Titre : Objects of Desire

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Auteure : Azrael Geffen

Traductrice : falyla

Correcteurs : falyla/Florent

Paring : Harry Potter/Draco Malfoy Hermione Granger/Severus Snape

Rating : M/NC-17

Etat de fic originel : terminée (20 chapitres divisés en 59 parties)

Etat de la traduction : terminée

Disclaimer: Les personnages appartiennent à l'univers de JK Rowling, l'intrigue est à Azrael Geffen, avec son aimable autorisation.

Warning : slash, scènes de sexe très graphiques, torture, viol, meurtre, tentative de suicide, drogue, abus d'alcool, langage cru.

Site : à cause des thèmes abordés, je ne sais pas si cette fic sera autorisée à rester sur FFnet, je la publie donc en parallèle sur AO3 sous le même pseudo.

Mise en ligne : sauf contretemps inattendu, le lundi, le mercredi et le vendredi.

Résumé : Après la fin de la guerre, Harry, Ron et Hermione décident de revenir à Poudlard pour obtenir leurs ASPICs. Avant la rentrée, lors d'une soirée très avinée, ils établissent et signent un pacte magique où ils s'engagent à perdre leur virginité pendant cette 8ème année.

Note de la traductrice : c'est la dernière ligne droite, ceci est la dernière partie du dernier chapitre avant l'épilogue. Merci pour tous vos messages.

Bonne lecture.

Chapitre 20 (3ème partie)

Hermione s'enfuit dans le couloir en courant, loin de la Grande Salle elle ne voulait qu'une chose, partir loin du regard inquisiteur des étudiants restés là. Harry courut après elle, en la suppliant de se calmer et de penser au bébé. Brusquement, elle s'assit par terre.

– Oh, mon dieu, gémit–elle. Oh, mon dieu, c'est ma faute, c'est ma faute… Tout est de ma faute !

– Eh, ce n'est pas de ta faute, la rassura Lavande d'une voix douce en lui caressant le dos maternellement. C'est toi qui as envoyé une plainte au Ministère ? Non, bien sûr que non !

– Mais… si je ne l'avais pas poursuivi… Si je l'avais laissé tranquille…

– Alors il ne serait qu'un misérable con, rétorqua Draco, un peu haletant de sa course.

Il fronça les sourcils vers Colin Crivey qui pleurait presque parce que Ginny Weasley avait totalement raflé le pari sur Qui s'envoyait en l'air avec Snape ? Elle avait exigé ses gains parce qu'elle quittait l'école le soir même, apparemment elle devait débuter un boulot, cette aubaine inattendue était exactement ce dont elle avait besoin pour commencer. Même Ginny ignorait que le gain total du pari était proche de cinq mille Galions.

Hermione se tourna vers Draco.

– Au moins, il ne serait qu'un misérable con avec un boulot ! s'écria–t–elle d'une voix stridente.

– En fait, il n'a pas du tout l'air contrarié, souligna raisonnablement Lavande.

– Il est probablement soulagé, ajouta Harry avant de réaliser qu'il n'aurait vraisemblablement pas dû dire ça.

Ce qui s'était passé avec Krum était quelque chose que personne ne savait.

– Il en avait sans doute marre de traîner par là, conclut–il, en essayant maladroitement de couvrir son lapsus.

– Ce n'est pas possible, fit Hermione en secouant la tête. J'ai ruiné sa vie.

– Mais non ! aboya Draco. Bordel de merde, tu crois qu'il est heureux ? Il déteste enseigner, il a toujours détesté ça. Il déteste enseigner les Potions mais il est resté parce qu'il était trop paresseux pour trouver quelque chose de mieux !

Tous le dévisagèrent, stupéfaits.

– Bon, peut–être qu'il n'est pas paresseux, concéda Draco, mais vous voyez ce que je veux dire. Il est incroyablement talentueux, il sait faire plein de choses !

Lavande et Harry approuvèrent de la tête et Hermione les regarda comme s'ils étaient tous parfaitement cinglés. Elle était enceinte de presque cinq mois et le père de son enfant se retrouvait sans profession ! Des visions honteuses de Molly Weasley lui remettant des baluchons de vêtements usagés par charité lui traversèrent l'esprit. Puis l'espoir, les Weasley avaient élevé sept enfants avec presque rien, alors ils réussiraient bien à en élever un.

– Tu vas bien ? demanda Harry.

– Je crois que oui, renifla–t–elle.

– Tout ira bien, dit–il. Draco a raison, Snape est peut être un vieux con amer mais il a du talent. On ne sait jamais, il pourrait trouver un boulot qui le rende heureux.

– Ouais, ajouta Draco. J'ai entendu que le poste de conservateur du musée est vacant.

Une fois encore, tout le monde le fixa, médusé.

– Quoi ? Il est interdit d'en rire un peu ?

Et inexplicablement, Hermione se mit à rire.

oOo

Lavande transplana à Londres peu de temps après que ses amis furent retournés dans la Grande Salle pour passer leurs examens. Elle était pressée de voir l'échoppe que son père avait trouvée pour elle elle devait le retrouver sur le Chemin de Traverse, dans le petit salon extérieur du glacier Florian Fortarôme. Elle avait pris grand soin en revêtant une robe. Son père était notoirement conservateur et il préférait voir sa fille habillée d'une robe ordinaire sans réel ornement. Alors que Lavande aurait normalement rechigné à l'idée même d'être vue en public avec quasiment l'air d'une nonne sortant d'un couvent, par amour pour son père, elle était prête à le faire maintenant.

Et le magasin était parfait. Tandis qu'Enid Broomsby, la plus populaire des agents immobiliers du Chemin de Traverse leur montrait l'espace, Lavande imaginait déjà les étagères remplies de magnifiques bouteilles et de merveilleuses senteurs. La boutique comprenait le magasin en lui–même, deux pièces à l'arrière, une cuisine et un WC. Il y avait aussi un appartement à l'étage qui pouvait être inclus dans le bail si elle voulait habiter au–dessus.

Pour Lavande, il semblait parfait.

– Bien sûr, l'appartement est complètement équipé, précisa Enid Broomsby dès que Lavande montra de l'intérêt. Il ne sera pas nécessaire d'y refaire quoi que ce soit.

La boutique elle–même avait besoin de quelques travaux cependant. Il fallait une couche de peinture. Fabriquer des étagères et des présentoirs et la vitrine de la devanture avait besoin d'être remplacée. C'était à portée de main.

– Combien pour une location hebdomadaire ? s'enquit Milo Brown, toujours pratique, provoquant un froncement de sourcil sur le visage de sa fille.

– Avec l'appartement inclus, cela fait trois cent cinquante Galions par semaine.

Lavande parut pleine d'espoir, ce n'était pas autant qu'elle avait pensé mais évidement son père n'était pas impressionné. Il demanda quelle était la durée minimum du bail à loyer et ne fut pas heureux quand on lui répondit que le plus court des baux qu'ils pouvaient fournir était d'une année.

– Il me faudra au moins ça pour que l'endroit s'implante, papa, lui indiqua Lavande.

Elle ajouta un comptoir et une caisse enregistreuse à son fantasme. Il y avait beaucoup d'espace, un atelier à l'arrière et aussi une réserve. Comme il ne disait rien, elle le pressa.

– Et je pourrais vivre dans l'appartement du dessus, alors c'est vraiment une affaire.

– Et comment tu envisages de payer ta location et tous les coûts additionnels si ces… produits… ne se vendent pas ?

Lavande pinça les lèvres et se rappela de ne pas monter sur ses grands chevaux.

– Ils se vendront, papa. Les produits tests que j'ai mis chez Madame Guipure se sont écoulés en quelques jours et elle m'en a redemandé.

– Oui, Lavande, mais Madame Guipure possède un commerce établi et respecté, les gens viennent chez elle parce qu'elle a un nom de référence. Pourquoi est–ce que tu ne commences pas petit, tu pourrais fournir Madame Guipure jusqu'à ce que tu deviennes plus connue ?

Lavande vit les plus infimes détails de son fantasme disparaître comme autant de bulles de savon éclatant dans l'air.

– Mais papa, tu as dit que tu m'aiderais. On en a parlé avant que l'école ne débute, tu as promis que tu m'aiderais si je retournais à l'école et passait mes ASPICs.

– J'ai dit que je t'aiderais, Lavande, mais je veux aussi m'assurer que mon argent n'ira pas directement dans un gouffre.

– Mais non ! Je te rembourserai, papa. Je sais qu'il y a un risque mais on doit bien commencer quelque part.

– La moitié, concéda–t–il. Je te donnerai la moitié de ce dont tu as besoin pour les coûts de départ. Si tu veux sérieusement ouvrir cette boutique, tu devras trouver l'autre moitié.

Lavande regarda son père bouche bée et se savait pas comment faire ça gracieusement. Comment était–elle censée trouver l'autre moitié ? Braquer Gringotts ? Elle ne savait pas du tout si elle pouvait contracter un emprunt et, même si elle avait su, l'idée d'un plan de financement lui échappait complètement. Elle arrivait déjà difficilement à croire que des types comme Fred et George Weasley avaient pu quitter l'école et ouvrir un magasin c'étaient des hommes d'affaires maintenant – et elle avait déjà des problèmes à rassembler des fonds.

– Et prendre un associé ? suggéra son père.

– Mais tu étais censé être mon associé ! gémit Lavande.

– Lavande, je travaille pour le Ministère. Je n'ai pas les moyens de devenir ton associé. Je te donnerai la moitié, c'est ma dernière offre.

Lavande fronça les sourcils. Draco avait de l'argent et maintenant que Harry et lui semblaient de nouveau ensemble, il pourrait être suffisamment ouvert à la possibilité de lui prêter de l'argent – ou devenir son associé. Elle pouvait au moins demander. Son examen final se terminait vers quatorze heures et elle ne doutait pas qu'il descendrait aux Trois Balais avec Harry et Hermione pour y boire un verre et voir ce qui était arrivé au professeur Snape.

Le très talentueux professeur Snape. Le très talentueux et présentement au chômage professeur Snape. Un sourire se mit à fleurir tandis qu'elle mettait en doute sa capacité à lui demander. Elle n'avait jamais eu de conversation avec lui. À dire vrai, elle était exactement comme le reste de l'école, elle avait en quelque sorte peur de lui. Mais peut–être qu'il serait réceptif et qu'ils pourraient en discuter.

Et peut–être qu'il pourrait lui donner la moitié dont elle avait besoin.

oOo

– Tu dois vraiment soulever ta tête de la table, Severus.

Minerva ne savait vraiment pas pourquoi elle lui conseillait de se redresser elle–même avait quelques problèmes à la garder droite. Dès que sa dernière malle avait été envoyée au Marais, ils avaient quitté le château et le calme soigneusement érigé qu'il avait placé autour de lui s'était craquelé comme la croûte d'un pâté. Ils avaient atteint les Trois Balais avant midi et avaient commencé à boire dans l'idée de faire la bringue. Deux heures plus tard, il était ivre comme jamais… et pourtant, elle l'avait déjà vu joliment bourré.

Elle devint plus maussade à mesure que la journée avançait. Qui aurait pu penser que cette mine renfrognée dès le petit–déjeuner allait lui manquer si terriblement ?

– Severus, si tu ne lèves pas la tête, Rosmerta va nous jeter dehors.

Severus marmonna quelque chose qui ressemblait à Tête de Sanglier. Minerva lui tapota gentiment le dos.

– Tu as dit à Hermione que tu serais là ?

À la mention du nom de Hermione, il releva la tête et parut totalement choqué par ce qui l'entourait.

– Elle comprendra où nous sommes allés, dit–il avec la franchise d'un ivrogne. Elle est très intelligente, tu sais.

– Oui, mon cher, hoqueta Minerva. Je sais qu'elle est très intelligente.

– T'as commandé une tournée supplémentaire ? questionna–t–il avec sincérité. Ils m'ont pas servi la dernière fois.

Minerva arqua un sourcil mais elle se recula de l'isoloir et se dirigea vers le bar. Rosmerta lui lança un regard terrible quand elle jura que les deux verres qu'elle commandait étaient pour elle et lui fut reconnaissante de ne pas commenter le fait qu'elle n'avait jamais bu de whisky Purfeu de toute sa vie. Quand elle revint à la table, elle trouva Severus, le visage à nouveau appuyé contre.

– Tes boissons, Severus.

Il leva la tête et avala les verres de whisky horriblement vite.

– Oh, mon dieu, qu'est–ce que je vais faire ? demanda–t–il, le souffle coupé.

– Détruire ta flore intestinale me vient à l'esprit, lâcha Minerva, dégoûtée.

– Je vais me marier, dit–il avec angoisse. Je vais avoir un enfant et je n'ai pas de boulot. Oh, mon dieu, je vais devoir mettre les meubles familiaux en gage… et ils ne valent rien !

– Calme–toi, Severus.

– On va vivre dans une misère noire, gémit–il avant de se cogner la tête sur la table.

Minerva lui adressa un froncement de sourcil comme si c'était encore un élève.

– Oh, pour l'amour du ciel, Severus, tu trouveras un autre boulot. Tu es jeune et tu as de nombreux talents qui font que tu es capable de travailler. J'ose avancer qu'Albus parlera à Arthur et il te trouvera bien quelque chose au Ministère.

Severus leva la tête une nouvelle fois et révéla une vilaine tache rouge sur le front qui deviendrait – Minerva en était certaine – un hématome le lendemain matin.

– Rien avec des Moldus, précisa–t–il désespérément. Est–ce que Weasley n'a pas un truc avec les Moldus ?

– Je ne crois pas qu'Arthur serait assez stupide pour te mettre dans quoi que ce soit impliquant des Moldus.

Elle prit une gorgée de son cherry brandy et se sentit un peu malade. Elle décida qu'il fallait mieux ralentir. Elle décida également que ce serait rendre service à Arthur Weasley de ne pas le laisser mettre Severus avec quiconque, Moldu ou autre – tout ça évidemment si Arthur lui donnait un boulot.

Bien sûr qu'il le fera, se dit–elle, Arthur le fera parce qu'Albus le lui demandera.

Aucun des deux ne vit Lavande Brown entrer dans le pub, chercher autour d'elle jusqu'à ce qu'elle les repère et s'avancer vers eux. Ils ne remarquèrent pas non plus qu'elle était là, à côté de la table, jusqu'au moment où elle s'adressa à eux.

– Professeur McGonagall, Professeur Snape, comment allez–vous cet après–midi ?

Minerva sursauta et Severus grogna en replaçant sa tête sur la table. Le courage de Lavande s'affadit un instant quand elle vit la masse de cheveux en désordre sur la table, elle regarda Minerva avec inquiétude.

– Les examens sont finis ? demanda–t–elle rudement.

– Heu… non. Eh bien, ils le sont pour moi, j'ai terminé hier – mais Hermione est toujours en Potions.

Ce seul mot provoqua un gémissement émanant de la masse de cheveux.

– J'aurais souhaité parler avec le professeur Snape, dit–elle, mais peut–être que ce n'est pas le meilleur moment.

Minerva dévisagea Severus puis lui attrapa une poignée de cheveux et souleva sa tête de la table. Il regarda Lavande avec des yeux troubles.

– Vous avez amené à boire ? bredouilla–t–il.

– Severus, je pense que tu as eu ton compte, fit sévèrement Minerva.

– Je prendrai bien un whisky Purfeu, précisa–t–il.

Lavande se dirigea vers le bar. Elle décida de le rendre plus lucide, au moins un peu si elle voulait lui parler. Elle demanda à Madame Rosmerta quelque chose qui ressemblait à du whisky mais qui n'en était pas. Un moment plus tard, elle retourna à la table avec une bièreaubeurre pour elle–même et un thé froid pour lui.

– Je suis allée à Londres, déclara vivement Lavande.

Elle avait passé les dernières heures à se convaincre qu'elle était capable de lui parler, sans se soucier de son état d'ébriété avancé, elle n'allait pas laisser tomber maintenant.

– Mais qu'ont donc les jeunes à vouloir transplaner un peu partout ? demanda Minerva, reconnaissante de toute conversation qui n'impliquerait pas un Severus gémissant sur sa vie. Quand vous aurez quelques années derrière vous, Miss Brown, vous réaliserez que transplaner n'est pas un choix si judicieux pour voyager sur de longues distances. Elle diminue la force de votre magie pour un bon moment après. Vous ne devriez l'utiliser qu'en cas d'urgence.

Lavande en fut interloquée. Elle n'y avait jamais réfléchi avant. Elle s'était souvent demandée pourquoi les gens s'ennuyaient avec des balais, des attelages et des bus alors qu'ils pouvaient transplaner où ils voulaient, eh bien, maintenant elle savait. Puis elle se renfrogna quand elle comprit qu'elle avait été détournée de sa mission, quoique très momentanément.

– Je vais ouvrir une boutique, expliqua–t–elle, en se remettant sur les rails. Un magasin de parfum.

– Oh, ça a l'air d'être une excellente idée, déclara Minerva, impressionnée par sa jugeote.

– Merci, fit Lavande en souriant de plaisir. En fait, c'était la raison de mon voyage à Londres. Je suis allée voir un local à louer. Il a une position fantastique, à quelques portes de Madame Guipure. Mon père va investir donc je pourrais ouvrir avant Noël.

En entendant ça, Severus releva la tête de son propre chef. Il connaissait bien Milo Brown – ce que Lavande ignorait – et il savait qu'il était si pingre qu'il lui faudrait s'ouvrir le cul pour en extraire son portefeuille. L'idée même qu'il investisse dans l'entreprise hasardeuse de sa fille était hautement ridicule – et quelque chose d'aussi grotesque pouvait sortir Severus de n'importe quelle stupeur d'ivrogne.

– Votre père ne va pas mettre d'argent dans une entreprise qui vend de l'eau colorée alors que les gens peuvent la faire chez eux, souligna–t–il en articulant difficilement.

– Eh bien, tout le monde n'a pas le temps de concocter ses propres fragrances, Professeur, fit Lavande avec diplomatie, et tout le monde n'est pas capable de juger quelles senteurs vont bien ensemble.

Severus la dévisagea avec incrédulité.

– Oh, réveille–toi, Severus, le tança Minerva, les sourcils froncés, avant de lui secouer l'épaule. Évidemment que nous savons comment mettre les choses ensemble et obtenir quelque chose d'acceptable, mais moins d'un quart d'entre nous sait comment préparer une potion digne de ce nom, encore moins pour faire une parfum décent.

Maintenant, c'était Minerva que Severus dévisageait avec incrédulité. Minerva se tourna vers Lavande.

– Severus pense qu'une fois qu'ils ont quitté l'école, chaque personne va installer un petit atelier de potion dans sa maison et en concocter tous les jours afin de les garder en mémoire. Il oublie commodément qu'il a fait échouer la plupart de ses élèves.

– J'ai fait échouer les crétins, précisa–t–il pour sa propre défense.

– Tu as fait échouer la majorité des élèves, Severus.

Minerva revint à Lavande.

– Je pense que c'est une très bonne idée. Vous ferez des savons et des lotions, des choses comme ça ?

– Je pense que c'est la voie à suivre, fit Lavande. J'ai déposé des échantillons de paquets–cadeaux et des fragrances chez Madame Guipure l'été dernier et ils se sont tous vendus. J'ai essayé de maintenir sa demande mais je me suis embourbée avec l'école. Cependant, j'ai trouvé que c'était un départ prometteur. Madame Guipure dit que ce qui marcherait vraiment bien serait de ventre des lots de base mais ses clientes les plus fortunées veulent savoir si elles peuvent obtenir des parfums de haute qualité.

Elle lança un regard significatif à son professeur échevelé qui venait juste de boire son thé froid et qui fixait le verre vide comme s'il venait d'avaler du poison.

– Et, bien que je suis douée pour fabriquer les produits de base – je ne peux pas concocter les parfums comme vous le faites.

Severus eut l'air perdu pendant un moment puis il comprit brusquement.

– Oh… Non, non, non. C'est non, tout simplement… Pas question.

– Mais, Monsieur, écoutez–moi d'abord…

– Il n'y a rien à écouter.

Il avait rapidement recouvré sa sobriété et Lavande sentit son cœur s'emballer.

– Je ne vais pas faire ça !

– Mais, Monsieur, il y a de l'argent à se faire, je vous le jure. Vous pourriez travailler à l'arrière, il y a un grand espace pour y aménager un laboratoire… ou vous pourriez même travailler chez vous. Hermione m'a dit qu'il y avait un jardin incroyable là–bas.

Severus semblait de plus en plus horrifié.

– Et vous pourriez travailler seul, vous n'auriez pas à faire avec les clients ou quoi que ce soit, je m'occuperai de cette partie–là.

– Je ne ferai aucun parfum pour vous, Miss Brown. Je suis éminemment capable de trouver un travail et j'attends une offre du Ministère très prochainement.

– Je ne vous demande pas de travailler pour moi, Professeur. Je vous demande de venir travailler avec moi. Nous serions associés. Mon père va me donner la moitié pour mes frais de départ et …

Il se mit à sourire méchamment.

– Oh… Vous voulez de l'argent.

Lavande déglutit.

– Eh bien… C'est en partie ça… mais je suis plus intéressée par vos talents…

– Je n'ai pas d'argent.

Lavande se tut.

– Vous pourriez contracter un emprunt, proposa brillamment Minerva. Gringotts vous accordera un prêt.

– Gringotts ne lui accordera aucun foutu prêt, rétorqua Severus d'une voix soyeuse.

– Eh bien, peut–être que non, mais si vous êtes deux, ils accepteront.

Ses yeux s'écarquillèrent.

– Tu ne peux pas être d'accord avec cette folie !

– Qu'y a–t–il de si fou ? s'enquit sobrement Minerva. C'est une excellente idée. Tu venais juste de te plaindre que tu ne voulais pas travailler pour le Ministère.

– J'ai dit que je ne voulais pas travailler avec des Moldus !

– Lavande t'offre l'occasion de travailler pour toi–même ! Tu n'auras même pas à quitter ta maison !

– Tu te rappelles que j'ai un enfant qui va naître dans quelques mois ? Investir de l'argent que je n'ai pas dans une affaire qui pourrait peut–être faire des profits ou pas du tout n'est sans doute pas le choix de carrière le plus judicieux en ce moment.

– Oh, cesse de te dérober, Severus. Tu ne vas pas mourir de faim alors que tu vis à côté de Draco Malfoy.

– Alors maintenant, tu veux que j'accepte la charité ?

– Oh, pour l'amour du ciel…

Lavande les regardait argumenter, elle ne voulait qu'une chose, serrer Minerva McGonagall dans ses bras et l'embrasser. Elle avait une merveilleuse façon de le contrer à chaque fois. Si Lavande avait été seule, elle se serait déjà enfuie à l'heure actuelle.

– Hermione voudrait que tu fasses quelque chose qui te rende heureux, rétorqua Minerva, opposant son dernier argument.

– Et tu crois que faire des parfums va me rendre heureux ? demanda Severus, médusé.

– Oui ! C'est ce que tu as toujours fait pour te détendre…

– Ce n'est pas le cas, merde !

– Bien sûr que si, merde !

– À choisir, je préfère une putain de branlette pour me détendre plutôt que fabriquer un putain de parfum !

Sous le choc, Lavande cracha sa bièreaubeurre sur toute la table.

– Je ne me préoccupe pas spécialement de tes habitudes masturbatoires, Severus, mais je peux t'assurer que tu concoctes des parfums pour te détendre, répliqua Minerva, imperturbable.

– Ne me dis pas ce que je fais quand je ne…

Minerva le frappa sur la tête.

– Mégère !

– Waouh, d'abord il se fait virer et maintenant, il se fait battre par une femme.

Draco sourit largement à cette vision tandis qu'il s'approchait de la table.

– Pourquoi est–ce qu'elle le frappe ? demanda Hermione.

Elle se rua vers eux avec une expression horrifiée tandis que Harry secouait la tête. Draco et lui la suivirent en direction de la table. Un reniflement apprit à Hermione qu'il avait beaucoup bu.

– Bon, écoute, reprit Minerva, adoucie. Hermione est ici maintenant elle pourra nous dire ce qu'elle pense de cette idée.

– Quelle idée ?

Hermione se glissa dans l'isoloir, à côté de lui, inquiète que son bien–aimé se soit fait agressé – par une femme de soixante–dix–neuf ans.

– Lavande a suggéré que Severus crée des parfums…

– Oh, pour son échoppe ? demanda Hermione. C'est une idée fantastique !

– Oh, mon dieu, tu vas pas t'y mettre aussi.

Severus reposa la tête sur la table, décidant que c'était tout simplement trop affreux pour qu'il y prenne part.

– Bien plus que ça, expliqua Lavande toute excitée. J'ai proposé que nous devenions associés dans la boutique. Nous devrons contracter un prêt à Gringotts mais tu ne crois pas que ça serait super ? Il pourra travailler à la maison !

Hermione le poussa du coude.

– Ça n'a pas l'air fabuleux, Severus ?

– Je vous donnerai de l'argent, indiqua Draco en s'asseyant. Pourquoi aller à Gringotts ?

Severus leva la tête.

– Bien, tu lui donnes l'argent et tu me laisses en dehors de ça.

– Oh, non, je veux que tu sois impliqué. Je ne laisserais pas mon investissement entre les mains de Lavande.

Alors que Lavande affichait une expression indignée, Severus secoua la tête.

– Je ne prends pas ton argent !

– Alors, ce sera un prêt, conclut Draco avec un haussement d'épaule. Ça ne peut être tant que ça, hein ? Combien il te faut ?

– Environ cinq mille, annonça Lavande avec une grimace.

C'était beaucoup d'argent et elle s'attendait à ce que Draco se moque d'elle. Mais quand il haussa une nouvelle fois les épaules et dit que c'était bon, elle aurait aimé demander plus. Severus, cependant, ne fut pas si facilement satisfait.

– Alors, tu ne lui prêtes l'argent que si j'en fais partie ?

– Exactement.

– Eh bien, on dirait que Miss Brown ne va pas avoir d'associé alors, non ?

Lavande en aurait pleuré. Une petite armée de voix commença à le réprimander jusqu'à ce qu'il finisse par lutter pour s'extraire de l'isoloir et chanceler pour maintenir sa position.

– Vous êtes tous cinglés ! déclara–t–il. J'ai vraiment eu une très mauvaise journée et je suis vraiment saoul et vous tous là, les cinglés, vous rendez les chose encore pires. Je rentre chez moi.

– Severus… l'implora Hermione.

– Hermione, je t'aime, je rentre chez moi.

Il tituba jusqu'à la porte.

– Severus, l'appela Minerva. Tu devrais prendre le réseau de Cheminette – tu es trop ivre pour transplaner.

Il se détourna de la porte et se dirigea vers la cheminée. Il pouvait au moins accepter ce conseil–là.

oOo

Arthur Weasley se tenait avec Dumbledore devant les portes frontales officielles de Poudlard, tôt le lundi matin, pour regarder arriver le lourd attelage gris du Ministère. Dumbledore avait permis l'utilisation de deux Sombrals appartenant à l'école pour le voyage, se disant logiquement que les Sombrals étaient plus rapides que toutes les créatures magiques que le Ministère employait pour tirer les attelages. Il avait un motif caché cependant. Les Sombrals étaient très intelligents et si Fudge décidait de garder Lucius Malfoy dans un endroit secret du Ministère à venir, les Sombrals pourraient les y conduire.

Il n'eut pas besoin de s'inquiéter. Un des Aurors qui emmenait Lucius du château à l'endroit de son exil était Kingsley Shacklebolt.

À l'intérieur de l'attelage, Lucius était assis nerveusement face aux deux Aurors. Il ignorait qui jouerait au gentil Auror et qui le démembrerait dès qu'ils seraient hors de vue du château alors il ne se détendit pas en apprenant que le grand sorcier noir était là pour le protéger pendant le voyage. Il regarda par la fenêtre les deux hommes qui étaient venus le voir s'en aller. Il n'y avait aucune raison de lui dire au revoir et il doutait qu'ils lui souhaitent bonne chance.

Dix ans d'exil. Tout ce qu'il avait à faire était d'y survivre. Et ensuite ? Est–ce que Draco se serait adouci en dix ans ? Il se demanda s'il pourrait survivre dans le monde moldu.

Draco sortit de l'obscurité des murs du château. Il observa l'attelage et rencontra les yeux de son père. Dumbledore leva une main et l'attelage s'arrêta. Draco se précipita sur la porte et l'ouvrit.

– Dix ans, fit Draco à bout de souffle.

Lucius s'efforça de sourire.

– Tu dois les surmonter.

– Tout ira bien, Draco.

Draco monta dans l'attelage et jeta ses bras autour du cou de son père.

– Tu dois les surmonter, répéta–t–il.

– Oui, je te le promets, Draco.

Draco renifla dans la poitrine de son père et Lucius le serra contre lui. C'était tout ce que Lucius voulait. Il pouvait y aller maintenant. Son fils l'aimait et c'était tout ce qui comptait.

Kingsley mit une main ferme mais gentille sur l'épaule de Draco. Il n'était pas fan de la famille Malfoy mais Draco était précieux pour Harry et il se souciait beaucoup de Harry.

– Il est temps d'y aller, dit doucement Lucius et il sourit à son fils. Le petit–déjeuner va bientôt commencer, non ?

Draco renifla et hocha la tête.

– Va et mange autant que tu peux, je te verrai dans dix ans.

Il semblait à Lucius que c'était une chose stupide que de dire au revoir mais il était trop tard pour une conversation. Il devait se montrer jovial, il devait cacher sa peur et protéger la seule personne qu'il aimait vraiment.

Draco acquiesça encore une fois et se recula, il descendit de l'attelage en essayant durement de ne pas laisser voir à Lucius qu'il pleurait plus qu'il ne le devait.

– Je t'aime, dit–il avant que Kingsley ne puisse refermer la porte.

– Je t'aime aussi, Draco. Maintenant rentre, chéri, il fait froid.

Mais Draco resta pour regarder l'attelage s'en aller, lancé à fond de train sur la route et s'élever dans le ciel sombre. Il resta là un long moment, fixant le point où l'attelage et son père avaient disparu. Il se demanda si le sentiment de vide qu'il avait dans le creux de son estomac se remplirait un jour à nouveau.

oOo

Harry ferma sa malle avec un étrange sentiment de regret puis il regarda la chambre qu'il avait occupée une grande partie de l'année. C'était plus que juste une chambre maintenant. Cette pièce représentait Poudlard et les huit dernières années de sa vie. Huit ans qui avait fait d'un enfant maltraité l'homme qu'il était maintenant. Maintenant, il était temps de partir. Il ne retournerait pas à Privet Drive. Alors que son été passé à Grimmauld Place l'année précédente était vraiment des vacances, il allait maintenant dans le Wiltshire, dans un endroit où il pourrait vivre sa vie. Poudlard était fini pour Harry Potter.

Il regarda les murs de pierres et se demanda combien de vies ils avaient vu passer. Il n'était qu'un sorcier de plus qui avait grandi ici.

Draco frappa doucement l'encadrement de la porte.

– Prêt à partir ?

Harry pivota et dévisagea son amant. Oui, Draco était à nouveau son amant. Ils avaient dormi l'un contre l'autre depuis la nuit où Draco s'était présenté à sa porte puis, le soir précédent, ils avaient fait l'amour. Harry se sentait encore planer de cette expérience.

– Tu n'étais pas au petit–déjeuner, constata Harry. Tu as vu ton père ?

– Ouais. Ils l'ont emmené tôt. Je n'ai pas pu manger après ça.

– Ça ira pour lui. Mr Weasley s'assurera qu'il sera en sécurité.

Draco sourit d'un air piteux.

– Ouais, mais Weasley ne deviendra Ministre que le 1er. Alors papa doit survivre jusqu'à jeudi au moins.

– Ton père est joliment fort. Je veux dire, quand je l'ai ramené du musée, on pensait tous qu'il allait mourir. Il n'avait que la peau sur les os et il était tout déchiré mais il a surmonté tout ça… et il surmontera ça aussi.

Harry n'était totalement certain que ses paroles de réconfort soient particulièrement les bonnes mais Draco l'embrassa doucement et il ne s'inquiéta plus d'avoir dit quelque chose de mal.

– Hermione attend à la porte avec sa malle.

Harry rit.

– Elle croit que si on monte dans le train plus vite, il partira plus vite et qu'on arrivera plus vite à Londres, je ne sais pas pourquoi cette vieille buse lui manque.

– Ouais, eh bien, la vieille buse va nous attendre à la gare et nous ramener chez nous.

– Ben, en fait, balbutia Harry, Ron et Pansy seront là–bas aussi et je pensais que nous pourrions aller à Grimmauld Place avant de nous rendre dans le Wiltshire.

– À Grimmauld Place ? répéta Draco, l'air un peu paniqué. Pour combien de temps ?

– Seulement pour une nuit. Mrs Weasley va nous faire à dîner et nous pourrions partir dans la matinée… On pourrait prendre le Magicobus.

– Alors Hermione n'est pas invitée ?

– Si mais elle ne croit pas que Snape acceptera l'invitation, et toi ?

Harry examina les alentours, s'assurant qu'il n'oubliait rien.

– Je sais que tu ne voulais pas aller à Londres, sans parler d'y rester une nuit mais je te promets que tu n'entendras pas la circulation ou les sirènes et que la chambre sera vraiment sombre. Tu pourras dormir, je te le promets.

– Est–ce que j'ai le choix ?

– Bien sûr que tu l'as. Si tu ne veux pas rester, on rentre directement à la maison.

Ce qui signifiait bien sûr qu'il ne passerait pas la nuit à Londres. Draco soupir et accepta de rester à Grimmauld Place pour une nuit. Harry prit son balai et le tendit à Draco.

– Tu peux descendre ça pour moi ?

Draco regarda le balai comme si Harry avait perdu l'esprit.

– Porter ton balai ? Tu me prends pour qui ? Ton elfe de maison ?

Harry leva les yeux au plafond avant de caler son balai sous son bras et soulever l'extrémité de sa malle.

– Je présume que tes affaires sont déjà en bas ?

– Ouais.

– Et où est ta chatte ?

– Dans son panier, en bas des escaliers.

Harry commençait à traîner sa malle jusqu'à la porte quand Draco souleva l'autre extrémité. Harry ne comprenait pas pourquoi ça l'ennuyait de porter son balai alors qu'il l'aidait avec sa malle mais il n'allait pas se plaindre.

– Comment était ton père quand tu l'as vu ? demanda–t–il.

– Bizarre, il a agi très étrangement. Il m'a dit d'aller prendre mon petit–déjeuner et qu'il me verrait dans dix ans.

– Il a probablement montré un visage courageux, haleta Harry.

Est–ce que sa malle avait toujours été si lourde ?

– Vraisemblablement. Et dans dix ans, il reviendra au Manoir. Comment tu vas pouvoir faire face à ça ?

En toute franchise, Harry l'ignorait mais il imaginait que dans dix ans, il se serait habitué à l'idée et, en ce moment, dix ans représentaient toute une vie. Il était aussi bien content que Draco s'attendît pleinement à ce qu'ils soient toujours ensemble dans dix ans. Ça lui donnait un optimisme qu'il n'avait jamais eu auparavant.

Draco s'arrêta net, refusant de bouger tant que Harry ne lui aurait pas donné un semblant de réponse.

– Dans dix ans, je suis plutôt certain qu'on s'entendra.

– Dans dix ans, hein ? sourit largement Draco.

– Dans dix ans, acquiesça Harry, je suppose que nous serons des hommes vieux et sages.

– Dix ans ? Oh, oui, des hommes vieux et sages de vingt–neuf ans. Deux vieux machins grincheux affublés de déambulateurs et tout, et tout.

Ils continuèrent à descendre l'escalier jusqu'à l'endroit où toutes les malles étaient empilées, dans l'attente d'être conduite à la gare. Hermione patientait devant la porte avec Pattenrond, comme l'avait indiqué Draco. Miss Kitty était dans son panier, elle soufflait vers l'énorme chat orange.

– Oh, Draco, je suis tellement navrée !

Hermione avait l'air complètement affligé. Draco examina les alentours, tout semblait normal.

– Quoi ? Que s'est–il passé ?

– J'ai laissé sortir Miss Kitty, elle n'avait pas l'air heureux dans son panier… et elle… Eh bien, je ne sais pas si elle a ses chaleurs…

Les yeux de Draco s'écarquillèrent.

– Et Pattenrond… heu… Je veux dire, il a seulement suivi ses instincts…

– Tu veux dire qu'il… ?

– Je suis désolée !

Draco souleva le panier de Miss Kitty et regarda vers sa chatte très contrariée.

– Oh, mon bébé, est–ce que cette énorme et méchante… chose… t'a fait du mal ?

Il dévisagea Hermione.

– Tu devrais le castrer !

– Ce n'est pas de la faute de Pattenrond ! Tu aurais dû savoir qu'elle avait ses chaleurs !

– Bien, ce n'est pas comme si j'étais un expert en chat et elle n'a pas saigné ni émis ce son étrange que font les chats quand ils veulent… et tu l'as laissé sortir de son panier !

– Alors, qu'est–il arrivé ? demanda stupidement Harry.

– Ce gros truc orange a violé ma chatte !

– Eh bien, j'appellerais difficilement ça un viol.

Hermione tapota Pattenrond d'un geste réconfortant. Draco serra le panier de Miss Kitty contre lui et fronça les sourcils en direction de Pattenrond comme s'il était le diable. Il garda le froncement de sourcil en place jusqu'à ce qu'ils soient dans le train en partance pour la maison.

Le train quitta la gare de Pré–au–Lard juste à l'heure. Alors que Hermione et Harry trouvaient un peu étrange que Ron ne soit pas avec eux, ils purent constater les amis qu'ils étaient l'un pour l'autre et en furent heureux.

Draco regardait par la fenêtre, il observait le monde qui défilait à côté de lui Harry ne savait s'il pensait à son père ou à sa chatte. Harry le dévisagea, il était très conscient qu'il aurait aussi bien pu le perdre et que son voyage de retour à Londres aurait pu être très différent. Il aurait pu être triste mais il ne l'était pas, tout comme Hermione. Les choses avaient marché pour eux Harry arrivait à peine le croire.

La pensée qu'ils n'avaient que dix–huit ans et qu'ils avaient encore tout un pan de vie à bousiller joua dans sa tête pendant un moment puis il la força à disparaître. Ils étaient heureux maintenant et il ne pouvait laisser la crainte ruiner ça. Ils pouvaient bien être heureux pour toujours, ils n'en savaient rien.

Lavande avait étalé des papiers sur tout le siège à côté d'elle, elle secouait la tête, consternée.

– Je ne pige rien, fit–elle, irritée. Les Gobelins n'écrivent qu'en gobelbabil, c'est totalement incompréhensible !

Hermione regarda les papiers, c'étaient les documents concernant son emprunt.

– C'est logique, Lav'. Il y a beaucoup de clauses, c'est tout. Ils te prêtent cinq mille Galions et ils veulent s'assurer que tu les rembourseras.

– Oh, je vais les rembourser, fit Lavande. Ces documents portent le nom de Severus Snape, il me tuera si je bousille tout.

Severus Snape s'était réveillé le vendredi matin avec une vilaine migraine et un hibou d'Arthur Weasley lui offrant le poste de conservateur du Musée des Arts magiques et d'Antiquités. L'idée même avait propulsé Severus en avant. Il avait rencontré Milo Brown le matin même, vu le magasin, échafaudé montage financier autour d'un café au Chaudron Baveur et s'était rendu à Gringotts pour souscrire un prêt l'après–midi. Lavande n'avait entendu parler de tout ça que lorsque les documents de l'emprunt étaient arrivés par hibou le samedi matin pour signature. Elle avait essayé de les déchiffrer pendant deux jours.

Finalement, Lavande abandonna et décida de faire confiance à l'instinct de Snape. Elle apposa son nom à côté de la croix rouge qu'il avait inscrit sur chaque page.

– Seigneur, j'espère que ça va marcher, murmura–t–elle doucement.

– Tu as dit que ça allait marcher, souligna Hermione. Tu as dit que tu étais sûre à 110% que ça allait fonctionner !

– Ça va marcher ! protesta Lavande. Je suis désolée, je ne voulais pas avoir ce moment de doute devant toi.

– Bon, mais ne le refais plus.

Hermione se tourna pour fixer la fenêtre, la graine du doute était plantée.

– Les gens vont payer pour en avoir, l'assura Draco, détournant son attention du paysage qui défilait. C'est une idée sensée. Il a vraiment du talent et vous allez faire de l'argent. Cependant, je ne sais pas pourquoi il n'a pas accepté mon offre. Je n'aurais pas pris d'intérêts et je vous aurais donné plus de temps pour rembourser.

– Il ne croit pas que c'est une bonne idée d'emprunter de l'argent à ses amis, indiqua Hermione d'une voix crispée.

– Je ne suis pas son ami, je suis son filleul.

– Tu es un ami et tu es mon ami au moins. De plus, Lavande dit qu'ils seront capables de rembourser rapidement alors je ne suis pas inquiète du tout.

Ils échangèrent tous un regard dubitatif puis fixèrent le sol.

oOo

Il était tard quand le Poudlard Express ralentit en entrant dans la gare de King's Cross et Hermione dormait la tête contre l'épaule de Harry. Draco avait changé de siège plusieurs fois et il était présentement à côté de Lavande, assoupi, la tête contre la fenêtre. Harry était en train de finir le dernier Fondant du Chaudron quand Lavande avait eu la malchance de choisir une dragée surprise de Bertie Crochue au goût de vomi elle réprima un violent haut–le–corps. Il n'y aucun liquide mais Harry craignit que Lavande ne vomisse sur les genoux de Draco.

– Je suis sûre qu'il y a un distributeur de boissons à la gare, lui indiqua Harry.

– Ce serait super, le remercia Lavande, misérable. Tu as de l'argent moldu ?

– Non, mais une Noise a la même taille qu'une pièce d'une livre moldue et la machine les accepte.

Lavande le fixa, stupéfaite, oubliant momentanément qu'elle avait un abominable goût dans la bouche.

– Tu sais que tu es un vrai petit délinquant ?

– On me l'a déjà dit, sourit largement Harry.

Le train ralentit, la fumée s'échappa à travers la plateforme ils passèrent devant Ron, égal à lui–même, grand et maigre, et Harry sentit son sourire s'agrandir encore. Il faillit rire quand il remarqua que Pansy ouvrait une canette de coca et en offrait une gorgée à Ron. Il poussa Lavande du coude et pointa son doigt sur la boisson que tenait Pansy. Et, au grand amusement horrifié de Harry, Lavande, qui n'avait jamais adressé plus de deux mots à Pansy Parkinson de toute sa vie, ouvrit brusquement la fenêtre, délogea Draco et s'écria :

– Pansy, ne bois pas tout, j'en ai besoin !

Pansy faillit lâcher sa canette de surprise et Hermione s'éveilla en sursaut. Lavande rassembla ses rouleaux de parchemin et se précipita dans le couloir, déterminée à être la première personne à sortir du train quand il s'arrêterait enfin. Harry tendit le cou quand le train passa devant Ron et remarqua que Snape rôdait aux alentours en essayant de se rendre invisible aux yeux des adultes curieux réunis là pour reprendre leurs enfants. Ron fit le premier pas et Harry regarda le grand rouquin se traîner vers son ancien Maître de Potions pour lui dire quelque chose.

Puis le train s'arrêta et, le temps que Harry, Hermione et Draco les rejoignent, Lavande avait presque descendu la totalité de la boisson de Pansy. Pansy se tenait en retrait, un peu effrayée.

– Tu as tout bu ? demanda Ron, médusé.

– Je suis désolée, s'expliqua Lavande. Je viens de manger la pire dragée surprise de Bertie Crochue. Elle avait un goût de vomi et je déteste ça !

– J'ignore totalement pourquoi les jeunes insistent pour manger ces choses, commenta Severus de sa voix soyeuse en se rapprochant du petit groupe.

Lavande dévisagea son nouvel associé d'affaires de haut en bas et décida qu'il n'était pas aussi intimidant que d'habitude. Peut–être était–ce parce qu'il ne portait pas de robes noires ou alors c'était cet épouvantable pull moldu.

– Je crois que Hermione à un sachet plein de Fizwizbiz pour vous, Severus.

Si elle avait espéré qu'il se montrerait bourru, elle aurait été douloureusement déçue. Severus se comporta au mieux. Il avait promis à Hermione qu'il ferait un effort pour ses amis et il envisageait au moins d'essayer. Lavande Brown était sur le point de devenir son associée, il aurait été stupide pour eux de ne pas se parler.

– Vous avez signé les documents ? s'enquit–il.

– Ouais. Les voilà.

Elle lui tendit divers rouleaux froissés et il résista au besoin de commenter leur état. Hermione frôla Lavande et enroula ses bras autour de sa taille avec un bâillement.

– Tu as dormi dans le train ? questionna–t–il, en enlaçant son dos et pressant un baiser dans ses doux cheveux.

– Un peu. Combien de temps ça prendra jusqu'à la maison ? Je dormirai plus dans la voiture.

Ron les fixait en secouant la tête. Il regarda vers Harry et eut envie de dire quelque chose sur le fait que voir Hermione étreindre Snape était un peu écœurant mais ce ne fut pas nécessaire. Harry articula un je sais et leva les yeux au ciel. Ils devaient juste s'habituer à l'idée que Snape pouvait se montrer poli et que leur meilleure amie allait être avec lui pendant très longtemps.

– Finalement, Mr Weasley nous a invités à Grimmauld Place pour le dîner. Apparemment, sa mère a fait une grande quantité de nourriture.

Il regarda au–delà des boucles emmêlées de Hermione en direction de Draco qui se frottait les yeux.

– Et si je connais suffisamment bien Draco, je dirais qu'il n'a rien mangé dans le train et je n'ai pas l'intention de faire la moitié du trajet et le voir faire une crise sur le siège arrière.

Draco se renfrogna mais dut admettre qu'il avait raison.

– Maman nous attend tous, expliqua Ron. Et Pansy a aidé.

Ils furent tous assez chanceux pour ignorer ce que ça signifiait et ils étaient affamés de nourriture convenable.

– Comment allez–vous y aller ? demanda timidement Pansy. Ron et moi allons transplaner mais Hermione ne peut pas… n'est–ce pas ?

– J'ai une voiture, répondit Severus. J'amènerai Hermione et Draco si vous voulez tous partir devant.

– Tu viens aussi, Lav', si tu en as envie.

Ron avait étendu l'invitation comme c'était manifestement ce qu'on attendait de lui. Il ne savait pas que Harry et Hermione était devenu si proche d'elle mais la promotion de cette année avait été plutôt grande. Lavande lui offrit un large sourire.

– Je ne peux pas, désolée. Ma mère et mon père m'attendent… mais on devrait se revoir. Je vais emménager prochainement à Londres, je ne serais pas loin de tes frères.

– Oh… cool. Une autre fois alors ?

– On sera plein de monde, de toute façon, hasarda Harry. Je veux dire, Ginny sera là et j'ai dit à ta mère d'inviter… George…

Ron et Pansy échangèrent un regard.

– Eh bien, oui, George va venir… mais Ginny… Ginny s'est dégoté un boulot… et maman et papa n'en sont pas contents… alors elle n'a pas été invitée.

– Vu la manière dont Molly et Arthur ont piqué leur crise, je ne suis pas sûre qu'elle serait venue même si elle avait été invitée, précisa Pansy. C'était vraiment terrifiant.

Ron rougit un peu.

– Pourquoi ? s'enquit Hermione en craignant le pire. Qu'est–ce qu'elle a fait ?

– Elle n'est pas entrée chez Madame Maison, quand même ? demanda Lavande en référant au bordel de Pré–au–Lard, puis rougit devant la mine horrifiée de ses camarades.

– Heu… non…

Ron avait l'air de trouver que travailler chez Madame Maison aurait été une bénédiction.

– Qu'est–ce qu'elle a fait alors ? questionna à son tour Harry, décidant que ce devait être quelque chose d'assez mauvais.

– Allons à la maison, leur intima Ron d'une voix étranglée. Je ne doute pas que maman vous en parlera pendant le dîner.

Puis il sourit parce qu'il réalisa brusquement qu'en dépit de la vie capricieuse de sa sœur, ils étaient tous venus.

– Allons à la maison, répéta Ron. On va boire du champagne et fêter ça.

Harry sourit largement et attrapa la main de Draco tandis qu'ils se dirigeaient vers le portail qui les menait vers le monde des Moldus.

– Ouais, putain, on va faire la fête !

oOo

Lucius Malfoy avait froid. Trop froid. Il était conscient qu'un charme de chaleur avait été mis en place dans l'attelage mais il ne le sentait pas. Il s'était brièvement demandé si c'était la peur qui le glaçait mais il chassa cette idée quand il entrevit les premières traces de neige.

Ils avaient voyagé pendant des heures, l'attelage flottait, invisible, dans le ciel tandis qu'il l'emportait au loin vers le monde où il allait – quel qu'il soit. Il n'aurait pas pu pas dire exactement quelle direction ils avaient prise mais maintenant il pensait qu'ils allaient au nord. Ou au sud. Il y avait de la glace au sud aussi, non ? Mais pas comme ça. Il n'y avait plus aucune couleur au dehors. Il n'y avait aucune des richesses de la terre ou des arbres, rien de vert, de marron ou de bleu. À l'extérieur, il n'y avait que du blanc. Le monde était recouvert d'une épaisse couverture de neige et de glace.

Mais où l'emmenaient–ils donc ?

Au loin, il put voir une tempête, le blizzard peut–être et ils se dirigeaient droit dessus. Ils l'envoyaient dans un endroit où il y avait du blizzard. L'acclimatation serait–elle possible ? Est–ce qu'il allait vivre dans quelque chose qui ressemblerait à un igloo ?

Il aurait besoin d'un de ces manteaux faits de peau d'animal comme les Esquimaux en portaient. Il aurait besoin de quelque chose s'il ne voulait pas mourir de froid. Il n'avait jamais réfléchi au fait que sa magie était responsable de le garder au chaud ou au frais. C'était comme si cette perte lui avait ôté une part intrinsèque de lui–même. La part qui le gardait au chaud ou lui disait dans quelle direction aller. Il avait assurément perdu ses pouvoirs mais, d'une manière ou d'une autre, il avait perdu plus que ça. Il se demanda s'il les retrouverait un jour.

Ce devait être le nord. Il avait visité l'Islande quand il était enfant et il était certain que cet endroit lui semblait familier mais ils ne se dirigeaient vers nul endroit civilisé d'après ce qu'il pouvait voir. En baissant les yeux vers le sol, il découvrit qu'il n'arrivait en voir qu'un peu. Ils l'envoyaient dans un endroit reculé. Un endroit où personne ne pourrait le trouver.

Un endroit où il y avait des tempêtes de neige.

Un mouvement dans l'attelage lui indiqua qu'ils se dirigeaient maintenant vers la terre. Un endroit en bas où tout était blanc, l'endroit où il allait vivre.

Mais il n'y avait rien en bas. Que pouvait–il bien y avoir là ? Une grotte ? Une caverne de glace ? Est–ce que de tels endroits étaient supportables par un froid pareil ?

Il y aurait quelqu'un d'autre avec lui. Un Auror ou quelqu'un dans ce genre–là. Alors il devait y avoir quelque chose d'habitable en bas.

Les Aurors ne lui avaient pas dit un mot mais il pressentait que le noir était plus réceptif à la conversation que le blanc. Le blanc avait l'air un peu mesquin et il n'aurait pas été surpris de savoir qu'il avait craché sur Draco lors d'une fête.

Lucius regarda par la fenêtre encore une fois et comprit qu'ils s'approchaient du sol. L'attelage fut fouetté par les vents et il se sentit brusquement malade. Son estomac se tordit à la perspective de sortir de l'attelage et de se diriger vers Merlin savait quoi. Il prit une profonde inspiration, inhalant brutalement par le nez, les narines frémissantes. Il commença à se trémousser comme il le faisait toujours quand il était nerveux. Il redressa ses robes, flatta ses cheveux et regarda par la fenêtre.

Et s'ils lui faisaient du mal ? Pourrait–il le supporter ? Il le devait. Il devait tenir. Il avait promis à Draco qu'il reviendrait et il avait toujours eu pour habitude de tenir les promesses qu'il avait faites à son fils.

Mais il avait ressenti assez de douleur pour tenir une centaine de vies.

Ils frappèrent durement la terre ferme et l'attelage ralentit rapidement, grinçant pour se stopper dans la neige. Lucius regarda encore une fois par la fenêtre et ne vit rien. Il pivota promptement pour voir de l'autre côté de l'attelage mais ne trouva rien non plus.

Kingsley ouvrit la porte et descendit.

– On y est, Lucius, fit–il.

Lucius voulut dire qu'il n'y avait rien là et qu'ils devaient faire erreur mais le sorcier à l'air mesquin qui était resté dans l'attelage semblait attendre d'avoir une excuse pour le gifler alors il descendit dans le vent glacial.

Il se mit instantanément à trembler. Il faisait plus froid qu'il l'avait imaginé le vent qui tourbillonnait autour de lui et il avait l'impression qu'il allait le couper aussi facilement qu'une lame. La peau de son visage et de ses mains rougirent et commencèrent à le piquer en quelques secondes ses pieds, s'enfonçant lentement dans la neige, se mirent à geler.

Kingsley remonta dans l'attelage et Lucius commença à paniquer.

– Il n'y a rien, là ! hurla–t–il dans le vent.

Kingsley lui adressa un regard de regret avant que l'attelage ne s'éloigne. Lucius regarda autour de lui, la terreur rampant sur son corps. Ils l'avaient laissé ici ! Combien de temps allait–il mettre pour mourir de froid ? Ça ne prendrait pas longtemps, surtout parce qu'il n'était vêtu que de robes d'été. Une question de minutes peut–être. Il espérait que ce serait rapide. Il ne voulait pas que ce soit long et que ça se prolonge.

La tempête qu'il avait remarquée plus tôt se rapprochait alors il pensa que si le froid ne le tuait pas, le blizzard s'en chargerait.

Il marcha en cercle de l'endroit où il se trouvait et quand il eut fini, rempli de désespoir, une minuscule chaumière en bois apparut dans cet océan de blanc. Il avala avec difficulté.

Une porte s'ouvrit et une silhouette, encapuchonnée, vêtue d'une cape, apparut dans l'encadrement. Il hésita, se demandant s'il ne valait pas mieux rester dehors dans la neige et le froid. Mais son corps ne le lui permit pas. Il se dirigea instinctivement vers la chaleur que devait fournir la chaumière, ses pieds gelés trébuchant à chaque pas. Lorsqu'il atteignit la porte, la silhouette fit un pas de côté pour le laisser entrer.

Il faisait chaud. Divinement chaud. Un feu flamboyait dans son cœur de pierre. Quelque chose cuisait, de la soupe ou quelque chose de merveilleusement nourrissant pour contrer ce froid. Il ne savait s'il pourrait en avoir mais décida qu'il était prêt à supplier.

– Je n'avais pas le droit de vous aider à entrer, indiqua la silhouette, mais je savais que vous y arriveriez.

Il tremblait encore dans ses robes mouillées mais il pivota très rapidement au son de cette voix. Il fronça les sourcils puis elle repoussa sa capuche pour dégager son visage.

– Vous êtes surpris ? demanda–t–elle.

Quand il acquiesça silencieusement, elle ajouta :

– J'espère que c'est une surprise plaisante.

Il ne pouvait pas parler mais tout tombait en place. Arthur Weasley ne se souciait pas de lui alors pourquoi Fudge aurait–il donc tué Lucius pour le rendre à Weasley ? Pas quand ceci était mille de fois plus efficace.

– Je ne me rappelle pas votre nom, dit–il poliment, décidant que ça lui servirait d'être aimable avec elle. Je suis désolé.

– C'est bon, Lucius. Je m'appelle Ginny.

Il la dévisagea avec étonnement. Elle était jolie, automnale avec ses cheveux roux comme des feuilles mortes qui lui tombaient jusqu'à la taille et son visage osseux. Pourquoi ferait–elle ça ? Pourquoi ferait–elle une chose pareille à sa famille ?

Il allait difficilement se plaindre.

– Il y a des habits de rechange pour vous dans la chambre à coucher, Lucius. Pourquoi n'iriez–vous pas vous changer et je vous apporterai quelque chose à manger. Nous allons nous asseoir et apprendre à nous connaître. À vrai dire, je crois que nous allons apprendre à nous connaître très, très bien.

Voilà, merci d'avoir lu jusque-là. L'épilogue sera mis en ligne mercredi. J'attends vos commentaires.

Bisous.

Falyla