Titre : Objects of Desire
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Auteure : Azrael Geffen
Traductrice : falyla
Correcteurs : falyla/Florent
Paring : Harry Potter/Draco Malfoy Hermione Granger/Severus Snape
Rating : M/NC-17
Etat de fic originel : terminée (20 chapitres divisés en 59 parties)
Etat de la traduction : terminée
Disclaimer: Les personnages appartiennent à l'univers de JK Rowling, l'intrigue est à Azrael Geffen, avec son aimable autorisation.
Warning : slash, scènes de sexe très graphiques, torture, viol, meurtre, tentative de suicide, drogue, abus d'alcool, langage cru.
Site : à cause des thèmes abordés, je ne sais pas si cette fic sera autorisée à rester sur FFnet, je la publie donc en parallèle sur AO3 sous le même pseudo.
Mise en ligne : sauf contretemps inattendu, le lundi, le mercredi et le vendredi.
Résumé : Après la fin de la guerre, Harry, Ron et Hermione décident de revenir à Poudlard pour obtenir leurs ASPICs. Avant la rentrée, lors d'une soirée très avinée, ils établissent et signent un pacte magique où ils s'engagent à perdre leur virginité pendant cette 8ème année.
Note de la traductrice : Merci beaucoup pour vos commentaires, j'apprécie vraiment.
Bonne lecture.
Objects of Desire
Chapitre 15 (2ème partie)
Les murs du bureau de Snape étaient remplis d'étagères pleines de jarres contenant Merlin savait quoi. Ce n'était pas un endroit que beaucoup d'étudiants auraient trouvé confortable. Il y avait eu d'étranges rumeurs qui certifiaient qu'il gardait la tête d'un étudiant avec du vinaigre dans une de ses fioles. Aucun doute que cette histoire avait été créée par un Serpentard de 7ème année pour terroriser les 1ère année. Fixant paresseusement ce qui paraissait être un embryon de Kappa flotter tranquillement dans sa jarre, Draco comprenait totalement qu'on puisse aisément y croire. Quelle personne saine d'esprit garderait un embryon de Kappa flottant dans son bureau ?
Il avait séché son cours de Métamorphose, se plaignant qu'il était beaucoup trop chamboulé par le terrible accident de la pauvre Belette et bien sûr McGonagall l'avait cru. Elle semblait si bouleversée elle–même que Draco était bien certain qu'elle en aurait fait une journée de deuil national si elle avait pu… et cet imbécile égoïste n'était même pas mort ! Draco s'était dit qu'il était tellement en avance dans le programme de Métamorphose qu'il pouvait se permettre de manquer un cours. Draco savait aussi que Snape était libre à ce moment là – et pour quelque raison ridicule, il voulait parler à Snape.
Il se détourna des fioles et explora la pièce, sans but, quelques instants – bon, sans but autant qu'on puisse le faire dans une pièce circulaire. Après un moment, le froid persistant l'agaça, il alluma donc le feu et s'affala dans un fauteuil tout proche pour attendre que le Maître des Potions finisse ses cours et revienne dans son bureau.
Ça ne prit pas longtemps. Severus Snape était généralement pressé de s'échapper d'une classe remplie de 1ère année mais quand, absolument furieux, il entra en claquant la porte de son bureau, Draco regretta presque d'être venu. Snape n'eut pas l'air particulièrement content en voyant Draco, mais il cessa de marmonner dans sa barbe et parut se calmer sensiblement.
– À quoi dois–je cet honneur, Draco ? N'es–tu pas censé être en cours de Métamorphose ?
– Tu as su pour la Belette ? demanda Draco sans pour autant se lever de son siège près du feu.
– Si tu parles de Mr Weasley, oui, la nouvelle de son infortuné… accident m'est parvenue.
– Et ?
Snape lui lança un regard noir.
– Et quoi ? Suis–je supposé ressentir une émotion particulière ?
– Non ! s'écria Draco.
Puis à peine plus haut qu'un souffle, il ajouta :
– Pas exactement…
Il releva la tête vers Snape et, au grand désespoir de ce dernier, il paraissait préoccupé.
– Harry et moi, on s'est disputés à ce sujet.
Snape déglutit.
Oh, bon dieu, il vient me voir pour des conseils relationnels.
Snape émit un soupir déprimé d'avance.
– Et Harry est parti.
Snape se demandait comment il pourrait bien faire pour échapper à cette conversation… puis il se demanda ce que Lucius dirait.
– Il a dit que je ne savais rien de la douleur et de la perte… et que si je mourais demain, je ne manquerai à personne.
Draco mordit son pouce, puis continua :
– Il a dit que je n'étais qu'un lâche parce que je m'étais caché pendant la guerre… Je suppose qu'il a raison.
Snape se plaça face à Draco et joignit ses doigts. Bien sûr, il savait exactement ce que Lucius ferait à sa place. Faire partir Potter où il pourrait lui lancer des sorts mortels pour avoir eu l'audace de dire de telles choses à son précieux morveux gâté.
Mais Draco n'était pas un précieux gosse pourri et gâté, plus maintenant. Draco ressemblait dangereusement à son père, un vernis aussi dur qu'un diamant qui couvrait une vulnérabilité pathétique à voir.
Pourtant Snape avait passé la matinée à entendre son nom associé à des variantes du mot câlin, alors qui était le plus pathétique ? Il s'éclaircit la gorge et s'adressa à Draco de la manière la plus paternelle qu'il put.
– Je suggérerais que peut–être Potter ne savait pas ce qu'il disait.
– Harry le savait très bien.
Draco croisa les bras sur son torse et s'enfonça un peu plus dans le fauteuil.
– Potter a pris l'habitude de ne pas penser à plus d'une situation de crise à la fois.
Snape sourit.
– Néanmoins je dois dire que tu dois vraiment l'avoir rendu furieux pour lui faire dire ça. Quel est ce vieux dicton moldu déjà ? Qui aime bien, blesse bien ?
– Je pense que c'est châtie.
– Bien, espérons que ça n'ira pas aussi loin.
– En plus, je crois que Harry ne m'aime plus.
Oh, par pitié, que quelqu'un m'achève maintenant.
Snape se pinça l'arrête du nez et essaya de trouver une pensée heureuse.
– Ne sois pas ridicule, Draco.
Il soupira.
– Je n'ai pas l'habitude de conseiller mes élèves sur leur vie sentimentale.
– Mais je ne suis pas juste ton élève… n'est ce pas ?
– Non, tu n'es pas que ça.
Il fixait Draco un peu bizarrement et il réalisa soudainement qu'il n'était pas doué pour ça. Si Draco était allé voir Flitwick ou Sinistra, il aurait eu assez de conseils sentimentaux pour en remplir des volumes. Mais au lieu de ça, Draco était venu le voir et il ne savait pas quoi lui répondre. Finalement, il décida que dire la vérité était probablement la meilleure chose à faire.
– D'un point de vue personnel, je trouve Mr Potter exécrable, néanmoins, je suis certain d'une chose : Potter, tout petit héros qu'il soit, est amoureux de toi. N'en doute pas, n'y pense pas et, par pitié, ne m'en parle plus jamais. Accepte ça comme un fait immuable et continue ta route.
Pas mal, Severus, tu deviens bon avec ces conneries sentimentales.
Draco en resta bouche bée. Il tenta de parler plusieurs fois avant de faire les gros yeux à son parrain.
– Tu as travaillé avec lui plutôt étroitement pendant la guerre, non ?
– Malheureusement.
– Et il n'y a vraiment rien que tu apprécies chez lui ?
– Pas particulièrement, non.
– Mais tu l'as sauvé plusieurs fois, il me l'a dit. Pourquoi l'aurais–tu fait si tu ne voyais pas en lui quelque chose de bien ?
– J'avais pour mission de le protéger, c'était une arme nécessaire.
Draco fronça encore un peu plus les sourcils. Une arme. Harry avait parlé de lui de la même façon, le plus souvent lorsqu'il était fatigué et déprimé ou qu'il se sentait vulnérable.
– Ce n'était rien d'autre qu'une arme ?
– Essentiellement.
– Est–ce que tu étais une des personnes qui voulaient le détruire après la guerre ?
Snape regarda dans les yeux gris de Draco et se demanda comment un Malfoy avait pu tomber si bas pour le héros des Gryffondor. Il y avait aussi le fait que Potter était conscient du plan visant à le démanteler.
– Alors il savait ? Il est plus attentif que je ne l'aurais cru.
– Tu étais un de ceux–là ? insista Draco.
Snape se pinça une fois de plus l'arrête du nez. Il aurait beaucoup aimé pouvoir dire qu'il en faisait partie, mais il disait la vérité et il ne voyait pas de raison de s'arrêter maintenant.
– Non, dit–il. Non. J'ai dépensé assez de temps et d'effort pour m'assurer qu'il reste en vie et je pensais que ce serait un beau gâchis de le voir mourir de la main de son camp.
– Et, à chaque fois que tu regardes ses yeux, tu vois sa mère. Il a les yeux de sa mère, n'est–ce pas ?
Maudit sois–tu, Lucius, rien n'a donc jamais été sacré pour toi ?
Bien sûr, il connaissait déjà la réponse. Lucius pensait que le soleil se levait et se couchait avec Draco ; il lui disait tout.
– Tout le monde a ses secrets, Draco, ne me pousse pas à bout.
– Pourquoi les gens veulent le tuer ? Il leur a sauvé les miches, alors pourquoi ils veulent le voir mourir ?
– Les gens sont terrifiés par le pouvoir, Draco.
Snape commença à faire les cent pas.
– Dumbledore a fait en sorte que Potter soit extrêmement puissant, plus puissant que ce que lui–même imagine et les gens en ont eu peur. Ils ont eu peur qu'une fois adulte, il ne développe une attirance pour le pouvoir… et devienne un autre Seigneur des Ténèbres. Regardons la vérité en face, qui ne rejoindrait pas la bannière de Harry Potter ? Il amasserait une armée en peu de temps et il pourrait mettre le pays à genoux, s'il le voulait.
– Mais il ne ferait jamais ça !
– Je le sais et tu le sais aussi mais il a fallu pas mal de temps à Albus Dumbledore pour en convaincre le Ministère.
Snape hésita avant d'ajouter :
– Bien sûr, ses connections avec toi n'aident pas vraiment sa cause, mais je suis à peu près sûr qu'ils vont le laisser tranquille.
Draco s'enfonça dans le fauteuil pour mettre sa tête en arrière et fixa le plafond poussiéreux.
– Il mérite mieux que ça.
Sa mâchoire se durcit et il afficha un rictus méprisant.
– L'ensemble de ce putain de monde sorcier peut aller se faire foutre. Quand l'école sera finie, je le prendrai avec moi et il vivra une longue et merveilleuse vie sans toute cette merde.
– Et en ce qui concerne ton père ?
Draco se figea et baissa la tête.
– Mon père veut que je sois heureux.
Snape sembla surpris.
– Alors je présume que nous devrions cesser de faire des recherches sur cette potion ?
Draco ferma les yeux et ressentit les premières traces d'une migraine de stress dans l'arrière de son crâne.
– Non… Je ne peux pas le laisser comme ça.
– Alors tu vas tout dire à Potter ?
Draco paraissait vraiment mal à l'aise.
– Je ne sais pas ce que je vais faire.
– Alors peut être qu'il te reste pas mal de choses auxquelles réfléchir. Pendant ce temps, je pense que nous devrions garder un œil sur Archibald Semeuse. Nous avons besoin de savoir ce qui se passe dans ce musée… Et nous devons savoir si Lucius est en sécurité.
– Comment peut-il être en sécurité ? répondit Draco amèrement. Apparemment, il se fait violer par un vieux salopard lubrique.
– J'y travaille.
– Alors qu'est–ce que tu suggères pour l'instant ?
– Un espion.
Draco soupesa l'option et, se sentant un peu bête, demanda :
– Quel genre d'espion ?
– Du genre qui observe ce qui se passe et qui nous délivre son rapport, Draco, grogna Snape d'un air impatient. Parce qu'il existe une autre sorte d'espion ?
– Et ce serait qui ?
– Ça, je l'ignore encore mais je trouverai bien quelque chose.
– Et pour ce qui est de Regina Vermoral ? demanda Draco, n'étant pas certain de vouloir connaître la réponse.
– Si tout va bien, nous devrions rencontrer Miss Vermoral samedi.
oOo
Hermione retourna au château pendant la pause de midi, prévoyant d'empaqueter quelques trucs et laisser un petit mot à Severus. En y repensant, elle emporta aussi quelques livres. Elle se doutait qu'elle ne dormirait probablement pas cette nuit et si elle devait rester assise dans la salle d'attente toute la matinée, elle pouvait aussi bien être productive. Elle avait un devoir sur les charmes de mémoire à rendre pour la semaine suivante et elle pouvait sûrement s'avancer un peu.
Après avoir trouvé tout ce dont elle avait besoin et emporté quelques magazines pour que les autres aient de la lecture – ceux de l'hôpital avaient l'air d'être plus vieux qu'elle – elle jeta un œil sur sa montre et fut consternée de voir que la pause du déjeuner touchait déjà à sa fin. Elle avait vraiment espéré voir Severus et ne pas avoir à lui laisser un mot, mais elle devrait d'abord le trouver et, le temps qu'elle le déniche, il serait déjà retourné en classe. Elle soupira et réalisa qu'elle aurait tout juste le temps de bégayer un au revoir et ce serait tout.
Elle trouva un bout de parchemin et s'assit pour écrire rapidement un mot.
– Comment vas–tu ?
Elle en eut presque une crise cardiaque mais son air choqué se transforma vite un sourire béat. Severus se glissa dans la pièce et referma la porte derrière lui.
– Minerva m'a dit qu'elle t'avait vu revenir et que tu repartais pour l'hôpital. Je ne pensais pas que tu aurais le temps de me trouver.
Elle sourit avec plaisir.
– Je pensais que je devais rester. Je ne veux pas être la dernière prévenue si quelque chose arrive et ils ont besoin d'un peu de soutien en ce moment.
Elle s'interrompit, baissa la tête un instant puis releva les yeux sur lui. Elle paraissait troublée.
– Je n'arrive pas à comprendre. Je veux dire, je sais qu'il était un peu… bizarre… ces temps–ci, mais je n'avais pas la moindre idée de ce qui se passait. Je connais Ron depuis si longtemps maintenant et il m'a toujours semblé bien, tu sais… stable. Je sais que ça parait horrible mais si ça avait été Harry, j'aurais mieux compris, parce qu'il a ses moments de mélancolie. Harry peut devenir tellement déprimé… mais Ron…?
Hermione secoua la tête. Ron était toujours si constant, comme s'il pouvait tout affronter…
– Quelque fois les gens cachent si bien les choses que personne ne peut voir la vérité.
– Mais j'aurais dû le voir venir. Harry et moi, on aurait dû le voir.
Hermione détourna le regard. Elle haïssait devoir l'admettre, mais depuis le jour où Ron l'avait accusée d'être avec Draco, elle ne lui avait pas dit deux mots. Elle n'avait même pas essayé. Sa tête était remplie de Severus, de Krum, de Harry et de Draco. Avec Ron qui agissait de manière si abjecte, elle n'y avait pas repensé à deux fois.
– J'aurais dû faire plus attention, finit–elle misérablement.
Snape s'assit à côté d'elle et la pressa contre lui.
– Hermione, tu ne peux pas te blâmer pour les actions d'autrui. D'après ce que Minerva m'a dit, Weasley a tracé tout seul le chemin de sa destruction.
– Oui… Mais j'aurais dû être là pour lui.
Elle lui parla de la mystérieuse drogue et d'Angelina, à propos desquels Snape était déjà au courant. Minerva lui avait donné tous les détails.
– Hermione, tu ne peux pas être leur mère. Tu ne peux pas être partout. Tu n'es pas omnisciente.
Il eut un mince sourire.
– Peu importe combien tu voudrais l'être.
Elle déplaça son visage et embrassa sa joue pâle.
– Je sais… Mais je ne peux pas m'en empêcher, ils ont toujours été là pour moi.
Il l'embrassa, doucement d'abord, juste une légère caresse sur ses lèvres puis le baiser s'approfondit tandis qu'elle se fondait dans sa chaleur, désespérée pour un peu de réconfort et de s'éloigna et sourit, pour mieux s'allonger, l'entraînant avec elle sur le lit, sachant pertinemment qu'ils n'avaient pas de temps pour ça, mais elle voulait juste sentir le confort que lui procurait son poids sur elle. Il se laissa faire, retrouvant sa bouche à nouveau et glissant ses mains le long de son corps, caressant ses cuisses coincées dans son jean.
– Tu devais porter un jean, hein ?
Il soupira dans sa bouche et Hermione se surprit à rire doucement.
– Il fait froid dehors.
Elle l'embrassa encore.
– Et tu as une classe à superviser, alors il ne faudrait pas que tu sois tout excité.
C'était trop tard pour ça et ils le savaient tous les deux. Sa verge pressée contre son entrejambe les faisant souffrir tous les deux et il l'embrassa encore, plus durement maintenant et désespéré, la rendant toute étourdie.
La porte s'ouvrit brutalement et Hermione cria. Lavande hoqueta depuis la porte, ne sachant pas quoi regarder en premier dans l'amas de jambes, de bras, de cheveux et de Snape qui s'entassaient sur le lit de Hermione.
– Je… Je suis vraiment désolée !
Lavande se jeta à nouveau sur la porte et la claqua, mais pas avant qu'ils n'aient pu l'entendre pouffer et rire, embarrassée. Severus se rua hors du lit de Hermione, arrangeant ses robes et ses cheveux, vérifiant que tout était… bien rentré en ordre.
– Ça va.
Hermione se releva sur le lit, riant en voyant l'expression de pure panique sur son visage.
– Lavande sait.
– Elle quoi ?
– Elle sait. D'après toi, qui me conseille pour m'habiller lors de nos sorties ?
C'était trop pour Snape. Non seulement il venait juste d'être pris en flagrant délit de bécotage tel un étudiant tiraillé par ses hormones, mais il apparaissait maintenant que la moitié des élèves savait exactement ce qu'il faisait avec la plus brillante de ses étudiantes. Non pas que Lavande Brown représente la moitié de la population estudiantine, mais il ne savait pas si elle aimait commérer ou non.
– Je devrais y aller, j'ai des cours.
– Tu es en colère contre moi ?
– Non, bien sûr que non.
Il se pencha pour lui donner un baiser d'au revoir.
– Tu reviens demain ?
– Normalement, et quand je serais là, je te donnerai une bonne dose d'amour.
Snape rit doucement et ouvrit la porte, vérifiant qu'il n'y avait pas d'autres étudiants que Miss Brown assise près du feu qui riait toute se retourna vers Hermione.
– Je te prends au mot.
– Je compte là–dessus, Câlinou, confirma Hermione en lui faisant un clin d'œil.
Snape pâlit et referma la porte derrière lui.
oOo
Les cours s'étaient éternisés aujourd'hui. Sans Harry pour le distraire, Draco s'était vite ennuyé vite. Il était parfaitement au point pour le programme des ASPICs ; cette longue journée ne ressemblait donc à rien d'autres qu'à des révisions. À la fin de la journée, il regretta d'avoir refusé l'offre de Dumbledore et pas juste pour les Métamorphoses. Il aurait pu tranquillement prendre une potion de sommeil et passer toute la journée au lit. Mais la colère l'avait chassé de sa chambre et des parties communes de l'école. Une colère qui s'était, il est vrai, éteinte au fur et à mesure que la journée avançait.
Sans Harry, les gens se souvenaient soudainement qu'ils avaient des couilles. Les murmures et les regards dans la Grande Salle se firent plus prononcés. Une grande partie de ce qui était arrivé ce matin–là avec Weasley avait été tenu secret, donc à mis à part le fait qu'il était tombé malade durant la nuit, ce n'était pas un sujet d'actualité brûlant. Le fait que Draco se baladait sans Harry en était un.
– Alors, Potter a enfin repris ses esprits et t'a largué ?
– Casse–toi, Crivey.
– Alors le cul de Malfoy n'est plus si bandant, à ce qu'on dit ?
– Bouffe ta merde et crève, Goldstein.
Draco se retrouva à marcher sur la corde raide, il mourait d'envie de jeter un sort à tous ceux qu'il croisait sur son chemin sans en être capable. Harry et lui ne s'étaient pas quittés dans les meilleurs termes et ça ne ferait que provoquer d'autres disputes s'il revenait pour apprendre que Draco avait mis au tapis la moitié de l'école. Draco n'était pas fou, son plus grand intérêt en ce moment était de préserver ce qu'il chérissait, ce qu'il voulait vraiment.
Malheureusement, en ce moment, les choses qu'il chérissait et celles qu'il voulait vraiment entraient en conflit de la pire des façons. Harry et Lucius. Son père et Harry. Peu importait l'angle depuis lequel il la considérait, cette combinaison n'était tout simplement pas compatible.
Mais il devait faire en sorte que ça marche… d'une manière ou d'une autre.
Alors que les cours se terminaient, Draco retrouva sa chambre en se demandant s'il devait ou non descendre pour dîner – Lavande lui tiendrait sans doute compagnie – ou juste aller se coucher. Il était fatigué, sa tête le faisait souffrir et il ne désirait qu'une chose : s'allonger et oublier cette journée.
Il s'allongea sur son lit et fixa le plafond. Des milliers de papillons parurent s'envoler à l'intérieur de son estomac pendant qu'il mâchonnait ses lèvres. Harry et lui se disputaient tout le temps et leur dernière querelle n'avait pas différente de toutes les autres. Mais Harry avait été plus en colère que Draco ne l'avait vu depuis longtemps.
Et maintenant il était avec les Weasley qui lui énuméreraient probablement tout ce qui n'allait pas en choisissant Draco comme partenaire. Et si Draco connaissait bien Fred Weasley – et il était joliment certain que c'était le cas – ce type allait fondre sur Harry comme une sorte d'eczéma vicieux. Il ferma les yeux et tenta de ne plus y penser.
Il n'entendit pas le feu rugir, trop occupé qu'il était à imaginer des manières créatives d'envoyer Fred Weasley dans les tréfonds de l'enfer.
– Tu as l'air délicieux comme ça.
Draco s'assit avec un petit cri et se retrouva à fixer Harry. Bon, pas Harry dans son entier, juste sa tête, qui flottait au dessus des flammes.
– Salut, bébé.
Draco se frotta un peu les yeux.
– Comment va la Bel… Ron ?
– Il dort, chuchota Harry, mais il est hors de danger.
– Bon… c'est bien alors.
– Ouais.
Harry paraissait complètement épuisé.
– Je voulais juste te prévenir que je restais à Londres ce soir.
Draco plissa les sourcils.
– À l'hôpital ?
– Non, chez moi. C'est près de l'hôpital, donc toute la famille peut rester là et dormir un peu.
– Oh.
Pour une raison inconnue, Draco sentit les papillons dans son estomac s'agiter. Il n'avait jamais été chez Harry, il ne savait même pas où c'était et il savait qu'il ne trouverait jamais sa maison, même s'il cherchait ; Harry avait un Gardien du Secret. Et pourtant les Weasley étaient tous les bienvenus. Il ne pouvait que supputer qu'il n'était peut–être toujours pas prudent de laisser un Malfoy être au courant.
– Quand est–ce que tu reviens ?
– Demain, je serais là tôt, je te le promets.
Draco hocha la tête d'un air maussade et demanda :
– À quelle heure tu pars de l'hôpital ?
– Je ne sais pas, tard, je pense. Pourquoi ?
– Je pensais venir.
– Pourquoi ?
– Pourquoi pas?
– Il n'y a rien pour toi ici, ce n'est pas ta famille et tu ne les apprécies même pas.
Draco déglutit en regardant ses mains qu'il triturait sur ses genoux.
– Je venais pour te voir, toi, pas eux.
– Ben, si tu veux…
Harry semblait un peu réticent.
– Ne t'en fais pas, oublie que j'en ai parlé. Je te vois demain, hein ?
– Ouais, je reviendrai tôt.
Draco se força à sourire.
– Okay, je te verrai à ce moment–là alors.
– Bye, dors bien.
Puis Harry resta assis là, fixant le feu, avant de ramener ses genoux vers son menton pour mieux se balancer d'avant en arrière. Il se demanda comment il était censé passer la nuit sans lui.
oOo
Harry retourna dans la petite salle d'attente qui avait été mise de côté pour les Weasley. Bill était reparti en promettant de revenir plus tard. Fleur était à la fin de sa grossesse et elle ne pouvait pas voyager, Bill était donc pressé de repartir au cas où le bébé se déciderait à venir. George était prostré dans un coin, les cheveux en bataille, il se mordait le pouce. Il semblait hébété et perdu, comme s'il était incapable de comprendre que tout ça était réel. Ginny était endormie, la tête sur les genoux de Fred et Hermione avait le nez enfoui dans son livre de Potions.
Fred fixa Harry alors qu'il revenait dans la salle s'affaler dans un des vieux fauteuils qui avaient été placés contre les murs.
– Est–ce que marcher t'a fait du bien ? demanda Fred, brisant le silence pour la première fois depuis ce qui paraissait être des heures.
– Hein ?
Harry le regarda, surpris.
– Oh, heu, ouais… Je suis allé à l'accueil pour contacter Draco… pour lui dire que je restais à Londres.
Fred en rit presque et murmura avec une note d'incrédulité dans la voix :
– Draco Malfoy.
Le visage de Harry se durcit un peu, mais il ne dit , Fred ne semblait pas vouloir s'en tenir là et continua :
– Alors, pourquoi tu ne nous as pas dit que tu étais gay ?
Harry rougit et haussa les épaules quand tous les yeux se tournèrent vers lui. C'était une question légitime, c'étaient ses amis, après tout, et il avait gardé ça secret pendant longtemps, depuis bien avant Draco.
– Je crois que je n'en étais pas sûr, lâcha–t–il enfin.
– Tu aurais pu m'en parler, dit Fred.
Il souriait étrangement.
– Tu n'aurais pas eu à te le demander toi–même.
– Je… Je sais, c'est juste que… Je suppose que je ne…voulais pas…l'être.
– Et Draco Malfoy ?
Harry rougit derechef.
– Draco…Draco était… toujours… j'ai toujours…
Fred sourit à nouveau et arrêta de le taquiner.
– Eh bien, félicitations. Putain, c'est une vraie bombe. Alors, tu as déjà baisé avec lui ?
– Fred !
Ginny s'assit et le fusilla du regard.
– Okay, désolé, question personnelle. En plus, je sais que tu l'as sucé à la fête du Nouvel An. Je crois que Ron l'a dit à tous ceux qui voulaient bien l'écouter.
Harry regardait partout sauf vers Fred en se demandant s'il pouvait se lever et sortir sans que ça ait l'air d'une évasion dans les règles.
– C'est sérieux ? Ça doit l'être si tu as dû le prévenir que tu restais là.
– Je…
Harry se demanda un instant pourquoi ça l'embarrassait, il se réprimanda intérieurement et dit :
– Oui, c'est sérieux.
– Vous couchez ensemble ?
Harry en rit vraiment. N'y avait–il rien qui n'intéressait pas Fred ? Puis il réalisa qu'il était probablement juste en train d'essayer de ne pas penser à son frère.
– Oui.
Harry rit.
– On couche ensemble… On vit pratiquement ensemble !
Les sourcils de Fred disparurent dans sa frange.
– Et Dumbledore n'a pas de problèmes avec ça ?
– Non…
Harry s'arrêta.
– Pas que je sache. Nous n'avons pas vraiment eu le choix, Ron m'a jeté dehors après Noël…
Il se mordit la lèvre, il n'aurait pas dû parler de ça.
– Ron était déjà malade, je suppose.
– Apparemment.
Fred détailla ses pieds.
– C'était Angelina.
Ils se tournèrent tous vers George, qui avait arrêté de mâchouiller son pouce pour la première fois depuis des heures.
– Elle a fabriqué cette drogue, ça ne peut être que de sa faute.
George les regarda tour à tour.
– Tu as entendu ce que le médicomage a dit, seule une personne ayant travaillé ici pouvait le faire, quelqu'un qui avait accès à toutes les drogues moldues entreposées ici.
– On n'en sait rien, dit Hermione, pourquoi est–ce qu'elle lui aurait donné une drogue pour lui faire du mal ? Dans quel but ?
– Elle n'a pas besoin d'un but ! Putain, je sais pas si tu réalises qu'elle est complètement folle !
Il recommença à mâchouiller son pouce et Harry remarqua qu'il était maintenant à vif et teinté de sang.
– Attendez, vous verrez bien. Quand ils en auront assez pour pouvoir l'analyser vous verrez que c'est elle qui l'a faite.
Harry et Hermione échangèrent un regard.
– Vous ne la connaissez pas… Elle a ce côté vindicatif…
George ferma les yeux et combattit ses larmes. Il se demandait pourquoi il n'y avait pas pensé quand il réduisait son frère en bouillie l'autre jour.
Parce qu'il a couché avec elle et parce qu'elle m'a quitté… Parce qu'il savait qu'on était dans une mauvaise passe et qu'il a quand même couché avec elle.
Fred s'avança et frotta la nuque de George.
– Hé, ça va aller. Il est vivant et ils vont trouver ce qu'il y avait dans la drogue. Ils trouveront et il ira bien.
– Tu es sûr ? demanda George avec violence. Il s'est mutilé, Fred ! Il voulait mourir et je l'ai mis en charpie !
– Le médicomage a dit que la plupart des ecchymoses étaient anciennes ; tu ne peux pas avoir causé tous ces dégâts.
– Alors qui ? Quelqu'un l'a battu, il est couvert de bleus ! Pourquoi on ne l'a pas vu ? Pourquoi personne ne l'a vu et n'est intervenu ? Tu ne fais pas quelque chose comme ça et hop, le jour suivant, la vie est belle juste parce que tu as survécu… Va voir dans ces putains de chambres de patients, Fred, vas–y et regarde ces gens ! Certains sont là depuis des années parce qu'ils continuent d'essayer encore et encore !
– Pas Ron.
– Comment tu peux dire ça ? Tu n'en sais rien !
– Parce qu'on l'aime… et qu'on le laissera pas faire!
– Peut être que ça ne sera pas assez, Fred, dit doucement George. Peut être que j'aurais dû m'en rappeler hier.
Le silence retomba, tout le monde fixait le sol, chacun ressassant sa propre culpabilité. Après un moment, Arthur revint dans la salle pour les informer des dernières nouvelles. Il semblait plus vieux que Harry ne l'avait jamais vu, comme s'il avait pris dix ans en un jour.
– Dumbledore a accepté que Severus Snape fouille la chambre de Ron pour essayer de trouver des résidus de drogue. Il va lui demander de l'analyser. Ils ont décidé que ce serait mieux que quelqu'un d'extérieur le fasse.
– Alors ils pensent que c'est quelqu'un d'ici qui l'a faite ? demanda Hermione.
Arthur soupira.
– Oui, et ce n'est pas tout. Ils pensent que ça a été fait par…
– Angelina, finit George.
Arthur sembla surpris.
– Eh bien… oui.
– Ron s'est réveillé ? s'enquit doucement Ginny.
Elle ne voulait pas encore revenir sur le sujet Angelina, jusqu'à ce qu'ils en sachent plus, Angelina pouvait tout bonnement disparaître, Ginny s'en fichait.
– Ils vont essayer de le réveiller bientôt, mais ils attendant d'abord que le sérum Navitas fasse effet.
Harry releva la tête et fronça les sourcils.
– Le sérum Navitas ? répéta–t–il avec empressement. Que… c'est quoi le sérum Navitas ?
– C'est un antidouleur, répondit Hermione, heureuse d'être enfin utile. Mais je crois que ça régule aussi le rythme cardiaque.
Elle se retourna vers Arthur.
– Ne l'utilisent–ils pas sur des gens qui ont des problèmes chroniques ? C'est supposé prévenir la douleur et garder le cœur stable… et la personne doit être en très bonne santé pour que ça marche vraiment bien …
– En gros, des doses concentrées l'empêcheront de paniquer quand il se réveillera. Quand ils lui ont jeté un Enervatum ce matin, il… Bref, Harry était là.
Il se retourna vers le pas de la porte et soupira lourdement.
– Je dois repartir maintenant. Je veux être là quand ils le réveilleront…Quand je ne suis pas là, Molly continue d'essayer de le ramener à lui et personne ne peut le soigner si elle ne le laisse pas tranquille.
Harry le regarda s'en aller et se retourna vers Hermione.
– Ce sérum, pourquoi quelqu'un le prendrait tous les jours ?
– Eh bien…
Hermione feuilleta son livre de potions.
– Il y a certaines choses qui peuvent arriver à des sorcières ou des sorciers qui peuvent leur causer des dommages permanents. Voilà, c'est là.
Elle passa le livre à Harry pour qu'il le lise.
« Le sérum Navitas fut développé en 1947 après que des médicomages se retrouvent face aux complications dues à l'acide de Madragora de Grindelwald. Le sérum Navitas annule la sensation de brûlure et de douleur que ressentent les victimes, aussi bien qu'il calme les palpitations rapides du cœur et la fièvre qu'expérimentent nombre des sujets. Sans un usage continu du sérum, les victimes d'une attaque de Madragora succomberaient à leurs blessures. De nos jours, le sérum Navitas est utilisé à fortes doses comme un calmant par les médicomages dans le monde entier.
Harry releva les yeux vers Hermione qui lui retourna son expression choquée. Il se leva pour se précipiter vers la porte.
– Harry !
– Je dois parler à Draco.
oOo
– Severus, vous avez sans doute entendu cette malheureuse affaire avec Mr Weasley.
– J'aurais eu du mal à y échapper, Monsieur le Directeur.
Il perçut le regard que Dumbledore lui lança et rectifia :
– Albus.
– Ce que vous pourriez ne pas savoir c'est que Poppy et les médicomages de Ste–Mangouste ont détecté une drogue dans son corps, quelque chose qu'ils ne comprennent pas et qui est susceptible d'empêcher la guérison du garçon. Arthur et Molly ont requis votre aide. Ils espèrent que Ron a laissé un peu de sa drogue dans sa chambre, quelque chose qui pourrait sûrement être analysé.
Et qu'est–ce que ça a à voir avec moi ? se demanda Snape, mais il ne dit rien.
– J'espérais que vous pourriez y aller et fouiner un peu. Je demanderais bien à Mr Rusard, mais je préférerais que ce soit vous.
Dumbledore sourit.
– Puisque vous avez un don pour trouver ce qui échappe aux autres, ajouta–t–il avec délicatesse.
Snape ne mordit pas à l'hameçon et prit le temps de réfléchir avant de répondre.
– Certainement, Albus, et que devrais–je faire avec cette drogue, si je la trouve ?
– Ah, bien, en fait, nous espérions que vous pourriez l'analyser. Les médicomages de Ste–Mangouste suspectent vaguement que la drogue a été fabriquée chez eux, en utilisant leurs ressources. Ils pensent qu'une tierce personne devrait s'en assurer, afin que les résultats ne puissant pas être corrompus.
Snape serra les lèvres. Ainsi, il analysait maintenant des drogues pour le compte de Ste–Mangouste. Il décida de demander une augmentation, mais il n'en dit rien. En outre, trouver ce qui tuait Weasley rendrait Hermione heureuse, et rendre Hermione heureuse était depuis quelques temps devenu une priorité dans sa vie.
– Je fouillerais sa chambre après le dîner, Albus.
– Bien.
Dumbledore sourit et attrapa quelque chose dans le tiroir de son bureau.
– Merci, Severus.
Il tendit un large sac de sucreries à Snape.
– Un sorbet au citron ?
– Heu, non merci.
Albus haussa les épaules et ses yeux étincelèrent.
– Je crois qu'il y a quelques Fizwizbiz là dedans.
Snape regarda le sac avec un plus grand intérêt, il avait toujours été accro aux Fizwizbiz.
oOo
Draco décida, après une heure à tourner en rond dans sa chambre, qu'il avait vraiment besoin de marcher. Il faisait beaucoup trop froid pour aller dehors et il était assez tard, alors il s'enveloppa de ses robes les plus chaudes et descendit les couloirs familiers des cachots. Il ne comprendrait jamais pourquoi il trouvait les cachots si réconfortants. Peut être parce qu'il avait grandi chez les Serpentard et que leur salle commune était là–bas.
Pour une raison inconnue, il s'y sentait proche de son père. Lucius avait parcouru avant lui ces mêmes couloirs. C'était comme si Draco pouvait le sentir, ancré quelque part dans le temps.
Les cachots étaient silencieux. Peeves restait le plus souvent à l'écart car le Baron Sanglant considérait les cachots comme son domaine, ainsi Draco était libre de vagabonder, perdu dans ses pensées. Il était libre de laisser vagabonder son esprit.
Bien, donc Harry restait à Londres avec ses amis. Restait avec les Weasley. Plus important, il restait avec Fred Weasley. Fred avait une certaine réputation dans les clubs du Chemin de Traverse, celle d'adorer sauter sur tout être humain mâle et mignon. Et Harry se plaçait dans ces trois catégories… De plus, il connaissait très bien Harry, alors la moitié de la séduction était déjà faite.
Mais bien sûr, Harry ne serait pas intéressé et si on lui faisait des avances, Harry les refuserait en termes clairs. Bien sûr qu'il le ferait. Il était inutile de s'étendre sur d'autres possibilités. Draco ne remettait absolument pas en question l'amour et la dévotion que Harry avait pour lui.
Mais Harry croyait que Draco ne savait rien de la douleur et la souffrance ou de ce qu'il avait traversé pendant la guerre alors que Fred Weasley s'était trouvé à ses côtés. Ils pouvaient sympathiser et se comprendre sur ce sujet.
Harry s'était montré… brutal… quand il l'avait appelé et il n'avait pas voulu qu'il se rende à l'hôpital, pas plus qu'il ne voulait le voir.
Draco fronça les sourcils et changea de direction.
Pourquoi Harry n'avait–il pas voulu le voir ? Pourquoi voulait–il le garder loin de l'hôpital ?
Et les jumeaux Weasley pouvaient se montrer charmants… et ils étaient séduisants.
Bon, raisonnablement beaux, mais n'était pas Draco Malfoy qui voulait. Draco n'était pas un imbécile. Il savait très bien à quoi il ressemblait, il était très conscient que sa lignée avait été bénie. Il fut un temps où un tel scénario, qu'un amant osât le tromper, n'aurait jamais effleuré ses pensées. Mais plusieurs heures avec Alastor Maugrey avaient changé pas mal de choses – et Draco Malfoy n'était plus aussi séduisant qu'autrefois.
Et puis il y avait cicatrices et cicatrices. La cicatrice en forme d'éclair de Harry était fascinante et sexy, les cicatrices qui mutilaient le dos de Draco et qui mordaient sa chair le changeaient au point de lui donner un aspect inachevé et à vif. Il pouvait difficilement blâmer Harry s'il voulait toucher quelque chose de lisse et sans défaut. Quelque chose de beau.
Mais bordel, ils sont au chevet de la Belette. Ils sont probablement tous sous le choc et ils vont difficilement avoir le temps de tirer un petit coup vite fait !
Mais il savait aussi que Harry avait l'habitude d'être excité dans les moments les plus inappropriés.
Draco s'arrêta encore et fixa d'un regard vague le mur en face de lui. C'était vraiment stupide. C'était Harry. Son Harry. Harry en qui il avait une confiance absolue. Harry qui n'allait pas alpaguer, ni baiser le premier gay venu. Harry ne lui ferait pas de mal… même si lui le blessait.
– Tu fais les cent pas ?
Draco ne réagit pas. C'était les cachots après tout et il était normal que Snape y fasse des rondes.
– Je ne faisais pas les cent pas, je me promenais sans but.
– Est–ce que tu t'inquiètes de trouver un espion ? Je t'ai dit que je m'en occuperais.
Et il y a encore cette histoire d'espion… Je n'y ai même pas encore réfléchi correctement.
– Tu as dit que tu t'en occuperais, mais tu vas prendre qui ? Toi ? Sans vouloir t'offenser, je crois que tes jours d'espionnage sont terminés.
– Je peux difficilement envisager d'y aller moi–même, Draco.
Draco se dit, à cet instant, que peut–être Snape était aussi nerveux que lui à propos de cette histoire d'hôpital. Hermione n'était–elle pas sortie avec Weasley avant ? Restait–elle à Londres aussi ? Peut–être devraient–ils parler de l'espion, pour leur bien à tout les deux.
– D'accord alors, reprit Draco, reconnaissant un de ces moments où il convenait d'adoucir le ton. Qu'as–tu en tête ?
– Je n'ai pas encore eu le temps d'y penser, je…
Ils furent interrompus par l'apparition d'un 1ère année qui avait apparemment pris le mauvais couloir dans sa recherche de la salle commune des Serpentard. Le garçon stoppa net et fixa son responsable de maison avec un regard de terreur inimitable. Draco en sourit presque.
– Encore perdu, Bains ? questionna Snape impatiemment.
– O–o–oui, P–p–professeur… Monsieur… Je–je–je–je…
Bains rougit, désespéré.
– Sans la pureté de votre sang, Bains, vous auriez fini à Poufsouffle, murmura Snape dédaigneusement. Maintenant retournez–vous et revenez sur vos pas.
Bains s'en alla rapidement, pressé de se soustraire au regard meurtrier de Snape.
– Au fait, Bains ?
Bains sursauta et gémit.
– Oui, Professeur ?
– Vous avez intérêt à être dans votre dortoir avant le couvre–feu. Je déteste enlever des points à ma propre maison et je préférerais de loin vous remettre dans le train, direction chez vous.
Bains hocha docilement la tête et s'enfuit presque en courant. Snape se tourna vers Draco et suggéra que, peut–être, ils ne devraient pas s'entretenir d'un sujet si délicat dans le couloir. Draco se retrouva peu après dans les quartiers de Snape.
Non était occupé à dépoussiérer un livre de l'étagère. Draco s'arrêta, haussa un sourcil et sourit d'un air narquois. Snape, de son côté, semblait à bout de nerfs.
– Je pensais t'avoir dit de rester dans le placard ?
– Non s'ennuyait dans le placard, Monsieur.
Clairement, Non ne considérait pas Snape comme son Maître et choisissait d'agir en conséquence. Son Maître lui avait dit de rester où il était, ce qui était la seule raison pour laquelle il n'était pas retourné au Manoir, mais ce n'était pas parce qu'il restait là que ça voulait dire qu'il aimait ça.
– Tu ne devais pas le mettre au travail dans les cuisines ? s'enquit Draco, observant l'elfe déprimé continuer à dépoussiérer.
– Je l'ai fait, répondit Snape amèrement, mais il semble qu'un des elfes de maison l'a vu et a été pris d'un genre d'attaque de panique. Une stupide petite chose, avec un cache–théière sur la tête… celui que Potter a libéré, quel est son nom, déjà ?
– Dobby, répondirent Draco et Non à l'unisson.
– Oui, c'est ça, celui–là.
– Non est une sorte de tyran au Manoir, concéda Draco fièrement. Tu es le plus vieux, n'est–ce pas, Non ?
Non interrompit son nettoyage comme pour se concentrer sur une réponse alors qu'il la connaissait déjà.
– Non est le plus vieux, Maître Draco, confirma–t–il.
– Quel âge as–tu au fait ?
– Non a quatre–vingt–sept ans, Maître Draco.
Les sourcils de Draco s'élevèrent de surprise. Ce fichu elfe était une antiquité !
– Non est né la même année que Maître Alexius, continua Non en s'emballant sur le sujet. Les ancêtres de Non ont servis la famille Malfoy pendant des siècles.
Draco tremblait encore quand on mentionnait son grand–père. Les souvenirs de Draco concernant le vieil homme étaient ceux d'une brute qui était mort avant qu'il ne parte pour Poudlard. Pour ce qu'il pouvait en dire, peu de monde avait apprécié cet homme. La mère de Draco le haïssait très certainement et Lucius avait installé sa petite famille dans une aile opposée à celle qui avait abrité ses parents ; ils les évitaient quand il le pouvait. Il se souvenait quand même d'un incident, quand son grand–père Alexius avait surpris Draco en train de manger des gâteaux dans son fauteuil préféré. Il l'avait stupéfixé pendant trois heures en punition, jusqu'à ce que Lucius revienne à la maison et trouve Narcissa qui hurlait à pleins poumons en essayant de convaincre son beau–père de libérer son fils.
Alexius Malfoy était mort peu après et personne n'avait versé la moindre larme. Draco s'était souvent demandé si Lucius l'avait tué. Dans son cœur, il pensait toujours que c'était le cas. Même Non avait prononcé son nom avec mépris et Non était aussi fidèle à sa famille qu'on puisse l'être.
Non semblait même heureux au Manoir, ou en tout cas, pas aussi effrayé que la plupart des elfes de maison. Draco ne savait pas pourquoi le petit elfe était content – Non avait assurément reçu sa part de coups de pied au cul et ne recevait aucun traitement de faveur. Il était vrai que Draco ressentait une étrange affection pour lui, mais il supposait que ça venait de toutes ces années pendant lesquelles il avait trimbalé l'elfe comme un ours en peluche.
Mais Lucius aussi s'était attaché à cette horrible chose, et Non… Eh bien, Non était dévoué à Lucius.
Dévoué.
Entièrement dévoué.
– Non ? l'interpella brusquement Draco, si tu étais libre, que ferais–tu ?
– Libre ? Maître Draco, Monsieur ?
Non avait la tête de quelqu'un à qui Draco venait de proposer la décapitation.
– Maître Draco ne doit pas libérer Non. Non n'a rien fait pour que Maître Draco le libère !
– Mais si tu étais libre, que ferais–tu ?
Non paraissait terrifié et complètement perdu.
– Est–ce que tu viendrais travailler pour nous, même si tu étais libre ?
Non eut un regard plein d'espoir.
– Non supplierait Maître Draco et Maître Lucius de le laisser revenir !
– Est–ce que tu ferais n'importe quoi pour revenir ?
– Non ferait tout ce que Maître Lucius lui dirait de faire.
Draco sourit en s'accroupissant à la hauteur de l'elfe.
– Est–ce que tu ferais n'importe quoi pour lui ?
– Pour Maître Lucius ?
– Oui, pour Maître Lucius.
Une étrange couleur s'empara de l'elfe et Draco réalisa, choqué, qu'il rougissait.
– Non ferait n'importe quoi pour Maître Lucius. Non aime Maître Lucius.
Draco le regarda, confus pendant un instant alors que l'elfe regardait ses pieds. Puis la pleine implication de la chose le frappa et il se releva précipitamment pour s'éloigner.
– Tu aimes mon père ? Comme dans, tu es amoureux de mon père ?
– P–p–p–pas de la f–f–f–façon dont vous pensez ! bégaya Non. Non l'aime, Non ferait tout pour lui, Non mourrait pour lui !
– Est–ce qu'il le sait ?
– Non !
L'étrange couleur s'accentua.
– Bon, peut–être… Maître Lucius n'a jamais rien dit à Non là–dessus.
Oh, c'est trop bizarre !
Pourtant…
– Non, j'ai une mission très spéciale pour toi… et tu peux aider Père si tu fais bien ton travail.
Non releva la tête, impatient et plein d'espoir.
– Mais il y a juste une condition à tout ça.
Non semblait confus.
– Une condition, Maître Draco ?
Draco défit sa cravate et s'accroupit encore une fois devant son elfe de confiance.
– C'est une condition essentielle, mais je pense que tu verras qu'elle était nécessaire.
– Maître Draco ?
Draco arrangea doucement la cravate autour du cou décharné de Non.
– Tu es libre, Non.
Non pâlit, tituba, comme s'il allait s'évanouir. Draco se retourna vers Snape, qui avait regardé se dérouler la scène en silence.
– Je crois que nous avons trouvé notre espion, oncle Severus.
oOo
Semeuse retourna tard dans ses quartiers, il était furieux. Il revenait d'un rendez–vous avec le Ministre de la Magie qui avait décidé d'annuler l'exposition ambulante et de la faire retourner à son espace permanent au musée. Fudge escomptait que Lucius soit de retour à l'exposition et rien de ce que Semeuse avait pu dire sur le danger que ça représentait ne l'avait fait changer d'avis.
Il claqua la porte et se rua dans la pièce, maudissant l'idiotie de cet homme, sentant son estomac faire des nœuds à l'idée même de placer ce qu'il considérait comme sacré dans l'exposition publique.
Lucius était assis sur sa chaise, sur le petit balcon, il observait le ciel noir de Londres. Il pleuvait dru sur lui et Semeuse lui jeta un regard paniqué, avant de bondir sur lui pour le rentrer.
– Qui t'as mis là ? s'enquit Semeuse, se promettant de tuer l'abruti d'elfe qui avait laissé son ange dehors.
– Moi.
– Comment ? Comment es–tu arrivé là ? Pourquoi voudrais–tu être dehors, sous la pluie ?
– J'ai demandé à un elfe de maison. Il ne pleuvait pas quand je suis sorti et quand ça a commencé, il n'était plus là pour me rentrer.
Semeuse jura et défit le lourd manteau que l'elfe avait posé sur Lucius, il était complètement trempé et Lucius était presque gelé, même s'il n'avait pas l'air de s'en soucier.
– Pourquoi tu voulais aller dehors ?
– Parce que je n'avais pas été dehors depuis bien longtemps.
Semeuse allait tuer ce maudit elfe. Et si Lucius tombait malade ? Il le déshabilla rapidement et le sécha. Il souleva l'ange de sa chaise, le porta jusqu'au lit et le posa doucement sur les coussins.
– À l'avenir, si tu veux aller dehors, tu me le demanderas.
– Tu n'étais pas là pour que je te le demande, répondit Lucius d'une voix traînante.
Le conservateur étala la multitude de cheveux sur l'oreiller et plongea dans les yeux pâles de l'ange.
– Ne me pousse pas à bout, Lucius, je n'ai pas eu une bonne journée.
– Ça peut difficilement être de ma faute, n'est–ce pas ?
Semeuse faillit le gifler mais il avait prié pour que Lucius puisse parler et maintenant qu'il le pouvait, l'ange semblait déterminé à l'énerver.
– Je pense qu'il est temps que je découvre à quel point tu prends notre arrangement au sérieux.
Le silence lui répondit.
– Rien à dire, Lucius ?
– Maintenant ? questionna Luciusd'un air dubitatif.
– Comme je l'ai dit, j'ai eu une très mauvaise journée et je pense que tu peux m'aider à y remédier.
Semeuse déboutonna ses robes et les jeta négligemment. Il s'allongea aux côtés de Lucius et commença à caresser calmement son corps pâle.
– Tu peux bouger tes jambes ?
– Pas vraiment, pas de la façon dont tu le voudrais.
– Et tes bras ?
– Je ne sais vraiment pas, répondit Lucius, d'un ton un peu ennuyé.
Semeuse le frappa vraiment cette fois, il le gifla durement et entendit un léger gémissement dans sa tête.
– Tu m'as proposé ce marché, Lucius, et j'espère que tu tiendras tes promesses.
Il s'interrompit et eut un sourire mauvais.
– Ou qu'en dis–tu, Lucius ? Un rapide Imperio et le jeune Draco se retrouvera très docilement le cul à l'air.
– Si tu positionnes mes membres, j'essayerai de m'y tenir.
– Très bien, Lucius, tu apprends si vite.
Il écarta les jambes de son ange, rampa entre elles puis embrassa son torse pendant qu'il s'installait. Tendrement, il déplaça les bras de Lucius pour que ses mains soient sur ses épaules et il ressentit une légère pression tandis que Lucius s'accrochait. Semeuse releva lui–même les jambes de l'ange, les passa au–dessus de ses coudes et les repoussa pour que Luciussoit soulevé un maximum du lit.
Il le pénétra d'un seul coup et sourit en sentant des doigts s'enfoncer plus durement dans ses omoplates.
– Je veux t'entendre Lucius, je veux t'entendre pendant que je bouge en toi.
La tête du conservateur fut soudainement emplie de halètements et des sons érotiques d'un amant gémissant et pantelant.
– C'est bien, c'est bien, mon ange…
Semeuse s'enfonça plus cruellement et les gémissements appréciatifs furent plus durs à maintenir, laissant place à des sanglots essoufflés et Archibald sourit, se délectant du véritable effet de son art de l'amour. Il poussa plus durement, bougea plus vite en Lucius, le chevauchait, le blessait.
– Est–ce que je te fais mal, Lucius ? Est-ce que tu ressens de la douleur ?
– O–oui…
– Dis moi encore…Dis–le pour moi…
– Oui.
– Encore !
– Oui…
Les ongles de Lucius agrippaient si durement le dos du conservateur qu'ils firent couler du sang. Son visage demeurait aussi impassible qu'à l'accoutumée mais il haleta durement, apparemment douloureux de partout. Puis des mains invisibles commencèrent à le repousser et Semeuse faillit éjaculer de joie. Ainsi il existait des choses que Lucius ne pouvait pas contrôler, des choses délicieuses auxquelles il ne pouvait pas commander.
– Je t'aime.
Semeuse sanglotait aussi, pantelant, poussant plus durement, plus loin, sentant son corps au bord de l'abîme, son orgasme n'était plus qu'à quelques instants.
– Je t'aime, ma beauté. Je t'aime … Je t'aime …
Il ne put retenir son orgasme et baisa Lucius plus fortement, tirant son plaisir du corps magnifique étendu sous lui.
– Dis–moi, mon chéri…Je t'aime…dis–moi…
Lucius sanglota et gémit puis enfin, comme si c'était arraché à son être contre sa volonté, le conservateur entendit la voix dans sa tête.
– Je t'aime aussi.
oOo
Draco se sentait un peu bête à arpenter les couloirs de Ste–Mangouste alors qu'il s'y savait indésirable. Harry lui avait dit de ne pas venir, mais s'il pouvait le voir et lui parler quelques minutes, peut–être qu'il pourrait alors retourner au château et dormir un peu. Dumbledore lui avait donné la permission de partir et lui avait même donné un Portoloin pour revenir. Il espérait seulement que Harry était toujours là.
L'infirmière à la réception lui avait dit où trouver la Belette et Draco connaissait assez bien ce service. Pansy Parkinson était une des résidentes et, après de brèves vacances chez son oncle, elle y était revenue. L'aile était séparée des autres, pour mettre de côté les patients qui souffraient de multiples variantes de dépression et qui représentaient un danger pour eux–mêmes.
Quelqu'un avait décidé de peindre les murs du service avec d'incroyables couleurs éclatantes comme si un environnement coloré pouvait remonter le moral de ses résidents. Dès les premières minutes de la visite de Draco, il décida que s'il devait rester là, il serait aussi probablement suicidaire.
Il ne lui fallut pas longtemps pour trouver la salle d'attente. C'était une des rares pièces qui n'avait pas de gardien devant la porte. Tout était très silencieux et Draco eu peur qu'ils soient déjà partis. Il passa la tête dans l'encadrement et découvrit Hermione à moitié endormie, un livre sur les genoux. Ginny Weasley était assise sur le sol avec celui que Draco pensait être George. Harry était assis sur un banc avec Fred. Il avait encore essayé de trouver Draco, pour lui parler de son sérum, mais Draco était introuvable et personne dans la tour ne semblait savoir où il était été revenue dans la salle d'attente déprimé et fatigué. Cette journée lui avait pompé toute son énergie et ses pensées. Il voulait que ça finisse, que Ron vive et que Draco ne lui cache pas une quelconque maladie. Juste avant que Draco n'arrive, Harry était presque endormi, sa tête reposant contre le mur. Fred Weasley fixait le vide et sa main était posée sur la cuisse de Harry, son pouce faisant des aller–retours inconscients.
Draco sentit ses lèvres se durcir et la colère, brûlante et dévastatrice, surgit à travers lui.
Calme–toi, il vient d'être choqué, son frère est presque mort, il ne fait que se réconforter.
Réconforter, mon cul !
Draco s'éclaircit la gorge et le son sembla bizarrement lourd dans cette immobilité. Hermione releva la tête et posa immédiatement son livre pour se jeter sur Draco et le serrer comme si elle était soulagée de voir quelqu'un qui n'était pas embourbé dans toute cette situation pour la ramener vers la réalité. Draco lui rendit son étreinte et il la sentit s'appuyer un peu contre lui. Elle avait besoin de dormir, mais elle restait là.
Harry se tira de son léger sommeil et cligna plusieurs fois des paupières avant que son visage ne se fende d'un sourire qu'il ne pouvait réprimer. Il avait essayé de contacter Draco et n'avais pas été capable de le trouver, maintenant il se sentait seulement soulagé de l'avoir en face de lui. Il se souleva du banc et se jeta avec force dans les bras de Draco. Draco le serra fort contre lui, enfonçant son visage dans ses cheveux en bataille pour inspirer. Il se perdit dans la sensation de ses bras autour de lui et de la sensation familière de son corps pressé contre le sien.
– Comment va Ron ? murmura Draco, plus par devoir de politesse que par réel désir de savoir.
– Il va bien, il s'est réveillé un moment, mais ils l'ont rendormi pour que son corps récupère.
– Est–ce que tu restes toujours à Londres ce soir ? murmura Draco, espérant qu'il dirait non, qu'il revienne docilement à Poudlard avec lui.
– Ouais, toute la famille.
Harry combattit l'envie de l'embrasser. Personne ne lui en aurait tenu rigueur, mais s'il l'embrassait, Harry savait qu'il ne s'arrêterait pas, et il ne voulait pas tout leur dévoiler, pas maintenant, pas encore.
– Pourquoi tu ne viendrais pas ? Tu pourrais rester avec moi, et tu pourrais voir ma maison.
Draco eut un sourire mélancolique.
– Je ne peux pas, j'ai promis à Dumbledore que je serais bientôt de retour, il ne m'aurait pas laissé venir autrement.
– Mais Dumbledore sait que Grimmauld Place est sécurisé. Je lui parlerai.
Draco parcourut la pièce du regard. Tous les Weasley le regardaient avec intérêt. La dernière fois que l'un d'entre eux lui avait parlé, il était Draco Malfoy, le putain d'enfoiré et fils de Mangemort qui n'avait que ce qu'il méritait. Maintenant il était Draco Malfoy, sûrement toujours un putain d'enfoiré, toujours fils d'un Mangemort condamné qui n'avait que ce qu'il méritait mais extraordinairement amant de Harry Potter – un de leur meilleur ami.
– Je crois que tu devrais être avec tes amis, dit Draco. Je ne suis pas sûr que rester serait une très bonne chose.
Il s'inclina et murmura doucement dans l'oreille de Harry.
– On peut aller dans un endroit plus calme ?
Harry sourit et lança un regard derrière lui, comme si la subite montée d'excitation qui le traversait était évidente pour tous les occupants de la pièce. Il prit la main de Draco et l'entraîna hors de la pièce.
Dans l'état actuel des choses, un endroit calme était raisonnablement facile à trouver, un endroit privé par contre, ce fut une autre affaire. Presque toutes les pièces de l'étage possédaient un gardien et ce ne fut que trois étages plus bas qu'ils trouvèrent finalement un couloir reclus et un coin sombre.
Draco embrassa Harry désespérément, le repoussant dans les ténèbres et devenant vite avide de passion. Pas une passion née du désir, bien qu'il désirât assez Harry comme ça. C'était une passion née de son cœur jaloux, une passion qu'il ne pensait jamais ressentir. Il voulait apposer sa marque, signer Harry avec quelque chose qui serait forcément son œuvre. Il pouvait encore voir la main de Fred Weasley sur sa cuisse, son pouce caressant cet endroit que Draco considérait à lui et à lui seul. La pensée de quelqu'un d'autre que lui touchant Harry le rendait malade et l'idée que Harry aille avec quelqu'un d'autre le tourmentait.
La main de Draco glissa sur le vieux pantalon large de Harry, s'emmêla avec les premiers boutons et s'engouffra à l'intérieur pour emprisonner ses testicules à travers ses sous–vêtements.
Harry gémit doucementet s'éloigna légèrement.
– Tu vas bien ? haleta–t–il.
– Ouais.
Draco gémit en retour, pressant son corps plus fort contre celui de Harry.
– Tu m'as juste manqué aujourd'hui, c'est tout.
Harry suspecta que Draco pouvait être un peu jaloux mais ne dit rien. Ses longs doigts qui s'infiltraient dans ses sous–vêtements étaient trop bons pour qu'il s'embête à rechercher ses motivations pour l'instant.
– Je t'aime, soupira Harry.
Il sentit Draco se détendre un peu, sentit ses baisers se fondre jusqu'à ce qu'ils deviennent languissants et humides.
– Je t'aime, murmura encore Harry tandis que des baisers parcouraient sa mâchoire et sa gorge.
Il sentit son pantalon glisser puis les doigts du blond s'agrippèrent à l'élastique de son boxer pour le tirer doucement, l'abaissant jusqu'à ce que son pénis soit libre et au garde à vous.
– Je t'aime.
Harry gémit alors que Draco se laissait tomber à genoux pour faire glisser ses lèvres le long de sa verge.
– Oh… oh, c'est bon, bébé, continue comme ça.
Draco obéit, dessinant des courbes sur les côtés de son sexe avec sa langue, titillant le gland gorgé de sang avant de la reprendre en bouche sur toute sa longueur.
Oh, bordel de merde.
Harry ne comprendrait jamais comment Draco s'y prenait pour que son esprit soit engourdi et ignorant de tout ce qui n'était pas pures sensations. Il supposait que n'importe qui pouvait le toucher ou même lui faire une fellation, mais il doutait que quiconque puisse lui faire ressentir quoi que ce soit comme Draco. Il enfonça ses doigts dans la chevelure de Draco pour l'amener plus près de son corps. Draco laissa échapper un petit cri tandis que Harry poussait sa verge plus loin dans sa gorge, sachant qu'il pouvait l'endurer. Les doigts de Draco s'accrochèrent à la peau douce de ses fesses et il l'avala profondément. Harry cria, sa voix résonnant dans le couloir.
– Putain, Draco, siffla–t–il, Oh… oh… putain…
Draco leva les yeux vers lui, et, à travers l'obscurité, Harry put voir les grands yeux pâles l'observer et il perdit tout contrôle. Il jouit dans la bouche de Draco dans un tourbillon de chaleur, se délectant de l'intensité, de la façon qu'il avait d'avaler sa semence. La façon dont il suçait encore alors que les derniers vestiges de son orgasme disparaissaient.
Harry se sortit de la bouche de Draco et se laissa tomber à genoux, l'entraînant avec lui, le serrant dans ses bras.
– C'était vraiment incroyable, soupira Harry.
– Je sais. Je pense moi–même que je suis vraiment génial, répondit Draco avec plus d'aplomb qu'il n'en ressentait.
Il hésita, incapable de se débarrasser de ce sentiment de jalousie qui lui collait aux tripes.
– Mon cœur ?
– Mmm ?
Harry suivit les lèvres de Draco avec sa langue.
– Chez toi, tu as ta propre chambre ?
Harry s'éloigna et sourit.
– Ouais, bien sûr… C'est ma maison !
– Alors tu n'auras à partager avec personne ? insista Draco. Tu n'auras pas à partager avec quelqu'un comme, disons, Fred Weasley ?
Les yeux de Harry s'agrandirent.
– Oh, mais putain, tu es jaloux !
Draco ne dit rien, il se contenta de dévisager Harry un instant avant de détourner son regard.
– Pourquoi tu es jaloux ?
– Je ne suis pas…
Draco rougit.
– Promets–moi que tu te tiendras à l'écart de lui.
– C'est comme mon frère, Draco !
– Et Hermione est comme ta sœur mais tu…
– …as sucé ses doigts et c'est tout.
Harry soupira et s'assit sur ses talons.
– Je ne suis pas intéressé par Fred de cette manière. Je ne vais rien faire avec lui.
– Alors promets–le–moi.
– Putain, Draco ! Je n'ai pas besoin de promettre, il ne se passera rien !
– Alors pourquoi tu ne promets pas ?
– Draco !
Draco se redressa pour s'en aller. Harry se leva à son tour, remonta son pantalon et partit derrière lui, l'agrippant par le coude pour le retourner vers lui.
– Draco ! Mais bordel, c'est quoi, le problème ?
– Promets–le–moi !
– D'accord, je te le promets. Est–ce que tu te sens mieux ?
– Non, pas vraiment.
Draco déglutit et serra les dents, puis cligna des yeux et réalisa qu'il était sur le point de pleurer – ce qui était ridicule, il n'y avait vraiment aucune raison pour ça.
– Ecoute, j'ai retrouvé mon meilleur ami presque mort ce matin et j'ai passé le reste de la journée à découvrir comment il s'était tellement flingué que personne ne sait s'il survivra. Je n'ai pas besoin d'une crise de jalousie en plus de ça. Est–ce que tu peux arrêter et me faire une scène une autre fois ?
Un muscle se contracta dans la joue de Draco avant qu'il ne cligne des yeux et se recule.
– Je suis désolé, dit–il en essayant de garder une voix calme. Je vais essayer d'avoir mes crises à des moments qui conviennent mieux à ton emploi du temps.
– Oh, putain de merde.
Harry le poussa pour passer et fit mine de le laisser planter là, puis il se retourna et revint sur ses pas.
– Pourquoi tu ne reviendrais pas à Grimmauld Place avec moi alors ? Tu pourrais t'asseoir et me regarder toute cette putain de nuit.
Draco s'enfonça un peu plus dans les ombres.
– Je retourne à Poudlard, murmura–t–il.
– Quoi, tu ne veux pas me mettre une ceinture de chasteté avant de partir ?
– Salut.
Harry ne pouvait pas voir son visage, il était caché par les ombres du couloir, mais il entendit sa voix craquer et un sanglot briser le mot, puis Harry l'entendit essayer de trouver le Portoloin qui l'emmènerait loin.
– Draco ?
Harry s'avança vers le recoin et Draco se laissa glisser le long du mur, s'enroulant sur lui–même, ses larmes faisaient trembler son corps. Harry l'observa et prit conscience de ce à quoi il avait réduit son amant. Il y avait à peine quelques heures Harry l'avait cherché désespérément, attendant de savoir à quoi lui servait le médicament dont il venait d'apprendre l'existence, et depuis le moment où il avait vu Draco, toutes ces préoccupations s'étaient envolées. Encore une fois, il avait été préoccupé, cette fois à défendre les Weasley et lui–même, ne pensant pas à l'effet que ça ferait à Draco d'être soudainement laissé derrière.
Et il avait dit des choses à Draco ce matin qu'il ne pensait pas. Harry s'assit à ses côtés, passant un bras sur ses épaules pour le presser contre lui.
– Ne fais pas ça, bébé, tu n'as vraiment pas à être jaloux. Je t'aime, Draco. Je n'aime personne d'autre. Je te promets, Draco, c'est la vérité.
– Tu… tu as dit que je n'avais rien perdu.
Draco releva la tête pour regarder Harry à travers ses yeux rougis.
– Tu as dit que je ne connaissais rien à la douleur et la perte… mais je sais… Je… j'ai perdu ma famille, j'ai perdu mes amis, j'ai perdu une partie de mon dos… j'ai aussi perdu des choses.
– Je sais, je suis désolé… J'ai été un gros con… J'étais si inquiet pour Ron et je m'en suis pris à toi. Je n'aurais pas dû, je t'aime, tu sais ça.
Harry l'attira près de lui et décida qu'il devait en parler maintenant.
– Est–ce que ton dos te fait encore mal ? C'est pour ça que tu prends du sérum Navitas ?
– Je me demandais combien de temps ça te prendrait avant que tu ne t'en rendes compte.
Draco renifla, il sortit un mouchoir presque propre de la poche de Harry et se moucha.
– C'est vrai que tu mourrais si tu arrêtais d'en prendre ?
– Ils ne savent pas vraiment… et… je ne tiens pas à le savoir.
Il enfonça son visage dans le creux de l'épaule de Harry et ferma les yeux. Les doigts de Harry passaient doucement dans ses cheveux.
– Pourquoi tu as peur de Fred ?
– Il est…
Draco parut se rapprocher un peu plus de Harry, ce dernier raffermit sa prise.
– Il est parfait.
– Parfait ?
Harry ne put s'empêcher de rire.
– Fred ?
– Il est… entier.
Harry fronça les sourcils.
– Quoi ? Entier ? Mais tu es entier !
– Non, je ne le suis pas. Je… Je suis abîmé.
– Tu es parfait et tu es tout ce que j'ai toujours voulu… Je me fiche de ces cicatrices, elles ne sont pas toi…
Il sentit des larmes chaudes contre son cou et Harry câlina tendrement Draco.
– Ne pleure pas, bébé, ça va, tout va bien.
– Je suis désolé, j'ai été bête…
– Mais non, t'inquiète pas.
Harry essaya de se remettre debout, entraînant Draco avec lui.
– Tu viens avec moi à la maison ce soir, on pourra repartir à l'école demain matin.
– Je ne peux pas… J'ai prom…
– Tu peux et tu vas le faire. Je parlerai à Dumbledore. Tu devrais être avec moi, il le comprendra.
Harry fouilla ses poches et en retira un bout de papier. Il murmura : « Lumos » et tendit le papier à Draco.
– On peut trouver Mr Harry Potter au 12, Grimmauld Place, Londres.
Draco sourit, au moins maintenant il savait comment s'y rendre.
– Je repars à Poudlard, dit–il tout bas. Je suis fatigué et je me sens merdique… Je n'ai rien avec moi de toute façon.
Harry le fixa.
– On récupérera du sérum Navitas chez l'apothicaire en bas et tu n'as besoin de rien d'autre. On repartira tôt à l'école pour se changer.
Il enroula ses bras autour de Draco et quand le blond ouvrit la bouche pour protester, Harry le fit taire rapidement en disant :
– Ne discute pas avec moi, Draco. Je vais prévenir les autres qu'on retourne à la maison. Je parie que Hermione ne dira pas non à un petit somme et les autres savent comment y aller.
Ils marchèrent doucement dans le couloir, heureux d'être ensemble et brusquement avides de sommeil.
oOo
La chambre de Weasley puait le sang et la sueur et convenait parfaitement à l'idée que se faisait Snape d'une maison de passe. C'était écœurant et Snape retint un haut–le–cœur. Il avait déjà senti ça auparavant. L'odeur de la mort et de la décomposition. Mais il y avait quelque chose d'autre. Une autre odeur.
Snape éclaira la chambre et scruta le lit en face de lui. Il s'accorda un moment de pitié avant de s'enfoncer dans le dégoût. Il inspira rapidement, ça faisait bien longtemps qu'il n'avait pas vu autant de sang. Le lit était trempé du sang de Weasley, il brillait d'un rouge profond, coagulé, craquelé et fétide. Même si pendant toutes ces années, Weasley avait été une véritable plaie, Snape était heureux de ne pas avoir été là quand ils avaient trouvé le jeune homme. Il en avait vu suffisamment pour remplir au moins deux vies.
Sur le sol traînait un ours en peluche rouge de sang. Snape le ramassa. Il était lourd et humide, Weasley devait s'être vidé de son sang dessus. Il renifla prudemment l'ours et détecta instantanément l'opium et les œufs de Serpencendres. Des ingrédients pour des potions opiacées et des philtres d'amour. Il se demanda ce qu'il découvrirait d'autre quand il trouverait la drogue. Il sortit une fiole de cristal de sa poche et l'ouvrit, puis il pointa sa baguette sur la peluche et le sang se mit à sortir du jouet, se soulever dans l'air pour se vider dans la bouteille. Snape fit stopper le flux, remit la fiole dans sa poche et replaça l'ours à nouveau propre sur la table de chevet.
Maintenant, la drogue. Où ce gosse pouvait–il cacher sa réserve ? Si ça avait été la sienne, il aurait trouvé un endroit discret et indétectable. Une cachette à l'abri des regards fouineurs. Il se retourna, cherchant un endroit ou un moyen pour Weasley de cacher de la drogue dans sa chambre et ses yeux tombèrent sur l'autre lit de la pièce.
Ou je pourrais juste la laisser traîner sur le lit.
Il prit un petit flacon et l'ouvrit. L'odeur était inimitable et c'était donc immanquablement ce qu'il cherchait. Il empocha la drogue et déplaça les autres objets étalés sur le lit, pour s'assurer qu'il n'y avait pas d'autres choses de ce genre égarées qui pourraient tomber entre de mauvaises mains. Il débusqua une longue page de parchemin et la déroula – quelque chose attira son regard. Le nom de Hermione et un rosier presque entièrement fleuri à côté.
Il ramassa le parchemin et le déroula totalement.
« Mr Harry Potter
Miss Hermione Granger
Mr Ronald Weasley »
Chaque nom avait un buisson de roses à côté (bon, Potter en avait quatre).
« Ce contrat, passé entre les susnommés, aussi connus sous le nom de Croisés, stipule, conformément à leur accord, que : du 25 août 1998, les Croisés auront une année scolaire entière (prenant fin le 30 juin 1999) pour perdre leur virginité respective, sous peine d'être couvert à vie de furoncles purulents.»
Des furoncles ? Qu'est–ce qui leur avait fait penser à des furoncles ?
Snape s'enfonça dans le lit et continua sa lecture.
« À compter de la perte de ladite virginité et à chaque activité sexuelle accomplie par ladite partie, une rose apparaîtra sur le rosier correspondant individuellement à chaque Croisé. »
Il y avait presque cent clauses et conditions sur le contrat ; Snape les lut toutes et son visage se durcit à mesure qu'il les passait en revue.
« Clause n° 79 : Si la victoire semble incertaine, le Croisé doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour honorer les termes du contrat, même si ça signifie effectuer quelque chose de vil, comme avoir des relations sexuelles avec une vieille sorcière, une harpie ou même le professeur Severus Snape. Celui ou celle qui ne remplira pas les termes du contrat et qui ne pourra prouver qu'il (ou elle) n'a pas exploré toutes les options sera non seulement affligé de furoncles purulents; mais ils seront aussi piquants, puants et géants. »
Snape laissa tomber le contrat sur ses genoux et se mit à fixer le mur d'un air absent.
– Je vois, marmonna–t–il, la joue agitée d'un tic.
Elle lui avait menti. Elle l'avait embobiné. Elle lui avait déclaré son amour alors que tout ce temps, il n'avait été que le dernier recours, dans la même catégorie que les vieilles sorcières et les harpies. Il n'y avait aucun doute ces trois-là devaient s'en payer une sacrée tranche à son insu.
Il replia le contrat et le rangea dans ses robes. Il était temps que ce petit jeu cesse.
A suivre…
Voilà, merci d'avoir lu jusque-là. J'attends vos commentaires.
Bisous.
Falyla
