Titre : Objects of Desire

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Auteure : Azrael Geffen

Traductrice : falyla

Correcteurs : falyla/Florent

Paring : Harry Potter/Draco Malfoy Hermione Granger/Severus Snape

Rating : M/NC-17

Etat de fic originel : terminée (20 chapitres divisés en 59 parties)

Etat de la traduction : terminée

Disclaimer: Les personnages appartiennent à l'univers de JK Rowling, l'intrigue est à Azrael Geffen, avec son aimable autorisation.

Warning : slash, scènes de sexe très graphiques, torture, viol, meurtre, tentative de suicide, drogue, abus d'alcool, langage cru.

Site : à cause des thèmes abordés, je ne sais pas si cette fic sera autorisée à rester sur FFnet, je la publie donc en parallèle sur AO3 sous le même pseudo.

Mise en ligne : sauf contretemps inattendu, le lundi, le mercredi et le vendredi.

Résumé : Après la fin de la guerre, Harry, Ron et Hermione décident de revenir à Poudlard pour obtenir leurs ASPICs. Avant la rentrée, lors d'une soirée très avinée, ils établissent et signent un pacte magique où ils s'engagent à perdre leur virginité pendant cette 8ème année.

Note de la traductrice : Voilà, on y est. Juste une petite note pour toutes celles et ceux qui se sont étonnés de voir Ginny volontaire pour s'occuper de Lucius pendant les dix années suivantes : rappelez-vous le bal du Nouvel-An où Ginny explique à Tonks que lors de la bataille finale, elle était tombée avec lui dans l'escalier d'une vieille tour, qu'il l'avait protégée pendant la chute et qu'il s'était passé un truc entre eux. Ceci explique sans doute pourquoi son intérêt pour Lucius n'est nouveau.

Je tiens à vous remercier pour le temps que vous avez accordé à cette fic et pour tous les messages qui ont ponctué la mise en ligne de chaque partie.

Bonne lecture.

Épilogue

1er septembre 2011

Roan Snape était silencieux alors qu'il était assis dans le petit bateau qui naviguait sur le lac lisse comme un miroir jusqu'au grand château qui surgissait devant lui. Apparemment, il était construit directement dans la montagne ce qui lui donnait une remarquable élévation. Il n'était pas intimidé et silencieux par respect pour l'endroit. Il était silencieux par prédisposition – mais tout le monde dans le bateau était muet, inquiet aussi, alors qu'ils se rapprochaient de plus en plus de la falaise sombre et froide qui surplombait le lac.

– Tout le monde baisse la tête, s'il vous plait ! ordonna le professeur Gobe–Planche.

Le professeur les avait retrouvés à la gare de Pré–au–Lard et leur avait montré les bateaux. Roan s'était demandé ce qui serait arrivé s'il avait plu. Est–ce qu'ils seraient encore dans le bateau ? Il baissa rapidement la tête tandis qu'ils traversaient un rideau de lierre qui cachait l'entrée d'un embarcadère souterrain. Roan comprit qu'il devait être directement sous le château.

Les élèves descendirent des bateaux dès qu'ils atteignirent le rivage de galets. Ils se déversèrent sur les rochers et avancèrent jusqu'aux marches où se tenait le professeur Gobe–Planche qui s'était arrangée pour donner l'impression de n'avoir eu aucun mal à se trouver là. Après s'être assurée que tout le monde était rassemblé là, elle se retourna et frappa trois fois à la porte derrière elle.

Au contraire des autres 1ère année, Roan était déjà allé au château de Poudlard auparavant. Il était venu en de nombreuses occasions, surtout pour s'asseoir dans le bureau de la directrice et jouer avec tous les jouets qu'il pouvait avoir à portée de main tandis que son papa s'entretenait avec Tante Minerva.

Il se corrigea, il avait onze ans et il était à l'école maintenant, il était bien trop âgé pour appeler son papa, eh bien, papa.

Lorsque la porte s'ouvrit derrière le professeur Gobe–Planche, une grande sorcière vêtue de robes rouge sombre avec des cheveux noir brillant engloba le groupe d'un œil critique.

– Les 1ère année sont à vous, Professeur Delancet. Belle soirée, n'est–ce pas ?

– C'est une soirée parfaite, Professeur Gobe–Planche. J'espère que vous avez fait bon voyage sur le lac ?

– Exceptionnellement bon. Personne par–dessus bord – un net progrès par rapport à l'an dernier !

Le professeur Delancet sourit brièvement. Elle était amie avec le père de Roan et, alors qu'il lui avait été présenté dans le passé, il ne pouvait pas dire qu'il lui avait parlé un jour. Chaque fois qu'il s'était trouvé en sa présence, il avait été submergé de timidité et s'était caché en sécurité derrière les jambes de son papa alors que Rhiannon déchaînait les foules et charmait tout le monde avec son rire et ses grands yeux sombres. De quatre ans sa cadette, sa sœur ne partageait pas ses apparents problèmes à rencontrer les gens. Et le professeur Delancet était tellement… belle.

Il se sentit rougir rien qu'en pensant à elle.

– Waouh, elle est magnifique, hein ? lui souffla un garçon qui était dans le même bateau que lui.

Roan sourit gauchement. Ce n'était pas comme s'il était doué pour sourire, il souriait beaucoup à la maison mais la compagnie de ceux qu'il ne connaissait pas bien le faisait se sentir maladroit et déplacé et sourire semblait le dernier de ses soucis. Mais la maladresse de son sourire ne parut pas décontenancer le garçon le moins du monde tandis qu'il lui tendait la main.

– Aurelius, se présenta–t–il amicalement. Aurelius Wood.

– Roan Snape, répondit Roan, à voix si basse qu'Aurelius aurait pu le manquer.

Aurelius sourit et reporta son regard sur le professeur Delancet qui demandait à tout le monde de la suivre.

– Je me demande ce qu'elle enseigne, s'interrogea–t–il d'une voix rêveuse.

– Défense contre les Forces du Mal, le renseigna Roan, heureux d'être capable de dire au moins une chose digne d'intérêt.

Mais quand Aurelius lui lança un regard interrogateur, il sut qu'il devait s'expliquer.

– Ma mère est enseignante ici.

Aurelius eut vraiment l'air de vouloir lui demander ce que sa mère enseignait mais, avant qu'il ne puisse ouvrir la bouche, le professeur Delancet lui intima le silence. Ils la suivirent dans le couloir dallé du hall d'entrée et, venu de quelque part, Roan perçut un bruit de voix dont il était certain qu'il provenait des autres élèves. Y penser le fit frissonner. Roan n'était pas bavard, il ne l'avait jamais été. Peu importait combien ses parents essayaient de le faire parler davantage, il était d'un naturel silencieux. Papa prenait toujours sa défense sur ce point. Papa disait toujours que les amis de maman avaient la fâcheuse habitude de trop parler. Pourtant, Tante Minerva était l'amie de papa et Roan avait souvent pensé qu'elle ne s'arrêtait jamais ! Roan était plutôt du genre à écouter que participer à la conversation – il était très doué pour écouter. Autant que Roan s'en soucie, on apprenait bien plus en écoutant ce que tout le monde disait plutôt qu'en bavardant comme un imbécile... du moins, c'était comme ça que son père le voyait.

On montra aux 1ère année une petite pièce où ils furent forcés de s'entasser. La proximité s'ajouta à la nervosité collective et Roan commença à se sentir comme un agneau mené à l'abattoir.

Contre toute attente, il se surprit à sourire. Quand il avait quatre ans, il était allé dans un village moldu avec son papa. Ils avaient pris un gâteau dans le salon de thé local, principalement parce que maman, qui allaitait encore Rhiannon, avait supplié pour avoir un peu de paix et de tranquillité. Comme il tenait la main de son papa, un énorme camion était passé à côté d'eux il transportait des agneaux, il y en avait tellement qu'ils avaient l'air écrasé les uns contre les autres. Ça sentait très fort et il avait froncé son nez avant de demander à son papa où les Moldus emmenaient les agneaux. Dès que son papa eût terminé de lui expliquer qu'ils allaient à l'abattoir pour être transformés en côtelettes, le camion s'était renversé et tous les agneaux s'étaient échappés dans les champs environnants – et, comme par miracle, ils s'étaient pointés dans le jardin de devant d'Oncle Draco plusieurs heures plus tard là, ils avaient fait caca partout et Oncle Harry avait glissé dessus en revenant du Ministère. Papa avait ri si fort qu'il avait dû s'asseoir dans l'herbe qui bordait la route. D'après tout le monde, ce fut la première fois que Roan fit de la magie.

– J'aimerais vous souhaiter la bienvenue à Poudlard, école de magie et de sorcellerie, annonça clairement le professeur Delancet, ramenant l'attention de Roan dans la pièce et à la terrible sensation de proximité qu'il avait. Chaque année commence avec le banquet de début d'année qui va bientôt démarrer mais avant ça, vous allez être attribués à une maison. Dans un instant, vous allez être emmenés dans la Grande Salle pour la Cérémonie de la Répartition et votre maison sera déterminée. Tant que vous serez à Poudlard, vous découvrirez que votre maison est comme votre famille loin de chez vous. Vous aurez vos cours avec vos camarades, vous dormirez dans les dortoirs de votre maison et quand vous aurez du temps de libre, vous le passerez dans la salle commune de votre maison. Il vous sera donné l'opportunité de concourir à diverses activités dans le cadre de l'équipe de votre maison. Les quatre maisons sont Gryffondor, Serdaigle, Poufsouffle et Serpentard. Chaque maison est très ancienne et chacune a une longue et noble tradition. Chaque maison a fourni des sorcières et des sorciers réputés et avec, bien sûr, de remarquables capacités…

– Ouais, mais Harry Potter était un Gryffondor ! l'interrompit un garçon au visage lunaire.

Quelques personnes rirent nerveusement devant son audace. Le professeur Delancet plissa un peu les yeux.

– Vous ressemblez à un Londubat, remarqua–t–elle.

Quand le garçon hocha la tête, le professeur pinça un peu les lèvres.

– Eh bien, merci, Mr Londubat, mais je suis certaine que je peux terminer sans votre aide. C'est exact, Harry Potter était à Gryffondor et, comme vous pouvez l'imaginer, il a fait gagner à sa maison de nombreux points et accolades. Puisque vous êtes ici, vous aurez les mêmes opportunités. Lorsque vous aurez de bons résultats, on accordera des points à votre maison mais quand vous enfreindrez les règles de l'école, vous lui en ferez perdre. À la fin de l'année, la maison qui aura le plus de points sera récompensée par la Coupe des Maisons et c'est un grand honneur pour la maison qui la gagne. Maintenant, je vais vous laisser vous préparer et je reviendrai quand nous serons prêts à vous emmener à la cérémonie.

Dès qu'elle eût quitté la pièce, une vague de commentaires balaya rapidement le groupe.

– Comment ils nous répartissent ? demanda une fille aux cheveux blond vénitien. Ils ne vont pas nous demander de faire de la magie, hein ?

– Bien sûr que non, rétorqua une autre fille.

Elle avait un visage étroit, des traits anguleux et des yeux bleus en forme d'amande. Elle aurait pu être jolie si elle n'avait pas eu l'air si malveillant.

– Si on devait faire de la magie, tous les nés de Moldus finiraient à Poufsouffle – ou hors d'ici, là où ils devraient être.

– Il n'y a rien de mal avec Poufsouffle, contra Aurelius un peu trop fort. Ma mère était une Poufsouffle et elle est haut placée au Ministère !

La fille haineuse ricana et, quand elle rencontra les yeux de Roan, elle se détourna.

– Mon père était le capitaine de Quidditch de Gryffondor, ajouta Aurelius pour Roan. Et tes parents ?

Roan remua et se renfrogna, ressemblant par–là beaucoup à son père. Quelques personnes le regardaient et attendaient qu'il réponde au terriblement bruyant Aurelius.

– Ma mère (il prit vraiment soin de ne pas dire maman) était à Gryffondor et mon père était à Serpentard.

– Voilà une noble maison, commenta la fille dédaigneuse, en poussant Londubat de côté. Une Gryffondor et un Serpentard, hein ? Espérons que tu as pris du côté de ton père.

Ses yeux se plissèrent.

– C'est quoi ton nom, déjà ?

– Roan…

La voix de Roan devint brusquement si ténue que la fille dut fournir un effort pour entendre la fin de son nom.

– … Snape.

La fille recula et ses yeux s'écarquillèrent.

– Ton père est un traître de sang, cracha–t–elle, et ta mère est une Sang–de–Bourbe, je sais tout de toi !

Roan ressentit le besoin de se tourner et de s'enfuir par la porte, il n'arrivait pas entièrement à croire qu'il s'était arrangé pour se faire une ennemie si rapidement. Ses propres yeux s'agrandirent et il se sentait très près de sortir un sortilège qu'Oncle Draco lui avait appris pendant l'été. Il s'empêcha de formuler les mots parce que son papa lui avait toujours dit que se retenir était suprême. Pourtant, si son papa avait entendu la fille traiter sa maman de Sang–de–Bourbe, il lui aurait probablement jeté un mauvais sort lui–même. Roan se surprit à vouloir se retrouver à la maison. Il n'avait pas voulu venir, d'abord. Il voulait attendre une autre année, comme ça, il aurait pu commencer avec Charlie et Lily. Oncle Ron et Tante Pansy avaient essayé de soutenir la cause de Roan, argumentant que s'il débutait l'année suivante avec les jumeaux, au moins, il aurait des amis avec lui. Les parents de Roan étaient restés inflexibles sur la question. Il était déjà plus âgé de quelques mois que de nombreux enfants qui commençaient cette année, il aurait été stupide d'attendre encore.

Il se demanda ce que faisait Rhiannon en cet instant. Elle dînait vraisemblablement avec leur père ou peut–être que papa l'avait emmenée manger chez le père d'Oncle Draco. Papa lui avait dit un jour que Mr Malfoy avait été autrefois un sorcier très puissant mais Roan avait du mal à le croire. Mr Malfoy avait l'air de ne pas avoir de pouvoirs du tout. Il avait même fait son jardin avec une petite pelle ! Roan et Rhiannon avaient ri la première fois qu'il l'avait vu faire ça mais il leur avait demandé de l'aide et ils s'étaient merveilleusement amusés. Maman avait déclaré que s'il les rendait si dégoûtant, il pouvait aussi bien les laver avant de les renvoyer à la maison.

Mr Malfoy ne vivait au Manoir que depuis environ un an. Avant ça, il avait été envoyé en exil, comme une sorte de punition. Il était arrivé au Manoir avec une magnifique jeune femme qui était la sœur d'Oncle Ron, lui avait–on expliqué. Roan ne savait même pas qu'Oncle Ron avait une sœur ! Son nom était Ginny et, dans le temps, elle avait été la petite amie d'Oncle Harry – ce qui avait beaucoup fait rire Roan parce qu'Oncle Harry n'avait jamais eu de petites amies.

– Très bien, vous êtes prêts alors ? s'enquit le professeur Delancet qui était revenue et surpris quelques personnes par sa soudaine apparition.

Elle agita vaguement ses bras.

– Tout le monde en rang par deux et suivez–moi.

Roan n'était jamais allé dans la Grande Salle et il ne put s'empêcher de regarder autour de lui, étonné. Il remarqua avec soulagement qu'il n'était pas le seul et, pendant un instant, il oublia son malaise. Des milliers de bougies flottaient dans l'air au–dessus des quatre tables où les autres élèves étaient assis, dévisageant les 1ère année avec intérêt et amusement. Roan leva les yeux vers le ciel au–dessus d'eux et sourit parce que sa maman et son papa avaient un ciel de nuit exactement pareil dans leur chambre à coucher.

– C'est incroyable, chuchota une fille derrière lui. S'il n'y a pas de toit… comment ils font pour se protéger de la pluie ?

– C'est un enchantement, fit Roan, parlant sans y penser pour la première fois de sa vie. Il est juste ensorcelé pour ressembler au ciel nocturne.

– Comment tu le sais ? lui demanda Aurelius du coin de la bouche.

– Je l'ai lu dans l'Histoire de Poudlard.

À l'extrémité de la pièce, les enseignants étaient assis à la Grande Table et Roan évita à dessein de les regarder, il ne voulait pas avoir une attaque de nerfs devant sa mère.

Le professeur Delancet plaça un vieux tabouret à quatre pieds en face de la table des professeurs et, sur le dessus du tabouret, elle mit un chapeau de sorcier usé et crasseux. Il était dans un état pire encore que celui de son père et celui de son père était vraiment en mauvais état.

Mais à quoi pouvait bien servir le chapeau ? Ils ne parlaient pas de chapeau dans l'Histoire de Poudlard. Il semblait bien que cette Cérémonie de la Répartition était une sorte de secret étroitement gardé – sans doute désignée pour terrifier les 1ère année. Il regarda subrepticement dans la salle, vers les autres étudiants. Certains n'avaient pas l'air si brillant et pourtant, ils étaient encore là. Il décida alors que ce truc avec le chapeau ne devait pas être si terrible.

Il leva finalement les yeux vers la table des professeurs. Sur une large chaise dorée était assise Tante Minerva. C'était la directrice de Poudlard et la grand–mère de Roan. Sur la droite de Tante Minerva, il y avait la mère de Roan qui semblait très fière et lui adressa un petit signe.

– C'est ta mère ? demanda Aurelius.

– Oui, répliqua Roan en sentant une rougeur brûlante envahir son cou.

– Qu'est–ce qu'elle enseigne ?

– Les Potions.

– Qui est l'homme à côté d'elle ? s'enquit avidement la fille derrière lui.

Roan regarda et fut sur le point de dire Oncle Draco mais il se retint à temps et répondit :

– Le professeur Malfoy. Il enseigne les Métamorphoses.

Il dévisagea la fille qui affichait une expression qui signifiait que le cours de Métamorphoses était sa matière favorite alors qu'elle n'avait même pas encore pris de leçon.

Roan avait été prévenu de ne pas rapporter de ragots sur les professeurs qu'il connaissait, particulièrement sur Oncle Draco. Roan n'était pas du genre à rapporter des commérages sur quiconque mais il n'était pas totalement certain de savoir pourquoi ils étaient si inquiets qu'il dise quelque chose sur Oncle Draco. On lui avait bien spécifié que discuter du fait qu'Oncle Draco vivait avec Oncle Harry était interdit. Il se dit que ça avait quelque chose à voir avec le fait qu'Oncle Harry était Harry Potter et que les gens adoraient toujours tout ce que faisait Harry Potter. Londubat était un exemple classique de cette sorte d'adoration que le parrain de Roan inspirait. Roan avait le droit de dire aux autres que Harry Potter était son parrain mais il ne voulait pas encore le faire savoir. Reportant son regard sur Oncle Draco, Roan se demanda s'il serait un jour assez chanceux pour vivre avec son meilleur ami quand il aurait quitté l'école.

Mais c'était bizarre aussi parce qu'Oncle Harry disait que sa maman et Oncle Ron étaient ses meilleurs amis – alors Oncle Draco devait être autre chose. Quoi, Roan n'en avait pas la moindre idée.

Le Choixpeau revint brusquement à la vie et se mit à chanter Roan sursauta violemment sous le choc. Il écouta attentivement la chanson, réalisant que si le chapeau chantait, ce serait sans doute une bonne idée pour lui d'écouter. Cependant, lorsque la chanson fut terminée, il arqua un sourcil et se sentit parfaitement dupé.

Il jeta un bref coup d'œil à sa mère et comprit qu'il devait à nouveau afficher le même air que son père, parce que sa maman avait l'expression larmoyante qu'elle prenait toujours quand il faisait quelque chose qu'elle trouvait craquant.

– J'ai rien pigé, fit Aurelius. Bon dieu, ça parlait de quoi ?

– Ça signifie qu'on doit juste mettre le chapeau, expliqua Roan, en pensant qu'Aurelius devait être placé dans la catégorie des élèves pas trop brillants. On met le chapeau et il nous répartit.

– Oh, merci mon dieu pour ça, sourit Aurelius. J'étais si inquiet qu'ils nous fassent passer une sorte de test.

Roan fixa le vieux chapeau et sentit son estomac rouler. Il avait remis à plus tard l'idée de réfléchir dans quelle maison il allait terminer. Sa mère avait été une Gryffondor, elle était la meilleure amie de Harry Potter et faisait partie du groupe qui avait battu Lord Voldemort, qui, selon tous les témoignages, avait été la plus grande menace de tous les temps. Sa mère était courageuse, intelligente et jolie et il ne lui ressemblait en rien.

Roan ressemblait à son père, l'ancien professeur et Responsable de la maison Serpentard. Severus Snape travaillait maintenant avec Tante Lavande sur le Chemin de Traverse et leur magasin était très populaire. Ils avaient toujours des commandes à honorer et, pendant les fêtes de fin d'année, la file des clients sortait de l'échoppe et se poursuivait sur le Chemin. Jadis, il avait été espion, ce que Roan pouvait croire. Papa arrivait toujours à se glisser derrière Rhiannon et lui et leur flanquait une frousse de tous les diables. Il pouvait se montrer très grincheux, solennel, intelligent, roublard et plein de ressources. Alors que Roan lui ressemblait physiquement, il ne croyait pas qu'il avait les mêmes qualités. Chaque fois que quelqu'un mentionnait son père à l'école, c'était toujours suivi d'une description qui disait combien il était effrayant en ce temps–là. Roan reconnaissait que son père pouvait être un peu inquiétant – particulièrement quand il était en colère mais ceux qui l'avaient vu chatouiller Rhiannon jusqu'à ce qu'elle en fasse pipi dans sa culotte n'auraient jamais pensé qu'il était effrayant. Et Tante Lavande disait souvent qu'il n'était pas méchant, il était juste un malin hargneux que les gens trouvaient intimidant.

Le problème de Roan était qu'il ne croyait pas qu'il était comme eux. Il était intelligent – tout le monde le lui assurait – mais il ne se considérait pas comme spécialement courageux, pas plus que particulièrement finaud. Il connaissait les sorts de base et ils marchaient pour lui, il pouvait même produire des charmes avec une grande habileté mais l'idée de vraiment le faire sur des gens qui ne s'y attendaient pas ne l'attirait pas du tout.

Le professeur Delancet les appela par leur nom, commençant par les A et chaque élève s'assit, le chapeau sur la tête, puis le chapeau annonçait le nom de la maison et la maison désignée explosait en applaudissements.

Roan ne pensait vraiment pas qu'il irait à Serpentard et il se demanda si son père serait déçu. Il espérait que non parce que son papa pouvait se montrer vraiment acerbe quand il était désappointé. Roan se rappela le mariage de Tante Lavande avec George, le frère d'Oncle Ron. Ils avaient été placés avec la famille d'Oncle Ron et papa avait dû s'asseoir à côté de Fred, l'autre frère d'Oncle Ron – c'était quelqu'un que papa décrivait comme un crétin – et papa avait été très déçu du placement des invités. Une fois le repas fini, Fred n'était pas revenu à la table.

À la Grande Table, Roan remarqua que la mère de Fred et George parlait à Tante Minerva. Oncle Ron aimait toujours raconter comment elle était devenue enseignante. Apparemment, elle avait appris la cuisine à Tante Pansy et s'était plainte que Poudlard n'enseignait pas à ses étudiants comment prendre soin d'eux. Oncle Ron avait plaisanté en lui suggérant d'en parler avec le professeur Dumbledore et elle l'avait fait. Ce que tout le monde sut ensuite fut que Mrs Weasley était le professeur Weasley et qu'elle donnait des cours d'Economie Domestique.

Roan n'était pas sûr d'apprécier Mrs Weasley. Elle était beaucoup plus stricte que sa maman et elle avait souvent dit à Roan et à Rhiannon qu'ils avaient un nombre démesuré d'oncles et de tantes. Roan aimait avoir beaucoup de personnes autour de lui, il avait toujours eu pitié de Charlie et de Lily et de leur cousine Peonie qui devaient tous être très polis en appelant les gens Mr, Mrs ou Miss.

Roan pouvait voir Peonie Weasley assise à la table qu'il savait maintenant être Gryffondor. Peonie avait toujours été un peu tyrannique et, à en juger l'été dernier, une année d'école ne l'avait pas changée.

Londubat avait été placé à Gryffondor et Peonie l'applaudissait avec tous les autres. La fille malveillante était Bellatrix Nott et elle avait été la première Serpentard de la soirée, ce qui semblait beaucoup lui plaire. À côté de lui, Aurelius donna un coup de coude dans les côtes de Roan et chuchota :

– Tu savais qu'elle finirait là–bas, hein ? Ils sont tous comme ça.

Apparemment, Aurelius avait oublié que le père de Roan était un Serpentard et Roan faillit rouler des yeux. Ce commentaire n'était pas vrai de toute façon. Oncle Draco était le Responsable de la Maison Serpentard et il était très amusant et Tante Pansy, qui était la plus gentille personne que Roan connaissait, avait aussi été à Serpentard. Cependant, Roan ne les avait pas connus à l'école et Oncle Harry plaisantait toujours sur le fait qu'Oncle Draco avait été mauvais.

Oncle Harry avait été Auror pendant un court laps de temps mais maintenant, il travaillait aux Relations Internationales des Sorciers pour le Ministère. Il avait été à Amsterdam pendant deux mois entiers et maman avait dit qu'il manquait terriblement à Oncle Draco. Il avait manqué à Roan aussi. Oncle Harry prenait toujours Roan sur son balai dès que sa maman avait le dos tourné. Oncle Harry avait été un Gryffondor. Un célèbre Gryffondor. Roan ne pensait pas non plus qu'il y avait sa place.

– Snape, Roan.

Ceux qui avaient Mrs Snape en tant que Maîtresse de Potions regardèrent le petit garçon avec intérêt et Roan se sentait hautement remarqué. Il vit que sa mère se penchait en avant et Oncle Draco sourit. Même Tante Minerva lui adressa un minuscule clin d'œil d'encouragement.

Le professeur Delancet souleva le chapeau au–dessus de sa tête.

– Ne t'inquiète pas, Roanie, murmura–t–elle, utilisant le surnom que ses parents employaient à la maison. C'est un jeu d'enfant.

Le chapeau tomba sur sa tête et ce fut comme si toutes les lumières s'étaient brusquement éteintes.

– Tu veux plaire à tout le monde, fit soudainement une petite voix à son oreille. Tu veux être tout ce que tu penses que tes parents veulent de toi.

Roan ne put qu'acquiescer, il n'osa pas parler.

– Le problème, c'est que tu ne peux pas plaire à tout le monde, n'est–ce pas ? Gryffondor ou Serpentard, Serpentard ou Gryffondor ? Tu n'arrives pas à décider à quelle maison tu appartiens. Envisage les possibilités. Tu peux être très puissant, tu as la capacité et tu serais bienvenu dans chaque maison. Mais qu'est–ce que toi tu veux ?

Je veux tout connaître, pensa Roan et le chapeau, à l'évidence, l'entendit.

– Tu veux la connaissance parce que tu crois que la connaissance est le pouvoir, murmura le chapeau en réponse.

Mais c'est le cas, pensa Roan, qui se disait que c'était plutôt évident que la connaissance était effectivement le pouvoir.

– Eh bien, il n'y a qu'un endroit pour ça, rétorqua le chapeau. SERDAIGLE !

Roan entendit le chapeau hurler le dernier mot dans toute la salle et ses yeux s'écarquillèrent de surprise. Le chapeau fut ôté de sa tête et il se tourna pour regarder sa mère, croyant qu'elle était peut–être contrariée. Mais au lieu de ça, il la trouva en train d'applaudir, un sourire aux lèvres. Elle dut s'interrompre pour essuyer une larme. Oncle Draco aussi souriait largement, il fit quelque chose avec une pièce de monnaie qu'il tenait dans sa main. Roan savait ce qu'il faisait, il envoyait un message à son père pour lui indiquer dans quelle maison il avait été placé. Il n'hésita qu'un instant avant de s'éloigner du tabouret et avancer vers ses nouveaux camarades de classe pour commencer son temps à Poudlard.

FIN

Voilà, c'est fini. J'espère que cette magnifique histoire vous a plu autant qu'à moi. J'ai été désolée d'apprendre que malgré tous les avertissements énoncés en tête de chaque chapitre, certains d'entre vous ont été choqués par les passages les plus durs de cette fic. Personnellement, je n'ai jamais remis en question les choix que l'auteure avait faits quant à la destinée de ses personnages. Pour moi, Objects of Desire reste et restera sans aucun doute la meilleure fiction Harry Potter que j'ai lue à ce jour. Je remercie Azrael Geffen pour son immense talent et de m'avoir permis de traduire son travail. J'attends vos commentaires pour la dernière fois.

Bisous.

Falyla