Draco mange un peu, ce qui n'était pas une mince affaire au vu du menu proposé. Il avait appris, pendant les vacances, que Draco était un petit mangeur et qu'il était notoirement méticuleux. Il préférait le yaourt au petit–déjeuner, nature et sans fruit – pourtant, occasionnellement, il grignotait un toast. Aujourd'hui avait été un jour sans toast mais Harry avait réussi à forcer un bol de corn–flakes dans sa gorge sans trop de problème… même si Draco pensait que le produit était hautement douteux… Les céréales, semblait–il, n'avait jamais tenté le marché sorcier. Ils avaient donc volé, le ventre plein, à travers l'hiver glacial écossais et ils s'étaient retrouvés face à ça.
Ce qui avait débuté comme un assemblage soigné de boîtes empaquetées s'était terminée avec tout ce que Harry possédait ou avait probablement touché un jour, amoncelé au milieu de la salle commune de la tour sud–ouest. Ron avait manifestement commencé calmement puis avait laissé sa colère monter tandis que la tâche qu'il s'était lui–même imposée progressait. Harry se tenait devant la pile, encore vêtu de sa cape mouillée, fixant sa vie empilée sur le sol ça ne lui prit pas longtemps pour remarquer que tous les cadeaux qu'il avait offerts à Ron étaient inclus dans tout ce bric–à–brac. Il se sentit un peu écoeuré et ses lèvres s'ourlèrent sous le choc et l'incrédulité. Ron avait tout jeté hors de leur chambre ! Où est–ce qu'il allait dormir ? Il se tourna et regarda Draco, impuissant. Ce dernier haussa les épaules, fixant la pile d'habits, les livres et ses autres possessions et se demanda si Harry avait toujours eu si peu de goût. Pour lui, le lot entier pouvait bien aller dans l'incinérateur, comme ça Harry pourrait prendre un nouveau départ.
Comme pour répondre à un signal, la porte de la tour s'ouvrit et leurs camarades de classe commencèrent à entrer dans la pièce, tous un peu paresseux d'avoir avalé un énorme repas et ne semblant pas pressés de recommencer le lendemain. Les quatre derniers mois avaient été vraiment durs et les ASPICs n'étaient pas si loin. Une fois qu'ils virent Harry et Draco, nombre d'entre eux stoppèrent net, bouche bée. Ils avaient tous vu le journal ou du moins, avaient entendu quelque chose sur ce qui y était dit. Ron était, bien sûr, trop heureux de combler le récit de détails. Il avait vu tout ça de ses propres yeux, après tout. Quand ils n'étaient pas revenus la nuit précédente, il y avait eu des spéculations pour savoir s'ils reviendraient ou pas – trop embarrassés pour se montrer. Ron serait consterné mais beaucoup de ses amis étaient contents de le voir là. Ça ne cadrait pas avec ce qu'il connaissait de lui. Harry Potter ne se serait jamais enfui pour se cacher.
Les yeux se concentrèrent sur Draco avec un nouvel intérêt. Tout au long de ces derniers mois, il avait rassemblé quelques personnes qui l'appréciaient à contrecœur. Il était généreux avec son argent, toujours capable de se procurer de l'alcool en n'importe quel endroit ou d'organiser une fête en peu de temps. Bien sûr, beaucoup savaient que ce n'était qu'un effort de sa part pour corrompre les gens afin qu'ils soient bons avec lui. C'était un Malfoy après tout et il était politiquement astucieux. Ce n'était que l'école mais il savait que s'il survivait à cette année finale, il aurait besoin de quelques bonnes volontés sur son chemin. Maintenant, ça tournait mal. Il prit ses efforts comme une étape de plus, sans compter qu'il sodomisait leur héros. Les opinions face à lui étaient mitigées. Pendant les vacances, beaucoup avaient écouté les discussions sur le Chemin de Traverse ou autour de leur propre table. Chacun semblait avoir son opinion dans le monde magique. En premier, il y avait Malfoy qui avait ensorcelé Harry d'une manière ou d'une autre – ou utilisé la propre innocence de Harry comme d'un jouet pour obtenir ce qu'il voulait. L'un ou l'autre, un Malfoy était à nouveau sous les projecteurs. On avait même parlé de l'envoyer se faire questionner par le Ministère à propos de ses actions.
Quand enfin Ron pénétra dans la salle commune, il vit Harry. Les traits de son visage se durcirent et il fit silencieusement le tour de la pièce en évitant les yeux de Harry. Il n'avait qu'un but : prendre d'assaut sa chambre sans commentaire puis attendre que Harry enlève ses affaires et s'en aille, la queue basse, dans la honte.
– Je crois que ces chaussettes sont à toi, fit Harry, brisant le silence.
Ron s'arrêta net.
– Je suis sûr que tu les as mises dernièrement, répliqua le rouquin, sur la défensive.
– Oh ? Eh bien, ce sont les tiennes, tu devrais les reprendre.
– Je ne veux rien que ton pied de pédé à porter.
Harry rosit et grinça des dents dans un effort pour s'empêcher de jeter un sort à Ron sur place.
– Alors, laisse–les pour les elfes de maison parce que je ne les veux pas.
Ron vint jusqu'à lui et jeta rapidement les chaussettes offensantes à travers la pièce.
– Voilà.
Harry soupira et s'affaissa.
– On ne peut pas juste en parler ?
Le rouquin jeta un regard mauvais à Draco.
– Y a rien à dire. Comme on fait son lit, on se couche. T'en as fait une chose foutrement merdique alors maintenant assume.
C'est quoi ce raisonnement de crétin ?
– Ron… et je suis supposé dormir où ?
Ron eut un sourire narquois.
– Et pourquoi pas dehors, dans la vieille porcherie de Hagrid ? Tu devrais avoir l'habitude de partager ton lit avec les porcs maintenant.
Harry allait répondre mais il fut stoppé par le grognement impatient de Draco qui le poussa devant lui. Il agrippa à pleines mains les affaires de Harry, prêt à sortir rapidement de la pièce.
– Eh bien, ricana Ron, il semblerait que les porcs n'auront pas de nouveau compagnon après tout et que tu restes avec ton amant.
Ron regarda Draco pivoter.
– On ne sait jamais, on pourrait tous avoir de la chance, il prouvera qu'il est la petite merde de son assassin de père après tout. Peut–être que tu devrais dormir que d'un seul œil.
Draco attrapa quelques affaires supplémentaires, ignorant son amant qui attendait là, dans un silence ahuri.
– Fais–moi confiance, la Belette. Il dort beaucoup mieux avec moi qu'avec toi dans cette putain de chambre merdique. Le bruit que tu fais en te branlant est suffisant pour tenir éveillé n'importe qui.
– Oh, ouais, Malfoy, et sa seule inquiétude avec toi, c'est de prendre une bite malvenue dans le cul…
– En fait, la Belette, ma bite dans son cul n'est jamais malvenue.
Ron ourla ses lèvres de dégoût.
– T'es qu'un connard de pervers.
Puis il s'adressa à Harry en sifflant :
– Tu le laisses faire ça ?
Harry chancela un moment, il ne savait pas quoi dire et Ron se détourna de lui, ricanant toujours, en secouant la tête.
– Qu'est–ce qu'il y a de pervers ? demanda finalement Harry, ramenant Ron vers lui avec un air d'incrédulité sur le visage.
– Si tu ne vois pas ce qu'il y a de pervers à laisser ce… connard… t'enfiler sa bite alors tu as plus de problèmes que je le croyais.
Harry lança un regard furieux vers le garçon en face de lui et brusquement, il ne put se rappeler comment c'était d'être son ami. Il regarda autour de lui et se sentit comme un spécimen de zoo, observé avec un intérêt malsain déguisé en curiosité. Ils avaient déjà tous leurs propres avis sur la question, aucun d'eux ne se souciait que Harry soit un être vivant avec des sentiments. Ce qui leur importait était le fait qu'il avait tué Voldemort, qu'il soit célèbre et qu'il ait sa statue dans l'entrée du Ministère de la Magie. Comment avait–il pu se laisser surprendre ainsi ? Comment avait–il pu permettre à l'héritier des Malfoy de le souiller ? Il était censé épouser une gentille fille, avoir des enfants qui porteraient son nom de famille, élever un futur héros qui tiendrait ses promesses.
– Il n'y a rien de pervers là-dedans, fit Harry.
Il ne pouvait pas crier, il savait que sa voix serait perçante s'il criait et il ne voulait pas l'entendre.
– Il n'y a rien de pervers dans ce que nous faisons. Je l'aime…
– Oh, je t'en prie, répliqua Ron en roulant des yeux. Putain, t'es trop ahuri pour voir la vérité. C'est qu'un petit con de menteur et il n'y a rien dans sa lignée familiale qui ne soit pas un meurtre ou un mensonge. Il t'a ensorcelé. T'étais puceau, il t'a sucé la bite et maintenant tu crois que tu l'aimes.
– C'est moi qui l'ai poursuivi !
Ron se tut, un muscle tressauta dans sa joue tandis qu'il digérait la nouvelle. Harry sourit largement, triomphant un instant.
– C'est vrai, affirma Harry, sachant qu'il ne parlait plus uniquement pour Ron en faisant cette déclaration. Je l'ai désiré, je l'ai toujours voulu. Je ne me rappelle pas un seul instant où je n'ai pas eu envie de lui – et maintenant que je l'ai, je me fous de ce que vous pensez. Je ne vais pas le laisser tomber parce que vous et quelques petits esprits étriqués pensez que c'est mal. Draco a raison c'est bon d'avoir sa queue dans mon cul. J'aime ça. J'aime quand il me baise, j'aime quand il me caresse, me suce et m'embrasse. J'aime faire toutes ces choses pour lui, peu importe que vous croyiez que c'est sale, il faudra faire avec.
Les yeux de Harry se plissèrent et sa voix s'abaissa en un dangereux chuchotement pour Ron et Ron fut le seul à entendre.
– Et si tu touches un seul de ses cheveux, je te tue. Ne crois surtout pas que je ne le ferai pas.
Ron recula, visiblement pâle mais son rictus était toujours en place. Il pivota, jeta un regard furieux autour de lui, vers les gens qui observaient l'altercation et sortit en trombe de la pièce. Harry relâcha son souffle alors qu'il n'avait pas eu conscience de le retenir et baissa tristement la tête. Draco se tenait maladroitement derrière lui, les bras toujours remplis des affaires de Harry.
– Viens, dit Draco à voix basse, allons déposer tes trucs dans notre chambre.
Harry acquiesça, il tremblait toujours. Draco essaya de sourire mais le résultat n'était pas convaincant, il avait l'air un peu secoué, lui aussi.
– Et regarde le bon côté des choses, au moins, il n'y aura plus de ronflements.
oOo
Ron ferma la porte de sa chambre et appuya son dos contre le bois massif. Alors c'était fini. Il venait juste de flanquer son meilleur ami dehors et il avait creusé entre eux un gouffre qu'il ne pourrait vraisemblablement jamais combler. Non pas qu'il veuille le combler. Pas tant que Harry choisissait d'être avec Malfoy de toute façon.
Il y avait une lettre posée au milieu de son lit et il se demanda comment elle était arrivée là. La porte était verrouillée et il était trop tard pour le courrier. Il la prit et la retourna, révélant le sceau de sa propre famille. L'écriture lui était familière, elle appartenait à George Ron sentit son cœur s'emballer.
Oh, mon dieu, il est au courant.
Ron s'affala sur le bord du lit et se débattit avec la lettre, ses doigts tremblants déchirèrent le papier au lieu de s'attaquer au sceau en premier, avant de finalement réussir à l'ouvrir.
« Cher Ron…
Ron tressaillit en lisant le terme affectueux de son frère mais son esprit fut immédiatement apaisé, ce n'était pas une lettre qui l'accusait de coucher avec sa femme.
« Il nous a été donné, à Fred et à moi, l'occasion d'acheter le magasin de farces et attrapes Zonko situé à Pré–au–Lard. Comme tu peux l'imaginer, cette opportunité est trop belle pour la laisser passer, particulièrement avec Poudlard si près. Zonko a placé de nombreuses clauses à la vente alors je m'inquiète juste de savoir comment tourne le magasin. Je sais que nous ferons beaucoup d'affaires avec notre système de commandes par courrier mais il veut garder un grand nombre de ses propres produits en rayon. C'est pourquoi j'envoie Angelina vérifier les livres de comptes du magasin pour le mois prochain. Elle restera aux Trois Balais et, comme tu as plus de liberté cette année, je lui ai dit que tu irais la voir quelques soirs par semaine pour dîner, boire un verre ou lui tenir compagnie.
Je te serai vraiment reconnaissant si tu pouvais le faire car je déteste l'idée de penser qu'elle est toute seule dans sa chambre, sans personne à qui parler. Vous allez bien vous entendre et je suis certain qu'avoir ta belle–sœur dans les parages ne te gênera pas.
Ange arrivera le week–end prochain, je te préciserai l'heure par hibou.
Merci d'avance.
George. »
Ron resta longtemps assis, tenant mollement la lettre dans sa main, il se demandait comment elle s'était arrangée pour faire ça. Ça devait être l'idée d'Angelina – et elle avait fait en sorte que George croie que c'était la sienne. Pas qu'il s'inquiète vraiment de comment elle y était parvenue. Le problème était qu'elle l'avait fait.
Ainsi elle revenait le tourmenter une nouvelle fois et lui apporter de nouvelles doses de drogue – quelque chose qui le réchaufferait d'une manière ou d'une autre. Il vivait dans la terreur que tout lui échappe. La situation le troublait et, pendant un instant, il envisagea de retourner en courant dans la salle commune, d'entrer en force dans la chambre de Malfoy et de supplier Harry de lui pardonner, de l'aider et de le consoler. Mais c'était une chose qu'il ne ferait jamais. Il savait que son seul recours était de jouer sa part dans le jeu qu'Angelina avait planifié – quel qu'il soit – et de prier pour qu'il souhaite le faire jusqu'au bout en gardant son esprit tortueux intact.
oOo
Draco regarda le bazar que sa chambre était devenu. Il était ordonné par nature, ce n'était pas quelque chose qu'on lui avait inculqué de force, mais plus une habitude qu'il avait prise de ses parents qui étaient soignés d'une manière presque scrupuleuse. L'idée la plus répandue était que Draco se contentait de laisser tomber ses affaires et d'attendre que les elfes de maison s'en occupent mais c'était absolument faux. Le plus souvent, la personne qui aurait ramassé ses affaires derrière lui aurait été, soit son père, soit sa mère et ils n'auraient pas manqué alors de lui lancer un regard désapprobateur afin qu'il ne recommence pas. Harry, d'un autre côté, avait passé sa vie entière poussé à la propreté et une fois loin du joug de sa tante et son oncle, il s'était dispensé de telles subtilités. Il déversa le solde de ses affaires sur le sol et se jeta sur le lit. Draco pivota vers lui et le regarda fixement.
– Tu ne crois pas qu'on devrait essayer de mettre ces trucs plus loin ?
– Laisse, ils seront toujours là demain.
Harry passa sa robe par–dessus sa tête, puis son pull et le T–shirt qu'il portait en dessous et tapota le lit.
– Viens là, mon pote de chambrée.
– Je crois que le problème est justement que ce sera encore là demain. Tu ne penses pas qu'on devrait en mettre quelques uns de côté ? Ou mieux, tout jeter ?
Harry se redressa et fronça les sourcils.
– Tout jeter ? Pourquoi ?
Draco lança un regard désobligeant sur les possessions de Harry.
– Eh bien, principalement parce que ce sont des fripes. Ces habits ont quoi, quatre ans au moins ? Ils te vont encore pour la seule raison qu'ils appartenaient à ton cousin aux grosses fesses.
– Et qu'est–ce que je suis censé mettre ?
– Hum, j'ai une suggestion, sors ton porte–monnaie de ton cul et achète–t–en de nouveaux.
– Tu es en train de dire que je suis radin ?
Draco soupira et secoua la tête.
– Non, je suis juste en train de suggérer que, peut–être, tu devrais dépenser ton argent autrement qu'en fournitures scolaires de base, en bonbons, en occasionnelles sorties et en nourriture pour hibou.
– Tu penses que je n'ai pas l'air bien ?
Harry s'étendit à nouveau sur le lit, il n'était vêtu que d'une paire de vieux pantalons cargo. Draco sourit.
– Eh bien, non, pas quand tu fais ça.
Harry tapota à nouveau la surface du lit.
– Viens ici.
– Non.
– Pourquoi pas ?
– Parce que je continue de penser au fait que tu portes ce vieux pantalon sale et trop large.
Harry baissa les yeux sur son pantalon.
– En fait, c'est le mien… en quelque sorte. Ils vient d'Oxfam.
– Oxfam ?
– Magasin de charité, sur Kilburn High Road.
– Tu as eu ce pantalon dans un magasin de deuxième main moldu ?
– Ça semblait une bonne idée sur le moment.
– Tu n'es pas pauvre, tu sais.
– Je sais… fit Harry en rougissant. Je ne suis pas tellement bon en vêtements.
Draco sourit une nouvelle fois, grimpa dans le lit avant de ramper sur le corps étendu de Harry et baissa les yeux vers lui. Il était vraiment irrésistible.
– Tu vas m'habiller ?
– Dans l'immédiat, je vais te déshabiller.
Harry eut un rire de gorge et attira la tête de Draco vers lui, capturant sa bouche dans un baiser. Les paupières de Draco se fermèrent lentement et il se sentit fondre dans ses bras. Ses lèvres et sa langue devenaient liquides tandis que sa bouche était frôlée par une langue douce qui l'ouvrait pour taquiner sa lèvre inférieure, effleurer ses dents et explorer son palais. Le baiser s'adoucit et devint glissant de salive tandis qu'ils essayaient désespérément d'attirer l'autre dans leur propre bouche. Les mains de Harry plongèrent d'elles–mêmes dans les cheveux couleur de lune de Draco, les mains du blond se crispèrent et tirèrent les épaules, la nuque et le dos de Harry, tentant de l'attirer sur lui pour le dévorer. Ils se mirent tous deux à gémir et cela devint quelque chose de plus dur, de plus urgent et de plus passionné.
La porte s'ouvrit à la volée dans une soudaineté qui les fit presque bondir. Hermione se tenait dans l'encadrement de la porte, ses cheveux volant sauvagement sur ses épaules, l'air inquiet.
– Ça va, Harry ?
Les deux garçons la regardèrent, bouche bée, est–ce qu'ils avaient été trop bruyants ? Est–ce que toute la tour les avait entendu ? Sûrement pas !
Hermione cligna des yeux et vit précisément dans quel plat elle venait précisément de mettre les pieds et constata rapidement qu'ils se portaient plus que bien.
– Oh, merde. Désolée.
– C'est bon.
Draco sourit largement en promenant sa main sur la poitrine de Harry et se releva.
– J'ai entendu que Ron avait viré Harry alors je suis venue m'assurer qu'il allait…
– Bien ?
– Ouais.
– Je vais très bien.
Harry s'assit et haussa les épaules, il avait brusquement froid sans Draco sur lui.
– Je pense que j'étais plus choqué qu'autre chose. Je croyais qu'une fois calmé, il pourrait en parler ou quelque chose dans le genre.
– Les gars, vous avez vu la Gazette du Sorcier, ces derniers jours ?
Tous deux firent non de la tête.
– Bon, ce n'est probablement pas une bonne idée d'y jeter un œil maintenant.
– C'est dans le journal ? murmura Harry, horrifié.
– C'est dans tous les journaux. Severus m'a dit que Dumbledore avait intercepté tout le courrier de Draco afin de s'assurer qu'il ne contienne aucun mauvais sort.
Les yeux de Draco s'écarquillèrent.
– Moi ? Mais qu'est–ce que j'ai fait ?
Hermione haussa un sourcil.
– Ron a parlé à la presse ? demanda Harry.
Il n'arrivait pas entièrement à croire que Ron ait pu lui faire une chose pareille.
– Je ne sais pas. J'aimerais croire qu'il ne l'a pas fait. Et puis, les invités de la fête étaient tous là quand Ron a tout découvert alors ce pourrait être n'importe qui.
Draco grogna.
– La Belette est un connard né. Depuis toujours.
– La ferme, Draco.
Draco se tourna vers lui.
– Ce mec t'a viré avec tout ce qui faisait ton monde et il vient juste de t'humilier devant tous tes amis ! Pourquoi tu me dis de la fermer ? C'est moi qui reçois des lettres d'injures !
Harry se renfrogna.
– Je… Je sais pas. C'est… C'est Ron.
– C'est un branleur.
Hermione s'assit sur le bord du lit.
– Je crois qu'il a des problèmes. Je pense vraiment qu'il se passe quelque chose avec lui. Je veux dire, il est complètement irrationnel et ce n'est pas lui du tout.
– Eh bien, grommela Harry, il ne me parle pas alors il n'y a rien que je puisse faire.
Hermione essaya de sourire.
– Il ne me parle pas non plus. Je ne sais pas quoi faire.
Draco leva les mais en l'air exaspéré de la direction que prenait la conversation.
– Putain ! Tout le monde a des problèmes. S'il n'arrive pas à les gérer, laissez ce misérable connard se noyer.
Harry lui jeta une œillade pleine de mépris.
– Tu peux être une vraie petite merde, tu sais ça ?
– Oui, chéri, rétorqua vicieusement Draco, mais je suis ta vraie petite merde.
Il descendit du lit et commença à mettre sa robe, il ne voyait pas vraiment l'intérêt de continuer s'ils restaient là à discuter des problèmes de la Belette.
– Où tu vas ? s'enquit Harry, un instant perplexe.
– Snape est de retour, non ?
Hermione acquiesça, en rougissant un bref instant de plaisir.
– Alors je vais le voir. Je dois discuter affaires avec lui, tu te rappelles ?
– Ouais, mais maintenant ?
Harry frissonna. Il voulait que Draco revienne dans le lit et que Hermione sort de la chambre, alors, bon sang, pourquoi est–ce que Draco partait maintenant ?
– Mieux vaut tard que jamais.
– Nom de dieu, Draco !
– Quoi ? Je dois le voir et je préfère le faire maintenant que remettre ça à un autre jour. Au moins, je sais qu'il n'est pas en train d'annoter des papiers ou quoi que ce soit. Et je sais aussi qu'il sera capable de s'en occuper rapidement alors je serai de retour.
Harry se jeta au bas du lit avec un grognement de frustration. Draco sourit diaboliquement.
– T'inquiète pas, je ne serai pas long et ton attente sera récompensée.
Il n'eut pourtant pas l'air content en entendant ça. Draco s'avança et embrassa gentiment sa bouche gonflée.
– Je ferai vite, bébé.
Harry grommela et Hermione lui tapota le genou en riant.
– Viens dans ma chambre, Lavande est de retour avec une caisse de champagne.
Harry rougit et secoua violemment la tête.
– Heu, non, je…
– Pourquoi ?
– Je… Je crois pas…
Hermione soupira et sourit gentiment.
– Elle s'en fiche, tu sais. Elle se fiche que vous soyez amants tous les deux – en fait, je crois que ça l'excite un peu.
– Lav' a toujours eu un côté vilaine fille, déclara Draco en riant.
Hermione rit aussi et hocha de la tête.
– Le problème, c'est que Ron ne parle plus à l'école tout entière, Harry.
– Pourtant, il parle au nom de plein de gens, marmonna–t–il.
– Allez, viens boire un verre, le pressa gentiment Hermione, pour moi. Lavande veut que tu viennes elle m'a dit de t'inviter. Draco peut venir plus tard.
– Allons, le poussa Draco. Tu ne peux pas te cacher ici éternellement.
Je peux si j'essaie assez fort.
Harry remua inconfortablement, sans s'inquiéter de cacher la moue de sa bouche puis il acquiesça lentement.
– D'accord, je viendrai boire un verre.
– Bien.
– Mais juste un.
A suivre…
NdT :
[1] Dans la mythologie nordique, le Ragnarök (littéralement Consommation du Destin des Puissances) est la bataille de la fin du monde, le destin auquel ne peuvent échapper les dieux, la destruction d'Ásgard et peut–être le renouveau du monde.
Voilà, merci d'avoir lu jusque-là. J'attends vos commentaires.
Bisous.
Falyla
