Titre : Objects of Desire

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Auteure : Azrael Geffen

Traductrice : falyla

Correcteurs : falyla/Florent

Paring : Harry Potter/Draco Malfoy Hermione Granger/Severus Snape

Rating : M/NC-17

Etat de fic originel : terminée (20 chapitres divisés en 59 parties)

Etat de la traduction : terminée

Disclaimer: Les personnages appartiennent à l'univers de JK Rowling, l'intrigue est à Azrael Geffen, avec son aimable autorisation.

Warning : slash, scènes de sexe très graphiques, torture, viol, meurtre, tentative de suicide, drogue, abus d'alcool, langage cru.

Site : à cause des thèmes abordés, je ne sais pas si cette fic sera autorisée à rester sur FFnet, je la publie donc en parallèle sur AO3 sous le même pseudo.

Mise en ligne : sauf contretemps inattendu, le lundi, le mercredi et le vendredi.

Résumé : Après la fin de la guerre, Harry, Ron et Hermione décident de revenir à Poudlard pour obtenir leurs ASPICs. Avant la rentrée, lors d'une soirée très avinée, ils établissent et signent un pacte magique où ils s'engagent à perdre leur virginité pendant cette 8ème année.

Note de la traductrice : Merci beaucoup pour vos commentaires, j'apprécie vraiment.

Bonne lecture.

Objects of Desire

Chapitre 17 (1ère partie)

Un monde insensé

La frontière qui séparait la normalité de la folie était mince, décida Draco. Le problème, c'était qu'il ne savait pas exactement de quel côté de cette limite il se tenait en ce temps avait cessé d'exister et quand il s'était remis en marche, des heures semblaient s'être écoulées après qu'il l'ait senti partir. Il ne se sentait pas vraiment sain d'esprit et il ne savait pas s'il le redeviendrait un jour. Quand il se réveilla, on aurait tout aussi bien pu être le début de soirée comme le petit matin. La seule chose qu'il pouvait vraiment dire était qu'il faisait sombre. Il se demanda brièvement s'il avait manqué à Harry puis il décida qu'il s'en fichait. Après cette soirée, il se disait qu'il aurait de la chance si Harry restait un jour de plus.

Mais bien sûr il ne s'en fichait absolument pas, quelque part, loin derrière la bravoure apparente, il s'en souciait énormément.

Draco n'avait pas la moindre idée de comment il s'était endormi. Il n'était pas près du lit et il en fut soulagé. Il était sur le sofa. Une lumière se consumait faiblement dans un recoin du mur et la pièce luisait étrangement. Il parcourut la pièce du regard, cherchant la silhouette familière de son parrain et la trouva, il était inconfortablement roué en boule sur une chaise d'aile en cuir près du feu.

Alors il ne s'était pas approché du lit non plus.

Draco se força à se redresser, il ne voulait pas rester mais il avait désespérément peur de partir. Il ne faudrait pas grand chose pour que Harry découvre tout. Une pensée mal protégée, laissée imprudemment à sa portée, suffirait. Harry lui avait promis de ne pas regarder, de ne pas fouiller son esprit sans son consentement, mais il était humain, et si Draco avait eu le don de Legilimencie, il serait entré dans toutes les têtes de l'école, sans hésitation.

Il devait partir. Il devait rejoindre son propre lit, parce que s'il restait là, il devrait se lever au matin et elle serait là… et il ne voulait pas participer à ça. Il s'avança vers la porte, s'arrêtant un moment devant la chaise où Snape était endormi. Doucement, il se pencha en avant pour repousser une mèche de ses cheveux qui était devant ses yeux. Les yeux de Snape s'ouvrirent, mais il ne devait pas voir Draco parce qu'il l'entendit grommeler.

– Va dormir, Lucius.

Draco sourit tristement et déposa un baiser sur les lèvres pâles de Snape. Il fut surpris par sa réponse universelle immédiate. Les lèvres de Snape se pressèrent doucement sur les siennes et le bout de sa langue parcourut sa lèvre intérieure. Il murmura : « Lucius » puis fronça les sourcils dans son sommeil et remua sur sa chaise.

Draco se recula et ignora la réaction de son pénis. Il regarda son parrain endormi d'un air interrogateur et chuchota :

– Bonne nuit, Oncle Severus.

Les yeux de Snape s'ouvrirent brusquement.

– Draco ?

– Ouais.

Snape grogna avant de cligner des yeux et frotta violemment sa bouche comme s'il n'était pas certain de ce qui venait de se passer.

– Tu devrais être au lit.

– Je n'ai plus quatre ans, Professeur.

– Va te coucher, Draco.

La voix de Snape était fatiguée et il retournait déjà dans les bras de Morphée.

Draco ne put s'empêcher de sourire de nouveau. L'instant précédent, Snape avait semblé horrifié et écœuré, mais maintenant il était perdu dans des souvenirs où Draco était ne pouvait qu'espérer que c'était une bonne chose et que le rêve était plaisant.

Il laissa la porte des quartiers de Snape se refermer derrière lui et son tourment lui revint de plein fouet. Il se sentait tellement seul au milieu de toute cette histoire. Snape avait refusé de l'aider avec cette folle. Refusé de s'approcher d'elle. Refusé de faire autre chose que de reculer dans un coin de sa chambre avec une telle expression d'horreur que Draco s'était haï d'en être la cause.

Dans son esprit, Draco savait qu'il n'avait pas d'autre choix. Il avait besoin d'obtenir des réponses et, dans sa tête, il ne pouvait que s'obliger à y penser en terme de transaction d'affaires et c'était tout. C'était dans l'acte lui–même qu'il avait réalisé qu'il était finalement devenu ce qu'il avait toujours été. Inconsciemment, Draco était exactement comme son père.

Snape l'avait dit, avait grommelé quelque chose avant de se reclure dans l'alcôve et de s'éloigner le plus possible de la scène qui se déroulait devant lui. Ce n'était que quand il avait enfin parlé – sûrement des heures plus tard – et qu'il avait ordonné : « Lucius, arrête ça ! » que Draco s'était finalement souvenu de sa présence. Et c'étaient ces mots qui lui avaient montré la vérité. Autrefois, Draco aurait accueilli fièrement de tels propos, maintenant cette réalisation lui faisait froid dans le dos.

Il savait maintenant comment son père réfléchissait.

Prends ce que tu veux, à n'importe quel prix. Le prix vaut bien l'objet même si la dépense constitue ta propre estime.

Draco arriva à la tour sans se rendre compte qu'il avait pris cette direction. Il s'arrêta devant le portrait et le fixa d'un air absent, comme s'il se demandait comment il était arrivé là. Le moine dormait, ronflant bruyamment, l'air très confortablement installé dans son tableau. Draco se dit qu'il n'avait pas à réveiller la peinture, il pouvait se retourner et s'en aller, retourner dans les cachots de Snape et y dormir. Il pouvait dormir sur le canapé et y faire une petite place pour son parrain. Ce serait presque comme de dormir sous l'aile protectrice de son père. Qui le protégeait, qui ferait en sorte qu'il ne ressente pas cette culpabilité étouffante et qui justifierait ses actions par des paroles insensées.

Snape pouvait faire ça. Alors que Draco ne l'aurait jamais cru affectueux, Lucius avait assez aimé Snape pour faire de lui le parrain de Draco et Lucius faisait attention à ceux qu'il aimait vraiment. Il n'aimerait jamais quelqu'un incapable de sentiments.

Mais Harry était endormi dans leur chambre. Il était la plus grande faille de son plan, tandis qu'il essayait d'ignorer sa propre attitude irrationnelle. Harry. Son bel Harry, qui lui faisait inexplicablement confiance, alors qu'il n'aurait jamais dû. Harry, qui était sans nul doute déjà endormi sur le ventre, étalé sur le lit, les couvertures défaites. Dans l'obscurité, Draco savait qu'il serait capable de voir la courbe d'une épaule, son visage sur l'oreiller et ses cheveux emmêlés comme une tâche d'encre sur l'oreiller.

Le lit serait chaud. Draco savait très bien qu'il le serait. Il pourrait se glisser derrière Harry et le brun bougerait jusqu'à ce qu'ils soient collés l'un à l'autre. Peau contre peau, enveloppés dans des bras doux, l'odeur de son corps agissant comme un baume sur l'âme ténébreuse de Draco.

Il devrait, bien sûr, se laver avant de seulement envisager de tels gestes. Il devrait se laver de toute trace de cette soirée. Il pouvait la sentir. Il pouvait la sentir sur sa peau, comme si elle avait imprégné l'intérieur même de son épiderme. Il pouvait la sentir. La sentir sur sa peau, se moquant de lui à distance.

Ses lèvres se retroussèrent de dégoût. Il était sale et il avait besoin de se frotter. Il s'avança et tapota le cadre du tableau.

Le moine se réveilla brusquement, grogna avant de lancer un regard noir au travers de ses yeux vitreux au jeune homme qui avait dérangé son sommeil. Le moine s'était souvent considéré comme lésé dans sa position ;il avait tiré sa place à la courte paille avec les autres gardiens de portraits. Ils avaient tous ri au nez de la Grosse Dame pendant des années parce qu'en tant que gardienne de Gryffondor, elle gardait la plus grande bande de trublions de l'école, mais au moins allaient–ils se coucher à des heures raisonnables. Cette volée spéciale, si différente des autres maisons, allait et venait comme il lui plaisait… surtout comme il lui plaisait, d'ailleurs. Depuis que l'année scolaire avait débuté, il avait dû rester éveillé toutes les nuits, mais avec l'approche des examens les élèves s'étaient calmés.

Et alors que le moine regardait le blond devant la porte en faisant les gros yeux, Draco haussa un sourcil et grommela le mot de passe. Le moine sembla prêt à ouvrir la bouche pour répondre, peut être pour faire remarquer qu'il dormait, quelque chose qui ferait que le blond qui lui faisait face regretterait de l'avoir réveillé mais il semblait vraiment sur le point de se rendormir et autorisa donc son portrait à s'ouvrir silencieusement.

Draco entra dans la salle commune pour la trouver déserte. Draco se demanda s'il était si tard… ou peut–être étaient–ils tous à Pré–au–Lard et personne n'était encore rentré ? Peut être que Harry était allé avec eux et que Draco ne lui avait pas manqué ? Mais venant de quelque part, Draco pouvait entendre des ronflements et de petits murmures. La tour était endormie et Draco le savait. La tour dormait tout comme lui était censé dormir.

Au lieu d'aller au lit, Draco opta pour une douche. Il ne pouvait pas s'allonger aux côtés de Harry avec cette odeur–là sur sa peau. Il ne pouvait pas le prendre dans ses bras en se sentant aussi sale.

Il se doucha, se lava les cheveux et se frotta jusqu'à faire rougir sa peau et la mettre à vif, puis se brossa les dents jusqu'à ce que ses gencives se posta devant un miroir et se scruta pendant ce qui sembla durer des heures. Il détailla ses traits, fixant la constitution familière de son visage qui faisait de lui ce qu'il était. Ses yeux, la dureté de son menton et de son nez, la façon dont il pouvait avoir l'air pincé et laid quand il était fatigué ou qu'il se sentait d'humeur particulièrement méchante. Il avait hérité des traits de son père. Il avait toujours pensé que ses pommettes lui venaient de sa mère, mais non, elles venaient aussi de Lucius. Comme si le destin avait convergé pour faire de lui l'image en miroir de l'homme qui l'avait engendré. Draco chercha en vain Narcissa dans son apparence mais ne trouva rien, comme si l'âge et l'expérience avaient réussi à la chasser. La beauté qui avait un jour trahi l'ascendance de sa mère dans sa physionomie était finalement partie et maintenant il ressemblait à l'homme qui l'avait créé.

Il se demanda quelle était l'influence de Lucius dans son destin. Est–ce que ça aurait pu être un sort jeté sur sa propre semence la nuit où Lucius avait conçu son fils ? Draco n'en serait pas surpris. Plus il en apprenait sur son père, moins il s'étonnait. Plus il en apprenait sur son père, plus il comprenait son propre héritage naturel. C'était succinct, ça aurait simplement pu se ramener à dire« Prends ce que tu veux, peu importe les conséquences. »

Bon Dieu, comment pouvait–il autant aimer cet homme ?

Parce que Lucius était son père et qu'il avait toujours été là. Chaque année depuis qu'il avait démarré sa scolarité, Draco était revenu à la gare de King's Cross dans un état lamentable (habituellement parce que Harry l'avait encore roulé). Inconscient, couvert de tentacules ou Merlin savait de quoi d'autre encore, et chaque année Lucius avait été là pour ramasser les morceaux et tout annuler – pas de bon cœur, Draco devait l'admettre – mais il l'avait fait. Même après son séjour en prison, Lucius était revenu vers Draco. Il avait risqué de compromettre sa cavale pour pouvoir être avec son fils. Aussi méchant qu'il fut, Lucius aimait Draco et Draco le savait.

Son père. Son glorieux père, à la fois beau, malfaisant et totalement impénitent.

Dieu, comme il l'aimait.

Mais maintenant il y avait Harry et aussi improbable que cela pût paraître à Draco, la réalité tangible était qu'il aimait aussi Harry. C'était aussi horriblement effrayant que magnifique et, plus cette relation durerait, plus Draco devrait réfléchir avant d'aider son père. Pire, Draco devrait envisager la possibilité de tout ruiner en faisant quelque chose dont il savait qu'elle ne serait pas appréciée par Harry.

Mais peut être qui si finalement, puisqu'il aimait aussi Draco.

Draco observa à nouveau l'image en face de lui, son père qui le regardait en retour. Était–ce ce que Harry voyait quand il posait les yeux sur lui ? Est–ce que Harry voyait Lucius autant que lui ? Et si c'était le cas, comment pouvait–il le supporter ? Bien que les gens qui l'entouraient le trouvaient beau, Draco ne s'en apercevait pas. Il n'était pas stupide, il savait qu'il était beau, c'était quelque chose qu'il avait toujours considéré comme acquis et, pour être honnête, il avait utilisé ses atouts pour obtenir ce qu'il voulait aussi souvent que possible. Mais, comme la majorité des gens qui avaient vécu en comptant sur leur apparence toute leur vie, il pouvait en voir tous les dé traits étaient trop coupants, ses yeux gris prenaient parfois un aspect vitreux morbide, il avait grandi trop vite et paraissait dégingandé et maladroit. Alors qu'il ressemblait à son père, il était beaucoup trop grand. Il enviait la stature de son père et il fut époustouflé quand un déferlement de soulagement le fit vaciller… Il ne ressemblait pas autant à son père qu'il l'avait cru, ce qu'il n'avait même pas espéré.

Il lui paraissait bizarre que personne d'autre ne remarque ces défauts. Il trouvait étrange le fait que Harry le regarde d'un air incrédule quand il lui avait montré ces imperfections. Comme son père, Draco avait développé une attitude pleine de dédain pour ce qu'il considérait comme la fragilité de ses traits. Secrètement, il avait espéré avoir l'air plus dur et il avait passé toute sa vie à se créer un rictus qui lui donnait un air arrogant et mesquin.

Une autre des caractéristiques de son père. De quoi d'autre avait–il hérité ? Une certaine attraction pour les défauts des autres peut–être. Il adorait la cicatrice de Harry, le visage légèrement crispé qui en avait trop vu, son manque de hauteur et la façon dont ses épaules semblaient trop larges pour ses hanches. Il aimait cette tignasse définitivement indomptable, quoiqu'on y fasse.

Ainsi donc il aimait les imperfections, tout comme Lucius. Il se souvenait bien d'une soirée où il était rentré chez lui pour Noël, ils étaient devant un feu et Draco se moquait de son parrain qu'il trouvait si laid. Lucius avait pensivement remué son brandy avant de dire :

– Oh, je ne sais pas, moi, je trouve qu'il est beau.

Puis Lucius avait ri quand Draco avait pris un air horrifié à cette seule idée.

Est–ce que le mal pouvait s'hériter ? Est–ce qu'une certaine faiblesse du sang pouvait prédisposer une lignée entière à la vilénie ? Il n'y avait jamais eu de Malfoy qu'on puisse considérer comme une personne bien, alors avait–il vraiment le choix ?

Il trouvait ça dur à croire parce qu'il ne se sentait pas une mauvaise personne. Mais cette nuit, on pouvait difficilement dire qu'il avait agi comme un saint. Il n'avait pas eu le choix… bon, il avait eu le choix mais l'autre alternative lui avait paru bien pire.

Tout ça ne valait pas la peine qu'il reste debout toute la nuit à se poser des questions. Draco s'enveloppa dans un épais peignoir et se dépêcha de sortir de la salle de bain avant de recommencer à ressasser tout ça. Il marcha sans bruit dans la salle commune et le long du couloir menant à sa chambre.

Harry était endormi, comme Draco l'avait prédit, et il en fut soulagé. Harry était un gros dormeur et tant qu'il restait silencieux, Draco se dit qu'il pouvait s'asseoir et contempler sa vie sans interruption. Il voulait néanmoins que Harry soit proche, le son de sa respiration le calmerait et, pour une raison ou une autre, savoir que Harry était là était important en ce moment.

Draco espérait juste qu'il resterait endormi.

Farfouillant l'étagère en silence, Draco y trouva un joint, il jeta un Lumos et se cala dans l'espace entre le bout du lit et le mur, là où la porte du balcon pouvait être ouverte pour laisser passer la fumée. Il ouvrit un minimum la porte et une brise glaciale le surprit. Il pleuvait, comme ça avait été le cas durant tout l'hiver. Il voulait que ça s'arrête ; c'était probablement le dernier mois où il était possible qu'il neige et Draco en était nostalgique. C'était un souhait irrationnel. La neige n'avait rien de spécial, c'était juste qu'elle manquait à Draco la pluie avait transformé l'hiver en une grosse flaque de que ça importe vraiment, ils n'avaient pas eu la permission de se rendre à Pré–au–Lard depuis la fin des vacances de Noël, alors ce n'était pas comme si lui et Harry avaient dû patauger dans la gadoue.

Il passa la main sous le lit et en ressortit une de ses dernières bouteilles de Whisky Purfeu. Il avait commencé à paniquer devant la diminution de ses stocks mais Dumbledore avait dit qu'il pensait les laisser descendre au village le mois prochain, maintenant que le scandale sur la sexualité de Harry – et par conséquent leur relation – s'était calmé. La Gazette du Sorcier avait même cessé son harcèlement. C'était probablement dû au fait que Colin Crivey les avait photographié, Harry et lui, en train de regarder un match de Quidditch. Draco doutait que Crivey ait vu quoi que ce soit du match puisqu'il épiait chacun de leur geste pour pouvoir faire son cliché. Sous la pluie, Draco les avait tous les deux enveloppés dans son manteau, ce qui était déjà en soi un preuve flagrante, mais Harry s'était penché une demi seconde pour déposer un baiser dans son cou.Ça avait été un geste infime et le contact avait été éphémère, mais la photo était parue en première avait lancé à Crivey un sort si brutal qu'il était resté une semaine complète à l'infirmerie, mais, au final, le fait que la photo ait été publiée était une bonne chose. Maintenant que le monde entier l'avait vue, ils pouvaient cancaner autant qu'ils leur plairaient, mais la course à la preuve de leur relation amoureuse était finie, et la Gazette avait enfin commencé à se focaliser sur des événements plus importants comme l'élection imminente pour le poste de Ministre de la Magie.Même une grande partie des étranges groupes de pots de colle qui avaient pris racine à Pré–au–Lard étaient partis,semblant réaliser que Harry Potter était hors d'atteinte ou pas du tout intéressé.

Il alluma le joint et inhala la fumée, la laissant s'enrouler dans ses poumons quelques instants avant de la recracher par l'interstice de la porte puis il avala une grande rasade de whisky, sentant un frisson de plaisir courir le long de son dos. Il était temps de se saouler, ou de se défoncer, et Draco avait pleinement l'intention de faire les deux.

Harry s'étira dans le lit, Draco entendit le froissement des draps et retint sa respiration, espérant que le brun ne se réveillerait pas. Il valait beaucoup mieux que Harry reste endormi. Draco n'était pas d'humeur à parler de ce qui l'accablait. Il savait qu'il devrait finalement le dire à Harry,mais tant qu'il n'était pas certain de ce qui se passait ; qu'il n'y avait aucun autre moyen d'aider son père, il préférait de loin ne rien dire. Il n'y avait vraiment pas grand intérêt à mener une bataille perdue d'avance.

– Draco ?

Draco ferma les yeux de frustration et cogna doucement sa tête comme le mur avant de parler, sans même essayer de masquer l'irritation de sa voix.

– Oui, bébé, je suis là.

Il y eut un froissement de draps et Draco aurait pu se mettre des coups pour n'avoir pas choisi de s'asseoir seul dans la salle de Harry apparut par–dessus le pied du lit, l'air endormi et inquiet, alors qu'il plissait les yeux dans l'espoir de voir Draco sans ses lunettes. Harry demanda, avec la même dose d'irritation dans le ton.

– Qu'est ce qui ne va pas ?

– Rien.

Draco soupira avant d'afficher un petit sourire mélancolique.

– Je n'arrive pas à dormir c'est tout.

Après réflexion, il tendit le joint à Harry et fut surpris quand ce dernier sortit un bras nu des couvertures pour le prendre. Pour une raison ou une autre, il n'avait pas pensé que Harry l'accepterait. Harry n'avait jamais fumé d'herbe devant lui,il n'avait jamais rien fumé devant lui et Draco avait simplement pensé que ce n'était pas dans ses habitudes. Peut–être qu'il pensait que Harry était trop moral ou trop sain d'esprit.

Mais le fait que Harry ne tousse pas comme un tuberculeux prouvait amplement que ce n'était pas la première fois qu'il fumait. Harry retint habilement la fumée dans ses poumons et Draco ne put s'empêcher de trouver ça sexy.

– Bizarrement, je ne pensais pas que tu fumais, murmura doucement Draco.

Harry expira, prit une autre bouffée avant de lui répondre.

– Qu'est ce que tu veux que je te dise ?

Il exhala.

– Je n'ai pas passé toute ma scolarité à acheter des bonbons chez Honeydukes.

– Et dire que je pensais que tu étais le petit ange en sucre de Dumbledore.

– Eh bien…

Harry sourit.

– Dumbledore a réalisé que j'allais forcément développer de mauvaises habitudes… Je crois qu'il a laissé passer ça parce qu'il pensait que j'étais pas mal stressé.

– Il sait que tu fumes de l'herbe ?

– Dumbledore sait presque tout de moi.

– Tout ?

Draco n'arrivait pas vraiment à le croire.

– Ouais, ça a toujours été le cas. C'était une part essentielle et inévitable en tant qu'arme de prédilection.

Harry ne semblait pas du tout amer malgré le fait qu'il venait de se décrire en tant qu'objet plutôt qu'en tant que personne.

– Alors, qu'est ce que tu fais d'autre que j'ignore ?

– Pas grand chose, je suis plutôt banal.

– Tu es tout sauf banal. T'as déjà fumé de l'opium ?

Harry approuva de la tête,tirant encore une fois sur le joint, frustrant Draco en ne le faisant pas tourner.

– Entre autres choses.

Draco ne put s'empêcher de rire.

– Camé.

– Alcoolo, lui lança Harry juste après.

Draco lui offrit le Whisky Purfeu en espérant récupérer le joint, et après un instant d'hésitation, Harry le lui rendit mais ne prit pas la bouteille. À la place, il disparut sous les draps et Draco l'entendait remuer. Quelques secondes après, Harry descendit du lit, ses lunettes en place, enveloppé tout entier des couvertures. Il s'assit à côté de Draco en lui prenant la bouteille des avala un peu de Whisky et fit la grimace.

– Oh, bon sang, c'est dégueulasse, comment tu peux boire ça ?

– On s'y habitue.

– Tu devrais pas boire cette merde. C'est mauvais pour toi.

Draco leva les yeux au ciel.

– Tout comme toi, j'ai le droit d'avoir quelques vices.

Harry hocha la tête en silence et rendit le whisky à Draco. L'ébauche d'une grande défonce avait commencé à s'infiltrer dans son esprit et il se reposa contre le mur.

– T'étais où toute la nuit ?

Il n'y avait aucune accusation dans son ton, juste de la curiosité et une inquiétude évidente, mais il sentit quand même Draco se raidir.

– Avec Snape, répondit très vite Draco.

Il ne voulait pas parler de cette nuit et donc il détourna la tête, loin du brun, ne voulant rien partager.

Harry soupira et baissa la tête, sachant très bien qu'ils n'iraient nulle part sans une dispute. Harry pouvait en conclure que tout ça avait à voir avec Lucius, un sujet qui était tabou et qui le resterait. Il valait mieux ne pas y toucher mais malgré tout, Harry sentit sa bouche s'ouvrir et sans qu'il ait l'impression d'avoir le moindre contrôle, il entendit sa voix dire :

– C'est à propos de ton père ?

Draco pris cinq grandes lampées de Whisky Purfeu et Harry hoqueta pour Draco frissonna, mais il n'avait plus froid, c'était plus du fait de l'anticipation, cette conversation pouvait très bien tout foutre en l'air, et il ne voulait pas l'avoir. Il voulait aller au lit, faire l'amour et prétendre que Harry n'avait rien demandé concernant Lucius.

– Tu y as été ?

– Été ?

Harry fronça les sourcils, confus.

– Où ça ?

– À cette exposition. Ce truc de Mangemorts.

– Non.

Harry scruta les traits pâles de Draco pour deviner ses pensées, Draco paraissait fatigué, mais il savait ce à quoi il pensait ; que Harry trouvait que Lucius Malfoy n'avait eu que ce qu'il méritait.

– Je n'ai jamais été d'accord avec le Baiser comme châtiment, dit Harry, essayant de calmer ses peurs. J'ai toujours trouvé ça vicieux.

– Alors tu aurais voulu qu'ils fassent quoi ? Qu'ils le tuent ? Le mettent en prison avec les Détraqueurs ?

Harry soupira.

– Je ne sais pas, je n'ai pas vraiment pensé aux alternatives.

– J'y suis allé, marmonna amèrement Draco en revenant à sa pensée initiale. Je suis allé le voir.

– Je sais, fit Harry à mi–voix. J'ai envoyé Snape te chercher.

Draco sourit d'un air triste.

– J'aurais dû savoir que c'était toi qui l'avais envoyé.

– Tu n'aurais pas dû y aller.

Harry prit le joint à Draco et le ralluma.

– Tu n'avais pas besoin de voir ça.

– Si.

Draco regarda Harry dans les yeux et continua :

– Je devais voir ce qu'ils lui avaient dernière fois que j'ai vu mon père, il hurlait dans la gorge d'un Détraqueur puis il s'est figé, des gens l'ont enlevé de sa chaise pour l'emmener hors de la pièce comme s'il n'était qu'un paquet de linge sale. À l'extérieur du Ministère, les gens s'étaient rassemblés pour jubiler. Des centaines de sorciers criaient… réclamaient du sang. Les Moldus pensaient que c'était une sorte de rallye. Snape essayait de m'emmener dans la voiture sans que personne ne me remarque. Il avait passé une capuche sur ma tête. Quelqu'un est sorti du Ministère et il y a eu de grandes acclamations. J'ai levé la tête et j'ai vu ce type, cet… Auror, il avait coupé la queue de cheval de mon père et la tenait comme un trophée pendant que tout le monde l'acclamait, dansait dans les rues, lançait des feux d'artifice.

Harry déglutit, il savait ce qui allait suivre.

– Je t'ai vu là–bas, avec Hermione et la Belette. Tu semblais si heureux, tu riais si fort que tu en pleurais. Tu le haïssais tellement. Tout le monde le haïssait.

– Je…

Harry prit le whisky et en avala une gorgée, puis une autre.

– Ton… Lucius Malfoy était le dernier. Bellatrix Lestrange était morte au combat, mais Lucius était le dernier Mangemort proche de Voldemort. Personne n'a vu Voldemort mourir, personne n'a eu la satisfaction de ce moment… Lucius qui recevait le Baiser était comme un substitut,c'était une représentation de Voldemort… C'est pour ça qu'ils étaient euphoriques.

– Mais toi, tu as vu Voldemort mourir. Tu l'as tué. C'est quoi ton excuse?

– Je… Je ne sais pas.

Harry baissa la tête, sentant la honte le traverser.

– J'ai juste… suivi la foule.

– Non.

Draco fixait l'air droit devant lui, souhaitant être plus saoul qu'il ne l'était déjà.

– Non, Harry, tu le haïssais, c'est tout.

Harry ne savait pas quoi dire. C'était vrai, il détestait Lucius Malfoy. Il le haïssait de chacune des fibres de son corps. Mais Draco aimait cet homme et rien ne changerait jamais ça. Harry n'avait jamais connu son propre père. Il n'avait pas eu le plaisir d'un tel lien. Il n'en savait que ce que les autres lui en avaient dit, les souvenirs vieillis qui lui avaient été révélés au cours des ans. James Potter était mort et enterré bien avant que Harry soit assez vieux pour comprendre cette perte, ce n'était pas la même chose pour Draco. Il avait été élevé par ses parents ; ses deux parents, il en avait des milliers de souvenirs. Des souvenirs qui n'impliquaient pas Lucius essayant de le tuer. Ses souvenirs qu'il avait de son père étaient ceux d'un père aimant, un homme attentionné, prêt à faire n'importe quoi pour lui.

Et Lucius n'était pas mort. Il aurait peut–être été mieux pour tout le monde qu'il fût mort. Alors Draco aurait pu l'enterrer comme Narcissa, Draco aurait pu faire son deuil et continuer sa vie.À la place, Draco se retrouvait prisonnier d'étranges limbes. Essayant désespérément de sauver la coquille vide qu'était son père.

– Oui, reprit lentement Harry, oui, je le détestais. Il… nous…

– Il a essayé de te tuer.

Draco avait prononcé les mots avec plus de compréhension que Harry ne l'aurait cru possible.

– Je peux comprendre ta haine. Au moins, tu avais une espèce d'excuse, c'est plus que n'importe qui.

– Tu n'aurais quand même pas dû aller à cette exposition, répéta Harry. Fudge ne gagnera pas cette élection, parce que tout le monde sait à quel point il s'est montré incompétent pendant la guerre. Mr Weasley va gagner et il fera cesser cette exposition et il renverra ton père chez toi. Tu vas le retrouver.

– Ça pourrait prendre des mois.

– Mais ça arrivera,insista Harry. Ton père a déjà attendu tout ce temps, il peut encore attendre quelques mois. Il n'a probablement pas conscience de ce qui se passe. Le Baiser, tu sais… ça les rend inconscient, il…

Draco semblait perplexe et au bord des larmes.

– Tu ne peux pas toujours être malheureux, Draco, ce n'est pas ce qu'il voudrait. Tu as dit toi–même qu'il voulait que tu sois heureux.

– Je…

La voix de Draco se brisa légèrement.

– Je suis heureux.

Il bougea pour agripper le poignet de Harry.

– Je suis heureux, mais je ne peux pas m'empêcher de le vouloir en sécurité.

– Mais il est en sécurité, personne ne va le blesser dans le musée.

Draco eut un reniflement étrange et pâlit, comme s'il allait être malade.

– Qu'est ce qui se passe, Draco ?

– Rien.

– Tu n'arrives jamais à bien me mentir.

Ce qui était, somme toute, vrai. Draco décida qu'il devait manquer d'entraînement.Néanmoins, il était bon à l'esquive, mais maintenant que Harry avait flairé quelque chose, il ne lâcherait pas prise.

– Dis–moi ce qui se passe. Ça me rend malade toutes ces visites secrètes à Snape. Qu'est ce que tu as à lui dire que tu ne peux pas me confier ?

– Ce n'est pas que je ne peux rien te dire.

Draco se rendit compte de la tonalité plaintive de sa voix.

– Il… Il peut juste comprendre des choses que tu ne peux pas.

– Comme quoi ? Le fait que tu aimes ton père ?

– Ce n'est pas ça…

– Alors quoi ?

– Ce n'est rien.

– Ce n'est manifestement pas rien, –moi juste ce qui se passe. C'est quelque chose au musée ? Pourquoi tu as si peur pour lui ? Il ne peut rien ressentir, il ne sait pas ce qui se passe. Il n'est pas en train de pourrir dans une cellule puante d'Azkaban ; il est au musée. À part le fait qu'il est exposé ; ce qui, je l'admets, est une immense connerie, de quoi faut–il avoir peur ?

– Comment tu peux savoir qu'il ne ressent rien ? Comment tu sais qu'il n'est pas conscient ? Tu as déjà reçu le Baiser ? Tu sais ce que ça fait ?

– C'est un fait avéré, Draco !

– Non ! Tu ne sais pas ce qu'il traverse !T'en as rien à foutre de ce qu'il traverse et t'en à rien à battre non plus qu'un putain de pervers le viole. Tu t'en foutrais royalement s'il mourrait demain !

Harry en resta bouche bée et il s'accrocha abruptement aux bras de Draco. Il était dans un triste état, le visage rouge, le corps ne l'avait jamais vu si exposé auparavant. Harry n'avait jamais vu son visage inondé de larmes de frustration et de combien de temps ça durait ? Depuis combien de temps le savait–il ?

– Qui viole ton père ?

– P–p–personne… Je… Je divaguais, c'est rien…

– MAIS BORDEL, C'EST PAS RIEN, DRACO !

Draco sursauta.

– S'il–te–plaît, Harry,laisse–moi me débrouiller avec ça, à ma manière. Oncle Severus m'aide, alors on a pas besoin de parler de ça.

– Qui lui fait du mal ? Comment tu le sais ?

– Le… Le conservateur, c'est… c'est un collectionneur… il… Severus sait… il… papa…

Mais en fin de compte, Non n'était pas encore revenu du musée, personne ne savait rien.

– Si le conservateur fait du mal à ton père alors on doit le dire à quelqu'un. Le Ministère doit savoir !

Draco le fixait, incrédule.

– Harry, tout le monde se fout bien de ce qui peut arriver à mon père. Le Ministère l'a donné au conservateur. Ils l'ont donné à ce bâtard comme si c'était une espèce de cadeau.

– Ils ne peuvent pas être au courant, Draco, tu ne peux pas me dire que le Ministère est au courant de ses agissements.

– Ils s'en ficheraient bien même s'ils savaient. Fudge a dit une fois que si notre lignée entière pouvait être rayée de la carte, alors ce serait une bonne chose pour le monde sorcier. Je doute vraiment que la nouvelle le mette terriblement mal à l'aise.

Harry se tut, incapable de comprendre quoi que ce soit, à part que c'était une histoire inconcevable. L'idée même lui donnait envie de pouvait trouver du plaisir à avoir des activités sexuelles avec un corps sans réponse ? Mais comment Draco savait ça ? Comment savait–il ce qui se passait ? Ça semblait une question à la réponse évidente mais Harry ne put s'empêcher de la poser.

– On ne sait pas, pas vraiment, pas encore en tout cas. Dumbledore a dit à Severus qu'il avait des doutes. Mais avant ça, à Noël…

Draco pâlit et referma la bouche rapidement.

– Qu'est–il arrive à Noël ?

– Le conservateur a essayé de…

C'était une mauvaise idée et Draco le savait, mais il en avait trop dit pour s'arrêter.

– Il a utilisé l'Imperium, je crois. Je ne pouvais pas contrôler mon corps, j'étais juste planté là…

Harry avait considérablement pâli, une pensée terrible germait et grandissait dans son esprit.

– Qu'est ce qu'il t'a fait ?

– Il… Je ne sais pas, je me tenais juste…

Qu'est ce qu'il t'a fait ? répéta lentement Harry, comme s'il parlait à un enfant effrayé.

– Il m'a embrassé… Il m'a touché…

– IL T'A EMBRASSÉ ? IL T'A TOUCHÉ ?

– Je ne pouvais pas l'arrêter, je ne pouvais pas bouger. J'ai essayé de me débattre… mais je ne pouvais…

– Qu'a–t–il fait d'autre ?

Harry était en colère maintenant, sa voix haut perchée et tendue.

– Rien. La vitrine s'est brusquement cassée. Elle a explosé et il s'est arrêté.

– Une vitrine ? Quelle vitrine ?

– Celle de mon père. Severus est arrivé, mon père était par terre et il a parlé, il m'a dit de courir.

– Il a parlé ? Il t'a parlé ?

– Il m'a dit de courir.

Draco ferma les yeux et de nouvelles larmes coulèrent en cascade le long de ses joues. Harry le serra fort contre lui, le tenant tendrement, mortifié que Draco ne se soit pas senti capable de lui parler avant.

– Je vais le tuer.

– Ne va pas au musée, s'il te plaît,ne l'affronte pas.

– Je ne vais pas l'affronter, je vais le tuer !

Mais Draco pleurait de plus en plus fort et Harry devait se calmer il récupéra le joint et l'éteignit puis referma la porte et la bouteille de Whisky Purfeu. Draco avait besoin de sommeil et Harry devait digérer ce qu'il venait d'apprendre. Il y avait plus – de ça, Harry était certain – mais il ne saurait rien de plus ce était trop bouleversé.

– Allons dormir, tu es fatigué.

Harry se releva avant de se pencher pour aider Draco à se remettre debout à son tour.

– Tu as besoin de ne peux pas te torturer à propos de ça, tu vas vraiment te rendre malade.

Mais Draco avait l'air inconsolable ; il respirait par saccades éraillées et discordantes.

– Ne me laisse pas…

– Je ne vais pas te laisser.

– Promets–le–moi ! Promets–moi que tu ne partiras pas.

– Je ne vais pas partir, je ne partirai jamais.

Draco l'embrassa, d'un baiser dur et douloureux. Il n'y avait pas de passion dans ce baiser, seulement un désespoir à vif et Harry brisa le baiser, amenant le visage de Draco dans son cou,le serrant fort contre lui en le guidant vers le lit. Ils ne firent pas l'amour,au lieu de ça, ils s'allongèrent ensemble, s'enivrant du contact de leur peau nue. La respiration sifflante de Draco se calma entre les bras de Harry et, entremêlés, ils purent enfin s'endormir, tout deux déterminés à ne pas se lâcher.

oOo

– Hermione ?

Hermione releva brièvement la tête de l'oreiller dans lequel son visage était enfoncé et, constatant qu'il faisait toujours sombre, elle grogna et s'enterra un peu plus dans ses draps.

– Vraiment, Miss Granger, lui parvint une voix irritée. Je préférerais que vous me regardiez avant de m'ignorer.

Hermione ouvrit les yeux dans son coussin et réfléchit. Ce n'était pas Lavande. Lavande n'avait pas une voix si autoritaire, surtout quand il faisait encore nuit. Mais une fois de plus, était–ce même le matin ? Il pouvait très bien être minuit… excepté qu'elle était toujours debout à minuit. Et que Lavande ne l'appelait jamais Miss Granger.

– Miss Granger !

Hermione releva la tête, désorientée pour finalement se retourner et sursauter.

– Il est l'heure de se lever, Miss Granger !

La réalité frappa enfin Hermione et, peu accoutumée à désobéir à un professeur, surtout au professeur McGonagall qu'elle avait toujours trouvé intimidante, elle s'assit, les yeux grands ouverts, devant sa Maîtresse de Métamorphoses.

Minerva leva les yeux au ciel et serra les lèvres, les bras croisés sur sa poitrine. Il n'était pas dans ses habitudes de réveiller les étudiants et encore moins de les conseiller dans leur vie privée. Néanmoins, elle se tenait debout dans une chambre qui puait l'apitoiement, les cheveux gras, le corps négligé et les vêtements sales, et elle aurait souhaité avoir plus longuement réfléchi avant de venir ce matin.

Elle ne pouvait s'empêcher de penser que Hermione était plus qu'une élève. Elle avait les mêmes sentiments à l'égard de Harry et Ron. Ils avaient tant traversé qu'elle était incapable de nommer trois enfants qui étaient aussi braves. Elle les avait regardés affronter un ennemi qui faisait s'écrouler de terreur des sorciers de trois fois leur âge. Ils étaient pour elle plus que des étudiants ; ils le seraient toujours. Et maintenant, Hermione était encore beaucoup plus que ça. Elle avait fait fondre la réserve glaciale de Severus et si ce dernier ne voulait pas revenir à la raison, elle était déterminée à ce que Hermione le fît.

Maintenant tout ce qu'il restait à faire était de réveiller suffisamment Hermione pour qu'elle puisse lui parler.

– Miss Granger, j'apprécierais vraiment que vous me répondiez et me donniez un signe de réveil.

– Professeur McGonagall !

– Bien, je suis heureuse de voir que vos pouvoirs de déduction sont intacts.

Minerva ne se voulait pas désobligeante mais elle doutait hautement que la jeune fille puisse comprendre les jeux d'esprits dans son état actuel. Elle entendit le bruissement de draps et, du coin de l'œil, vit Lavande Brown se redresser dans son lit et gratter sa tignasse brune.

– Bonjour, Professeur McGonagall, grommela Lavande encore à moitié endormie et Minerva lui répondit par un signe de tête.

– Je… je suis désolée, Professeur, bégaya Hermione. Je… Je n'–n'avais pas réalisé que c'était vous.

– Je crois que c'est évident.

Hermione rougit dans l'obscurité et, quand Minerva jeta un charme de Lumos, sa rougeur s'accentua lorsqu'elle vit l'état de la chambre. C'était un vrai capharnaüm.

Minerva parcourut le sol d'un regard critique et fut dégoûtée de voir le chat roux de Hermione manger ce qui ressemblait à des restes de glace dans une boîte vide sur le plancher.

– Heu…

Hermione tenta de sourire tout en essayant de distraire l'attention de son professeur des boîtes de nourriture sur le sol.

– Hum… Professeur, pourquoi êtes–vous là ?

Minerva détourna son regard écœuré de l'amas de saleté et, même si elle essaya d'adoucir son expression, elle était plus dure qu'elle ne le pensait.

– Je vous ai envoyé des messages toute la semaine, Miss Granger,mais il semble que vous ayez cessé d'ouvrir votre courrier. J'ai pensé qu'il serait préférable que je vienne en personne.

– Vous…Vous m'avez envoyé des lettres ?

– Plus une invitation que des lettres, Miss Granger. Je voudrais que vous veniez prendre le petit–déjeuner avec moi ce matin.

– Le petit–déjeuner ? Avec vous, Professeur ?

Minerva lança un regard à la chambre et se demanda ce qui était arrivé à l'esprit brillant de sa meilleure élève.

– Oui, Miss Granger, reprit–elle comme si elle s'adressait à un enfant. Le petit–déjeuner, ce matin, avec moi.

La bouche de Hermione s'ouvrit et se referma sans produire le moindre son, elle secoua donc la tête pour essayer de remettre ses idées au clair.

– Q–quand ?

– Ce matin, Miss vous attends dans mes quartiers dans l'heure, douchée, habillée et coiffée avec soin et, espérons–le, dans un meilleure disposition pour la conversation qu'actuellement.

Hermione ne put que hocher silencieusement la tête, puis elle jeta un regard vers Lavande qui fixait, ahurie, la femme qui se tenait au milieu de leur chambre.

Minerva se prépara à partir quand elle marcha sur une assiette de tourte à moitié finie, qui n'avait pas était resservie depuis au moins le mercredi précédent. Elle reporta son regard sur les deux jeunes filles et secoua la tête, déçue.

– Et pour l'amour du ciel, s'il vous reste un peu de respect pour vous–mêmes, nettoyez–moi cette porcherie.

Et sur ce, elle partit. Lavande et Hermione échangèrent un regard et elles se pincèrent le nez en sentant l'odeur de renfermé de la chambre.

– Je ne pensais pas que c'était si terrible, fit Lavande, essayant de se rendre utile.

Elles observèrent l'état de leur chambre. Tout ça n'allait pas du tout.

oOo

Non était endormi dans le placard ou, en tout cas, aussi endormi qu'il pouvait l'être ces jours–ci. Il n'était pas retourné dans le réduit qu'on lui avait assigné quand il était arrivé au musée. Au lieu de ça, il s'enfermait dans le placard, proche de son Maître et de son geôlier fou. Il ne savait pas pourquoi il tenait à rester aussi proche, il n'y avait rien qu'il puisse faire pour aider Lucius. Il ne pouvait que se contenter de regarder, d'attendre et d'essayer de lui procurer un peu de confort quand le conservateur s'absentait.

Il avait promis de retourner à Poudlard le vendredi, on était maintenant samedi matin et il commençait à redouter la colère de son nouveau Maître. Il ne savait pas comment Severus Snape traitait ses elfes de maison, mais il savait très bien que s'il avait dit à Lucius Malfoy qu'il serait de retour le vendredi et ne s'était pas montré avant le samedi matin,il l'aurait payé cher. Ainsi il savait que cette journée n'allait pas être des meilleures. Il savait qu'il devait aller faire son rapport aujourd'hui.

– Lucius, réveille–toi, mon ange.

Les yeux de Non s'ouvrirent brusquement, il savait que ce jour commencerait comme tous les jours depuis son arrivée. Ça le rendait malade de savoir ce qui allait arriver, ce qui viendrait une fois que le conservateur se serait assuré que son amant était éveillé. Pourquoi s'évertuait–il à réveiller Lucius restait un mystère pour Non. Réveillé ou endormi, son corps avait les mêmes réactions.

Il écouta le conservateur prendre du plaisir et essaya de toutes ses forces de ne pas entendre. Il pouvait partir. Il devait partir. Il devait retourner à Poudlard et prévenir Maître Severus de ce que trafiquait Semeuse. Il le devait, mais il ne pouvait pas, parce que laisser Lucius en cet instant était impensable.

Ça dura des siècles et le conservateur parla à son amant tout le temps, lui soupirant à quel point il devait apprécier ses attentions, lui murmurant combien il était beau, lui ronronnant comme il était bon d'être en lui, et Lucius – s'il daignait parler – ne pouvait être entendu que du conservateur. La voix de Lucius résonant sans nul doute dans sa tête.

Puis retentit le son cinglant d'une gifle et Non sursauta, choqué. La voix de Semeuse s'éleva.

– Bâtard ingrat !

Puis une autre gifle et le bruit de quelque chose qui tombe sur le sol.

– Souviens–toi de notre marché, mon ange, parce que je peux t'assurer que je n'hésiterai pas à prendre ce que je veux si tu ne tiens pas tes engagements.

Non risqua un oeil hors de son placard et vit Lucius sur le sol et son geôlier qui le frappait fort dans le dos puis sur la hanche. Non battit très vite en retrait dans son placard alors que le conservateur tournait les talons, en sortant sa baguette. Il l'agita en l'appelant :

– NON ! s'écria–t–il.

Non apparut devant lui en essayant désespérément de cacher son inquiétude pour le corps pelotonné sur le sol. Il observa Semeuse et remarqua qu'il épargnait son poignet gauche,il y avait là une vilaine zébrure écarlate et, plus haut sur son bras, du sang filtrait à travers les manches de sa chemise de nuit présuma que Lucius avait pu l'atteindre mais il se demandait comment il avait réussi. Ça n'avait certainement pas arrangé sa était maintenant recroquevillé par terre. Mais peut–être préférait–il être sur le sol que sous le conservateur ?

– Je dois préparer la Salle Sais pour le retour de l'exposition ce soir et la nouvelle vitrine pour Lucius arrive ce matin. Je n'ai pas le temps de nettoyer ça.

Il jeta un regard à Lucius allongé mollement sur le sol.

– Ce désordre.

Non hocha vaguement de la tête, il aurait préféré que Lucius bouge pour lui signaler qu'il allait bien.

– Relève–le, lave–le et habille–le, fais en sorte qu'il soit présentable. S'il a un hématome, tu m'en informeras que je puisse appeler quelqu'un pour le réparer.

– Oui, Maître Semeuse.

– Ne le laisse pas aller dehors. Il n'a droit à aucun privilège aujourd'hui.

– Oui, Maître Semeuse.

Semeuse s'agenouilla à côté de Lucius et prit son visage dans sa main.

– Je ne tolérerai pas cette attitude, devrais t'estimer heureux d'être là et pas en train de pourrir dans les cachots d'Azkaban. Je te donne tout ce que tu peux désirer et tu me remercie en...

Lucius avait apparemment répondu parce que le conservateur s'était arrêté au milieu de sa phrase pour le gifler à en regardant Semeuse le rejeter au sol.

Non ne put s'empêcher d'être l'avait observé en présence de Lucius et il était si convaincu de sa dévotion qu'il n'avait jamais envisagé auparavant qu'il puisse se mettre dans une telle rage et blesser l'homme qu'il surnommait son ange. Mais ce n'était apparemment pas le cas et Non, qui pensait déjà que Semeuse était cinglé, se rendit soudainement compte que l'homme était aussi dangereux.

Semeuse se frotta le poignet avant de lancer un regard noir au sang qui humidifiait sa jeta un sourire moqueur à Non et prit la porte en direction de son dressing. Non savait qu'il ne reviendrait pas dans la chambre avant de s'être occupé de son travail. Le conservateur n'utilisait pas la petite salle de bain rattachée à la chambre. Il y en avait une autre dans le dressing et, de là, il partait au musée faire son travail. Il était possible qu'il revienne durant la journée, mais Non supposa qu'il était assez en colère pour rester éloigné.

Mais encore une fois, rien n'était pouvait, tout au contraire, se retrouver rongé de remords et revenir quand même.

Brusquement, Non ressentit un énervement irrationnel, quelque chose qui jurait avec sa qualité d'elfe de maison. Le conservateur n'étant plus là pour l'épier, il plaça ses mains sur ses hanches et secoua la tête. Mais comment Lucius s'était–il retrouvé au milieu de tout ce fatras ? Comment une si noble maison était–elle tombée si bas ? Non avait servi la maison des Malfoy pendant plus de quatre–vingt ans et il pouvait presque entendre les ancêtres Malfoy se retourner dans leurs tombes devant cette humiliation.

Il s'avança vers Lucius et, avec un peu d'effort, retourna le corps peu disposé sur le dos. Lucius n'avait pas l'air bien. Non ne pensait pas qu'il était possible d'avoir l'air si pâle et de ne pas être mort. Ses yeux étaient rougis et pourtant, en dessous, on devinait un creux bleuâtre. Les cheveux coupés la semaine précédente avaient déjà repoussés et affleuraient son menton. Malgré la belle couleur de sa chevelure, elle paraissait manquer de lustre, elle était fragile et morne.

– Je dois vous relever, Maître Lucius.

– Laisse–moi là, je pourrais avoir de la chance et mourir.

Non secoua de nouveau la tête et fut choqué de trouver l'idée tentante.

– Vous n'allez pas mourir, Maître Lucius.

– Dommage.

Non claqua des doigts et Lucius se releva du sol, les orteils flottant à quelques millimètres au dessus du tapis. Non savait très bien qu'il n'aimait pas cette sensation mais il n'avait aucun autre moyen de le soulever, il décida donc qu'il opérerait de cette manière. Il devait le manœuvrer jusqu'à la baignoire pour le laver de toute la crasse du guida le corps vers la salle de bain pendant que Lucius émettait des grommellements clairement audibles et pas seulement dans la tête de Non. Il s'arrêta en soupirant.

– Qu'y a–t–il, Maître Lucius ?

La voix de Non était tendue – il le perçut tandis qu'il parlait – et il dut s'empêcher de se frapper sur la tête, Lucius ne sembla rien remarquer.

– Je ne veux pas de bain ; laisse–moi dormir un peu. Je prendrais un bain plus tard.

– Vous ne sentez pas bon, Maître Lucius et le conservateur a explicitement demandé que vous soyez lavé.

– Pourquoi ? Pour qu'il puisse avoir un cul propre à enfiler ?

Non tapa du pied impatiemment.

– Je dois faire ce qu'il dit, Maître Lucius, sinon il me punira et, comme il n'est pas mon vrai Maître, je ne vois pas pourquoi je devrais être puni juste parce que vous ne voulez pas vous baignez !

– Ne me parle pas sur ce ton là, elfe !

– Vous n'êtes plus mon Maître non plus ! Mon Maître est à Poudlard, il attendait mon retour vendredi. Je suis resté parce que vous ne vouliez pas que je parte, mais je lui ai désobéi assez longtemps.

Lucius se tut et Non ferma les yeux. Il n'avait jamais parlé de la sorte à qui que ce soit et certainement pas à Lucius resta là, à contempler le corps suspendu dans les airs, silencieux et immobile.

– Non est désolé, Maître Lucius, Non n'aurait jamais dû parler à son Maître de cette façon.

Toujours aucun son. Lucius restait planté là, silencieusement.

– Non va laisser Maître Lucius dormir.

– Non, je vais prendre un bain.

Non se mordit les lèvres. Lucius paraissait vraiment défait comme s'il savait qu'il ne pouvait rien y faire, que lui, Lucius Malfoy était complètement dépendant du bon vouloir de celui qui acceptait de s'occuper de lui à la merci de celui qui ne voulait pas. Il ne reparla pas, mais il se laissa laver sans esclandre. Il fut gentiment séché, ses cheveux bien peignés et habillé de vêtements propres. Non lui fit la conversation tout le temps, essayant d'obtenir une forme de réponse mais rien ne vint. C'était comme si le mur qui avait coupé Lucius du reste du monde était revenu.

Son visage avait commencé à marquer, révélant combien le conservateur avait dû frapper fort. Lucius restait silencieux sur le lit et Non observa ses yeux devenir lourds tandis qu'il luttait contre le sommeil. Il n'avait pas l'air bien et l'ecchymose qui commençait à ressortir allait jurer sur sa peau de craie. Non s'assit à ses côtés pour caresser ses cheveux soyeux. Il retournerait à Poudlard quand Lucius serait endormi et il ferait vite, parce qu'il était déterminé à revenir avant qu'il ne se réveille.

A suivre…

Voilà, merci d'avoir lu jusque-là. J'attends vos commentaires.

Bisous.

Falyla