Titre : Objects of Desire

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Auteure : Azrael Geffen

Traductrice : falyla

Correcteurs : falyla/Florent

Paring : Harry Potter/Draco Malfoy Hermione Granger/Severus Snape

Rating : M/NC-17

Etat de fic originel : terminée (20 chapitres divisés en 59 parties)

Etat de la traduction : terminée

Disclaimer: Les personnages appartiennent à l'univers de JK Rowling, l'intrigue est à Azrael Geffen, avec son aimable autorisation.

Warning : slash, scènes de sexe très graphiques, torture, viol, meurtre, tentative de suicide, drogue, abus d'alcool, langage cru.

Site : à cause des thèmes abordés, je ne sais pas si cette fic sera autorisée à rester sur FFnet, je la publie donc en parallèle sur AO3 sous le même pseudo.

Mise en ligne : sauf contretemps inattendu, le lundi, le mercredi et le vendredi.

Résumé : Après la fin de la guerre, Harry, Ron et Hermione décident de revenir à Poudlard pour obtenir leurs ASPICs. Avant la rentrée, lors d'une soirée très avinée, ils établissent et signent un pacte magique où ils s'engagent à perdre leur virginité pendant cette 8ème année.

Note de la traductrice : Merci beaucoup pour vos commentaires, j'apprécie vraiment.

Bonne lecture.

Objects of Desire

Chapitre 13 (1ère partie)

La frontière de la raison

31 octobre 1981

« Le Seigneur des Ténèbres a une nouvelle obsession, une médium moldue, et j'ai eu pour tâche de la retrouver et de déverrouiller ses secrets. Je l'ai suivie, j'ai marché dans son ombre, senti le conflit en elle, comme une enfant abandonnée et, si on pouvait avoir pitié des Moldus, j'aurais pitié d'elle. J'ai dans l'idée que bien qu'aucune famille n'est entièrement exempte de conflits, il y en a quelques–unes qui s'arrangent pour maintenir une unité constante, sans menace aucune, qui, d'une façon ou d'une autre, permet aux jeunes de grandir sans la moindre perturbation, ni même le plus petit choc.

Je ne peux que faire le serment que je ne permettrai jamais que ceci arrive à Draco. Une telle éducation, une erreur si vile, laisse un enfant complètement démuni et ce, en début de puberté, sans parler de ce qui doit suivre.

Miss Regina Vermoral a eu ce genre d'éducation. À l'abri et préservée de tout. Comme si elle avait été enveloppée d'une couche de ouate. Puis, à douze ans, lorsque les visions ont commencé, ses parents ont pensé qu'elle était folle. Au début, les visions étaient à peine plus que des tremblotements vacillants, quelque chose qu'elle ne pouvait pas expliquer mais certainement rien qui aurait pu inquiéter sa famille. Un problème de vue peut–être, alors elle est passée d'un spécialiste à l'autre mais ils ne trouvèrent aucun défaut à ses yeux. Puis ses visions sont devenues plus profondes elles y étaient destinées. Bientôt, elles furent d'une éclatante réalité qui transforma l'univers solide en un point flou. Regina Vermoral s'est mise à marcher à l'intérieur d'une brume céleste tourbillonnante. Elle est capable, comme bien des nôtres en ont rêvé sans jamais y parvenir, de marcher entre deux mondes. D'un côté, sa piètre normalité moldue et de l'autre, une plaine céleste où elle est témoin de batailles titanesques.

Les Moldus ont perdu leurs dieux dans les pages de leur propre croyance, ils traitent les êtres divins parmi eux comme de la vermine. J'ai trouvé Regina vivant dans un trou infesté de rats qu'ils se plaisaient à appeler une institution. Ils avaient placé des choses sur sa tête à cause de tous les événements qu'elle leur avait annoncés, ils avaient essayé de faire cesser les visions et quand je l'ai trouvée, ils étaient sur le point de lui ôter une partie de son cerveau qu'ils croyaient responsable de ses radotages.

Elle m'a vu comme un sauveur.

Quelle ironie.

Elle avait le choix entre se faire mutiler ou partir avec un homme sorti de nulle part qui disait la croire, elle a choisi l'option la plus logique. Je crois qu'elle a pensé que j'étais un de ces Êtres Célestes qu'elle voyait c'est quelque chose qui me fait encore glousser. Je lui ai expliqué que la guerre céleste dont elle avait été témoin n'était pas une bataille du bien contre le mal, comme l'idée fausse que les Moldus en avait, mais une guerre entre deux clans qui se valaient tous les deux en honneur et en méchanceté. Qu'elle ne voyait pas un conflit entre ce qui devait être juste et ce qui ne l'était pas mais une dispute territoriale émanant d'un conflit interne basique.

Elle ne m'a pas cru, les Moldus ont tellement de peine à comprendre que les Êtres Célestes peuvent être aussi mesquins et fiers que les humains. Cependant, une telle réserve ne l'a pas empêchée de faire ses bagages. Elle avait peu de choses en guise de vêtements, mais ce ne sont pas ses habits qui m'intéressent en elle. Ce que je veux, ce que le Seigneur des Ténèbres désire ardemment, c'est ce qu'elle a découvert quand elle a réalisé qu'elle ne pouvait s'empêcher de voir les Anges perturbés et les démons sanglants graviter autour d'elle. Lorsqu'elle a su qu'elle ne pourrait jamais s'en libérer, elle a cessé d'avoir peur et à commencer à regarder autour d'elle. Elle a voulu en savoir plus, prouver que ce n'était pas une simple démence. Quand l'autre monde s'est présenté, elle l'a exploré, enjambant des corps, traversant des marécages puis elle s'est rendue compte qu'elle pouvait récolter des choses – et les ramener chez elle.

Deux cents petits flacons et de minuscules morceaux de soie pliés pour former des enveloppes, et, à l'intérieur, la chose la plus précieuse au monde. Du sang et de l'huile, de la chair et des plumes, des pointes de flèches, des petits éclats de boucliers, des fragments d'armure ou d'os. Ces choses n'étaient pas de ce monde et pourtant, cette fille était capable de les ramener ici, d'exposer devant moi ce qui n'avait pas été vu depuis l'aube de notre temps. J'ai, bien sûr, requis qu'elle emporte tout, les bouteilles, l'essence d'Ange, les livres pleins de ce qu'elle considérait comme du charabia mais que j'avais reconnu comme le langage des Anciens.

Et elle est ici, maintenant, chez moi, attendant l'appel de mon Maître.

Plus tard…

Quelque chose est arrivé que je n'avais pas prévu. Il est parti. Le Seigneur des Ténèbres s'est évanoui, je ne peux plus le sentir et la Marque des Ténèbres s'est effacée comme si elle n'avait jamais été là. Et c'est un enfant qui a fait ça. Un bébé sans talent extraordinaire. Je l'ai vu, porté même et il ne m'a rien fait. Mais pour le Seigneur des Ténèbres, il était mortel.

Et maintenant, il me laisse avec cette fille, une Moldue qui possède une collection exceptionnelle d'objets inestimables. Et si je suis sûr que prendre sa virginité s'avérera très amusant, je ne sais pas quoi faire d'elle. Ses possessions sont maintenant les miennes, mais que faire d'elle ? Avec le Seigneur des Ténèbres parti, il pourrait se révéler peu judicieux de la tuer et, d'une manière ou d'une autre, profondément en moi, je sens que j'aurai besoin d'elle un jour et je ne prends jamais ce genre de sentiments à la légère… »

Snape fronça les sourcils et prit sa plume. Avec des mouvements mesurés, il écrivit : « Regina Vermoral ? » sur un morceau de parchemin.

oOo

Les yeux de Hermione s'ouvrirent en grand et sa tête devint brusquement claire. Mais bon sang, qu'est–ce qu'elle faisait ? Elle tourna ses yeux bruns terrifiés vers Draco qui semblait porter son attention sur quelqu'un d'autre. Il était debout sur le pas de la porte, avec une expression étrange, comme s'il était partagé entre le fait d'être hautement amusé et extrêmement emmerdé. Elle se sentit soudain très, très exposée, elle avait froid et…

Oh, mon dieu, Severus va me tuer.

Elle lutta pour se dégager de sous Lavande, ferma ses robes tandis qu'elle lâchait un petit cri d'horreur lorsqu'elle réalisa ce qu'elle s'était permise de faire. Lavande roula sur le dos, fixa le toit quelques secondes avant de s'asseoir. Puis elle s'étira paresseusement et récupéra ses robes.

– Tu veux te joindre à nous, chéri ? demanda–t–elle à Draco avec beaucoup plus de nonchalance qu'elle n'en ressentait réellement.

Draco parut considérer l'offre un instant, se mit derrière Harry et plaça deux bras possessifs autour de lui et lui adressa un sourire forcé.

– Pas ce soir, mon chou, une autre fois, peut–être ?

– Bien sûr, quand tu veux. Un verre ?

– J'adorerais.

Lavande enveloppa ses robes fermement autour d'elle et prit un verre dans la coiffeuse. Elle savait gérer la situation, parce qu'elle savait comment gérer Draco. Lui donner un verre et calmer Hermione.

Malheureusement, calmer Hermione n'allait pas être aussi simple que de verser un verre de champagne. Elle tendit le verre à Draco et se pencha pour aider Hermione à trouver ses chaussures… Les intentions de sa camarade de chambre étaient claires.

Pendant que les filles farfouillaient un peu partout, Draco se pencha pour murmurer durement à l'oreille de Harry :

– T'es bourré, bébé ?

Harry acquiesça stupidement, il sentit la première piqûre des larmes quand Draco siffla :

– Si je te reprends à faire ça, putain, je te tue.

Harry hocha la tête encore une fois et une larme brûlante zébra sa joue.

– Chut, ne fais pas ça maintenant.

Draco reporta son attention sur les filles qui avaient une dispute un peu spéciale. Au grand désarroi de Draco, Hermione se préparait à aller confesser sa quasi infidélité à son amant.

– Ne lui dis pas !

Draco dévisageait Hermione, incrédule.

– Il n'a vraiment pas besoin de savoir.

– Quoi ?

Hermione n'arrivait pas à croire ce qu'elle entendait. Combien de fois ses parents ne lui avaient–ils pas déclamé que les relations se construisaient sur la confiance ? Et maintenant, elle était censée mentir à Severus ? Avec tout ce qui venait de se passer ?

– Je dois le lui dire !

– Non, tu n'as pas à le faire, la pressa Lavande, contente d'avoir Draco de son côté. Fais–moi confiance, tu ne veux vraiment pas lui raconter ça. Il ne le découvrira pas alors il n'a pas besoin de savoir.

– Mais s'il le découvre ?

– Ce ne sera pas le cas… sauf si tu le lui dis.

Hermione jeta un coup d'œil à Draco et se demanda comment Harry pouvait lui faire véritablement confiance s'il était capable de raconter un tel mensonge. Puis elle remarqua ses mains, elles serraient Harry si durement que ses ongles étaient plantés dans la chair alors elle se rendit compte avec stupéfaction qu'il était bien plus contrarié à propos de cette histoire qu'il ne voulait bien le laisser paraître.

Harry était presque collé au corps de Draco, son visage figé en un masque honteux. Il ne regardait personne, ne parlait pas et Hermione pouvait voir les sillons humides de ses larmes sur sa figure. Mais Draco avait toujours ses bras autour de lui, l'aimait toujours et ne le laissait pas partir.

– Je ne peux pas lui mentir, je dois le lui dire.

Lavande secoua la tête, elle semblait mal à l'aise et un peu coupable.

– 'Mione, tout ce que tu vas faire, c'est le blesser, lui… et toi–même. C'est un si petit truc ne ruine pas ce que tu as.

– Si c'est un si petit truc, pourquoi ne pas le lui dire ?

– Parce que lui, c'est…

Lavande s'interrompit et fronça les sourcils. Elle avait été sur le point de dire : « Parce que lui, c'est un adulte », ce qui était complètement ridicule ils n'avaient plus douze ans non plus… chose qu'ils venaient de prouver admirablement.

Parce que c'est Snape ?

Elle devait admettre qu'elle n'avait pas la moindre idée de ce qu'il ferait s'il découvrait tout. Elle ne le connaissait qu'en tant que professeur dans cette école pas en tant que personne. Elle ne le connaissait tout simplement pas. Draco, d'un autre côté, elle le connaissait bien. La réaction de Draco lui prouvait qu'il était amoureux de Harry, mais elle savait qu'il ne ferait pas de scène, qu'il ne serait pas fâché – pas ici, du moins. Elle le savait, elle avait perdu sa virginité avec Draco Malfoy quand elle avait seize ans. Elle connaissait plutôt bien son attitude face au sexe, c'était d'ailleurs grâce à lui qu'elle s'était forgée quelques–unes de ses propres opinions. Ce qu'elle savait, c'était que Draco Malfoy et Severus Snape étaient bel et bien deux personnalités différentes.

– Si tu lui dis, poursuivit lentement Lavande, et qu'il réagit mal, ne te promène pas seule dans le château toute la nuit. Reviens, tu auras besoin de tes amis avec toi.

Hermione essaya de sourire et serra Lavande dans ses bras. Avec une expression de condamnée à mort, elle se dirigea vers les donjons.

oOo

Angelina avait souvent constaté que sa mémoire n'était pas sa meilleure amie. Quelques fois, elle lui jouait des tours, occasionnellement, elle la lâchait complètement et puis il y avait des jours comme aujourd'hui, où sa mémoire était si limpide qu'elle se retrouvait à articuler silencieusement les mots d'une conversation qu'elle avait eue bien longtemps auparavant.

Il avait dit : « Tu ne comprends pas, on ne peut pas continuer à faire ça ! » et elle avait répliqué : « Mais je t'aime. »

C'était Charlie, n'est–ce pas ?

Oui, elle était sûre que c'était Charlie, elle pouvait entendre sa voix et l'aurait reconnue n'importe où. Puis il vint vers elle la vision complète était là dans sa tête, comme si la sphère de son esprit s'était tournée et le lui avait délivré, entier et vivant. Charlie la regardait, sans bouger, comme si elle n'était qu'une saleté sur ses bottes.

– Angelina, ça n'a pas d'importance. Tu ne peux pas le comprendre ?

– Comment ça, ça n'a pas d'importance ? Comment tu peux dire ça ? C'est toi qui m'as amenée ici ! C'est toi qui as rendu ça important ! C'est toi qui m'as fait tomber amoureuse de toi !

Charlie s'éloigna d'elle et elle aima penser qu'il semblait dévasté. Il devait l'être parce qu'elle savait que ce n'était pas sa faute.

– Je ne voulais pas dire ça comme ça, dit–il, ne déforme pas mes paroles pour les ajuster à tes propres desseins.

– Je ne déforme rien du tout ! Tu m'as amenée ici. C'est toi m'as dit que ça signifiait qu'on était ensemble, toi !

Elle était sur le sol, comme un chien, levant des yeux suppliants vers lui.

– Comment tu peux te tenir là et me dire que c'est fini ? Pourquoi maintenant ?

– Tu es la femme de George ! Qu'est–ce que tu attends de moi ?

– Mais j'étais la femme de George hier, et le jour d'avant aussi, et le premier jour où tu m'as embrassée ! Pourquoi est–ce que c'est un problème maintenant ?

– Parce que c'en est un !

– C'est ta mère, hein ?

Angelina savait qu'elle avait vu juste. C'était Molly. Cette femme la haïssait.

– Elle a tout découvert et elle te force à me quitter !

Charlie tira rudement ses robes hors de sa portée et s'éloigna.

– Fais–moi confiance, si ma mère savait pour nous deux, je ne serais pas là maintenant.

Elle regarda désespérément autour de la chambre, la même chambre dans laquelle ils s'étaient rencontrés pendant une année. Elle espérait trouver un indice ou une vague idée qui expliquerait pourquoi il lui faisait ça.

– Tu mens. Je sais que tu mens. Elle a dit quelque chose, n'est–ce pas ? Qu'est–ce qu'elle a dit ?

– Rien ! Maman ne sait rien de nous !

– Alors pourquoi ? Tu m'aimes, je sais que tu m'aimes !

– GEORGE EST MON FRÈRE !

Il s'interrompit et inspira de la même façon que tous les garçons de la famille Weasley le faisaient quand ils avaient besoin de se calmer puis il lui tourna le dos, peut–être honteux d'avoir crié. Elle ne pouvait le dire.

– Je t'en prie…

La voix d'Angelina se brisa, elle se mit à ramper sur le sol, se traînant vers lui, se cramponnant à l'ourlet poussiéreux de ses robes.

– Je t'en prie, ne fais pas ça. Charlie, ne fais pas ça. Je t'aime. Tu es tout ce que j'ai et j'ai besoin de toi.

– Tu as George, répondit Charlie. Tu as ton mari.

Mais son mari n'était qu'un piètre réconfort, à peine plus qu'un garçon alors qu'elle voulait un homme.

– Il y a quelqu'un d'autre ?

Elle osait à peine poser la question il secoua la tête.

– Non, bien sûr que non. C'est juste que je ne peux plus faire ça. La guerre commence et je ne veux pas être déchiré en deux, avec toi d'un côté et ma famille de l'autre.

– Mais si nous sommes ensemble, dit–elle, excitée, un faux espoir brillant brièvement dans ses yeux. Si nous sommes ensemble, nous pouvons leur faire face. Tu l'as dit une fois, tu as dit qu'on pouvait faire face à tout, si on était ensemble.

– Mais je ne veux pas leur faire face. Je ne veux pas être contre eux. Ils sont ma famille. Ils sont tout pour moi.

– Et moi, alors ? s'enquit–elle, défaite. Je ne suis rien du tout ?

Il resta silencieux et se détourna d'elle. Rien, elle n'était rien, tout juste une quelconque chose immonde rampant sur le sol. Il l'avait prise, l'avait utilisée et se débarrassait d'elle quand sa culpabilité devenait trop grande.

– Tu ne peux pas me quitter, dit–elle amèrement, avec une pointe de menace. Je ne te laisserai pas me quitter.

Il marcha jusqu'à la porte, sans un regard en arrière, sans se soucier de ce qu'il venait de faire.

– JE TE DÉTESTE ! hurla–t–elle. JE VOUS DÉTESTE TOUS. JE VOUS LE FERAI PAYER, JE LE JURE !

Il s'arrêta et se retourna, fixant son visage plein d'espoir.

– Ne fais pas ça, Ange. Rentre chez toi vers George et cesse de faire du mal à la famille. Ne dis rien que tu regretteras plus tard.

Elle baissa la tête et pleura, en se balançant d'avant en arrière sur le sol, dans la lumière poussiéreuse du soleil. Il l'avait amenée ici, dans leur sanctuaire et il l'avait rendue amoureuse. Il l'avait forcée à l'infidélité et maintenant elle payait le prix de sa culpabilité à lui. Elle les haïssait tous. Haïssait la manière qu'ils avaient de serrer les rangs, haïssait Molly de régenter ses fils et de les forcer à se soumettre à ses désirs et la manière dont elle les forçait à choisir la famille plutôt que le bonheur.

Elle haïssait cette famille. Tous. Et ils allaient payer pour leur solidarité aveugle.

oOo

Snape venait juste de finir de se préparer pour aller au lit quand Hermione passa avec fracas la porte de sa chambre. Il avait finalement mis le journal de côté, certain qu'il n'allait rien trouver de plus sur Regina Vermoral cette nuit–là. Il n'attendait plus que le sommeil. Pour la première fois depuis des années, il pouvait affirmer qu'il n'aurait aucun problème pour s'endormir. Il était épuisé, Hermione avait utilisé son corps comme un trampoline presque toute la semaine et il était certain que s'il ne se couchait pas tout de suite pour dormir aussitôt, il ne passerait pas le prochain trimestre.

Hermione allait bientôt gâcher cette idée en faisant violemment irruption dans sa chambre en hurlant presque :

– Severus !

Snape recula d'un pas et fronça les sourcils à cette soudaine intrusion, puis il se sentit inconfortablement conscient qu'il portait sa… pire chemise de nuit et qu'elle avait l'air sauvage, échevelé et... excité.

– Hermione ! Tu es folle ? Quelqu'un aurait pu te voir !

– Je…

Hermione regarda fébrilement vers la porte et derrière lui puis sembla sur le point de fondre en larmes à tout moment.

– Jaivraimentfaitquelquechosedestupideettuvasmehaïr…

Par Merlin, que vient-elle de dire, exactement ?

– Je n'ai pas eu le plaisir de te comprendre tu vas devoir ralentir.

Ses lèvres se mirent à trembler et il faillit grogner lorsque les larmes vinrent et coulèrent sur son visage.

Est–ce qu'elle a ses règles ? Grands dieux, et si c'est le cas et qu'elle veut m'en parler ?

– Qu'est–ce qui ne va pas ? demanda–t–il avec toute la gentillesse qu'il pouvait réunir en la circonstance, puis une autre pensée lui vint. Quelqu'un t'a fait du mal ?

Et si… Et si quelqu'un l'avait blessée ? Il allait tuer ces enfoirés de fils de pute…

– Je…

Hermione commençait à sangloter sérieusement maintenant, en prenant de grandes inspirations et, durant un moment, Snape pensa qu'il allait devoir sortir chercher ceux qui l'avaient fait pleurer et disposer d'eux tranquillement, quand elle commença à bredouiller une réponse hésitante.

– J–je… J'ai f–fait quel–quelque ch–chose de v–vraiment s–s–stupide. T–tu vas me ha–haïr…

La fin fut perdue dans un nouveau torrent de larmes.

Quelque chose de stupide ? Stupide à quel point ?

Elle le regarda, il se tenait debout à côté de la chaise près du feu. Elle pouvait déjà sentir le vide que sa perte lui causerait. La voix de Draco lui revint, la pressant de ne rien lui dire et, pendant un instant, elle envisagea de mentir. Il l'aurait su de toute façon, il pouvait toujours dire quand elle mentait.

– Tu pourrais avoir besoin de t'asseoir, murmura–t–elle.

Snape haussa un sourcil, ainsi c'était suffisamment grave pour qu'il s'assoie.

Oh, mon Dieu, elle est enceinte. Ses règles ne sont pas venues et je suis sur le point de devenir le père d'un crétin de morveux !

Il s'enfonça nerveusement dans sa chaise et la dévisagea avec méfiance, permettant à son visage de se fixer en masque qu'il avait l'habitude d'adresser aux 1ère année. Il l'observa remuer inconfortablement, ne sachant pas comment lui exposer ça puis, finalement, elle prit une profonde inspiration et commença à parler.

Snape écouta, son visage ne changea jamais pendant qu'elle lui racontait toute la sordide histoire. Elle lui avoua tout, du début à la fin, sans embellissement. Tout sur la leçon de Harry et de sa propre réaction à ça, sur Lavande et son baiser. Lorsqu'elle eut fini, elle baissa la tête, désormais même honteuse de pleurer. Elle étudia le bout de ses chaussures et attendit qu'il parle.

Il resta silencieux un long moment, à tenter se décider exactement ce qu'il ressentait. Une partie de son cerveau était parti danser la gigue parce qu'elle n'était pas enceinte et il devait attendre son retour avant de faire une évaluation raisonnable des dommages. Il n'était certainement pas heureux des événements mais elle n'était certainement pas non plus la première personne à se saouler avec des amis et à finir par rouler dans un lit avec eux. Il lui semblait se souvenir d'une nuit sombre et orageuse, de plusieurs bouteilles de très bon whisky avec Lucius et Narcissa Malfoy et d'une très intéressante matinée à tenter d'expliquer à un môme de deux ans et à son ours en peluche pourquoi il y avait trois personnes dans le lit de maman et papa.

Dieu merci, Draco ne se rappelait pas de ça.

Et puis il y avait la manière dont Hermione et lui s'étaient découvert mutuellement en premier lieu. Il pouvait encore sentir le goût de l'absinthe lorsqu'il y repensait.

Maintenant, elle s'était enivrée et avait décidé d'apprendre des choses qu'il n'aurait été que trop heureux de lui enseigner lui–même. Avec les doigts de Potter – entre tout le reste ! Stupide petite fille. Et Lavande Brown aussi… Ah, il aurait donné sa couille gauche pour voir ça.

Snape afficha un rictus. Hermione semblait pleine d'appréhension et elle se tortillait les mains, s'attendant au pire. Il était toujours le Grand Méchant Snape à ses yeux et probablement, pour longtemps encore. Evidemment, il n'avait expérimenté aucune de ces choses dans son propre passé. Le rictus se transforma en sourire et il essaya de ne pas rire d'elle.

– Bien, dit–il enfin, décidé à la sortir de sa misère. Quand est–ce que tu vas me montrer ce que tu as appris ?

– Tu veux que je te montre maintenant ?

Snape sourit largement et y songea.

– En fait, je pense que nous pourrions garder ça pour un moment où je l'apprécierai vraiment. Je suis fatigué, j'ai besoin de dormir un peu.

Hermione eut l'air hésitant un instant, comme s'il ne lui avait pas vraiment pardonné il voulait qu'elle s'en aille ?

– Tu veux… tu veux que je parte ?

Il sourit, s'extirpa de sa chaise et lui prit la main alors qu'il se dirigeait vers le lit.

– Non, tu peux rester.

Elle sourit aussi.

– Mais pour dormir… juste dormir.

Son sourire chancela.

Il enleva ses habits de nuit, se tourna vers elle et commença gentiment à déboutonner la robe qu'il avait achetée pour elle, lentement, révélant sa silhouette nue en dessous. Tandis que la robe tombait par terre et qu'il levait son visage vers lui, il se sentit durcir et brusquement, toute idée de sommeil s'enfuit très loin.

Mais il avait vraiment besoin de sommeil.

Elle sentait le musc et il savait que s'il tendait la main entre ses jambes, il y trouverait une moiteur. Il ne pouvait qu'être content que Draco soit entré avant qu'elle n'aille trop loin, l'idée que quelqu'un d'autre la mène à l'orgasme était une vraie torture pour lui.

– Je suis tellement désolée, murmura–t–elle. Qu'est–ce que tu dois penser de moi ?

– J'ai été jeune une fois, tu sais, je peux me rappeler comment c'était.

Elle caressa sa mâchoire et, une fois sur la pointe des pieds, elle lécha le long de son cou.

– Tiens, tiens, Severus, tu es en train de me dire que tu as eu une jeunesse sauvage ?

– J'ai été un Mangemort, mon cœur, sauvage n'englobe pas entièrement ça.

Elle se crispa un peu à ce commentaire mais se détendit contre lui, plaça sa main sur sa poitrine et sentit son cœur y battre.

– Tu as déjà fait des choses comme ça ?

– Avec mes amis ?

– Oui.

Elle sourit timidement, pas certaine de vouloir entendre la réponse pas certaine de vouloir connaître la vie qu'il avait eue avant elle. Mais bien sûr qu'il l'avait fait, il était de vingt ans son aîné et elle savait qu'il avait été avec d'autres personnes avant qu'elle arrive.

– Il y a longtemps. Les choses étaient différentes alors.

Il se glissa entre les draps.

– Viens au lit.

Il la tira sous les couvertures et la prit contre lui, l'embrassa à nouveau, appréciant la sensation de son corps dans ses bras. Il fit lentement glisser sa main sur sa chair et tâtonna de ses doigts vers la moiteur qu'il savait se trouver entre ses jambes. Il les écarta, entrouvrit doucement les lèvres de son vagin et glissa un doigt à l'intérieur. Elle soupira et sourit, elle avait l'impression de fondre, sans os, dans le lit. Il savait précisément comment la toucher, où il fallait frotter durement et où il fallait être doux. Lorsque son souffle réprimé trahit la montée de son orgasme, il ralentit, laissant la sensation décroître, afin de le reconstruire à nouveau.

– Je… Je le veux…

Elle écrasa son pubis contre ses doigts.

– Je le veux… maintenant !

Il gloussa, le sale enfoiré, et secrètement, s'émerveilla de voir à quel point elle devenait humide pour lui.

– Chut, ça va venir, c'est promis.

Il fit à nouveau des cercles sur son clitoris et ses hanches ruèrent dans sa main tandis qu'elle criait, incapable de stopper l'orgasme qui la submergeait. Quand finalement elle se calma et que son corps se fut relaxé, Hermione tourna son visage vers lui et sourit. Les yeux de Snape étaient déjà fermés alors elle chuchota : « Nox », décidant qu'il avait vraiment besoin de sommeil.

oOo

Le matin arriva très vite et avec ça, la journée que Harry redoutait. Faire face à l'école. Faire face à tout le monde tout en sachant qu'il serait exposé, comme il l'avait toujours été mais, cette fois, ce serait un millier de fois pire. Aujourd'hui, il ne serait pas un héros. Aujourd'hui, il ne serait qu'une sorte de pervers qui baisait avec son pire ennemi, quelqu'un sur qui on répandrait des ragots, quelqu'un qu'on jugerait.

La journée n'avait pas bien commencé. Draco n'était vraiment pas content de la nuit précédente, bien que son humeur se fût améliorée depuis qu'ils avaient été au lit et que maintenant, il parlait à Harry avec des mots qui comportaient plus d'une syllabe. Il avait aussi fait doucement l'amour à Harry, le prenant par–derrière aux petites heures du jour alors qu'ils se faisaient des câlins et par conséquent, alimentant l'espoir de Harry de le voir de meilleure humeur. Alors même que Harry était en train de considérer que cette journée ne serait peut–être pas si mauvaise, Ron avait fait tout un foin pendant qu'il se douchait avec les autres. C'était quelque chose qu'il n'arrivait pas à comprendre parce qu'il se douchait avec eux depuis des années et ses tendances perverses n'avaient jamais provoqué le moindre geste bizarre ou obscène de sa part envers ses amis. Cependant, de nombreuses personnes avaient semblé encourager Ron ou s'étaient terrées dans un silence de mauvais augure, alors, Harry avait patiemment attendu qu'ils finissent tous avant de se doucher rapidement et de retourner dans sa chambre s'habiller avant le petit–déjeuner.

Draco avait décidé qu'il n'allait pas descendre là–bas pour se ridiculiser. Il prenait rarement de petit–déjeuner et il aimait la tranquillité du matin pour prendre un bain sans intrusion. Harry aurait souhaité y avoir pensé plus tôt mais il imaginait très bien ce qui serait arrivé si Ron les avait découvert ensemble… Il aurait probablement exigé la désinfection de la baignoire.

Alors Harry partit seul pour le petit–déjeuner. Ce n'était pas une tâche plaisante mais son courage augmentait toujours devant les défis et, comme il n'éprouvait aucune honte à propos de sa relation avec Draco, il n'allait pas se cacher du monde à cause de ça.

Une telle pensée ne lui apporta aucun réconfort quand il entra dans le Grand Hall et que le silence se fit. Il n'y avait rien, pas même le plus petit murmure et il sentit son visage le brûler tandis qu'il marchait entre les rangées de tables – et que les chuchotements démarraient dans son sillage. Il continua de marcher, se forçant à garder la tête haute tout en se concentrant sur un point juste au–dessus de la tête de Dumbledore. Il n'arrivait pas à se rappeler un seul moment où le Grand Hall lui avait semblé si long et il espéra qu'il ne ferait rien de stupide, comme tomber à plat ventre sur le sol de pierre.

Tandis qu'il s'approchait de la table, il remarqua que Ron s'était entouré d'Anthony Goldstein et de Seamus – comme s'il craignait que Harry ne tente de s'asseoir à côté de lui.

– On t'a gardé une place, mon beau.

Il sentit son visage se fendre d'un sourire soulagé lorsque Lavande agita la main dans sa direction, lui indiquant un endroit entre Hermione et elle.

– Où est Draco ? demanda Hermione alors qu'il prenait place et il sentit un autre poids s'ôter de ses épaules.

Hermione lui parlait encore et elle semblait de bonne humeur – ce qui signifiait que les choses avec Snape n'avaient pas tourné au fiasco complet.

– Il prend un bain… répliqua Harry en essayant de faire comme si ce n'était pas important que son amant le laisse se débrouiller tout seul face à ça.

– Il est encore emmerdé par ce qui s'est passé ?

– En quelque sorte… Il l'a surmonté.

Harry sourit nerveusement.

– Hum… et toi, ça va ?

– Bien, répondit Hermione, positivement rayonnante. On ne peut mieux.

Elle ne le lui avait pas dit, il était impossible qu'elle le lui ait dit.

– Alors, tu n'as rien raconté à Snape.

Lavande pouffa dans son thé.

– Quoi ?

Harry était sincèrement confus. Hermione avait revêtu une expression neutre et Lavande paraissait trouver ça très divertissant.

– Eh bien, expliqua Lavande avec une petite pointe d'amusement dans la voix, il semblerait que nous n'avons pas accordé assez de crédit à ce cher professeur.

– Il est d'accord avec ça ?

Harry lança un regard incrédule à Snape qui discutait avec McGonagall et – c'était un miracle – souriait. Il devait avoir dit quelque chose de terriblement drôle parce que McGonagall regarda dans leur direction et explosa d'un rire hystérique.

– Est–ce qu'il le lui dit ? demanda Harry, consterné.

– Probablement, rétorqua Hermione, qui avait l'air résigné par ce fait. Il lui raconte probablement tout.

– Tu plaisantes ?

– Non.

McGonagall riait maintenant si fort que Dumbledore la poussa du coude – et elle passa le reste du petit–déjeuner avec un sourire narquois dont elle n'arriva pas à se défaire entièrement.

– Bien, je suis content qu'il trouve ça amusant.

Harry était un peu déconcerté. Comment était–il possible que Severus Snape réagisse aussi bien alors que Draco avait l'avait tellement mal pris ? Ça ne semblait pas juste.

oOo

« Cher Ronnie,

Maintenant, tu devrais avoir reçu la lettre de George qui t'annonce que je vais venir à Pré–au–Lard pour m'occuper de la comptabilité de Zonko. Tu n'es pas content ? Tu devrais l'être parce que j'ai dû prendre un nombre considérable d'heures de congé, juste pour venir te voir. Je serai là–bas samedi 16 alors ne prévois rien pour ce soir–là parce que j'ai réservé une chambre aux Trois Balais et je sais que tu vas adorer ce que j'ai pour toi.

Rappelle–toi, samedi 16 à 18 heures, tu sais à quel point je déteste attendre et je ne voudrais vraiment pas avoir à rentrer chez moi pour expliquer à George ce que signifie vraiment ta présence auprès de moi pendant ma visite.

Ton Angelina qui t'adore. »

oOo

Les cours se déroulaient d'une manière familière qui dérangeait Hermione, bien qu'elle n'eût jamais cru ça possible. Elle n'était pas certaine de ce qu'elle attendait. Que Severus soit différent, qui l'interpelle en classe, qu'il lui permette de répondre à une question, qu'il devienne fou de son intelligence même ? Il était bien trop avisé pour ça et il la traitait comme il l'avait toujours traitée, avec un dédain proche du mépris. Même si Hermione savait qu'il faisait semblant, elle ne pouvait s'empêcher d'en être alarmée. Elle avait été confinée dans son propre lit depuis leur première nuit de retour, son excuse avait été qu'il avait besoin de sommeil et qu'il ne voulait pas qu'elle déambule la nuit près des donjons quand n'importe qui pouvait la voir. En vérité, il s'était arrangé pour voler un peu de temps et ils avaient dîné dans sa chambre mais rien ne s'était passé. Son corps se sentait privé et, tandis qu'elle prenait place à son neuvième cours de potions depuis qu'ils étaient de retour à l'école, elle ne put s'empêcher s'observer la façon dont il se déplaçait dans la salle de classe le corps hautement excité, elle se demanda si elle pouvait le jeter dans son bureau et le posséder sur sa table de travail.

Cette idée était ridicule, bien sûr, mais, à ce stade–là, elle le désirait tellement qu'elle devait l'avoir, la frustration en devenait presque douloureuse.

Pour sa part, il semblait très bien se débrouiller et elle songea avec épouvante qu'elle ne lui manquait probablement pas du tout.

– Miss Granger, qu'est–ce que vous croyez faire exactement ?

Elle leva les yeux vers lui puis les baissa sur son travail et grimaça. Elle s'était arrangée pour mettre trop de poudre de sabot de licorne dans sa potion d'amnésie qui avait pris l'aspect et la consistance d'une couche de bitume.

– Je–je suis désolée… Professeur. Je n'étais pas concentrée sur ce que je faisais.

– À l'évidence.

Fais–moi rester après la classe ! Donne–moi une retenue !

– À l'avenir, Miss Granger, je vous prierai de vous abstenir de gâcher nos ressources ou vous pourriez vous retrouver à les chasser par vous–même.

– Oui, Professeur.

Salopard.

Elle quitta les Potions au son de la cloche, résistant à l'urgent besoin en elle de retourner dans la classe et de lui communiquer quelques signaux de désir désespérés. Harry lui attrapa le bras et la tira en avant. Défense contre les Forces du Mal était le suivant et tout le monde était excité parce qu'on leur avait promis leur première leçon de défense avec un gourdin.

Non pas que Hermione fut particulièrement intéressée par les gourdins. Elle avait vu les dommages qu'ils pouvaient causer et elle n'avait vraiment pas envie d'en toucher un. Elle pensait que se battre en duel était un art essentiel en autodéfense. Mais utiliser un gourdin était parfaitement barbare.

Pourtant, il serait intéressant de voir une démonstration.

Le professeur Delancet avait installé la longue plateforme utilisée pour les leçons de duel. Elle connaissait les dégâts que pouvait faire un gourdin alors elle ne voulait vraiment pas que l'un d'eux tombe sur ses élèves. Avec une plate-forme, elle pouvait instaurer un périmètre de sécurité tout autour ainsi, chaque tir perdu serait dissout en vapeur inoffensive et personne ne serait blessé. Lorsque la classe arriva, tous empressés de voir ce qu'elle avait préparé, elle se tenait au milieu de la plateforme et les attendait.

– Très bien, rassemblez–vous tout autour, dit–elle en leur faisant signe de s'approcher. Venez là.

C'était de loin la plus grande classe de l'école, tous les 7ème année l'avaient prise et il fallait y ajouter les trente–trois 8ème année, ce qui faisait un effectif plus que triplé par rapport aux autres classes. Elle était contente que la plupart de ses cours étaient des cours pratiques parce qu'elle savait bien qu'il aurait été difficile de tous les asseoir en un seul endroit.

– Bien, comme je l'ai promis, aujourd'hui, nous allons examiner les gourdins, découvrir qui aimerait apprendre à les utiliser et qui a suffisamment d'habileté pour le faire.

Elle balaya la foule du regard et resta sur Harry pendant un instant jusqu'à ce qu'elle le voie commencer à rougir et remuer inconfortablement sur place.

– Le professeur Snape a été assez bon pour accepter de m'assister pendant la démonstration, alors si vous voulez bien vous écarter et le laisser passer, je vous en serais reconnaissante.

La foule se scinda en deux tandis que les gens se reculaient rapidement, loin du Maître de Potions et que l'écoeurant souvenir de la première – et unique – démonstration de Gilderoy Lockhart leur revenait. Snape affichait son habituelle et infecte maîtrise de soi, les bras repliés et son air renfrogné fermement en place. Manifestement, il prenait Sabine Delancet un tantinet plus sérieusement qu'il ne l'avait fait avec Gilderoy Lockhart parce qu'il s'était dispensé de ses robes et avait revêtu une simple chemise noire et un pantalon.

Ceux qui avaient été dans la classe de Lockhart ce jour–là frémirent, ils appréciaient le professeur Delancet et ils espéraient qu'elle ne se ferait pas complètement humilier. Ils savaient aussi qu'elle n'était pas Lockhart et la plupart espéraient qu'elle allait botter le cul de Snape.

– Je parie cent Gallions que Snape lui met une branlée, fit Draco, sans ôter ses yeux de la plateforme.

– Je tiens le pari.

C'était Colin Crivey.

– Je pense qu'elle peut le battre.

– Tenu.

En quelques secondes, un carnet de paris fut mis en place avec les étudiants qui tendaient leur or en direction de Colin et il fut heureux de posséder une plume automatique qui notait les noms et les sommes.

Hermione regarda ses amis comme si c'étaient des vautours. Harry venait juste de parier soixante Gallions pour la cagnotte et une pipe à Draco que Delancet gagnerait.

– Et si elle le blessait ? murmura–t–elle sévèrement.

– Oh, mon dieu, j'adorerais voir ça.

Elle jeta un regard furieux vers Harry qui lui fit un clin d'œil d'excuse puis retourna à la plateforme.

Delancet lança une large boule de cristal à Snape, qu'il attrapa facilement. Il la tint devant lui elle émit de la lumière et devint plus brillante jusqu'à ce que ses bords ne commencent à s'estomper. Puis elle s'allongea et se transforma en un gourdin aussi grand que Snape. La boule de cristal se plaça au sommet du gourdin, tandis l'autre extrémité soutenait le cristal conducteur en ogive.

– Maintenant, Professeur, fit Delancet en souriant étroitement, désarmement uniquement – je n'ai pas envie de perdre un membre aujourd'hui.

– Comme vous voulez, réplique Snape d'une voix soyeuse.

Il modifia la position de son gourdin et le plaça sous son bras d'une manière que ceux qui avaient traversé la bataille finale de la guerre reconnurent comme la position des Mangemorts. Le professeur Delancet fixa sa posture et remua, mal à l'aise elle empoigna lentement et délibérément son gourdin à deux mains, ne voulant clairement pas adopter une position similaire puis le pointa en direction son adversaire.

Il n'y avait aucune subtilité complexe, aucun hochement de tête poli, aucune incantation élaborée. L'idée était simple, viser et tirer. La puissance derrière les éclairs d'énergie était entièrement dépendante de la volonté de celui qui tenait l'arme. Plus fort était le sorcier, plus grande était la charge. L'astuce était d'apprendre comment esquiver les éclairs et ce n'était pas une tâche aisée. Alors qu'une baguette était un objet élégant, capable de viser des endroits du corps avec une extrême précision, un gourdin démembrait le corps entier d'un seul coup.

– D'accord alors, annonça clairement Delancet, Un, deux, trois…

Ils firent feu en même temps. Le sol de pierre gronda lorsque les éclairs entrèrent en collision. Delancet tira le second coup plus rapidement et Snape, montrant une agilité que personne n'aurait cru possible, fit un bond en arrière pour l'éviter, faisant feu dans son déplacement. L'éclair atteignit son adversaire dans la poitrine et la fit heurter le sol. Harry jura en silence et se demanda s'il n'était pas trop tard pour changer son pari derrière lui parvint le son de l'argent qui changeait de mains.

Elle ne fut pas longtemps à terre, elle utilisa son élan pour rouler en arrière et se remettre sur pied. Delancet tira et toucha Snape à la hanche. Hermione hurla et Harry sourit tandis que son amie était prise entre se couvrir les yeux et regarder, horrifiée.

– Elle l'a blessé !

– Je crois qu'il peut supporter ça tout seul, 'Mione.

Et effectivement, il le put. Snape planta le conducteur dans la plateforme, utilisant le gourdin pour s'empêcher de tomber par terre puis, sautant par dessus, il atterrit sur ses pieds et le balança sur son épaule d'un mouvement fluide, l'éclair d'énergie résultant atteignit Delancet au visage. Elle riposta avant même de remarquer la douleur, réussissant à le mettre à terre cette fois il sauta à nouveau sur ses pieds et se maintint en équilibre, prêt à faire feu.

Harry chercha rapidement dans ses poches quelques Gallions à rajouter à son pari. Delancet et Snape se tournaient autour avec précision, comme deux prédateurs. Ils se souriaient et Harry réalisa avec un petit choc qu'ils y prenaient plaisir tous les deux. Si quelque chose le réconcilierait un jour avec Snape, c'était ça. Il aimait un bon combat.

– Encore ? le défia Delancet.

Snape répondit en donnant une chiquenaude à son gourdin en pointant le conducteur vers elle. Sa bouche se tordit en sourire désabusé.

– Soucieuse de rendre ça plus intéressant ?

Delancet lui rendit son sourire.

– Je ne pense pas que votre petite amie serait trop heureuse si elle devait vous rafistoler, Severus.

Severus haussa un sourcil, regarda brièvement en direction de Hermione puis lui adressa un clin d'œil à peine perceptible.

– Oh, je ne sais pas, elle est très intelligente, je suis sûr qu'elle pourra s'arranger.

Un second pari fut lancé : Deviner le nom de la cinglée qui couchait avec Snape et Draco se lamenta silencieusement de ne pas pouvoir parier là–dessus.

– Mon dieu, elle doit être désespérée, gloussa Ginny. Qui voudrait de lui ?

– Je parie que c'est McGonagall, c'est forcément McGonagall.

– Ou Chourave !

Un gloussement se propagea dans la foule et Harry lança un regard inquiet à Hermione dont il pouvait entendre grincer les dents malgré le bourdonnement des étudiants.

Delancet rit de bon cœur et fit pivoter son gourdin. Elle n'attendit pas avant de tirer un éclair de lumière rouge vers lui qu'il évita admirablement il riposta et lui lacéra l'épaule.

– Oh, espèce de bâtard !

Sa voix était choquée et, avec un rire effaré, elle courut vers lui, tira au corps à corps et lui arracha un gros morceau en haut de la cuisse. Il répondit en cintrant le gourdin en arc par–dessus son épaule et l'abattit sur sa tête. Elle glissa sur le sol.

– Oh mon Dieu, lâcha Draco d'une voix traînante. Il l'a assommée avec.

Il se tourna vers Colin.

– Par ici la monnaie, Crivey.

Hermione ne savait pas si elle devait rire de soulagement ou crier devant cette tactique malhonnête. Elle était déchirée entre les deux. Elle regarda avec inquiétude Snape s'agenouiller à côté du professeur Delancet et sortir sa baguette.

Enervate, murmura–t–il et elle ouvrit les yeux.

– Putain, ça fait mal ! grogna Delancet en s'asseyant, oubliant un instant qu'elle enseignait à une classe. Salaud !

Un murmure de rire parcourut la classe et ils attendirent, le souffle suspendu, de voir s'il allait lui aboyer dessus. Il ne le fit pas. À la place, il l'aider à se lever, marmonna qu'il avait une bonne potion contre la migraine qu'il lui apporterait plus tard puis inspecta les dégâts sur sa propre jambe. Elle se redressa, s'étira et chancela à la douleur de son épaule.

– Bien, fit–elle en s'adressant à toute la classe. Maintenant vous avez vu ce que ça fait. Il n'y a ni subtilité complexe, ni règles. Le but de cette sorte de combat est de descendre votre adversaire par tous les moyens nécessaires. Les gourdins sont puissants et, comme vous l'avez vu, peuvent être utilisés de manière qui ne rend pas la magie indispensable. C'est pourquoi ce sont des armes de choix pour les Mangemorts. Que ceux qui aimeraient l'essayer fassent un pas en avant. Je vous avertis, je ne choisirai que les plus habiles.

Un groupe de personnes s'avança, la plupart restèrent derrière. Hermione se tourna et recula dans le fond de la pièce, tentant de calmer les battements de son cœur et ne pas courir vers Severus pour inspecter la blessure à vif sur sa jambe.

– Potter, Malfoy, venez.

Elle s'arrêta et pivota tandis que Harry et Draco montaient sur la plateforme. Elle se demanda si Delancet prenait une sorte de plaisir pervers à les opposer l'un à l'autre. La foule chuchotait à nouveau, spéculant sur l'issue du combat, beaucoup voyaient Harry et Draco se faire face l'un à l'autre pour la première fois depuis que leur relation était connue de tous.

Snape tendit le gourdin à Draco et se renfrogna.

– Tu ne devrais pas faire ça et tu le sais.

– Ça ira, en plus, c'est désarmer seulement.

– Désarmer avec un de ces trucs pourrait en fait te faire perdre tes deux bras.

– Calme–toi. Mon Dieu, maintenant, tu parles comme mon père.

– Ton corps ne peut pas encaisser cette sorte d'éclair.

– Alors, je me tiendrai hors de portée.

Snape lui lança un regard furieux et Draco le lui retourna avec défiance.

– Est–ce que Potter sait ?

– Sait quoi ? Ce n'est rien, ça ira.

Draco prit le gourdin à deux mains, se tourna vers Harry – et pâlit. Harry se tenait en une parfaite réplique de la posture Mangemort de Snape, gourdin sous le bras et un énorme sourire sur le visage.

– Il sait déjà comment on l'utilise, hein ?

– Oh, oui, répliqua Snape avec désinvolture. Il envoyé en enfer une lignée entière de Mangemorts, si je me rappelle bien.

Draco déglutit.

Putain.

– Désarmement uniquement, s'il vous plait, rappela Delancet, haut et fort.

Draco soupira lorsque Harry le propulsa violemment en arrière.

A suivre…

Voilà, merci d'avoir lu jusque-là. J'attends vos commentaires.

Bisous.

Falyla