Titre : Objects of Desire
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Auteure : Azrael Geffen
Traductrice : falyla
Correcteurs : falyla/Florent
Paring : Harry Potter/Draco Malfoy Hermione Granger/Severus Snape
Rating : M/NC-17
Etat de fic originel : terminée (20 chapitres divisés en 59 parties)
Etat de la traduction : terminée
Disclaimer: Les personnages appartiennent à l'univers de JK Rowling, l'intrigue est à Azrael Geffen, avec son aimable autorisation.
Warning : slash, scènes de sexe très graphiques, torture, viol, meurtre, tentative de suicide, drogue, abus d'alcool, langage cru.
Site : à cause des thèmes abordés, je ne sais pas si cette fic sera autorisée à rester sur FFnet, je la publie donc en parallèle sur AO3 sous le même pseudo.
Mise en ligne : sauf contretemps inattendu, le lundi, le mercredi et le vendredi.
Résumé : Après la fin de la guerre, Harry, Ron et Hermione décident de revenir à Poudlard pour obtenir leurs ASPICs. Avant la rentrée, lors d'une soirée très avinée, ils établissent et signent un pacte magique où ils s'engagent à perdre leur virginité pendant cette 8ème année.
Note de la traductrice : Merci beaucoup pour vos commentaires, j'apprécie vraiment.
Bonne lecture.
Chapitre 18 (6ème partie)
Draco claqua la porte de la chambre à coucher avec une telle force que de nombreux livres tombèrent de leur étagère et Miss Kitty sursauta avec un hurlement.
– Il y a quelque chose qui ne va pas chez moi, déclara–t–il au chaton. Bordel, j'ai la tête qui déconne !
Miss Kitty inclina sa propre tête, miaula, s'étira paresseusement puis bâilla avant de s'avancer à pas feutrés pour se frotter contre sa jambe. Draco se baissa et la souleva pour la regarder dans les yeux.
– Pourquoi j'arrive pas à oublier ce fils de pute ?
Miss Kitty donna un petit coup à son visage et il la déposa sur la couette. Puis il s'accroupit et sortit une bouteille de sous son lit. Il n'avait jamais été un fan de whisky Purfeu jusqu'à ce qu'il découvre qu'on pouvait s'en faire livrer. Un hibou d'aspect musculeux arrivait la plupart du temps le matin avec son ravitaillement quotidien et il le considérait maintenant comme un ami proche.
Non pas qu'il ait de problème particulier à sortir s'acheter de l'alcool en personne mais il devait étudier et Miss Kitty était bien trop jeune pour qu'on la laisse seule le soir.
Il pêcha un verre dans sa table de chevet et se versa une dose généreuse. Il refusait de boire directement au goulot parce sinon il devrait admettre son alcoolisme et il n'en était pas à ce point–là.
Putain de Harry. Ce salaud avait cette manière de le regarder, avec une telle expression de pitié, Draco n'avait qu'une envie, se jeter à ses pieds et implorer son pardon. Ce qui était pathétique à l'extrême et ne marcherait pas de toute façon – ce qui était tout à fait injuste !
Alors il ne pouvait que prétendre l'oublier et il ne comprenait pas pourquoi. Pourquoi était–il incapable de passer à autre chose ? Ce qu'il devait faire maintenant, c'était sortir et se taper quelqu'un. Une jolie femme avec des hanches douces et de gros nichons. Sans les angles durs de Harry. Une femme douce et pulpeuse !
Peut–être devait–il demander à Lavande, elle était toujours d'attaque pour s'amuser. Ou peut–être Ginny Weasley. Elle le ferait pour revenir vers Harry. Ils pourraient baiser et revenir tous les deux vers Harry en même temps.
Il souleva son whisky et descendit une lampée encore plus grosse. Puis il prit la bouteille au lit avec lui.
Il aurait dû étudier. Les examens n'étaient qu'une question de semaines et il devait étudier. Mais il avait étudié. Il avait étudié toutes les nuits. Et si étudier avait compté pour quelque chose dans la balance, il était sur le chemin de devenir le plus grand sorcier de tous les temps. Mais étudier n'allait pas ramener Harry… pas plus que boire comme un trou.
– Ma vie, elle craint.
C'était une chose qu'il disait énormément ces derniers temps.
Il y avait peu, il avait eu une idée elle semblait lui être venue des mois auparavant et ça pouvait tout à fait être le cas. Donner à Harry la Pensine qu'il voulait. Lui donner la Pensine et espérer qu'il comprendrait. Par dessus tout, il voulait que Harry comprenne qu'il n'était pas un salaud insensible qui ignorait la douleur et la souffrance. Ou alors, il pouvait oublier la Pensine et sortir tirer un coup avec une femme à gros nénés.
La partie logique de son cerveau gagna à cet instant. Donner la Pensine à Harry et ne rien en attendre, excepté l'espoir aveugle qu'il comprendrait. Il pouvait facilement trouver un bol. Pré–au–Lard vendait tout ce qu'un sorcier pouvait exiger. Il en trouverait une là–bas, ferait tout ce qu'il faudrait pour mettre ses souvenirs dans le bol et le donnerait à Harry. Il pouvait le déposer dans sa chambre et laissa sa curiosité naturelle faire le reste.
– Qu'est–ce que tu penses de ça ?
Draco présumait simplement que Miss Kitty pouvait entendre ses pensées. Quelle sorte d'animal de compagnie serait–elle si elle ne le pouvait pas ? Elle bâilla et s'installa sur ses genoux.
Il pouvait donner la Pensine à Harry juste parce que Harry en voulait une. Ça pouvait être un cadeau de séparation. Ils allaient bientôt quitter l'école et Draco ne le reverrait plus jamais. Ce serait comme un adieu final.
Ou peut–être, s'il avait beaucoup de chance, Harry lui pardonnerait peut–être.
oOo
C'était une chose de se faire dire d'aller au lit, c'en était une autre que d'être capable de s'endormir. Hermione ouvrit son sac pour découvrir que Lavande avait fait bien plus que de remplacer ses confortables sous–vêtements. Son pyjama avait disparu. À sa place, elle trouva un négligé rouge profond au décolleté plongeant qui semblait faire ressortir et déborder ses seins récemment plus larges. Elle se sentait comme une de ces prostituées qui allaient et venaient chez Madame Louisa à Pré–au–Lard.
C'était chercher loin dans la logique. Bien que le négligé fût en pure soie et vraiment très beau, Hermione préférait vraiment son vieux et confortable pyjama chaud – et le négligé était totalement inapproprié pour cette visite à Londres. Ce n'était pas un voyage d'agrément, ils étaient là pour s'occuper de sa grossesse.
Elle avait peur du lendemain. Aller à Ste–Mangouste confirmerait que le bébé faisait partie de son avenir. Bien sûr, elle savait qu'il était là mais ça ne semblait pas encore officiel – et tant que ce n'était pas officiel, elle pouvait faire semblant de l'ignorer. Non pas que ses nausées, ses seins douloureux et sa constante fatigue soient quelque chose de facile à ignorer mais c'était plus facile à ignorer que d'admettre que sa vie allait changer à jamais.
Et maintenant, elle se retrouvait étendue dans son lit de Grimmauld Place, vêtue d'un négligé sexy, l'homme qu'elle désirait à l'étage en dessous et un bébé dans le ventre – et elle s'attendait à être capable dormir. Elle était fatiguée mais elle ne pouvait fermer les yeux sans sentir une peur intense pour le bébé et son avenir incertain. Elle ne pouvait se retourner sans penser à Severus, sans vouloir descendre le rejoindre.
Elle essaya de compter les moutons. Généralement, ça fonctionnait, elle n'atteignait jamais le nombre de cent mais ce soir, elle alla au–delà de deux cents. Avec un grognement de frustration, elle les envoya balader parce que ça ne faisait aucune différence. Elle se roula en boule sur le côté et fixa l'obscurité en voulait faire autre chose.
La porte couina en s'ouvrant. Elle sursauta involontairement puis resta immobile, tendue, attendant que la silhouette familière se glisse dans la chambre.
– Severus ?
– Je croyais que tu dormais.
– Il semblerait que je n'y arrive pas.
Il avança près du lit jusqu'à ce qu'il soit derrière elle et elle entendit le bruit de son sac qui tombait sur le sol. Elle retint son souffle, se demandant s'il envisageait de dormir ici. Elle s'attendait à moitié à ce qu'il s'installe une couchette par terre.
– Tu peux ouvrir un peu la fenêtre avant de venir au lit ? lui demanda–t–elle, espérant obtenir la réponse qu'elle voulait désespérément.
Il ne dit rien mais elle entendit qu'il tirait les rideaux et ouvrait la fenêtre. Elle ne bougea toujours pas l'oreille aux aguets, écoutant le moindre son qui pouvait lui donner espoir. Il ouvrit son sac et il y eut un froissement de tissu – puis il se glissa silencieusement dans le lit, derrière elle.
Elle frémit, dans l'expectative, mais il ne la toucha pas. Elle resta là, comme si elle attendait pendant une éternité avant de finalement rouler sur le dos et tenter de se concentrer sur lui dans les ténèbres. Elle arrivait à le distinguer, quand il avait ouvert les rideaux, il avait permis aux lumières de la rue d'éclairer un peu la chambre et elle pouvait le voir – juste un peu. Il était sur le côté, la tête reposant sur sa main, il la fixait en silence. Elle pouvait voir ses yeux briller dans l'obscurité.
– Tu sens bon, chuchota–t–elle avant d'avoir un mouvement de recul devant la stupidité de ce commentaire.
– Toi aussi, répondit–il.
Elle fut horrifiée en remarquant la note d'amusement qui perçait dans sa voix. Elle cligna des yeux et envisagea de le jeter dehors. Mais elle se languissait depuis si longtemps d'être avec lui dans un lit et maintenant, elle pouvait sentir la chaleur de son corps se diffuser jusqu'à elle. Elle bougea un peu jusqu'à le sentir contre elle, se blottissant confortablement vers lui pour que son flan soit pressé contre lui. Il portait une chemise de nuit en coton rugueux qui lui irrita la peau du bras.
Il soupira doucement et se rapprocha, sa main glissa sur le négligé satiné, effleurant son estomac, caressant doucement sa hanche. Sa main glissa ensuite sur sa cuisse.
– C'est moi qui ai acheté ça ?
Elle frissonna, la chair de poule se diffusant sur tout son corps.
– Oui, juste après le nouvel an.
Elle rougit dans la nuit. Elle ne l'avait jamais mise pour lui parce qu'il lui en avait acheté tellement, des fragiles petites choses qui lui donnait un air beaucoup plus sensuel qu'elle ne se sentait honnêtement. Il détestait ses pyjamas et elle le savait et si on lui avait donné la moitié d'une chance, il les aurait bannis pour toujours.
– Lavande a volé tous mes sous–vêtements, elle les a tous remplacés par de minuscules petites choses qui…
Son souffle se suspendit lorsqu'elle sentit un doigt courir le long de sa cuisse. Elle perçut sa poitrine vibrer d'un gloussement avant de chantonner :
– Rappelle–moi de remercier Miss Brown alors.
– Je croyais que tu avais dit que nous ne pouvions pas…
Hermione se rattrapa un instant trop tard, en demandant pourquoi elle protestait exactement et, quand il retira sa main avec un soupir, elle crut l'avoir perdu à nouveau.
– Les choses changent, admit–il avec prudence.
Il ne voulait pas particulièrement désavouer tout ce qu'il avait dit dans le passé, sachant que ça équivaudrait à admettre qu'il avait tort – et il ne le pensait pas.
– Je ne veux pas me réveiller un matin et découvrir que tu culpabilises et que la situation est devenue encore pire qu'elle ne l'est déjà.
Hermione prit une inspiration et insista :
– Si c'est pour me quitter ensuite, alors je ne veux pas que ça arrive,
– Je ne vais nulle part, je suis à toi aussi longtemps que tu veux de moi.
Et voilà, c'était étonnamment simple si on considérait qu'il avait passé sa vie entière à éviter de devenir proche de quiconque. Les choses changeaient et il voulait seulement la rendre heureuse. Maintenant, il semblait qu'il avait compris ce que tout le monde savait déjà – être avec elle la rendrait heureuse. Le fait que ça le rende aussi heureux paraissait un effet secondaire merveilleusement impossible, jamais il n'avait cru qu'une telle chose arriverait.
Pourtant, tout pouvait encore s'écrouler – mais pas aujourd'hui.
Il l'embrassa légèrement, trouvant instinctivement sa bouche avec la sienne et la sentit frémir sous la caresse. Hermione soupira et se cambra contre lui tandis que sa langue suivait la ligne de sa gorge. Il murmura quelque chose qu'elle ne saisit pas puis ses lèvres embrassèrent le haut de ses seins à travers le fin négligé. Elle fut instantanément inondée par le plus irrésistible des besoins, nageant dans un désir en fusion. Lorsqu'il quitta momentanément sa bouche, elle gémit de désespoir jusqu'à ce qu'il enserre lascivement une de ses seins, utilisant son pouce pour frotter le pic incroyablement sensible à travers le tissu luxueux.
– Tu aimes ?
Hermione ne put répondre autre chose qu'un incohérent : « Oh, mon dieu… » et une épaisse boucle de ses cheveux glissa sur son visage tandis qu'elle s'arquait encore plus contre son étreinte. Encore une fois, une main se referma sur sa poitrine. Elle avait l'impression qu'un éclair de lumière la traversait, perçant et brûlant, la laissant incroyablement consciente de son corps. Même la plante de ses pieds fourmillait. Comme ça lui avait manqué. La construction de l'excitation et la manière qu'il avait de lui couper le souffle.
Il la caressa sur tout le corps, rejeta les couvertures du lit et remonta si brutalement sa chemise de nuit qu'elle s'enroula autour de sa taille. Puis il grommela quelque chose, comme un bruit de frustration. Pendant un instant, il cessa de la toucher pour s'asseoir. Elle fronça les sourcils, se demandant ce qu'il faisait tandis qu'il tâtonnait sur la table de chevet.
– Lumos.
Une lumière douce envahit la pièce et elle se mit à rire quand elle vit qu'il avait prit sa baguette à elle. Il sourit de façon démoniaque et retourna à sa tâche, convaincu qu'il serait meilleur s'il pouvait voir ce qu'il était en train de faire. Ses yeux s'agrandirent puis se plissèrent, déterminés. Doucement, il fit courir un doigt sur sa cuisse, provoquant un frisson sur sa peau et elle baissa les yeux sur elle, anticipant ce qu'il allait faire ensuite.
– C'est le slip le plus minuscule que j'ai jamais vu.
Sa voix était rauque et il loua silencieusement Lavande Brown, l'élevant au statut de merveille divine, peut–être la parerait-il de bijoux pour sa prévoyance.
Hermione ne pouvait plus se contenir, instinctivement, elle poussa ses hanches vers lui, pleine de désir.
– Touche–moi, le pressa–t–elle. Je t'en prie, touche–moi.
Il se déplaça presque sur elle en effleurant son ventre doux de ses doigts jusqu'à ce qu'il puisse les glisser facilement sous le triangle de dentelle rouge foncé. Là, il les entremêla avec les poils soyeux qui s'y trouvaient. Intimement et fermement, sa main prit son mont de Vénus en coupe mais il résista un instant au besoin de bouger ses doigts. Il profita de sa chaleur, de sa respiration lourde et de ses gémissements si doux elle éleva ses hanches vers lui comme pour le presser davantage.
Hermione agrippa ses épaules, l'entraînant dans son besoin de lui, des mois de frustration à se languir la rendaient très consciente de l'effleurement de cette main entre ses cuisses.
Ses yeux noirs sondaient les siens, emplis du même désir qu'elle. Elle gémit sous son regard puis perdit toute réserve et le supplia de la prendre.
Le visage de Severus, si dur et maigre, se tenait si près du sien qu'elle ne pouvait détourner les yeux. Il ne changea pas son expression, même lorsque deux de ses longs doigts entrèrent en elle, glissant sur son clitoris, cherchant la chaude moiteur de ses profondeurs. Elle inspira brutalement, les doigts enfoncés durement dans ses épaules, son regard ne quittant jamais le sien.
Il émit un bruit réconfortant mais ses doigts poursuivirent leur travail en entrant et sortant d'elle et, comme en récompense, ses jambes s'écartèrent lascivement. Hermione s'ouvrit pour lui tandis qu'elle poussait ses hanches contre sa main, voulant d'instinct plus de lui en elle.
Mais elle savait qu'il allait la taquiner et elle ne pouvait supporter cette exquise torture. Elle allait mourir de plaisir, elle le savait. Elle resta sans ciller, ses yeux ne quittant jamais les siens tandis que les premières vagues convulsives de son orgasme approchaient trop rapidement pour les doutes ou les questions. L'extase éclata avec force en elle et elle n'eut d'autres choix que de succomber, son corps entier trembla sous l'attouchement alors qu'elle fixait les flaques noires de ses yeux.
Finalement, les tremblements s'atténuèrent et elle fut capable de se détourner, une partie d'elle le détestait pour le soulagement qu'il lui avait apporté en la menant à l'orgasme – et pour l'y avoir envoyée seule. Où était sa propre passion ? Cette pensée fut fugace, elle tourna son visage afin que sa joue effleure le coton doux de sa taie d'oreiller, pour qu'elle puisse recouvrer son souffle pendant un instant. Puis, elle revint à l'instant présent et le regarda à nouveau, elle voulait l'observer maintenant, elle voulait le voir perdre le contrôle comme elle l'avait fait.
Il avait détourné son attention de sa figure et regardait son corps avec un plaisir manifeste. Elle aurait aimé qu'il soit nu, ainsi elle aurait pu voir pleinement son excitation. Elle savait qu'il était excité, elle pouvait le sentir se presser contre sa jambe et ses joues étaient légèrement teintées mais, autrement, il avait l'air totalement maître de lui et elle ne voulait qu'une chose, l'entendre crier son orgasme.
– Débarrassons–nous de ça, dit–il, le regard insistant sur son aine et sur le slip minuscule qu'elle portait.
Sa main descendit, entraînant le slip avec, mais, à la hauteur des genoux, il s'arrêta, incapable d'aller plus loin sans se déplacer. Un désir renouvelé déferla en Hermione et elle découvrit que son impatience de l'avoir en elle devenait une vague écrasante.
– Déchire–le, le pressa–t–elle.
Sa hâte se manifesta soudainement dans ses mains tandis qu'elle s'agrippait à la chemise de nuit très laide qu'il portait. Il lutta pour enlever le vêtement incriminé, son insistante et vibrante érection était un motif suffisant à sa précipitation. En même temps, il tira fortement sur le slip, il se disait que ce n'était qu'un morceau de dentelle et qu'il serait facile à déchirer. Ce ne fut pas le cas. Pour quelque chose qu'aussi petit, c'était étonnamment résistant. Il tira encore une fois et fut soudain perdu dans le coton de sa chemise de nuit qu'elle avait réussi à passer au–dessus de sa tête.
Et il resta coincé. Incapable de voir ou de bouger et assurément incapable de tirer son slip plus loin, il ne put s'en empêcher, il se mit à rire.
– Ce n'est pas drôle ! protesta Hermione, mais elle vit brusquement le côté amusant de la situation alors qu'elle essayait désespérément de dérouler la chemise de nuit pour le libérer.
Quand finalement elle la dégagea, elle ne put s'empêcher de se sentir réchauffée par le sourire qu'il affichait.
Il se retira momentanément pour s'extirper totalement de son vêtement de nuit puis se retourna, souriant toujours, bienheureux d'être nu.
– Tu n'auras pas dû la mettre de toute façon, lui signala–t–elle.
– J'essayais d'être subtil.
– Tu aurais dû te contenter de venir et de tout ravager.
– Je croyais que c'était ce que j'étais en train de faire, répliqua–t–il faussement offusqué.
Elle gloussa.
– Alors, dépêche–toi de déchirer ce slip !
Il leva les yeux elle n'avait qu'à demander et c'était assurément un boulot à faire à deux mains. Il empoigna le slip et tira fortement – et le sentit se déchirer avec un bruit satisfaisant. Il jeta les morceaux de dentelle rouge sang par–dessus son épaule avec une extravagance désinvolte puis lui écarta les jambes dans un mouvement si prompt qu'il trahit son impatience.
Les paupières de Hermione s'écarquillèrent, tout humour s'envola dans un halètement de désir surpris tandis qu'il se déplaçait plus bas pour l'ouvrir plus largement. Avec un long mouvement en avant, imposé par son anticipation et son besoin d'elle, Severus plongea dans sa chair collante et humide. Puis il hésita, respirant par saccades, ses cheveux en désordre tombaient sur son visage. Hermione mesura son souffle, tentant de rester calme tandis qu'il la remplissait. Elle se souleva en s'agrippant à ses épaules et monta ses jambes plus haut, ses muscles internes se resserrèrent et son souffle se coupa.
– Oh… Oh, S–Severus…
Elle ne put rien dire de plus, elle n'arrivait plus à penser clairement, tout ce qu'elle réussissait à assimiler, c'était la sensation de lui, entre ses jambes et le fait de savoir que c'était lui. C'était tout ce qui importait.
Un grognement sourd émana de la gorge de Severus. Ça avait vraiment été trop long. Il avait rêvé d'elle mais ses rêves ne rendaient pas justice au plaisir de la caresser, d'être avec elle et d'être en elle. Elle était si douce, son corps était souple sous lui, chaud et humide autour de lui. Il ne pouvait désormais pas plus s'éloigner d'elle que retenir sa fougue grandissante. Il avait été idiot d'essayer de faire sa vie sans elle. Survivre à deux guerres, n'était–ce pas une sorte de testament qui stipulait qu'il méritait sa part ? Ne méritait–il pas un peu de bonheur ? Il était amoureux d'elle, aussi inapproprié que ce fut, comme tant d'autres le pensaient – et il en faisait partie – et il aimait sincèrement tout ce qu'elle était. Il n'arrivait pas à croire qu'il y avait eu un moment dans sa vie sans où il ne l'avait pas aimée.
Avec une douce pression, elle l'attira contre elle.
– Plus fort, murmura–t–elle avant de l'embrasser sur les lèvres, sa langue enhardie et pressée de le goûter. Je veux te sentir… profondément… en moi.
Il cala un pied contre la colonne du lit, enfonça son genou dans le matelas et utilisa toute la puissance de ses jambes pour plonger plus durement en elle. Elle cria, ses cils papillonnèrent un instant et ses yeux se perdirent un peu. La paume de sa main gauche descendit le long de son dos maigre jusqu'au flan creusé de ses fesses et il lui sembla que la peau brûlait sous la caresse.
– Oui, haleta–t–elle. Oh, mon dieu, Severus, comme ça…
Severus se sentit désespéré, frénétique. Les mains derrière ses genoux, il la souleva encore un peu plus haut et se poussa aussi profondément que possible. Il plongea furieusement en elle, encore et encore, et, lorsqu'il entendit les cris frémissants de son orgasme, il y répondit par sa propre délivrance explosive, si fort que les craintes qu'il avait d'être en train de se tromper furent balayées.
Il s'effondra à ses côtés, épuisé et satisfait. Il l'attira tendrement contre lui, tirant les couvertures sur son corps menu. Ils étaient tous les deux confrontés à un maelström d'émotions qui refusait de s'apaiser. S'élever au–dessus de tout était un étrange sentiment de soulagement ils étaient là, ensemble et ils ne devaient pas se séparer. Il s'était rendu et elle avait gagné – il savoura pleinement la victoire de Hermione. Il ferma les yeux et resserra son étreinte, repoussant tout sentiment d'incertitude. Ils étaient ensemble, liés maintenant non seulement par un écrasant besoin de l'autre mais aussi par l'enfant qu'elle portait en elle.
Il se permit de se détendre, ajusta son corps jusqu'à ce qu'ils soient confortablement enlacés l'un autour de l'autre. Ils avaient besoin de dormir. Demain allait être une longue journée.
oOo
– Je vois que tu as finalement cessé d'attendre le retour de cet elfe pathétique.
Lucius sursauta et battit des paupières, à la recherche du conservateur qui venait de passer la porte mais demeurait hors de son champ de vision. C'était la première fois que Semeuse mentionnait la disparition de Non. Quand enfin le conservateur s'approcha du lit, Lucius comprit pourquoi. Semeuse était échevelé et sa peau était cireuse et grisâtre.
– Il ne reviendra pas, cracha victorieusement Semeuse. Tu aurais dû savoir que je le découvrirais. Imagine un peu, tenter de garder ton espion ici ? À qui faisait–il ses rapports ? À ton fils ? À ce salopard graisseux de Poudlard ou à cet amoureux des Moldus du Ministère ?
Lucius ne répliqua pas, Semeuse avait bu. Il pouvait sentir les relents viciés de l'alcool qui suintaient par tous ses pores. Le conservateur tituba dangereusement, comme s'il menaçait de tomber sur le lit pour battre son ange jusqu'au sang.
– Je te l'ai dit et redit !
Le conservateur se mit à faire les cent pas autour du lit, un peu comme un prédateur qui attend le bon moment pour fondre sur sa proie. Il ne donnait pas l'impression de parler à Lucius mais avait plutôt l'air de s'adresser à lui–même. Lucius ne pouvait guère faire plus que de le suivre de ses yeux inquiets.
– Je te l'ai dit, répéta–t–il en secouant la tête. Pourquoi penses–tu pouvoir me vaincre ? Regarde–toi, Lucius, je te donne tout, tout ce qui t'es matériellement possible d'avoir, tout ce dont tu as besoin et pourtant tu insistes, insistes et insistes encore. Tu ne peux pas gagner. Tu ne peux pas m'échapper, Lucius. Tu es mon ange, celui de personne d'autre. Tu es à moi ! Combien d'entre eux sont tes espions ? Combien en as–tu infiltrés ici ? Je débarrasserai cet endroit de chacune de ces dégoûtantes petites vermines. Je les détruirai toutes et tu n'auras plus rien. Tu comprends ?
Lucius ne put ni acquiescer, ni répliquer, il était à court de mots. Il se demanda combien de temps durerait cette tempête et à quelle vitesse les elfes de maison abandonneraient le musée une fois qu'ils auraient réalisés ce que le conservateur leur réservait.
Semeuse se mit à mordiller distraitement l'ongle de son pouce.
– Tu devrais être reconnaissant, marmonna–t–il. Merde, tu devrais être reconnaissant, tu devrais me remercier, tu devrais m'aimer ! Regarde tout ce que j'ai fait pour toi ! Mais non, pas toi. Tu n'es qu'un ange ingrat. Tu as amené des parasites qui ont infecté ma maison et répandu des mensonges sur moi. Mais C'EST FINI !
Lucius le dévisagea, impassible comme toujours, bien conscient que Semeuse mijotait ça depuis un bon moment.
– Et cet homme ! Cet homme ! Celui dont on dit qu'il va être Ministre ! Cet abruti amoureux des Moldus, le MINISTRE ! Il veut t'enlever à moi, n'est–ce pas ? Mais c'est moi qui t'enlèverai. Tu n'es pas à lui, TU ES À MOI !
Ou peut–être que quelque chose d'autre allait se produire, quelque chose dont Lucius n'avait pas la moindre idée.
– Comment cet homme ose–t–il croire qu'il peut m'arracher ce qui est à moi. Cet elfe. Cet elfe dégoûtant, courant partout, répandant des mensonges sur moi. Ton espion. Maintenant cet homme vous veut – mais il ne peut pas vous avoir. Il n'aura aucun d'entre vous !
Aucun d'entre nous ?
Lucius tressaillit, sa main bougea légèrement sur le couvre–lit. Semeuse le remarqua et se mit à sourire. Il rampa sur le lit jusqu'à Lucius, ressemblant à une énorme araignée… démente et ivre.
– Tu as peur, hein ? Il y a finalement quelque chose qui te fait peur ! Mais je t'emmène loin d'ici et, comme on ne pourra pas l'avoir, tu ne le verras plus jamais, c'est ça ?
De la salive sortit de sa bouche et il postillonna sur la joue de Lucius.
– Non, non, non, je vous emmènerai tous les deux. Tous les deux dans un endroit où personne ne pourra vous blesser.
– Mais tu as dit que tu le laisserais tranquille.
Semeuse émit un rire aigu et amer, ses yeux étincelaient d'une lueur maniaque.
– Alors tu finis par me parler, mon amour. Tu as été retenu, mon ange ?
– Laisse Draco tranquille. On peut être heureux, juste toi et moi.
Le sourire de Semeuse se tordit en ricanement vicieux.
– Je ne t'écouterai plus, mon ange. Tes paroles sont du poison pour mon cerveau ! Tu as implanté de la vermine dans ma maison. De la vermine qui dit des mensonges sur moi et envoie des hommes te reprendre. Oh, mon ange, je ne veux plus entendre un mot de plus, je vous emmènerai tous les deux, loin, très loin.
Lucius rendit son regard au conservateur et espéra que le charme placé sur le nouvel animal de compagnie de Draco fonctionnerait.
oOo
Le matin vint bien trop tôt pour Hermione et avec ça, la familière vague de nausées qui, elle le savait, durerait toute la journée si elle ne prenait pas la potion qu'il avait faite pour elle. Elle s'assit et réprima un haut le cœur. La pièce était encore sombre et un regard vers la fenêtre ouverte lui révéla l'étrange ciel orangé que les Londoniens considéraient comme nocturne. Il devait être vraiment tôt, suffisamment tôt puisque le soleil n'était pas encore levé. Elle tendit la main vers la table de chevet et trouva la bouteille qu'elle y avait laissée le soir d'avant et en prit une gorgée. Puis elle se réinstalla et se détendit en sentant la potion apaiser son estomac.
Le souvenir de leur nuit d'amour le soir précédent lui revint brusquement elle cligna des yeux et le regarda. Doucement, elle fit courir son index le long de l'os aigu de sa clavicule, il changea de position, soupira et ses yeux s'ouvrirent.
Pendant un instant, il sembla désorienté puis soudainement il bâilla, s'étira et retomba sur son oreiller.
– Tu es réveillée depuis longtemps ? demanda–t–il d'une voix cassée par le sommeil.
– Pas longtemps, je ne voulais pas te réveiller.
– Oh, c'est bon, je prévois de me rendormir dans cinq minutes.
Il bâilla encore une fois.
– Comment tu te sens ?
– Bien… ça va.
Il roula sur le côté et la ravit infiniment en l'attirant à lui et en se calant contre son dos.
– C'est à quelle heure, le rendez–vous ? s'enquit–elle.
Elle aurait dû connaître la réponse mais elle avait la tête comme une passoire ces derniers temps et elle oubliait même les choses les plus simples.
– À dix heures.
Il sentit qu'elle se crispait et il câlina paresseusement l'arrondi de sa hanche.
– Ne t'inquiète pas, ça ira.
Elle se retourna pour se mettre sur le ventre et se releva sur un coude.
– Je ne m'en fais pas, mentit–elle. En tout cas, pas trop pour ce rendez–vous.
Il appuya aussi sa tête sur son coude et la dévisagea longuement. Elle se pencha et repoussa tendrement ses cheveux noirs de sa tempe.
– Alors qu'est–ce qui t'inquiète ? questionna–t–il finalement, bien qu'il eût une assez bonne idée de la réponse.
– De ce qui se passera ensuite, répliqua–t–elle en se forçant enfin à l'exprimer verbalement. J'arrive à imaginer ma grossesse.
Elle hésita avant de l'admettre.
– J'ai d'abord essayé de m'en débarrasser mais je n'ai tout simplement pas pu…
L'idée ne le choquait pas et il ne se sentait pas offensé non plus. Si les positions avaient été inversées, il pouvait imaginer qu'il aurait fait la même chose – cependant, il ne pensait pas qu'il serait revenu sur sa décision.
– Je ne peux m'empêcher de me demander ce qui va se passer une fois que j'aurai accouché, poursuivit–elle. Je ne sais pas ce que tu veux faire ni même si tu veux avoir à faire quelque chose avec ce bébé. Au début, je pensais que j'aurais juste à me faire à l'idée et que ce serait mon enfant. Je sais que je peux vivre ici et que Harry prendra soin de moi il l'a dit et répété mais maintenant, je ne sais plus. Je veux tellement plus que ça. Je voulais que tu prennes part à ma vie et maintenant je ne peux m'empêcher de penser que si tu choisis de rester, tu ne le feras que par obligation. Et puis, il y a les choses que j'avais planifiées pour mon avenir…
– Et maintenant, tu penses que tu ne peux plus les faire ?
– Je voulais devenir enseignante ou guérisseuse et je ne me vois plus faire ces choses–là maintenant.
– De nombreuses sorcières ont des enfants et une carrière, Hermione.
– Je sais, balbutia–t–elle, mais elles sont généralement plus… âgées… plus établies.
– Mariées ?
Elle rougit et resta silencieuse. C'était ridicule parce qu'elle n'avait nul besoin d'être mariée. Ils étaient sur le point d'entamer un tout nouveau siècle et elle n'avait pas à s'inquiéter de ce genre de sécurité. Elle était de celle qui réagissait, elle était pleine de ressources, alors pourquoi ne le ressentait–elle pas maintenant ?
– Tu envisages toujours de vivre ici ? demanda–t–il.
– Oui…
Elle haussa les épaules et souhaita qu'il lui suggère une autre solution.
– C'est près de tout, du Chemin de Traverse, ce genre de chose.
– La plupart des sorciers ne ressentent pas le besoin de résider en ville, fit–il remarquer. La grande majorité des nôtres préfèrent les espaces éloignés, plus proches de la nature et loin des yeux fureteurs des Moldus.
Elle savait que c'était vrai mais, en réalité, ses choix étaient limités. Elle ne possédait pas de chambre forte pleine d'or à Gringotts. Elle n'était encore qu'une étudiante, elle n'avait rien du tout. Bien qu'elle aimât sa famille, elle n'avait aucune envie de vivre avec eux et, ici au moins, elle avait ses amis, ils étaient comme elle, ils la comprenaient.
– Je n'ai nul autre endroit où aller, dit–elle simplement. Je sais que la nature est une force centrale pour nous mais je n'ai pas les moyens d'aller là–bas. Au moins ici, je sais ce que je vais faire et je serai en sécurité.
– Tu pourrais…
Il fit une pause. Ils avaient déjà discuté de ça avant, mais c'était longtemps auparavant, il lui semblait que des siècles s'étaient écoulés depuis qu'ils avaient eu cette conversation.
– Tu pourrais encore venir au Marais.
Elle le regarda vivement du coin de l'œil.
– Au Marais ? Seule ?
– J'y serai aussi. Il n'y a aucune règle prédéfinie qui m'oblige à vivre au château et les situations ont changé.
– Alors tu vivrais avec moi… et le bébé ?
– Il me semble que c'est un arrangement logique.
Hermione se renfrogna.
Il trouve que c'est logique ? Logique ?
– Et quoi d'autre à part la logique ? s'enquit–elle.
– Qu'est–ce que tu veux d'autre ? demanda–t–il en bougeant un peu pour s'asseoir. Ce serait pratique, je pourrais m'occuper de toi, te soutenir pour l'enfant…
– Mais quoi d'autre ? insista Hermione. Je t'ai dit que je ne voulais pas que ce soit une sorte de sacrifice pour toi. Alors je ne déménagerai certainement pas chez toi parce que c'est pratique comme ça !
– Alors qu'est–ce que tu veux ? répéta–t–il exaspéré. Un certificat de mariage te prouverait que je suis sérieux ? Je peux sans doute te le fournir aussi mais je ne peux pas te décrocher la lune, Hermione.
– Et que penses–tu de l'amour alors ? contra–t–elle. Que penses–tu de la volonté de vivre avec moi parce que tu m'aimes et que tu veux être avec moi ? Que penses–tu de la volonté d'avoir une vie avec moi et notre enfant ?
– Eh bien, je croyais que c'était évident !
– Eh bien, ça ne l'était pas !
Il était assis bien droit maintenant, le visage enfoui dans ses mains de frustration.
– Très bien.
Il leva la tête et parla aussi gentiment qu'il le pouvait en cet instant.
– Voudrais–tu venir vivre au Marais avec moi parce que je veux être avec toi et parce que je t'aime ?
Il pensait vraiment chacun de ses mots même si au fond de lui, il paniquait. Ce ne serait pas comme s'ils allaient profiter d'une bienheureuse lune de miel ils allaient être jetés dans la condition de parents. Ils constitueraient une famille. Et le plus horrible là–dedans, c'était que lui voulait avoir une famille.
Il soupira lourdement et ses yeux suivirent la courbe de son dos en une douce inclinaison qui précédait l'arrondi de ses fesses. Quelque part là, derrière ses vertèbres, dans son abdomen, il y avait un enfant. Un pauvre petit bout de chose qui, par une malheureuse conception accidentelle, serait bientôt sa progéniture.
Seigneur, pauvre de lui.
– Bien sûr que je veux venir au Marais, c'est ce que j'ai toujours voulu mais seulement si tu me voulais là–bas pour les bonnes raisons.
– Je t'ai juste dit que je t'aimais et que je voulais être avec toi ! Je pouvais dire quoi de plus ?
– Et pour l'enfant ?
– Je suppose que ça viendra aussi, aboya–t–il.
Puis il s'interrompit et prit une autre profonde inspiration, se mettre en colère n'allait les mener nulle part. Il adoucit le ton, il était trop tôt pour une dispute et il commençait à la connaître suffisamment pour savoir qu'elle était aussi têtue que lui et qu'ils pouvaient argumenter de la sorte toute la journée.
– Viens vivre au Marais, fit–il en capitulant, la voix calme et basse. Je ne sais pas quelle sorte de père je serai alors si je suis un mauvais père, je te donne l'entière permission de partir et de me prendre pour ce que je vaux – pas que je vaille grand–chose mais tu peux l'avoir – mais je ferai de mon mieux et c'est tout ce que je peux t'offrir.
Alors elle l'embrassa tendrement, faisant flotter de délicats fils de désir à travers ses terminaisons nerveuses. Ses lèvres s'ouvrirent devant sa langue inquisitrice et il approfondit astucieusement leur baiser jusqu'à ce qu'elle soit prise dans une douce et collante toile de passion. Son corps entier se mit à bourdonner de possibilités libertines mais elle le repoussa un instant pour chuchoter :
– C'est tout ce que je veux et c'est tout ce que tu as besoin de m'offrir.
Elle l'embrassa encore, sentant son cœur commencer à marteler sa poitrine, dans l'attente de ce qui allait suivre.
Mais il interrompit son baiser et s'étendit, l'entraînant avec lui, son esprit manifestement plus décidé à se rendormir paisiblement dans sa chaleur que dans l'attente d'une envie passionnée de faire l'amour. Elle le poussa sur le dos pour pouvoir poser sa tête sur son torse.
– Ça ne peut pas être confortable.
– Mais si, ça l'est, insista–t–elle.
Ils se réinstallèrent dans le lit, détendus, permettant à l'attrait du sommeil de les submerger. Ils avaient le temps, deux petites heures avant de devoir vraiment se lever et se préparer pour ce trajet à Ste–Mangouste. Ils avaient tellement résolus de problèmes, ils avaient atteints un tel niveau de compréhension qu'elle se sentait plus équilibrée, même si l'avenir n'était pas ce qu'elle avait imaginé.
Tandis qu'elle dormait, il prit la mesure des battements réguliers de son cœur sous sa paume et ses yeux s'ouvrirent brusquement. Pour la première fois de sa vie, il pouvait honnêtement dire qu'il attendait quelque chose de bien avec impatience.
oOo
Draco avait rapidement appris à détester Pré–au–Lard et il avait rapidement appris à détester l'Écosse en général. Il y faisait froid, c'était humide et lugubre, et Harry semblait adorer ça. Il détestait Poudlard. Il détestait marcher dans ces corridors et se rappeler le bon temps qu'il passait à jeter des sorts sur Harry quand il était jeune. Il détestait voir les élèves qui continuaient à le dévisager comme s'ils s'attendaient à ce qu'il s'écroule et par–dessus tout, il détestait Harry.
Excepté bien sûr qu'il ne détestait pas Harry, il voulait juste détester Harry. Il aimait Harry et c'était la raison pour laquelle il arpentait le village à la recherche d'une insaisissable Pensine dans un totalement pathétique et dernier effort pour que Harry soit amoureux de lui.
Lui faire comprendre. Faire que Harry le comprenne.
Ouais, bien sûr…
Harry devait vraiment avoir envie de le voir, il l'avait mentionné si souvent qu'ils s'étaient disputés régulièrement à cause de ça et maintenant qu'il était désespéré, Draco était décidé à le partager. Il ne savait pas du tout pourquoi Harry voulait tant voir ça. Lui, ça le rendait malade son estomac se retournait rien qu'en y pensant.
Et, pour couronner le tout, les Pensines étaient extrêmement rares. Il s'était rendu partout dans Pré–au–Lard et avait été la victime de méchants sifflets provenant de personnes qui haïssaient probablement son père et qui étaient incapables de voir au–delà des similitudes physiques et dans le fait qu'il n'était pas Lucius. Il ne subissait pas ce genre de traitement quand il était avec Harry ou, du moins, il ne l'avait jamais remarqué.
Il arriva devant une boutique, c'était le dernier magasin de sa liste de référence : Chez Antwon, Assortiment Antique.
Oh, putain, là, j'ai vraiment touché le fond.
C'était une partie éloignée du village et le joyeusement nommé Chez Antwon était en fait un endroit plutôt poussiéreux et déprimant, un peu comme toutes ces boutiques où son père l'avait traîné quand il achetait ou vendait diverses pièces que personne ne mentionnait.
Draco poussa la porte et son nez fut aussitôt assailli par la poussière en suspension il réprima son envie d'éternuer. Derrière le comptoir se tenait un très petit sorcier manifestement installé sur des cartons qui devait être Antwon. Le petit homme eut une expression sur le visage que Draco connaissait bien. Lucius avait dû être un client régulier ici. Un client très régulier au vu de l'expression d'Antwon qui se frottait les mains, anticipant qu'il allait se faire pas mal d'argent. C'était une assez bonne indication du genre de marchandises qu'Antwon vendait.
– Le jeune Maître Malfoy.
Le sourire qu'affichait le sorcier était sincère, comme s'il pouvait sentir l'argent.
– Quel plaisir de vous voir ici. En quoi puis–je vous aider ?
Draco renifla la poussière et s'éclaircit la gorge.
– Je recherche une Pensine.
Le sourire d'Antwon s'agrandit en une seconde.
– Les bols antiques sont très difficiles à trouver, très peu de ceux qui les possèdent sont enclins à les céder. Si j'en vois une, par hasard, c'est généralement avec un lot d'articles divers provenant des biens d'un défunt.
– Vous en avez une ?
– Oh, oui, une belle Pensine mais, hélas, elle n'est pas antique.
– Est–ce qu'elle fonctionne ?
– Mais bien sûr ! Mais si vous êtes comme votre cher père, vous préférerez celles qui sont antiques, elles sont bien plus belles. Je pourrais en rechercher une pour vous, si vous avez le temps, je pourrais l'avoir en quelques semaines.
– Je n'ai pas le temps d'attendre, rétorqua Draco sur un ton dédaigneux. Je me fous qu'elle soit antique ou pas, tant qu'elle fonctionne. Combien pour celle que vous avez ?
Antwon sembla un peu déconcerté mais ne mit pas longtemps à calculer mentalement combien il pourrait exiger du jeune Malfoy.
– Mille Galions, hasarda–t–il avec un sourire.
– Quoi ? Vous avez dit vous–même qu'elle n'était pas antique !
– Mais, Maître Malfoy, comme vous avez pu le comprendre, elles sont très difficiles à trouver.
– Oui, mais je ne payerai pas mille Galions pour un truc moderne merdique !
– Je vois que le Maître est aussi malin que son père, je vous accorde un rabais de cent cinquante Galions sur le prix.
Quinze minutes et cinq cents Galions de moins plus tard, Draco quitta Antwon avec sa nouvelle Pensine calée sous le bras.
– Saloperie de Mangemort !
Draco s'arrêta et se tourna pour voir qui avait parlé. Un sorcier d'un genre costaud avec probablement plus de muscles que de cervelle vint droit sur lui. Avant que Draco ne puisse parler, l'homme avait pris son élan et lui collait son poing dans la mâchoire, provoquant un éclatement de sa lèvre contre ses dents. Draco tomba en arrière contre le mur du magasin et s'étala sur le sol.
Il resta assis là pendant un moment, étourdi, encore médusé que cet imbécile se tienne encore devant lui, en train de se féliciter de posséder une si bonne droite. Draco fronça les sourcils en sentant le sang couler sur son menton et tira sa baguette.
Harry n'approuverait probablement pas.
Et il transforma le balourd en écureuil. Puis il se leva douloureusement et tapota sa lèvre, ses doigts étaient pleins de sang.
– Merci, Père, marmonna–t–il.
Il savait que ce n'était sans doute pas la faute de son père si cet homme était stupide mais, une fois encore, qui savait ce que Lucius avait fait pour lui. C'était une part de son héritage, aussi bien son aspect physique, que sa fortune. Des siècles à jouer les salauds avaient assuré le traitement qu'il venait de recevoir, se faire cogner par un crétin à Pré–au–Lard.
Il savait qu'il aurait dû lui rendre son apparence initiale mais vraiment, l'écureuil était plus mignon. Il se redressa, épousseta ses vêtements et s'en alla.
oOo
Ste–Mangouste ne possédait pas de pavillon de maternité. Les sorcières, Hermione venait de l'apprendre, donnaient généralement naissance à la maison, avec la sage–femme de service ou une multitude de sœurs ou une mère ou quiconque pouvait aider l'enfant à venir au monde. C'était considéré comme une façon de faire naturelle, pratiquée pendant des siècles. La manière moldue avec ses moniteurs, ses médicaments et son indifférence clinique n'était pas pour le monde magique. Une naissance magique était différente. Ainsi, Ste–Mangouste avait une petite salle d'examens, une salle d'attente et une réceptionniste assise derrière un bureau qui appelait les futures mères quand c'était leur tour. Cette visite avait certains buts, ils allaient s'assurer que Hermione était bel et bien enceinte, qu'ils étaient tous les deux en bonne santé et si tout allait bien, donner la date approximative de la conception et le nom de la sage–femme la plus proche. Au–delà de ça, Hermione serait prise en charge chez elle.
Le temps qu'ils atteignent l'hôpital, Severus avait enduré un trajet en métro durant les heures de pointe avec d'innombrables Moldus qui s'écrasaient contre lui et avait infiniment amusé Hermione en produisant un sort de nettoyage pour se débarrasser de ce qu'il décrivait comme des relents de Moldus. Le cabinet des sages–femmes était au même niveau que les victimes des charmes accidentels, c'était une chose que Hermione trouvait un peu choquant et elle ne put s'empêcher de s'en plaindre. Cependant, elle découvrit que ses plaintes tombaient dans l'oreille d'un sourd, Severus cherchait autour de lui l'étage de la cafétéria parce il avait soudainement besoin de café. Si Hermione ne l'avait pas si bien connu, elle aurait pu croire qu'il était devenu nerveux.
– Severus ?
Il quitta la lecture du tableau d'information au–dessus de l'ascenseur et pivota vers elle.
– Hein ?
– Tu viens ?
– Je suis désolé… Quoi ?
– Le rendez–vous, c'est là–bas, précisa–t–elle en indiquant le couloir.
– Oh… Oui, je veux juste…
Il regarda à nouveau inutilement le tableau d'information.
– Je voulais un café.
Hermione jeta un œil à sa montre.
– Eh bien, si tu en veux vraiment un, tu peux aller en chercher un, je te verrai dans le bureau.
Elle ne s'attendait pas vraiment à ce qu'il la prenne au mot, elle pensait encore à lui comme étant le toujours efficace professeur Snape mais il acquiesça et dit :
– D'accord, alors.
Il s'enfila promptement dans l'ascenseur et disparut, la laissant dans le couloir à fixer avec incrédulité les portes fermées de l'ascenseur.
Bon, elle lui avait dit qu'il pouvait y aller.
Elle se retourna et suivit les indications pour se rendre en Obstétrique, consternée de voir comme c'était isolé. Quand elle bifurqua enfin et découvrit une petite mais élégante salle d'attente, elle fut surprise. Elle n'était pas certaine de savoir à quoi elle s'était attendue. Quelque chose de plus plaisant peut–être… de plus enfantin… avec des images d'ours au mur ou quelque chose d'aussi charmant. À la place, elle vit des murs blancs monotones et des chaises en bois alignées contre les murs. Une pile de vieux Sorcière Hebdo et quelques numéros de la Gazette du Sorcier, ils dataient tous d'un bon moment mais moins que les magazines.
La réceptionniste semblait totalement absorbée par ce qui paraissait être le seul magazine actuel de l'hôpital, un numéro du Cosmopolitan – un journal que Hermione n'avait jamais lu mais elle avait déjà vu sa couverture tape–à–l'oeil dans diverses agences de presse et il ne semblait consister qu'en questionnaires sur le sexe et sections scellées qui confirmaient si oui ou non on possédait des organes génitaux normaux.
La réceptionniste paraissait faire le quiz sur le sexe.
Hermione s'éclaircit discrètement la gorge et la fille leva la tête – Hermione sursauta, un froncement de sourcil instantané sur le visage. Elle connaissait cette fille même si elle n'arrivait pas à mettre le doigt sur son nom. Elle était à Poufsouffle, Hermione en était certaine, une parmi tant d'autres qui avait eu l'occasion de flagorner devant Harry à certains moments. La fille avait un large visage ingrat et, alors qu'elle feuilletait son Cosmopolitan, parut un peu ennuyée. Hermione ne pouvait qu'espérer qu'elle ne se rappellerait pas d'elle. D'ailleurs pourquoi l'aurait–elle fait ? Hermione était du genre discret, elle n'avait que quelques amis… excepté le fait que le peu qu'elle avait étaient Harry et Ron et tous trois avaient été plutôt prolifiques en éclats de bravoure pendant leur scolarité.
Hermione croisa les doigts et fit un pas vers le comptoir.
– Hermione !
La fille de Poufsouffle lui adressa un sourire de plaisir sincère mais Hermione pouvait dire que le plaisir était clairement né de l'occasion de découvrir un bon commérage. Avant qu'elle puisse s'admonester de faire des conclusions hâtives, la fille poursuivit :
– Mais qu'est–ce que tu fais ici ? Tu es enceinte ?
Hermione rougit.
– Eh bien… oui… en effet, j'ai rendez–vous.
Elle remercia silencieusement Severus d'être resté à l'étage de la cafétéria.
Mais, zut alors, c'est quoi son nom déjà, à cette fille ?
– Vraiment ?
Miss Poufsouffle vérifia la liste des rendez–vous et sembla surprise.
– Mais oui ! Waouh, je croyais que tu étais encore à l'école !
– C'est le cas, marmonna Hermione.
Daisy ! Cette foutue Daisy Jiggers ! Une connasse stupide, son père dirige l'un des plus grands fournisseurs de produits pour apothicaires du monde magique.
– Waouh !
Daisy Jiggers la regarda, sous le choc.
– C'est qui le père ? demanda–t–elle carrément. Ron ?
– Ron ? Oh… eh bien… ce n'est pas… ce n'est pas Ron.
– Bon, ça ne peut pas être Harry, gloussa Daisy. Pas si les journaux disent la vérité. Et c'est le cas, non ?
– Pardon ?
– Ce que disent les journaux sur Harry ?
– Et que disent les journaux sur Harry ?
Hermione entendit l'irritation qu'elle ressentait percer dans sa voix.
– Eh bien… Qu'il est…
Daisy regarda autour d'elle et siffla dans un indiscret chuchotement :
– … gay.
Hermione leva les yeux au plafond et décida que Harry ne lui en tiendrait pas rigueur.
– Oui, il est gay. Tu as un problème avec ça ?
– Non, bien sûr que non ! sourit Daisy. Mais je suppose que ça explique beaucoup de choses, je veux dire, il a toujours été un peu… tu sais…
– Non, je ne sais pas.
– Un peu bizarre, comme s'il ne savait pas quoi faire avec une fille.
Oh, bon sang, comme si cette Daisy Jiggers au visage bouffi pouvait le savoir.
– Bon, on avance un peu, là ?
– Mais je devine qu'il sait quoi faire avec un mec… C'est vrai ce qu'on dit sur Draco Malfoy ?
– Je ne sais vraiment pas, rétorqua Hermione en perdant patience. Maintenant, tu peux vérifier mon rendez–vous ?
– Oh, ouais, pas de problème, sourit Daisy encore une fois. Prends un siège. Est–ce que le papa va te rejoindre ?
J'espère que non.
– Je… heu… Je…
Puis Severus arriva du couloir, sans vraiment regarder ce qu'il faisait et s'arrêta.
– J'ai ton thé. Apparemment, c'est mieux pour toi que du café…
– Professeur Snape !
Hermione tressaillit en voyant l'expression de Daisy et Severus faillit renverser le thé. Daisy fixait toujours Severus en poussant un formulaire sur le bureau. Elle était blanche comme un linge, comme si un fantôme particulièrement malveillant venait juste de surgir devant elle pour la hanter et Hermione se demanda comment elle était en Potions – et si elle était l'équivalant Poufsouffle de Neville de la salle de classe.
– Tu dois remplir ce formulaire.
La voix de fille était tremblante.
– Tu dois indiquer où tu vis et où tu envisages d'avoir le bébé, ton nom, ta profession, le nom du père et sa profession. Ce genre de trucs.
Elle sourit avec gêne et regarda le professeur. Elle ne pouvait que spéculer sur son rôle dans tout ça mais elle décida rapidement qu'il était là en tant qu'accompagnateur, une espèce de punition pour Hermione pour s'être fait mettre en cloque alors qu'elle était encore à l'école.
Hermione choisit d'ignorer l'expression du visage de Daisy Jiggers et prit le formulaire et le porte–bloc à pinces. Elle emprunta une plume et ils se déplacèrent pour s'asseoir et attendre. Hermione prit le thé et Severus lui ôta le formulaire des mains et le lut. Puis, à la stupéfaction de Hermione, il commença à le remplir pour elle.
Elle but un peu de thé.
– C'est encore plein de caféine, tu sais.
– Hein ?
Il indiqua le thé avec sa plume.
– C'est encore plein de caféine, et c'est presque aussi mauvais pour toi que du café.
– Alors pourquoi tu en as acheté ?
Il haussa les épaules.
– Ça semblait une bonne idée sur le moment, probablement pour la même raison que j'ai maintenant un sachet plein de Fizwizbiz et du chocolat.
– Du chocolat ?
Il fouilla dans sa poche et en ressortit une pochette pleine de douceurs.
– Je crois que tu es nerveux.
Il la dévisagea, faussement indigné.
– Moi ? Tu plaisantes.
– Tu es nerveux ?
– Ouais.
– Et tu m'as dit que je n'avais aucune raison de l'être.
– J'ai menti.
Il scanna le formulaire et vérifia ce qu'il avait rempli.
– Quel est le nom de jeune fille de ta mère ?
Hermione fronça les sourcils et regarda le questionnaire.
– Reardon.
Elle relut ce qu'il avait déjà écrit. Il s'était indiqué comme père et, pour une raison qu'elle ignorait, elle en fut surprise, quoique en y repensant, c'était tout naturel. C'était lui le père, après tout.
Bien sûr, ils allaient donner le formulaire à Daisy Jiggers et elle n'allait pas manquer de le lire. C'était un grand pas pour lui. Mais encore une fois, peut–être qu'il avait décidé qu'ils allaient devoir s'y habituer. S'ils se mettaient ensemble, ils devraient faire face à ce que penseraient les autres.
– Je t'aime, murmura–t–elle.
Il lui lança un regard furieux puis il se glissa sur sa chaise d'une manière qui lui rappela un élève qui se morfond pendant le cours de Divination de Trelawney et commença à s'enfiler des Fizwizbiz par poignée.
– Tu vas bien ?
– Mais oui.
Ils se turent tandis qu'un sorcier à l'expression inquiète et sa partenaire (apparemment prénommée Alice) passaient près d'eux en leur lançant des coups d'œil stupéfaits et entraient dans le cabinet d'Obstétrique.
– Je vais déposer le formulaire alors, suggéra Hermione, pleine d'espoir.
Quand il répondit en poussant encore plus de bonbons dans sa bouche, elle secoua la tête et amena le questionnaire à Daisy.
Et bien sûr, Daisy le parcourut et en resta bouche bée quand elle atteignit la ligne nom du père. Son regard passa de Hermione à Severus mais elle n'arrivait pas à y croire.
– Tu es sûre ? demanda–t–elle stupidement. Je veux dire, comment c'est possible ?
Hermione roula des yeux et perdit patience.
– Eh bien, qu'est–ce que tu crois ? On est allés au pieu, on a baisé comme des singes et maintenant, je suis enceinte. Mais pourquoi tu te sers pas de ta putain de logique ?
Daisy sembla sur le point de dire quelque chose mais ne trouva pas les mots appropriés. La vérité était que ses propres réminiscences d'école étaient hantées par le souvenir d'un Maître de Potions aux cheveux gras qui lui collait une note lamentable en Potions ainsi, elle n'avait jamais été acceptée dans le programme de sages–femmes de Ste–Mangouste. Avec pour résultat qu'elle se retrouvait reléguée au bureau de la réception, une chose qu'elle considérait comme une grave injustice – le fait qu'elle était nulle en Potions n'entrait pas en ligne de compte. L'idée que quelqu'un couche avec Severus Snape l'horrifiait, un regard vers lui et elle imaginait que tout le monde fuirait. Mais il était manifeste que Hermione Granger avait couché avec lui – pas seulement couché mais conçu un enfant qui maintenant grandissait en elle ! L'idée était totalement inconcevable. Dans un brouillard d'incrédulité, elle vit Hermione lui décocher un dernier regard et retourna à son siège.
– Baisé comme des singes ? s'enquit Severus d'une voix soyeuse.
– Tu sais bien ce que j'ai voulu dire, répliqua Hermione, irritée.
– Tu as déjà vu des singes baiser au moins ?
– J'ai vu un documentaire à la télévision une fois.
– Et moi qui pensais que la télévision était sans intérêt. Si j'avais su qu'ils programmaient des singes en train de baiser, j'en aurais acheté une.
– Tu es très différent aujourd'hui, Severus.
– Eh bien, c'est très inhabituel pour moi d'être assis dans une salle d'attente d'Obstétrique à entendre mes techniques sexuelles comparées à celles d'un primate.
– J'aurais vraiment aimé que ce ne soit pas elle assise à la réception. J'espérais quelqu'un de plus âgé.
Severus jeta un coup d'œil vers le bureau.
– C'est qui ?
– Daisy Jiggers, tu ne t'en rappelles pas ?
– Pour moi, tous les élèves se ressemblent, il n'y a que les fauteurs de trouble et les je–sais–tout qui sortent du lot.
– Elle était à Poufsouffle, elle a eu une sorte de truc pour Harry… ça n'a pas duré longtemps.
– Que s'est–il passé ?
– Eh bien, Harry n'était pas intéressé. De plus, il se semble me rappeler qu'elle était complètement dingue – et large comme deux briques.
– Potter les attire.
– Je ne dirais pas que Draco est complètement dingue… ou large.
– Il a ses moments.
Hermione hocha la tête, c'était vrai.
Ils restèrent dans un silence confortable pendant un moment, partageant le sachet de douceurs, dans l'attente d'être appelés. Il s'arrangèrent pour ignorer Daisy qui les fixait bouche bée. Hermione se demanda s'il en serait toujours ainsi, si les gens les regarderaient toujours stupéfaits.
– Miss Granger, Mr Snape ?
Hermione sursauta mais la sage–femme leur sourit.
– Professeur, corrigea automatiquement Severus.
La sage–femme âgée parut confuse.
– Pardon ?
– C'est Professeur Snape.
– Je vois, fit–elle en souriant. Vous voulez bien vous donner la peine d'entrer ?
Hermione se leva et, pendant un bref instant, elle fut convaincue que Severus allait fuir. Mais il n'en fit rien. Il la suivit dans le bureau, laissant Daisy Jiggers seule avec son expression choquée … se demandant uniquement à qui elle allait le dire en premier.
A suivre…
Voilà, merci d'avoir lu jusque-là. J'attends vos commentaires.
Bisous.
Falyla
