Titre : DILF

Auteur : twentysomething

Disclaimer : Les personnages appartiennent aux créateurs de la série Teen Wolf, l'histoire appartient à on twentysomething.

Note de la traductrice : Voilà le deuxième chapitre. Cette histoire devrait comporter 6 chapitres en tout, il ne m'en reste plus qu'un à traduire ! Je tenais à vous remercier pour toutes vos reviews, je suis ravie que l'histoire vous plaise.

Aujourd'hui, des cupcakes et de sensations fortes au programme !

Bonne lecture.


Chapitre 2

Pendant deux semaines, Derek prépare l'anniversaire de Scott. Il a déjà acheté son cadeau depuis des mois – ils vont partir en week-end à Disneyland. Il suppose qu'il devrait apporter des cupcakes à l'école, étant donné qu'il le fait toujours pour Jackson et il ne veut pas faire de jaloux. Il sait aussi qu'il devrait en informer Stiles par email, parce que c'est plus poli.

Et c'est pour ça qu'il regarde un email encore vide depuis 10 minutes.

Il a essayé de le refaire au moins quatre fois, mais tout ce qu'il parvient à faire ressemble à peu près à :

Bonjour.

Je ramène des cupcakes à l'école pour l'anniversaire de Scott. C'est le 4.

Derek.

Il envoie accidentellement la version 6 de ce message, et passe quelques secondes à murmurer « Putain », mais il finit par hausser les épaules. Après tout, toutes les informations y étaient.

Trente minutes plus tard, il reçoit une réponse de Stiles :

Salut !

Génial ! Qui n'aime pas les cupcakes ? En tout cas, moi j'adore, et tout le monde sait que je suis un fin connaisseur. Pas d'allergies sévères cette année, juste quelques soucis avec les noisettes, alors évitez tout ce qui est beurre de cacahuète et vous devriez vous en sortir. Il y a 14 enfants, en comptant Scott, plus vous et moi (et je ne peux pas m'arrêter à un seul cupcake – vous y arrivez vous ? Alors, amenez-en au moins 17 Ok ?)

A bientôt alors !

Stiles

Derek fixe l'écran, car il n'arrive à pas à croire que Stiles lui a envoyé un email avec un smiley, mais il semble que ce soit le cas.

Quand il va à la pâtisserie, il en commande deux douzaines et suppose qu'il peut en emmener un à la maison pour Jackson et donner le reste à Stiles, étant donné qu'il semble tellement aimer les cupcakes. Le pâtissier semble enchanté par cette commande Derek a cherché sur Google ceux que Scott pourraient aimer et il les a imprimés au bureau. Certains sont ornés de dinosaures parce que Stiles leur a parlé de fossiles en classe et Scott est obsédé par les dinosaures maintenant. Ça fait déjà plus de douze fois que Derek lui lit Dinotopia. Le pâtissier est sûrement très enthousiaste parce qu'ils vont couter un bras à Derek – il n'arrive pas à croire qu'il dépense autant pour des cupcakes – mais bon, ce n'est pas comme si Derek pouvait cuisiner, de toute façon.

Le matin de son anniversaire, Scott se réveille en chantant et en gazouillant quelque chose sur le roi des dinosaures et chevaucher des hippogriffes. Derek finit par reconnaitre qu'il ne comprendra jamais ses enfants. Jamais. Mais il ne peut pas s'empêcher de sourire et de rire, parce que Scott est débordant de joie, il a six ans, et pendant les trois prochains mois, il n'aura que deux ans de moins que Jackson, pas trois. Derek prépare des gaufres à la glace pour le petit-déjeuner – ce qui n'est réservé que pour les anniversaires – et au moment où Jackson et Scott sont dans la voiture, ils sont tous les deux des vraies petites boules de sucre plein de bonne volonté.

« Salut, Papa, profite bien de mon anniversaire ! » hurle Scott à Derek qui s'en va pour récupérer les cupcakes. Théoriquement, les cupcakes sont une surprise, mais qui sait, Jackson pourrait avoir vendu la mèche à Scott. Les secrets ne sont pas le fort de Jackson – c'est une chance pour lui que Jackson soit absolument incapable de mentir mais cela va devenir un problème lorsqu'il sera adolescent.

Les cupcakes sont ridiculement adorables – il est suffisamment courageux pour l'admettre. Il y en a même un avec une petit ptérodactyle, dont les ailes entourent le chiffre '6', fait spécialement pour Scott. Derek est content de lui quand il revient au travail et que l'équipe au grand complet vient pour s'extasier devant les cupcakes – Scott et Stiles vont exploser de joie.

Scott explose de joie : il ne s'attendait pas du tout à ce que Derek vienne, et les cupcakes le mettent dans un état d'euphorie totale. Les autres enfants hurlent de joie et Stiles distribuent les cupcakes avec soin, avec des instructions strictes : personne ne mange tant que tout le monde n'est pas servi et qu'ils n'ont pas chanté joyeux anniversaire.

« Mec, ces gâteaux sont vraiment trop mignons, ça me tue, » dit Stiles, alors qu'ils installent deux lignes de cupcakes sur la table. Stiles sourit, tournant les cupcakes dans un sens puis l'autre, avant de les donner aux enfants.

« Papa, » dit Scott, à bout de souffle, en les regardant tous, les petites têtes de brontosaures dépassant du glaçage et le minuscule triceratops. Scott passe ses bras autour de son père, dans un câlin étouffant. « Papa, tu es le meilleur. »

Il doit soulever Scott et le câliner jusqu'au moment où celui-ci veut descendre pour aller manger des cupcakes.

Stiles a encore ce petit sourire, celui que Derek identifie comme son 'sourire privé', tout en distribuant les cupcakes. Derek est tellement distrait par ce mystérieux sourire qu'il donne presque deux cupcakes à une petite fille blonde avec des nattes.

Pendant que les enfants mangent, Derek met un cupcake de côté pour Jackson dans une boite vide et consolide le reste. « Ceux-là sont pour vous, » explique-t-il, en poussant une boite vers Stiles.

Stiles cligne des yeux. « Il y a genre, neufs cupcakes, vous êtres sérieux ? » demande-t-il.

Derek hausse les épaules. « Les garder à la maison serait absurde. Vous avez l'air de quelqu'un qui saura quoi faire d'un cupcake, en plus. » Stiles n'est pas maladroit, mais ce n'est pas loin quand même et c'est en partie du à ses avant-bras étonnamment musclés.

« Hum, peut-être deux. Ou trois. Mais je vais faire un coma diabétique si vous n'en prenez pas au moins un maintenant, » dit Stiles. Avant même que Derek ne le réalise, Stiles attrape sa main et lui met un cupcake dans la paume. Le petit tyrannosaure bleu braque ses dents en sucre vers lui.

Stiles fait un signe à Derek avec ses sourcils, en enlevant le stégosaure de son propre cupcake pour le manger d'un coup. « Faites-le pour les enfants, Derek, » dit Stiles, la bouche pleine du orange fondant.

Derek sourit et repose le tyrannosaure dans la boite intacte de Stiles, avant d'enlever l'emballage en papier et de mordre dans la pâtisserie. Ce n'est pas mauvais – un petit peu trop sucré pour lui, mais surement parfait pour les enfants, qui sont tous des fans absolus de sucré, de toute façon.

« Sans craquer les os de vos ennemis ? » le taquine Stiles. Derek lève les yeux au ciel. « Ok, ok, mais je vais quand même vous montrer le tour le plus simple au monde. » Stiles enlève le cupcake de son emballage, le coupe en deux et le replie pour en faire un mini sandwich, avant de mordre dedans à pleine dent.

« Oh mon Dieu, c'est trop cool, » hurle un des enfants, et Stiles lance une révolution dans la manière de manger les cupcakes.

« Je vous en prie, » dit Stiles, en léchant le glaçage sur ses doigts. Quand il a fini, il lève un sourcil vers Derek. « Toujours pas fini le votre ? »

Derek a oublié qu'il tient un cupcake.

Il essaye la méthode de Stiles, et c'est un peu moins sucré de cette façon, ce qui lui convient un peu plus. Stiles n'arrête pas de le fixer, pourtant.

« Quoi ? » demande Derek.

Stiles commence. « Vous avez, euh, hum, une trace de glaçage sur votre… » Stiles indique de son pouce le coin de sa bouche, qui est un peu ouverte.

Derek frotte l'endroit, enlève un peu de glace verte. « C'est bon ? »

« Hum…oui, peut-être juste… » Stiles lève la main comme s'il allait essuyer lui-même mais il se ravise à la dernière seconde. « Encore un peu. »

Derek essaye à nouveau et Stiles finit par se détendre.

« Ouais, c'est bon. » dit Stiles. Il jette un coup d'œil dans la pièce où, évidemment, les enfants jouent avec leurs dinosaures et mangent leur cupcake en même temps. « Merci encore d'en avoir apporté, les enfants adorent ça. »

« Premier anniversaire de Scott à l'école. » explique Derek. « Je devais marquer le coup. »

« Eh bien, je suis content que vous l'ayez fait. » Stiles vole le tyrannosaure de Derek et le mange.

o0o

Scott éclate en sanglots au diner lorsque Derek lui dit qu'ils vont à Disneyland.

« On aurait du filmer ça, » sourit Jackson. « Et le mettre sur Youtube. »

o0o

Le voyage remporte un franc succès – les garçons se lèvent tôt chaque matin et tombent de sommeil tout aussi tôt, fous de joie. Derek regarde beaucoup la télévision, et notamment ESPN Classic. Scott insiste pour acheter à Stiles une paire d'oreilles Mickey, ce à quoi Derek ne s'oppose pas – il sourit à la pensée de Stiles avec ces oreilles sur la tête. Il n'y a même pas le mélodrame 'Je ne veux pas partir !' auquel Derek se serait attendu parce que les garçons veulent rentrer à la maison, et se vanter auprès de tout le monde. Au moment où ils sortent de la voiture, Scott court chez Sharon pour lui donner un porcelet en peluche.

Le jour suivant, Scott tient les oreilles de Mickey comme s'il tenait un enfant, pendant tout le trajet vers l'école.

Le cadeau a du plaire, parce qu'il reçoit un email pendant la journée :

Hey

Merci pour les oreilles – comme vous pouvez le voir, elles ont été mises à contribution tout de suite !

Stiles

En pièce jointe, une photo de Stiles avec les oreilles, en train de lire Winnie L'Ourson à ses écoliers fascinés.

« Je crois que j'ai trouvé une cavité, » dit Diana, en se penchant par-dessus son épaule. « Oh, mon Dieu, c'est Scott devant ? Il a grandi, tu devais l'amener un de ces jours. »

C'est une photo affreusement mignonne.

De Scott.

o0o

L'automne s'installe de plus en plus – c'est le quatrième gros orage depuis quelques semaines. Derek est chanceux : Scott adore les orages, et Jackson s'en fiche complètement. Il sait que beaucoup d'enfants ont peur des orages. Dans cette situation, c'est dur de dormir avec le vent qui hurle. Il pleut pendant une semaine entière et le dépose-minute est devenu une véritable épreuve. Heureusement, ce matin-là, le temps est plus à la bruine et à la pluie légère.

Il s'arrête près du trottoir, prêt à déverrouiller les portes lorsqu'il réalise que c'est Stiles qui s'occupe du dépose-minute.

« Hey ! » dit Stiles joyeusement, au moment où le ciel se déchire et où la pluie commence à tomber.

« Ouah, » souffle Jackson, surpris.

« Va à l'arrière, » lui dit Derek, et au moment où Jackson a fini de se démener pour atteindre l'arrière, Derek se penche vers la porte côté passager et l'ouvre. « Rentrez avant d'être trempé. »

C'est trop tard. Stiles retire sa veste, qui est complètement trempée, et se retrouve en chemise, trempée elle aussi.

« Merci, » halète Stiles, en regardant Derek.

Derek se sent foudroyé sur place.

Les joues de Stiles sont rosies à cause du froid, et sa bouche est à demi-ouverte mais rouge. La chemise moule son torse, et le col tombe à cause du poids de l'eau, si bien qu'une de ses clavicules est visible. Derek voit la définition presque surprenante de son torse et de son estomac – il caresse des yeux la forme de ses abdominaux, la courbe de ses épaules. Un filet d'eau coule sur sa nuque, et Derek voudrait poser sa bouche sur-tout-le-corps-de-Stiles.

« Papaaaaa, on peut aller à l'école maintenant ? » gémit Scott, et Derek se souvient que ses enfants sont à l'arrière et qu'avoir une érection maintenant est extrêmement inapproprié.

« On dirait que ça se calme, » dit Stiles, en regardant par la fenêtre. Il se penche vers l'arrière de la voiture pour regarder les garçons, et Derek se retrouve face à la peau de sa nuque. Derek veut le mordre. « Ok, vous avez vos imperméables ? Allons-y ! »

Les garçons sortent en courant, heureux, profilant de l'orage, et Stiles sort à son tour, avant de revenir pour attraper sa veste.

« Merci pour la protection ! » dit-il gaiement.

Stiles est suffisamment près pour qu'il l'embrasse.

Puis la portière se ferme et les gens commencent à klaxonner derrière lui.

Derek se dépêche de sortir du parking, mais il s'arrête quelques rues plus loin pour reprendre son souffle.

« Putain », dit Derek, en expirant fortement, parce qu'il peut encore sentir la pluie et le déodorant de Stiles dans la voiture. C'est absolument, irrésistiblement stupide. Derek veut Stiles, oui, mais penser à Stiles (dans sa cuisine, en train de cuisiner avec Scott, en train de faire la vaisselle avec lui, en train de porter ces stupides oreilles de Mickey) le fait réaliser qu'il ne veut pas juste Stiles : il veut être avec Stiles.

« Putain. »

o0o

Cette prise de conscience va de pair avec l'email de rappel collectif à propos du Jour des métiers la semaine d'après.

Cette prise de conscience signifie donc qu'il devra voir Stiles – Stiles, qui a fait l'objet de nombreux rêves beaucoup trop détaillés depuis le dépose-minute – dans une semaine.

Derek est de plus en plus paniqué à cette idée. Il est persuadé qu'au moment où il entrera dans la pièce, Stiles saura, ce qui est surement la pensée la plus stupide qu'il ait jamais eu. S'il pense rationnellement, il sait qu'il va juste aller au travail, prendre quelques-unes des brochures pour enfants et des choses qu'ils utilisent quand ils essayent de récolter des fonds : des photos de la réserve et des loups montés sur panneaux. Il va aller à l'école, parler pendant cinq minutes et répondre à toutes les questions des enfants. Il a déjà fait ça avant, plus ou moins, pour d'autres actions promotionnelles de la réserve. Pourtant Scott lui fait quand même « Promets-moi, tu dois me promettre, Papa, tu vas venir. »

D'habitude, la situation n'inclue pas son fils et le mec pour qui il ressent quelque chose de…ridicule.

Il prévoit de porter ses plus beaux vêtements de travail – c'est-à-dire la seule chemise qui n'a pas de trous, de sang ou de saleté – et tout se déroule selon ses plans : il dépose Jackson et Scott, retourne au travail, jusqu'au moment où Diana arrive dans son bureau.

« Derek, je pense qu'il y a….un problème, » dit-elle, à bout de souffle. « C'est Laura. »

Le sang de Derek ne fait qu'un tour, parce qu'il ne peut pas s'empêcher de revenir quatre ans en arrière, lorsqu'il a reçu un appel, compréhensif et désolé, lui demandant s'il était le frère de Laura Hale, parce qu'il y a eu un accident. Mais cela ne dure qu'une seconde, car il se souvient qu'il a une autre Laura à présent.

Il n'avait les garçons que depuis deux mois – Scott n'arrêtait pas de pleurer et Jackson restait silencieux et triste – lorsque Hera avait eu sa seconde portée. La petite louve était la plus petite de la portée, et avait été rejetée, donc Derek l'avait ramenée à la maison.

« Je vais avoir besoin de ton aide, Jackson, » avait dit Derek, en espérant que prendre soin de quelqu'un pourrait le ramener sur terre. « Elle est petite et malade, elle a besoin de toi. »

Jackson avait regardé la petite boule de poil sur ses genoux et avait acquiescé, sérieusement. « On peut l'appeler Laura ? Comme maman ? » avait-il demandé timidement.

Derek avait eu du mal à avaler sa salive. « Oui, on peut l'appeler Laura. »

Laura avait grandi, la plupart du temps chez eux, pour devenir une beta forte et indépendante. Derek ne sait pas ce qu'il fera si quelque chose lui arrive.

« Quoi ? » demande-t-il.

Diana secoue la tête. « Le traceur dans son collier indique la même position depuis dix heures. Il n'y a aucun mouvement, et j'ai recoupé sa position sur la carte : elle est dans le canyon. » lui explique Diana.

Derek attrape le pistolet à tranquillisant. Le canyon est un piège mortel, fait de roches, dans l'angle nord-est de la réserve. Il n'y arrivera pas assez rapidement en utilisant les routes normales, il devra prendre un cheval : plus facile à diriger sur une piste. Il ne prend qu'un petit moment pour vérifier sa position exacte avant de se diriger vers l'écurie, quand il se souvient tout à coup de Scott et du Jour des Métiers.

« Merde, Diana, je te contacterai par radio et je te dirai ce qu'il en est. Il faut que tu appelles l'école et que tu leur dises que je vais essayer de le faire, mais je suis censé allé pour le Jour des Métiers, il faut que Stiles sache qu'il y a une urgence. Et après, prends la Jeep, et essaye de te garer au plus proche du canyon sur la route. » dit Derek. Il n'attend pas sa réponse.

Plus il se rapproche du canyon, et plus le terrain devient rocailleux et escarpé. Derek essaye de se souvenir qu'il ne sert à rien de forcer son cheval à aller plus vite, et que ça pourrait juste les entrainer tous les deux au fond du canyon. Une éternité semble passer avant qu'ils atteignent la fin de la forêt le canyon est assez proche à présent pour qu'il accroche son cheval à un arbre et qu'il commence à descendre comme il peut dans le canyon. Au moment où il arrive en bas, il voit les formations rocheuses étranges qui devraient être entre Laura et lui si son collier de localisation fonctionne correctement. Il se fraye un chemin à travers les rochers, pour trouver Laura, couchée au sol, une de ses pattes coincée sous un rocher qui est assez gros

Il accourt, et quand il est suffisamment proche d'elle, il voit qu'elle respire, difficilement, mais elle respire. Derek émet un profond son de soulagement.

« Salut, ma fille, » dit-il, en lui tournant autour pour qu'elle puisse le voir.

Laura gémit, son pied libre bat l'air comme si elle voulait se levait, elle lève la tête.

« Shh, shh, reste tranquille, shh, » dit-il, en s'agenouillant à côté d'elle. « Je vais te sortir de là. » Il va devoir lui donner un sédatif pour la dégager, alors il lui administre rapidement une dose, en lui caressant le museau comme il le faisait lorsqu'elle était un louveteau, jusqu'à ce que sa respiration ralentisse et qu'elle s'endorme.

« Diana, » dit Derek dans la radio.

« Tu l'as trouvée ? »

« Piégée, surement une chute de pierres. Une de ses pattes est coincée. Elle est sous sédatif, je vais essayer de la bouger. Je peux la sortir du canyon. Où es-tu là ? »

« Je t'attends sur la route. J'ai appelé Deaton, il arrive au centre. »

« Bon travail. »

Il teste le poids du rocher. Il devrait être capable de le soulever, mais il veut le faire proprement, alors il passe une ou deux minutes à essayer de trouver le meilleur levier. Il la libère suite à un coup sec massif, et n'a soulevé le rocher que de quelques centimètres centimètre quand il retombe rapidement, dans un bruit sourd. Il ne semble y avoir aucun saignement, mais l'os est sans doute cassé. Derek voit une branche de la bonne longueur, et il utilise sa ceinture pour garder la patte droite. Laura gémit un peu, même à travers le sédatif.

« Je suis désolé, je sais, je suis désolé, » répète Derek, comme il le fait lorsqu'il retire un bandage ou qu'un coup de fusil retentit. « J'essaye. »

Soulever Laura n'est pas plus difficile que soulever Jackson. Pourtant, la porter pour remonter le canyon est moins facile que de porter Jackson à l'étage. Son pied glisse plusieurs fois, et il doit sans cesse réajuster sa prise, mais ils finissent par y arriver, surement grâce à de la pure chance.

« On y est presque, » promet Derek quand ils arrivent au sommet. La route se trouve à dix, quinze minutes à pied, peut-être plus longtemps, car il est ralenti par le poids d'un loup sous sédatif qu'il ne veut pas trop secouer. Son sens de l'orientation, infaillible quand il s'agit de la réserve, ne le trompe pas. Il voit la route et, Dieu merci, la Jeep. Juste parce qu'il peut porter un loup de trente-cinq kilogrammes si loin ne signifie pas que c'est facile.

Il souffle bruyamment et Diana arrive. Derek pose soigneusement Laura sur les couvertures à l'arrière et monte avec elle.

« Allez, allez, » dit-il, toujours calme, en caressant la fourrure de Laura.

« Tu aurais pu mentionner qu'un 'Stiles' est en fait le professeur de Scott, M. Stilinski, » sort Diana de nulle part sur la route du retour.

« Mais tu as appelé ? » vérifie Derek.

« Oui, oui, c'est bon, » soupire-t-elle.

Derek attrape la radio et contacte les écuries pour que quelqu'un vienne chercher le cheval. Le trajet jusqu'au centre vétérinaire ne dure pas plus de dix minutes, mais il semble durer plus longtemps, tandis qu'il écoute et ressent la respiration pénible de Laura.

Quand ils se garent dans le parking, Deacon les attend et aide Derek à porter Laura jusqu'à l'infirmerie.

« Tu as bien fait, Derek, » Deacon défait l'attelle de fortune et palpe la patte. « Elle est cassée, on va devoir faire une radio, mais ça a l'air propre et stable. Son rythme cardiaque est normal avec la dose de tranquillisant, alors ça devrait aller pour elle. »

Derek a l'impression que ses genoux vont se dérober sous lui, l'adrénaline et le soulagement l'envahissant, et il se passe une main sur le visage. Ce qui amène sa montre juste au niveau de ses yeux et, oh bon Dieu. Le Jour des Métiers.

« Oh merde, je dois… Diana, reste avec Laura, » dit-il.

Elle lève les yeux au ciel. « Je ne vais nulle part. Vas-y, tu as l'air fou. » dit-elle.

Derek se jette dans sa voiture et espère que le père de Stiles ne l'arrêtera pas pour excès de vitesse.

o0o

Il arrive à l'école en un temps record, et il est encore sous l'effet de l'adrénaline, alors il passe devant le bureau en courant et se dirige directement vers la salle de classe. Il entend juste Stiles dire, « …veux remercier tous les parents qui sont venus aujourd'hui… », au moment où il ouvre la porte.

« Papa ! » hurle Scott.

« Jésu…mon Dieu ! Derek, vous allez bien ? » demande Stiles.

Derek acquiesce en reprenant sa respiration. « Oui, je vais bien, désolé, je suis en retard, il y a eu une urgence au travail. » Les autres parents, au fond de la salle, ont l'air horrifiés. Derek peut à peine imaginer à quoi il ressemble. « Je suis Derek Hale, je suis le père de Scott. » Les enfants fixent alternativement Derek et Scott.

« Je travaille dans une réserve naturelle : on a eu une journée mouvementée aujourd'hui. Est-ce que tout le monde sait ce qu'est un loup ? » Les enfants acquiescent, hypnotisés. Derek doit avoir l'air terrifiant. « Je travaille avec des loups dans un endroit où nous protégeons les plantes et les animaux qui y vivent. »

« Qu'est-ce qui s'est passé ? » demande Scott, inquiet.

« Un des loups dont nous nous occupons s'est perdu. Elle n'était pas avec sa famille… les loups appellent leur famille une meute, » explique Derek, son cœur retrouvant un rythme cardiaque normal. « Mais comme nous avons des colliers spéciaux pour nos loups, nous pouvons savoir où ils sont. Nous avons retrouvés notre louve perdue, mais elle était blessée et j'ai du la ramener auprès du vétérinaire. Un vétérinaire est un docteur pour les animaux, qui prend soin d'eux comme le médecin prend soin de vous. Mais notre vétérinaire a dit que la louve allait s'en sortir, alors même si c'était effrayant, tout va bien maintenant. »

« Papa, quel loup ? » demande Scott.

Derek grimace. « C'était Laura, Scott. Mais Dr. Deaton dit que ça va aller. » lui assure Derek.

Scott gémit. « Papa, c'est sur qu'elle va aller bien ? Papa, tu en es sur ? » le supplie-t-il.

« Ça va aller. Scott connait notre louve nommée Laura. Quand c'était un bébé, elle était malade et sa maman ne pouvait pas prendre soin d'elle, alors je l'ai ramené à la maison et Scott et son grand frère Jackson m'ont aidé à prendre soin de Laura. » ajoute Derek, parce qu'il sent qu'il doit expliquer pourquoi Scott est sur le point de faire une crise cardiaque.

« M. Hale ? » demande timidement une petite fille. « Comment l'avez-vous trouvée ? »

« Eh bien, tous nos loups portent des colliers spéciaux qui nous permettent de savoir où ils sont. Et comme nous pouvons dire où ils sont, nous savions que quelque chose n'allait pas ce matin. Alors je suis parti la retrouver elle était coincée dans un canyon. Un canyon est comme une grosse mine de pierres. Une pierre était tombée sur sa patte, donc elle ne pouvait pas se libérer. Alors je suis descendu, et je l'ai dégagée, ce qui explique pourquoi je suis si sale. » lui dit Derek. Du coin de l'œil, il remarque que Stiles s'est assis à côté de Scott, une main sur ses cheveux, pour le rassurer. Derek se sent un peu bête : c'est lui qui devrait lui faire un câlin.

« Ouah, » dit-elle. « Vous devez faire ça tous les jours ? »

Derek secoue la tête. « Non et c'est tant mieux. Les loups sont forts, intelligents et ils prennent soin les uns des autres. La plupart du temps, ils sont en sécurité par eux-mêmes. Mais parfois, nous les aidons un peu. Juste comme vous, les enfants, vous prenez soin de vous, mais parfois vous avez besoin d'aide, non ? »

Elle acquiesce timidement.

Sa question ouvre le flot de questions qui arrivent toutes en même temps : « Est-ce que les loups remuent la queue comme les chiens ? » « Est-ce qu'un loup pourrait battre un ours dans un combat ? » « Que pensent les loups des végétariens ? » « Est-ce que les loups ont des allergies ? » « Où dorment les loups ? » « Est-ce que les loups peuvent monter aux arbres ? » Derek essaye de répondre à chaque question, mais elles ne s'arrêtent jamais, et il a l'impression que les enfants pensent qu'il est lui-même un loup.

Après quelques minutes, Stiles les arrête. « Ok, les enfants, M. Hale a répondu à de nombreuses questions, il faut lui donner une pause, parce que c'est l'heure de manger ! » Il y a un grognement général de déception, mélangé avec l'excitation du déjeuner. « Merci encore à tous nos gentils parents qui sont venus aujourd'hui, donnons-leur un tonnerre d'applaudissements ! » Les enfants applaudissant et hurlent en même temps.

« En ligne, et allez chercher votre déjeuner si vous l'avez apporté, » indique Stiles, et alors que les enfants s'affairent, il serre les mains des parents qui s'en vont, en général après avoir embrassé leur enfant. Scott est scotché à Derek, lui demandant à nouveau de lui dire que Laura va bien.

« Je te promets, Scott, » dit Derek. « Nous irons la voir ce week-end et tu verras, qu'est-ce que tu en dis ? »

Scott acquiesce, un peu réticent. « Ok. Est-ce que je devrais le dire à Jackson au déjeuner ? »

Derek secoue la tête. « Non, je lui dirai après l'école, d'accord ? »

« Hé, Scott, c'est l'heure d'aller déjeuner, » dit gentiment Stiles. Scott semble sur le point de protester pendant une seconde, mais il finit par hocher la tête et attraper son déjeuner. « Je reviens, je dois juste les emmener à la cafétéria. Vous pouvez rester un peu plus longtemps ? »

Derek hausse les épaules. « Bien sur. » Il se relève, et s'assoit sur une des tables basses dans la pièce. Comme les enfants son partis, ils jettent un œil tout autour de lui, et remarquent les nouveaux travaux sur le gigantesque faux arbre accroché au mur, des centaines de feuilles multicolores et changeantes accrochées sur les branches. Il y a également un terrarium avec un lapin à l'intérieur, bougeant son nez avec curiosité, sorti de son terrier maintenant que la pièce est calme. Il ne peut s'empêcher de regarder le placide et calme lapin alors qu'il s'approche.

« Hé, » dit Stiles, et merde, ils sont tous les deux, seuls dans une salle de classe, et ça devrait surement être gênant, mais Derek est trop fatigué pour y penser maintenant. « Je vois que vous avez rencontré Bugs. »

Derek lève un sourcil.

« Bugs Bunny. » Stiles désigne le lapin gris et blanc et Derek sourit parce que, évidemment, Stiles a nommé le lapin Bugs.

« Mignon, » dit Derek. « Quelque chose n'allait pas avec le discours, c'est pour ça… ? »

« Non, non, non, » dit Stiles, en secouant ses mains. « C'était génial, vous voulez dire ? Vous allez être plus connus que les Beatles ici. Ou Justin Bieber. Ah, les stars des jeunes, maintenant. Non, je voulais juste m'assurer que vous alliez bien, vous avez l'air un peu… sauvage. »

« Oh, » dit Derek, en se regardant. Il est couvert de saletés, ses vêtements déchirés par endroit à cause des murs escarpés du canyon. Il a aussi quelques coupures sur les mains.

« Je veux dire… vous avez l'air d'un John McClane nature, c'est plutôt cool. » dit Stiles, et Derek réalise que les mains du professeur sont pleines de cotons et de Neosporin. « Mais je ne voudrais pas que vous attrapiez la gangrène, alors je pensais vous proposer d'être votre véto. »

« Je ne suis pas un loup, Stiles, » fait remarquer Derek.

Stiles sourit. « Bien sur. » dit-il. « Allez, lavez-vous les mains et asseyez –vous sur le bureau. »

Il y a un petit miroir au dessus du lavabo et Derek doit pencher pour se voir dedans. Il a l'air fatigué : il prend quelques feuilles de papier humides pour s'essuyer le visage, avant d'ouvrir quelques boutons de sa chemise pour passer la serviette sur son cou. Les feuilles de papier sont noires de saleté à la fin de l'opération.

« Oh, hé, si vous vouliez vous nettoyer, j'ai une serviette et une chemise en plus je pensais que c'était une bonne idée après la pluie de l'autre jour. » lui propose Stiles, en ouvrant un tiroir sur la gauche de son bureau.

« Je vais bien, vraiment, pas besoin de faire ça. Ça finira par cicatriser. » dit Derek.

Stiles fronce les sourcils. « Ne soyez pas ridicule, venez. » Il tapote le bureau, sur lequel Derek s'assoit. Stiles est beaucoup plus doux que lui-même ne l'aurait été, mais c'est sans doute du aux nombreuses années à soigner les blessures de cour d'école de patients beaucoup plus sensibles. Stiles tient fermement la main de Derek, y appliquant la crème antibactérienne sur les coupures, en particulier celle plus profonde sous son pouce récoltée lorsqu'il s'est accroché au mur pour s'empêcher de déraper quand il a descendu dans le canyon. Il ne l'avait même pas remarqué sur le moment, mais il a du se dépêcher.

« Est-ce que vous avez escaladé du verre ? » demande Stiles, en fronçant les sourcils. Il passe à l'autre main, qui est dans un état encore pire que l'autre. Pour être honnête, Derek ne ressent rien parce que la main de Stiles est chaude, autour de son poignet, et Derek est suffisamment proche de lui pour sentir son déodorant. L'odeur est restée pendant deux jours dans la voiture, Derek a été obligé d'utiliser un spray pour arrêter de vouloir embrasser sa voiture.

« Les murs du canyon sont abrupts et il y a beaucoup de chute de pierres, » explique Derek. « Heureusement, il est plus facile d'y monter que d'y descendre. »

« Je n'arrive toujours pas à croire que vous l'avez portée pour la sortir du canyon, » dit Stiles.

« Il n'y avait pas d'autres moyens de la sortir de là, » dit Derek en haussant les épaules. Il est distrait par les cils de Stiles, sombres, créant une ombre sur ses joues pâles.

« Je sais. C'est juste vraiment génial, c'est tout, » lui sourit Stiles. Derek veut se pencher et l'embrasser… mais il est dans la salle de classe de Scott, et c'est le professeur de Scott.

« C'est mon job, » dit Derek, en regardant ailleurs. Stiles pose un pansement Batman sur ses mains. « Stiles. »

« C'était ça ou Hello Kitty, je vous jure, » dit Stiles, mais il sourit encore.

Derek déteste le fait que cela lui donne encore plus envie de l'embrasser.

La sonnerie retentit fortement, surprend Stiles et détruit méticuleusement toutes les pensées psychotiques de Derek qui lui répétaient de l'embrasser quand même.

« Oh, merde, je dois aller chercher les enfants à la cantine. Vous êtes…vous êtes… ? » bredouille Stiles.

« Je dois retourner au travail. Allez-y avant que Scott ne revienne et refuse de me laisser partir, » dit Derek.

Stiles hoche la tête. « Non, ok, ok. Bien, merci d'être venu, même après ce qui s'est passé, les enfants ont adoré, » dit rapidement Stiles.

« Oui, de rien, » lui répond Derek presque automatiquement, en attrapant sa veste. « A plus tard. »

Il inspire profondément quand il est dehors, dans sa voiture, et se rend compte qu'il sent comme le linge de Stiles. Il devrait surement enlever la chemise.

« Putain, » murmure-t-il en conduisant vers la réserve, en portant toujours la chemise à manches longues.

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Comme il l'avait anticipé, Jackson explose le soir même en apprenant la nouvelle. Il essaye de forcer Derek à les emmener à la réserve sur le champ et ne se calme que lorsqu'ils appellent Deaton et que Deaton lui parle.

Derek s'excuse à de nombreuses reprise pour cet appel, mais Deaton lui assure que c'est bon – il a plutôt l'air amusé, en fait.

« J'ai déjà promis à Scott que nous irions à la réserve et tu pourras voir Laura toi-même ce week-end, d'accord ? » propose Derek.

Jackson croise les bras sur sa poitrine, un air rebelle sur le visage. « Ouais. »

Il a encore l'air inquiet et malheureux alors Derek en profite pour l'attraper et l'attirer sur ses genoux. Jackson pousse une sorte de grognement irrité, mais il se met en boule et enfouit son visage dans le haut de Derek.

« Merci. D'avoir sauvé Laura. » murmure Jackson.

Derek le serre un peu plus fort. « Hé, c'est normal. C'est notre louve. Tu l'as sauvée. C'était mon tour. »

« Est-ce qu'on doit continuer le câlin ? » murmure Jackson.

« Ouaip. » dit Derek et il sent Jackson se détendre.

« Hé, hé, est-ce que vous faites des câlins ? » demande Scott. « Je veux un câlin. »

« Grimpe, » dit Derek, en tendant le bras. Il se souvient de l'époque où ils pouvaient tenir tous les deux sur ses genoux, sans problèmes. Maintenant, il s'agit plus d'une grosse masse de membres et de bras concentrée sur ses genoux.

« Couverture, » demande Jackson. Derek parvient à attraper la couverture et à la mettre sur eux du mieux qu'il peut.

« Mais, samedi matin, c'est la première chose qu'on va faire, hein ? » insiste Jackson.

« Le petit-déjeuner, » fait remarquer Scott.

« Ok, petit-déjeuner d'abord, » concède Jackson.

« Petit-déjeuner, et ensuite, on va voir Laura, je vous promets. » Derek les serre fort contre lui jusqu'à ce qu'ils protestent.


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A bientôt.