Titre : Objects of Desire
Lien vers la fic originale : dans mon profil, FFnet n'affiche pas les liens URL
Auteure : Azrael Geffen
Traductrice : falyla
Correcteurs : falyla/Florent
Paring : Harry Potter/Draco Malfoy Hermione Granger/Severus Snape
Rating : M/NC-17
Etat de fic originel : terminée (20 chapitres divisés en 59 parties)
Etat de la traduction : terminée
Disclaimer: Les personnages appartiennent à l'univers de JK Rowling, l'intrigue est à Azrael Geffen, avec son aimable autorisation.
Warning : slash, scènes de sexe très graphiques, torture, viol, meurtre, tentative de suicide, drogue, abus d'alcool, langage cru.
Site : à cause des thèmes abordés, je ne sais pas si cette fic sera autorisée à rester sur FFnet, je la publie donc en parallèle sur AO3 sous le même pseudo.
Mise en ligne : sauf contretemps inattendu, le lundi, le mercredi et le vendredi.
Résumé : Après la fin de la guerre, Harry, Ron et Hermione décident de revenir à Poudlard pour obtenir leurs ASPICs. Avant la rentrée, lors d'une soirée très avinée, ils établissent et signent un pacte magique où ils s'engagent à perdre leur virginité pendant cette 8ème année.
Note de la traductrice : Merci beaucoup pour vos commentaires, j'apprécie vraiment.
Bonne lecture.
Objects of Desire
Chapitre 16 (3ème partie)
Une sorte de folie
– Mon pantalon ?
– J'ai essayé de les arrêter, Maître Lucius.
– Mon pantalon de cuir ?
Si Lucius avait pu secouer la tête, il l'aurait fait.
– Harry Potter a été dans mon dressing… et il a mis mon pantalon !
– Et votre chemise en résille.
– N'y a–t–il rien de sacré ?
– Maître Draco lui a donné un accès libre à la maison. C'était ignoble, la façon dont ils se sont comportés… et ils ont aussi laissé la fille rester, une Sang–de–Bourbe !
– Est–ce qu'il avait l'air bien ?
– Le Maître ?
– Non, Potter, dans mon pantalon ?
Non décida que Maître Lucius devait être un peu perturbé, il s'inquiétait plus pour son pantalon que d'une Sang–de–Bourbe errant dans sa maison.
– Maître Draco semblait penser qu'il lui allait très bien, il l'a jeté sur le sol et…
– Oh, Merlin ! Ils ont baisé dans mon dressing ?!
– Je me dois de vous le dire, Maître Lucius, ils baisent partout.
Lucius soupira.
– Je tuerai pour une cigarette, là, maintenant.
Ces derniers jours avaient été intéressants. Non avait cru qu'il serait tué dès le premier jour, quand le conservateur était revenu pour découvrir que les cheveux de son ange, aussi longs que la natte de Raiponce, reposaient sur le dossier de la chaise et que Lucius portait maintenant les cheveux si courts qu'il ressemblait à Malfoy Junior. Semeuse avait maintenu Non au–dessus du balcon et avait menacé de le laisser tomber. Ce ne fut que lorsque Lucius le persuada de revenir dans la chambre que Non fut finalement relâché de ce qui l'enserrait comme un étau. Puis Non découvrit la vraie nature de la folie du conservateur lorsqu'il le vit violer son ange bien–aimé d'une manière telle que Non était certain que Lucius n'y survivrait pas. Ensuite, le conservateur l'avait amoureusement tenu, lui avait adressé des paroles pleines de dévotion tandis que Lucius restait silencieux, tentant de se remettre de ce qui, comme Non l'apprit bientôt, était un événement plus que régulier.
L'instinct de Non lui dicta d'aller immédiatement tout répéter à Draco et à Snape mais il sentait que c'était son devoir de rester là et de prendre soin de son ancien Maître qui trouvait peu de paix avec les attentions du conservateur. L'homme était là dès qu'il le pouvait et jamais Lucius ne se plaignit.
– Mais pourquoi l'encouragez–vous ? s'était bravement enquis Non.
– Tu ne comprends pas, je n'ai pas le choix, fut sa réponse.
Le vendredi soir, ils se retrouvèrent assis sur le balcon, entourés d'un charme de chaleur à profiter du luxe relatif d'être seuls. On avait demandé à Semeuse d'assister à une soirée soutenue par le Ministère de la Magie. Des renseignements qu'ils avaient glanés tous les deux, ils en déduisirent que Fudge faisait campagne pour sa réélection et il semblait bien qu'Arthur Weasley allait le battre. Lucius avait ressenti un sentiment choquant, l'espoir que Weasley gagne puis la conversation avait dévié sur ce qui s'était passé depuis que Draco était retourné à l'école. Manifestement, le sujet Harry Potter était celui que Lucius voulait connaître le plus et Non n'était pas certain que Lucius oubliât un jour la violation de son pantalon de cuir favori.
– Je vais partir ce soir, Maître Lucius, indiqua Non à voix basse, après le retour du conservateur, bien sûr, et je reviendrai demain matin. Je dois aller faire mon rapport à Maître Severus. Il veut mon rapport tous les vendredis.
– Qu'est–ce que tu vas lui dire ?
Lucius avait l'air un peu paniqué. Non dévisagea Lucius, confus.
– Eh bien, tout, qu'ils avaient raison à propos de votre âme, que vous pouvez parler… et toutes les choses que le conservateur vous fait subir.
– Tu ne peux pas lui dire ça.
– Mais je le dois, Maître Lucius, il m'a demandé tout spécialement d'y être attentif.
– Vraiment ? Pourquoi ?
– Je… Je ne sais pas, Maître.
– Tu dois le lui dire, à lui, mais pas à Draco… Il doit garder Draco loin de tout ça… Dis–lui de s'assurer que Draco reste avec Potter.
Lucius devint un peu frénétique et il parut vraiment s'agiter.
– Potter peut le protéger !
– Mais, se renfrogna Non, le protéger de qui ?
– Du conservateur, bien sûr !
Lucius avait l'air exaspéré, c'était une chose qui n'allait pas bien avec sa sinistre et immobile apparence extérieure.
– Il veut Draco. Dis à Severus de ne laisser Draco aller nulle part près d'ici. Draco doit rester avec Potter. Ne le laisse rien faire de stupide, tu saisis ?
– Oui, Maître Lucius.
– Tu le lui diras ?
– Oui, Maître Lucius.
oOo
Le vendredi arriva rapidement et une fois les cours terminés, Harry et Draco partirent pour Londres et Ste–Mangouste. La première idée de Harry fut de rester à Londres pour le week–end. Draco et lui pouvaient rester confortablement à Grimmauld Place. Mais Draco y avait mis son veto parce qu'il avait des choses à faire avec Snape le samedi. Bien que Harry brûlât de savoir en quoi consistaient exactement ces choses, il ne demanda pas. Il se doutait bien que c'était des affaires de famille. Snape et Draco avaient beaucoup de conversation qui parlaient d'affaires de famille. Draco semblait passer au moins deux ou trois nuits par semaine dans les donjons.
Une fois à Ste–Mangouste, Harry fut présenté à Pansy Parkinson qui ne ressemblait en rien à la fille de ses souvenirs. Alors que Pansy Parkinson était une fille désagréable dotée d'un visage de pékinois qui suivait Draco comme un toutou en rendant la vie infernale à tout le monde, la fille que Harry venait de rencontrer était pâle et timide. Harry aurait parié qu'elle avait peur de son ombre.
Harry laissa Draco et Pansy discuter des chances qu'avaient les Pies de Montrose de battre les Canons de Chudley le samedi suivant et se dirigea vers la chambre de Ron avec le même sentiment de malaise au creux de l'estomac qu'il avait ressenti la première fois qu'il avait réalisé que les crimes de guerre n'étaient pas réservés aux Mangemorts.
Il poussa la porte de la chambre de Ron sans même y penser. Tout était calme, à l'évidence, il n'était pas cerné par sa famille, ce qui était probablement une bonne chose. Dernièrement, ses conversations avec les Weasley n'étaient pas terribles. Fred essayait par tous les moyens de le mettre dans son lit, Ginny n'en était pas loin, George était trop déprimé pour parler à quiconque et Molly… Eh bien, Molly était franchement bizarre.
Ron était assis dans son lit, il ne semblait pas avoir entièrement recouvré la forme mais il était totalement réveillé. Harry s'arrêta net. Il avait tellement espéré que Ron serait réveillé qu'il n'avait pas vraiment envisagé que ça pouvait arriver.
– Salut, articula Harry, le souffle coupé par la surprise.
– Salut, Harry.
Ron sourit faiblement.
– Maman a dit que tu passerais peut–être.
Harry s'avança dans la pièce et s'approcha du lit.
– Comment tu te sens ?
Ron sourit encore une fois.
– Malade… Mais sans doute que je le mérite, hein ?
– Non… Bien sûr que non.
Ron ferma les yeux.
– Oh, que si.
Il parut un instant sur le point de se rendormir mais il rouvrit les yeux.
– Je suis tellement désolé… à propos de tout ce que j'ai fait. Je me suis vraiment comporté comme un con.
– Tu n'étais pas bien.
– Une fois encore, c'était de ma faute.
Harry s'assit sur le bord du lit et caressa la main de Ron avec hésitation. Les paupières de Ron papillonnèrent et il soupira :
– C'est bon.
– Tu m'as fait peur, murmura âprement Harry. Quand je t'ai trouvé… tu m'as fait peur. J'ai cru que tu étais mort.
– Je voulais mourir.
– Je suis content que tu ne le sois pas.
Ron bougea un peu sa main et emmêla ses doigts avec ceux de Harry.
– Comment j'ai pu merder pareillement ?
– Je crois qu'on a tous un peu merdé. Tu avais quelque chose dans ton corps qui n'aurait pas dû y être. Quelque chose qu'Angelina avait introduit en toi.
– Elle… elle était confuse. Elle n'était pas… Elle me hait, elle nous hait tous… pas toi, juste nous.
Harry ferma les yeux.
– Elle t'a dit pourquoi ?
– Non. Elle a eu ce qu'elle voulait, c'est tout.
Il soupira encore une fois et, après un long silence, il murmura doucement :
– Je ne savais pas ce que je faisais, du moins, au début.
Harry se concentra sur la main pâle de Ron.
– Il est comment ?
Harry leva brusquement la tête.
– Hein ? Qui ?
– Malfoy, il est comment ? Qu'est–ce qui t'a fait aller vers lui ?
Harry sentit la brûlure qui envahissait ses joues.
– Il est beau, tout simplement.
– Quoi, c'est tout ? Il est beau ?
– Pas juste à l'extérieur.
Ron se montra dubitatif.
– Je savais que tu ne me croirais pas. Tu as manqué une partie.
– Principalement parce que tu ne m'en as rien dit.
Il n'y avait aucune colère dans sa voix, ni reproche, il ne faisait qu'un tranquille constat et il resserra la main de Harry un peu plus.
– Je pensais que tu ne comprendrais pas. Quand tu as cru qu'il était avec Hermione, tu étais si furieux alors j'ai imaginé que tu ne prendrais pas mieux le fait que c'était moi et pas elle.
– Sans doute pas, non.
Il se fixa sur Harry.
– Alors, tu es amoureux de lui ?
– Oui.
– Et il t'aime aussi ?
– Oui.
– Comment tu le sais ?
Harry ne put répondre. Pas parce qu'il s'évaluait mais parce que c'était dur d'expliquer comment il savait car c'était une sensation. Un sentiment au–delà des pièges du toucher, du goût ou de l'ivresse absolue de l'acte amoureux. C'était un savoir instinctif il savait que Draco était amoureux de lui.
– Je… Je le sais, c'est tout.
– Je ne pense pas que tu puisses le savoir, chuchota Ron. Je crois que ça n'existe pas.
– Il le faut, répliqua Harry. Les gens font tellement de choses stupides par amour.
– Alors peut–être que les gens sont stupides, tout simplement.
– Peut–être, concéda Harry.
Puis il sourit.
– Moi, je t'aime, le taquina Harry.
Ron émit un petit gloussement qui se transforma vite en toux.
– Alors peut–être qu'il y a encore de l'espoir pour nous.
oOo
Draco frappa à la porte et entra dans les appartements de Snape sans attendre de réponse. Il avait passé tellement de temps dans ces pièces qu'il se considérait presque comme un résident permanent. Presque.
Snape était juché avec gêne sur le bord d'un fauteuil, le feu flamboyait et la pièce était plus chaude et plus accueillante qu'elle ne l'avait jamais été. Mais quelque chose clochait et ce quelque chose se tenait debout, immobile, au centre de la chambre. C'était une femme, magnifique en tous points, elle se tenait de profil, sa bouche était légèrement ouverte comme au milieu d'une phrase. Le regard de Draco passa de la femme à Snape et il haussa un sourcil interrogateur. Snape lui retourna son regard puis remua inconfortablement sur le bord de son fauteuil.
– Elle est vraiment belle, fit Draco, jovial, mais tu dois vraiment ligoter toutes… tes amies.
– Ce n'est pas mon amie, rétorqua Snape, irrité, glissant immédiatement dans son rôle familier et semblant instantanément plus à l'aise.
– D'accord, c'est qui alors ?
– Regina Vermoral, répondit Snape, le malaise de retour dans sa voix.
Draco reporta immédiatement son attention sur la femme. La maîtresse de son père. Elle était vraiment séduisante et Draco se souvint du conte de Blanche–Neige lèvres rouge sang, peau blanche comme la neige et chevelure aussi noire que l'ébène. Elle se tenait dans un profil parfait, son cou était aussi long que celui d'un cygne et son menton paraissaient sculptés dans un marbre pur et blanc. Un instant, Draco sentit le besoin de faire courir son doigt sur l'arrête de son nez fin et droit. Ses yeux étaient verts, immenses, bordés de cils noirs et ses cheveux noirs et brillants étaient tirés en chignon lâche.
L'imagination de Draco lui dit que si Harry avait été une femme, il aurait ressemblé à ça, mais ce n'était que son imagination. Son esprit rationnel savait que Harry n'était pas aussi beau. Harry avait une multitude de défauts, il était plus anguleux et plus dur et cette femme semblait absolument parfaite. Mais ses traits étaient des repères familiers pour lui, les cheveux sombres, le nez droit, ces admirables yeux verts. Alors c'était peut–être pourquoi il se sentait si attiré par elle.
Draco s'approcha d'elle tandis que Snape gardait ses distances.
– Pourquoi tu l'as attachée ? demanda Draco, étonné.
– Elle n'est pas…
Draco n'entendit pas le reste. Il marcha autour d'elle et son souffle se bloqua tout parut se figer. C'était une tragédie, un horrible tour de la nature, tellement cruel que Draco en resta sans voix. Aussi parfait qu'apparaissait son profil, aussi parfait qu'apparaissait le côté gauche de son visage, le droit se révélait comme une sorte de parodie horrifique de l'autre. Le visage de la femme avait l'air de s'être lentement dissout, comme si cette moitié avait glissé sur le côté. Son œil droit était presque inexistant bien que Draco pensât voir un scintillement vert à l'intérieur de la fente fondue. Elle devait parler quand elle avait été ligotée mais le côté de sa bouche était figée et seule le gauche était ouvert. Draco imaginait que si elle souriait, ce serait, par la force des choses, un sourire en biais. La chair glissait de sa mâchoire et descendait sur sa gorge. Draco se demanda si elle avait été brûlée, ce qui semblait la seule explication logique.
– On peut lui parler ? On doit lui parler, non ?
Snape soupira, comme s'il devait faire face à l'inévitable.
– Oui, on doit lui parler.
– Alors, tu dois la libérer.
Snape paraissait réticent et Draco s'impatienta.
– On doit lui parler ! Putain, c'est quoi ton problème ?
– Draco, essaie de te rappeler que je suis ton professeur, ici, alors je te serais reconnaissant de ne pas me parler comme si j'étais ton elfe de maison.
Draco tenta de se calmer.
– Très bien.
Il prit une profonde inspiration.
– Peux–tu, s'il te plaît, la relâcher afin qu'on puisse lui poser des questions sur mon père ?
Snape parut résigné de devoir la libérer mais il tira sa baguette à contrecœur. Il fixa Draco puis enleva le lien de la femme. Elle partit en avant, trébucha mais réussit à s'empêcher de tomber. Elle gloussa, embarrassée. Puis elle regarda Draco et son œil droit s'éclaira.
– Lucius ?
– Non, Regina, fit Snape fermement, c'est Draco.
– Ahh, le petit, dit–elle avant de rire d'une voix vulgaire et grave et s'avancer vers Draco.
Elle avait été très certainement habillée par Lucius Malfoy. Les Moldus ne portaient pas ce genre de robes et le velours et la soie étaient de la qualité la plus fine. Draco pouvait en reconnaître la valeur rien qu'en les regardant. La découpe de la robe était au goût de son père, quelque chose que sa mère aurait peut–être porté, c'était peut–être même un de ses vêtements.
La femme s'approcha pour l'examiner, comme si elle voulait utiliser tous ses sens. Draco devina, à juste titre, qu'elle ne voyait pas très bien. Elle fit courir ses mains sur ses épaules et son dos puis le long de ses bras, son ventre, son torse, sa gorge, ses cheveux et son visage.
– Tu es plus grand, trop grand, le sang de ta mère, le sang des Black, marmonna–t–elle en reniflant avec dédain, mais tu as sa peau.
Elle recula d'un pas et le fixa longuement.
– Le fils ! s'écria–t–elle brusquement.
Sa voix avait changé, maintenant, elle était douce comme celle d'une enfant.
– Le fils prodigue. Le petit. L'être important. La lumière de la vie. La lumière de toutes choses. Draconix lux Lucius.
Draco regarda Snape qui prit une profonde inspiration et se détourna.
– Où est–il ? demanda–t–elle, d'un ton à nouveau normal et lucide. Où est Lucius ? Il est revenu ?
– Il a été… hésita Draco, peu certain qu'elle puisse comprendre. Il a été embrassé par… un Détraqueur.
Regina Vermoral couina de ravissement et frappa dans ses mains. Elle tournoya sur ses talons et lui adressa un grotesque sourire de travers.
– Ça a marché ? Il est revenu ?
– Qu'est–ce que vous savez ? Vous savez ce qu'il a fait ?
– Lucius, mon petit Lucius, celui qui apporte la lumière et l'obscurité et les choses qui se tortillent et rampent et qui me font…
Elle gloussa et cacha son visage derrière sa main.
– Je n'arrive pas à trouver la rime.
Draco en était bouche bée, il ne savait que dire alors qu'elle souriait largement dans l'expectative. Ce fut Snape, qui se tenait derrière lui, une expression de haine sur le visage, qui s'avança et parla.
– Regina, cesse, tu dois essayer de te concentrer. Qu'est–ce que Lucius a fait pour pouvoir revenir ?
– Une et un, deux, deux et deux, quatre, quatre et quatre, huit, huit et huit, seize, seize et seize, trente–deux, trente–deux et trente–deux, soixante–quatre, soixante–quatre et soixante–quatre…
– Regina ! Stop !
Elle sursauta et fixa Snape, sa demi lèvre tremblait dramatiquement.
– Nous ne savons pas comment le faire revenir et, de ce que nous pouvons en dire, toi, tu le sais.
Les yeux de Regina s'écarquillèrent et elle haleta.
– Oh, oui ! Oui ! Ouiiiiiiii ! Je sais ! Je sais tout ! Les plumes, le sang et l'huile. Un mortel vole une âme immortelle et la dissimule à l'intérieur !
Elle se tourna avec un sourire dément puis se calma et baissa la tête.
– Pauvre, pauvre Metatron, sanglota–t–elle silencieusement. Si paisible, chuuuuut ! Il dort encore, il n'est pas mort, il rêve.
– Tu peux nous dire ce que Lucius a fait ? s'enquit Snape.
– Oh, oui ! Oui ! OUIIIIIII !
Elle pivota et sourit d'un air démoniaque, pas la moindre larme dans son œil. Elle dansa autour de Draco avant de se pencher vers lui.
– Un si beau garçon, oh, un si beau garçon. Le petit.
Elle sortit sa langue rose et lui lécha la joue. Draco tressaillit et se prit à souhaiter que Snape l'immobilise encore une fois.
– Je veux le petit. Je veux le petit précieux. Je veux la lumière de toutes choses.
Draco déglutit avec peine et parla pour la première fois depuis que la folie de la femme s'était manifestée.
– Qu'est–ce que vous voulez dire par : je veux ?
Elle rit, d'un rire rauque et âpre.
– Couche–toi à mes côtés et prends ce qui est là, s'écria–t–elle. Tout ce que je veux, c'est quelqu'un en moi.
Draco recula, en secouant la tête avec horreur.
– N–non ! Je… je ne peux pas !
Elle fit la moue et tapa du pied.
– D'abord le père, ensuite le fils. Le père est un ange maintenant… mais toi tu es fait de chairrrrrrrrr !
Elle fit le tour de Draco encore une fois et l'enlaça par derrière.
– Tu es à moi, siffla–t–elle, ou celui qui apporte la lumière sera parti à jamais.
– Je… Je ne peux pas, répéta Draco, en regardant vers Snape avec impuissance. H–Harry me tuerait.
– Il ne peut pas faire ce que tu demandes, intervint Snape avec une malveillance dissimulée. Draco n'est pas comme son père.
– Père et fils, c'est pareil, comme deux… comme deux… comme deux… comme deux…
– Arrête ça, Regina, siffla Snape.
– Pauvre, pauvre Lucius, comme il pleure, comme il pleure, comme il pleure, comme il pleure… comme il sanglote.
Snape leva sa baguette, ses lèvres ourlées de dégoût.
– Non, chuchota Draco en levant la main pour demander à son parrain de stopper son geste. Pas encore.
Regina sourit d'un air mauvais et posa son menton sur l'épaule de Draco elle devait se tenir sur la pointe des pieds pour le faire.
– Il t'aime, mon Lucius t'aime. Il dit que tu es son âme, il dit que tu es sa vie, il dit qu'il te donnerait tout… et tu le laisses tout seul. C'est un ange maintenant et il ne peut pas voler, ses ailes sont brisées… c'est si triste… si triste… tu ne l'aimes pas, hein ?
– Je… Bien sûr que je l'aime… Je…
– Alors je veux ce qui est à moi !
– Je ne peux pas, chuchota Draco, la voix de plus en plus faible. Je ne peux pas, Harry…
– Qui est Harry ?
Elle était brusquement accusatrice, elle se tourna vers Snape, l'œil plissé.
– Qui a touché ce qui est à moi ?
– Il n'est pas à toi.
– Harry ne le saura jamais, jamais… jamais !
– Non ! s'écria Draco, paniqué.
Il regarda frénétiquement autour de lui.
– Et… Et lui alors ? fit–il en désignant Snape.
Snape en resta bouche bée.
– Vous êtes cinglés, tous les deux !
– Non !
Regina semblait aux anges.
– Je pourrais avoir les deux ! couina–t–elle. Deux, c'est mieux que un. Un et un, deux. Un, c'est mieux que rien mais un et un font deux et deux, c'est mieux que un !
Snape lança un regard noir à Draco.
– Bon, merci, Draco, maintenant, notre position est pire qu'avant.
– Verrouille la porte, gazouilla–t–elle, verrouille la porte et tamise les lumières, tamise les lumières, tamise les lumières !
Draco secoua la tête vers Snape qui enveloppa un peu plus fermement ses robes autour de lui.
– Viens, maintenant, mon petit, dépêche–toi, il n'y a pas de temps à perdre !
Regina pirouetta avec ravissement, tournoya et tournoya encore telle une ballerine machiavélique. Lorsqu'elle s'arrêta, elle vacilla en gloussant puis tendit la main dans son dos. Elle se saisit de la robe et le vêtement tomba sur le sol. Elle était entièrement nue.
Draco et Snape échangèrent un regard tandis que la femme nue se mit à courir dans la pièce, à danser sur le dessus de la table et sur le lit, virevoltent et couinant autour d'eux comme une folle.
– T–t–toi ! bredouilla Draco à Snape. Toi, tu le fais… Moi, je ne peux pas…
– Moi ? répéta Snape en lui jetant un regard meurtrier. Il me semble me rappeler que c'est toi qu'elle voulait à l'origine.
– Mais… tu as quitté Hermione, tu n'as pas d'attaches… Je ne peux pas faire ça… Harry !
– Alors, je suis séparé de Hermione depuis moins d'une semaine et brusquement, je vais désirer cette cinglée, ex–maîtresse de ton père ?
Ils grimacèrent, la même pensée venait de leur traverser l'esprit.
Mais à quoi avait pensé Lucius ?
Puis Snape réfléchit, elle avait seize ans quand Lucius l'avait trouvée et cette partie n'était qu'une progression naturelle. Lucius s'en était bien occupé. Snape avait vu le cottage mais la fille avait vu les êtres célestes après tout et, après tant d'années, ça avait dû affecter son état mental… sans compter que Lucius avait les moyens de rendre dingue n'importe qui.
Mais elle était clairement dérangée et Snape doutait que Lucius puisse amener cette sorte de folie. Ce qui signifiait qu'elle était cinglée depuis le début.
– Je t'en prie, le suppliait Draco.
Sans doute ne voulait–il pas vraiment penser à ce que son père avait fait avec cette femme.
– Non.
Snape doutait sérieusement d'être capable de la désirer. Le corps de cette femme était incroyable il devait lui accorder ça mais elle était… eh bien, elle était… dingue.
Regina s'interrompit au milieu de sa danse et les fixa tous les deux avec ressentiment.
– Vous n'avez pas fermé la porte, haleta–t–elle tandis qu'ils regardaient derrière eux avec horreur.
Sa lèvre trembla et son visage se tordit tandis qu'elle se préparait à hurler. Snape et Draco s'arc–boutèrent.
– LUCIUS! Mer Sidi! Mer Kurra! Mer Urulu! Mer Martu! Zi Dingir Anna Kanpa, Zi Dingir Kia Kanpa !
Puis elle s'arrêta et se tourna haineusement vers Draco.
– Il t'a tout donné. À toi et à cette putain ! Je regardais à travers la fenêtre de ta vie et je t'observais, toi, l'espèce de petit morveux pourri gâté. Il t'a tout donné, à toi et à elle aussi, parce qu'elle lui avait donné ce fils et il t'aimait de tout son être. Je n'ai rien eu d'autre que les rebuts laissés derrière…
C'est alors que son visage s'éclaira et que son humeur changea une nouvelle fois.
– Oh, mais Lucius, tu avais tort. Il ne t'a jamais aimé suffisamment, pas assez pour te sauver. Tu avais tort et j'avais raison !
– TA GUEULE ! s'égosilla Draco avant s'approcher d'elle. Putain, tu vas la fermer, espèce de… espèce de HARPIE !
Le visage de Regina se tordit en horrible intérêt moqueur.
– Oh, oh. Mais il sait crier, le petit. Le beau petit chéri, la fierté et la prunelle des yeux de son papa.
– Si tu l'aimais, siffla Draco, à bout de patience et de nerfs, tu nous dirais comment le libérer.
Au grand choc de Draco, elle rit d'une voix aiguë et perçante qui raisonna dans toute la pièce.
– L'aimer ? Aimer ton père ? Oh, non, petit dragon, je ne l'ai jamais aimé. Comment aurais–je pu aimer celui qui me détestait ? Celui qui m'a donné ce visage et cette vie ?
– Mon… mon père t'a fait ça ?
La bouche de Draco s'assécha brusquement tandis que Regina souriait doucement.
– Quand tout est un et qu'un est tout, après que la pluie se mette à tomber, un sortilège sur une jolie tête est placé et Regina serait bien mieux morte que pas du tout.
Elle s'assit sur le sol en croisant les jambes et leva les yeux vers eux, l'air innocent et enfantin, puis, soudainement, elle tendit le bras et cueillit une plume dans les airs. Snape s'avança et se pencha vers la plume, sachant très exactement ce que c'était et désireux de l'examiner plus attentivement. Regina lui sourit de son étrange sourire de guingois.
– La plume d'un ange est une chose puissante, dit–elle à mi–voix avant de se tourner vers Draco. Tu l'aimes ? demanda–t–elle. Ton père, je veux dire. Est–ce que tu l'aimes ?
Draco respirait lourdement. Il ne savait pas quoi faire, ne savait pas que dire pour la convaincre.
– Oui, répondit–il d'une voix grinçante. J'aime mon père.
– Mais pas assez pour le sauver ?
– Je l'aime plus que tout.
Regina sourit une nouvelle fois et, lentement, elle se coucha sur le sol, arquant son corps, l'exposant complètement.
– Alors va verrouiller la porte, petit dragon, je veux que tu sois à MOI !
Draco jeta un coup d'œil à Snape qui secoua la tête en articulant un non désespéré puis Draco se détourna et ferma la porte.
A suivre…
Voilà, merci d'avoir lu jusque-là. J'attends vos commentaires.
Bisous.
Falyla
