Mot de l'auteur : Yay, je ne suis pas morte, je suis de retour, et pour vous jouer un mauvais tour. Okai je sors. Plus sérieusement, désolée pour cette longue absence, j'ai vu mourir mon netbook et tout ce que j'avais put écrire, j'ai perdu la motivation de tout recommencer, ensuite j'ai déménagé, et je cherchais un job, etc etc, bref la vie. Mais voilà, la pulsion de continuer cette fanfic est revenue, donc voilà le chapitre 4 et je cours commencer le cinquième. J'espère que certains d'entre vous sont encore là, et que la suite vous plaira. S'il y a des nouveaux lecteurs, bienvenue à tous et n'hésitez pas à laisser une petite review pour me donner votre avis !

Réponses aux reviews :

Nemo : Je suis désoléééééée d'avoir mis tant de temps mais voilà la suite, et j'espère qu'elle te plaira ! Merci beaucoup pour ta review, elle me touche tellement. Merci merci !

Guest : Voilà là suite ! Et merci !

CFLM Angel : La réponse arrive !

MON SIRIUS : Voilà la suite, je te mp sur FB de toutes façons, j'espère que ça te plaira ! Je t'aime sisi.

Lilisa : Voilà la suite, j'espère que tu es au rendez-vous !


C'était une étrange sensation que de se faire fouiller l'esprit par un chapeau enchanté. Céleste pouvait presque le sentir ouvrir chaque petit tiroir de sa tête, examiner les moindres recoins, afin de savoir quand quelle maison l'envoyer. Brièvement, la jeune fille se remémora son entrée à Beauxbâtons. L'ambiance de Poudlard était tellement différente de celle de l'académie de magie française, et malgré la réaction qu'avait provoqué l'énonciation de son nom de famille, elle se sentait déjà chez elle.

Ses yeux argentés auparavant perdus dans le vide se posèrent sur son amie Wendy qui arborait le blason de Serdaigle et qui croisait les doigts. Elle savait que la jeune muette souhaitait la voir acceptée dans sa maison, et elle ne voulait pas lui faire de peine en étant répartie autre part. Alors puisqu'elle savait par son père que le Choixpeau tenait compte des envies et des choix des élèves, Céleste lui adressa une petite prière muette. « Serdaigle, s'il vous plait. Je veux aller à Serdaigle. Pitié. Ser… »

- …PENTARD.

Pardon ? Il avait bien dit Serpentard ? Les yeux écarquillés d'horreur, Céleste n'entendit même pas le Choixpeau souffler dans son esprit : « Tel est ton destin. » tant elle était occupée à lire la déception dans le regard de Wendy qui s'embuait de larmes. Dans la salle, le silence qui avait suivit l'annonce de la maison de Céleste n'était troublé que par les applaudissements de quelques Serpentards : ceux qui ne savaient pas que son père s'était fait renié, qu'elle était de sang-mêlé, et qui la pensaient de sang-pur comme toute bonne Serpentarde qui se respecte. A cette même table de vert et d'argent, les membres de la famille Black étaient partagés entre un « On va se coltiner une traître. » et un « Elle est peut-être récupérable. » Tandis qu'à la table des rouge et or, les Maraudeurs tapotaient l'épaule de Sirius qui avait lâché un petit « Tous les mêmes, tous des serpents. » alors que James se disait de plus en plus qu'il avait gagné cinq gallions.

- Miss Black ?

La voix de Dumbledore ramena Céleste à la réalité : il lui avait ôté le Choixpeau et l'invitait à se lever pour rejoindre la table de sa maison. La jeune fille lui lança un regard de désespoir qui hurlait : « Non, je ne veux pas ! Il y a erreur ! » mais le directeur se contenta de lui adresser un petit sourire désolé en lui désignant la table tout à gauche.

Elle n'avait donc pas le choix. En se levant et se dirigeant vers la table des Serpentards, Céleste se retint de fondre en larme devant près de trois cent élèves : elle se sentait tout à coup ridicule dans ses habits moldus, ne supportait pas les regards de dégoût qu'on lui lançait. Et Wendy qui pleurait silencieusement, la tête baissée. Et son père, sa mère, ils allaient être tellement déçus. Mais pas autant que Céleste se décevait elle-même. Saloperie de chapeau en carton. Elle l'avait supplié d'aller à Serdaigle, n'avait-elle pas prié assez fort ? Il l'envoyait à sa perte en l'assignant à cette maison.

Une fois que Céleste se fut assise sur le banc de sa table, restant tout au bout vers celle des professeurs, Dumbledore souhaita à tout le monde un bon appétit et les plats firent leur apparition sur les tables. A chaque repas, même pour les habitués, c'était tout un émerveillement de voir cette nourriture sortie de nulle part. Mais Céleste était tellement mortifiée qu'elle ne le remarqua même pas.

Les élèves commencèrent à se servir, les conversations reprirent, et il en fut de même à la table des enseignants. La jeune fille entendit plusieurs fois son nom au milieu du brouhaha, mais elle n'en avait que faire, et elle restait à fixer son assiette qu'elle refusait de remplir : son estomac était si noué qu'il ne lui aurait pas permis d'avaler un seul gramme de nourriture.

De l'autre côté de la table, Bellatrix et Regulus s'amusaient à dire à quiconque voulait l'entendre que Céleste n'était qu'une bâtarde impure. Narcissa, tout comme sur le quai de King's Cross, discutait de son manque de classe avec ses amies. Mais Andromeda se leva en emportant son assiette, bien décidé à aller voir celle qui était sa cousine, et surtout, la fille du bon Alphard.

- Où tu vas comme ça Andro ? lança immédiatement Bellatrix d'un air suspicieux.

- Je vais voir si, par miracle, Céleste est une véritable Black contrairement à son père, lâcha Andromeda dans un mensonge éhonté, mais que sa cousine accueillit avec un sourire malveillant et joyeux.

- Va en éclaireur oui, et ce soir tu nous raconteras tout.

La jeune fille pressa donc le pas vers le bout de la table où s'était isolée Céleste, et pris place à sa gauche, la faisant ainsi sursauter.

- Ah, désolée de t'avoir fait peur. Je voulais me présenter, je suis Andromeda Black, nous sommes cousines.

Céleste dévisagea de façon assez malpolie Andromeda, trop méfiante, alors que cette dernière remplissait son assiette de purée de patate douce.

- Je comprends ta méfiance, repris Andromeda en chuchotant pour être sûre que personne d'autre que sa cousine ne l'entende, mais tu n'as pas à avoir peur de moi. Nous ne sommes pas tous des monstres chez les Black. J'aimais beaucoup mon oncle, enfin ton père, tout comme lui le Choixpeau voulait m'envoyer à Serdaigle mais je l'ai supplié de m'envoyer ici.

Les yeux gris de Céleste sondèrent le regard chocolat de sa cousine et elle ne put y lire que de la sincérité, ce qui la rassura un peu, mais elle murmura quand même d'une façon renfrognée :

- Et moi j'ai supplié ce vieux débris de m'envoyer à Serdaigle, et voilà où je me retrouve.

- Je suis vraiment désolée pour toi… Mais je suis venue te dire deux-trois choses, histoire que tu ne te fasses pas dévorer dès le premier soir. Cependant, j'aimerais bien que tu manges un peu, sinon tu auras faim au beau milieu de la nuit.

Céleste consentit donc à piocher un peu dans sa purée alors qu'Andromeda reprenait :

- Méfies-toi vraiment de ta cousine Bellatrix et de ton cousin Regulus, ce sont les pires de la maison, et ils n'ont aucun scrupule, ils n'hésiteront pas à te faire les pires coups. Pour Narcissa, ma sœur, elle n'est pas si méchante que ça au fond, mais on lui a enfoncé depuis toujours des principes de merde dans la cervelle, alors elle y croit dur comme fer. Quant à Sirius… Sirius est à Gryffondor.

- Mh ? C'est lequel ? s'enquit Céleste en tournant la tête vers la bonne table.

- Celui là, avec les cheveux un peu longs, à côté de celui avec les lunettes, montra Andromeda à une Céleste qui manqua de s'étouffer avec sa purée.

- Sérieusement ? C'est mon cousin lui aussi ?

- Bien sûr, c'est le frère de Regulus d'ailleurs. Pourquoi, tu le connais ? demanda la jeune fille avec curiosité en sachant qu'Alphard soutenait Sirius depuis l'épisode de Noël.

- Pas vraiment, mais je l'ai croisé dans le train, il a essayé de me draguer, ne connaissant pas mon nom.

A cette annonce démontrant bien que Sirius sautait sur tout ce qui bouge, les deux cousines pouffèrent discrètement de rire, et alors que les plats laissèrent la place aux desserts, Céleste remercia sa camarade.

- Je me sens un peu plus légère grâce à toi. Merci beaucoup.

- C'est normal, par contre… Tu comprendras que je ne peux pas me mettre dans des situations délicates vu ma position et…

- Je comprends, la coupa Céleste, tu agiras comme les « autres » avec moi.

- En public seulement, précisa Andromeda d'un air vraiment coupable. Je n'ai pas encore le courage de Sirius ni même celui de ton père, pour oser m'imposer face aux Black. Un jour, mais pas tout de suite. J'ai trop en jeu… acheva-t-elle en lançant un regard à son petit ami Ted à la table des noir et jaune, ce qui tira un sourire attendri à sa cousine.

- Ne t'en fais pas pour moi, ne change rien à tes habitudes.

La fin du repas arriva rapidement pour les deux cousines, et Andromeda partit rejoindre le reste des Black alors que les élèves se levaient peu à peu pour aller dans leurs dortoirs. Du coin de l'œil, Céleste aperçu la chevelure de Wendy passer la grande porte et elle se précipita hors de son banc pour la rattraper, courant comme une dératée à travers la Grande Salle sous les regards amusés et moqueurs des autres élèves.

- Wendy ! WENDY ! Attends !

L'intéressée fit volte-face alors qu'elle s'apprêtait à monter les escaliers en marbre et se figea en voyant Céleste arriver vers elle en courant, manquant de tomber en freinant une fois arrivée à sa hauteur. Essoufflée, Céleste ne manqua pas les larmes dans les yeux de son amie et elle se retint de pleurer à son tour.

- Je suis désolée Wendy ! J'ai demandé au Choixpeau d'être envoyée à Serdaigle. Je voulais venir avec toi, je te le jure ! Je l'ai supplié mais il ne m'as pas écoutée, je suis désolée Wendy, pardonne-moi !

Wendy renifla et sortit un papier froissé de sa poche, celui qu'elle avait précédemment tendu à Céleste dans le train, celui avec l'inscription « Amies ? » et en le voyant Céleste ne put retenir ses larmes plus longtemps alors qu'elle lui sautait au coup en s'excusant de plus belle.

- Oh pardon, pardon ! Mais ça ne changera rien à ce qu'on avait dit, je te le promets ! On ira faire nos devoirs ensemble à la bibliothèque, et je viendrais manger avec toi si c'est possible !

Wendy acquiesça vivement en serrant Céleste contre elle avec force. Elle se sentait terriblement soulagée que rien n'ait changé pour sa première amie depuis toujours, et même si la blonde allait porter le blason de Serpentard à l'endroit de son cœur, ce dernier resterait purement Céleste. Les deux amies restèrent quelques minutes ainsi, à se serrer l'une l'autre, oubliant les élèves qui passaient autour d'elles en murmurant. Elle finirent par se séparer en souriant, chacune essuyant les larmes sur les joues de l'autre

- On se retrouve ici demain matin, avant le petit déjeuner ? demanda Céleste pleine d'espoir.

Bien évidemment, Wendy hocha la tête avec entrain et déposa un baiser sur sa joue avant de lui mimer lentement un « Bonne nuit » pour que Céleste le comprenne. Et elle le comprit, puisque Wendy le lui avait déjà enseigné dans le train, et la nouvelle serpentarde reproduit le signe pour lui souhaiter bonne nuit en retour. La serdaigloise reprit son chemin vers la tour de son dortoir alors que Céleste était en train de se rendre compte, qu'elle ne savait pas du tout où se trouvait sa salle commune. Enfin, elle savait que c'était vers les cachots, mais où exactement ? Et il y avait un mot de passe ?

Perdue dans ses réflexions, la jolie blonde ne fit pas attention au groupe de garçons qui venait vers les escaliers et l'un deux lui donna un coup d'épaule.

- Hé ! Regarde où tu marches ! s'indigna Céleste en se frottant l'épaule avant de lever le regard vers le coupable et fronça les sourcils.

- T'as qu'a pas rester dans le passage, Black, lança le coupable qui n'était autre que son aimable cousin Sirius, suivit de près pas le bigleux et les deux autres valets.

- Désolée d'être sur le chemin de Monseigneur Black, railla la jeune fille en mimant une grotesque révérence.

- On peut savoir d'où tu sors d'ailleurs ? Personne n'as jamais entendu parler de toi, s'enquit le brun en retroussant les narines comme s'il reniflait quelque chose de mauvais, alors que celui avec les lunettes pouffait de rire et que les deux autres restaient en retrait, visiblement ennuyés.

- Mon père est Alphard Black, si tu veux tout savoir !

Sirius sembla s'étouffer, et tout à coup le bigleux et les deux autres garçons semblèrent très intéressés par la situation, après ce que leur ami leur avait raconté de l'épisode de noël. Mais le Black de la bande repris vite du poil de la bête et lui lança sans vergogne :

- Si t'étais vraiment la fille de ton père tu ne serais pas à Serpentard ! Tu ne vaux pas mieux que les aut… Aïe ! Mais t'es malade !

Au bord des larmes, Céleste n'avait pas supporté que Sirius lui rappelle à quel point son père serait déçu, et elle lui avait asséné un violent coup de poing. Elle s'était d'ailleurs fait très mal, mais elle s'en foutait, la douleur lui faisait du bien.

- Ne prétend pas encore une fois me connaître, Black ! Tu es peut-être à Gryffondor mais tu as autant de préjugés de merde que ces gens que tu détestes !

Sur ces mots, la jeune fille tourna les talons et s'enfuit presque vers les cachots, -où pouvait-elle aller d'autres de toutes façons ?- laissant les Maraudeurs au pied de l'escalier géant, Sirius se frottant la mâchoire avec colère.

- Tu y es peut-être allé un peu fort, Patmol, lança Remus en reprenant le chemin de leur salle commune, suivit des trois autres.

- Mmph, se contenta de grogner le concerné, n'ayant pas envie de s'étaler sur le sujet plus longtemps.

- N'oublie pas que tu me dois cinq gallions, rappela James d'un air victorieux, à moins que tu ne veuilles baiser ta cousine. Elle est mignonne mais quand même.

Les Maraudeurs rirent tous ensemble, même Sirius qui devait reconnaître le ridicule de la situation, et frappa gentiment son meilleur ami dans le dos.

De son côté, Céleste s'était perdu dans le labyrinthe des cachots et désespérait de trouver sa salle commune. Il faisait froid, c'était humide et sombre. Elle détestait déjà cet endroit et continuer de pester contre ce « putain de Black ». Alors qu'elle repassait pour la troisième fois devant la même statue en armure, elle manqua de se cogner contre quelqu'un.

- Que faites-vous dans les couloirs à cette heure-ci, Miss Black ? Être nouvelle ne vous donne pas le droit d'enfreindre le règlement.

A la lueur des torches, un brillant insigne de préfet-en-chef luisait sur l'uniforme du jeune homme qu'elle avait faillit bousculer. Il était grand, très grand, surtout comparé à la petite Céleste, et de longs cheveux blond clair lui tombaient sur les épaules.

- Je suis désolée, je ne sais pas où est la salle commune, et je ne sais pas si il y a un mot de passe ou…

- Suivez-moi, la coupa-t-il sans plus de cérémonie avant de faire demi-tour.

Se disant qu'il ne fallait pas faire de vague son première soir, la jeune fille se contenta de suivre le préfet-en-chef de sa maison sans un mot. Au bout de quelques minutes, ils arrivèrent devant un mur totalement banal, qui ressemblait à tous les autres murs des cachots.

- Rappelez-vous qu'il suffit de tourner à droite après la torche qui ne s'allume jamais. Le mot de passe est « semper pura ».

Quand la voix, plutôt snob au goût de Céleste, eut prononcé ces derniers mots, le mur coulissa lentement pour s'ouvrir sur la salle commune. C'était une longue pièce souterraine au murs de pierres semblables à ceux des cachots dans lesquels elle s'était perdue, et heureusement un feu brûlait dans la cheminée du fond, réchauffant un tant soit peu la pièce éclairée par des lustres ronds et verdâtres : plus glauque tu meurs. Céleste fit la grimace en voyant les quelques élèves présents dans la pièce l'observer silencieusement, visiblement la nouvelle sur son sang avait rapidement fait le tour des vert et argent. Quoi que d'un côté, ce n'était pas plus mal : ça lui évitait mille questions.

- Lucius ! cria soudain une voix aigue suivit d'une tornade blonde passait à côté de Céleste pour s'accrocher au préfet-en-chef. Qu'est ce que tu fais avec cette traître à son sang ?

- Narcissa, répondit le dénommé Lucius sans enthousiasme particulier. Je fais seulement mon devoir, je suis préfet-en-chef ne l'oublie pas. Et je ne veux pas que nous perdions des points parce qu'une impure traîne dans les couloirs le soir.

Céleste se renfrogna et se retint de balancer un « Je suis encore là vous savez ! » avant de s'avancer vers une porte où s'était engouffré une fille, espérant que c'était son dortoir. Heureusement, elle ne s'était pas trompée, et le dortoir des filles, bien que bondé, fut plongé dans le silence à l'entrée de Céleste qui retint de lever les yeux au plafond d'exaspération. Repérant sa valise posé sur un lit à baldaquin dans le fond du dortoir, sous une fenêtre, elle se dirigea vers celui-ci d'un pas raide.
Dire que quelques heures avant, elle se sentait chez elle à Poudlard, maintenant elle n'avait plus qu'une envie : s'enfuir en courant. Mais le regard en coin discret d'Andromeda qui était avec un autre groupe de filles lui fit chaud au cœur et elle reprit courage. On avait posé sur sa valise son uniforme, jupe, chemisier, gilet, cape, cravate, chaussettes, chaussures, et même l'écharpe et les gants. Le tout aux couleurs de sa maison, et elle se retint de grimacer en disposant le tout sur le coffre au pied de son lit pour le lendemain matin.

Tirant les rideaux émeraudes de son lit, elle entreprit de se mettre en pyjama, une simple chemise de nuit blanche, qu'elle trouvait ce soir trop courte et dont le manque de manche la faisait frissonner. Enfilant alors sa robe de chambre en polaire bleu que lui avait offert son père, elle embarqua un livre au hasard parmi les dizaines d'ouvrages qu'elle avait coincé dans sa valise et décida de s'installer dans la salle commune, en face de la cheminée. Elle avait vraiment trop froid ici, et entendre toutes ses filles chuchoter ça lui hérissait le poil.

Ignorant tous les regards qu'on pouvait lui lancer, elle ressortit du dortoir. Il n'y avait presque plus personne dans la salle commune, excepté Lucius et Narcissa, des premières années à une table faisant les devoirs qu'ils auraient dût faire pendant les vacances, et deux trois autres élèves éparpillés sur des fauteuils. La jeune fille s'installa sur le tapis en face de la cheminée, le dos contre un canapé, et ouvrit son livre à la première page. C'était l'un des livres que sa mère lui avait conseillé autrefois et qu'elle avait lu et relu jusqu'à ce que les bords des pages s'usent : Huit Clos, une pièce de Jean-Paul Sartre. Rendue joyeuse de ne pas avoir oublié ce livre à la maison, Céleste se plongea dedans, bercée par le crépitement du feu.

- Dis… C'est quoi le troisième ingrédient pour la potion d'amnésie ? J'ai noté les baies de gui, les brins de valériane, mais j'ai pas l'autre…

- Je ne sais pas… On va se faire tuer demain en potion, on avait toutes les vacances pour le faire…

Céleste leva les yeux de son livre en direction des deux premières années qui bûchaient leur devoir de potion et esquissa un sourire quelque peu attendri. Serpentards ou pas, ce n'étaient que des gosses devant un problème.

- En plus je suis sûr que ça sera à l'examen de fin d'année…

- Oui, Slughorn nous l'avait dit…

La jeune fille leva les yeux au plafond, plutôt amusée, et referma son livre pour venir près de la table des deux jeunes gens.

- C'est de l'eau du fleuve Léthé, lança t'elle avec un sourire.

- Hein ?

Surpris de son intervention, les premières années levèrent les yeux vers elle. Le premier était brun, plutôt potelé, et le second était trop grand pour son âge avec des cheveux bouclés. Céleste sourit et se pencha vers la table en pointant leurs parchemins :

- Le troisième ingrédient pour la potion d'amnésie, c'est de l'eau du fleuve Léthé, c'est ce qui favorise l'oubli.

- Ah… Tu es sûr ? demanda le brun, suspicieux.

- Bien entendu ! Je suis en sixième année quand même ! Et j'avais les meilleures notes en potions à Beauxbâtons !

- Ouah, tu dois être sacrément forte alors ! Nous on est nuls en potions, se renfrogna le bouclé, tu crois que tu pourrais nous aider de temps en temps ?

- Hé ! protesta son camarade en lui donnant un coup de coude avant de lui chuchoter de façon pas très discrète et maladroite : tu sais qui c'est ! On va avoir des problèmes avec les autres si on traîne avec elle !

La blondinette fronça les sourcils en voyant la réaction du première année. Non pas qu'elle soit vexée, mais elle avait vu la peur au fond de son regard, cette peur qui se reflétait sur ses mains tremblantes, et qu'il était en train de communiquer à son ami bouclé. Alors Céleste prit les devants et se pencha vers eux avec un sourire :

- Si vous voulez, je peux vous aider en cachette, moi ça ne me dérange pas !

Les deux garçons se regardèrent, hésitants, et finirent par accepter avec un grand sourire.

- D'accord, moi c'est Martin Adams, répondit le bouclé, et lui c'est Maxence Fleming.

- Niquel les garçons, n'hésitez pas à m'envoyer un petit mot quand vous aurez besoin d'aide, dit Céleste avec un clin d'œil pour clore la conversation avant de retourner vers la cheminée en entendant Martin lancer un « elle est cool pour une traître ! » et ne put s'empêcher de sourire d'un air amusé.

- Black, viens ici.

Elle n'avait pas eut le temps d'arriver à la cheminée, que Céleste se faisait appeler par Lucius, que Narcissa venait de quitter d'un air boudeur. L'avait-il congédiée ? La jeune fille fit donc volte-face pour aller à sa rencontre, se disant encore une fois qu'un maximum de coopération serait dans son intérêt.

- Oui ?

Lucius ne reprit pas la parole tout de suite, se contentant de jeter un regard à sa tenue de nuit, et Céleste referma prestement sa robe de chambre à l'aide de sa ceinture. Avec un rictus moqueur et dégoûté à la fois, Lucius se leva de son fauteuil et sortit de son sac un bout de papier qu'il tendit à Céleste.

- Voici ton emploi du temps.

- Ah. Merci, répondit-elle en remarquant enfin qu'il ne la vouvoyait plus. J'ai droit au « tu » maintenant ? railla-t-elle, incapable de retenir plus longtemps le côté farceur et impulsif de sa personnalité.

Le préfet-en-chef se contenta d'hausser un sourcil avant de faire demi-tour et de descendre dans son dortoir sous l'œil plutôt amusé de la jeune Black. Maintenant, elle pouvait retourner lire tranquillement, ce qu'elle s'empressa de faire, jetant rapidement un coup d'œil à son emploi du temps. Demain matin, c'était DCFM avec les Gryffondor, puis Sortilèges avec Serdaigle. Enfin, elle allait pouvoir passer un peu de temps avec Wendy, et si pour cela elle devait supporter un cours avec tous ses cousins et ses cousines auparavant, elle était prête à tenir le coup.

La salle commune se vida au bout d'une trentaine de minutes. Il ne restait plus que Céleste face au feu, qui commençait à piquer du nez sur son livre. Demain promettait d'être une longue journée. Elle espérait avoir le temps d'envoyer un hibou à ses parents après le repas du soir, pour tout leur raconter, mais pour l'instant, elle s'endormit sur le tapis sans même s'en rendre compte.