Titre : Objects of Desire

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Auteure : Azrael Geffen

Traductrice : falyla

Correcteurs : falyla/Florent

Paring : Harry Potter/Draco Malfoy Hermione Granger/Severus Snape

Rating : M/NC-17

Etat de fic originel : terminée (20 chapitres divisés en 59 parties)

Etat de la traduction : terminée

Disclaimer: Les personnages appartiennent à l'univers de JK Rowling, l'intrigue est à Azrael Geffen, avec son aimable autorisation.

Warning : slash, scènes de sexe très graphiques, torture, viol, meurtre, tentative de suicide, drogue, abus d'alcool, langage cru.

Site : à cause des thèmes abordés, je ne sais pas si cette fic sera autorisée à rester sur FFnet, je la publie donc en parallèle sur AO3 sous le même pseudo.

Mise en ligne : sauf contretemps inattendu, le lundi, le mercredi et le vendredi.

Résumé : Après la fin de la guerre, Harry, Ron et Hermione décident de revenir à Poudlard pour obtenir leurs ASPICs. Avant la rentrée, lors d'une soirée très avinée, ils établissent et signent un pacte magique où ils s'engagent à perdre leur virginité pendant cette 8ème année.

Note de la traductrice : Merci beaucoup pour vos commentaires, j'apprécie vraiment.

Bonne lecture.

Objects of Desire

Chapitre 16 (2ème partie)

Une sorte de folie

Hermione était contente que la journée se termine. Les cours étaient finis et, après deux heures supplémentaires de soutien à Harry pour sa leçon du jour de Potions, elle n'aspirait qu'à une seule chose : se rouler en boule et dormir. Ce que, bien sûr, elle n'allait pas faire. Ainsi, après avoir fourni de l'aide à Harry, elle devait encore se trouver du temps pour ses propres études. Elle décida que pour se préserver des incessantes questions de Harry, le mieux à faire était de descendre se cacher dans les appartements de Severus. Elle pensait que ça ne le dérangerait pas comme il passait la plus grande partie de ses nuits à corriger des papiers et à travailler sur diverses bribes d'articles, elle n'aurait qu'à s'installer près du feu et ne pas le déranger. Elle prit ses livres et s'arrangea pour filer tandis que Harry tournait un regard suppliant vers elle.

Elle ne put s'empêcher de sourire. Elle savait que c'était un brillant sorcier, il n'y avait aucun doute. Mais pour exercer le métier qu'il souhaitait, il devait en passer par les deux matières où il était horriblement mauvais, les Potions et les Métamorphoses. Il était légèrement plus fort en Métamorphoses mais, en Potions Avancées, Harry se cramponnait à toute chose ou personne qui lui permettait de s'en sortir de justesse. Pour sa part, Hermione croyait foncièrement qu'elle lui devait son aide. Il avait été, après tout, le moyen d'assurer une vie paisible au monde sorcier en tuant Voldemort et peut–être que s'il n'avait pas eu une telle responsabilité sur les épaules depuis son plus jeune âge, il aurait pu avoir une meilleure compréhension des arts magiques les plus scientifiques. Elle l'avait observé lutter pendant ses années de scolarité avec des migraines et des traumatismes qui auraient rendu dingue n'importe quel autre sorcier, alors il méritait bien qu'on s'occupe de lui maintenant que les troubles avaient cessé.

Mais peu importait combien elle croyait devoir à Harry, elle était tout de même contente que cette journée touche à sa fin et elle put se diriger vers les quartiers de Snape pour profiter d'un silence reposant tandis qu'elle étudierait ses propres leçons.

Sauf qu'il l'attendait déjà, bien qu'elle ne sût depuis combien de temps il se tenait là, à fixer la porte. Son visage était un masque de sang–froid mais il devait manifestement s'armer de courage pour lui dire quelque chose. À l'évidence, il s'était préparé pour ce moment et elle sut instantanément que ce n'était pas bon.

L'estomac de Hermione se resserra puis un nuage de papillons se déploya et battit des ailes dans ses entrailles.

– Severus ? Quel… Quelque chose ne va pas ?

Son intense regard se concentra sur son visage, ses yeux noirs la sondèrent et elle se sentit revenir en arrière, comme si elle n'était encore qu'une jeune écolière et qu'il la démoralisait en classe. Elle s'humecta la lèvre supérieure avec la langue, signe précurseur d'une bonne session de mordillage nerveux et lança ce qui lui passa par la tête

– Je travaillais avec Harry et je crois qu'il va vraiment s'arranger pour obtenir une infusion de Millefolium correct il pourrait même réussir cette année…

Elle attendit l'inévitable remarque sur l'intelligence de Harry, ou son absence en l'occurrence, mais rien ne vint. Il s'éclaircit la gorge, hésita puis lâcha :

– Je crois que nous devrions rompre.

L'estomac de Hermione fit cette fois un plongeon d'une très haute falaise, embarquant son cœur dans la chute.

– Rompre ? répéta–t–elle faiblement, priant pour avoir, d'une manière ou d'une autre, mal entendu.

– Eh bien, dit–il avec raideur, décidé à coller au plus près de la conversation qu'il avait mentalement bien répétée et ainsi maintenir une calme apparence extérieure, considérant ton âge et notre situation, il serait prudent de laisser les choses reposer un certain temps. Je sais parfaitement que tu as certains impératifs dans ta vie et je ne crois pas que ces impératifs puissent être pleinement remplis si tu es liée à moi.

– Quels… quels impératifs ?

– Tu as besoin de grandir, Hermione.

– Non.

Il sembla interloqué par cette simple réponse. Il s'attendait à une crise d'hystérie qu'il aurait pu utiliser comme excuse pour dénoncer son immaturité et tout aurait été dit. Au lieu de ça, elle le regardait comme s'il était fou et lui répondait d'un simple non.

– Qu'est–ce que tu entends par non ?

– Je veux dire non. Non, je ne suis pas préparée à accepter ça comme raison à notre rupture.

Et tout ce qu'il put rétorquer à ça fut :

– Pourquoi pas ?

– Parce que ton raisonnement est complètement illogique. Si tu avais dit qu'il y avait quelque chose que tu n'aimais pas chez moi, quelque chose qui te rendait dingue, comme une mauvaise habitude, je pourrais probablement le comprendre un peu plus.

Elle haussa les épaules avec insouciance.

– Pas que j'ai beaucoup de mauvaises habitudes.

Il haussa un sourcil à cette arrogante supposition.

– Bon, d'accord, j'ai tout un tas de manies peu agréables, admit–elle, mais je peux difficilement qualifier de crime le fait de laisser mes cheveux dans le siphon de la douche et je sais que tu détestes quand je triture mes boutons devant le miroir, mais je l'essuie toujours quand j'ai fini.

S'ils avaient eu cette conversation en d'autres circonstances, il aurait vraisemblablement ri mais rire n'était pas une option en cet instant. En fait, il avait plutôt envie de pleurer.

– Il ne s'agit pas de cheveux dans le siphon ou… de boutons pressés… sur le miroir, Hermione, il s'agit de ton besoin de grandir et d'avancer dans ta vie.

Hermione cala ses mains sur ses hanches, la colère faisant finalement surface.

– Je croyais que c'était ce que je faisais !

Il avala la boule qui obstruait sa gorge et goûta la terrible amertume du désespoir.

– En effet mais tu as besoin de plus de temps… d'agir selon ton âge, de faire des rencontres, de coucher avec d'autres personnes. Tu as passé presque huit ans attachée à cette école et maintenant tu t'es attachée à ton professeur. Il faudra bien un jour que tu quittes cet endroit et que tu l'oublies.

– Pourquoi ? Tu ne l'as jamais fait, toi. Tu as été hors de Poudlard pendant trois ou quatre ans puis tu y es revenu alors tu peux difficilement parler de la distance à prendre avec cette école.

– Je suis venu là parce que je le devais.

– Et pour maintenant ?

– Maintenant, je suis trop vieux et trop ancré dans mes habitudes pour partir, ce qui est une autre bonne raison pour en finir dès maintenant.

– Tu es ridicule. Je ne veux pas sortir et rencontrer d'autres personnes, j'ai plein d'amis et pour l'autre chose, je ne veux pas coucher avec d'autres comme n'importe quelle traînée. J'ai vu où ça a mené Ginny Weasley et je n'envisage pas vraiment de l'imiter !

Sa mâchoire se resserra comme elle le faisait toujours quand il savait qu'il perdait l'argumentation qu'il était déterminé à gagner. Elle ne le dissuaderait pas de sa décision et elle pouvait raisonner autant qu'elle le souhaitait, le résultat serait le même.

– J'en suis venu à la conclusion que tu étais peut–être trop jeune pour être impliquée dans une relation avec quelqu'un comme moi… Pas encore.

– Trop jeune ? Qu'est–ce qui s'est passé ? Mon âge n'importait pas il y a un mois, fit–elle remarquer, la voix aiguë de frustration. Il n'importait pas il y a une semaine… Il n'importait même pas il y a un jour !

Il fit un bruit irritant avec sa gorge et traversa la pièce à grandes enjambées, prit un rouleau de parchemin de la table de chevet et se tourna vers elle.

– Oui, mais il y a un jour, je n'avais pas vu ce petit travail de littérature.

Il tendit le parchemin dans sa direction et elle avança dans la chambre pour le prendre. Elle reconnut le contrat avec un mélange d'horreur et de consternation.

– Oh. Oh, Severus…

– C'était une lecture plutôt instructive. J'ai particulièrement aimé la partie qui parlait des harpies, des Banshees et de moi comme étant les créatures les plus indésirables avec qui tu voudrais tenter ta chance.

– C'est… c'est… On était… si… si incroyablement bourrés.

Elle le fixait, désespérée.

– On ne savait pas ce qu'on faisait.

– Oui, eh bien, tu sembles avoir un problème, tu fais des choses stupides quand tu as bu.

Hermione rougit, sachant parfaitement que c'était vrai. Mais c'était ainsi qu'elle s'était rendu compte pour la première fois à quel point il était incroyable, alors tout n'était pas à jeter.

– Pas tout, murmura–t–elle inutilement mais son regard était toujours focalisé sur le pacte.

Il marchait dans la pièce, le corps tendu. Elle l'observa, essayant de comprendre ce qu'elle pouvait dire pour se justifier. Il ne parlait pas, comme s'il avait simplement décidé de ne plus répondre.

– Tu as été si compréhensif pour chaque chose stupide que j'ai faite et celle–ci est si insignifiante... Pourquoi es–tu tellement borné à propos de ça ?

Severus ne répondit pas à la question. Il se contenta se faire les cent pas dans la chambre, un peu comme un animal en cage désespéré de pouvoir s'échapper.

– Je t'aime, Severus.

Il s'interrompit, cligna des yeux puis la dévisagea longuement avant de répliquer.

– Je sais.

– Alors pourquoi tu fais ça ?

– Parce que je ne veux pas me réveiller dans une année et constater que tu es partie.

Il avait l'air amer comme s'il s'y était déjà attendu.

– Je ne vais rien faire de tel.

– Tes sentiments vont changer, je le sais très bien et l'idée que les gens s'aiment pour l'éternité n'est qu'une illusion. C'est un charmant concept qui n'existe pas.

– Ce n'est pas vrai, contra–t–elle. Mes parents sont encore amoureux et se sont mariés directement après leur scolarité !

Il lui jeta un regard funeste.

– Tes parents sont une minorité. Mes parents se sont mariés jeunes et sont restés ensemble par dépit.

Hermione prit le temps de digérer cette information. Elle n'avait pas besoin de gratter loin sous la surface pour réaliser qu'il avait eu une enfance terrible. Il ne mentionnait pas souvent sa famille mais quand il le faisait, ce n'était jamais pour en tirer une conclusion positive.

– Il n'y a rien d'autre à dire, j'ai déjà traversé ça et je n'ai pas besoin de m'y replonger une nouvelle fois.

– Qu'est–ce que tu as déjà traversé ? exigea–t–elle de savoir. Qu'est–ce que tu sais de l'amour ? Tu as quitté l'école pour devenir un Mangemort et tu es venu ici lorsque tout s'est écroulé ! Tu as passé la majorité de ta vie caché dans cette école parce que quand tu es parti, tu as pris la pire décision possible. Tu ne sais rien de l'amour ou de la vie parce que tu ne t'es pas autorisé à en faire l'expérience… et tu prétends m'expliquer comme je dois grandir ?

– Tu ne sais rien de ma vie !

– J'en sais beaucoup sur ta vie !

Elle était rouge de colère maintenant et prête à combattre avec lui jusqu'à ce qu'il entende raison.

– Tu as fait tout ce que Dumbledore te dictait de faire et avant ça, tu as fait tout ce que Voldemort t'ordonnait de faire, parce que tu as besoin d'un maître, Severus. Tu ne sais pas comment être une personne par toi–même ! Regarde cette chose misérable que tu as fait de ta vie, tu as peur de quitter ces murs parce qu'en dehors d'eux, tu n'es rien qu'une vermine de Mangemort… qui en a réchappé. Tu étais le meilleur ami de personnes comme Lucius Malfoy…

– Laisse Lucius en dehors de ça !

– Ou quoi ? Tu vas t'empresser de le défendre ? Je peux comprendre que Draco vive en portant des lunettes roses – cette petite merde était son père – mais tu sais exactement qui est Lucius Malfoy ! Tu savais exactement qui il était…

– Il n'a pas toujours été un malfrat et tu en sais encore moins sur Lucius que sur moi…

Il s'interrompit brusquement et secoua la tête, sa propre colère montait rapidement. Elle était en train de le déconcentrer et il n'était pas préparé à défendre Lucius.

– C'est hors de propos.

– C'est au contraire exactement le propos !

Elle se mit à marcher à grands pas dans la pièce, à la recherche des choses qui lui appartenaient.

– Tu présumes savoir ce qui va arriver et ce que je vais ressentir dans quelques années.

Elle arracha sa cape du clou planté dans la porte.

– Putain, t'es juste trop trouillard pour essayer !

TU M'AS COMPARÉ À UNE HARPIE !

Elle se stoppa et fixa son visage pâle, son poing se serra autour du pacte. Elle réalisait trop tard qu'elle l'avait blessé et que cette dispute avec lui ne résoudrait rien.

– Je… je n'ai jamais voulu te faire du mal.

– Trop tard, aboya–t–il. C'est fait.

– Ce que je ressentais alors est si différent que ce que je ressens maintenant. Je ne te connaissais pas, Severus. Tu étais comme ces choses effrayantes qu'on abandonne avec notre enfance… Alors c'était plus facile de penser à toi de cette manière. Il nous a fait sentir tous les trois encore innocents.

– Et maintenant quoi ? Je suis une partie de ta corruption ?

– Non ! Bien sûr que non.

Severus s'écroula sur une chaise, fatigué de tout ça, des disputes et des raisonnements. Si elle venait à lui maintenant, il l'aimerait mais il ne voulait plus combattre. Soit elle venait à lui, soit elle partait, c'était tout.

Elle le fixa, incapable de sonder ses pensées, elle voulait qu'il lui donne quelque chose, une lueur d'espoir mais il resta silencieux, immobile et totalement impassible.

– Alors, c'est fini ? demanda–t–elle, amère. Juste comme ça ?

Ainsi la décision venait de tomber.

– Juste comme ça.

Hermione prit une inspiration tremblante et réprima son envie de pleurer et de se jeter à ses pieds. Elle releva son menton d'un air de défi.

– Très bien. Au revoir, Severus.

Il la regarda se diriger vers la porte et sortir de sa vie, écoutant le verrou cliqueter derrière elle. Il se renfonça dans sa chaise et fixa le feu, un sentiment vide et morne le consumait. Il avait passé la majorité de sa vie seul et il ne s'était jamais senti aussi désolé qu'en cet instant.

Non était un elfe de maison avisé. Pendant toute la période qu'il avait passée à travailler, il n'avait jamais eu soif de liberté et lorsqu'il y avait été contraint, il s'était senti anxieux, inquiet et désespéré. Le fait était qu'il appréciait réellement les Malfoy, ce qui n'était pas une conception très populaire devant les feux de la cuisine, quand les elfes faisaient une pause et partageaient leurs derniers potins, mais Non ne pouvait pas s'en empêcher. Il les aimait, tout simplement. Il ne craignait pas la discipline : s'il se comportait comme un bon elfe qui travaillait comme il le devait, on le laisserait plus ou moins tranquille. Si on exceptait une période de quatre ans pendant laquelle il avait été frappé d'un sortilège d'hirsutisme irritant – il avait accidentellement ruiné le manteau de voyage favori de Maître Lucius et il méritait amplement la punition – sa théorie avait plutôt bien fonctionné. C'était pendant ces quatre années qu'il avait développé cette affection pour la famille. L'enfant, Draco, n'avait jeté qu'un œil à cet elfe tout poilu et il était tombé éperdument amoureux de ce nouveau nounours. Lucius avait trouvé la situation cocasse et avait décidé de garder Non sous cette forme jusqu'à ce que Draco se fatigue de lui. Après ces années, Non avait pris soin de son petit Maître qui avait grandi dans un sain respect pour l'elfe, tellement que Non s'était élevé au–dessus de son rang, ce qui, avec le recul, n'était peut–être pas si avisé que ça.

Parce que maintenant il était devenu un espion à qui on faisait confiance et il ignorait s'il pourrait survivre à sa tâche. D'autant plus que le conservateur de ce musée était, à l'évidence, tout à fait cinglé.

L'allégresse initiale de Non face à la position dans laquelle il était tombé fut de courte durée. On lui montra les appartements du conservateur et l'elfe plus âgé qu'on lui avait assigné s'enfuit promptement, comme si la présence du conservateur était trop difficile à supporter. Non plaqua un sourire sur son petit visage laid et frappa à la porte. Quand il lui fut permis d'entrer, il découvrit un homme grand et soigné de sa personne en train de lisser ses moustaches dans le miroir de la coiffeuse. Ses robes étaient parfaitement repassées et ses courts cheveux gris étaient gominés et coiffés vers l'arrière. Il se tourna vers Non avec une furtive expression de confusion et demanda d'une voix perplexe :

– Qui es–tu ?

– Je suis Non, Monsieur, un elfe de maison. J'ai été envoyé ici pour servir de valet de chambre.

La perplexité du conservateur s'envola instantanément et fut remplacé par un brusque air supérieur, nuancé d'une méfiance de prédateur.

– Je n'ai pas besoin de valet, alors je suppose que Mungo t'a envoyé ici pour l'ange ?

Un ange ? Non n'en avait jamais entendu parler mais il hocha quand même la tête.

– Oui, Monsieur, c'est exact, Monsieur. Non sera le valet de l'ange… Monsieur.

– Tu as déjà été valet avant ?

– Oh, oui, Monsieur. Pendant de longues années, Non a été un valet, Monsieur.

– Où ça ?

Non rougit. Il n'y avait aucune raison de mentir, n'importe quel elfe du musée savait d'où il venait et il ne voulait pas se faire attraper en train de mentir.

– Au Manoir Malfoy, Monsieur. Le nouveau Lord… m'a libéré, Monsieur, parce je ne le satisfaisais pas.

Le conservateur sourit soudainement.

– Tiens donc. Le ô combien délectable nouveau Lord Malfoy se nomme Draco, n'est–ce pas ?

– Oui, Monsieur.

– Et qu'as–tu fait pour lui déplaire ?

– Je ne voulais pas laisser son amant porter les vêtements provenant de la garde–robe de son père.

Par chance, c'était l'exacte chose à dire. Le conservateur le dévisagea comme si tous ses Noëls arrivaient en une seule fois.

– Tu aimes cette famille ? Tu as apprécié l'ancien Lord ?

– Non aimait beaucoup Maître Lucius, Monsieur.

C'était encore mieux, le conservateur souriait largement maintenant.

– Alors peut–être que tu ferais mieux de venir voir mon ange.

Semeuse ouvrit les lourdes portes qui menaient directement à sa chambre à coucher et c'est alors que Non revit pour la première fois son ancien Maître. Pâle comme de l'ivoire, Lucius était couché, endormi, noyé dans un océan de vêtements de nuits et de cheveux. Non en eut le souffle coupé, son premier instinct fut de se ruer aux côtés de son Maître mais il se contrôla. Le conservateur baissa les yeux vers lui puis se posèrent sur le lit avant de revenir à Non encore une fois.

– Extraordinaire, non ? Le seul de son espèce, un spécimen absolument parfait.

Le conservateur sourit de plaisir.

– Et il est à moi.

Non déglutit avec difficulté. Pourquoi est–ce que Lucius était ici ? Pourquoi n'était–il pas à l'exposition et pourquoi était–il endormi dans ce lit ?

– Les derniers elfes qui s'en occupaient se sont montrés négligents et inattentifs et ils ont été…

Il afficha un rictus cruel.

– … relevés de leur fonction… plus ou moins bien.

En vérité, ils avaient pris part à la plutôt considérable exposition de taxidermie.

– Je veux m'assurer que mon ange sera bien traité et si tu l'as servi par le passé, ça pourrait signifier que tu fourniras un bon travail maintenant. J'espère vraiment que tu es capable de t'acquitter de cette tâche correctement, parce que je n'aimerais pas te faire du mal.

– Non peut vous l'assurer, Monsieur. Non sera très attentif.

– Bien, très bien.

Alors, le conservateur s'avança rapidement vers le lit et, à la grande horreur de Non, réveilla Lucius en l'embrassant profondément. Lucius s'était réveillé en sursaut, incapable de respirer.

– Je dois aller travailler maintenant, Lucius, les autres arrivent aujourd'hui et la salle Sais doit être reconstruite pour eux.

Il eut l'air un peu amer l'espace d'un instant.

– Cet imbécile de Fudge viendra inspecter l'exposition ce week–end et il s'attend à t'y trouver alors j'ai bien peur que tu n'aies plus le luxe d'une couche pendant un certain temps.

Semeuse attendit, comme s'il attendait une sorte de réponse puis, après un temps, il parla à nouveau.

– Je t'apporterai quelque chose de bon pour le dîner, tu aimes les olives ?

Il attendit encore, ce qui dérouta complètement Non.

– Je sais que tu ne peux pas les manger si elles ne sont pas dénoyautées, alors je les fourrerai avec du pesto et de la feta. Tu veux autre chose ?

Un autre silence puis un sourire.

– Alors, je t'en ferai la surprise.

Il regarda à nouveau vers Non, qui se tenait maladroitement sur le pas de porte.

– Voici le nouvel elfe qui s'occupera de toi. Il m'assure qu'il ne te fera aucun mal mais je suis bien certain que tu me le diras si c'est le cas.

Après qu'il eut dit au revoir et embrassé un Lucius passif encore une fois, il sortit rapidement de la chambre, percutant presque Non au passage. Non le fixa longuement et décida que cet homme était complètement givré.

Et il avait embrassé Maître Lucius ! Il l'avait embrassé de manière si familière, comme un amant, et pourtant Lucius était resté impassible et aussi immobile qu'un cadavre. Une fois seul dans la chambre, Non s'approcha précautionneusement du lit, pas vraiment certain de savoir à quoi s'attendre. Lucius ne dormait plus, il fixait le plafond d'un regard vide. Il avait l'air pâle et décharné ; il semblait bien qu'en dépit des dîners tentants du conservateur, Lucius se nourrissait à peine. Non se demanda s'il y parvenait, étant donné sa condition. Il était possible que ce soit une cause perdue de la part de Maître Draco. Maître Lucius était visiblement parti et seul son corps était encore là… Mais un fou pourrait probablement violer ce corps.

– Salut, Non.

Non fit presque un bond d'un mètre dans les airs, doublant sa propre hauteur, son minuscule cœur tambourinant dans sa poitrine sous l'effet de la panique. Ses énormes yeux se posèrent frénétiquement sur le corps étendu sur le lit, si semblable à une poupée géante. Ses lèvres n'avaient pas bougé mais c'était assurément la voix de son Maître qui avait contacté et caressé son cerveau.

– M–m–m–m–Maître L–Lucius ?

– Pourquoi es–tu là, Non ? Qu'as–tu fait pour que Draco te rende ta liberté ?

Non baissa les yeux sur son petit costume de velours, plutôt honteux puis revint sur son Maître.

– Ce n'est pas ce que vous croyez, Maître Lucius, c'est un plan ! Un plan pour vous aider ! Je suis ici afin de surveiller pour Maître Draco.

– Rentre à la maison, Non. Il n'y a rien que tu puisses faire ici.

– Non a promis à Maître Draco de rester ici et Non n'osera pas briser sa promesse.

Lucius se tut. Non attendit patiemment qu'il parle à nouveau mais comme rien ne vint, il sentit un pincement de crainte le submerger. Peut–être qu'il avait tout imaginé. Il se demanda ce qu'il devait faire et quelles étaient ses fonctions. Il y avait une pile de vêtements parfaitement pliés sur une chaise à côté du lit, une chemise de nuit que Non reconnut comme celle que Maître Draco avait requise et que Non avait achetée l'année précédente, avant que l'école ne débute et une luxueuse robe de chambre. Il reporta son regard sur le lit et vit l'épaule osseuse de Lucius il réalisa que son Maître était complètement nu sous les couvertures et que ce serait probablement une bonne idée de l'habiller.

Ce fut ce qu'il fit, le nettoyant rapidement tandis qu'il déplaçait son corps avec l'aide de divers petits charmes connus seulement des elfes. Quand Maître Lucius fut vêtu et chaudement enveloppé de sa robe de chambre, Non entreprit de brosser sa masse de cheveux, savourant la soyeuse texture entre ses doigts.

– Vous devez détester ça, dit finalement Non, ne s'attendant pas vraiment à une réponse mais sentant le besoin de parler. Tous ces cheveux. Pourquoi ont–ils grandi si vite ? Non les aurait coupé depuis longtemps.

– C'est une partie du sortilège.

Non sursauta encore une fois mais se calma.

– Le sortilège qui avait pour but de préserver votre âme ?

Non entendit un infime gloussement.

– Alors Severus est aussi impliqué dans ce plan ? Ce sont ses mots, pas les tiens.

– Maître Severus essaie de découvrir ce que vous avez fait.

Maître Severus ? Depuis quand Severus Snape est ton Maître ?

Non hésita.

– D–depuis que Maître Draco m'a rendu ma liberté. Maître Severus m'a employé pour faire ça.

Lucius se tut à nouveau, à l'évidence, il digérait la nouvelle. Il y avait quelque chose d'irrité dans ce silence, comme un enfant qui refuse de parler. Lucius Malfoy avait toujours détesté perdre un elfe. Non continua à lui brosser les cheveux et, au train où ça allait, ça lui prendrait la journée.

– Non ?

Non leva les yeux vers son ancien Maître, dont les paupières étaient fermées maintenant. Il semblait fatigué et sa voix était teintée de défaite.

– Oui, Maître Lucius ?

– Tu veux bien me couper les cheveux ?

Il se passa presque une semaine avant que Harry ne puisse retourner à Ste–Mangouste. Le rythme s'était fiévreusement accéléré à Poudlard et Harry avait découvert – à sa grande consternation – que les Métamorphoses avaient rapidement remplacé les Potions en tant que pire matière. Cela le vexait terriblement, alors que Hermione pouvait lui apprendre comment être reçu en Potions, Draco, qui était un génie en Métamorphoses, ne pouvait rien faire pour aider Harry à changer une table en autre chose qui ne ressemblerait pas à une autre table. Il commençait à regretter de ne pas avoir choisi Etudes des Moldus à la place, au moins, comme ça, il était sûr de passer. Venir à Ste–Mangouste au lieu de rester à Poudlard à étudier était presque impardonnable mais il n'était pas question pour Harry de laisser passer une autre semaine sans aller voir Ron il voulait lui apporter son ours en peluche et, d'une manière ou d'une autre, ça semblait plus important que ses devoirs de Métamorphoses.

L'aile psychiatrique de Ste–Mangouste était aussi tranquille qu'elle l'avait toujours été, en ce lundi soir. Harry s'était attendu à de l'agitation et du bruit. Il surprenait occasionnellement une silhouette furtive en robe de chambre, se déplaçant silencieusement d'une chambre à l'autre ou traînant les pieds en descendant dans le hall. Harry sentit un frisson courir le long de son épine dorsale il espérait que lorsque Ron serait réveillé, il serait en état de rentrer chez lui. L'idée même de le laisser dans cet endroit était presque intolérable.

Tandis que Harry s'approchait de la chambre de Ron, le bruit qu'il mourait d'entendre arriva finalement. Deux voix, une forte, aiguë et familière et l'autre basse et calme, qui fit accélérer son pas.

– Eh bien si vous m'aviez dit que vous préféreriez les chemises de nuit aux pyjamas, je lui en aurais apportés !

C'était évident pour Harry que Mrs Weasley était atterrée mais quelque part, l'idée de la voir devenir hystérique à propos de pyjamas était un peu ridicule.

– Mrs Weasley, fit l'autre voix, calme et féminine, dont le ton mesuré était entraîné à rétablir la tranquillité. Nous sommes heureux de lui fournir des chemises de nuit, alors il est inutile de faire des frais supplémentaires.

– Mais il devrait avoir quelque chose qui vient de la maison, quelque chose de familier ! Je n'arrive pas à croire que vous ne m'ayez pas dit de ne pas amener de pyjamas !

Harry s'avança en souriant avec sympathie à l'infirmière, tout en sachant que Mrs Weasley ne serait pas contente tant que Ron ne serait pas à la maison, là où elle pourrait librement s'empresser autour de lui.

– Salut, fit sobrement Harry tandis que les yeux de l'infirmière s'attardaient sur sa cicatrice et que son maintien calme se fissurait l'espace d'un instant.

– Harry… Mon chéri…

Molly se força à sourire tout en essayant de cacher l'anxiété qui la submergeait.

– Elle… Elle ne m'a pas dit à propos des pyjamas…

Puis elle rougit face à une telle absurdité.

– J'ai amené Nounours avec moi, Ron l'avait réclamé… avant.

Molly regarda le petit jouet tout élimé et, au grand effarement de Harry, un sanglot s'échappa de sa gorge.

– Je… Je suis tellement désolé, je n'aurais pas dû…

– Non !

Molly se tamponna les yeux et se reprit.

– C'est juste que je ne pensais pas qu'il avait encore ce vieux truc.

Elle prit l'ours avec des mains tremblantes, stupéfaite qu'il existe toujours. Les ours des jumeaux s'étaient désintégrés en lambeaux de tissu et en morceaux de rembourrage et ils pourrissaient dans leur vieille chambre à coucher du Terrier. Nounours avait perdu ses poils, c'était vrai, mais il était en un seul morceau, une combinaison de son ancien raccommodage et d'un charme de réparation perpétuelle que Ron avait lui–même invoqué. Un jouet adoré maintenu en état par la magie de son fils.

– Merci, dit–elle à mi–voix et ses mains recommencèrent à trembler.

Harry sourit gentiment et la conduisit loin de l'infirmière fatiguée, marmonnant des excuses à la femme qui eut l'air soulagée qu'on la laisse reprendre son travail.

La chambre de Ron avait considérablement changé en une semaine et il n'avait pas besoin d'un pyjama de la maison pour se sentir dans un environnement familier. Il semblait que Molly avait transplané ici à la fois la chambre de Ron au Terrier et celle de Grimmauld Place dans cette chambre d'hôpital toute blanche. De son vieux poster des Canons de Chudley au couvre–lit crocheté, cette pièce était sans erreur possible devenue celle de Ron.

Molly déposa doucement Nounours dans le creux du coude de Ron et Harry la força à s'asseoir dans le fauteuil qui jouxtait le lit.

– Comment allez–vous ? demanda Harry à voix basse.

Finalement, il put l'examiner attentivement elle paraissait plus âgée, pâle et exténuée.

– Je vais bien, répondit–elle alors que ce n'était visiblement pas le cas, mais elle n'était probablement pas capable d'en discuter avec un garçon qu'elle avait vu grandir.

Elle leva les yeux vers le lit et chercha machinalement la main de Ron.

– Je veux juste qu'il se réveille, c'est tout.

– Il ne s'est pas réveillé du tout ?

Harry s'efforça de réprimer la note de panique de sa voix elle était déjà bien assez bouleversée.

– Les guérisseurs pensent que c'est mieux s'il dort et ils continuent à lui donner une potion de sommeil.

– Mais pourquoi font–ils ça ?

– C'est quelque chose qu'ils nomment repli. Ils semblent croire que ce serait pire s'il était conscient. C'est à cause d'Angelina et de cette… chose… qu'elle a mis en lui.

Molly trembla encore une fois et marmonna pour elle–même :

– Si je la trouve, je la tue.

Harry baissa la tête, l'implication d'Angelina dans tout ceci était quelque chose qu'il n'avait pas pleinement saisi. Il avait entendu les allusions des Weasley, il savait qu'ils avaient eu une liaison et qu'il y avait eu une histoire de drogue mais le pourquoi de tout ça lui échappait. Est–ce que Angelina avait fomenté toute l'affaire ? Est–ce qu'elle l'avait fait exprès ? George semblait penser que oui et Harry ne pouvait que se demander pourquoi.

– Est–ce que George est toujours au Terrier ? s'enquit–il doucement.

Harry avait offert à tous les Weasley de rester à Grimmauld Place jusqu'à ce que Ron soit capable de quitter l'hôpital mais ils étaient retournés dans leurs foyers respectifs, seul George était avec ses parents au Terrier.

– George veut être présent quand nous ramènerons Ron à la maison.

Elle se leva une nouvelle fois et commença à s'affairer avec les vêtements de nuit de Ron.

– Il ira bien, Mrs Weasley, la rassura Harry, sincère. Il va surmonter ça.

– Mais il ne me pardonnera jamais, dit–elle si doucement que Harry l'entendit à peine.

– Mais si.

– Bien sûr que non.

Elle caressa la joue pâle de Ron, amoureusement, souhaitant le réveiller pour qu'il constate qu'elle était là et qu'elle l'aimait.

– Je lui ai dit que je ne l'aimais plus… qu'il devait mourir… et ensuite…

Harry l'ignorait. Harry n'en avait jamais entendu parler et il ne put réprimer une expression choquée qui le laissa bouche bée. Il essaya de se reprendre, tenta de surmonter le fait que cette femme qu'il avait toujours considéré comme la mère parfaite avait dit à son fils de se donner la mort. Harry referma vivement la bouche.

– Ron était sur la mauvaise pente, déclara–t–il, la voix rauque. Il l'aurait probablement fait, de toute façon, sans tenir compte de ce que d'autres auraient pu dire.

Il ne croyait pas un mot de ce qu'il disait et Molly le savait. Harry était assez sûr que si quelqu'un avait parlé à Ron, quelqu'un qu'il avait essayé d'appeler pour se faire écouter, il ne serait pas là. Alors peut–être qu'aucun d'eux n'étaient totalement innocents, mais quand même… Harry dévisagea Molly et ne sut que dire d'autre il ne voulait plus la voir désormais.

Molly fut la première à détourner les yeux. Elle se rassit à l'opposé de Harry et se massa les tempes comme si elle sentait poindre une migraine. Elle ne voulait pas s'appesantir sur ses multiples péchés devant Harry et il était sans aucun doute choqué par ce qu'il venait d'apprendre. Elle força une note de légèreté dans sa voix, décidant que la meilleure tactique était de changer entièrement de sujet. Tout comme elle ne voulait pas s'appesantir sur ses péchés, elle ne voulait pas laisser Harry la détester.

– Comment va Draco ? demanda–t–elle en souriant. J'ai été surprise, ajouta–t–elle devant le silence inconfortable de Harry, il s'est montré bien plus poli que je ne m'y attendais.

– Il a ses moments, concéda Harry, mais il peut se comporter comme une vraie petite merde quand il s'y met.

Elle sourit encore une fois.

– J'en suis sûre. Les miens aussi peuvent devenir de vrais merdeux quand ils le veulent. Draco a besoin de manger davantage, commenta–t–elle, maternelle. J'ai des informations pour toi, à propos du Navitas et sur sa façon d'agir. Rappelle–moi de te les donner avant que tu ne partes.

– Merci, acquiesça Harry distraitement, son regard parcourant Ron. Draco va bien… mais j'essaierai de le faire manger un peu plus.

– Cependant, il a l'air en bonne santé. Arthur pensait qu'il ne passerait pas l'année et je suis contente qu'il ait donné tort à tout le monde.

L'attention de Harry revint à la conversation à une vitesse alarmante.

– Quand ils l'ont trouvé, après les interrogatoires, poursuivit Molly, il était en état de choc, même Dumbledore pensait qu'il mourrait. Lorsqu'il s'en est remis et a survécu, eh bien… C'était une sorte de miracle.

– Que… Qu'est–ce que vous voulez dire par : quand ils l'ont trouvé ? l'interrompit Harry. Je croyais que le Ministère… Fol'Œil… lui a fait toutes ces choses… Ils n'avaient pas à le trouver… Il était juste là !

Molly rougit, brusquement agitée.

– Oh, oh, Harry. Les choses que les interrogateurs ont faites, elles n'étaient pas entièrement approuvées par le Ministère… Ils n'ont pas simplement torturé les gens pour ensuite les amener à l'hôpital, ils…

Elle s'interrompit brusquement en regardant derrière Harry, les yeux plissés de méfiance.

– Qui êtes–vous ?

Harry tendit rapidement le cou, le temps d'apercevoir une pâle et mince jeune fille vêtue d'une robe de chambre en flanelle rose qui les observait depuis le pas de la porte.

– Pansy ?

La jeune fille recula d'un pas, trébucha puis se rattrapa en s'agrippant à l'une des chaises de la salle d'attente. Harry était sur le point de se lever pour vérifier qu'elle allait bien mais elle lui jeta un bref coup d'œil et s'enfuit.

– Je croyais que tu avais dit que Pansy Parkinson était chez son oncle à Noël.

Harry était revenu de Ste–Mangouste et avait trouvé Draco, assis, jambes croisées, sur son lit, entouré de livres qu'il étudiait, croquant une pomme.

– Bonsoir à toi aussi, répliqua Draco, la bouche pleine, une plume à la main.

– Désolé.

Harry sourit en signe d'excuses et se pencha sur le lit pour embrasser Draco.

– Tu as un goût de pomme.

– Je t'ai promis que je mangerais.

Harry l'embrassa encore une fois.

– Elle a l'air bonne. J'ai vu une fille à l'hôpital et je suis sûr que c'est Pansy Parkinson.

Draco se rassit et remit sa plume dans l'encrier qu'il faisait habilement flotter dans les airs. C'était la façon dont Draco étudiait les Charmes et ce n'était définitivement pas sa meilleure matière.

– Tu as entendu ce que j'ai dit ?

Draco ne put s'empêcher de sourire devant l'air indigné de Harry.

– Pansy est allée chez son oncle pour les vacances mais il ne peut pas la surveiller tout le temps alors elle a dû y retourner.

– Pourquoi elle aurait besoin que quelqu'un la surveille ? Elle est malade ?

– Eh bien, non, expliqua patiemment Draco. Mais elle est obsédée par l'idée de mourir et ils ne veulent pas qu'elle tente de se suicider maintenant.

Draco regarda fixement dans le vide puis sembla un peu troublé.

– Bien sûr, la réponse de Ste–Mangouste est de la gaver d'une potion engourdissante qui l'abrutit complètement, alors qui sait ce qu'elle ressent en ce moment…

Il sourit faiblement.

– Mais c'est une autre histoire.

– Elle était en train d'espionner Ron, expliqua Harry et Draco lui lança un regard furieux. Nous l'avons surprise sur le pas de porte et, quand j'ai dit quelque chose, elle s'est enfuie.

– Bon, premièrement, j'ai d'énormes doutes sur le fait qu'elle était en train d'espionner quiconque. Elle voulait probablement voir qui était là. Je veux dire, l'endroit était rempli de belettes ces derniers temps alors elle était probablement curieuse.

– Alors pourquoi elle a fui ?

– Tu n'as pas envisagé qu'elle avait peur de toi ?

Harry se retrouva automatiquement sur la défensive.

– Et comment j'aurais pu l'effrayer ? J'ai dit « Pansy » et elle a détalé. C'est difficilement menaçant.

– Ouais, mais la dernière fois qu'elle a vu les membres de ton Ordre, ils se sont servis d'elle comme d'une chiotte et ils ont aussi tué son père et sa mère, alors peut–être bien qu'elle a eu peur de toi !

Harry blêmit. Il repoussa quelques livres afin qu'il puisse s'asseoir sur le lit.

– Je n'ai jamais rien fait de tel.

– Je le sais bien mais Pansy, non.

Draco sourit gentiment et tendit la main pour lui caresser la joue.

– Non, je suppose que non.

– Quand est–ce que tu y retournes ? Je viendrai avec toi la prochaine fois, je devrais aller la voir.

– C'est sans doute une bonne idée.

– Tu es très craquant quand tu es indigné, tu le sais ?

Harry sourit largement.

– Tu crois ?

– Pour un petit con balafré, ouais.

Le large sourire de Harry se transforma en moue désabusée.

– Ahh, voilà donc la merveilleuse politesse que Mrs Weasley a mentionnée.

– Qu'a dit Mrs Weasley à propos de moi ?

– Que tu étais étonnamment poli.

– Étonnamment ? Quoi, juste parce que je suis un Malfoy, elle s'attendait à ce que je me comporte comme un barbare ?

– Quelque chose dans le genre.

Draco fit un bruit mécontent avec sa gorge.

– Les membres de ma famille n'étaient pas des barbares ! Si tu les avais connus en d'autres circonstances, tu aurais pu les apprécier.

Harry en doutait sérieusement mais il savait qu'il ne valait mieux ne pas argumenter.

– Je sais que ce n'étaient pas de saints, Harry, mais ils pouvaient se montrer gentils quand ils le voulaient.

– Particulièrement si tu étais un Sang–Pur partisan de Voldemort.

Draco tressaillit, mais il pouvait difficilement raisonner avec ça. Son père avait vu Voldemort pour ce qu'il était bien trop tard et, comme la plupart des Sangs–Purs, il n'était pas non plus un fou des Sangs–Mêlés – et il haïssait les nés de Moldus de tout son cœur.

– Mrs Weasley a aussi dit autre chose sur toi, déclara Harry, changeant admirablement de sujet. À propos du fait que tu as été torturé.

Draco se décomposa et se mit à rassembler ses livres.

– Eh bien, c'était un sujet stupide, dit–il, crispé. Vous n'aviez pas d'autres sujets à aborder ? Comme son fils à demi–mort, par exemple ?

– Elle a dit qu'ils t'avaient trouvé, après les interrogatoires. Qu'est–ce qu'elle voulait dire par là ?

Draco soupira et cessa d'empiler ses livres.

– Harry, c'est fini. Pourquoi s'appesantir là–dessus ?

– Parce que je veux savoir.

– Il n'y a rien à savoir. C'est arrivé, je vais mieux, fin de l'histoire.

– Je veux savoir ce qui t'est arrivé et on ne peut pas aborder le sujet sans une dispute. Pourquoi tu ne me le dis pas ? Il ne peut plus te blesser maintenant, alors quel mal ça peut faire ?

Draco ferma les yeux et l'encrier tomba brusquement. Harry l'attrapa facilement, toutes ces années en tant qu'Attrapeur étaient finalement pratiques.

– Je ne veux pas m'en rappeler, fit brusquement Draco.

Il fixa Harry et, pendant un instant, Harry crut qu'il allait pleurer, mais ses yeux s'éclaircirent et son pâle visage se durcit.

– C'est une chose à laquelle je ne veux pas penser, dont je ne veux pas me souvenir. Alors peut–être que si tu voulais bien laisser tomber, je serais capable de l'oublier.

– Comment tu peux oublier ça alors que tu ne peux même pas prendre une putain de douche en même temps que les autres ? Ou tu veux essayer d'oublier cette horrible masse de putains de cicatrices qui compose la totalité de ton dos ?

Draco parut assommé puis, presque inconsciemment, il tira sur son pull un peu serré sur son corps.

– Je peux difficilement oublier ça, dit–il à mi–voix.

– Alors tu peux difficilement oublier ce qui t'est arrivé !

– Ils… Ils m'ont fait du mal, ils ont fait du mal à mon père et quand ça a été fini et que j'y ai survécu, ils sont revenus et m'ont forcé à le voir recevoir le Baiser. Ce n'est pas quelque chose que je veux revivre tous les jours pour te divertir.

Harry ne put en croire ses oreilles.

– Pour me divertir ? Tu crois que découvrir le fait que des gens que je connais, en qui j'avais confiance, t'ont fait ça est divertissant ? Je veux savoir ce qui t'est arrivé, je veux comprendre comment c'est arrivé.

– Mais pourquoi ? Il n'y a pas de raison ! Il n'y a rien que tu puisses faire. Tu ne peux pas revenir en arrière et tout changer alors laisse tomber.

– Utilise une Pensine.

– Quoi ?

– Tu m'as entendu – utilise une Pensine. Sors ces souvenirs de ta tête et laisse–moi les voir, comme ça tu n'auras pas à y penser trop durement. Tu les verras juste le temps de les amener à la surface pour qu'ils sortent.

Draco reprit son rangement de livres, il les fit glisser du lit pour les placer adroitement sur l'étagère.

– Pourquoi tu ne ferais pas ça pour moi ?

Draco se retourna brusquement.

– Pourquoi tu dois le voir ? Pourquoi tu dois tout savoir ?

– Parce que c'est comme ça, c'est dans ma nature.

Draco lui lança un regard noir puis s'affala sur une chaise devant le feu.

– Je ne te ferai jamais ça. Je ne te dirai jamais : « Raconte–moi comment tu as tué Voldemort », peu importe à quel point je veux le savoir. Alors pourquoi tu ne veux pas me rendre cette politesse, pourquoi tu ne veux pas laisser tomber, tout simplement ?

Harry y réfléchit et, après un moment, il regarda Draco posément, décidant de ne pas reculer mais peut–être de lui offrir un compromis.

– Si tu me montres ce qui t'est arrivé… Si tu utilises la Pensine, je t'en donnerai autant. Je te montrerai ce qui est arrivé à Voldemort.

– Combien de temps tu vas te morfondre ?

Hermione leva les yeux vers Harry qui s'était penché sur son lit avec un air qui exprimait bien moins la pitié qu'une pure irritation. Il tenait son livre de Potions et une série de notes qui n'étaient pas écrites de sa main mais très probablement de celle de Draco. Il dégageait une sorte d'aura de désespoir et elle savait que c'était vraisemblablement parce qu'elle n'avait pas travaillé les Potions avec lui depuis deux jours et qu'il allait échouer.

– Je ne me morfonds pas, renifla–t–elle, parfaitement consciente que toutes les apparences indiquaient le contraire.

Elle était au lit vêtue d'un pyjama taché de nourriture, ses cheveux n'étaient ni lavés, ni brossés depuis mardi soir et maintenant, ils partaient dans toutes les directions. Lavande avait partagé sa misère mais elle n'était pas présente dans la pièce en cet instant. Hermione savait qu'elle était probablement en train de se faufiler dans les cuisines pour se réapprovisionner en chocolat… Cette cure ininterrompue avait laissé aux deux jeunes filles des problèmes de peau qui n'aidaient pas leur apparence négligée.

Harry s'était rendu dans la chambre des filles, non pas parce qu'il le voulait mais parce qu'il le devait. Les deux cœurs brisés n'étaient pas vraiment de bonne compagnie et, comme elles étaient sujettes aux crises de larmes, il se retrouvait généralement assis entre elles, leurs deux têtes sur ses épaules, essayant de les réconforter comme il pouvait. Pire encore, elles avaient décidé de boycotter les douches et semblaient capables d'avaler toutes les variétés de plaques de chocolat que Honeydukes proposait.

Hermione avait aussi refusé de se rendre en classe de Potions et Harry sentit qu'il devait prendre des notes pour elle afin qu'elle puisse étudier à son propre rythme et, si possible, lui donner des cours particuliers en même temps. Les notes de Harry étaient un vrai foutoir alors il avait amené les notes de Draco avec lui pour comparer. Il était persuadé que Draco aurait été d'accord de l'aider mais Draco avait la manie de le faire se sentir complètement crétin quand il n'arrivait pas à comprendre quelque chose que lui–même considérait comme élémentaire et facile… et, quand il s'agissait de Potions, Harry ne pigeait rien tandis que Draco était parfaitement dans son élément.

Alors Hermione devait se lever et l'aider. Elle devait aussi oublier ce misérable con qui l'avait abandonnée si brutalement.

– Où est Lavande ? aboya Harry, sur un ton pas du tout sympathique à présent. Je croyais que vous aviez décidé de devenir les Harpies Jumelles ?

– Elle est aux cuisines… pour voir s'il reste quelque chose du dîner. On l'a manqué.

Comme elle l'avait fait toute la semaine. Harry poussa un profond soupir.

– Si ça peut te consoler, le connard graisseux ne s'est pas non plus montré aux repas, alors tu peux sans doute descendre dans la Grande Salle en toute impunité.

Hermione releva la tête, brusquement anxieuse.

– Severus ne mange pas ?

Harry ne put s'empêcher de rouler des yeux.

– J'ai dit qu'il ne s'était pas montré dans la Grande Salle, ça ne signifie pas qu'il ne se nourrit pas. Il était aussi horrible que d'habitude, en cours, aujourd'hui.

– Il était en cours ?

Harry retint un autre soupir ce serait sans doute une bonne idée d'écarter le sujet Snape et de l'amener vers quelque chose qui la tirerait de sa stupeur actuelle. Il envisagea de l'inviter à voir Ron mais elle y était réticente le jour d'avant, soit à cause de sa propre misère, soit pour une autre raison. Harry avait prévu d'y aller le vendredi soir tandis que Draco irait voir Pansy. Cependant, Hermione ne laissa pas tomber le sujet Snape facilement, et, avant que Harry puisse proférer un mot supplémentaire, elle reprit la parole.

– De quoi il avait l'air en classe ? Il semblait triste ?

– Il était exactement comme d'habitude, un enfoiré de bâtard avec un sale caractère.

Il savait qu'il devait peut–être cesser de répéter à quel point Snape était horrible mais il ne pouvait s'en empêcher. En lui–même, il croyait que ça pourrait être bien pour elle de l'entendre.

Peut–être que quelqu'un arriverait à lui faire comprendre qu'elle pouvait avoir tellement mieux que ce professeur détesté et lui faire voir le meilleur côté de sa rupture. Mais elle semblait sur le point de pleurer. Harry s'assit sur le bord du lit et l'enlaça tendrement.

– Il ne vaut pas tout ça, chuchota Harry contre son épaisse masse de cheveux. Il ne te mérite pas.

– Non, sanglota Hermione, il mérite quelqu'un de bien mieux !

Harry se redressa et résista à l'envie de la secouer durement. Comment pouvait–elle même penser que Snape méritait quelqu'un de mieux qu'elle ? Mais à quoi pensait–elle donc ?

– Si seulement je n'avais pas écrit ce contrat, si seulement je n'avais pas été si stupide !

– On est tous bien emmerdés, la raisonna Harry, et nous l'avons tous écrit, pas seulement toi.

– Exactement, on est tous bien emmerdés, on a fait des choses stupides parce qu'on s'est bourré la gueule ! On n'est rien que des putains de gamins qui ont joué aux grands !

– C'est ridicule.

Harry n'avait pas joué à être grand depuis son jeune âge. Il avait été forcé d'entrer dans l'âge adulte bien trop jeune, lui–même le reconnaissait.

– Je ne nie pas qu'on s'est sans doute montré puérils quand on a écrit ça mais regarde donc les circonstances. On était libres, on n'avait pas beaucoup d'expérience avec l'alcool et on s'amusait pour la première fois depuis des lustres.

Il réfléchissait rapidement et la coupa avant qu'elle puisse répondre.

– En plus, j'ai vu des gens qui ont deux fois notre âge aussi stupides que nous quand ils boivent. Je crois que la fête du Nouvel–An chez Snape en est le parfait exemple. Snape était défoncé, McGonagall est tombée et Kingsley Shaklebolt s'est déshabillé sur le bar ! Donc, tu dirais d'eux qu'ils se sont juste relâchés mais si on fait la même chose, on agit comme des gamins ?

Hermione renifla et essuya son nez fort peu élégamment avec sa manche.

– Oui… Non… Oh, je ne sais pas…

– Pourquoi tu ne t'habillerais pas, on irait au village ?

– Tu n'as pas le droit de quitter le château, tu te rappelles ?

Harry afficha un large sourire.

– Dumbledore a relevé les barrières magiques pour que je puisse aller à l'hôpital voir Ron et il ne les a pas encore remises. Allez, je suis sûr qu'on peut convaincre Draco de venir boire un verre aux Trois Balais et Lav' peut venir aussi. Ça va être amusant.

Hermione le regarda sévèrement.

– Tu ne peux pas trahir la confiance de Dumbledore en te promenant hors du château alors que tu sais qu'il ne le veut pas ! Il a seulement enlevé les barrières pour que tu puisses aller à l'hôpital, pas pour que tu ailles te balader à Pré–au–Lard avec tes amis !

Harry ne put s'empêcher de sourire en l'entendant, ça signifiait que cette bonne vieille Hermione était toujours là. Il avait suffit d'envisager enfreindre une règle pour la faire bondir.

– Bien, tu ne peux pas rester enfermée ici, avec cette tête épouvantable et pleurer comme une madeleine toute ta vie.

– Je ne veux aller nulle part, marmonna–t–elle, irritée.

– Hermione, je vais te dire les choses carrément et je ne le fais que parce que je tiens à toi. Sois heureuse, tu t'es libérée de ce sombre connard et tu devrais être dehors pour célébrer ça. Ce sera toujours un branleur, il se fait une fierté de rendre misérable la vie des autres et il est probablement en train de se féliciter parce qu'il a rendu la tienne encore pire ! Oublie ça… Oublie–le et avance.

Ce qui était sans doute la pire chose à dire, car chacune des larmes séchées de Hermione fut remplacée par une pure colère. Harry ne put que se demander pourquoi il avait brusquement placé une telle confiance dans les émissions de télévision de l'après–midi que Tante Pétunia suivait si assidûment depuis des années. Autant pour leur inébranlable amitié, il lui semblait que Hermione était sur le point de le frapper.

– Je l'aime, Harry ! Pourquoi est–ce que je sortirai pour célébrer la perte d'un être que j'aime ?

Harry se prépara à la dispute.

– Il s'est débarrassé de toi, Hermione ! Manifestement, il n'est pas amoureux de toi, alors sois heureuse que ce soit fini maintenant, si c'était allé plus loin, ça aurait pu vraiment te blesser !

Hermione en fut bouche bée.

– ET ÇA, ÇA FAIT PAS MAL ? Est–ce que tu es en train de me dire que je ne souffre pas en cet instant même ?

– Je ne voulais pas dire ça.

– Alors, qu'est–ce que tu voulais dire exactement ? Que ce n'était pas une vraie relation parce qu'elle ne datait que de quelques mois ?

– Non, bien sûr que non.

– Alors qu'est–ce que tu voulais dire ?

– Je…

– Et si c'était Draco ?

– Quoi ?

– Et s'il ne s'agissait pas de Severus et moi mais de Draco et toi ?

– C'est… c'est différent.

– Ah, ouais ? Comment ? En quoi c'est différent ?

– Draco et moi… On est vraiment amoureux.

Hermione renifla.

– Oh, je t'en prie, quelques mois de baise et tu es amoureux ?

Harry sembla dérouté l'espace d'un instant.

– Tu sais ce que je ressens pour lui, siffla–t–il, alors n'essaie pas de tout déformer.

– Oui, je sais exactement ce que tu ressens, répliqua Hermione avec fougue. Ce que je ne comprends pas c'est pourquoi tu n'arrives pas à voir que je ressens exactement la même chose pour Severus et que j'ai mal de la même façon que tu souffrirais si Draco te quittait.

Harry resta silencieux, réalisant enfin qu'il avait fait une erreur dans son approche et il se demanda s'il apprendrait jamais la complexité des tractations quand il s'agissait des émotions d'un être amoureux.

– Je ne veux pas sortir, poursuivit Hermione. Je veux rester ici et garder ma tête épouvantable et me languir de lui et si tu ne peux pas faire avec ça, alors va–t–en.

– Je suis désolé, fit Harry à voix basse.

Hermione détourna le regard et entendit le froissement du papier quand il prit son livre et ses notes.

– Je m'en vais si c'est ce que tu veux.

– Fais ce que tu veux, je m'en fous.

Harry se leva du lit et, quand Hermione regarda enfin vers lui, il avait l'air presque aussi misérable qu'elle. Elle s'en voulut pour ça mais se laissa attendrir.

– On peut encore revoir tes devoirs, dit–elle.

– Non, c'est bon, je le ferai avec Draco.

Elle tendit la main vers lui.

– Harry, attend.

– Je suis… Je suis désolé qu'il t'ait laissée. Je ne sais pas pourquoi il l'a fait, si tu étais à moi, je ne te laisserais jamais partir.

Hermione sourit tristement.

– C'est un peu la honte, hein ? T'es même pas attiré par les filles.

– Ouais, un peu.

Elle tapota le lit à côté d'elle.

– Finissons ce travail, d'ac ?

A suivre…

Voilà, merci d'avoir lu jusque-là. J'attends vos commentaires.

Bisous.

Falyla