Titre : Objects of Desire

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Auteure : Azrael Geffen

Traductrice : falyla

Correcteurs : falyla/Florent

Paring : Harry Potter/Draco Malfoy Hermione Granger/Severus Snape

Rating : M/NC-17

Etat de fic originel : terminée (20 chapitres divisés en 59 parties)

Etat de la traduction : terminée

Disclaimer: Les personnages appartiennent à l'univers de JK Rowling, l'intrigue est à Azrael Geffen, avec son aimable autorisation.

Warning : slash, scènes de sexe très graphiques, torture, viol, meurtre, tentative de suicide, drogue, abus d'alcool, langage cru.

Site : à cause des thèmes abordés, je ne sais pas si cette fic sera autorisée à rester sur FFnet, je la publie donc en parallèle sur AO3 sous le même pseudo.

Mise en ligne : sauf contretemps inattendu, le lundi, le mercredi et le vendredi.

Résumé : Après la fin de la guerre, Harry, Ron et Hermione décident de revenir à Poudlard pour obtenir leurs ASPICs. Avant la rentrée, lors d'une soirée très avinée, ils établissent et signent un pacte magique où ils s'engagent à perdre leur virginité pendant cette 8ème année.

Note de la traductrice : Merci beaucoup pour vos commentaires, j'apprécie vraiment.

Bonne lecture.

Objects of Desire

Chapitre 14 (2ème partie)

Un jour parfait

– Ginny !

Ginny Weasley ne ralentit pas l'allure en entendant la voix de son frère. Elle avait passé la plus grande partie de sa matinée de St–Valentin à parler d'abord avec son père, puis avec Bill et finalement avec sa mère. La seule personne avec qui elle ne désirait pas converser en ce moment était Ron. Pas jusqu'à ce qu'elle ait assimilé ce qui s'était passé.

Mais Ron était en train de courir pour la rattraper, elle pouvait entendre son pas marteler le sol de pierre derrière elle.

– Ginny, attends !

– Je ne veux pas te parler maintenant, Ron.

Elle ne s'arrêta pas, ne le regarda pas.

Ron se pressa à ses côtés, respirant lourdement. Il devait avoir couru depuis Pré–au–Lard jusqu'au château pour la trouver, elle savait qu'il avait été voir George, leur mère lui avait transmis cette information.

– Tu as parlé à George ? demanda Ron, plein d'espoir, essayant de paraître indifférent et nonchalant.

– Non, répondit Ginny en accélérant, mais j'ai parlé à papa, Bill et maman.

Ron lutta pour rester à son niveau, son corps lui criait de partir et d'aller se coucher dans un endroit tranquille.

– Je peux t'expliquer.

– J'en doute.

– Bien sûr que si !

Il tenta de glisser sur ses lèvres le sourire désinvolte qui avait déjà marché avec elle un bon millier de fois dans le passé elle se stoppa et pivota, lui faisant marquer un temps d'arrêt. George avait dû aller en ville pour s'occuper de lui et d'après ce qu'elle en voyait, Ron n'avait rien fait pour l'en empêcher. Ses lèvres étaient fendues et il avait une vilaine entaille sur le sourcil gauche, son visage était meurtri. Pas plus qu'il ne le méritait – mais quand même.

Alors il essaya de sourire à nouveau et elle sentit la fureur la submerger.

– Tu peux expliquer ? Mais quoi, bordel ? Putain, on se fout de ce que tu peux expliquer ! Tu réalises ce que tu as fait ? Ça t'intéresse, au moins ?

– O–oui, bien sûr. C'est juste que j'ai…

– C'est juste que quoi ?

Elle s'arrêta un instant tandis que Ron vacillait, elle craignit un moment qu'il ne s'effondre comme un sac de terre à ses pieds, et alors quoi ? Elle le laisserait là ou elle l'aiderait ? Elle comprit alors combien elle l'avait peu vu le mois précédent. Il avait l'air amaigri et ravagé et il émanait de lui une odeur un peu rance.

Il ne tomba pas et commit l'erreur de croire que son silence était une sorte de pardon.

– Tu dois m'aider avec maman.

– T'aider avec maman ? Putain, t'es dingue ou quoi ? Je vais t'aider pour rien du tout ! T'es qu'une petite merde égoïste, tu penses qu'à toi. Bordel, mais tu te rends même pas compte, tout le monde est furax contre toi et tu penses qu'à sauver ta peau d'égoïste.

– Je voulais pas dire…

– OH, TA GUEULE !

Les yeux de Ginny flamboyèrent.

– Qu'est–ce que tu crois ? Mais merde, comment tu as pu faire ça à George ? Maman a dit qu'ils ont dû envoyer quelqu'un de Ste–Mangouste pour lui donner des sédatifs !

Ron n'avait pas de réponse. Il ne savait pas à quoi il avait pensé, il n'avait aucune excuse à ses actes, il savait seulement qu'il n'était, comme Ginny l'avait dit, qu'une petite merde égoïste. Il se gratta, il se sentait moite et brûlant, son corps était douloureux.

– Maman est furieuse ?

Ginny le fixa avec stupéfaction.

– Je dirais qu'elle est au–delà de la fureur, Ron ! Tu as détruit la confiance qu'elle plaçait en toi, tu as détruit toute la confiance que nous placions en toi, tu as détruit la vie de George !

– Je ne voulais pas faire ça !

– Alors, qu'est–ce que tu essayais de faire ?

– Je… commença Ron en tentant de réfléchir. Je… Je… Je ne sais pas.

– Tu ne sais pas ? TU NE SAIS PAS ? Maman ne veut plus te voir, en fait, personne ne le veut ! Je ne l'ai jamais vue si furieuse, elle hurlait. Elle a dit que c'était toi qui aurais dû être dehors, là–bas, à la place de Charlie, que c'est pareil, que tu avais échangé vos places ce jour–là à cause de tes propres raisons égoïstes et que maintenant tu avais détruit la vie de George pour la même putain de raison. Tu aurais dû mourir ce jour–là et rien de tout ça ne serait arrivé !

Ginny fulminait, inconsciente de ce qu'elle était en train de dire, inconsciente qu'elle était en train de répéter ce que sa mère avait dit dans la colère et la précipitation. Le sang se retira du visage de Ron et un frisson le parcourut.

– Tu mens, dit–il. Maman n'aurait jamais dit ça.

– Elle n'est pas la seule à le penser, rétorqua amèrement Ginny. Je crois que tu devrais nous laisser tranquille.

Ron recula d'un pas.

– Oh. O…okay.

Il regarda Ginny pivoter et s'éloigner de lui et il se demanda si elle reviendrait un jour.

oOo

Draco frappa et se glissa dans la chambre de Snape. Il avait l'air un peu mouillé comme s'il avait été dehors, sous la pluie, sans nul doute à courir derrière Potter ou dans quelque autre poursuite ridicule.

Quel garçon stupide.

– Tu vas attraper froid, fit Snape avec dégoût et il se demanda quand il avait commencé à ressembler à une agaçante mère poule.

– Merci, papa.

Ou un père. Il devait vraiment arrêter ça. Bientôt, il serait consultant pour les 1ère année et ses yeux se mettraient à pétiller derrière des lunettes en demi–lune. Ce n'était pas une perspective qu'il savourerait.

– Eh bien ? demanda Draco, visiblement peu heureux d'avoir été éloigné de ses distractions potteriennes. Tu voulais me voir ? Tu as découvert quelque chose ?

– On peut dire ça, répondit Snape mal à l'aise.

Draco le dévisagea et ses yeux s'écarquillèrent. Snape avait l'air d'avoir disputé quelques rounds avec un troll des montagnes. Une longue entaille lui parcourait la joue, il semblait douloureusement contusionné.

– Waouh, t'a vraiment une sale tête. Je veux dire, t'a toujours une sale tête mais là, maintenant, c'est encore pire que d'habitude !

– Merci, Draco, j'ai pu le constater par moi–même.

– Que s'est–il passé ?

Snape tira de son placard un sac noir qui remuait en le tenant à bout de bras. Il l'ouvrit et jeta son contenu aux pieds de Draco.

– Voilà ce qui s'est passé.

Draco, sous le choc, fixa la boule de fureur pure sur le sol de la chambre de Snape. Il n'avait jamais vu Non en dehors de la maison auparavant. Draco se retourna pour regarder Snape à nouveau et ne put s'empêcher de sourire.

– Il est vraiment meilleur que toi, hein ?

Snape lui lança un regard noir.

– Plutôt puissants quand ils veulent l'être, continua Draco, stupéfiant quand on y pense.

– Oui, fascinant. Maintenant, on peut revenir à nos affaires ?

Draco gloussa et s'accroupit.

– Salut, Non !

– Maître Draco !

Non se redressa dans sa taie d'oreiller, indigné.

– Cet homme a enlevé Non de sa maison !

Il regarda nerveusement autour de lui, fixant les coins sombres de la pièce – un endroit où il n'était pas censé se trouver.

– Cet homme a pris Non ! Vous devez croire Non, cet homme…

– Non ! le coupa sèchement Draco. Arrête. Le professeur Snape est venu te chercher à ma demande.

Les énormes yeux de Non s'ouvrirent un peu plus.

– Mais, Maître Draco, Non n'a pas le droit d'être ici ! Non va avoir des ennuis !

Draco observa Non qui cherchait autour de lui quelque chose pour se punir. Il s'était déjà griffé la peau des bras et déchiré les oreilles.

– Non, écoute–moi. Tu as le droit d'être ici, je t'interdis de te punir à cause de ça.

– Non ne peut prendre d'ordres que de Maître Lucius.

Draco roula des yeux.

– Mon père n'est plus capable de te donner des ordres et il ne reviendra pas, alors je suis ton Maître maintenant et tu dois m'obéir.

Non afficha un air suffisant.

– Maître Lucius est très intelligent. Non le sait. Maître Lucius reviendra.

Snape se précipita presque sur l'elfe.

– Il a trouvé le moyen de revenir ?

Non dévisagea Snape avec méfiance.

– C'est bon, Non, le rassura Draco, anxieux. Le professeur Snape va nous aider à faire revenir Père.

Non ne perdit pas son air suspicieux.

– Pourquoi cet homme aiderait–il Maître Lucius ?

– Parce que c'est un ami de Père.

– Un ami qui a trahi Maître Lucius ? s'enquit triomphalement Non avant de se tourner vers Snape. Je vous connais, Severus Snape, je me rappelle de vous quand vous n'étiez qu'un morveux pleurnichard qui s'accrochait à la queue de pie de Maître Lucius.

Draco leva vivement les yeux vers Snape et vit un ricanement déformer ses lèvres et un poing serré par–dessus l'extrémité de sa baguette.

– Oncle Severus !

Snape reporta son œillade furieuse sur Draco.

– Nous avons besoin de lui, ne lui fais pas de mal.

En fait, Non avait l'air sur le point de rire.

– Oncle Severus est ici pour nous aider, Non.

L'elfe ne semblait pas du tout convaincu.

– Oh, bordel, Non, dis–moi juste ce que Père a foutu ou je te ferai ajuster une jolie redingote de velours, petit merdeux.

– Non ne sait pas ce que Maître Lucius a fait.

– Alors comment tu sais qu'il reviendra ?

Non resta obstinément silencieux.

– Qui est Regina Vermoral ? demanda Snape, la voix à peine plus élevée qu'un chuchotement.

Les yeux de Non s'écarquillèrent puis se plissèrent, un sourire joua sur ses lèvres tandis qu'il se débattait pour savoir s'il pouvait répondre ou non à la question. Finalement, il lâcha :

– Miss Vermoral est une Moldue.

– Nous le savons déjà, rétorqua Draco, irrité. Mais qui est–ce ? Est–ce qu'elle a quelque chose à voir avec tout ça ?

– C'est une amie, fit Non avec prudence.

– L'amie de Lucius ? voulut savoir Snape et Non le fixa à nouveau avec méfiance.

– C'était sa maîtresse.

– Une maîtresse ? répéta Draco, dubitatif.

– Sa maîtresse favorite. Il était amoureux d'elle.

Draco s'éloigna d'un pas de son compagnon d'enfance et le fixa, horrifié.

– Il la préférait à toutes les autres, poursuivit Non, heureux de suivre le cheminement de ses pensées.

– Tu mens.

– Il l'a préférée à votre mère.

Draco frappa l'elfe, le giflant assez fort pour l'assommer.

– Tais–toi, ferme ta putain de gueule !

Snape poussa Draco et attrapa Non par le devant de sa taie d'oreiller.

– Où est–ce qu'on peut la trouver ? Où est–elle ?

– Non ne peut pas vous le dire à vous.

– Et à Draco ? Tu peux le dire à Draco ?

Non sourit et acquiesça. Snape se tourna vers Draco qui était assis sur le sol, la tête entre les mains.

– Demande–le–lui.

– Je ne veux pas le savoir, fit Draco d'une voix boudeuse.

Quoi ?!

– Il peut pourrir dans ce corps, je m'en fiche.

Snape ne put en croire ses oreilles. En un instant, il lâcha Non pour frapper Draco mais, à la place, il le tira du sol et le secoua.

– Écoute–moi ! Je viens juste de traverser l'enfer pour t'amener ce misérable ici, alors maintenant, tu lui poses cette foutue question !

Draco grogna, le visage pincé.

– Comment il a pu préférer une Moldue à ma mère ?

Snape recommença à le secouer.

– Ce n'est pas le cas. Il lui a probablement trouvé quelque chose d'inédit qui l'a excité – mais il s'en sera dégoûté à la fin, il agissait toujours ainsi ! Tu devrais savoir maintenant que les elfes de maison mettent leur propre morale au–dessus de tout !

– Non ne ment pas.

– Draco !

– Oublie ça, laisse–le où il est.

– Je ne peux pas !

– ET POURQUOI PAS ? s'écria farouchement Draco.

PARCE QUE CE CONNARD DE CONSERVATEUR EST EN TRAIN DE LE VIOLER !

Oh, non, ce n'est vraiment pas la meilleure façon d'annoncer ça à Draco.

Draco pâlit, il se dégagea de Snape, trébucha sur Non et tomba lourdement par terre.

– Il… non !

– Je suis désolé, Draco, ce n'était pas censé sortir comme ça.

– Mais… il y a des Aurors là–bas, ils sont supposés…

Draco se tourna vers Non.

– Où est Regina Vermoral ?

Non avait paru plus pâle lui aussi en entendant la nouvelle, il regarda Draco et cligna des yeux, absorbant ce qui venait d'être révélé avant de dire :

– Après l'orangerie, au–delà de la vallée et de la rivière. Il y a un cottage de pierre, caché dans un petit bois près d'un tertre allongé.

– Un tertre allongé ? West Kennet ? La place des Druides ?

– Maître Lucius disait que les Druides enterraient leurs morts dans cet endroit.

– Un cottage de pierre près d'un tertre allongé, ce devrait être facile à trouver… sans compter qu'une Moldue ne devrait pas être capable de mettre un périmètre de sécurité.

– Il baisait une Moldue.

Draco avait l'air incrédule, troublé, comme si un voile s'était ôté de ses yeux et que brusquement son père n'était plus le saint qu'il croyait depuis toujours. Ce qui déconcertait Snape, c'était que la liste des horribles actions de Lucius n'était rien pour Draco mais que son père ait jugé bon de coucher avec une Moldue le forçait à une prise de conscience alors que rien n'avait pu jusque–là.

– Il était amoureux d'une… Moldue.

– J'en doute, fit sobrement Snape. Lucius n'aimait que quelques personnes. Toi, ta mère et lui–même.

– Mais Non a dit…

– Non n'a pas la moindre idée de ce que Lucius ressentait, il a mis sa propre opinion en avant.

– Mais, il l'a… baisée.

– Et alors ? Lucius a baisé beaucoup de gens !

Draco sembla y réfléchir puis l'accepta. Il se calma et leva des yeux emplis de crainte vers Snape.

– C'est vrai, à propos du conservateur ?

– Probablement.

Draco paraissait au bord des larmes.

– Qu'est–ce qu'on va faire ?

– Je ne sais pas. Nous avons besoin de trouver Regina Vermoral. Dumbledore essaie de toucher un mot au Ministère à propos de Lucius.

– Dumbledore ? Qu'est–ce qu'il sait de tout ça ?

– Il connaît le conservateur… En fait, c'est lui qui m'en a parlé.

Snape aida Draco à se relever et remarqua qu'il pouvait ajuster sa main autour de son bras.

– Tu as assez de Navitas ?

Draco hocha la tête.

– Tu as besoin de manger plus ou le reste sera inutile.

– Je sais.

Snape regarda le visage buté qui lui faisait face, tellement identique à celui de son père.

– Alors, fais–le. Sinon, je serai forcé d'en parler à Potter.

– Non. Je m'en occuperai.

Draco regarda Non.

– Qu'est–ce que tu vas faire de Non ?

– Je crois qu'il sera utile dans les cuisines jusqu'à ce que nous puissions le ramener à la maison.

Draco sourit. Non semblait mortifié.

oOo

– C'était quoi dans l'autre boîte ?

Harry se tenait dans l'embrasure de leur chambre à coucher, mouillé et boueux, il paraissait fatigué. Draco leva les yeux et haussa un sourcil.

– Tu as été voir un match de Quidditch ?

– Non, j'ai joué. C'était quoi dans l'autre boîte ?

– On n'a pas le droit de jouer au Quidditch. Pas les 8ème année, tu te rappelles ?

– Ouais, c'était amical, pas une partie officielle.

– Alors comment ça se fait qu'on ne m'ait pas demandé ?

Harry afficha un sourire narquois.

– Parce qu'ils voulaient un attrapeur qui arrive réellement à trouver le vif d'or.

Draco se renfrogna, refusant de se laisser titiller il détourna les yeux de Harry et reprit délibérément son livre.

– Alors, cette autre boîte ?

– Quelle autre boîte ? exigea de savoir Draco, crispé.

– Au petit–déjeuner, tu avais un autre cadeau, c'était quoi ?

– Rien qui ne te concerne.

– Qui le t'a envoyé ?

– Personne.

– Tu es furax contre moi ?

– Non.

– Si !

– Non, je ne suis pas fâché.

– Qu'est–ce qui t'emmerde comme ça ? Que je joue au Quidditch ?

– Non.

– Oh, bon sang ! C'était sur l'impulsion du moment, j'étais dans la bibliothèque avec Hermione et Ginny m'a demandé si je voulais jouer.

– Génial pour toi.

– Draco !

Harry le regarda, ébahi, incapable de croire que Draco lui faisait subir le traitement du silence.

– D'accord, je suis désolé. Si ça se reproduit, j'insisterai pour que tu joues.

Il jeta un œil sur le livre de Draco : 727 étapes simples pour passer vos ASPICs.

– Tu n'as pas vraiment besoin de lire ça. Je t'offrirai un cadeau décent dès qu'on pourra sortir du château.

– Pas de problèmes. Je l'aime bien.

– Non, ce n'est pas vrai. C'est un cadeau stupide !

Draco acquiesça et sourit.

– Eh bien peut–être… mais c'est toi qui me l'as offert alors je suppose que je dois l'apprécier.

– Alors, c'était quoi dans l'autre boîte ?

Draco soupira.

– Tu ne laisses jamais tomber, toi ?

– Non.

Draco plongea sa main dans sa robe et en sortit une longue et lourde chaîne à l'extrémité, il y avait un médaillon en forme de cœur. Harry sentit son ventre se mettre à ramper devant le fait que Draco la portait. Ce cadeau, qui venait d'une tierce personne, était porté près de son cœur.

– C'est magnifique, dit Harry à voix basse, tentant de cacher une panique grandissante. Qui te l'a envoyé ?

– Snape.

Harry fronça les sourcils.

– Snape ? Pourquoi il t'enverrait un médaillon ?

– Calme–toi. Il était à ma mère Snape a pensé que j'aimerais l'avoir. C'est un cadeau que mon père a fait à ma mère pour leur première St–Valentin ensemble.

Oh, génial, et moi qui lui ai donné un livre sur comment passer ses ASPICs.

– Il est ensorcelé pour qu'on ne puisse y voir que les personnes qui nous sont les plus chères, les gens les plus proches de notre cœur.

– Tu as regardé dedans ?

Draco rougit.

– Heu… non… pas encore.

– Pourquoi ?

Harry présumait que Draco voudrait voir qui sa mère chérissait, il était certain que Draco en faisait partie.

– Mes parents… commença–t–il en souriant de façon hésitante, mes parents avaient beaucoup d'amants. Ce n'était pas qu'ils s'ennuyaient l'un avec l'autre, c'était juste… qu'ils aimaient… le sexe… je suppose. Je pense que j'ai toujours été terrifié de savoir qui je trouverais là–dedans.

Harry se pencha et prit le médaillon des mains de Draco. Il ouvrit le clapet et le médaillon s'ouvrit de lui–même, offrant au regard trois photos. Sur celle de gauche, il y avait Lucius, Draco était sur celle de droite et celle du centre, il y avait une photo d'eux deux. Lucius était jeune, ses cheveux étaient plus courts, sa joue était pressée contre son fils en bas âge qui riait à quelque chose d'invisible.

– Tu étais un bébé magnifique.

Draco grogna.

– Putain, j'ai l'air d'une fille !

Harry se mit à rire puis regarda à nouveau les photographies. Quand il était jeune, Lucius ressemblait à Draco. Pas seulement un air de ressemblance il était son portrait craché.

Lucius Malfoy. Le sale type. L'ennemi de Harry. L'ennemi de tout le monde. Quelqu'un pour qui, quand il le voyait à travers les yeux de son fils, il commençait à ressentir du respect bien à contrecœur.

– Ton père a l'air heureux.

Les sourcils de Draco se haussèrent si vite qu'ils disparurent presque à la naissance de ses cheveux.

– Est–ce que tu viens juste de dire quelque chose de gentil à propos de mon père ?

Harry haussa les épaules.

– Presque.

– Je croyais que tu le détestais.

Harry se tortilla, gêné.

– Eh bien, il t'a produit et tu n'es pas totalement exécrable.

Draco se mit à rire.

– Non, je suppose que non. D'ailleurs, je crois bien que tu pourrais ressentir un petit truc pour moi.

– Maintenant, ne précipitons rien.

Harry ferma le médaillon et le glissa sur le devant du pull de Draco.

– Je pense que tu as le béguin pour moi.

– Rien que des mensonges, tout ça.

Harry sourit largement et sépara les genoux de Draco d'un coup de pied.

– Je peux t'assurer que je ne trouve pas du tout attirant.

– Pas du tout ? répéta Draco, la moue boudeuse.

– Pas du tout – tu es même très laid.

– Exécrable ?

– Hideux.

– Tu bandes.

– Je sais.

– Et, sourit Draco, j'adorerais faire quelque chose pour toi mais je ne peux pas.

– Quoi ? s'exclama Harry, ébahi. Après tout le travail que j'ai fourni dans ces magnifiques préliminaires ?

– Désolé, bébé, c'est l'heure de ma sieste.

– Tu ne fais pas de sieste !

– Mais si.

– Non, pas du tout !

– Eh bien, aujourd'hui, j'en fais une !

Harry baissa les yeux sur Draco.

– Mais… et pour le dîner ?

Et pour mon énorme érection ?

– J'imagine que nous pouvons attendre et faire un raid dans les cuisines plus tard.

– Alors, je dois attendre que tu te réveilles avant de pouvoir manger ? Merde alors, j'irai dans le Grand Hall tout seul !

– Harry…

Draco sourit et ajouta avec une petite note suppliante :

– Contente–toi d'attendre et nous irons piller les cuisines après ça sera amusant.

– Et si j'allais dîner et que je te rapportais quelque chose ?

Draco grogna impatiemment.

– Putain, Harry, tu ne peux tout simplement pas attendre ? C'est pas comme si je te demandais de t'affamer jusqu'à ce que mort s'ensuive – de plus, Snape est sorti avec Hermione et Lavande est allée à Pré–au–Lard voir le triste crétin avec qui elle a rendez–vous…

– Ernie est très bien…

Draco leva les yeux au ciel.

– Peu importe. La question est, avec qui tu vas dîner ? La Belette ?

Bon, il marquait un point et il n'avait pas envie de s'asseoir seul.

– Non, c'est juste que je…

– Juste quoi ? Que tu ne peux pas attendre pour dîner ?

– Okay, Okay, j'attendrai.

Draco sourit jusqu'aux oreilles.

– Bien. Maintenant, dégage et réveille–moi à vingt heures.

À VINGT HEURES ? Mais ça fait une sieste de quatre heures !

– Je dois vouloir faire mon bel au bois dormant – alors, vingt heures ?

– Bordel, je serai plus qu'un cadavre couché par terre, mort de faim !

Draco ne savait plus s'il devait rire ou pleurer et se décider pour l'un ou l'autre allait prendre du temps.

oOo

Ron passa la journée dans sa chambre à regretter de ne pas avoir épargné quelques unes des drogues d'Angelina pour détourner ses désirs insatiables et peut–être réprimer la sensation de désespoir grandissant qu'il ressentait. Il attendit patiemment, espérant qu'à un moment ou un autre, la tête de sa mère apparaîtrait dans le feu pour lui donner un aperçu de son avis mais le feu resta un feu et ce fut tout.

Plus tôt, les gens avaient quitté Poudlard pour Pré–au–Lard ou pour divers rendez–vous. Il savait que ceux qui n'avaient pas de rendez–vous se rendraient au pub et il avait été invité. Les seules personnes à ne pas y aller étaient Harry et Malfoy qui n'avaient pas le droit de quitter le château et il n'avait aucun doute, ils devaient être en train de baiser.

Ron vérifia que la salle commune était vide avant de prendre ses affaires et se diriger vers la douche. Il n'avait besoin de personne pour le questionner sur les ecchymoses qu'il avait sur le corps. Son corps était trop maigre il le savait et les blessures des piqûres tranchaient brutalement contre sa peau pâle, le marquant comme une carte de sa douleur. Il ne ressemblait plus du tout à un jeune homme de dix–huit ans au sommet de sa forme et en cet instant, il semblait inconcevable qu'il ait pu une fois penser de lui–même qu'il était attirant.

Harry avait raison, il avait l'air d'un junkie.

Il se doucha, frottant durement chaque partie de son corps, essayant d'effacer le sentiment de péché et de culpabilité, essayant de se débarrasser de… lui–même, espérant se laver et se rincer afin que tout parte à l'égout.

Après la douche, il s'habilla avec le pyjama que Fred lui avait donné à Noël. Il était tout à fait certain que Fred avait écumé les magasins moldus de Londres pour le trouver – quelque chose qui faisait appel au sens de l'humour de Ron. Son frère avait toujours été doué pour ça. Le pantalon de pyjama était en coton, avec un cordon, il était imprimé avec des motifs comiques de singes. Le haut était un doux T–shirt avec une tête de singe sur le devant. Le pyjama était bleu, la même teinte bleuet que les yeux de Ron.

Il ne le méritait pas et Fred avait probablement regretté l'argent qu'il avait dépensé pour l'acheter.

Mais ils lui pardonneraient. Évidemment qu'ils le feraient. Ils étaient sa famille et il avait confiance en eux. Il avait besoin d'y croire et c'était la seule chose qui le ferait surmonter ça.

Pourtant, il n'avait pas encore eu de nouvelles de sa mère. Pas de Beuglante, pas de confrontation face à face. La colère de sa mère était tout aussi fiable que son amour de mère. C'est pourquoi il savait que Ginny avait menti. Sa mère n'aurait jamais souhaité sa mort. L'amour de sa mère était une constante dans sa vie. Une chose qu'il garderait avec lui pour toujours.

Mais si Ginny n'avait pas menti ? Si elle avait raison ?

Impossible.

Mais si…

Son corps se mit à trembler et ses jambes se dérobèrent sous lui. Il s'assit laborieusement et se réfugia sous le lavabo, obligeant son souffle à prendre un rythme régulier.

Calme–toi, elle a menti. C'était rien. Tout ceci n'est rien. Un jour, on en rira tous.

Mais George le lui avait dit aussi. Oui, mais George était en colère. En colère comme il avait le droit de l'être. George n'avait pas parlé au nom de tous et ils lui pardonneraient.

Ils le devaient. Il le fallait.

– Oh, putain, et s'ils ne me pardonnent pas ?

Ils le feront. Ils t'aiment, une seule mauvaise action ne va pas détruire cet amour.

Mais il n'y avait pas eu qu'une seule mauvaise action, il y en avait eu beaucoup. Et puis il y avait eu la guerre, quand il avait couru au front, quand il avait quitté son poste et Charlie était resté derrière parce que quelqu'un devait rester avec Harry et Ron l'avait abandonné. Et Charlie était mort… et Ron était en vie.

Ils ne t'ont jamais blâmé. Ils ne t'accusent pas.

Ron remonta ses genoux sur sa poitrine et plongea son visage dans ses bras.

Ça ira. Ça ira. Ça ira. Ça ira.

– Mais si ça n'allait pas ?

Ça ira. Il le faut. Ce n'est rien.

oOo

Hermione transplana dans une petite rue du côté de Notting Hill Gate et trébucha maladroitement. Porter des hauts talons à lanières n'était pas la meilleure chose à faire pour transplaner dans une rue pavée. Elle s'arrangea pour éviter la chute en projetant sa main au hasard et ne trouva qu'une poubelle à laquelle se raccrocher.

– Merde !

Elle regarda autour d'elle et s'épousseta, procédant à un rapide nettoyage avec un charme de toilettage avant d'entendre un craquement sourd tout proche. Severus sortit de l'air d'une simple enjambée.

– Prête ?

Il sourit et Hermione recouvra sa maîtrise. Ils sortaient pour le dîner et rien n'allait le gâcher – comme poser de curieuses questions sur le fait qu'il effectuait des recherches sur d'antiques incantations sumériennes afin d'attirer des anges et se protéger des Détraqueurs. Hermione lui prit le bras et lui sourit. Elle n'allait pas le questionner, elle ne dirait pas un mot.

Ils sortirent de la ruelle et se hâtèrent dans l'allée humide jusqu'au restaurant. Quelques personnes les dévisagèrent en chemin et Hermione supposa qu'ils devaient avoir une étrange allure. Elle avait grandi en tant que Moldue mais passer la plupart de ses années de formation retranchée dans les traditions sorcières l'avait menée à se montrer aussi éloignée des habitudes moldues que les Sangs–Purs. La majorité des sorciers avait l'air un peu bizarre pour le Moldu moyen, quels que soient les efforts qu'ils faisaient pour se mêler à eux. Ils avaient toujours l'air magique, tout simplement, comme si c'était enraciné en eux.

Hermione et Snape étaient tous deux vêtus d'habits moldus mais ils avaient fait l'erreur de laisser leurs lourdes capes de voyage, quelque chose de parfait pour l'hiver écossais mais légèrement trop épais et élaboré pour Londres. Sous leurs capes, leurs tenues étaient étonnamment appropriées pour l'endroit où ils se rendaient. Dès que Hermione avait découvert qu'elle sortait à Londres pour le dîner de la St–Valentin, elle avait envoyé un hibou à sa mère pour qu'elle lui fasse parvenir une robe. Le résultat était parfait, sa mère avait un goût très sûr et adhérait au concept éprouvé que la petite robe noire allait avec tout – ce qui était certainement le cas. Lavande avait complété la tenue avec des chaussures, des bas et quelques jolis bijoux dont elle semblait posséder un stock infini. Hermione avait regardé le résultat final avec satisfaction, trouvant qu'elle avait l'air plutôt sophistiqué.

Severus, d'un autre côté, paraissait mal à l'aise dans son complet cravate moldu. La minceur de sa silhouette signifiait qu'il pouvait, tout comme Ron, porter la plupart des habits à la mode qui semblaient avoir la faveur des jeunes Moldus en tant qu'homme, cependant, Severus Snape ne ressemblait pas à Ron Weasley. Alors que Ron avait belle allure dans de telles tenues, Severus Snape semblait juste déplacé. La silhouette était parfaite, la tenue était parfaite… mais c'était son visage qui ne suivait pas. Hermione décida que Severus était ce genre d'homme qui fait un bon sorcier, qui en imposait en robes mais vêtu d'un complet noir, il ressemblait furieusement à une rock star gothique qui avait mal vieilli.

Elle réprima un gloussement à la comparaison et il lui lança un regard furieux comme s'il avait surpris ce qui venait de lui traverser l'esprit. Il était sur le point de tourner les talons et de rentrer à la maison mais il lui avait promis un repas et il pouvait difficilement faire un dîner bien arrosé à Pré–au–Lard ou sur le Chemin de Traverse où n'importe qui pourrait les reconnaître – et poser des questions vraiment très compliquées. Sabine Delancet lui avait recommandé ce restaurant et avait même réservé une table pour lui… Elle maîtrisait mieux l'usage de cet infernal téléphone qui nécessitait qu'on se déplace jusqu'au village le plus proche pour s'en servir.

Il sut dès qu'il atteignit le restaurant qu'il avait fait une erreur. Maudite Sabine ! Le restaurant et le bar ressemblaient plus à une pharmacie de High Street qu'à un endroit pour manger. Il y avait aussi une file d'attente jusqu'au bas de la rue qui les fit s'entreregarder de manière hésitante.

– Peut–être que nous devrions juste chercher un pub… fit Hermione en dévisageant prudemment l'horrible clientèle à la mode.

Snape n'aurait pas pu être plus d'accord avec elle mais il ressentit un déraisonnable besoin de voir à quoi ressemblait cet endroit à l'intérieur – et découvrir ce que diable on pouvait manger lorsqu'on était assis dans une pharmacie. Il remonta la file assez facilement et n'eut même pas besoin de sortir sa baguette de sa poche. Quand l'énorme gardien de la sécurité posté devant la porte d'entrée exigea la preuve de l'âge de Hermione – ce qu'elle ne possédait pas, les cartes d'étudiants n'étaient pas une chose que Poudlard délivrait – Snape agita subrepticement sa baguette sur le Moldu sans méfiance et, à la grande horreur de Hermione, lui lança un sortilège Imperius. Quelques minutes plus tard, ils posaient leurs fesses sur des sièges Jasper Morrison et une serveuse, vêtue d'une élégante robe chirurgicale signée Prada leur demanda ce qu'ils voulaient boire.

La boisson du jour semblait être le Martini au formol et ils en commandèrent tous les deux.

– C'est hideux, chuchota âprement Hermione.

– Je sais, rétorqua Snape, manifestement fasciné par une collection de papillons piégés dans du plexiglas, épinglés contre une variété de nuances pastel.

Hermione ne pouvait que se demander qui était le cinglé responsable du décor – des boîtes de cachets et des emballages de crèmes contre les hémorroïdes étaient exposées dans les fenêtres ; les tabourets du bar avaient la forme d'une aspirine et la structure moléculaire ADN de quelqu'un dominait la pièce. À sa grande surprise, Snape affichait un énorme sourire, comme s'il était sur le point d'éclater d'un rire hystérique.

– Oh, bon dieu, c'est la merde, fit–il sans y penser, oubliant un instant que c'était censé être une soirée romantique pour Hermione.

– Et, puis–je te faire remarquer que le Décret sur la Protection des Moldus interdit l'usage de la magie qui oblige les Moldus à faire ce que tu veux ! Le sortilège de l'Imperius est un Impardonnable, tu pourrais avoir des ennuis pour ça !

Snape se reprit brusquement et leva les yeux au ciel.

– Ma chérie, venant d'une Miss je–fouine–dans–toute–l'école–pour–voler–des–fournitures–et–j'enfreins–les–règles–depuis–des–années, c'est fameux.

Il sourit.

– Détends–toi, nous somme dans le pire restaurant de Londres et nous devons en profiter.

Est–ce que Severus Snape venait juste de lui demander de se relaxer ?

Elle lui tira la langue.

– Tu as de l'argent moldu ? Ou tu as prévu de convaincre tout le monde avec l'Imperius de nous permettre de manger gratuitement ?

– Eh bien, c'est une charmante idée mais j'ai de l'argent.

– De l'argent moldu ?

– Je ne suis pas un imbécile, Hermione !

Elle rougit et froissa la nappe entre ses doigts.

– Je sais, c'est juste que les sorciers sont réputés pour ne pas savoir combien vaut l'argent moldu… et…

Snape fouilla dans la poche de sa veste, en retira un portefeuille et il en sortit une carte en plastique.

– Nom de Dieu ! C'est une carte Visa ?

Il acquiesça.

– Tu te sens mieux ? demanda–t–il, sarcastique.

Elle n'en était pas entièrement sûre. Elle ne savait pas ce qui était le plus bizarre, le fait qu'elle soit assise sur un banc en forme de boîte de préservatifs ou que Severus Snape possède une carte de crédit.

La serveuse revint avec leurs boissons et deux menus. Le visage de Hermione se tordit d'horreur à la première gorgée tandis que Severus descendit son verre en une seule rapide lampée.

– Je vais te commander quelque chose d'autre, qu'est–ce que tu veux ?

Elle essaya de produire assez de salive pour enlever le goût de sa langue.

– Je ne sais pas. Quelque chose de doux.

– Ils ne sont pas si mal.

– Tu aimes ça ?

Snape haussa les épaules.

– C'est un martini, non ?

– Beurk !

Il secoua la tête, stupéfait que cette fille soit capable de boire une bouteille d'absinthe pure et dédaigne un martini. Il parcourut la liste des boissons.

– Que penses–tu d'une margarita fraise. Tu ne sentiras pas le goût de l'alcool.

– D'accord.

Il se glissa le long du banc et se dirigea vers le bar. Hermione observa son trajet, prenant plaisir à regarder ses longues jambes dans le pantalon étroit de son complet. Un rapide coup d'œil dans le restaurant lui prouva que l'endroit n'était qu'une galerie d'exposition pour les gens tendances et les victimes de la mode ce qu'eux faisaient là exactement, elle n'en avait aucune idée. Elle aurait vraiment préféré un pub sombre n'importe où ailleurs.

Snape se glissa à nouveau sur le banc à côté d'elle avec un breuvage rose pétant. Elle en but un peu, l'apprécia et commença à se détendre.

Le menu comportait principalement du poisson, une chose que Hermione mangeait rarement mais, au moins, ça semblait familier à Severus. Il choisit pour eux deux, lui indiquant que la gonelle [1] avait une saveur plus douce et qu'elle l'apprécierait probablement davantage.

– Tu as apporté tes devoirs à finir ?

– Waouh, maintenant, c'est romantique.

Il sourit finement.

– Je veux simplement m'assurer que nous ne devrons pas revenir plus tôt à cause d'une tâche à terminer.

– J'ai fini mes devoirs.

Elle sourit et mordilla sa lèvre.

– Severus ?

– Mmm ?

– Je suis allée dans ta chambre ce matin.

– Et ?

– J'ai lu le journal de Lucius Malfoy.

Il posa son verre et repoussa la rapide vague de colère qui le submergea.

– Je vois, dit–il, tendu. Et pourquoi tu as fait ça ?

– Eh bien… Il était là… et parce que tu es toujours en train de le lire. Je voulais voir ce que tu lisais.

– Il ne t'est pas venu à l'idée qu'il te suffisait de le demander ?

Hermione rougit, elle savait qu'elle n'aurait jamais dû amener ça sur le tapis. Était–elle bête à ce point ?

– Je ne crois pas que tu me l'aurais dit.

Elle se mordit encore la lèvre.

– Tu es en colère ?

– Oui, répliqua–t–il simplement.

Elle baissa la tête.

– Je suis désolée… Je… Je crois que j'ai trouvé ce que tu cherches.

– Qu'est–ce tu veux dire ?

– Eh bien, j'ai demandé au journal ce que tu cherchais et il m'a montré la page des incantations. Je pense qu'elles sont sumériennes. Je les ai recopiées. J'ai essayé de les déchiffrer aujourd'hui mais je n'ai que les deux premières lignes de justes. Zi Dingir Kia Kanpa, c'est…

– Esprit, Dieu de la Terre, souviens–toi, répondit–il, émerveillé.

– Tu le savais ?

– Il y a autre chose ?

Zi Dingir Anna Kanpa.

– Esprit, Dieu du Ciel, souviens–toi.

– C'est une mélopée, toutes les phrases commencent par Zi Dingir… C'est un sortilège de protection contre les Détraqueurs. Puis il y a deux invocations, une pour les Sept Portes et une autre pour les Gardiens et quelque chose à propos d'une Vipère.

Elle le dévisagea, Severus semblait avoir oublié son verre et le restaurant londonien moldu autour d'eux.

– Qu'est–ce que tu cherches, Severus ? Pourquoi tu as besoin de ces sortilèges ?

– Lucius… a fait quelque chose… avant le Baiser. J'essaie de découvrir ce que c'est.

– Quelque chose de mal ? Ça va blesser quelqu'un ?

– Non ! s'empressa–t–il de répondre. Il n'y a rien d'inquiétant. Je te le promets, Hermione, il n'y a rien d'inquiétant.

– Je suis désolée d'avoir regarder dans tes affaires.

– C'est bon.

Il avait l'air mal à l'aise et elle savait qu'il ne lui pardonnerait pas, pas avant un long moment.

Leur nourriture arriva et il dévia la conversation sur les ASPICs à venir, sur la fin de l'année scolaire, sur Harry et Draco (une relation qu'il n'approuvait pas) et la terrifiante perspective de rencontrer ses parents. Il semblait résigné au fait que ça finirait par arriver et Hermione s'en réjouissait au plus haut point. S'il rencontrait ses parents, ça signifiait certainement qu'il avait des sentiments sérieux à son égard. Elle se rappela leur conversation à demi rêvée concernant sa venue au Marais quand l'école serait finie et elle fut soudain submergée par le besoin de l'épingler contre le mur et de refermer ses mains sur ses fesses.

Elle rosit et retourna à sa nourriture, consciente qu'ils s'étaient approchés l'un de l'autre sur leur banc et que leurs cuisses se pressaient intimement. Elle était en train d'imaginer toutes les choses qu'elle voulait lui faire lorsque la main de Severus se posa sur le haut de sa cuisse. Elle en laissa presque tomber sa fourchette de surprise.

Ils étaient en public et elle avait désespérément envie d'attenter à sa pudeur. Son doigt caressa doucement sa cuisse à travers le tissu de sa robe et ses nerfs dansèrent loyalement d'anticipation.

– Remonte ta robe, murmura–t–il, concentré sur son plat.

Le ton était doux, sa voix à peine plus qu'un chuchotement. La même voix qu'il employait lorsqu'il donnait son cours ou qu'il ordonnait à ses étudiants de se soumettre. Hermione fit glisser sa main droite et remonta l'ourlet de sa robe, exposant d'abord ses genoux puis ses cuisses. Elle se sentait vilaine et excitée. Ses mamelons se durcirent et elle était moite entre les jambes. Un bref coup d'œil au pantalon noir lui montra qu'il était aussi excité qu'elle.

Il fit courir un doigt sur la bordure de ses bas et fit claquer la jarretelle.

– On a un petit côté rétro ? chuchota–t–il, réjoui par le fait qu'elle ne porte pas de collant.

– Je pensais que tu les apprécierais, répliqua–t–elle, le ton aussi doux que le sien.

Elle était stupéfaite par le fait qu'elle était encore capable de parler d'une voix normale, étant donné comme son cœur battait la chamade dans sa poitrine.

Elle regarda les gens qui se pressaient autour du bar et malgré une vague de panique par crainte que quelqu'un ne les voie, son excitation augmenta tandis que Severus remontait sa main plus haut sur sa cuisse. Elle ne put s'empêcher d'ouvrir un peu plus ses genoux tandis que ses doigts se perdaient dans la soie qui recouvrait son pubis. Ils s'introduisirent délicatement sous sa culotte, démêlèrent doucement ses plis humides, si habilement qu'elle haleta à voix haute, et trouvèrent son clitoris. Il laissa ses doigts là, résistant au besoin de les bouger comme elle aimait. À la place, il soumit son clitoris à de douces pressions.

Oh, mon dieu, je vais jouir. S'il commence à m'effleurer de cette manière, je vais jouir en plein restaurant.

Elle ferma les yeux tandis qu'une chaleur enflait vers le haut, à travers son ventre, provoquant un fourmillement dans ses seins. Elle réalisa qu'elle devait avoir une expression des plus mièvres sur le visage, sa bouche était ouverte et elle bavait presque.

Oh, mon dieu, c'est si bon… ohhhhh.

– Je veux te baiser, murmura Severus alors qu'il faisait de petits cercles sur son clitoris d'une telle façon qu'il l'envoya presque au septième ciel.

– Oui…, fit–elle, le souffle coupé. Je veux que tu me baises.

Leurs yeux se rencontrèrent… et brusquement, ils mangèrent à toute vitesse, sans le moindre égard pour le goût ou la texture Hermione réalisa qu'elle aurait bien pu manger la nappe, elle ne l'aurait même pas remarqué. Elle sortit difficilement du banc, paniqua en se demandant comment il allait faire avec son érection et fut soulagée de voir que la veste du complet la cachait. Il semblait calme et confiant, l'exact opposé de Hermione, qui luttait pour garder son sang–froid. Ils ne restèrent que le temps de payer l'addition et de reprendre leurs capes puis ils émergèrent dans la nuit froide.

Severus posa son bras sur ses épaules et ils se dirigeaient en bas de la rue, l'air frais leur fit un bien fou et leur offrit un peu de retenue. Ils marchèrent lentement, retournant dans l'allée pour transplaner, appréciant le fait qu'ils déambulaient dans une rue publique et qu'ils n'avaient pas besoin de se tourmenter à propos des étudiants – ou des enseignants – qui pouvaient apparaître et les découvrir. La tension sexuelle entre eux était presque tangible et, malgré leur allure lente, Hermione était toujours humide et sensible, elle était sur le point d'exploser.

Cette sensation semblait mutuelle parce qu'il la poussa dans une entrée assombrie et l'embrassa durement sur les lèvres, heurtant sa bouche, cherchant sa langue. Puis le baiser se déplaça, lentement, de sa joue jusqu'au lobe de son oreille puis descendit le long de son cou parfumé. De quelque part à la base de sa gorge, elle l'entendit chuchoter :

– Je te veux nue.

– Je sais, dit–elle en soupirant, extatique. Je te veux nu aussi.

Elle ouvrit la fermeture à glissière de son pantalon et enroula ses doigts autour de l'épaisseur de son sexe. Il gémit doucement.

Aucun des deux ne fut conscient de la silhouette d'Archibald Semeuse de l'autre côté de la rue, caché dans l'ombre, son visage tordu d'un sourire purement calculateur devant cette intéressante tournure des événements.

oOo

Harry referma brusquement son livre de Potions et maudit silencieusement Hermione d'avoir un rendez–vous avec le Maître de Potions et de disparaître Merlin savait où pour la St–Valentin. Draco s'était enfermé dans sa chambre pour la plus ridicule des raisons. Une sieste ! Harry ignorait totalement pourquoi Draco avait besoin d'une sieste ni pourquoi il ne pouvait pas dormir avec Harry dans la chambre. Ce n'était pas comme s'il faisait un bruit excessif quand il lisait… à part quelques grognements et d'occasionnels reniflements de frustration quand il n'arrivait pas à comprendre l'énigme d'un fichu antidote.

Draco devait m'aider avec cet exercice.

Il jeta un regard furieux à l'horloge suspendue au mur qui tictaquait près du huit. Il était affamé. Il aurait dû descendre dîner puis prétendre ne pas l'avoir fait. Bien sûr, maintenant, il était bien trop tard.

– Que Draco aille se faire foutre, dit–il à voix haute.

Puis il se sentit comme un crétin de première classe à l'idée que quelqu'un l'avait peut–être entendu. Il était assez tard maintenant, il rassembla ses livres et décida de retourner dans la chambre.

– Harry ?

Il sursauta et retourna une œillade cynique à Ron.

– Tu voulais pas plutôt dire répugnant pervers ?

Ron baissa la tête, ses cheveux étaient encore humides de sa douche. Il sentait le savon, l'eau et quelque chose d'autre, une odeur sous–jacente qui gâchait les senteurs de fraîcheur. Il avait vraiment mauvaise mine.

– On… On peut parler ?

Harry leva les yeux vers la pendule. Il était huit heures moins cinq.

– Pourquoi ? s'enquit Harry. Tu n'as pas peur que je te tripote ?

Ron jeta un coup d'œil autour de lui.

– Non… Je… On peut s'asseoir ?

– Non.

– Je t'en prie, Harry, je…

Harry soupira, il ne voulait pas se retrouver dans cette situation, pas une fois de plus. Qu'arriverait–il ensuite ? Il s'assiérait, Ron voudrait s'épancher et le matin suivant, Ron dirait à tout le monde qu'il lui avait fait une passe ?

– Je ne suis pas d'humeur, Ron.

– Je suis désolé, Harry.

– C'est un peu tard pour ça, tu ne crois pas ?

Ron acquiesça lentement, il avait l'air confus, craintif.

– Je… Je suppose que oui.

– Bon, maintenant, si tu veux bien m'excuser, je vais aller voir cette petite merde avec qui je couche et si j'ai vraiment de la chance, me faire défoncer le cul.

Harry le poussa en passant, le muscle de son bras frappa la clavicule osseuse de Ron, le faisant presque tomber. Il faillit s'arrêter, il savait que sous l'épais peignoir, le corps de Ron n'était qu'une épave.

Tourne–toi maintenant et demain, tu auras de nouveau ton lot de moqueries.

Ron ne bougea pas, il se contenta de rester planté là, fixant le sol, l'air défait. Harry soupira et se força à continuer. Il était vingt heures et il pouvait aller réveiller Draco.

oOo

La respiration de Hermione se transforma en lourds halètements tandis qu'elle passait la porte de la chambre de Snape en courant, heureusement recouverte de la cape d'Invisibilité de Harry. Ils avaient atteint Pré–au–Lard et piqué un sprint, regrettant tous les deux de ne pas avoir prévu de cacher des balais pour un retour au château un peu plus rapide. De plus, Hermione devait composer avec ses hauts talons et le fait qu'elle devait aller chercher la cape d'Invisibilité dans sa cache secrète avant de pouvoir descendre l'escalier qui menait aux donjons.

Elle claqua la porte si fort que les gonds s'entrechoquèrent. Elle se tourna vers lui avec un grognement presque animal, lâchant la cape sur le sol. Il semblait aussi hors d'haleine qu'elle de sa course mais il était déjà en train d'enlever sa veste avec des gestes impatients.

– Déshabille–toi, haleta–t–il, en arrachant sa cravate tout en grommelant à cause des boutons de sa chemise.

Les yeux de Hermione étincelèrent lorsqu'elle ôta sa cape de voyage. Il n'y avait aucune timidité avec lui, il connaissait bien son corps à présent. Il connaissait ses imperfections, ses courbes et ses creux. Elle fit glisser la fermeture de sa robe et la laissa tomber par terre avec la cape. Son soutien–gorge, ses porte–jarretelles, sa culotte, ses chaussures et ses bas rejoignirent bientôt la robe et elle se tint debout devant lui, nue. Ils se firent face, aucun des deux n'était jamais lassé du corps de l'autre.

– Tu es si parfaite, souffla–t–il finalement tandis que son pénis tressautait, heurtant son ventre. Viens ici.

Elle avança jusqu'à lui et il l'étendit sur le lit, la caressant de haut en bas, provoquant un brusque crépitement dans chaque nerf, chaque fibre de son corps qui réclamait douloureusement davantage. Hermione ferma les yeux et émit un petit gémissement, perdue dans l'instant, comme si elle s'attardait quelque part entre la réalité et le fantasme. Les attouchements de Severus étaient la seule chose qui importait. Severus se coucha à ses côtés, joua avec ses seins et suça ses mamelons. Elle tendit la main vers son sexe, frottant ses doigts sur sa longueur, humidifiant l'extrémité avec son pré–sperme. La sensation était familière mais c'était comme si elle redécouvrait inlassablement chaque ride et chaque veine et s'émerveillait de sa douceur de velours.

Il embrassa ses lèvres, son cou et ses seins. Sa langue tourmenta ses tétons jusqu'à ce qu'elle se tortille, réclamant plus. Il se déplaça plus bas, plongeant sa langue dans son ventre, avant d'écarter ses lèvres gonflées pour laper son clitoris engorgé jusqu'à ce qu'elle chevauche une vague d'euphorie qui lui soutira un cri et la fit ruer des hanches dans sa bouche.

– Oui, ma belle, murmura–t–il, jouis pour moi.

– Je… haleta–t–elle doucement, je jouis toujours pour toi.

Il remonta vers elle, repoussa ses jambes jusqu'à ce que ses chevilles reposent sur ses épaules puis la pénétra profondément, gémissant un peu en sentant la chaleur et l'étroitesse qui restaient de son orgasme. La pièce sembla raisonner du son de leurs souffles empressés et de bruits plus doux et humides alors qu'il entrait et sortait de son corps à nouveau, puis une fois encore, et ensuite plus durement et plus profondément.

Hermione était noyée de sensations sa passion, la douloureuse étreinte de sa main dans ses cheveux, la pression de son pubis contre le sien. Il glissait en elle si facilement, elle était si incroyablement mouillée. Plus il poussait durement en elle, plus elle devenait moite et plus elle semblait s'ouvrir pour lui. Son corps était tendu, s'efforçant de jouir encore une fois mais elle ignorait si elle le pouvait.

Téméraire, elle descendit sa main pour caresser son clitoris, encore sensible de son orgasme précédent. Elle craignait que ça puisse l'offenser mais elle en fut au contraire récompensée par une poussée vigoureuse et il sourit.

– Oui, mon amour. Touche–toi, laisse–moi voir comment tu fais.

Elle se stimula un peu plus fort, peu expérimentée en auto masturbation mais son corps répondit instantanément à sa propre caresse. Elle tressauta, les parois de son vagin se resserrèrent durement autour de lui.

Severus en eut le souffle coupé, il plongea en elle, déchaîné comme la houle et la remplit de sa semence. Hermione resta couchée sous lui, haletante, sentant soudainement chacun de ses muscles se liquéfier tous deux semblaient ne faire qu'un avec le matelas et les oreillers. Elle le tira pour le mettre à côté d'elle, leurs bras entremêlés, baignant dans la sueur.

Ils restèrent comme ça un long moment, jusqu'à ce que Severus tire les draps sur eux et qu'ils s'endorment.

À un certain moment, durant la nuit, à l'intérieur du corps de Hermione, deux étincelles de vie se rencontrèrent et fusionnèrent, se transformant en une chose nouvelle. Une chose pleine d'une infinie promesse.

oOo

Foutu Ron. Harry sentit un pincement de regret alors qu'il atteignait la chambre à coucher. Ron avait semblé vouloir lui parler sincèrement, alors peut–être aurait–il dû accepter.

Mais, ces derniers temps, il n'était plus capable de lui faire confiance et n'avait aucune envie de se disputer avec lui. Pas aujourd'hui. Ron avait creusé un fossé si profond entre eux que la tête de Harry lui en tournait. Sa haine venimeuse l'avait pris par surprise et même s'il savait qu'il n'appréciait pas ses choix, il s'était attendu à quelque chose de plus après sept ans d'amitié. Mais l'incapacité de Ron à entendre raison, sa vindicte, avait repoussé tous souvenirs nostalgiques de leur amitié dans les recoins de son esprit et n'avait laissé que la froide réalité d'un homme qui le haïssait. Qui haïssait tout le monde, semblait–il.

Mais il avait voulu parler et, en plus, il était salement accro.

Le rappel du corps pâle, défoncé et amaigri paraissait figé dans l'esprit de Harry et le fit s'arrêter dans le couloir. Le visage de Ron était contusionné ce soir, comme s'il s'était battu et avait perdu. Les plaies de piqûres, les marques des aiguilles sur toutes la surface de ses bras et de ses jambes…

Sur son ventre, pour l'amour de Dieu.

Harry frissonna et regarda sa montre. Il était passé vingt heures maintenant et il voulait réveiller Draco, ramper sur le lit et sentit ses bras autour de lui. Il ne voulait pas l'image de Ron dans sa tête. Combien de temps prendrait une conversation ?

– Ne fais pas ça, se dit Harry à mi–voix. Tu sais ce qui va se passer. Tu sais ce qu'il va faire.

Mais Ron avait l'air vraiment mal.

– Demain, j'arrangerai ça demain.

Ce serait mieux de toute façon, demain Ron serait incapable de dire que Harry était allé dans sa chambre pour le séduire.

Et s'il ne veut pas parler demain ? Je le ligoterai de la tête aux pieds jusqu'à ce qu'il le fasse.

Harry ouvrit la porte – et toutes ses pensées concernant Ron le quittèrent dans une vague d'émotion. La pièce était pleine de minuscules bougies et l'odeur des fleurs d'été était enivrante. Au centre de la chambre, il y avait deux chaises et une petite table, dressée pour le dîner, tandis qu'une bouteille de champagne rafraîchissait dans un seau de glace.

– Bonne St–Valentin, le Balafré.

Harry sentit un large sourire s'étaler sur son visage.

– Oh… Oh… waouh !

Il dévisagea Draco avec respect.

– Tu… Tu as fait ça pour moi ?

– Non, je l'ai fait pour ce foutu elfe de maison.

Harry regarda dans le coin où Dobby se tenait nerveusement, une serviette propre sur le bras. Il était plutôt bien habillé avec son élégant son gilet, son chapeau et ses pantalons. C'était probablement Draco qui l'avait convaincu de venir près de son ancien maître.

– Tu as fait ça pour moi… répéta Harry, se sentant à cours de mots, incapable de formuler une phrase correcte.

Draco rosit un peu.

– Bien, je suis le gardien de tes rêves après tout, quel genre de connard je serais si je n'en prenais pas soin correctement ?

Harry s'appuya maladroitement contre l'encadrement de la porte, il tenait ses livres de cours et il aurait aimé penser à prendre une douche.

– Tu entres, Potty ?

– Ouais… c'est juste que… Ouais…

Harry sentit ses yeux s'embuer.

– Bon dieu, Potter, tu me feras pas devenir sentimental.

Harry rit et il sentit une larme glisser sur sa joue.

– Eh bien, c'est toi qui as commencé.

– En effet, je suppose que c'est moi.

oOo

Ron ne s'était pas attendu à ce que Harry lui parle, pas vraiment. Ron avait passé plus d'un mois à s'assurer que jamais Harry ne voudrait lui reparler. Il avait fait de la vie de Harry un enfer, l'avait traité de pervers, lui avait dit que ce qu'il ressentait était mal. Ce qui était ridicule, Fred était gay et Ron n'avait jamais eu de problèmes avec la sexualité de son frère. C'était le fait que Harry ait choisi Malfoy qui l'avait blessé.

Et pourtant, Malfoy était resté fidèle à Harry, malgré le courrier, les injures et les regards de travers. Draco Malfoy n'était allé nulle part.

Ron pouvait encore les voir dans sa tête. Malfoy qui haletait tandis qu'il jouissait, criant le nom de Harry à ce moment–là puis Harry qui l'embrassait, l'aimait. Harry aimait Malfoy.

Et Malfoy aimait Harry.

Harry était heureux alors, et pour la première fois, Ron était capable de voir à travers les couches de haine et il en fut content. Harry avait attendu si longtemps, il méritait le bonheur. Il méritait quelque chose de bien.

Mais avec Malfoy ?

Ron secoua la tête et se surprit à sourire. Ça les avait tous les deux pris par surprise, cette prise de conscience qu'ils se désiraient, qu'ils étaient amoureux l'un de l'autre.

Quelque chose de pur. Pas comme Angelina.

Dans sa chambre, il trouva Coq sur le rebord de la fenêtre, à demi gelé, qui portait une lettre bien trop grosse pour un si petit hibou. Ron ouvrit la fenêtre pour laisser l'oiseau entrer, époussetant la neige de ses douces plumes. Il savait de qui venait la lettre. Il avait bien reconnu l'écriture de sa mère et le sceau de sa famille.

Mais ce n'était pas une Beuglante et le silence était, d'une manière ou d'une autre, plus inquiétant que la voix de sa mère résonnant sous la charpente. Pour cette raison, il ignora sciemment l'enveloppe, la mit de côté et se concentra sur son hibou : il s'assura d'enlever chaque flocon de neige, le moindre petit bout de glace puis que Coq soit repu de nourriture et d'eau.

Il avait bien sûr deux options. Il pouvait ignorer la lettre. Il ne craignait plus depuis longtemps les colères de sa mère mais, comme tous les enfants Weasley, il vivait dans la terreur de sa déception et le silence de la lettre indiquait manifestement la déception dans ses lignes. S'il ignorait la lettre, il pouvait surmonter la vague de colère de sa famille et arranger ça pendant l'été, quand l'amertume serait encore là mais que la colère serait remplacée par une raisonnable capacité de compréhension.

Mais coucher avec la femme de George était légèrement plus élevé sur l'échelle des impardonnables que voler la voiture familiale et sa mère était suffisamment furieuse pour lui envoyer une lettre maintenant et ne pas attendre le courrier du matin. Il n'y avait aucune garantie que la poussière serait retombée en été. Il ferait mieux d'y faire face tout de suite.

Il y avait une part de lui qui réclamait sa fureur, il savait que de sa colère naissait de son amour. Et l'amour de sa mère durerait toujours. Il le fallait. C'était sa mère !

Il mit ses articles de toilettes de côté avec soin, décidé à les garder précieusement pour la première fois depuis qu'il les avait. Ses parents les lui avaient donnés après tout et l'argent manquait toujours. La bague à son doigt étincela dans la lumière et il tourna sa main pour l'inspecter un peu mieux.

– Oh, Seigneur, George, je suis tellement désolé.

George ne pouvait pas l'entendre, il ne devait avoir aucune envie de l'entendre.

Il prit l'enveloppe et s'assit sur le bord du lit, la retourna entre ses mains. Il resta comme ça un long moment, tournant et retournant la lettre, encore et encore, jusqu'à ce que le bout de ses doigts s'engourdisse. Le parchemin était devenu crasseux et avait commencé à noircir à cause de la moiteur grasse de sa peau. Sa sueur sentait tellement la drogue qu'il était évident qu'elle imprégnait toujours son corps. Il se demanda si elle serait un jour totalement évacuée de son organisme.

Il ouvrit l'enveloppe et en tira la lettre sans déplier le papier, il le lissa, évitant de lire les mots aussi longtemps qu'il put.

Molly Weasley avait été manifestement très en colère lorsqu'elle avait écrit la lettre, son écriture se bousculait presque et Ron pouvait aisément l'imaginer pendant qu'elle le faisait. Furieuse, les yeux flamboyants, le visage fermé, sa plume volant à travers le parchemin en traits plein de colère. Lui assenant des choses qu'elle aurait retenues si elle avait été calme, lui assenant des choses qu'il savait horriblement vraies.

« Ronald,

Je ne peux pas me résoudre à m'adresser à toi par notre nom de famille et je ne peux pas non plus me résoudre à salir notre famille en admettant que nous t'avons élevé tu n'as jamais été aussi loin d'être un membre de cette famille. J'ai passé la journée à essayer de comprendre. J'ai essayé de réfléchir avec tes frères, avec ton père, avec moi–même et je ne peux arriver qu'à une seule réponse il y a eu une sorte de défaut fondamental dans la manière dont nous t'avons éduqué.

Je ne peux pas justifier tes actes. Peu importe combien j'essaie de trouver une raison cachée à ce que tu as fait à ton frère, je n'en trouve pas. J'ai essayé de blâmer un certain nombre de choses, l'éveil sexuel, un instant de stupidité, mais je n'arrive pas à croire à autre chose, c'est ton propre égoïsme, tes désirs charnels et un acte de pure malveillance qui t'ont amené à choisir Angelina. Que t'a donc fait ton frère pour que tu le haïsses autant ? Qu'avons–nous fait pour te transformer en quelqu'un capable de commettre une chose pareille ?

Comment as–tu osé ? Comment as–tu osé détruire la vie de ton frère, son mariage, ses espoirs et ses rêves de bonheur ? Tu as détruit notre confiance et notre foi dorénavant, à cause de toi, nous posons un regard suspicieux sur les autres. Tes actions de ce matin ont fait la une de l'édition du soir, à hurler sur tes frères dans la rue ! Comment as–tu osé traîner notre nom de famille dans la boue avec toi ?

Ton père ne veut pas te voir et c'est un sentiment partagé par nous tous. Nous ne voulons pas que tu reviennes pour l'été. Je vais t'envoyer toutes tes affaires à Poudlard et l'endroit où tu choisiras d'aller après ça ne nous concernera plus. Si tu reviens ici, tu seras renvoyé, un périmètre de sécurité a été placé autour de la maison pour te repousser, tu n'es plus le bienvenu ici. Je ne veux pas te voir, je ne veux pas t'entendre, je ne veux même pas entendre mentionner ton nom.

Si seulement tu étais resté là où tu étais ce jour–là, si seulement tu n'avais pas échangé ta place avec Charlie. Si tu étais resté là où tu aurais dû être alors peut–être que tout ceci ne serait pas produit et la famille serait heureuse. C'était censé être un temps de paix et tu l'as fait voler en éclats…

Ron ne prit pas la peine de finir la lettre. Il n'y avait pas de raison, il savait que le reste était plus ou moins du même acabit – et il en avait lu assez. Sa mère avait très clairement exposé son point de vue.

Il ne pleura pas. Il ne pouvait pas. C'était comme si son corps et son âme s'étaient soudainement vidés et que tout ce qui restait n'était plus qu'une coquille vide, quelque chose qui tomberait en poussières si on le touchait. Il plia la lettre avec respect et la plaça sur la table de chevet, près de sa baguette.

Il n'était qu'un égoïste. Il n'avait toujours été qu'un égoïste. Ce devait être vrai. Il le sentait en lui. Une sorte d'auto obsession morbide avait provoqué le dédain de sa famille et il les avait blessés sans y penser. Dans son esprit, obscurci par la drogue et le chagrin, il n'arrivait pas à trouver un seul instant où il s'était montré altruiste.

Ron regarda dans la chambre et ne trouva aucune photo de famille. Il n'y en avait jamais eu, il ignorait même s'il en possédait une. Elles étaient toutes au Terrier, dans les albums de famille qu'il ne prenait jamais la peine de consulter.

L'amour de sa mère serait éternel, il le fallait. Il devait l'être.

Sauf que ce n'était plus le cas. Elle voulait qu'il s'en aille. Elle voulait qu'il meure.

Et elle avait raison, elle avait toujours raison.

Si elle voulait qu'il s'en aille, si elle ne voulait plus entendre parler de lui, ne plus jamais voir son visage : il devait s'en aller. Il devait faire ce que sa mère voulait et la rendre heureuse, c'était la seule façon pour qu'elle lui pardonne. S'il devait s'en aller alors il devait le faire maintenant, c'était juste pour Ginny qui ne voulait pas le voir non plus, parce que si Ginny le voyait, elle pourrait dire quelque chose… et sa mère ne voulait plus entendre parler de lui, plus jamais.

Il devait partir.

Il descendit du lit et tira sa malle placée en dessous. Il y avait là, un peu à gauche, le si banalement nommé Nounours. Il en sortit la peluche de son enfance et sourit affectueusement à la forme bien–aimée avant de le serrer contre sa poitrine. Le fait de tirer la malle avait délogé le Pacte de l'endroit où Ron l'avait jeté après Noël, ne voulant plus jamais le revoir. Il le prit et regarda fixement l'assortiment de fleurs brillamment colorées à côté du nom de Harry, une rose était sur le point d'éclore, elle devenait plus large, plus lumineuse et sentait doucement l'été.

Ils sont en train de baiser, juste en cet instant, agrippés l'un à l'autre, à s'aimer. La bouche de Malfoy sur le corps de Harry… et Harry criant d'extase.

Ron jeta le contrat sur le lit vide opposé et retourna s'asseoir sur le sien avec Nounours.

Nounours lui avait été offert à sa naissance. Ils avaient tous reçu un ours en peluche, c'était une des quelques affaires de son enfance qui n'avait pas appartenu à une multitude de frères avant d'atterrir dans ses mains. Son propre ours en peluche. Quelque chose qui était à lui, à chérir éternellement. Il avait traîné Nounours, serré contre sa poitrine, la moitié de sa vie, refusant de le laisser où que ce soit, se morfondant à l'idée de le laisser tomber – même quand ses frères avaient commencé à le tourmenter implacablement parce qu'il se comportait comme un bébé. Rétrospectivement, c'était exactement ce qu'il était, un petit enfant tenant un ours en peluche comme si c'était une amulette contre l'Épouvantard du placard. Nounours était lisse maintenant, seules quelques touffes de poils persistaient le long de ses coutures. Jadis, il était marron foncé, maintenant il n'était plus qu'un tissu à l'étrange teinte effacée, ses oreilles avaient été recousues de si nombreuses fois que maintenant elles ressemblaient plus à des chiffons effilochés qu'à des oreilles. Il avait perdu son œil gauche bien des années auparavant et un pâle rapiècement de feutrine le recouvrait. À partir de ce jour–là, il était devenu Nounours le Pirate.

Nounours avait accompagné Ron dans chacun des périples de sa vie. Pas serré contre lui mais gardé à l'abri, quelque part dans un endroit où il ne pouvait pas être perdu. Même si cet endroit était au fond d'une malle, il était toujours là. Ron s'était senti comme un imbécile de dix–huit ans à emballer son ours en peluche décrépi pour aller à l'école. Mais Nounours devait venir, il ne pouvait pas laisser Nounours derrière lui. Nounours faisait toujours partie de l'aventure, Nounours avait toujours aimé les aventures – particulièrement si ça avait un rapport avec les hauts fonds. C'était un pirate, après tout.

Alors, si Ron partait, Nounours s'en allait avec lui.

– Devine quoi, Nounours.

Ron sourit et fit courir un doigt sur le ventre élimé de Nounours.

– On va faire un voyage, très, très loin. Il y aura plein d'aventures.

Il puisa une inspiration tremblante.

– Tu as toujours été partant pour les aventures.

Nounours fixait Ron, son unique œil luisait encore après toutes ces années.

– Mais on va avoir besoin d'acheter des tickets.

Ron ne possédait que quelques objets de valeur, l'un d'eux était une dague que Dumbledore lui avait offerte l'année précédente. Les dagues étaient incroyablement aiguisées, forgées selon une antique méthode qui les rendait mortellement coupantes, même après un millier d'années. Sa poignée était incrustée de joyaux et valait plus de sa maison familiale.

Non, ce n'était plus la sienne, plus maintenant.

Harry avait utilisé sa dague pour tuer un Mage Noir, Ron réservait la sienne à un usage plus mercenaire, il voulait l'employer pour acheter son ticket loin de Poudlard et loin de la seule vie qu'il avait toujours connue. Il voulait utiliser la sienne pour disparaître loin du moindre souvenir de l'étreinte familiale. Il voulait la sienne pour les rendre heureux finalement, ce serait un bon usage et tout irait pour le mieux.

Il mit Nounours sur l'oreiller et grimpa dans le lit. Les draps avaient été changés, ils avaient une odeur fraîche. Il ressentit un petit plaisir lui traverser le corps alors qu'il se glissait entre eux. C'était une sensation qu'il avait toujours aimée, même lorsqu'il était petit. Des draps frais dans un lit. Il sourit, peut–être que la nostalgie était en train de le submerger, maintenant qu'il savait qu'il allait partir. Il baissa les yeux sur Nounours qui sembla soudainement si petit et si usé, recousu tellement de fois qu'il en avait perdu le compte.

Une larme tomba sur l'ours en peluche.

Arrête ça. Arrête de pleurer, il n'y a personne ici pour te voir, ils ne veulent pas te voir, ce n'est plus ta famille maintenant. Tu fais les choses comme elles doivent être faites.

Il passa son doigt sur la dague. Antique et magnifique. Son ticket de sortie. Tellement lâche, fuyant le combat.

Il entailla la douce peau de bébé qui se trouvait à l'intérieur de son poignet et, avec précision, fit courir la lame sur toute la longueur de son bras puis le reposa, ouvert du poignet jusqu'au coude comme un fruit rouge charnu au cœur dur et blanc. Il savait qu'il devait se couper jusqu'à l'os. Le corps d'un sorcier était résistant, il prenait du temps à mourir et aucune faible tentative de suicide ne marcherait. Il devait sectionner toutes les artères et toutes les veines.

Je peux faire mieux que ça.

Il obligea sa main à travailler, ignorant la douleur dans son bras. Il fléchit ses doigts déjà défaillants et les enroula autour de la poignée.

Finis–en, une fois dans ta pitoyable petite vie, fais ce qui doit être fait.

Il répéta le processus sur l'autre bras, écorchant la chair ouverte, détruisant la peau et les muscles, creusant un chemin le long de l'os.

Maman…

Sa voix sortit d'elle–même, haut perchée, déchirée par un sanglot.

Ne pleure pas, tu ne mérites pas de pleurer.

Il se mit en boule dans le lit, tira les couvertures sur lui en amenant Nounours contre lui, dans une étreinte serrée. C'était ce qu'il fallait faire, ils seraient tous heureux, George serait heureux. Ils n'auraient même pas besoin de venir le chercher, ils pourraient se contenter de dire à Dumbledore de se débarrasser de lui et Dumbledore trouverait un endroit pour le mettre. Un endroit quelconque, loin. Dumbledore ne les ennuierait pas plus avec ça. Ce serait une brève et bonne nouvelle pour eux et ensuite ils n'entendraient plus jamais parler de lui. Il serait parti et tout irait pour le mieux.

Sa magie s'affaiblissait, la lumière vacilla et s'en alla.

Puis vinrent les larmes, des larmes égoïstes et des sanglots étranglés sortirent du plus profond de sa gorge. Il pressa durement son visage contre Nounours, inspirant la légère odeur de moisi de la malle et l'ancienne odeur de l'amour. Il renifla en refoulant ses larmes et tenta d'ignorer les bruits étranglés de sa respiration.

– N'aie pas peur, Nounours, chuchota–t–il en tremblant, alors il resserrait son emprise sur sa peluche.

Ses yeux brillaient dans l'obscurité, luisant de larmes et il essaya de les fermer – mais ils ne voulaient pas rester clos. Il les ouvrit et ne vit rien d'autre que la nuit. Pendant un instant, il se permit d'imaginer qu'ils sauraient qu'il était parti, qu'il pourrait y avoir un subtil changement dans le monde qui leur signalerait qu'il était parti et que c'était fini.

Est–ce qu'ils ressentiraient de l'allégresse ? Ou y aurait–il de la tristesse, peut–être, une sorte de bref chagrin qui leur ferait demander où il était ? Peut–être pas des recherches aux alentours mais au moins une volonté de savoir où il était.

Et ils sauraient qu'il était juste là.

– N'aie pas peur, Nounours, murmura une nouvelle fois Ron. Je suis là pour te protéger et on ne va pas loin… on y sera bien avant que tu ne le saches.

A suivre…

NdT :

[1] a butterfish en vo. La gonelle est un poisson benthique dont le corps très allongé. Ce poisson sécrète un abondant mucus qui le rend très glissant à la manipulation comme s'il avait été enduit de beurre (d'où son nom). Sa taille moyenne est de 15 à 20 cm; la gonelle se déplace par ondulation latérale du corps comme un serpent.

NdA : Le restaurant où se rendent Hermione et Severus est inspiré du projet fou de l'artiste Damien Hirst et de sa collaboration avec un restaurant de Notting Hill appelé « Pharmacy ».

Voilà, merci d'avoir lu jusque-là. J'attends vos commentaires.

Bisous.

Falyla