Titre : Objects of Desire

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Auteure : Azrael Geffen

Traductrice : falyla

Correcteurs : falyla/Florent

Paring : Harry Potter/Draco Malfoy Hermione Granger/Severus Snape

Rating : M/NC-17

Etat de fic originel : terminée (20 chapitres divisés en 59 parties)

Etat de la traduction : terminée

Disclaimer: Les personnages appartiennent à l'univers de JK Rowling, l'intrigue est à Azrael Geffen, avec son aimable autorisation.

Warning : slash, scènes de sexe très graphiques, torture, viol, meurtre, tentative de suicide, drogue, abus d'alcool, langage cru.

Site : à cause des thèmes abordés, je ne sais pas si cette fic sera autorisée à rester sur FFnet, je la publie donc en parallèle sur AO3 sous le même pseudo.

Mise en ligne : sauf contretemps inattendu, le lundi, le mercredi et le vendredi.

Résumé : Après la fin de la guerre, Harry, Ron et Hermione décident de revenir à Poudlard pour obtenir leurs ASPICs. Avant la rentrée, lors d'une soirée très avinée, ils établissent et signent un pacte magique où ils s'engagent à perdre leur virginité pendant cette 8ème année.

Note de la traductrice : Merci beaucoup pour vos commentaires, j'apprécie vraiment.

Bonne lecture.

Chapitre 18 (8ème partie)

Ils s'étaient figés. Tout était figé, tout le monde était figé, le temps s'était suspendu et Draco était le seul dans la salle qui respirait encore – et il se demandait par quel miracle il y arrivait encore.

Ils s'étaient figés. Figés dans cette position. Leurs bouches verrouillées l'une contre l'autre. Les yeux de Harry n'étaient pas complètement clos, ses cils papillonnaient, presque imperceptiblement mais Draco arrivait à le distinguer. Les mains de Weasley étaient sur ses genoux mais elles glissaient vers ses cuisses, suivaient le galbe de ses hanches avec confiance et brusquement, elles se retrouvèrent à presser les fesses de Harry.

Puis ils s'animèrent et leurs bouches commencèrent à bouger. Leurs langues devaient se toucher. Se toucher, se caresser, s'emmêler.

La langue de Harry s'activait, exactement comme elle le faisait dans la bouche de Draco.

Draco en eut le souffle coupé et sa lèvre inférieure se mit à trembler.

Pleure pas. Putain, pleure pas.

Son visage se tordit.

Putain, pleure pas.

Il savait qu'il avait l'air dévasté.

Putain, pleure pas.

Harry et Weasley se séparèrent, un mince filet de salive scintilla dans l'étrange lumière bleue au–dessus du bar, les reliant comme une espèce de cordon ombilical transparent avant de finalement se briser et glisser sur leurs mentons. Weasley semblait interrogateur et dit quelque chose à Harry. Harry essuya son menton, répondit puis ils rirent tous les deux.

Draco voulait vomir mais il savait que s'il essayait, tout ce qui viendrait serait un haut–le–cœur sec. Son estomac se tordit comme si quelqu'un avait plongé sa main dedans et en retournait le contenu avec une douloureuse efficacité. Il ne voulait pas voir ça. Il ne voulait pas voir leurs bouches l'une sur l'autre, il ne voulait pas voir leur bouches se mouvoir, il ne voulait pas voir cette scène se rejouer dans sa tête encore et encore.

Mais il l'avait vu. Il l'avait vu, il était blessé et ça le brûlait et ça faisait mal, mal, mal.

Putain, pleure pas.

Mais Harry m'a dit de venir.

Putain, pleure pas.

Mais Harry m'a dit qu'on pouvait parler. Harry m'a dit de venir. Harry a dit…

Ce n'est plus mon Harry.

Il durcit les traits de son visage, du moins, il essaya. Il n'aurait pas dû venir. Ce n'était pas son monde. Draco Malfoy n'avait rien à faire dans un minable bar gay de Pré–au–Lard. Draco Malfoy n'avait rien à faire à Poudlard, école de Magie et de Sorcellerie. Son nom était Draco Malfoy, il était le Seigneur du Manoir, c'était là qu'était sa place, entouré de ses nombreuses possessions, servi par ses domestiques. Il voulait quitter cet endroit et y retourner sur le champ. Il voulait retourner là où il le devait. Il voulait retourner à la vie qu'il était censé vivre.

Draco Malfoy y survivrait. Il deviendrait l'homme que son père avait élevé. Il deviendrait puissant et redoutable. Il contrôlerait ses affaires et ceux qui l'entouraient avec le pouvoir de la volonté et la profondeur de leur crainte. Il prendrait plein d'amants, un après l'autre, il les attirerait avec ses charmes, susciterait leur sympathie avec ses cicatrices et s'en débarrasserait aussi efficacement qu'il jetait une plume cassée. Il en tirerait du plaisir, peut–être même du réconfort et, comme son père, il deviendrait encore plus beau en prenant de l'âge et il s'arrangerait pour épouser une sorcière de sang pur. Il produirait un héritier et le cycle recommencerait.

C'était le cheminement des choses, c'était comme ça qu'elles devaient être.

Il y en avait beaucoup pour dire qu'une vie sans amour était une vie sans intérêt mais il ne voulait pas vivre cette vie–là. Plus maintenant. Pendant toute sa vie, Draco avait vécu dans la terreur de la douleur physique. Son père ne l'avait frappé qu'une fois mais il s'en rappelait encore. Il avait quatre ans et il avait libéré une famille d'elfes de maison, c'était pourquoi son père avait été si furieux. Il se souvenait encore de sa colère et il se rappelait la crainte qu'il avait ressentie. Il arrivait très bien à imaginer que les victimes de son père aient eu à affronter cette colère et il les prit en pitié. Lucius l'avait battu de manière insensée et lui avait instillé la terreur de la douleur. Ce ne fut que des années plus tard qu'il découvrit que la peine physique pouvait être endurée. Il l'avait endurée et il avait survécu. C'était la douleur émotionnelle qui tuait. C'était la douleur émotionnelle qui vous coupait les bras, c'était la douleur émotionnelle qui vous faisait marcher dans la mer sans espoir, c'était la douleur émotionnelle qui vous amenait à rester dans un bar miteux de Pré–au–Lard, à chercher en vain de l'air frais et à pleurer en dépit de toutes vos putain d'efforts.

Il était en train de pleurer, il s'en rendait enfin compte. Il inspira une bouffée d'air, son visage était brûlant et humide, les gens le dévisageaient et le jugeaient parce qu'il avait perdu et qu'un rouquin de Weasley lui avait pris la seule chose qu'il aimait plus que son père et qu'il n'avait plus rien, à l'exception de la longueur de sa vie devant lui.

Draco prit une inspiration tremblante.

Harry tourna son visage et le vit. La panique se lut sur ses traits, c'était émouvant. Draco vit sa bouche former son nom mais il n'entendit pas les mots.

Il était temps de partir. Temps d'aller chercher Miss Kitty et de rentrer à la maison. Temps de redevenir lui–même à nouveau. Temps de s'enfuir parce qu'il ne supportait plus de rester là.

Il était temps de partir.

oOo

– Eh bien ?

Harry essuya la salive de son menton avec le dos de sa main. En vérité, c'était plutôt pas mal. En fait, c'était même bon sauf que ce n'était pas avec la bonne personne. Il haussa les épaules.

– C'était bien.

Bien ? répéta Fred sincèrement vexé. C'était plus que bien, mon pote, c'était fantastique !

– Ouais, c'était bon… mais c'était comme…

Harry tenta de trouver les bons mots.

– … C'était comme si j'embrassais un… frère.

Le visage de Fred changea et il lui lança un regard mortifié.

– Bon sang, Harry, c'est dégueu !

– Je sais bien ! Mais c'est comme ça que je le ressens !

– Ben, merci !

Ils se dévisagèrent pendant un moment puis explosèrent de rire.

Fred observa la piste de danse et ses yeux s'écarquillèrent.

– Bon, il semblerait que tu n'as plus besoin de retourner au château pour parler à Draco.

– Hein ?

Fred désigna la piste de danse de la tête.

– Il est juste là.

La tête de Harry se tourna violemment et ses yeux rencontrèrent ceux de Draco.

– Oh, putain… Oh, mon dieu… Oh, bordel de merde !

Il se sentit pris de vertiges comme s'il allait tomber de son tabouret. Le regard de Fred passa de Draco à Harry.

– Quoi ? Qu'est–ce qui cloche ?

Harry glissa de son tabouret, Draco s'était déjà tourné, il s'enfuyait en direction de la porte.

– Il nous a vus !

– Ouais, et alors ? Tu as dit toi–même que c'était comme embrasser un frère !

– Mais il ne le sait pas !

– Puis–je te rappeler que tu n'es plus avec lui désormais ? Tu peux embrasser qui tu veux, il ne peut rien faire pour t'en empêcher !

– Je vais y aller…

Fred lui attrapa le bras.

– Harry, ne cours pas après lui, tu n'as rien fait de mal. S'il ne peut pas accepter que c'est fini alors c'est son problème.

– Tu ne comprends pas…

– Je ne comprends pas quoi ? Que tu ne veux pas le bouleverser ? Tu lui as demandé de venir et il a dit non. Tu ne pouvais pas savoir qu'il allait se pointer – et même s'il était venu avec nous, tu as le droit de faire ce que tu veux ! Qu'est–ce que tu vas faire, marcher sur des œufs le reste de ta vie pour éviter de le contrarier ?

– Tu ne comprends pas que j'essayais d'arranger les choses avec lui, s'écria Harry, et maintenant il va croire que je bave complètement sur toi !

– C'était à peine baveux.

Harry retira son bras de l'étreinte de Fred en émettant un bruit désespéré.

– Calme–toi, le raisonna Fred, ce n'est pas si mauvais mais si tu lui cours après maintenant, tu auras l'air coupable.

– Ça n'a aucun sens !

– Si, ça en a. Tu es bouleversé, tu as l'air de vouloir t'excuser.

Harry n'en croyait pas ses oreilles, il voulait s'excuser il se mettrait à genoux, bon sang, et il supplierait pour son pardon ! Il sautait presque sur place tant il voulait rattraper Draco et lui expliquer qu'il s'était comporté comme un con.

– Écoute, au moins, calme–toi avant d'y aller, ça ne t'apportera rien si tu te mets à chialer devant lui.

– Eh bien, je ferai mieux d'aller chialer vers lui plutôt que de rester là à argumenter avec toi !

– Ce n'est pas comme si tu l'avais trompé ou quoi que se soit. Je t'en prie, Harry, calme–toi.

– Putain de merde, Fred, quand tu vas cesser de te foutre de ce que ressentent les autres ? Tu crois que c'est une bonne chose que Draco s'enfuie en croyant que j'étais là, à te rouler des pelles pendant toute la soirée ? Personne t'a jamais blessé ?

– Eh bien, premièrement, je me soucie de ce que les autres ressentent mais personnellement, je me fous de ce que croit Draco Malfoy alors non pour celui–là et oui, bien sûr, quelqu'un m'a déjà blessé mais je te dis maintenant que courir après lui comme un hystérique n'amènera rien de bon.

PUTAIN, JE SUIS PAS HYSTÉRIQUE !

– Oh si, tu l'es, affirma Fred avec un hochement de tête.

Harry renifla et fit à nouveau entendre un bruit de gorge désespéré, il sautillait sur place et se sentait malade.

– Je dois y aller, je dois vraiment y aller.

Fred avala le fond de son verre.

– Très bien, vas–y.

Il n'avait fini sa phrase que Harry était déjà parti.

oOo

Draco émergea de la chaleur du club avec le même soulagement que ressent un homme qui suffoque quand il peut enfin reprendre une vitale bouffée d'oxygène. L'air au–dehors était froid et vif. Il ne pleuvait pas, pour la première fois depuis longtemps. Non pas que la pluie importe, il faisait froid et au moins, il pouvait respirer – il n'y avait plus de douzaines de personnes qui le fixaient. La rue était tranquille quelques couples égarés devaient avoir trouvé un endroit dans une allée sombre ou dans tout autre endroit moins public. Alors la rue était déserte, Draco était seul, il essayait de reprendre son souffle.

Il se dit qu'il n'avait qu'à transplaner chez lui. Il n'avait pas besoin de retourner au château, il n'y avait rien là–bas qui ne pouvait être empaqueté par un elfe de maison et ramené au Manoir. Ces mêmes elfes de maison prendraient sans aucun doute soin de Miss Kitty jusqu'à ce qu'on lui la lui renvoie.

Mais Miss Kitty était une petite chose innocente et elle ne comprendrait pas qu'il ne vienne pas la chercher. Il irait d'abord la prendre au château puis il s'en irait. Dans vingt minutes tout au plus ils seraient en route.

Il ferma les yeux et tenta de se calmer. Il avait besoin de rationaliser les choses. Mais fermer les yeux ne faisait que lui ramener l'image de plein fouet. Cette vision d'eux.

– Putain ! Harry…

Il fit courir ses mains dans ses cheveux sales, il ne voulait qu'une chose, se faire engloutir par la rue et hurler. C'était totalement hors de question, bien sûr. Il était Draco Malfoy, il n'allait pas se jeter sur les pavés et se mettre à crier. Cependant, il ne put cesser de sangloter. Il essayait de s'arrêter et de simplement respirer mais les larmes ne tarissaient pas. Et il se tenait là, dans la rue, comme une jeune fille de quatorze ans au cœur brisé après une St–Valentin de merde.

Maudit sois–tu. Maudit sois–tu de m'avoir fait ça. Maudit sois–tu de m'avoir demandé de venir. Maudit sois–tu de me faire ressentir ça.

Draco s'essuya le nez sans cérémonie avec sa manche et sa honte augmenta quand il comprit à quoi il ressemblait exactement. Bien sûr que Harry avait trouvé quelqu'un d'autre. Bien sûr qu'il avait embrassé un des Weasley. Au moins, Weasley se douchait et s'habillait correctement. Il s'était rasé, arrangé les cheveux et sentait bon. Draco portait un des vieux pulls Weasley de Harry, celui qui avait un gros trou et maintenant, il essuyait sa morve avec sa manche – et le maillot qu'il avait mis en dessous n'avait pas été lavé depuis longtemps. Son jean était sale et il sentait la sueur rance. Il ne méritait l'amour de personne.

Il inspira bruyamment et regarda l'ombre du château. Il devait y aller.

– Draco ?

Il pivota sur ses talons et contracta son menton en direction de la voix. Ce n'était pas la voix de Harry. Non pas qu'il s'attende à ce que Harry ne vienne vers lui s'expliquer ou le prendre dans ses bras ou s'excuser. L'homme qui l'avait interpellé était plus grand et plus vieux et sa voix quand il avait prononcé son nom était étrangement exaltée dans sa surprise. Draco ne connaissait pas cette voix, pourtant elle lui semblait familière, comme s'il s'en souvenait par de vagues réminiscences de rêves. L'homme se tenait bien droit. Plus grand que Draco, ce qui le surprit parce qu'il était grand lui–même. Il portait une capuche et une cape, son visage était obscurci par les ombres. Dans sa main, il tenait un sac provenant d'une des boutiques locales manifestement, il avait fait quelques magasins après les heures d'ouverture.

– C'est vous, n'est–ce pas ?

Une fois encore, la voix était transportée de joie.

– Oui, bien sûr que c'est vous. Ce ne peut être que vous, vous êtes si parfait.

– Est–ce que je vous connais ?

La voix de Draco était tremblante, légèrement rauque. Il renifla involontairement et plissa ses yeux gris.

– Vous lui ressemblez tellement, c'est incroyable.

L'homme se rapprocha, la main tendue. Draco recula instinctivement avant que la main ne puisse toucher son visage humide.

– Mais vous pleurez !

Il semblait stupéfait, comme si l'idée de verser des larmes était étonnante.

– Mais qui diable ose provoquer tant de tristesse et faire pleurer un ange ?

Et brusquement, Draco sut qui il était.

– Vous.

Il recula encore d'un pas, il savait qu'il n'avait qu'à se tourner et courir jusqu'au bar.

– Vous êtes le conservateur… du musée.

– Je dois dire que ce n'est que la seconde fois que je vous vois en chair et en os mais vous êtes époustouflant.

Semeuse repoussa un peu sa capuche, comme pour essayer de mieux voir.

– Vous croyez au destin, Draco ? Vous êtes là, seul dans la rue, si manifestement en détresse. Vous ressemblez à un gamin des rues qui appelle à l'aide. C'était écrit, mon petit dragon.

– Je…

Draco trouva le manche de sa baguette dans la poche de sa robe.

– Je dois y aller, on m'attend.

Semeuse sourit, il savait très bien que les doigts du jeune homme s'étaient refermés sur sa baguette. Il resta immobile et fixa l'enfant. Ce n'était d'ailleurs plus du tout un enfant, plutôt un homme dans tous les sens du terme. Mais c'était l'enfant de Lucius et l'opportunité était trop parfaite pour la laisser passer. Il entra doucement, subrepticement, dans son esprit et découvrit les récents événements de la soirée. Il sourit une nouvelle fois, paternellement, presque comme un prédateur.

– Personne ne t'attend, Draco. Ma pure beauté, un imbécile t'a fait pleurer et pourtant, quelle plus douce vision que les larmes d'un ange ?

– Je dois y aller.

Draco fronça les sourcils et sortit sa baguette Semeuse exulta un long et lent soupir qu'un murmure parut un instant habiter et Draco sentit son corps frémir et se détendre, sa baguette tomba silencieusement sur le sol.

– Tu ne manqueras à personne, mon chéri. Tout le monde se fiche de toi. Sauf moi. Et ton père. Tu es seul, Draco.

Sa voix était réduite à un souffle tandis qu'il se rapprochait.

– Par quelque manœuvre du destin, cet imbécile t'a laissé seul.

Semeuse tendit ses longs doigts, sa paume fraîche trouva la joue de Draco et la caressa avec une révérencieuse fascination. Draco frémit et tenta de reculer mais découvrit que ses membres n'obéissaient plus à son esprit.

– Ne combats pas le sortilège, Draco, ça ne fera que te blesser.

Draco cligna des yeux et essaya de réprimer une montée de panique. Quelqu'un allait venir bientôt, quelqu'un les trouverait. Harry allait sortir. Il s'était levé quand il avait vu Draco quitter le club, il viendrait le chercher. Il viendrait. Il le fallait. Harry avait sauvé d'innombrables personnes, assurément, il prendrait une minute pour sauver son pathétique ex–amant de cet homme.

– Il ne viendra pas pour toi, mon chéri.

Semeuse suivit la trace d'une larme de son doigt osseux.

– Il ne t'aime plus, il est passé à autre chose et il a trouvé quelqu'un d'autre. Il n'a jamais mérité ton amour. Il ne pourra jamais te garder, il ne mérite pas quelque chose d'aussi proche de la perfection et il ne pourra jamais retenir auprès de lui quoi que ce soit d'aussi divin.

– Je veux juste rentrer chez moi, murmura Draco, la voix subitement calme. Je vous en prie, laissez–moi rentrer chez moi.

– Tu lui ressembles tellement.

Pour Semeuse, c'était un émerveillement, comme s'il avait trouvé le plus grand des trésors jamais cachés.

– Tu as ses traits et pourtant, tu es plus délicat, je pense, sans doute le sang de ta mère.

Il fit glisser ses mains sur la taille de Draco et fut surpris de sa légèreté, le pull trop large était trompeur.

– Vous êtes tous les deux comme des anges. Vous êtes, tous les deux, bien trop parfaits pour ce royaume vous appartenez à ceux de votre espèce, à un niveau céleste mais je suis l'heureux élu – je vais vous garder tous les deux.

Pourquoi est–ce qu'il attirait les cinglés ? D'abord Regina et maintenant, ce taré. Ou peut–être que c'était son père qui attirait les foldingues et lui, il se trouvait juste dans la trajectoire. Draco savait parfaitement à qui le conservateur faisait référence en parlant de lui. Bien que Draco sût que les hommes de sa famille étaient tous beaux, suggérer qu'ils étaient nés avec une sorte de visage céleste, c'était chercher un peu loin. Plus qu'un peu, c'était franchement grotesque.

– Ton père t'aime, Draco… déclara Semeuse d'une voix douce tandis que ses mains caressaient sa taille mince. Il veut tellement faire pour te protéger.

Il ramena une main vers le visage de Draco et passa délicatement son pouce sur ses lèvres soyeuses.

– Mais tu es si délectable, tu es comme lui, la plus tendre bouchée d'un plat, irrésistible. Comment pourrais–je te laisser là ? Mon ange s'en remettra, il pourrait même apprendre à aimer ça. Tu pourrais même apprendre à aimer ça aussi, Draco. Imagine ça, mon mignon, tu es parfait – et lui est au–dessus de ce niveau – alors vous seriez parfaitement complémentaires, aussi complémentaires qu'il est possible de l'être. Vous deux, enlacés, nageant dans un océan de plaisir… Tellement érotique, tellement sensuel. Tu peux imaginer ça, Draco ?

La bouche de Draco s'ouvrit et se referma quand il réalisa ce que le conservateur avait en tête.

Oh, ouais, il est cinglé, c'est super. D'abord Harry me quitte pour un Weasley et maintenant, ce vieux pervers veut me voir baiser avec mon père – J'ai trop de chance.

– C'est mon père.

Bien sûr, le conservateur le savait déjà et Draco savait que le conservateur le savait. Pourtant, ça devait être dit, histoire de tenter de le lui faire clairement comprendre et peut–être pour illustrer à quel point le concept même était dégoûtant.

– Il est parfait, Draco – et tu es parfait. Pense à ta vie, pense à ce que tu es et comment tu as été élevé. Tu ne mérites que le meilleur, et il est le meilleur.

Semeuse sourit en attrapant Draco derrière la tête, emmêlant ses doigts dans ses cheveux pâles.

– Je sais qui était ton amant, un héros, notre héros. Harry Potter. Je comprends que tu l'aies pris pour le mieux que tu puisses obtenir mais c'était là, juste sous ton nez. Je vais seulement t'aider à le trouver. Il t'aime et je t'aime, c'est tout ce qui importe.

– Comment pouvez–vous m'aimer, vous ne me connaissez même pas...

Semeuse eut un haussement d'épaules.

– Au–delà de ta beauté, mon cœur, ton esprit m'importe peu.

Draco faillit sourire, il avait toujours suspecté la même chose. Il essaya de s'extraire de la poigne du conservateur et découvrit qu'il pouvait bouger à nouveau. Il recula d'un pas, se libérant des mains du vieil homme. S'il se déplaçait assez vite, il pourrait retourner au bar. Le conservateur était un vieil homme, Draco pouvait s'éloigner même si ça signifiait laisser sa baguette sur le sol.

Une fois de plus qu'est–ce que le vieil homme allait lui faire ? L'enlever en pleine rue ? Même si le conservateur employait l'Imperium pour contrôler Draco, forcer quelqu'un à transplaner était au mieux risqué mais essayer de transplaner avec quelqu'un ne le voulant pas pouvait se révéler un désastre. D'accord, il pouvait posséder un Portoloin et là Draco était baisé, à moins qu'il ne s'enfuie à l'intérieur. Draco savait aussi que l'âge n'était pas vraiment un facteur sur lequel il pouvait compter pour le ralentir. Tous ceux qui connaissaient Albus Dumbledore savaient très bien qu'avec l'âge venait la puissance, quand il s'agissait de sorciers.

Mais si cette vieille buse était si puissante, pourquoi avait–il choisi de devenir conservateur de musée ?

Parce qu'il est cintré, putain, voilà pourquoi !

– Ne t'éloigne pas, Draco. Il n'y a rien qui te retienne ici. Tu es seul, Draco, désespérément seul, et je peux sentir ta douleur. Qu'est–ce qui t'a conduit hors du bar ? Je peux le voir, Draco, il t'a brisé le cœur, il ne t'aime pas, mais comment le pourrait–il ? Il ne te comprend pas, il ne sait pas d'où tu viens, c'est un sang–mêlé, il n'a aucune idée de ta vie ni de la beauté qui y réside.

– Harry me comprend… Il…

– Il t'a quitté, Draco.

Draco fronça les sourcils et recula encore. Comment pouvait–il savoir ça ? Un autre expert en Legilimencie ? Ou autre chose ?

– Tout le monde finit par te quitter, Draco. C'est ce qu'ils font toujours. Il n'y en a qu'un seul qui n'a jamais choisi de se séparer de toi et je le détiens… Tu lui manques tellement…

– Il ne me veut pas près de vous. Il ne veut pas que je m'approche du musée.

Il avait réussi à le surprendre ; Draco afficha un demi–sourire en voyant l'expression un peu choquée du conservateur.

– Je vois que Lucius a testé ses limites, je m'arrangerais avec lui plus tard.

Il sourit d'un air las.

– Il aime me provoquer, c'est un jeu pour lui.

Il remarqua la mine de Draco.

– Tu pensais que c'était un rêve, non ? Oh, non, c'était tout à fait lui. Il est parfaitement conscient, tu ne le savais pas ? Je croyais vraiment que le petit elfe espion t'aurait tout dit – ou peut–être qu'il l'a dit à ton parrain aux cheveux gras et que le message n'est pas passé. Peut–être qu'ils pensent que tu ne mérites pas de savoir. Peut–être qu'ils pensent que tu n'es pas assez important pour savoir. Ça ne compte pas non plus, Lucius est à moi, Draco, et je ne le lâcherai pas uniquement parce que son petit lui manque.

Draco réprima de nouvelles larmes et durcit son visage.

– Mais quel beau petit tu es, Draco.

Semeuse tendit une nouvelle fois la main et ses doigts se refermèrent autour de la fine chaînette suspendue autour du cou de Draco. Il tira sur les deux pendentifs qui étaient cachés sous son maillot et les examina avec attention.

– Tu aimes les belles choses, Draco, murmura–t–il. Moi aussi, tu vois, nous avons ça en commun.

Draco se renfrogna. Un des pendentifs était le médaillon de sa mère qui, il était d'accord, était magnifique, l'autre était une minuscule fiole de Navitas, c'était difficilement une chose sur laquelle s'extasier. Harry n'était pas encore sorti du club et Draco se mit finalement à douter qu'il le fasse. Peut–être qu'il s'en fichait – peu importe, de toute façon, il devait essayer de se sortir de cette situation, sauf qu'il ignorait comment.

– Laissez–moi tranquille, dit–il fermement, la voix pleine de fausse bravade. Je dois retourner au château, on m'y attend.

– Je ne peux pas, Draco.

La voix du conservateur était cadencée, hypnotique Draco reconnut la ruse de sa dernière rencontre avec cet homme et recula encore.

– Ne t'enfuis pas, petit, tu ne peux pas, tu m'appartiens – ainsi que ton père.

Draco en avait assez entendu, il ne pouvait en supporter davantage, il serait mieux à l'intérieur du club qu'ici avec cet homme. Il se tourna pour partir, oubliant que le conservateur tenait les pendentifs dans sa main.

Semeuse tira d'un coup sec sur la chaînette et la tête de Draco partit en arrière, lui coupant douloureusement le souffle alors que la chaînette cédait dans un claquement. Semeuse fouilla dans les cheveux de Draco et frappa sa nuque.

Draco entendit vaguement les pendentifs heurter le sol alors que son corps était ramené contre le conservateur qui pressait durement contre son dos. La main libre du vieil homme serpenta autour de son corps et Draco sentit l'extrémité pointue d'une baguette qu'on enfonçait durement dans ses côtes.

– Je te l'ai dit, Draco, tu es à moi.

Semeuse tira un peu plus fort sur ses cheveux et fit ployer sa tête en arrière, un cri involontaire s'échappa de ses lèvres.

– Ne me combats pas, Draco, tu ne peux pas gagner.

Draco se débattit avec vigueur et donna des coups de pieds. Le talon de sa botte toucha le tibia du conservateur et lui arracha un grognement. Ce dernier répondit en donnant une autre secousse à ses cheveux.

Ça ne compte pas, laisse le salopard tirer un peu plus sur tes cheveux, ça repoussera.

Mais l'homme était plus fort qu'il n'y paraissait le bras passé autour de la taille de Draco se resserra et la baguette s'enfonça plus profondément entre ses côtes.

Oh, mon dieu, je ne vais pas réussir à me libérer de ce taré.

Et Harry sortit enfin du club. Il courait, regardait dans tous les sens, si absorbé à trouver dans quelle direction était parti Draco qu'il ne prit pas tout de suite conscience de la scène qui se déroulait devant ses yeux.

Oh, merci, mon dieu, merci, mon dieu, merci, mon dieu.

– Il est temps d'y aller, petit, chuchota Semeuse, les yeux sur Harry qui les avait enfin repérés et qui sortait sa baguette.

HARRY !

Semeuse réussit à glousser dans l'oreille de Draco avant de plonger sa baguette plus fortement dans ses côtes.

Stupefix ! murmura–t–il.

Draco s'effondra dans les bras du conservateur. Semeuse sourit à Harry, alors que celui–ci ouvrait la bouche pour prononcer un sortilège. Il toucha l'agrafe de sa cape et, avant que Harry ne puisse finir, ils étaient partis, évanouis dans la nuit, sans laisser la moindre preuve de leur présence passée, exceptés les deux pendentifs et la baguette de Draco au sol.

Harry resta immobile dans l'air froid, son cœur battait la chamade dans sa poitrine et la désolation du désespoir s'installa rapidement au creux de son intestin.

A suivre…

Voilà, merci d'avoir lu jusque-là. J'attends vos commentaires.

Bisous.

Falyla