Titre : Objects of Desire

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Auteure : Azrael Geffen

Traductrice : falyla

Correcteurs : falyla/Florent

Paring : Harry Potter/Draco Malfoy Hermione Granger/Severus Snape

Rating : M/NC-17

Etat de fic originel : terminée (20 chapitres divisés en 59 parties)

Etat de la traduction : terminée

Disclaimer: Les personnages appartiennent à l'univers de JK Rowling, l'intrigue est à Azrael Geffen, avec son aimable autorisation.

Warning : slash, scènes de sexe très graphiques, torture, viol, meurtre, tentative de suicide, drogue, abus d'alcool, langage cru.

Site : à cause des thèmes abordés, je ne sais pas si cette fic sera autorisée à rester sur FFnet, je la publie donc en parallèle sur AO3 sous le même pseudo.

Mise en ligne : sauf contretemps inattendu, le lundi, le mercredi et le vendredi.

Résumé : Après la fin de la guerre, Harry, Ron et Hermione décident de revenir à Poudlard pour obtenir leurs ASPICs. Avant la rentrée, lors d'une soirée très avinée, ils établissent et signent un pacte magique où ils s'engagent à perdre leur virginité pendant cette 8ème année.

Note de la traductrice : Un énorme merci pour tous vos commentaires, j'apprécie le temps que vous prenez pour me laisser un message. Pour celles et ceux qui me félicitent de ma rapidité à traduire les chapitres, je me permets de les renvoyer à la longue note explicative qui figure juste avant le prologue, à savoir que cette fic est déjà finie et traduite depuis très longtemps. Donc pas de délai de ce côté-là, juste le temps libre nécessaire à une relecture attentive avant de poster la suite.

Bonne lecture.

Chapitre 20 (1ère partie)

Les choses doivent s'accomplir

Il semblait que peu importait le nombre d'avertissements qu'il recevait, les examens avaient toujours l'air de prendre le corps étudiant de Poudlard par surprise. Bien que les ASPICs fussent les examens les plus importants du curriculum de Poudlard, la soirée d'avant était comme toutes les autres. La tour sud–est était remplie de l'odeur de sueur et de désespoir des élèves sous–préparés à ce qui les attendait.

Derrière une énorme pile de livres, Lavande Brown se frappait douloureusement la tête sur la table, préférant se blesser que de confronter le jour suivant. De l'autre côté des livres, faisant posément face à la large fenêtre ouverte, les pieds commodément posés sur le rebord, Hermione était inhabituellement calme. Elle se reposait sur sa confortable chaise et contemplait le ciel chaud qui s'assombrissait légèrement et tournait au crépuscule. C'était son moment de la journée favori, cet étrange instant entre jour et nuit.

Son calme extérieur masquait une vraie terreur intérieure. Pour la première fois de sa vie, elle ne craignait pas les examens, elle savait ce qu'elle avait besoin de savoir, elle n'allait pas se ridiculiser en pensant qu'elle allait peut–être échouer. Ce qui l'inquiétait avait peu à voir avec le travail scolaire. Pour la première fois de sa vie, Hermione Granger se fichait de ses notes. Elle pouvait sortir de Poudlard demain sans même passer ses examens et pourtant, elle était indifférente à cette partie de son avenir.

En ce moment, l'inquiétude qui la remplissait concernait la manière dont elle allait annoncer à ses parents sa grossesse et son mariage imminent. Mais cette appréhension était masquée avec efficacité, un dérivé de son dernier repas favori en date. Des pommes de terre, préparées sous toutes ses formes, couvertes de beurre et de sel.

Aujourd'hui, ils avaient bouilli des pommes de terre nouvelles que Dobby avait récoltées dans ce qui restait du jardin potager de Hagrid. Elle sourit rêveusement devant le plat. Les pommes de terre baignaient littéralement dans le beurre et le sel cristallisait réellement le dessus.

Jamais avant, elle n'avait eu besoin de sel comme maintenant et peu importait le nombre de fois où Lavande et Minerva lui avaient dit de ne pas en mettre partout, elle ne pouvait pas s'en empêcher. Elle avait plaisanté en disant que si elle n'avait pas eu sa dose de sel, elle n'aurait pas pu faire face au mois précédent – dont l'emprisonnement à Azkaban de Harry et Severus qui avaient été accusés du meurtre d'Archibald Semeuse. Ils n'étaient pas restés longtemps parce qu'ils avaient été blanchis mais ça avait été quelques jours tendus et tous deux affichaient une expression hagarde quand ils étaient revenus à l'école. Arthur Weasley avait été pris de panique, il ne savait que faire de Lucius Malfoy qui avait atterri dans le bureau de Dumbledore, dans les bras de Harry comme une sorte d'excroissance indésirable. Lucius était là, caché quelque part dans le château jusqu'à ce qu'Arthur Weasley et Cornélius Fudge arrivent à une sorte d'accord sur ce qu'il convenait de faire de l'ex–Mangemort. Hermione l'avait vu avant qu'il ne soit dissimulé et avait été surprise de sa propre réaction. Il semblait qu'une fois qu'elle avait vu le pouvoir d'attraction de cet homme, le reste n'avait fait que se mettre en place. Il était décharné et atrophié, mais elle pouvait enfin voir pourquoi tout le monde s'était emballé. Severus lui avait précisé que c'était l'ange en lui plutôt que l'homme lui–même, Hermione espérait que c'était vrai.

– Heu… Hermione ?

Hermione sursauta, comme si la personne qui la dérangeait pouvait voir dans son cerveau et deviner ses pensées, elle se sentit rougir un peu à l'idée d'être surprise à penser à Lucius Malfoy. Elle s'obligea à sourire pour couvrir son embarras et dévisagea Susan Bones qui se tenait gauchement sur le côté de son accoudoir. Hermione fronça un peu les sourcils. Susan avait, semblait–il, reprit le poste vacant de Lavande dans ce que Hermione surnommait la Brigade des Garces depuis quelques années. Elle regarda derrière elle, vers les filles qui observaient Susan avec empressement et Hermione se sentit tressaillir.

– Salut… Susan… Quoi de neuf ?

– On est amies, non ?

Hermione jeta à nouveau un coup d'œil aux autres filles. C'étaient des commères notoires. Hermione avait été épouvantée de se retrouver camarade de chambre avec Lavande pour cette raison–là. Elle avait vécu une horreur quand Lavande avait découvert sa relation avec Severus – mais il semblait que la jeune fille avait heureusement renoncé à sa position dans la Brigade des Garces. Susan s'y était engouffrée, tête la première. Hermione la dévisagea avec une copieuse dose de cynisme et dit :

– Mais bien sûr que nous sommes amies, Susan. Pourquoi ?

– Eh bien, tu voudrais que je te le dise… si je pensais que quelque chose n'allait pas… ou si j'étais inquiète pour toi… non ?

Hermione hésita et se demanda ce qui allait suivre.

– Tu es inquiète pour moi, Susan ? demanda–t–elle prudemment.

– Eh bien, oui… tu vois…

Susan remua ses pieds puis pivota pour regarder ses amies qui semblaient se pencher en avant, dans l'attente d'entendre quelque chose.

– C'est juste que, eh bien, je… nous… avons remarqué que tu… heu… mangeais… beaucoup dernièrement…

Les sourcils de Hermione se haussèrent et disparurent sous sa frange.

– Et nous avons aussi noté que tu avais pris un peu de poids…

Une rougeur brûlante rampa sur la nuque de Hermione et elle posa le plat de pommes de terre de côté. Le visage de Lavande réapparut brusquement de derrière la pile de livres.

– Putain, Susan ! Mais de quoi tu te mêles ?

Son regard passa de la rouquine qui avait rapidement reculé aux deux filles perchées avidement sur le canapé situé au milieu de la pièce.

– Ce ne sont pas tes affaires, ce qu'elle mange ! T'as pas des examens à réviser ? Toi et ces deux connasses, vous n'avez rien de mieux à faire de votre temps ?

– C'est bon, Lav', fit Hermione à mi–voix.

Elle ne put se forcer à lever les yeux vers elles et sa main trouva instinctivement le petit mont de son ventre et la sensation d'une douce bulle venant de l'intérieur. Elle sentit une nouvelle fois qu'elle voulait juste que l'année se termine et qu'elle puisse cesser de cacher sa grossesse. Elle ne voulait qu'une chose, aller au Marais et s'installer dans la vie.

– Non, ce n'est pas bon, insista Lavande. Tu n'as pas pris de poids !

Hermione lui lança un regard d'avertissement. C'était vrai, elle n'avait pas pris beaucoup de poids mais ses seins avaient considérablement gonflés et, sous ses robes, ils la faisaient paraître plus larges qu'elle ne l'était réellement.

Cependant, Lavande n'était pas d'humeur à laisser tomber et elle jeta une œillade menaçante à Susan. Susan devint rouge jusqu'à la racine de ses cheveux, pivota et s'enfuit vers ses amies. Lavande redirigea alors son attention vers Hermione qui secouait la tête avec un sourire triste.

– Ce sont tes amies, fit remarquer Hermione.

– Juste des connasses qui pigent rien à rien, grommela Lavande.

Elle reposa le plat de pommes de terre sur les genoux de Hermione.

– Ne les écoute pas, encore deux semaines et tu ne les verras plus jamais. De plus, le livre disait que tu pouvais manger ce que tu voulais, du moment que c'était sain.

Hermione examina d'un air dubitatif le mélange de beurre et de sel.

– Je crois que je vais brûler ce bouquin, dit–elle.

– N'y pense même pas, Madame Mimsby est le seul guide que nous avons.

Hermione leva les yeux au plafond. Lavande avait décidé de devenir une encyclopédie de la grossesse et elle sortait constamment les citations du guide de Madame Mimsby qui faisait autorité en la matière : Éduquons les sorciers. Elle était un peu déconcertée que personne d'autre ne semblait intéressé par sa lecture pour découvrir à quoi s'attendre. Elle avait même envisagé d'aller trouver Severus et lui demander de le lire lorsque Hermione donnait l'impression de se cacher la tête dans le sable.

– Tu veux que je t'aide en Botanique ? questionna Hermione en pointant sa fourchette vers le livre que Lavande tenait.

– Non, ça va. Contente–toi de te détendre.

Lavande disparut une nouvelle fois, baissant vivement la tête derrière ses livres, essayant de se concentrer sur ses révisions.

Hermione retourna à ses patates et tenta de retrouver où elle en était de ses pensées. Lucius Malfoy. Elle secoua la tête pour le chasser mais ce ne fut que pour conjurer son problème actuel : comment allait–elle le dire à ses parents ? Elle ignorait pourquoi elle craignait tellement cette tâche. Ses parents ne lui avaient jamais rien montré d'autre que du soutien et sa raison lui disait que sa situation n'y ferait pas exception – mais, au fond d'elle, le doute la taraudait. Elle avait peur de les décevoir par ses choix. Elle soupira et ferma les yeux, essayant de se relaxer.

Elle avait passé la grande partie de la journée dans les donjons, étendue sur le lit à étudier et elle était contente d'avoir eu la chance de pouvoir le faire. Severus était descendu à Pré–au–Lard pour dîner avec Minerva et Hermione était contente de passer ses soirées dans la salle commune mais elle avait découvert qu'elle ne pouvait pas réviser ici, c'était comme si le désespoir et la peur des autres étaient contagieux et elle n'arrivait pas à se concentrer sur ses livres. Elle aimait s'asseoir dans son siège favori, regarder par la fenêtre et trouvait que Lavande était de bonne compagnie, même quand elle ne parlait pas.

Harry était un autre problème. Harry n'était de bonne compagnie pour personne, ces quatre dernières semaines. Hermione sut qu'il était dans la salle commune bien avant qu'il ne dise quelque chose elle aurait reconnu le son de ses pieds traînants n'importe où.

Harry laissa tomber une douzaine de livres sur la table, à côté de la pile de Lavande avant de déloger les pieds de Hermione du rebord de la fenêtre et de s'y installer. Pendant une infime seconde, Hermione paniqua, croyant qu'il était sur le point de se jeter dans le vide et elle se demanda combien de temps il lui faudrait pour sortir sa baguette et ralentir sa chute. Mais Harry ne sauta pas, il s'assit sur le rebord et lui fit face, l'air terriblement malheureux.

– Tu as vraiment besoin de te raser, lui dit Hermione, avant de lever ses pieds et les poser sur ses genoux.

Harry se mit distraitement à les masser comme s'il ne se rendait même pas compte de ce qu'il faisait.

– Où étais–tu ? demanda–t–elle, tentant de le faire sortir de sa coquille.

– Bibliothèque, renifla Harry.

Il luttait contre un méchant refroidissement depuis au moins deux semaines et Hermione aurait souhaité qu'il aille trouver Madame Pomfresh pour y remédier. Il avait probablement juste besoin de se reposer.

– Toute la journée ? s'enquit Hermione.

Elle savait qu'il n'y était pas allé toute la journée, ou du moins, pas pendant les heures claires du jour.

– Non, admit Harry. J'ai passé la majorité de la journée assis devant le pas de porte de Draco à espérer qu'il me laisse entrer.

– Oh, Harry.

Hermione reposa le plat de pommes de terre de côté, réalisant qu'elle n'était pas près de les manger.

– Je suis allé à l'hôpital, continua Harry. Il était sorti alors je suis allée au Manoir et les elfes de maison n'ont pas voulu me laisser entrer.

– Alors tu es resté là ?

– Ouais.

– Harry…

Hermione hésita et s'efforça d'afficher une expression déterminée avant de continuer.

– Harry, s'il ne veut pas te voir… alors peut–être que tu devrais le laisser tranquille.

Harry fit tomber ses pieds.

– Quoi ? Juste comme ça ? Tout laisser tomber ?

– Eh bien, pas tout laisser tomber, mais peut–être que tu as besoin de lui donner du temps…

– Ça fait un mois !

– Oui et la grande partie de ce temps, il l'a passé à l'hôpital, dans le coma. Il n'est réveillé que depuis une semaine et il a besoin de temps pour digérer ce qui lui est arrivé. Il a traversé l'enfer, Harry.

Lavande apparut au–dessus des livres encore une fois.

– S'il a été enlevé, violé et en est presque mort, ça lui prendra plus d'un mois pour oublier, dit–elle.

– Toi, je te parlais pas, cracha Harry.

– Ne reporte pas ta culpabilité sur moi…

Harry se balança dangereusement sur l'appui de la fenêtre et Hermione crut qu'il allait tomber.

– Lavande a raison, déclara Hermione aussi calmement qu'elle pouvait. Tu dois penser à ce qu'à traverser Draco.

– Je sais ce qu'il a traversé, rétorqua vicieusement Harry. Je l'ai vu, tu te rappelles ?

– Je sais, Harry, calme–toi, je t'en prie. Je n'ai pas dit que tu devais le laisser tomber tout ce que j'ai dit, c'est que tu as besoin d'être plus sensible avec lui. Il a traversé quelque chose de si… terrible.

– Il m'en accuse, fit Harry, il me blâme, il croit que je l'ai abandonné. Je dois le voir pour le lui dire…

– Harry, il ne sait probablement pas ce qu'il croit en ce moment, si tu lui donnais juste un peu de temps pour résoudre ce qu'il a dans la tête, je suis certaine qu'il comprendra ce qui s'est passé.

– Il me hait, dit tristement Harry en se penchant dangereusement contre le rebord de la fenêtre.

Le cœur de Hermione manqua un battement. Elle aurait aimé qu'il se déplace. Elle ne dit rien. Elle savait qu'elle pouvait argumenter avec lui mais elle savait aussi qu'argumenter avec Harry quand il était dans cette humeur d'auto apitoiement était inutile. Et Harry était dans cette humeur–là. Il était allé à Ste–Mangouste tous les jours pendant que Draco dormait et il s'était assis à ses côtés, puis un jour, il était arrivé, avait trouvé un médicomage à la porte qui n'avait pas voulu le laisser passer. Draco s'était réveillé et il ne voulait plus voir Harry Potter.

– Je n'arrive pas à croire qu'il a quitté l'hôpital, marmonna Harry.

Hermione se mordilla la lèvre et détourna le regard. Il n'était pas suicidaire, elle le savait, mais il pouvait tomber de la fenêtre, il le pouvait vraiment.

– Tu savais ! accusa Harry brusquement en essayant de croiser son regard. Tu savais qu'il était parti, hein ?

Hermione soupira et caressa son ventre.

– Il… Oui, je le savais. Je n'étais pas censée te le dire…

– Quoi ? Et pourquoi ça ? Qu'est–ce que tu n'étais pas censé me dire ?

– Calme–toi, Harry ! Il a dit à Severus de ne le divulguer à personne.

– Eh bien, à l'évidence, Snape te l'a répété !

– Severus me dit tout, dit–elle simplement.

Harry eut l'air légèrement dégoûté.

– Et tu as gardé ça pour toi ?

– Harry… Pour l'amour du ciel, veux–tu, s'il te plait, descendre de cette fenêtre ?

Lavande colla sa baguette sur le haut des livres et la fenêtre se referma en claquant derrière le dos de Harry et elle se verrouilla solidement.

– Merci, Lav', fit Hermione, soulagée.

– De rien.

Harry renifla impatiemment.

– Dis–moi ce qui se passe avec Draco !

– Tu n'as pas besoin de beugler pour toute la pièce, siffla Hermione.

Lavande repoussa ses livres de côté et leur lança un regard furieux.

– Écoutez, peut–être que vous devriez aller dans la chambre de Harry, ou la nôtre, ou celle de n'importe qui mais cessez de vous disputer à propos de ça ici ! Je suis certaine que Draco ne veut pas que je sache ce qui se passe et je peux affirmer qu'il n'a pas besoin que tous les gens ici présents le sachent aussi.

Hermione pouvait à peine croire que Lavande tournait le dos à un ragot garanti de première main comme celui–là mais elle ne pouvait nier que sa camarade de chambre avait raison. Elle s'extirpa du fauteuil et attrapa le poignet de Harry afin de le traîner hors de la pièce. Ce ne fut que lorsqu'elle referma la porte derrière elle qu'elle pensa qu'elle aurait peut–être des problèmes avec lui. Harry donnait l'impression de vouloir la secouer pour que l'information tombe d'elle–même si elle ne la faisait pas connaître bientôt. Et, pendant un instant, elle envisagea de lui rappeler qu'elle était enceinte.

Mais il ne la secoua pas. Au lieu de ça, Harry s'assit sur le lit et sembla totalement affligé.

– Je t'en prie, dit–il, dis–moi ce qui se passe. Je suis fatigué qu'on me garde dans l'ombre. Je lui donnerai du temps, de l'espace, tout ce qu'il veut, mais j'ai besoin de savoir ce qui lui arrive.

Hermione s'assit à côté de lui et lui frotta le dos.

– Très bien, donc…

Elle inspira et sourit, espérant faire ce qui était juste.

– Cet homme, le conservateur…

– Archibald Semeuse, précisa Harry.

Il avait mémorisé le nom, espérant qu'un jour, il trouverait un rituel qui enfermerait l'âme de ce salopard dans les profondeurs de l'enfer.

– Archibald Semeuse, répéta Hermione en se sentant dégoûtée rien que de le prononcer. Quand il détenait Draco, il lui a administré une potion pour le paralyser afin qu'il ne se débatte pas quand…

Elle rougit inconfortablement.

– Bon, tu sais ce qu'il a fait. Mais la potion était vieille et Severus pense qu'elle était probablement mal faite et il y a eu des effets secondaires.

– Quel genre d'effets secondaires ?

– Je ne suis pas sûre à propos de tous mais je sais qu'il ne peut plus transplaner. Severus dit que c'est sans doute temporaire.

– Comment tu sais qu'il ne peut plus transplaner ?

Hermione se mordit la lèvre plus fort.

– Parce qu'il a contacté Severus hier soir et lui a demandé de venir le chercher et de le ramener chez lui.

Harry en resta bouche bée.

– Tu le savais depuis hier soir ? Tu le savais et tu ne m'as rien dit ? Tu savais que j'allais à l'hôpital !

– Je sais mais le temps que je me lève, tu étais déjà parti et Severus m'avait dit de ne rien révéler ! Severus est resté là–bas la nuit dernière. Il est revenu ce matin et il m'a dit que Draco allait bien et que nous ne devions pas nous inquiéter.

– Est–ce qu'il m'emmènerait là–bas ?

– Pardon ?

– Est–ce que Snape m'emmènerait voir Draco ?

– Pourquoi… quelle différence ça fait si Severus t'y emmène ?

– Il pourrait me voir si Snape était présent.

– Harry, Severus ne t'emmènera nulle part.

– Pourquoi ?

– Parce qu'il ne t'apprécie pas, lâcha Hermione sans prendre de gants.

– Et moi qui pensais qu'on était liés, rétorqua Harry, sarcastique.

Hermione le dévisagea et un étrange sourire s'étala sur son visage.

– Quoi ?

– Rien. C'est juste que c'est vraiment une chose que Draco dirait.

– J'ai besoin de lui, la pressa Harry. J'ai besoin qu'il revienne.

– Je sais.

Hermione recommença à lui frotter le dos.

– Il le fera, j'en suis sûre, mais traite–le avec douceur, Harry. Si tu le pousses trop, tu ne sais pas ce qui peut arriver.

Harry fut sur le point de répliquer mais il fut interrompu par un minuscule miaulement. La petite chatte de Draco sortit de sous le lit et les dévisagea.

– Je dois nourrir Miss Kitty, murmura Harry en se penchant pour la prendre.

– Je suppose que tu iras le voir, après tout, fit remarquer malicieusement Hermione.

– Qu'est–ce que tu veux dire ?

– Severus a dit que Draco voulait qu'on lui ramène sa chatte.

Harry sourit et posa sa tête sur les épaules de Hermione.

– Je suis vraiment un con, hein ?

Hermione acquiesça.

– Oh oui, chéri, t'es vraiment un con.

– Mais il veut qu'on lui ramène sa chatte ?

– En effet, c'est ce qu'il veut, confirma Hermione.

Quand Harry réprima un bâillement, elle lui caressa gentiment le côté de sa nuque.

– Tu as besoin de dormir, Harry.

– Je ne peux pas, je dois réviser.

– Tu ne vas rien apprendre de plus ce soir, tu es trop fatigué. Contente–toi d'aller au lit, tu dois dormir.

Harry acquiesça à contrecœur. Il se sentait joliment comme une loque et il savait aussi qu'il en avait l'air. Et si Draco voulait que Miss Kitty revienne, peut–être que Harry pouvait être celui qui la lui ramènerait.

oOo

– Je ne comprends vraiment pas cette école.

Molly Weasley fronça les sourcils tandis qu'elle préparait deux moules à cake.

– Ils vous enseignent toute cette glorieuse magie et pourtant, ils négligent quelque chose d'aussi simple que l'économie domestique de base. Honnêtement, comment s'attendent–ils à ce que viviez seuls ? Comment vous avez fait l'été dernier, je ne sais pas…

– Tu devrais en parler à Dumbledore, maman, fit Ron pour l'asticoter un peu tandis qu'il plongeait son doigt dans la pâte à cake de Pansy.

Une fois qu'il l'eut porté à sa bouche, il le regretta instantanément. Le mélange de Pansy était vraiment épais et son goût n'était pas spécialement bon. Pansy vit son expression et constata avec un peu détresse la vaste différence entre sa pâte et celle de Molly.

– J'en ai déjà parlé à Dumbledore, poursuivit Molly, décidée à ne pas remarquer le sourire de son fils. C'est dégoûtant de vous envoyer dans le monde sans vous expliquer comment prendre soin de vous !

– Mais on sait tuer le Seigneur des Ténèbres à dix pas, souligna Ron.

Molly se surprit à sourire malgré elle et se mit à soulever la pâte de Pansy pour se reprendre.

– Non, Pansy. Ma chérie, tu as besoin de mettre un peu plus d'amplitude dans ta baguette avant de verser la pâte…

– Et ajoute plus de sucre, suggéra Ron.

Molly jeta un regard noir vers son fils.

– Ça ne te ferait pas de mal d'apprendre aussi, Ronald Weasley. Une fois que nous aurons fini de les cuire, nous continuerons avec la viande – et si tu ne fais pas attention, j'apprendrai à Pansy à ne préparer que du corned–beef et tu y auras droit le restant de ta vie.

Ron se tut. Pansy et lui avaient vécu de poisson frit et de plats indiens et ils se désespéraient pour un repas fait maison. C'était Pansy qui avait suggéré de tendre le rameau d'olivier et de demander de l'aide à Molly. Molly s'était déplacée à Grimmauld Place trois jours avant et Ron croyait secrètement que sa mère était contente qu'ils aient besoin d'elle. Elle vivait en recluse au Terrier, plus encore depuis que son père avait été élu Ministre de la Magie. Même si Arthur devait attendre jusqu'en juin pour prendre ses fonctions, il y avait beaucoup à faire en prévision et il avait pris un appartement en ville, celui dans lequel Molly répugnait à s'installer. Elle avait sauté sur l'occasion d'enseigner à son fils et à sa petite amie comment gérer une maison.

Selon toutes vraisemblances, Ron et Pansy avaient désespérément besoin d'aide. Hermione n'allait pas venir pendant l'été. Deux elfes de maison – les deux semblaient s'appeler Melville – étaient venus empaqueter la chambre de Hermione et avaient tout emmener dans le Wiltshire. Molly avait un certain nombre de choses à dire sur le tour que prenaient les événements mais certaines d'entre elles ne pouvaient pas être répétées. Personne ne savait vraiment ce qui s'était passé avec Harry. Il était arrivé deux semaines plus tôt et il avait pleuré – au sens propre du terme – sur l'épaule de Ron. Pansy avait été une des seules personnes que Draco avait autorisé à voir et elle confirma qu'il n'était pas heureux non plus. Mais elle possédait un certain sens du romantisme et confia à Ron qu'elle s'attendait à une réconciliation entre Draco et Harry.

Ce qui mettait Ron dans une position inconfortable. Si Harry allait vivre avec Draco, que lui arriverait–il, à lui ? Comment pourrait–il vivre dans la maison de Harry sans Harry ? C'était un problème qu'il avait dû aborder Harry avait décrété que Ron pouvait vivre à Grimmauld Place indéfiniment, sans se soucier de savoir si Harry y était ou non. Ensuite, il avait questionné Ron inlassablement sur les raisons qu'avait Pansy de croire que Draco lui pardonnerait.

Alors, s'ils devaient vivre ici par leurs propres moyens, ils devaient apprendre à prendre soin d'eux. Molly Weasley était exactement la personne qu'il fallait pour leur enseigner comment s'y prendre mais elle sentait qu'elle avait été négligente durant l'éducation de Ron. Elle avait appris à Ginny comment tout faire et avait laissé les garçons livrés à eux–mêmes. Elle était arrivée à Grimmauld Place avec quantité de livres sur les charmes de ménage et sur les sortilèges de cuisine puis elle s'était empressée de transmettre ses abondantes connaissances à ses deux élèves plus que volontaires. Ça avait été probablement les trois jours les plus plaisants qu'elle avait passés avec son plus jeune fils.

Pansy examina sa pâte et la poussa sans conviction avec sa baguette.

– Je ne sais pas si je devrais cuire ça, dit–elle à mi–voix.

– Ça ressemble un peu à quelque chose que Hagrid aurait préparé pour faire ses gâteaux durs comme des cailloux, fit observer Ron avant de grimacer. Désolé… ma puce.

Pansy rougit et Molly inspecta le plat.

– Ce n'est pas si mal, commenta–t–elle gentiment, pour un premier essai… mais peut–être qu'on devrait le jeter et recommencer.

Pansy afficha un sourire misérable.

– Oh, ne t'en fais pas, ma chérie, le premier cake que j'ai préparé a fait perdre une dent à mon frère. Au moins, tu as essayé – pas comme un certain Ronald ici présent.

Ron se renfrogna.

– Ton père s'est arrangé pour t'obtenir un boulot au Ministère, lui indiqua Molly avec une désinvolture passagère qui le stupéfia.

– Un boulot ? répéta–t–il. Au Ministère ? Ce n'est pas du népotisme ?

Molly, qui n'avait pas la moindre idée de ce qu'était du népotisme, poursuivit simplement comme s'il n'avait rien dit.

– Il n'y a rien de particulier, Ron. C'est un poste dans son ancien département. C'est un bon endroit pour débuter et ça t'aidera à vous nourrir et à vous vêtir tous les deux. Pansy a de l'argent dans son coffre à Gringotts mais vous ne pouvez pas vous attendre à vivre avec éternellement – comme ça, Draco Malfoy n'aura plus à vous entretenir.

Pansy parut totalement perdue.

– Je… je n'ai pas d'argent à Gringotts. Draco ne nous paie pas…

Molly jura silencieusement avant de pivoter pour leur faire face.

– Draco insiste pour nous envoyer de l'argent, à Arthur et à moi, pour ton entretien, Pansy. Nous ne l'avons pas accepté et Draco ne veut pas qu'on le lui retourne alors Arthur a fait déposer l'argent dans ton coffre. Mais, comme je l'ai dit, vous ne pouvez pas vous attendre à vivre sur le registre des salaires Malfoy.

Molly secoua la tête.

– Tu veux travailler, n'est–ce pas ?

– Bien sûr que je le veux !

Ron était toujours en train de digérer la nouvelle que Draco Malfoy avait envoyé de l'argent à ses parents.

– C'est juste que je ne m'attendais pas à entrer au Ministère. Ça fait tellement… Percy.

Molly tressaillit.

– Désolé, maman.

– Non, c'est vrai, c'est tout à fait comme Percy.

Elle déposa un nouveau bol devant Pansy.

– Mais, au contraire de Percy, tu n'es pas sottement ambitieux et, pour autant que je le sache, tu n'as pas honte de ta famille. Tu as des responsabilités maintenant, Ron. Tu as beaucoup de chance. Tu as une maison pour vivre et des amis qui ne t'abandonneront jamais, mais tu ne peux pas t'appuyer sur eux le restant de ta vie ! Tu as choisi de venir ici et d'y amener Pansy tu dois prendre soin de vous deux.

– Je sais. Je sais, maman. Je ne voulais pas paraître ingrat, je ne le suis pas. Je vais aller voir papa demain… et le remercier.

Molly s'interrompit et se recula du plan de travail. Elle contourna Pansy jusqu'à l'endroit où Ron s'était perché et l'embrassa fermement sur la joue.

– Je t'aime, tu le sais, n'est–ce pas ?

– Bien sûr que je le sais, sourit largement Ron. Je t'aime aussi.

– Ces choses… ces choses que je t'ai écrites dans cette lettre…

– Arrête, maman, je ne veux pas en parler.

– Je ne les pensais pas… et au Terrier…

– Maman, c'est bon. Je le sais bien. C'est fini maintenant, terminé. Angelina est en prison et c'est fini.

– Si George avait suivi son idée, elle serait dehors, précisa Molly qui se sentit remplie d'horreur rien qu'en formant ces mots. Il dit qu'elle a besoin d'un hôpital, pas d'une prison.

Ron connaissait l'avis de George. Fred le lui avait dit un jour, lors d'un déjeuner sur le Chemin de Traverse. Il n'avait rien dit mais maintenant que le sujet avait été abordé, il décida de s'en occuper de la manière que sa mère préférait – il le comprenait maintenant – à savoir direct et droit au but.

– Je pense que George a raison, lâcha–t–il avant d'attendre ce qui allait se passer.

– Quoi ? Selon son propre aveu, cette… femme… a tué Charlie ! Elle a failli te tuer aussi ! Elle est clairement folle et elle doit être mise à l'écart de ce monde !

– Exactement. Elle est folle. Qu'on l'ait collée à Azkaban, entourée de Détraqueurs ne va pas l'aider. Elle a besoin d'aide, maman.

Molly secoua la tête de dégoût.

– Je crois que c'est George et toi qui avez besoin d'aide.

– Qu'est–ce que papa en pense ?

Molly fit une pause.

– Ton père… soupira–t–elle. Ton père essaie de garder l'esprit ouvert. Mais tu dois comprendre, il a perdu un fils à cause de cette fille, il en presque perdu un autre…

Ron acquiesça. Il ne voulait penser à rien d'autre concernant Angelina. Une partie de lui voulait la sauver et pourtant, l'autre partie voulait l'engloutir si loin dans les profondeurs d'Azkaban qu'elle ne pourrait jamais en sortir. Il regarda Pansy qui se versait à boire. C'était une étrange idée de penser qu'il était redevable à Angelina pour Pansy.

Molly sembla se reprendre brusquement, étouffant cette mélancolie passagère aussi rapidement que possible.

– Écoutez, pourquoi ne cuirait–on pas tout simplement ceci et on pourrait revenir aux leçons demain ?

Pansy revint à la table, l'air soulagé, plus encore quand Molly lui donna une affectueuse accolade.

– J'ai demandé à Fred et George de venir dîner, poursuivit Molly. Ils ne devraient pas tarder.

– Fred va venir ici ? s'enquit Ron, en replongeant son doigt dans la pâte de sa mère.

– Je sais qu'il est sur la liste noire de tout le monde en ce moment, mais c'est ton frère, Ron.

– Je sais, c'est juste que j'ignore comme Harry va se sentir de l'avoir dans sa maison.

– Est–ce que Harry déteste Fred ? demanda Pansy.

– Non… Je ne crois pas, fit Ron en souriant inutilement. Mais je sais que Fred n'est le favori de personne ces derniers temps.

– Tu veux que je leur dise de ne pas venir ? questionna Molly.

– Non, c'est bon. Qu'est–ce qu'il y aura ?

– Rien d'extraordinaire, juste des côtelettes, des légumes et un cake pour le dessert.

– Je peux aider, proposa vivement Pansy. Je peux aider au dîner.

Molly et Ron virent son visage plein d'espoir et sourirent en dépit de leurs doutes. Elle devait bien apprendre.

oOo

L'attelage noir qui roulait vers les étables souterraines de Poudlard était simple et n'avait pas de réels ornements, néanmoins il exsudait l'opulence. Les attelages étaient presque exclusivement utilisés par les Sang–Purs. Ils prêtaient une certaine élégance que ne fournissaient pas les Portoloins et, jusqu'à ce que le Ministère ne lève son embargo sur les tapis volants, c'était un mode de transport pratique pour les familles de riches sorciers qui avaient des enfants trop jeunes pour transplaner. Le travail d'artiste de l'attelage était impeccable. L'intérieur était tendu de cuir sombre, orné de clous à têtes décorées et rembourré pour le rendre confortable.

Le sorcier qui en émergea était aussi impeccable que son attelage. Il était grand et mince ses robes étaient faites de laine légère qui bougeait presque de manière fluide autour de son corps à chacun de ses mouvements. Il n'était pas vêtu comme un Moldu et ne s'embarrassa pas d'une capuche. C'étaient des robes à col haut, traditionnelles, des robes sans âge par leur nature, le faisant presque ressembler à un fantôme. Son visage était sans défaut, légèrement trop pointu et pourtant, il était exactement ce que tout le monde attendait de lui. Toujours magnifique. Ses yeux gris étaient clairs et froids, ses cheveux blonds paraissaient chatoyer dans l'obscurité. Sous son calme extérieur, Draco Malfoy se demandait pourquoi il avait pris la peine de revenir. Il se tenait parfaitement immobile tandis que Non assurait l'attelage. Puis, quand l'elfe de maison eut fini sa tâche, Draco se dirigea vers l'escalier, la petite créature sur ses talons.

Snape l'attendait comme convenu. Aucun des deux ne s'ennuya avec plus d'un hochement de tête pour la forme. Draco atteignit simplement le haut de l'escalier et continua son chemin vers le hall Snape sentit un pas à côté de lui et ils marchèrent en silence avant que Draco ne ressente le besoin de parler.

– Mon père va bien ? demanda finalement Draco, plus par sens de l'obligation que par réel désir d'en savoir plus sur le bien–être de son père.

Il était sûr que Lucius était bien traité. Ils étaient tous fascinés, un sorcier qui avait trompé le Baiser des Détraqueurs. C'était une honte que Lucius n'ait pas eu cette sorte de prévoyance avant de suivre Voldemort.

– Il va bien, répliqua Snape, mieux maintenant qu'il sait que toi aussi.

Draco aurait voulu débattre de l'idée qu'il allait bien.

– Il peut marcher toutefois ?

– Il y arrive.

– Il y arriverait plus vite s'il était à la maison.

– C'est impossible et tu le sais.

Draco grinça des dents et sa mâchoire se durcit.

– Je ne vois pas pourquoi il ne peut pas venir à la maison. Il n'a plus de pouvoir maintenant – grâce à toi. Il ne peut faire de mal à personne.

– Le Ministère ne va pas lui permettre de faire ses valises et de rentrer chez lui, ils veulent qu'il soit puni.

Snape s'interrompit il avait traversé ça de trop nombreuses fois en l'espace d'un jour. Draco ne voulait tout simplement pas l'accepter. Lucius lui–même se montrait bien plus raisonnable. Il était plutôt pour le fait de retourner à Azkaban, spécialement depuis qu'Arthur Weasley avait décidé qu'il y enlèverait les Détraqueurs d'ici quelques semaines. Le problème était que ce n'était pas Arthur Weasley qui allait décider de sa sanction. Cornelius Fudge avait hâtivement appliqué des jugements pendant sa dernière semaine au pouvoir et chacune de ses sentences visaient les personnes qu'il considérait comme les instruments de sa chute. Celle–ci était dirigée directement contre Weasley. Lucius Malfoy allait être envoyé en exil pendant dix ans. Il n'avait bien sûr pas indiqué quel serait son mode de garde ni qui s'en occuperait mais Snape n'était pas stupide. Pas plus que Weasley ou Lucius. Fudge ne voulait pas que Lucius Malfoy survive et, pour une raison ou une autre, il pensait que le sujet était sensible pour Weasley Snape était prêt à parier que quel que soit l'endroit où Fudge allait envoyer Lucius, il trouverait Alastor Maugrey devant sa porte.

Draco le savait aussi. Il enleva une peluche sur sa manche avec un certain dédain avant de demander :

– Tu ne crois pas qu'il a été assez puni ? Tu ne penses pas que huit mois en tant que jouet privé d'Archibald Semeuse était une punition suffisante ?

– Tu sais que oui.

– Alors pourquoi tu n'essaies pas plus fort ?

– Je ne vais pas me disputer avec toi pour ça. Ton père a fait ses propres choix…

– Oh ?

Draco s'arrêta et pivota pour confronter son parrain.

– Il a choisi de faire partie de cette exhibition ? Il a choisi de se faire baiser encore et encore par ce pervers qui pensait qu'ils seraient ensemble pour toujours ?

– Non, mais il a choisi de suivre Voldemort, il a choisi d'être un con arrogant en décidant que ses amis et lui étaient les seuls qui méritaient d'avoir le don et il s'est montré suffisamment aveugle pour ne pas réaliser qu'en excluant tout le monde, sauf les Sangs–Purs de notre gène, il allait provoquer l'extinction même de notre race magique ! Il a choisi d'être un ignorant volontaire et de ne pas employer son cerveau grandiose pour penser à l'avenir ou considérer les faits pour les nôtres et, à cause de ces décisions–là, il a fini dans cette situation, alors cesse de me dire que je devrais essayer plus fort ! Il n'aurait jamais dû se montrer si stupide, bordel !

Pendant un instant, Snape craignit que Draco ne commence à pleurer et l'idée même le remplit d'épouvante. Composer avec une Hermione émotive et enceinte était pardonnable composer avec un filleul pleurant comme un veau ne faisait pas partie des plans de sa soirée. Mais il n'eut pas à s'inquiéter. Les yeux gris de Draco se plissèrent d'un air malveillant et le garçon gronda :

– Tu ne crois pas que je sais déjà tout ça ? demanda–t–il d'une voix si froide qu'elle en était glaçante. Je sais très exactement ce que mon père a fait et à quel point il s'est montré pathétiquement stupide. Si je l'avais à la maison, je l'enfermerai dans le grenier et je ne laisserai jamais le misérable Cracmol qu'il est devenu descendre l'escalier. Ce sont ses choix qui m'ont fait ça, je ne l'oublierai jamais, alors cesse de te tourmenter, Oncle Severus, je ne t'accuserai plus de paresse désormais.

Le changement opéré en lui stupéfia Snape. Un instant, il se battait pour la liberté de son père et le suivant, il était aussi glacé que le vent d'arctique.

– Cependant, nous sommes concernés par son exil, admit Snape en testant un peu Draco. Fudge a décidé que ce serait un bon moyen de remettre Arthur Weasley en place, nous avons peur qu'il ne charge Maugrey de surveiller ton père.

– Bien, espérons qu'il fasse un boulot rapide alors, jeta vivement Draco en accélérant le pas. Comme ça, j'aurai mon héritage un peu plus vite.

Snape resta immobile un instant, figé par ce commentaire et il vit Draco s'éloigner à grands pas dans les ombres du couloir. Un sombre froncement traversa son visage puis, lentement, il suivit son filleul dans le château.

oOo

– Tu as l'air bien.

Draco se renfrogna à ce commentaire et fixa son père. Lucius avait l'air bien aussi ça semblait presque un péché que dans un laps de temps de quelques courtes semaines, son père pût marcher avec un corps qui se remettait rapidement. L'amplificateur de muscles de Madame Pomfresh faisait assurément des miracles.

– Merci, fit Lucius avec hésitation, pour ton sang. Comme tu peux le voir, ça fonctionne à merveille.

– Bien, j'étais inconscient alors je n'avais pas grand–chose à dire à ce propos.

Lucius soupira et poursuivit :

– En fait, c'est la jeune demoiselle de Severus qui a concocté la potion, elle est très talentueuse.

– C'est une Sang–de–Bourbe. Tu le savais ?

– Je…

– Tu veux encore de la potion en toi ? Maintenant que tu sais que c'est une Sang–de–Bourbe ?

– Je lui suis très reconnaissant de ses talents, répondit diplomatiquement Lucius.

– Si tu avais suivi ta voie, elle serait morte et toi, tu serais où ?

Le regard de Lucius passa de son fils à Severus puis il afficha un sourire crispé. Severus haussa un sourcil et s'assit sur une chaise, près de la fenêtre, assez désireux d'ignorer l'échange qui se déroulait en face de lui.

– Comment tu te sens ? demanda Lucius.

Il n'avait fait aucun mouvement vers son fils, parce qu'il était raisonnablement certain que s'il l'avait fait, il aurait été promptement repoussé. Il n'était pas aussi fort qu'il en avait l'air et sa propre démarche était inhibée par l'usage de la cane. Il ressentait de manière douloureuse les effets de la perte de sa magie c'était comme avoir une méchante fièvre et il avait terriblement froid. Il voulait étreindre son fils mais son fils, à l'évidence, n'y tenait pas.

– Comment crois–tu que je me sens ? s'enquit froidement Draco.

Il n'avait pas bougé du pas de la porte et Non n'avait pas bougé non plus, bien que le petit elfe soit transporté de joie de voir Lucius debout ou à peu près.

– Je crois que tu te sens abusé et trahi. J'imagine aussi que tu me hais mais je ne pense pas qu'il faut beaucoup d'intuition pour le remarquer.

– Et pourquoi est–ce que je te haïrais ?

– Parce que tu me blâmes pour ce qu'il t'a fait, répondit Lucius. Et c'est sans doute justifié. Mais je n'ai jamais voulu ça pour toi, je voulais te protéger… mais je n'ai pas pu. J'en suis désolé.

– Oui, eh bien… fit brusquement Draco tandis qu'il traversait la chambre en direction de la fenêtre. Nous pouvons donc ajouter ça aux nombreuses autres choses auxquelles tu as échoué.

Il regarda par la fenêtre et put distinguer le terrain de Quidditch assombri en contrebas. Personne ne jouait là–bas. La coupe de Quidditch était presque gagnée, par qui, Draco n'en avait aucune idée. Il s'attendait à moitié à voir Harry voler aux alentours comme quand il était plus jeune mais la nuit précédent les examens, il savait où Harry se trouvait – ou du moins où il aurait dû se trouver. À étudier en salle commune. Il n'aurait certainement pas dû passer la journée sur le pas de porte de Draco Malfoy, ce qu'il avait fait et Draco le savait. Quitter la maison s'était avéré difficile parce qu'il avait dû attendre que Harry laisse tomber et parte.

Et bien sûr, Harry avait fini par laisser tomber, bien que Draco pût difficilement le blâmer pour ça. Harry était un autre problème auquel Draco devait faire face mais il aurait beaucoup de temps pour ça le lendemain.

– Tu restes pour les examens ? demanda Lucius.

– Oui.

– Bien, il t'incombera de bien faire.

Draco se tourna vers lui et ricana.

– Ne me la joue pas paternelle maintenant, Lucius. Je crois qu'on peut s'en dispenser.

– En dépit de ton humeur actuelle, Draco, je suis toujours ton père et je montrerai donc un certain intérêt pour tes choix.

– Choix ? Mes choix ? Et si on parlait de tes choix et de leurs résultats ? Je crois qu'Oncle Severus les a assez bien résumés dans le couloir. Qu'est–ce que tu as dit, déjà, Oncle Severus ? Je peux répéter le speech sur les choix de Lucius en entier ou tu vas le mettre au courant plus tard ?

– Arrête ça, Draco, l'avertit une nouvelle fois Severus.

Il en avait marre de tout ça. Il ne voulait qu'une chose : aller se coucher. Il était censé aller à Pré–au–Lard avec Minerva qui avait été foncièrement mécontente de ce soudain changement de plan et, à la place, elle avait dû emmener Dumbledore. Dans la noirceur de son esprit, il avait même envisagé d'envoyer Hermione dans sa chambre et rester avec Lavande pour y dormir afin qu'il puisse être seul pour la première fois depuis des semaines.

Lucius décida d'ignorer leur échange et poursuivit. S'il mourait – et il avait dans l'idée que ce serait probablement le cas – il avait tout intérêt à s'assurer que Draco était bien établi dans son futur dès maintenant.

– Je me suis arrangé avec Arthur pour te transmettre ton héritage maintenant.

Draco en fut surpris, il avait toujours été certain que Lucius s'agripperait à la fortune des Malfoy jusqu'à sa mort.

– Je veux que tu sois heureux, Draco.

– Eh bien, tu aurais dû y penser avant de te lancer dans une guerre, tu ne crois pas ?

– Cette haine est une chose récente, Draco. C'est parce que tu as été blessé d'une manière inimaginable. C'est plus qu'une douleur physique ou une maladie. C'est quelque chose qui te consume entièrement et tu n'en as aucun contrôle. Tu ne peux pas la bloquer et tu ne peux pas la faire partir. Ce qui est glorieux avec nos remèdes, c'est qu'ils peuvent guérir presque toutes les maladies physiques… mais nos esprits sont aussi fragiles que n'importe quel Moldu et tu ressens la douleur là. C'est pourquoi tu hais tout le monde autour de toi. Semeuse est mort, alors il faut que ça sorte sur tous ceux qui t'aiment. Je le comprends. Je le comprendrai toujours.

– Pourquoi…

Draco déglutit difficilement et cligna des yeux plusieurs fois pour les éclaircir tandis qu'il regardait par la fenêtre le terrain de Quidditch qui s'estompait dans une brume saumâtre.

– Pourquoi ils n'arrivent pas à me faire oublier, tout simplement ?

– Parce que faire une telle chose endommagerait ton esprit au–delà de toutes réparations. Tu veux finir comme le fils Londubat, à bafouiller le restant de tes jours, la mémoire effacée. Tu ne pourrais pas supporter ça, n'est–ce pas ?

– Ce serait mieux que ça, rétorqua Draco, la voix grinçante.

Il revint vers la porte, sans lever son visage vers son père.

– Ça passera, Draco. Comme toutes les peines, elle diminuera.

– Et je l'oublierai ? ricana durement Draco.

– Non, tu ne l'oublieras pas. Mais tu as survécu, Draco, et tu dois continuer ta vie. Tu peux me haïr jusqu'à ta mort si ça t'aide mais tu dois apprendre à vivre ta vie dans une sorte de paix.

– Et comment tu suggères que je fasse ?

– Tu pourrais tirer ta force des gens qui t'aiment.

– Quel conseil avisé, père, fit remarquer Draco, la voix traînante.

– Et Harry ? demanda Lucius, le poussant d'une façon qui avait toujours inquiété Draco.

– Quoi Harry ? lâcha Draco, content d'avoir un moment pour se recentrer. Harry a fait son choix.

– Et quel choix était–ce ? questionna Lucius. Il a dérapé, il a embrassé la mauvaise personne au mauvais moment. Oui, il m'a raconté ce qui s'était passé. J'ai eu une conversation avec le jeune Mr Potter. Ça n'a jamais compté pour lui il rentrait pour toi.

– Alors, c'était un peu trop tard.

– Il venait pour toi, Draco.

Draco se renfrogna et se dirigea vers la porte. Il en avait assez entendu. Il voulait voir son père une dernière fois et maintenant, c'était fait. Il n'y avait plus rien à faire, excepté ce que tout le monde faisait sans aucun doute ce soir – réviser.

Lucius savait que Draco partait il n'essaya pas de l'arrêter.

– Au revoir, Draco.

Draco ne répondit pas. Il quitta la pièce sans un regard en arrière.

oOo

– J'ai trop mangé, grogna Pansy en grimpant dans le lit.

Elle s'était douchée et son visage était rose d'avoir été frotté. Elle sentait un mélange de dentifrice et le savon artisanal, ses cheveux encore légèrement humides commençaient à boucler un peu.

– Je me sens lourde et bouffie.

– Tu n'as pas l'air lourd ni bouffi, souligna respectueusement Ron.

Il se sentait joliment dans le même état. Une chose qu'il pouvait dire sur sa mère, c'était qu'elle adorait les suralimenter, particulièrement lorsqu'elle était redevable à quelqu'un pour quelque chose. Non pas que Ron pensât que Molly lui devait quelque chose.

Il regarda la fenêtre et souhaita pouvoir l'ouvrir. L'été, les nuits étaient chaudes et la chambre avait tendance à devenir étouffante mais on était dimanche soir et les ordures de la rue dégageaient une odeur terrible que la chaleur exacerbait encore plus. Il se glissa dans le lit, à côté d'elle et tira la légère couverture sur eux.

Il éteignit les lumières et trouva sa bouche presque immédiatement. C'était devenu une progression naturelle pour eux se mettre au lit et s'embrasser. Ils n'avaient pas encore fait l'amour, mais s'embrasser, ils en avaient fait tout un art. Il trouva sa bouche humide, avide et luxuriante tandis qu'elle bougeait sous lui. Son corps était toujours si plein de promesses, les secrets tus pendant la journée s'ouvraient pour lui le soir alors que ses mains glissaient sur le léger coton de sa chemise de nuit. Ils n'aimaient pas parler au lit, il semblait qu'ils n'y conversaient jamais, s'embrasser paraissait bien plus important quand ils étaient seuls et si proches.

Il lapa sa bouche, prenant plaisir à sentir le goût du dentifrice et de salive mélangés sur la douceur de ses lèvres et de sa langue. Sa main descendit sur son tendre sein et son mamelon merveilleusement dur et il gémit.

– Tu es incroyable, chuchota–t–il d'une voix rauque.

– Je…, gémit–elle doucement.

Ron se glissa entre ses cuisses et elle sentit son érection presser durement contre sa cuisse.

– On devrait arrêter, haleta–t–il.

Il savait que continuer l'entraînerait au–delà d'uniquement la désirer et dans son besoin d'elle. Il devait s'interrompre pendant qu'il en était encore capable.

– On n'est pas obligés, murmura–t–elle et un frisson la traversa. On n'est pas obligés de s'arrêter.

Il se recula et tenta de lui faire face dans l'obscurité.

– Si je ne m'arrête pas, je pourrais faire quelque chose que tu ne veux pas, expliqua–t–il lentement, honteux d'admettre qu'il serait peut–être incapable de se contrôler.

– J'ai envie de toi, avoua–t–elle timidement. Je veux que… tu me fasses l'amour.

Ron sentit son estomac faire un bond. Sa seule réelle expérience sexuelle avait été avec Angelina et on pouvait difficilement appeler ça faire l'amour. Ça frisait l'abus. Et il craignait que ça ne fût pareil pour Pansy. Et s'il la blessait ? S'il n'était pas meilleur qu'Angelina ? Les doutes qui le taraudaient depuis des semaines refirent brusquement surface avec une force foudroyante mais elle tendit le bras vers la table de chevet et d'un murmure, des centaines de minuscules bougies s'allumèrent dans la pièce. Puis elle se recoucha, la tête posée sur son bras.

– Je le veux, lui dit–elle doucement. Je veux sentir à quoi ça ressemble d'avoir quelqu'un que j'aime qui me montre ce que c'est… et je crois que tu le veux aussi… non ?

En réponse, il l'embrassa, caressant ses seins encore une fois à travers le tissu de sa chemise de nuit puis il commença à déboutonner le devant pour l'ouvrir et la révéler afin de toucher chaque centimètre de sa peau lisse. Pansy sourit et attrapa sa main pour l'embrasser, faisant courir sa langue sur sa paume et sur ses doigts puis il la plaça plus fermement sur sa poitrine alors qu'elle utilisait ses propres mains pour explorer la fermeté de son torse. Il se déplaça afin de pouvoir tirer son haut de pyjama par–dessus sa tête et se tortilla pour le bas. Elle observa le corps qu'il lui révéla, sachant qu'elle attendait ce moment et qu'elle voulait profiter de chaque sensation et apprécier l'excitation qu'il créait en elle.

Le contact de leur peau amena leurs attouchements plus près de l'acte d'amour que jamais. Leur nudité était maintenant aussi palpitante que leurs premiers baisers et la sensation de la douce peau crémeuse pressée contre sa fermeté l'amena près du bord. Cet accouplement nu représentait un accomplissement pour eux deux il signifiait la perte de la crainte et ils goûtaient les différences de leurs corps.

Ron se languissait de pénétrer Pansy mais il combattait l'attraction de son corps pour elle cependant, ça devenait de plus en plus difficile. Tandis qu'ils bougeaient l'un contre l'autre, ce fut de plus en plus dur à repousser. Ils gardaient leurs yeux fixés sur le visage de l'autre, incapables de croire à quel point ils étaient proches, à quel point c'était bon de laisser leurs mains errer. Quand finalement ils purent détourner leurs regards l'un de l'autre, ils se surprirent à baisser les yeux sur le pénis de Ron qui pointait sa tête humide vers le duvet sombre et luxuriant niché entre les cuisses de Pansy.

Caressant ses seins pâles, Ron se pencha et embrassa chaque mamelon rose, les suça, les goûta avec sa langue et sa main descendit le long de son estomac. De ses doigts hésitants, il trouva la chaleur humide qu'elle lui offrait.

Pansy s'étendit pendant qu'il bougeait, elle sentit son souffle se bloquer tandis qu'il l'embrassait tout le long du corps, sa langue goûtant sa chair, ses mains caressant la douceur de son ventre. Il inclina son visage entre ses jambes et donna un petit coup de langue dans sa moiteur, sondant l'ouverture humide de son vagin pour la déguster puis utilisa ses doigts pour l'ouvrir plus largement et lapa plus profondément. Ses doigts effleurèrent doucement la perle dure de son clitoris et elle haleta à ce geste intime. Quand l'excitation devint trop forte, elle le tira à elle, s'agrippa à ses épaules solides et lui dit qu'elle l'aimait d'une voix proche du délire.

Elle se libéra en ondulant, elle voulait le goûter comme il l'avait fait avec elle. Elle se coula contre lui pour l'explorer et le couvrit de baisers, commençant par sa bouche douce et progressa vers son menton recouvert d'un léger duvet et descendit vers sa gorge. Son torse était perlé d'une sueur fraîche et elle pinça ses petits tétons, fascinée de voir qu'ils pouvaient durcir comme les siens. Il s'assit sur son arrière–train et lui permit cette exploration, sachant qu'elle devait le faire, qu'elle avait besoin de découvrir l'homme avec qui elle était et qu'elle allait accueillir dans son corps.

Elle s'agenouilla entre ses jambes, souleva son pénis dur entre ses mains et leva les yeux vers lui.

– Elle est plus grosse que je le croyais, fit–elle à voix basse.

– C'est bon, répondit–il. On peut aller aussi lentement que tu le veux.

Elle sourit et reporta son attention sur le membre qu'elle avait dans les mains. Elle se pencha et longea le dessous avec sa langue, remonta jusqu'à la tête qu'elle humecta de sa bouche avec hésitation. Elle entendit Ron grogner tandis qu'elle en prenait autant qu'elle pouvait dans sa bouche, prenant garde à ses dents, sachant qu'elle devait se montrer délicate. Elle recula sa bouche et, encore une fois, fit glisser sa langue sur sa longueur, voulant goûter maintenant le doux sac de testicules qui était suspendu en dessous.

Il savait qu'il ne résisterait pas à ça, alors il la fit tendrement se relever, lui expliquant qu'elle devait cesser de faire ça si elle ne voulait pas qu'il jouisse trop rapidement. Elle s'étendit à nouveau dans le lit et l'attira contre elle, le priant d'être doux, le suppliant de ne pas lui faire mal.

Ron la tint serrée contre lui et lui promit qu'il ne la blesserait jamais et qu'elle était en sécurité avec lui. Elle le crut et haleta tandis qu'elle s'ouvrait pour lui. Lubrifiée par sa salive et l'excitation, Ron fit un premier mouvement pour entrer d'un pouce en elle, lui démontrant qu'ils iraient lentement afin qu'elle puisse accommoder sa taille à l'intérieur de son corps.

Dans son esprit, il aurait souhaité être celui qui lui avait ravi sa virginité et non trois hommes qui ne la connaissaient pas et qui s'en fichaient mais maintenant qu'elle se tenait entre ses jambes et qu'elle haletait à ses premières sensations sexuelles, il savait que ça n'importerait plus. Il était étonné par les sentiments que ça créait, aimer quelqu'un et être aimé en retour. Quand il regarda vers elle, elle riait de stupéfaction, fascinée par le destin les avait mis ensemble d'une manière si merveilleuse et parfaite.

oOo

Les yeux de Harry s'ouvrirent et se refermèrent puis il grogna. Il y avait un poids, lourd comme du plomb, sur le creux de son ventre. Il savait ce que c'était : Miss Kitty, en boule, endormie. Il n'arrivait pas à croire qu'une si petite chose fût si lourde mais elle pressait durement sur sa vessie et son corps entier était étrangement douloureux. Probablement le résultat pour avoir dormi dans cette position trop longtemps. Et sa vessie, sur laquelle elle dormait, était horriblement pleine.

Il grogna encore une fois et essaya de déplacer la chatte. Elle se réveilla, posée sur son estomac et s'étira il faillit se pisser dessus quand ses pattes arrière s'enfoncèrent fortement dans son aine.

– Dégage ! Merde !

Il repoussa la chatte et elle cracha tandis qu'il s'asseyait. Il n'avait pas la moindre idée de l'heure qu'il était mais il décida qu'il était tard. Il se sentait comme s'il avait longtemps dormi, il n'y avait aucune lumière dans la chambre provenant de sous la porte, il était certain que la salle commune était vide et que tout le monde était au lit – à essayer de dormir un peu avant que les examens ne débutent le jour suivant.

Il aurait aimé dormir encore. Il n'avait eu que peu de précieux sommeil depuis la nuit au musée et il était sûr que c'était un harassement absolu qui lui avait permis d'une manière ou d'une autre de prendre du repos.

Il avait besoin de pisser et il balança ses jambes hors du lit – faillit marcher sur Miss Kitty – et se dirigea vers la porte de la salle de bain.

Comme il l'avait prédit, la salle commune était sombre et vide. Il y avait cette fraîcheur dans l'air que les pièces ont tendance à avoir quand il n'y a personne pendant un long moment alors il pensa qu'il devait être très tard. Harry traversa la salle jusqu'à la salle de bain, il bâilla tandis qu'il avançait machinalement dans le but d'aller se soulager.

Il était vêtu d'un vieux bas de pyjama. Une ancienne fripe qui avait appartenu à Dudley l'élastique était sur le point de céder, il y avait même un trou dans le pantalon. Mais Harry s'en fichait – il était encore à moitié endormi – il ne pensait qu'à une seule chose : retourner dans son lit. Il finit de pisser et remit son pénis dans son pantalon sans le secouer correctement, il se foutait bien des gouttes d'urine qui allaient mouiller le devant de son pantalon, elles auraient séché le lendemain, il n'y songea même pas.

Il quitta la salle de bain et retraversa la salle commune, juste à temps pour voir Miss Kitty s'enfuir de sa chambre et passer comme un éclair à travers la pièce jusqu'au couloir qui menait à son ancien domicile.

La chambre de Draco.

– Putain ! Miss Kitty ! siffla Harry dans un chuchotement sévère. Reviens ! Minou, minou, minou !

Miss Kitty l'ignora totalement et la petite chatte tigrée tourna dans l'ombre du court corridor, sa maigre petite queue en l'air. Harry fut presque certain qu'elle lui montrait son cul par défi.

– Miss Kitty !

Le chuchotement sévère de Harry se mua en murmure tendu.

– Reviens ici, stupide chat, il n'est pas là !

Pourtant, elle ne réapparut pas et Harry fut obligé de la suivre dans le couloir. Il n'avait pas été dans la chambre de Draco depuis qu'il avait pris Miss Kitty avec lui. C'était douloureux d'y aller et de voir toutes les affaires de Draco. Harry arrivait même à le sentir d'ici. Il ne pouvait pas regarder le lit sans se rappeler les nuits qu'il y avait passées, au chaud dans les bras de Draco ou enveloppé autour de son corps. Il ne voulait pas y retourner pour y chasser la petite chatte mais il savait aussi qu'il ne dormirait pas si Miss Kitty courait partout dans la salle commune et enquiquinait tout le monde.

– Miss Kitty ! Viens ici… Minou, minou, minou ! Viens ici ! Je ne vais pas te courir après dans tout ce putain de château !

Le couloir était sombre et il n'avait pas sa baguette – il pouvait presque entendre Alastor Maugrey lui hurler : « Vigilance constante ! » à l'oreille – mais il tenta tout de même un lumos. Il fut surpris quand une faible lumière éclaira le hall étroit. Il faillit sourire, excepté que Miss Kitty bondissait vers le loquet de la porte comme un animal fou et qu'à la troisième tentative, elle réussit à l'attraper. La porte s'ouvrit – dans un craquement.

– Oh, Miss Kitty, tu fais chier ! Reviens ici !

Une fois encore, Miss Kitty leva sa queue en l'air en lui montrant son cul puis entra furtivement. Harry leva les yeux au plafond et en tapa presque du pied de frustration. Il la suivit.

– Miss Kitty.

Il ne prit plus la peine de chuchoter, il n'y avait personne à réveiller ici.

– Il n'est pas là, saleté de chatte stupide…

La porte du balcon était ouverte.

Oh, mon dieu, ne la laisse pas aller sur le balcon.

– Miss Kitty… Viens ici, minou.

Il fit un pas par–dessus l'embrasure du balcon en espérant qu'il pourrait attraper la chatte avant qu'elle ne saute. Il s'arrêta et en eut le souffle coupé. Draco se tourna face à lui, en rejetant la fumée de la cigarette d'opium qu'il fumait.

La bouche de Harry s'ouvrit puis se referma il fut soudain conscient de l'image qu'il renvoyait dans le vieux pyjama de Dudley, avec de la pisse sur le devant. Il aurait au moins aimé s'être lavé les mains. Il essaya de parler et en fut incapable. Il ne savait pas quoi dire.

– Qu'est–ce qui cloche, Potter ? Ma saleté de chatte stupide a mangé ta langue ?

– Tu… Tu es là.

Draco lui jeta un regard noir comme si c'était manifestement évident tandis que Miss Kitty se frottait avec bonheur contre ses chevilles.

– Je ne pensais pas que tu étais là. Tu étais chez toi… Tu étais malade…

– Il y a des examens à passer, Potter. Qu'est–ce que tu croyais que je ferais, rentrer en douce chez moi et ne jamais revenir ?

– Je… Tu es venu pour les examens ?

– Je viens de le dire, non ?

Harry sentit son corps céder, il voulait se jeter sur Draco et le serrer dans ses bras de soulagement.

– Comment tu te sens ? Ça va ?

– Je vais bien.

Harry le dévisagea, tentant de deviner à travers le ton froid ce qu'il ressentait vraiment. Il voulait le toucher, le tenir et l'aimer. Dans la clarté de la lune, il semblait irradier. Il était si pâle, ses cheveux paraissaient chatoyer. Il était vêtu de robes de très bonne qualité à haut col. Sa peau était claire comme jamais et, dans les yeux gris, Harry pensa voir quelque chose de plus que la froideur qu'il affichait.

– Tu m'as manqué, murmura Harry.

Draco ne répondit rien.

– Ce que tu as vu… commença à expliquer Harry avec désespoir. Ce que tu as vu cette nuit–là… ce n'était pas pour de vrai… Je revenais mais Fred… il ne voulait pas me laisser partir…

Harry fixa le visage impassible de Draco.

– Ce baiser ne comptait pas… Il ne signifiait rien du tout. Je l'ai seulement donné pour qu'il me laisse revenir vers toi. Je ne savais pas que tu étais là…

– Peu importe, répliqua Draco sans émotion avant de jeter sa cigarette par–dessus le balcon. Tu peux faire ce que tu veux.

– Je suis tellement désolé… bébé, je suis tellement désolé.

– Peu importe, répéta Draco.

– Je t'aime.

Draco le repoussa brusquement pour passer et alluma les lampes à gaz de la chambre.

– Je suis allé chez toi…tu… ton elfe de maison ne m'a pas laissé entrer.

– Rappelle–moi de louer Rosie pour sa fermeté.

Harry le fixa, se demandant si la façade allait craquer.

– Je voulais te parler. Je voulais t'expliquer.

– Expliquer quoi ? Que tu étais sur le point de revenir, que Fred Weasley t'en a empêché, que tu l'as embrassé et que ça ne signifie rien ?

Draco bâilla comme s'il s'ennuyait.

– Je suis tellement désolé.

– Bien.

La voix de Draco avait claqué. Il prit une boîte entourée de cuir, à côté de son sac et la plaça sur le lit. À l'intérieur, il y avait plusieurs bouteilles qui ressemblaient à de l'alcool selon Harry. Harry les regarda, totalement médusé. Il venait de sortir de l'hôpital et il allait se bourrer la gueule ? Mais quelle heure était–il ?

– Tu crois que tu as vraiment besoin de ça ? demanda Harry, sachant qu'il n'aurait probablement dû rien dire.

Draco lâcha un rire amer.

– Mais qu'est–ce que tu crois que c'est ? questionna–t–il avec un ricanement. Du whisky ? Du gin ? Un peu de vin d'ortie pour calmer mes nerfs ? Oh, non, Potter. Ce sont des médicaments. D'adorables bouteilles de médicaments à ajouter à ma liste toujours croissante de merde que je dois ingurgiter pour me maintenir en vie chaque jour. Elles sont pas mignonnes ? Celle–là, la violette, arrête les crises provoquées par la potion périmée que Mr Semeuse a versé dans ma gorge. Cette brune, là, est très agréable, elle a un peu un goût de sueur distillée, mais elle ressoude mes muscles et mes tissus – je parle des muscles et des tissus de mon trou du cul, au cas où tu te demanderais. Maintenant, ça, c'est le Navitas, tu le connais, mais la claire, ici, c'est ma préférée, elle reconstruit mon système immunitaire afin que je ne tombe pas raide mort mais un de ses effets secondaires est que je ne peux pas faire de magie correctement alors je ne peux pas transplaner ou quoi que ce soit d'autre si par hasard je me mets accidentellement dans une position délicate. Cette jolie rouge, là, est censée m'aider à dormir mais tout ce qu'elle fait, c'est me rendre malade alors quand j'en prends, je la vomis presque totalement, donc je n'ai plus qu'à recommencer. Tu veux que je continue ?

– Je suis tellement désolé, Draco.

– Bien ! fit Draco encore une fois mais il avait l'air un peu hystérique maintenant. Bien, sois désolé, j'espère que tu seras désolé jusqu'à ce que t'en crèves, putain ! Mais je ne veux pas avoir à te regarder pendant que tu ressens ça, alors dégage et fous–moi la paix !

– Draco…

– Fous–moi la paix !

Harry le dévisagea et voulut pleurer. Draco respirait lourdement et commençait à enlever les bouchons de ses nombreuses bouteilles. Harry l'observa, il ne voulait pas le laisser seul mais, connaissant Draco, il ne prendrait pas ses médicaments devant lui.

– Je suis désolé, Draco.

Draco ne répondit pas, il semblait absorbé par le contrôle de sa respiration. Harry lui décocha un dernier regard. Il savait qu'il ne dormirait plus cette nuit mais il savait qu'il devait quitter cette chambre. Il s'en alla et laissa Draco seul dans la pièce. Le temps qu'il atteigne la salle commune, ses joues étaient baignées de larmes mais il ne se retourna pas. Il se remit au lit et attendit le reste de la nuit.

À suivre...

Voilà, merci d'avoir lu jusque-là. J'attends vos commentaires.

Bisous.

Falyla