Titre : Objects of Desire

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Auteure : Azrael Geffen

Traductrice : falyla

Correcteurs : falyla/Florent

Paring : Harry Potter/Draco Malfoy Hermione Granger/Severus Snape

Rating : M/NC-17

Etat de fic originel : terminée (20 chapitres divisés en 59 parties)

Etat de la traduction : terminée

Disclaimer: Les personnages appartiennent à l'univers de JK Rowling, l'intrigue est à Azrael Geffen, avec son aimable autorisation.

Warning : slash, scènes de sexe très graphiques, torture, viol, meurtre, tentative de suicide, drogue, abus d'alcool, langage cru.

Site : à cause des thèmes abordés, je ne sais pas si cette fic sera autorisée à rester sur FFnet, je la publie donc en parallèle sur AO3 sous le même pseudo.

Mise en ligne : sauf contretemps inattendu, le lundi, le mercredi et le vendredi.

Résumé : Après la fin de la guerre, Harry, Ron et Hermione décident de revenir à Poudlard pour obtenir leurs ASPICs. Avant la rentrée, lors d'une soirée très avinée, ils établissent et signent un pacte magique où ils s'engagent à perdre leur virginité pendant cette 8ème année.

Note de la traductrice : Merci beaucoup pour vos commentaires, j'apprécie vraiment.

Bonne lecture.

Chapitre 19 (1ère partie)

Résolution

Le ciel s'ouvrit avec une brusque férocité, les nuages noirs de pluie se déchirèrent tandis que le vent faisait claquer les bannières dans le stade de Quidditch.

Harry se tenait dans la rue détrempée, incapable de bouger, engourdi de crainte et glacé par la pluie froide. Ses cheveux mouillés étaient plaqués sur sa tête et tombaient en mèches visqueuses sur ses épaules. Ses habits étaient collés à sa peau. S'il restait là, sous ce déluge, il allait attraper la mort. Cette absurde notion lui traversa l'esprit si rapidement qu'il faillit en rire. Mais il ne pouvait pas bouger. Ses pieds étaient collés et, bien qu'il soit trempé, son corps semblait ignorer le soudain orage et l'air glacé. Ses yeux étaient larges comme des soucoupes, comme s'il était défoncé. L'étrange sourire qui était apparu sur son visage s'affadit et il sentit ses traits se tordre sous le choc.

Il pouvait encore entendre la voix de Draco dans sa tête, hurlant son nom. Il pouvait entendre la panique vibrant dans l'air, elle faisait écho au vent mugissant et tourmentait Harry, le raillait d'avoir échoué. Il était arrivé trop tard. Draco était parti et c'était entièrement de sa faute.

Les éclairs craquelèrent le ciel et, pendant un bref instant, la pluie torrentielle étincela d'une lumière surnaturelle, comme provenant du paradis lui–même. Puis il s'en suivit un grondement de tonnerre et Harry se retrouva seul dans la rue inondée.

Harry avança d'un pas, pas très sûr ce qu'il devait faire maintenant. Debout, trempé jusqu'aux os, le ressort légendaire de Harry Potter avait failli. Il ne savait pas quoi faire. Il ne savait pas par quoi commencer. Il ne comprenait pas ce qui s'était passé. Une minute, Draco était là et la suivante, il avait disparu. Il y avait aussi un homme, grand et élancé.

Dans la rue, risquant d'être emportée par le flot des eaux du caniveau, il y avait la baguette de Draco, et, non loin, tombée entre les pavés ronds, Harry distingua le pendentif qu'il n'enlevait jamais et autre chose.

Harry s'accroupit et ramassa les précieux objets de ses mains glacées. Emmêlés dans la chaîne du pendentif, il y avait les restes d'un minuscule flacon de Navitas. Il s'était brisé quand il avait frappé le sol de pierre. Les dernières gouttes de liquide vert s'écoulèrent entre les doigts de Harry. Il voulut soupirer mais fut saisi d'étonnement par le son qui sortit de sa gorge. C'était un sanglot haut perché qui déchirait l'air, par–dessus le bruit de la pluie. C'étaient les affaires de Draco, si personnelles que Harry pouvait presque percevoir son aura filtrer à travers elles de toutes parts, pénétrant ses paumes. Il posa le médaillon sur ses lèvres. Il était froid. Il pouvait sentir les grains de poussière de la rue sur la peau douce de ses lèvres. Il l'éloigna et frémit. Le médaillon avait été éraflé. Harry savait que personne ne l'avait laissé tomber avant. C'était une preuve d'amour de Lucius Malfoy envers sa femme et Narcissa Malfoy ne l'aurait jamais laissé choir. La chaîne brisée était une preuve qu'il avait été arraché de son cou. Arraché et laissé au sol comme s'il ne signifiait rien.

L'homme qui était venu et avait emmené Draco ne se souciait pas de lui. Cet homme qui avait pris l'amour de sa vie ne le connaissait pas. Il ne savait pas que Draco avait besoin de son sérum de Navitas pour survivre. Il ne savait pas à quel point le médaillon était spécial. S'il s'en était soucié et s'il l'avait connu, il n'aurait jamais laissé ces choses tomber au sol. Ce homme s'était contenté de l'emmener et ne s'était nullement préoccupé de ce dont Draco avait besoin.

Puis, aussi soudainement que la pluie était venue, la vérité frappa Harry de plein fouet.

Quelqu'un était venu enlever Draco. Un homme l'avait stupéfixé et l'avait kidnappé. Emporté loin de Harry. Et Harry ressentit brusquement un vide immense, comme s'il n'y avait plus rien en lui. Tout était parti avec Draco.

Voûté au–dessus des choses qu'il tenait dans sa main, Harry savait qu'il devait agir. Il devait se ressaisir. Il fut soudain conscient que lui parvenait la pulsation étouffée de la musique du bâtiment derrière lui, à peine audible dans le rugissement de la pluie. Il savait qu'il ne pouvait pas rester là. Il ne pouvait pas rester là à contempler les affaires de Draco. Il se balançait d'avant en arrière, à la manière d'un enfant négligé, essayant désespérément de se réconforter. Il effleura doucement les possessions de Draco, tout en sachant bien que ça ne le ferait pas revenir.

Mais le désespoir avait atteint sa poitrine et agrippait maintenant son cœur de ses doigts glacés. Tout ce qu'il pouvait voir c'était l'image du visage paniqué de Draco, comme si c'était une hideuse et menaçante vision.

Harry fronça les sourcils devant sa propre faiblesse. Comment pouvait–il se permettre de s'effondrer ? Il était Harry Potter ! C'était une des choses dans laquelle il excellait ! Il avait toujours sauvé des gens. Il avait toujours foncé sans la moindre hésitation, prêt à se battre avec les sales types. Il ne connaissait pas la peur, il avait été entraîné à affronter et détruire ses ennemis, il avait été entraîné à sauver le monde !

Alors pourquoi ne pouvait–il pas bouger maintenant ? Pourquoi n'était–il pas déjà en train de s'activer, à la recherche de l'homme qui avait enlevé Draco ?

Parce qu'il aimait trop Draco et il ne pensait qu'à une chose : et s'il le trouvait trop tard ? Si Draco mourait avant qu'il ne le trouve, Harry ne le supporterait pas. Il ne supporterait pas de voir Draco étendu quelque part, ses magnifiques yeux gris fixant le vide. Harry avait vu trop de morts. Il avait vu mourir ceux qu'il aimait – et il savait qu'il ne pourrait supporter d'assister à celle de Draco.

Alors il resta là où il était, accroupi sur son arrière–train, à se balancer d'avant en arrière sur ses chevilles, trempé jusqu'aux os par la pluie. L'odeur de la pluie était omniprésente autour de lui mais on pouvait discerner le parfum terreux de la forêt qui entourait le village et le château. L'effluve du feuillage semblait proche, un humide relent sous–jacent de pourriture qui envahit les sens de Harry. Ça avait été une soirée horrible et Harry serra les affaires de Draco un peu plus fort dans sa main et les amena contre son cœur. Il ne pouvait pas supporter ça. C'était trop dur.

Mais quelque part, Draco l'attendait.

Un groupe de personnes sortit du club et le bruit soudain de rires et joyeuses conversations le ramena à la raison. Harry se força à se redresser, la baguette et le médaillon de Draco dans sa main. Draco l'attendait, Harry en était certain. Draco combattrait chaque attaque, même si la lutte était futile. Draco était fort mentalement, à défaut de l'être physiquement. Il tiendrait aussi longtemps qu'il le pourrait. Harry devait le trouver avant que son besoin de Navitas le tue – ou que l'homme qui l'avait enlevé s'en charge.

Qui l'avait kidnappé ? Pourquoi cet homme était–il venu le prendre ?

Harry avança d'un pas, puis d'un autre. Bien que la pluie fût froide, il était en sueur. Puis, comme si quelque chose s'était silencieusement déclenché en lui, il se mit à courir en direction de la forêt et du château qui s'étendait au–delà.

Il n'avait pas le temps de retourner à la route qui rejoignait l'arrière du château. Harry avait gaspillé le peu de temps qu'il avait en frissonnant devant le club, sous le choc. Il se dirigea vers la forêt, sachant que s'il la traversait, il atteindrait plus vite les murs du château. Il courut à travers la pluie cinglante et gravit la pente rude de la colline ; il avait l'impression de n'avoir jamais couru si vite. Il courut comme s'il avait le diable à ses trousses, les bras remontés sur les côté, haletant pour respirer, les jambes durement sollicitées, chaque foulée l'ébranlait jusqu'à l'os.

Droit devant, il y avait Poudlard et, à l'intérieur, le seul salut qu'il connaissait. Dumbledore saurait quoi faire. Dumbledore saurait surmonter le choc qui avait engourdi le cerveau de Harry Dumbledore saurait comment agir. Harry se le récita comme un mantra, encore et encore ; il utilisa sa panique pour se propulser en avant.

Les éclairs déchirèrent le ciel une nouvelle fois et Harry faillit s'arrêter lorsque le château se retrouva illuminé devant lui. Il semblait si proche il avait l'impression qu'il pouvait tendre la main et le toucher mais il savait qu'il avait encore beaucoup de chemin à parcourir.

Le salut. C'était ce que le château avait toujours été pour lui. Il y avait des milliers d'endroits où se cacher là–bas, des endroits où Harry s'était dissimulé pendant des années. Il y avait aussi un endroit pour les conseils avisés, même s'il ne l'avait pas beaucoup remarqué. Un lieu où l'aide était toujours disponible pour celui qui le demandait.

Il continua à courir, redoublant d'efforts pour atteindre son sanctuaire. Le sol était mouillé sous ses pieds, spongieux et glissant, cherchant à le piéger. Harry s'attendait à tomber au moins une fois ; quelque chose devait forcément mal tourner, mais il ne chuta pas. Il poursuivit sa course en plongeant au travers des arbres, au travers de l'obscurité des ombres et du sous–bois luxuriant. Il commençait à penser qu'il y avait peut–être une chance – une chance infime mais néanmoins réelle – de pouvoir sauver Draco à temps.

oOo

Pour un homme qui avait passé sa vie entière à prévoir soigneusement chacun de ses mouvements, Severus Snape avait accumulé le nombre d'actes impulsifs cette année. Certaines personnes aimaient le changement, elles appréciaient que leur vie prenne un tournant inattendu et s'enrichisse de surprises. Snape n'en faisait pas partie. Il aimait le dénouement attendu d'un plan bien orchestré ; la monotonie de sa vie la rendait prévisible et des changements aussi vastes que ceux qui s'y étaient récemment opérés le faisaient frémir de terreur. Il se sentait hors de contrôle pour la première fois depuis de nombreuses années, comme si sa chère vie était en train de s'envoler alors qu'il s'y agrippait désespérément.

Non pas que les changements soient une mauvaise chose. Se retrouver étendu sur le sol de la maison de Harry Potter à Londres avec sa femme – bon, elle était presque sa femme parce qu'ils devaient attendre un mois pour se marier après l'enregistrement des papiers – à cheval sur lui était assurément un changement qu'il aurait rechigné à qualifier de désagréable. Hermione était assise à califourchon sur lui, elle levait sa main dans la lumière du feu pour admirer sa nouvelle bague en diamant. Severus aurait voulu lui offrir une pierre d'Elysium ou une autre pierre puissante. Les diamants avaient peu de mérite magique dans le monde sorcier, ils les considéraient comme des pierres de pauvres et Snape ne voulait pas paraître indigent. Cependant, Hermione avait insisté pour qu'il lui offre un diamant. Elle avait grandi avec des Moldus et, apparemment, ils accordaient une grande valeur à certaines pierres. Elle avait choisi un sertissage qu'elle adorait et maintenant elle se tenait joyeusement sur le ventre de Severus et admirait la façon dont il étincelait dans la lumière des flammes.

– Tu aimes ta bague ? s'enquit–il inutilement.

– J'adore ma bague, répondit Hermione en détournant son regard de son doigt. Elle est magnifique, exactement comme celle de ma grand–mère.

Severus se demandait si c'était une si bonne chose. Il n'appréciait pas l'idée d'avoir acheté quelque chose qui ressemblait à une vieille babiole moldue.

– J'avais l'habitude de prendre ses bagues dans sa coiffeuse et de les essayer. J'ai toujours voulu avoir sa bague de fiançailles.

Hermione parut rêveuse un moment puis brusquement, elle gloussa comme si elle avait un peu le vertige. Ensuite son expression s'assagit et elle fit courir ses mains le long des bras de Severus et cloua ses poignets au sol.

– Maintenant, Professeur, dit–elle d'une voix séductrice, c'est vous qui êtes mon prisonnier.

Il afficha un sourire affecté.

– Et toi, tu vas devoir descendre de là pour enlever tes vêtements.

– Allons, allons, Professeur, ne cherchez à prendre un avantage sur moi. En plus, qui a dit que j'allais me déshabiller ?

– Oh, je pense que tu seras nue avant la fin de la nuit.

Hermione le relâcha et souleva une fois de plus sa main devant le feu.

– Même si je peux te laisser t'en aller n'importe quand, précisa–t–elle d'un air dégagé, ça ne veut pas dire que tu peux t'échapper.

Elle bâilla exagérément puis s'étira en s'assurant que le diamant brillait devant elle.

– De plus, je pense que ce sont tes vêtements que je vais enlever, pas les miens.

– Tu crois ça ?

– Oh, oui.

Elle gloussa une nouvelle fois avant de faire courir ses doigts sur sa chemise, se débattant avec ses boutons comme elle le pouvait.

– Cette chemise n'est vraiment pas terrible, tu n'en pas vraiment besoin.

– Tu préfères les robes ?

– Sur toi, absolument.

Il ne s'offensa pas. C'était un sorcier et il était tout à fait naturel que les habits de sorciers lui siéent infiniment mieux que ces minables habits moldus. Ainsi, tandis qu'elle faisait sauter les boutons de sa chemise avec sa baguette, s'en offusquer semblait inutile.

Hermione se souleva un peu afin de tirer la chemise hors de son pantalon puis elle se réinstalla et ouvrit la chemise pour révéler sa peau pâle. Elle le sentit inspirer, exposant ainsi ses côtes saillantes au sein du véritable massif montagneux qu'était son corps. Il n'était pas beau. Elle n'était pas aveuglée par l'amour au point de ne plus le voir tel qu'il était. Il était mince et pâle, il avait un grand nez et les cheveux gras.

– Comment tu as fait ça ? demanda–t–elle.

– Comment j'ai fait quoi ?

– À la fête, pour le Nouvel An… Comment tu as fait pour ressembler à ça ?

– Je n'étais pas comme maintenant ?

– Non… Si. Tu étais toi – mais tu avais l'air différent.

– C'est Minerva. Elle a passé sa journée à tester divers charmes pour cacher mon vaste étalage d'imperfections. Pourquoi ? Tu préférerais que je te les cache ?

– Tu le ferais ?

Il y réfléchit.

– Oui, admit–il prudemment, si c'est ce que tu veux.

Elle baissa les yeux vers lui, englobant son corps, sa mâchoire effilée, la lourdeur de ses sourcils et son nez en bec d'aigle.

– Non, finit–elle par dire. Je ne voudrais rien changer. Tu es parfait comme tu es.

– Difficilement parfait.

– Tu es parfait pour moi.

Et c'était vrai. Elle soupira doucement. Il était complexe et sombre et pourtant, pendant cette année, il avait plus appris sur lui–même qu'elle ne l'aurait cru possible. Elle pouvait enfin voir ce qu'elle avait toujours pensé y trouver tout en y croyant à peine. Elle pouvait voir du bon en lui. Il n'était pas un héros romantique mais il était tout à elle. Chacune des parties complexes de son être. Elle pouvait se perdre dans ses ténèbres et se baigner dans sa lumière. Il était tout ce qu'elle avait toujours espéré et elle avait de la chance de ne pas avoir à passer sa vie à le chercher. Il avait toujours été là et le serait toujours.

Il s'étendit complètement sous elle alors qu'elle faisait glisser ses manches sur ses bras et l'aida quand elle ne réussit pas à déboutonner les manchettes. Une fois que la chemise fût enlevée, elle descendit le long de son corps et commença à s'attaquer au pantalon. Il se souleva sur les coudes et la regarda, souriant très légèrement en voyant son air concentré tandis qu'elle faisait glisser la fermeture à glissière sur la bosse croissante de son érection.

– Je ne sais pas où tu as eu ce pantalon, marmonna–t–elle en secouant la tête. Tu possèdes un joli complet alors ce n'est pas que tu n'as aucun goût vestimentaire…

– C'est Sabine qui a acheté le complet, admit–il.

– Le professeur Delancet ?

– Elle a meilleur goût que moi en matière de vêtements moldus.

Il fronça les sourcils à cet aveu.

– Alors qui t'a acheté ces trucs affreux ?

– Oh, c'est moi. Je me les suis procurés à la fin des années '80 pour les voyages urgents dans le monde des Moldus.

– Bien, ils doivent disparaître.

– Je croyais que tu étais en train de t'en débarrasser, la provoqua–t–il.

Elle rit et commença à descendre le pantalon.

– Il faut que tu enlèves ces bottes d'abord, fit–il.

Mais Hermione n'écoutait pas, absorbée par sa tâche. Elle tira d'un coup sec et le pantalon se retrouva sur ses pieds.

– Hermione, tu dois enlever mes bottes en premier… Hermione… les bottes… Hermione… AÏE !

Elle leva les yeux au ciel et se moqua de lui.

– Oh, ça ne fait pas mal !

– Bien sûr que si !

– Bien sûr que non ! Comment est–ce que tu as pu avoir mal ?

– Tu as essayé de m'arracher les pieds !

Elle lui tira la langue et se mit en devoir de lui ôter ses bottes puis ses chaussettes. Il s'étendit à nouveau et se couvrit les yeux avec son bras, décidant que ce serait aussi bien de ne pas regarder sa progression.

Elle enleva ses propres chaussures et s'agenouilla à côté de lui. Ses jambes étaient longues et pâles, couvertes de poils sombres. Elle aimait la sensation qu'ils lui procuraient sous la paume tandis qu'elle effleurait ses cuisses.

Elle réussit finalement à lui ôter tous ses vêtements et fit remonter ses doigts le long de ses jambes. Il plia un de ses genoux osseux et elle glissa délicatement sa main à l'intérieur de sa cuisse. Ses muscles se tendirent et il gémit, d'une voix basse et douce. Il ne la regardait pas. Il n'était pas certain de pouvoir subir ça plus longtemps sans jouir sur son ventre.

Les doigts démoniaques lui chatouillèrent les testicules et sa tête retomba sur le sol dans un bruit sourd.

– Hermione…

Il émit un grognement frustré.

– Assez de tout ça… On y va !

Hermione gloussa d'une manière qui n'avait rien d'angélique.

– Allons, je pensais que vous étiez un modèle de patience, Professeur. Non ?

– Mais où tu as appris ça ? gronda–t–il.

Hermione lui adressa son plus beau regard de biche.

– Eh bien, c'est vous, Professeur, dit–elle innocemment. J'ai toujours pensé que vous étiez un excellent enseignant – malgré votre tempérament.

Il lui glissa un regard par dessous la visière de son bras.

– Je suis un Maître de Potions, Miss Granger. Tout ça, vous l'avez appris par vos propres moyens.

Hermione gloussa une nouvelle fois et remercia silencieusement Lavande, Harry et Draco qui parlaient ouvertement de leurs vie sexuelle, n'importe où et devant tout le monde.

– Eh bien peut–être qu'il y a quelques leçons que tu aimerais apprendre.

Il émit le même bruit frustré que précédemment, avant de dire :

– Je pourrais te faire rouler sous moi en quelques secondes, tu le sais, ça, non ?

Elle battit coquettement des cils d'une manière qui lui rappelait Lavande Brown de façon inquiétante.

– Mais tu ne veux pas savoir ce que je vais t'enlever ensuite ?

Leur regard à tous les deux se porta sur le sous–vêtement noir. Hermione se lécha ses lèvres comme un machiavélique petit chaton.

– Ou de quelle manière je vais te l'enlever ? ronronna–t–elle.

Severus grogna et décida qu'il pourrait peut–être tenir encore quelques minutes de plus.

Elle se glissa sous l'élastique du sous–vêtement et fut stupéfaite de la chaleur qu'elle y trouva. Ses doigts habiles cherchèrent l'origine de cette chaleur, laquelle remua et grossit un peu plus. Pour quelques raisons absurdes, elle eut envie de rire. Elle tenta d'étouffer le son mais ne put réprimer le ricanement résultant.

Severus se redressa brusquement et lui lança un regard furieux.

– Qu'est–ce que tu fais ? De quoi tu ris ?

– De rien !

Elle sourit et un autre ricanement lui échappa. Elle se tut aussitôt en voyant son expression.

– Je suis désolée, c'est juste que c'est tellement chaud… On dirait une combustion spontanée.

Il se renfrogna et ôta son sous–vêtement en une seconde, si rapidement qu'elle faillit manquer son geste. Puis il jeta le vêtement par–dessus son épaule et tressaillit quand il atterrit dangereusement près du feu.

Hermione pinça les lèvres à la manière de Minerva et secoua la tête.

– Severus, tu n'es pas un très bon élève ! Jeter ainsi ton caleçon dans le feu, il aurait pu s'enflammer et brûler toute la maison !

– C'est hautement improbable, Hermione.

Son sourire revint et elle le chatouilla sous le menton.

– Bien. Maintenant couche–toi, que je puisse continuer la leçon.

Severus s'étendit avec un autre grognement frustré. Hermione l'étudia, observa le corps nu étendu sur le sol. Tout à elle, soumis à son bon plaisir. À la lumière du feu, son érection était d'une beauté primale, comme une espèce d'antique symbole de la fertilité. Avec hésitation, elle fit courir ses doigts sur la longueur de son sexe et sourit en l'entendant inspirer brusquement. Il sentait le musc et le propre. Elle se pencha, cherchant à le prendre dans sa bouche.

– Non… l'interrompit–il, le souffle laborieux, en soulevant son visage de ses longs doigts. Je ne peux pas… Je te veux maintenant, je ne peux pas attendre…

Hermione le dévisagea, les yeux écarquillés, l'innocence sexuelle qui demeurait encore en elle se réduisant à vue d'œil. Elle était stupéfaite qu'il la désire autant et, pour la première fois, elle fut frappée par l'étendue du pouvoir de sa féminité. Sa puissance dans ce domaine était grande, peut–être plus encore que sa puissance magique et elle pouvait encore étendre son emprise sur son amant. Un jour, elle emploierait ce pouvoir et sa capacité à le torturer pendant leurs jeux érotiques mais ce soir, elle n'était pas certaine de savoir jusqu'où elle pouvait le pousser – et son propre besoin devenait urgent.

Elle ôta sa culotte et se hissa au–dessus de lui. Elle remonta sa jupe sur ses hanches tandis que son sexe engorgé s'insinuait le long de sa fente.

Les mains de Snape se refermèrent sur sa taille et elle se souleva, répondant à son insistance. Elle se pencha légèrement en avant, les mains à plat sur son torse pour trouver son équilibre. De ses doigts tremblants, elle le guida afin que l'extrémité de son pénis se place juste à l'entrée. Ses cuisses se tendirent et elle s'interrompit un long moment tandis que l'anticipation attisait ses sens puis elle plongea lentement sur lui, jusqu'à ce qu'elle enveloppe entièrement sa longueur distendue. Un râle purement sexuel s'échappa sans retenue de ses lèvres en réponse au frisson d'être emplie de manière si licencieuse.

Ses hanches se balancèrent en un rythme sensuel ses yeux roulèrent sous ses paupières baissées. C'était si bon. C'était si bon de se sentir comblée.

– C'est pour ça que tu veux m'épouser ? demanda–t–elle d'une voix mélodieuse.

Il grogna. Elle sentait les hanches de Snape travailler, ses fesses se crisper et se relâcher.

– Non… grogna–t–il une nouvelle fois à cause de l'effort de ses mouvements répétés. Je veux t'épouser parce que je t'aime… Baiser avec toi, c'est un plus.

Elle se souleva et s'empala encore et encore. Snape raffermit sa prise sur sa taille et l'enfonça sur lui alors que ses hanches remontaient avec une force égale elle cria, exultant alors qu'elle était inondée par une pluie d'étincelles grésillantes de plaisir.

Il plongea en elle encore et encore, établissant un rythme dur et régulier. Elle jeta sa tête en arrière et le chevaucha sauvagement, la sensation de recevoir une douche d'étincelles s'intensifia, doubla et redoubla jusqu'à qu'elle sente qu'elle atteignait le point de non–retour et jouit, sa chair brûlant sous les vagues convulsives de l'orgasme.

Et pourtant, il était toujours dur en elle, elle n'arrivait pas à croire qu'elle avait joui en premier. Hors d'haleine, elle s'effondra et, une fois de plus, rétablit son équilibre avec une main sur sa poitrine. Il murmura une question en laissant glisser sa main le long de sa hanche afin de rectifier sa position.

– Non, haleta–t–elle, le corps encore tremblant. Continue… c'est bon… continue…

La solide gratification de l'avoir en elle la consumait toute entière son sang bouillait dans ses veines et son désir se renouvela tandis qu'elle revenait à la vie et recommençait à se balancer.

Il tendit la main et tira sur les boutons de sa blouse jusqu'à ce qu'elle s'ouvre, puis glissa ses doigts sous les bonnets de dentelle de son soutien–gorge rose pâle. Elle se pencha pour l'embrasser mais au lieu d'un baiser, il l'attrapa brusquement et la fit rouler sur le sol comme il lui en avait fait la menace et il se retrouva au–dessus, toujours en elle, sans cesser de plonger durement dans son corps.

– Je te l'avais dit, jubila–t–il, sa lèvre ourlée par un sourire démoniaque.

Elle soupira avec douceur, heureuse qu'il ait finalement eu raison et si satisfaite de la sensation d'être prise qu'elle ne remarqua pas sa main qui se glissait entre eux jusqu'à ce que le bout de son doigt trouve la perle durcie de son clitoris. Elle inspira une brusque bouffée d'air et frémit tandis qu'il continuait à titiller son bourgeon ultrasensible sans relâche.

– Non, haleta–t–elle. C'est trop… c'est trop bon…

Mais il l'avait ouverte en grand et il était implacable. Il la dévisagea tandis qu'il entrait et sortait, ses yeux noirs ne ressemblaient plus à des iris mais à deux flaques sombres et insondables.

– Je veux voir ton visage, murmura–t–il. Je veux te voir jouir.

Et il s'enfonça en elle si profondément qu'elle ressentit sa présence dans toutes les cellules de son corps. Comme si ses paroles l'avaient libérées, elle sentit un autre orgasme la prendre et la secouer avec une telle force qu'elle fut incapable de savoir s'il s'agissait de plaisir ou de douleur.

La bouche de Snape s'abattit sur la sienne avec une obsession brûlante alors que l'apogée de son propre plaisir arrivait. Les doigts de Hermione plongèrent dans ses cheveux et les tirèrent douloureusement afin de s'y agripper fermement tandis que leurs baisers s'approfondissaient jusqu'à en devenir suffocants. Quand finalement ses poussées s'atténuèrent, il s'écroula en l'attirant contre lui pour ne pas briser le contact entre eux.

Il sembla qu'ils restèrent là une éternité et ce ne fut que lorsque le froid se fit sentir qu'ils réalisèrent que le feu s'était éteint. Il caressa le doux renflement de son ventre, effleurant de ses doigts la surface entre ses deux hanches et se demanda distraitement comment un bébé pouvait trouver sa place dans un si petit espace. Elle s'élargirait, son ventre se distendrait et leur enfant grandirait à l'intérieur. Son enfant grandirait là. Leur enfant. Mais pour l'instant, son ventre était à peine plus renflé qu'une petite butte, doux au toucher et pourtant dur s'il y exerçait une pression.

Avec une sorte de ronronnement, elle se cala contre lui, enroula ses bras autour de sa nuque et plaça sa tête dans le creux de son épaule. Ses lèvres remuèrent contre sa peau. Il attendit qu'elle parle mais elle se tut.

– On doit rentrer demain, chuchota–t–il, en entremêlant ses doigts dans ses épais cheveux.

– Je sais, répondit–elle en embrassant la peau fraîche. Je ne veux pas y penser.

– Ce ne sera plus long, les examens sont le mois prochain.

Il se redressa en la tirant avec lui.

– Il fait froid ici. On ferait mieux d'aller au lit avant d'attraper quelque chose.

Hermione inspira, s'étira puis brusquement faillit s'étouffer de rire. Elle n'était pas tellement certaine de savoir si elle devait révéler à Harry qu'ils avaient baptisé le sol de son salon.

oOo

Ron Weasley se mordit l'ongle du pouce en regardant fixement le jeu d'échecs cabossé devant lui. Les quelques pièces qui lui restaient lui rendirent inutilement son regard, certaines avaient émis une suggestion mais la plupart se contentaient de le toiser avec dédain alors qu'il était en train de perdre une autre partie contre la fille aux cheveux noirs qui lui faisait face. Ils étaient assis en tailleur sur le sol, Ron était penché sur le jeu et méditait le fait qu'il ne semblait pas capable de la battre.

À ce stade de la partie, Pansy Parkinson avait placé ses couilles dans un étau. Il avait toujours cru qu'elle était totalement mièvre et pourtant, elle lui avait botté le cul presque à chaque fois. Il avait cru aussi qu'une fois qu'il aurait quitté l'hôpital et serait de retour chez lui, dans son environnement, il aurait regagné son mordant au jeu. Mais non. Il en était même très loin. Et il ignorait totalement si c'était parce qu'elle était juste trop bonne ou s'il l'avait entièrement perdu.

Elle était très douée à ce jeu.

Et cette maison n'était plus la sienne. Il n'aurait jamais dû envisager son retour ici comme une sorte de salut. Parce que ce n'était pas le cas. Il aurait dû exiger de rentrer chez lui. Et chez lui, c'était à Londres dorénavant. Sa maison était située à Grimmauld Place. Le Terrier avait cessé d'être son foyer depuis longtemps et il l'était encore moins maintenant.

Particulièrement en ce moment.

– Très bien, vous deux, il est tard. J'ai votre médicament et après, au lit.

Ron tressaillit intérieurement au ton de la voix artificiellement joyeuse de sa mère. Elle souriait du même horrible sourire qu'elle affichait depuis son arrivée au Terrier. Il détestait ce son, il détestait ce sourire et il détestait le chacun dans son propre lit sous–entendu qui paraissait planer sur chacune de leur fin de soirée quand elle répétait gaiement la même phrase, quelle que soit leur occupation à ce moment–là. Très bien, vous deux, il est tard. J'ai votre médicament et après, au lit. (Chacun dans son lit).

Ron tenta de lui offrir un sourire rassurant et espéra que sa mère ne formulerait pas ce qu'elle avait en tête. Il vit ses yeux passer sur lui, sur son visage et descendre le long de ses bras minces. Son sourire chancela. Il n'aurait pas dû mettre un T–shirt aujourd'hui. Il aurait dû enfiler un pull quand il avait commencé à faire froid plutôt que d'invoquer un sortilège de chaleur sur lui. Mais il ne l'avait pas fait et les yeux de Molly s'attardèrent sur les longues cicatrices mauves qui couraient sur la chair pâle de l'intérieur de ses bras. Elle se détourna, le visage révulsé.

Pansy regarda Ron, consternée, et Ron frotta inconsciemment ses bras. Molly s'était retirée dans la sécurité de sa cuisine et fixait l'horloge sur l'étagère. Ron savait ce qu'elle regardait. La main qui lui indiquait qu'il était à la maison, sain et sauf. Il se leva et rejoignit sa mère, il n'était pas certain de savoir quoi dire mais espérait que ce qui sortirait de sa bouche permettrait d'ouvrir le dialogue.

– C'est bon, maman, dit–il. Je vais bien…

Molly sursauta légèrement avant de se détourner de l'horloge. Elle se dirigea d'un air affairé vers le petit plan de travail et se mit à préparer la potion de sommeil que Ste–Mangouste avait envoyée chez eux en même temps que Ron et Pansy.

Il fixa la potion haïe et grimaça. Il aurait aimé qu'elle parle. Il aurait aimé qu'elle dise autre chose que les gentillesses obligatoires qui étaient requises d'une infirmière. Il aurait aimé qu'elle crie ou hurle. Il aurait aimé qu'elle fasse quelque chose.

– Je suis désolé, dit–il derrière elle. Je suis vraiment désolé, maman.

– Tu n'as pas à être désolé, mon chéri, le rassura–t–elle vivement.

Elle mesura la préparation dans des verres.

– Nous savons tous ce qui s'est passé. Angelina en est la cause, elle l'a planifié et elle a réussi…

Elle ferma les yeux et rectifia :

– Presque réussi.

– Maman…

Ron s'interrompit, pas sûr d'être capable de s'aventurer une fois de plus sur le même terrain. Il s'excuserait et elle le renverrait. Et il se retrouverait avec la même sensation oppressante dans les tripes – ils ne pouvaient pas rester là. Ou, du moins, lui ne pouvait pas rester là. Molly traitait Pansy assez bien mais Pansy n'avait pas choisi sa maladie tandis que Ron avait choisi son chemin – c'était du moins la façon dont il le voyait.

Il n'aurait pas été surpris de découvrir qu'il n'était pas loin de la vérité avec cette hypothèse. Molly ajoutait une dose plus ou moins lourde de culpabilité à l'ensemble.

– Voilà, fit Molly.

Elle força la joie à revenir avec un sourire factice tandis qu'elle lui tendait le verre de potion de sommeil.

– Tu bois ça et je te préparerai du chocolat chaud que tu prendras au lit avec toi.

Ron accepta le verre mais ne le but pas. Il le versa dans une plante verte qui avait l'air encore plus mal en point à cause du régime qu'elle subissait depuis une semaine. Molly avait donné son propre verre à Pansy qui l'avait accepté. Elle adressa un regard coupable à Ron avant d'en prendre une assez grosse gorgée pour satisfaire Molly puis disposa du reste dès que Molly se détourna. C'était une tactique qu'ils avaient mise au point pendant les rares moments où elle les laissait avoir une conversation privée.

Molly reprit le verre de Ron et lui lança un regard interrogateur. Pendant un instant, il fut convaincu qu'elle savait et il attendait qu'elle lui en parle. Rien ne fut émis cependant et il se sentit un peu perdu. Il n'avait pas d'autres intentions que d'aller au lit et dormir mais il ne voulait pas être drogué pour le faire. Il se sentit coupable de décevoir sa mère mais ils en avaient discuté alors qu'il était encore à l'hôpital et elle se sentait tranquille de le savoir drogué pour dormir la nuit. Elle vivait dans la terreur à l'idée de se réveiller un matin et de le trouver mort Ron devait admettre que la mélancolie qui le rongeait était toujours là – elle s'était considérablement atténuée depuis que Pansy était au Terrier avec lui.

– Tu veux du chocolat chaud ? demanda–t–elle et, pendant un bref instant, elle ressembla à nouveau à sa mère et non à cette infirmière étrangement douce qui l'avait remplacée.

Ron, qui avait plus mangé pendant ces deux dernières semaines qu'en un mois, sourit gentiment et répondit :

– Ouais, ce serait gentil, maman.

Molly sembla relâcher son souffle. Elle retourna vers la voûte qui menait au salon.

– Pansy, ma chérie, viens prendre un peu de chocolat chaud avant d'aller au lit.

oOo

L'air de la chambre à coucher était froid, Hermione observa Severus allumer un feu dans l'âtre. Elle avait pensé qu'il aurait été avisé de mettre un vêtement de nuit et, une nouvelle fois, elle maudit Lavande de lui remplacer son pyjama pratique contre une chemise de nuit en soie. Severus la garderait cependant au chaud, de ça, elle était certaine.

– Severus ? l'interpella–t–elle sans vraiment y penser.

– Mmm ?

– Lucius Malfoy…

Elle s'interrompit, elle réalisa instantanément ce qu'elle disait et sut que ce n'était peut–être pas le sujet le plus intelligent qu'elle ait jamais amené sur le tapis. Severus se redressa devant la cheminée et, sous le coton rêche de sa chemise de nuit, elle vit son corps se raidir.

– Quoi, Lucius Malfoy ?

– Rien… rien du tout.

Ce qui, bien sûr, l'alerta instantanément sur le fait qu'il y avait quelque chose.

– Qu'est–ce que tu veux savoir ? s'enquit–il d'une voix légèrement plus formelle et aussi tendue que son corps.

– Que… commença–t–elle avant de mordiller sa lèvre et il sut qu'elle lui cachait quelque chose.

– Qu'est–ce qui ne va pas ? Qu'est–ce que tu veux savoir sur Lucius ?

– Ce n'est pas tant au sujet de Mr Malfoy, corrigea–t–elle, c'est plus à propos de toi.

Si ça le surprit, il n'en montra rien.

– Qu'est–ce que tu veux savoir sur moi ? demanda–t–il à voix basse.

– Qu'est–ce que tu envisages de faire avec lui ?

Il fronça les sourcils.

– J'envisage de faire avec lui ? Qu'est–ce que tu veux dire par là ?

– Dans son journal intime, il y a une potion, une incantation et un bon nombre de notes que tu as faites et si j'ai bien suivi ce qui tu as écrit, je ne peux que comprendre que Mr Malfoy n'est pas entièrement… parti et que tu as placé une sorte d'espion dans le musée… quelqu'un qui peut communiquer avec lui… et que cette potion qu'il a retranscrite est en fait un moyen qui aidera à le libérer de l'état dans lequel il s'est plongé – quel qu'il soit.

Il resta silencieux pendant qu'elle débita tout ça d'une seule traite puis, quand elle eut fini, il tenta de se contrôler et lâcha d'une voix à peine plus élevée qu'un murmure :

– Et comment tu sais tout ça ?

– J'ai…

Elle rougit et se mit à mordiller sa lèvre encore une fois.

– J'ai lu le journal.

– Récemment, je présume ?

Elle hésita.

– Eh bien… oui, confirma–t–elle avec défi. Je l'ai lu récemment.

– Intéressant que tu l'aies lu récemment alors que j'ai été incapable de le retrouver.

Elle déglutit et se redressa, incapable de le regarder dans les yeux mais essayant de paraître confiante malgré tout.

– Je l'ai pris, avoua–t–elle aussi sobrement que possible.

– Je vois.

Il s'assit sur le bord du lit mais son expression s'était assombrie, sa voix était devenue soyeuse et brusquement, il lui parlait à nouveau comme à une élève et non plus comme à la femme qu'il allait épouser.

– Et qu'est–ce qui t'a fait penser que tu pouvais faire ça ?

– Je voulais juste le lire, expliqua–t–elle mais, même à ses propres oreilles, elle avait l'air de se justifier. Mais ensuite, quand je l'ai lu, on a réalisé ce que tu allais faire. On ne pouvait pas te laisser faire ça – alors, on l'a gardé.

– On ?

Un sourire lugubre et triomphant étira sa bouche un bref instant.

– Potter et toi.

Ce n'était pas une question parce que Severus savait d'instinct qui avait lu le journal.

– Harry n'a rien à voir avec cet emprunt. Je l'ai pris parce qu'il voulait comprendre quelque chose à propos de Draco et j'ai pensé que ça pourrait l'aider. Et je me rappelle avoir lu quelque chose à propos d'une potion le jour de la St–Valentin et je voulais en savoir plus à ce sujet.

Elle se renfrogna.

– Mais tout ça est hors sujet ! Severus, comment tu peux envisager une seconde de libérer cet homme ?

Severus la dévisagea.

– Pourquoi penses–tu savoir ce que je vais faire ? La dernière fois que j'ai vérifié, tu n'étais pas devenue maître en Legilimencie et, même si tu l'étais, je garde mon esprit fermé alors tu n'aurais jamais été capable de le dire.

Il n'attendit pas sa réponse.

– Si tu avais pris la peine de demander…

– Tu ne me l'aurais pas dit ! Tu ne m'en as même jamais parlé…

– Si tu avais pris la peine de demander, répéta–t–il un peu plus fort, je t'aurais dit quels auraient été mes projets.

– Et quels étaient tes projets ?

– Arthur Weasley deviendra Ministre de la Magie le mois prochain…

– Ce n'est pas certain, objecta Hermione.

– Il sera Ministre, insista Severus. Une de ses premières mesures sera de remanier Azkaban. Les Détraqueurs seront remerciés. Mon plan est de parler avec Arthur Weasley et de trouver une sorte d'arrangement afin que Lucius retourne à Azkaban.

– Mais Lucius pourrait s'échapper d'Azkaban, même avec les Détraqueurs, contra Hermione, tu le sais !

– Il y a des tas de moyens, des choses qui peuvent être faites pour l'empêcher d'aller n'importe où.

– Comme quoi ? exigea–t–elle de savoir.

– Il y a une potion, expliqua–t–il, mal à l'aise. Elle est ancienne, elle ne porte même pas de nom.

– Et qu'est–ce qu'elle fait ?

Il eut l'air horriblement sinistre un instant.

– Elle empêche les gens comme Lucius Malfoy de s'échapper d'Azkaban.

– Comment ?

Il la regarda longuement et se demanda comment il s'était retrouvé avec une femme si exigeante. N'y avait–il aucune limite à ses questions ? Ne pouvait–elle pas simplement le croire sur parole ?

– Comment ? demanda–t–elle encore une fois.

Elle lui lança une œillade noire, revendiquant le droit de tout savoir et il savait qu'il allait devoir lui expliquer.

– Ce n'est pas une potion dont on parle dans notre monde, seuls les dieux savent pourquoi elle a été créée en premier lieu et son usage a longtemps été considéré comme inconcevable.

– Qu'est–ce qu'elle fait ? Qu'est–ce qui peut être pire qu'un Détraqueur ?

– Que chérit un Sang–Pur – particulièrement un Sang–Pur comme Lucius Malfoy – par–dessus tout ?

– L'argent ?

Severus sourit de sa naïveté.

– Non, ma chérie, pas l'argent. Il aime l'argent mais ce n'est pas ce qu'il prise par–dessus tout.

– Alors qu'est–ce que c'est ? Qu'est–ce que Lucius Malfoy aime plus que l'argent ?

– Beaucoup de choses, son fils, tout d'abord – mais il ne s'agit pas de ça non plus. La chose qu'il prise par–dessus tout est le pouvoir.

– Il n'a pas plus de pouvoir, protesta–t–elle. Même si tu le libères, il n'a plus de pouvoir dans notre monde. Tout le monde sait qui il est maintenant, il n'a aucun pouvoir.

– Non, pas son pouvoir politique, ses pouvoirs. Sa magie.

Il lui fallu un petit moment pour que la pleine implication de ses paroles la pénètre. Puis ses yeux s'écarquillèrent.

– Il existe une potion qui ôte nos pouvoirs ?

– Comme je l'ai dit, ce n'est une chose dont nous parlons. La plupart des Sangs–Purs préféreraient être donnés aux Détraqueurs plutôt que vivre leur vie sans pouvoirs… comme des Moldus.

Elle ne put réprimer un tressaillement en entendant le ricanement contenu dans sa voix tandis qu'il prononçait le mot Moldus.

– Mais… tu lui ferais ça ? Il préférerait sans doute la mort !

– Connaissant Lucius, certainement mais j'espère qu'il entendra raison et pensera à d'autres plutôt qu'à lui–même.

– Tu penses à Draco ?

– Essentiellement. Draco a besoin de lui vivant et cohérent, maintenant plus que jamais. Il est sur une pente glissante depuis que ce ridicule ami qui est le tien a pris une certaine hauteur morale et l'a quitté. Maintenant, la seule personne qu'il écoutera est son père…

– Harry n'est pas ridicule, il a fait ce qu'il croyait juste.

– Ce qu'il croyait juste ? Mais qu'est–ce que Potter sait de ce qui est juste ou pas quand il s'agit de ses relations ?

– Autant que toi, je dirais. Tu ne m'as pas quittée parce que tu croyais que tu faisais ce qui était juste ?

– Les circonstances étaient complètement différentes.

– Non, bien sûr que non ! Tu…

– Quelle que soit l'issue de ces spéculations, le résultat est le même.

– Alors tu ferais ça, tu irais au devant de tous ces ennuis pour le bien de Draco Malfoy ?

Severus remua inconfortablement, pas certain de savoir jusqu'où elle avait besoin de connaître sa relation avec Lucius Malfoy. Mais elle mit fin à ses interrogations en souriant gentiment.

– J'ai lu le journal, Severus, Mr Malfoy était très appliqué à reporter tout ce qu'il faisait aux gens… toi inclus.

– Alors tu sais mais ça n'affectera pas ma décision quant à l'issue de son sort.

– Tu le crois vraiment ? Je pense que tu l'as aimé… et je pense qu'il t'a aimé aussi.

– Ce n'était pas une liaison amoureuse.

Il faillit rire à l'absurdité de cette idée.

– C'était une attraction malavisée il n'y avait pas de relation à proprement parler.

– Mais vous étiez amis.

– C'est vrai.

– Ça a dû te faire du mal de le remettre aux autorités après la guerre

– Mais je sais ce qu'il est, Hermione et je sais de quoi il est capable.

– Mais maintenant, tu cherches à l'aider.

– S'il le veut bien.

– Pourquoi pas ?

– Il croit que je mettrais Draco en danger. Apparemment, le conservateur du musée veut Draco pour une raison qui lui est propre. Lucius a demandé à Non de placer un charme sur un animal domestique qui garde Draco au château.

– Et qu'est–ce qui se passera après l'école ?

– Pas la moindre idée.

– Draco le sait ?

– Non. Draco est trop têtu. Il se précipiterait vers le conservateur et, manifestement, Lucius pense que cet homme le battrait. Néanmoins, je suis sûre qu'une fois que Weasley sera Ministre, il mettra fin à cette dégradante exposition et renverra Lucius à la garde de Draco – et nous serons libres de comprendre ce qu'a fait Lucius.

– Tu as déjà fait la potion ? Celle qui le libérera ?

– Je l'ai commencée… mais certains ingrédients sont soit peu clairs, soit introuvables. Et l'incantation est plus longue que ce qu'il y a sur la page que j'ai trouvée. Le journal est comme un puzzle, il a écrit partout où il trouvait une page de libre.

– Oui, je l'ai remarqué aussi, admit–elle, mais si tu lui poses une question, il te montre où regarder.

Et il dut avouer qu'il n'y avait même pas pensé. C'était tellement simple.

– Je peux t'aider, proposa–t–elle immédiatement. Je peux t'aider à déchiffrer l'incantation et préparer la potion.

– Je ne sais pas si je peux finir la potion… on a besoin de choses qui ne sont même pas disponibles dans le royaume. De l'huile, des plumes et du sang d'ange. Je ne sais même pas où commencer à les chercher. Regina était censée nous aider à les obtenir. C'est une Moldue mais elle est capable de voyager entre les deux mondes… mais bien sûr elle s'est révélée complètement cintrée.

Et tout s'expliqua. Draco avait torturé Regina parce qu'elle savait des choses qui pouvaient aider son père. C'était la seule qui pouvait obtenir les derniers ingrédients de la potion. En ne couchant pas avec elle, il avait laissé tomber son père. Hermione se fit une note mentale de le dire à Harry, il avait le droit de savoir il devait considérer tout ça depuis cette perspective–là.

– Mais tu as de l'huile, lui rappela–t–elle rapidement. Dans ta réserve, en bas, tu as de l'huile d'ange.

Il sembla totalement perdu en entendant cette affirmation. La salle de stockage secrète avait existé pendant longtemps il l'avait trouvée par accident alors qu'il recherchait un endroit idéal pour y mettre ses propres fournitures. Il avait catalogué ce qui s'y trouvait alors mais ça faisait seize ans et il avait bel et bien oublié la moitié ce qu'il avait écrit en bas.

– Je peux t'aider, répéta–t–elle.

– Nous attendrons notre retour à Poudlard. La potion est en préparation dans mes appartements. Quand nous serons de retour, tu pourras m'apporter le journal intime et nous regarderons. En même temps, je suggère que nous essayions de dormir un peu. Il est tard et on a besoin de repos.

– Tu es fâché contre moi ?

– Oui.

Elle se mordit la lèvre.

– Mais tu m'aimes encore ?

– Bien sûr.

– Et tu me laisseras t'aider.

– Demain, dit–il. Nous parlerons de ça demain.

oOo

Arthur Weasley n'avait pas visité Poudlard, école de sorcellerie et de magie pour raisons sociales depuis un bon nombre d'années. Bien qu'il eût réussi à se convaincre que ceci était vraiment un voyage social, il se connaissait assez bien pour savoir qu'il était là pour s'assurer le soutien d'Albus Dumbledore quand le Wizengamot voterait le mois suivant. Non pas qu'il ait besoin de s'assurer du soutien de Dumbledore. C'était Dumbledore qui l'avait poussé à se présenter contre Fudge pourtant ça ne faisait pas de mal de s'en assurer. Ces derniers temps, il ne s'était rendu au château que pour de regrettables affaires. Il y avait eu la guerre et il avait fallu protéger des enfants innocents des Mangemorts qui se souciaient peu de leur âge puis son fils avait décidé que sa vie ne valait plus la peine d'être vécue et ensuite il avait soudoyé le fils de son ennemi d'enfance afin qu'il le soutienne dans sa tentative de traduire en justice les soi–disant héros de guerre pour crimes. Il craignait d'avoir baissé dans l'estime de Dumbledore après ces deux dernières affaires.

Il ne comprenait pas ce qui s'était passé avec Ron. Maintenant, des mois plus tard, il ne comprenait toujours pas. Angelina était tombée encore plus profondément dans la folie à Azkaban et son fils cadet ne serait probablement plus jamais le même. Ron paraissait avoir vieilli d'une dizaine d'années depuis février et, d'une façon ou d'une autre, il avait manqué tous les signes. Arthur aimait à penser que c'était parce que Ron était à l'école et qu'il n'était pas présent pour être témoin de la dégringolade de son fils. Mais ce n'était pas entièrement vrai. Ron était rentré à la maison pendant deux semaines à Noël et, apparemment, tout était déjà joué alors – il avait tout simplement été trop occupé pour le voir.

Sa soudaine orientation de carrière lui coûtait cher. Pas que Ron ne le lui ait jamais reproché. Et personne d'autre n'avait jeté le blâme devant sa porte non plus. Ils lui avaient tous dit qu'il faisait ce qu'il devait, en plaçant les besoins de leur monde au–dessus de lui et de sa famille. C'était un noble sacrifice. Mais, face à son fils mourant, il aurait dû s'interroger sur ce raisonnement.

Cependant, ce point était purement hypothétique maintenant. Ron était à la maison, sain et sauf, en compagnie d'une jeune fille qui avait rapidement fait partie de la famille.

Pourtant, quelque chose le taraudait. Peut–être que son voyage pour voir Dumbledore n'était uniquement pour s'assurer de son soutien, peut–être qu'il avait aussi besoin qu'on lui confirme qu'il faisait vraiment ce qu'il fallait.

Arthur avait son propre programme. À la fin de la guerre, après la mort définitive de Voldemort, Fudge avait lâché sa propre armée d'Aurors afin de pourchasser les Mangemorts qui s'étaient échappés de la bataille finale. Et il y avait ceux dont la haine pour leur ennemi était si grande qu'ils s'étaient ralliés à cette cause malgré leur dégoût personnel pour Fudge. Alastor Maugrey était l'un de ces hommes. Il avait durement combattu il s'était battu pour le bien de leur monde. C'était après la guerre qu'il était allé trop loin. Dans ce que d'aucuns virent comme le but caché de Fudge, à savoir débarrasser leur monde des anciennes familles, personne ne fut épargné. Les enfants furent arrachés à leurs familles loin de la sécurité de Poudlard et utilisés comme monnaie d'échange afin d'obliger leurs parents à se confesser – le taux de disparition ou de mortalité de ces enfants fut alarmant.

Arthur ne comprenait pas. Pourquoi Fudge, qui avait toujours été si franc sur la suprématie de la lignée des Sangs–Purs avait–il cherché à les détruire ? Diverses théories avaient germés, une des plus populaires était que la Ministre essayait de couvrir ses traces. Peut–être qu'il avait été un Mangemort lui–même durant les premières attaques de Voldemort, des années auparavant, et qu'une fois parvenu à sa fonction, il avait cherché à se distancer de son passé quand il avait reçu sa charge ministérielle. En détruisant toutes les anciennes familles, il détruisait avec efficacité toute trace de son propre passé.

Arthur n'était pas sûr d'y croire. À son avis, il n'était pas certain que Cornelius Fudge soit si complexe, il portait tout simplement un amour si avide à son poste que ça l'avait conduit à ce qu'il pensait être une démarche populaire.

Selon Arthur, les motifs de Fudge ne signifiaient rien. Rien ne pouvait concilier Arthur avec l'idée de tuer des enfants – quelle que soit la gravité de leurs actes. Ron revenait de l'école, année après année, en se plaignant de Draco Malfoy et de ses gorilles Crabbe et Goyle mais Arthur avait vu le corps de ces enfants après qu'ils eurent été torturés, battus et laissés pour mort dans un endroit quelconque et il ne pourrait jamais se réjouir de leur mort. Certes, ils s'étaient comportés comme des brutes mais ils méritaient une chance de grandir. Personne ne savait ce qu'ils seraient devenus. Les responsables devaient être traînés devant les tribunaux ou la guerre ne serait jamais vraiment terminée.

Ces procès étaient le but d'Arthur et il pensait peut–être que cette quête lui coûterait les élections. Mais il semblait que son idée avait l'aval du Wizengamot. Ils avaient tous vus le résultat des jugements de Fudge. Ils s'étaient tous soldés par des morts d'enfants. Et ils avaient tous vus bien trop de morts.

Alors il s'était porté candidat et s'il devenait Ministre, il faisait le serment d'appliquer des réformes.

Il avait tout ceci en tête lorsqu'il s'assit confortablement dans les appartements attitrés d'Albus Dumbledore. Ça avait toujours été un bel endroit. Moins un bureau qu'une sorte de salon. C'était un lieu paisible et Arthur l'avait toujours apprécié, et, tandis que son esprit tournait, il se sentit physiquement détendu.

– Est–ce que Molly vient ? s'enquit Minerva.

Elle se tenait près d'une vitrine remplie de cristaux de belle qualité et tenait quelques verres à pied dans ses mains.

– Non, répondit distraitement Arthur. Molly est restée à la maison, elle espionne Ron.

– Elle espionne Ron ? répéta Minerva en riant, un peu incrédule à cette idée. Mais, bon sang, pourquoi ferait–elle une chose pareille ?

Arthur secoua la tête, une expression de vous ne voulez pas le savoir inscrite sur son visage. Néanmoins, il leur offrit quand même une explication :

– La jeune Pansy est restée avec nous et Molly est convaincue que si elle les laisse seuls une seconde, ils vont terminer au lit.

Albus et Minerva échangèrent un regard mais ne dirent rien.

– Bien sûr, je lui ai fait remarquer qu'ils avaient tous les deux l'âge de faire ce qui leur plait, ajouta Arthur en se renfrognant. J'imagine que nous ne pouvons pas vraiment les empêcher de le faire et je l'ai aussi dit à Molly. Et bien sûr, Molly s'est énervée et a commencé à parler de leur apprendre le respect qu'ils nous devaient et combien ils devraient nous être reconnaissants d'avoir accueilli Pansy en premier lieu. Puis elle m'a réprimandé d'avoir dit ça évidemment qu'ils n'ont rien fait du tout, ils se contentent probablement de profiter de leur compagnie mutuelle on est en train d'agir prématurément.

Une fois encore, Minerva et Dumbledore échangèrent de rapides coups d'œil puis Dumbledore gloussa :

– Je vois. Eh bien, Arthur, prenez ce problème, multipliez–le par plusieurs centaines et vous saurez ce que c'est d'être directeur de Poudlard.

Arthur lui concéda ce point.

– Bien sûr, Molly n'en dira rien à Ron. Elle est convaincue que si elle lui dit quoi que ce soit qui n'est pas un tant soit peu positif, il va aller se jeter du toit.

– Et comment se sent Ron à propos de tout ça ? demanda Minerva.

Arthur resta silencieux, incapable d'admettre à haute voix qu'il n'en savait rien. Il n'avait pas réussi à échanger avec Ron plus de quelques mots d'encouragements depuis la St–Valentin. Il tendit la main vers un presse–papier décoré et se mit à le tourner dans ses mains tandis qu'il se retrouvait à nouveau plongé dans ses incertitudes. Peut–être que le prix pour devenir Ministre était trop élevé.

– J'ai appris il y a longtemps, fit Dumbledore, sans reproche aucun, qu'on a beau les observer comme des faucons, ils trouvent toujours un moyen. Laissez–les seuls, vous pourriez être surpris.

– Vous avez bien plus de foi que Molly, j'en ai peur.

Minerva lui versa un peu de vin de fée de bonne qualité et échangea le presse–papier contre le verre. Puis elle s'assit et s'enfonça dans une chaise moelleuse avec bonheur. Elle frictionna la hanche qui lui faisait mal avant de totalement changer de sujet.

– Alors, vous envisagez de traîner les Aurors de Fudge devant un tribunal ?

Ainsi ils évoquaient le sujet sans son aide. Arthur s'arma de courage.

– Oui, confirma–t–il avec prudence. J'ai parlé avec Pansy et elle est d'accord de témoigner contre les hommes qui l'ont violée. Draco Malfoy a été un peu plus difficile à amadouer mais je crois que j'ai réussi à conclure un accord avec lui.

– Oh ? s'exclama Minerva un peu inquiète. Vous avez conclu un accord avec Draco Malfoy ?

– En effet. Il veut que son père revienne. Je lui ai dit que je m'arrangerai pour que Lucius lui soit rendu s'il témoigne.

Minerva sembla horrifiée en entendant ça.

– Oh, Arthur ! C'est une chose terrible !

Arthur sentit son visage rougir et il reposa son verre sur la table d'une main hésitante.

– Vous… vous croyez que j'ai fait une erreur ? Que ce n'est pas bien ?

– Tenir son père en otage jusqu'à ce qu'il fasse ce que vous voulez ? Bien sûr que c'est une erreur ! Quelle est l'autre alternative ? Laisser son père dans cette épouvantable exposition ?

Arthur soupira et se renfonça dans son siège.

– Bien sûr que non. J'ai déjà parlé à ce… cet étrange conservateur et je lui ai dit qu'à l'instant où je serai Ministre, l'exposition sera fermée. J'envisage de remanier Azkaban, les Détraqueurs seront remerciés une fois pour toutes et les conditions améliorées. Les Mangemorts qui ont reçu le Baiser pourront être remis en prison, on prendra soin d'eux là–bas. C'est ça, l'alternative.

Minerva se détendit un peu mais paraissait encore mécontente.

– Je lui aurais quand même rendu son père, précisa Arthur. Quel mal peut–il faire maintenant ? Je pensais qu'en utilisant les coups bas politiques, je pourrais obtenir son accord. Il faut qu'il témoigne, ajouta–t–il, tandis qu'une vague de désespoir le submergeait. Il y a si peu de victimes vivantes des inquisiteurs, c'est l'un des seuls qui peut encore marcher et parler.

– Mais sera–t–il considéré comme un témoin crédible ? demanda Dumbledore. Draco n'est pas exactement doux et humble et il y a de nombreuses personnes qui pensent qu'il a corrompu Harry d'une manière ou d'une autre.

– Corrompu Harry ?

Cette idée le fit rire.

– Je suis joliment certain que Harry était corrompu bien avant que Draco Malfoy ne pose ses mains sur lui.

– Vous croyez ? Est–ce que vous avez entendu parler de ce stupide contrat ? s'enquit Minerva.

– On peut être puceau et se trouver sur une pente glissante, fit Arthur. J'ai vu Harry et Ron fumer tout ce qui leur tombait dans les mains et j'ai laissé faire.

Dumbledore pouvait difficilement argumenter avec cette analyse. Lui–même avait été indulgent avec Harry jusqu'à la fin, probablement parce qu'il commençait à croire que son petit soldat n'allait pas survivre à la guerre. Harry avait prouvé qu'il se trompait et Dumbledore ne pouvait en être plus heureux. Il acquiesça, concédant la vérité.

– En dehors de ça, les gens regardent Draco mais ils ne voient pas le garçon…

– Ils voient le père, pas le fils, approuva Arthur. Mais ce n'est pas le père, Dumbledore, et on ne peut pas le traiter comme tel !

– Et je n'en ai aucune envie, Arthur, se moqua Dumbledore. J'essaie de vous aider à voir que ce jeune homme ne sera peut–être pas votre meilleur témoin.

– J'ai des photos, Albus, j'ai des images de ce à quoi il ressemblait quand ils l'ont trouvé… Je déchirerai le dos de sa chemise pour leur montrer si je le dois…

– Eh bien, il ne vous en remerciera pas. Êtes–vous bien certain que vous ne tentez pas la condamnation à tous prix, Arthur ? Ça a été fait avant… Vous êtes en train de vous élever contre les résultats maintenant.

– Ils ont tué des enfants, Albus. Des enfants. Si je dois faire du chantage à Draco Malfoy pour les convaincre, je le ferai.

– Généralement, Draco Malfoy répond plutôt mal aux menaces, fit observer Minerva, désabusée. Qu'a–t–il répondu quand vous le lui avez dit ?

Arthur se détendit un peu et se permit un sourire.

– Eh bien… Il n'était pas comme je m'y attendais.

– Il n'était pas comme son père ? demanda Dumbledore, les yeux étincelants, un demi–sourire aux lèvres.

– Exactement. Il n'est pas aussi sûr de lui que son père. Ne vous méprenez pas, il est plein d'aplomb mais pas autant que son père. Il n'est pas vicieux. Ça m'a surpris.

– On n'aurait pas pu dire ça, il y a un an, intervint Minerva. Alors disons qu'il s'est adapté. Mais si j'étais vous, je m'attendrais à une mauvaise surprise en passant un marché avec Draco Malfoy.

– Vous ne l'appréciez pas ? questionna Arthur.

– Je n'ai jamais dit ça ! protesta Minerva. C'est mon élève vedette et, avec un petit supplément de travail, il sera probablement le plus jeune Maître des Métamorphoses du siècle. En fait, il a beaucoup de prestance et je sais que j'ai développé beaucoup d'affection pour lui cette année… mais il reste le fils de Lucius Malfoy. Ne le sous–estimez pas.

– Qu'est–ce que vous envisagez de faire avec les Détraqueurs ? s'enquit Dumbledore, décidant que ce serait une bonne idée de changer de sujet et de soutenir le prochain Ministre à nouveau.

Arthur sembla vraiment soulagé de cette initiative.

– J'en ferai la demande au Comité mais j'espère les renvoyer du royaume.

– Ils ne retourneront pas sur les Terres Sombres de leur plein gré, l'avertit Dumbledore. La nourriture ici est bien trop facile pour eux.

– Fudge aurait dû les bannir après la guerre mais, non, pas Cornelius Fudge. Cet imbécile les a accueillis à Azkaban à bras ouverts. Et qu'est–ce qu'il a fait en premier ? Il leur a donné à embrasser les mêmes Mangemorts qui avaient été autrefois leurs alliés ! Le fait qu'ils n'aient eu aucun problème à le faire aurait dû lui donner une bonne indication du genre de créature qu'ils sont !

– Il sait très bien ce qu'ils sont, dit Dumbledore, mais Cornelius veut que notre monde redevienne comme avant et il a essayé de la seule façon qu'il connaît. Bien sûr, ce qu'il n'a pas réalisé, c'est qu'il détruisait les mêmes personnes qui le maintenaient dans son bureau. Notre monde a besoin de changements. Nombre de vieilles habitudes sont mortes et c'est une nouvelle ère. Nous devons apprendre de nos erreurs pour ne pas les répéter.

Arthur se détendit considérablement. Dumbledore commençait à avoir les joues roses à cause du vin et il était assurément échauffé par le sujet. Arthur sentit qu'il pouvait se poser maintenant et raisonnablement s'attendre à une soirée remplie de conseils très avisés.

A suivre…

Voilà, merci d'avoir lu jusque-là. J'attends vos commentaires.

Bisous.

Falyla