Titre : DILF
Auteur : twentysomething
Disclaimer : Les personnages appartiennent aux créateurs de la série Teen Wolf, l'histoire appartient à twentysomething.
Note de la traductrice : Et voilà l'arrivée du chapitre 4 ! Je suis vraiment désolée de n'avoir pas eu le temps de répondre vos reviews, mais je veux que vous sachiez que chacune d'entre elles me fait infiniment plaisir et me donne la volonté de vous offrir encore plus vite cette traduction. Je les lis toutes avec plaisir !
Pour répondre à quelques questions en vrac, la traduction comportera finalement 6 chapitre il n'en reste plus que deux après celui-ci (et oui, c'était vraiment un très long OS). Et quand au premier baiser entre Stiles et Derek, vous devrez encore faire preuve d'un peu de patience. Ces deux-là sont un peu bornés, et pas très doués…
Bonne lecture.
Chapitre 4
Quelques jours avant Thanksgiving, ils font leurs courses au supermarché quand un des camarades de Scott les voit dans le rayon des surgelés. Il se met à hurler comme un loup.
Derek est sur le point de s'excuser auprès de sa mère quand Scott et Jackson lui répondent avec un bref hurlement.
« Hum, » dit finalement Derek.
La mère rit. « Ne vous inquiétez pas. Il fait ça depuis des semaines. Vous devez être le fameux Derek Hale. Kari Walker. » Ils échangent une poignée de main. « Beth m'a parlé de la visite de la réserve, ça avait l'air génial. »
« Merci ? » dit Derek.
« Nous devons y aller, mais c'est un plaisir de vous avoir rencontré, » dit Kari, en poussant son fils dans le rayon. Derek tourne à la fin du rayon et son caddie fonce littéralement dans celui de Stiles.
« Bonjour, vous tous, » sort Stiles, visiblement heureux de les rencontrer. « Il me semblait avoir entendu un hurlement. »
« Oui, » dit Derek.
Stiles jette un regard au caddie de Derek. « Vous avez déjà pris votre dinde ? Vous n'avez pas beaucoup de provisions. » Dans le caddie de Stiles se trouve la fameuse dinde, des baguettes de pain, des légumes et des pommes de terre.
« Nous fêtons Thanksgiving avec notre voisine Sharon d'habitude, mais elle va chez ses cousins cette année. Alors nous allons faire un repas normal, je pense. » Derek hausse les épaules.
Stiles le regarde comme s'il venait de le frapper. « Vous allez fêter Thanksgiving avec moi. » dit-il.
« Quoi ? » répond Derek, convaincu d'avoir mal entendu.
« Je veux dire avec nous, avec moi et mon père. Nous cuisinons toujours beaucoup trop, et nous finissons par manger des restes pendant des semaines. Venez, personne ne devrait manquer la dinde et tout ce qui va avec, » insiste Stiles.
« Vous êtes sur que… » commence Derek mais il est interrompu par les regards désespérés que lui lancent Scott et Jackson.
« Papa, on y va ? » demande Scott.
« S'il te plait ? » ajoute Jackson. Derek voit une boite de céréales dans ses mains.
« Repose les céréales et nous en discutons, » dit Derek. Jackson soupire mais repose la boite en rayon.
« Vous êtes sur, Stiles ? » demande à nouveau Derek.
« Absolument, » dit Stiles. « Allez. Sauvez-nous d'une intoxication alimentaire. »
« Ok, » dit Derek. « Qu'est-ce qu'on doit amener ? »
Stiles rit. « Hein-hein. Mes règles, tous les plats doivent être à 100% des recettes Stilinski. Vous pouvez amener une autre tarte. »
« Ok, très bien, nous amenons la tarte, » dit Derek.
Stiles secoue la tête. « Ne soyez pas bête. J'ai dit que vous pouviez amener une tarte. Il va y en avoir beaucoup plus qu'une. »
« Ok, » répète Derek. « Merci pour l'invitation. »
« C'est moi qui vous remercie – pas besoin de cinq services cette année, » dit Stiles. « Je dois y aller et ramener ce volatile à la maison, mais on se voit jeudi… La maison de mon père, vous vous souvenez où c'est ? Sa cuisine est mieux que la mienne. »
« Bien sur, » acquiesce Derek. « Jackson, repose cette boite de céréales. »
o0o
Le jour suivant, les garçons rentrent à la maison et lui disent le plus sérieusement du monde que Stiles va faire des tartes au potiron, aux noix de pécan et à la pomme. Derek doit donc trouver autre chose.
« À la cerise, papa, à la cerise, » dit Jackson d'un ton solennel.
« Avec de la crème glacée ! » ajoute Scott.
Derek soupire, avant de s'installer devant l'ordinateur. Il tape « tarte à la cerise » sur Google et finit par trouver une recette, une fois ignorés tous les liens plus ou moins traumatisants. Il sourit, ce qui veut dire que Stiles va rire, alors c'est vendu.
Il lit la recette et tout lui semble cohérent jusqu'au moment où il arrive à la partie qui explique comment faire la pâte à tarte. Et franchement, non. Tout le reste de la recette consiste à mélanger, battre, et placer dans le four, ce qui est assez simple, mais la confection de la pâte à tarte a l'air beaucoup plus compliquée.
« Mouais, on va acheter la pâte, » se murmure-t-il.
Il s'occupe du reste et le mercredi après-midi, il finit la recette. Malgré les instructions très détaillées, il ne sait pas vraiment comment la décorer, alors il laisse faire les garçons. Le résultat est plus… artistique que ressemblant à la photo du site internet.
Mais à voir l'expression de Stiles lorsqu'il ouvre la porte et les trouve tous les trois sur le perron, la tarte semble être la plus belle chose qu'il ait jamais vue.
« Vous l'avez fait ! » dit Stiles, tandis que Jackson lui tend la tarte. « C'est parfait, merci Jackson ! »
« Moi aussi, j'ai aidé, » ajoute Scott dans la foulée.
« J'en suis sur. Est-ce que Derek a mérité sa part ? » demande Stiles, en lui jetant un petit coup d'œil, un sourire aux coins des lèvres.
« Derek l'a fait cuire. Et il a fait le mélange. » admet Jackson à contrecœur.
« Ah, merci à vous aussi, alors. » lui dit Stiles en reniflant la tarte. « Ohlala, de la cerise. Oh, rentrez, il fait froid, je ne suis pas un bon hôte. »
Ils enlèvent toutes leurs couches de vêtements – un froid glacial s'est installé depuis deux jours et promet de rester pendant tout l'hiver. La maison est chaleureuse et remplie des odeurs parfaites de l'automne. Les senteurs sont riches et savoureuses, et l'odeur de Stiles aussi, alors qu'il passe devant eux avec la tarte pour aller dans le salon.
« Heureux de vous revoir, Derek, » dit le shérif, en tendant la main.
« Pareillement, monsieur, » répond Derek un peu automatiquement.
Le shérif lui lance un regard amusé. « Je suis presque sur que vous pouvez m'appeler John, Derek. »
« D'accord, » dit Derek, en se sentant un peu idiot et nerveux. « Merci de nous laisser participer à votre Thanksgiving. »
« Eh bien, c'est agréable de fêter à nouveau Thanksgiving en grandes pompes. La dernière fois, Stiles était encore un enfant. » dit John, un peu mélancolique.
« Shérif, shérif, » insiste Scott, en poussant John à lui expliquer quelques chose. Il montre du doigt une photo de Stiles à l'arrière d'une voiture de patrouille, à peine plus âgé que Jackson, les cheveux ridiculement courts.
« Oh non, je ne pourrai plus jamais faire office de figure d'autorité une fois qu'ils auront vu des photos de moi à 14 ans, » soupire Stiles derrière Derek, avant de se diriger vers la cuisine.
Même s'il est intrigué, Derek ne peut s'empêcher de le suivre. « Je peux aider ? » propose-t-il. Stiles est en train de vérifier quatre choses différentes, en même temps.
« Je suis devenu maître dans cet art, donc si vous essayez de faire autre chose que de vous assoir et de boire une bière, tout va aller de travers et nous aurons gâché Thanksgiving. Alors assez-vous et buvez. » dit Stiles, en remuant quelque chose. « Deuxième étagère, derrière la bouteille de cidre. »
Derek fait ce qu'on lui dit.
« Voilà, » dit Stiles, un grand sourire sur les lèvres, lorsqu'il semble avoir fini de tout vérifier. « Merci encore pour la tarte. »
« Ce n'est pas grand-chose en comparaison de tout ça, » Derek regarde toute la vaisselle. « Est-ce que je devrais secourir votre père des enfants ? »
Stiles rigole. « Oh, non. Pendant des années, il était désespéré que je grandisse, laissez le profiter un peu des enfants. Il était furieux de vous avoir manqué à Halloween. » Stiles jette un coup d'œil à la cuisinière. « En fait, j'ai réfléchi, et si je pouvais vous utiliser pour éplucher les patates, ce serait super. Pas de pression. »
« Je pense que je peux le faire, » dit Derek, en souriant.
« Alors, le truc c'est de laisser un tout petit peu de peau. Les fibres. Comme ça, on fait toujours des purées bien viriles, » Stiles bouge ses sourcils de manière étrange, comme s'il pensait que ce serait plus sage.
« Hum, alors, en gros, vous voulez que je bâcle ce travail ? » dit Derek en commençant à les éplucher comme indiqué, en laissant un peu de peau sur la pomme de terre.
« Appelez ça comme vous voulez, vous me remercierez au moment du dîner. » dit Stiles en chantonnant.
« Si vous le dites, » dit Derek.
« Vous devez apprendre à me faire confiance, » soupire Stiles. « Je ne vous ferai pas marcher quand il s'agit de purée. »
« Je suis en train de vous faire confiance, là, Stiles. Sinon, je serais en train de les éplucher normalement, » lui fait remarquer Derek.
« Alors pas de questions, pas de démocratie dans cette cuisine, » affirme Stiles, en jetant un coup d'œil dans le four. De celui-ci sort une odeur qui donne l'eau à la bouche : la dinde, les pommes et les oignons.
« Combien de temps encore ? » demande Derek, parce que plus tôt il pourra manger la viande, mieux ce sera.
Stiles grimace. « Eh bien, dès que les patates seront prêtes, je peux vous laisser faire la purée pendant que je m'occupe des haricots verts, » répond Stiles, en faisant un signe de la tête pour désigner les pommes de terre.
« Très bien, j'ai compris, » dit Derek, en se remettant à la tâche. Mais le travail est vite fini, et Derek les plonge, coupées, dans le récipient rempli d'eau que Stiles lui a préparé. Les gousses d'ail flottent à la surface.
« Merci, » dit Stiles, en augmentant le feu du gaz. « Et maintenant, il ne reste plus qu'à attendre. »
Ils s'assoient au comptoir et commence à décortiquer les haricots dans une passoire. Stiles a l'air dans son élément dans la cuisine. Il entend à peine les enfants crier dans le salon. Ses mains touchent souvent celles de Stiles, à travailler les haricots ensemble.
Il n'a pas été si détendu depuis des années, si heureux.
Et franchement, ça lui fait un peu peur.
Ils gèrent parfaitement le temps – Stiles lui fait finir les pommes de terre pendant qu'il met une quantité énorme de beurre dans les haricots. Dès qu'ils ont fini, il sort du four la dinde, avec ses deux mains, comme dans un tableau de Norman Rockwell. Il augmente le four, y met les pommes de terre à bouillir. De leur côté, les chamallow grossissent à vue d'œil, et le caramel est en train de dorer.
« Merci, cher commis, » dit Stiles lorsqu'ils se retournent pour se faire face. « Vous pouvez amener ça dans le salon ?
Derek est soulagé qu'on lui ordonne de sortir de la cuisine, avant qu'il fasse quelque chose de stupide comme arrêter Stiles en pleine action et l'embrasser sans vergogne dans la cuisine de son père.
Le dit-père emmène les garçons dans la cuisine au cri de Stiles à travers la fenêtre, et il découpe la dinde à la perfection. John répartit les morceaux de blanc, et les plats commencent un ballet sur la table. Chacun choisit ses accompagnements, les bras se tendent pour attraper et pour passer le jus de la viande et la sauce aux airellles. Ils font tous de leur mieux pour faire honneur aux plats, mais à la fin du repas, il reste encore une quantité incroyable de nourriture sur la table.
Derek a l'impression qu'il devrait offrir son aide pour nettoyer, mais Stiles refuse.
« La seule chose que vous pouvez faire, c'est migrer de la salle à manger jusqu'au salon et vous reposer sur le canapé pendant au moins une heure, jusqu'à ce qu'on serve les tartes. Tout le reste peut attendre, » insiste Stiles.
Personne ne proteste devant cet ordre : les garçons ont déjà l'air fatigués et ils se précipitent dans le salon avant de s'effondrer sur les canapés. Les garçons s'approprient le canapé le plus grand, l'un sur l'autre, et John prend la place restante. Il y a encore plein de place – assez pour que Derek s'y assoie et qu'il ne rejoigne pas Stiles sur l'autre canapé, qui ressemble plus à un petit canapé.
« Venez, celui-là est plus proche de la télé, ils vont tous dormir dans une minute de toute façon, » dit Stiles en tapotant la place à côté de lui.
Bon, il serait grossier de s'assoir autre part maintenant.
Derek est beaucoup trop conscient de la présence de Stiles à juste quelques centimètres de lui, ses jambes repliés et ses pieds coincés sous ses fesses. Derek veut les déplier, tirer les jambes de Stiles sur ses genoux, et les emmêler. Au lieu de ça, il regarde le jeu – le match de l'après-midi se déroule avec les promesses d'un jeu intéressant ce soir. Mais il est difficile pour Derek de se concentrer sur autre chose que les petits soupirs de satisfaction que Stiles laisse sortir à intervalles régulières.
Ils n'ont regardé que deux publicités lorsque Stiles commence à s'agiter. « Je vais me faire du café – vous en voulez ? Irish, normal, déca' ? » dit Stiles en sautant hors du canapé. « Je ne veux pas finir comme eux. »
Derek jette un coup d'œil à l'autre canapé : John, Scott et Jackson dorment à poings fermés. « Du café, ouais. Un coup de main ? »
Stiles rejette la proposition d'un geste de la main. « Non, je m'en occupe. Avec du lait, et pas de sucre, c'est ça ? »
Derek est surpris mais il acquiesce.
Stiles sourit. « C'est bien ce que je pensais. » Il retourne vers la cuisine, l'air satisfait.
Derek se demande à quoi ressemblerait sa vie si ce qu'il venait de se passer était acquis : une famille pendant les vacances, quelqu'un qui sait comment il aime prendre son café, quelqu'un qui rend tout beaucoup plus facile et qui ferait d'eux des personnes meilleures et heureuses juste par sa présence. Mais ce n'est pas juste un quelqu'un qu'il veut, c'est Stiles. Il veut que Stiles soit avec eux pendant les vacances, il veut lui apporter son café au lit les samedi matins. Ce n'est pas un sentiment nouveau, mais Derek est troublé de se rendre compte à quel point il veut tout ça : tout ce qu'il peut avoir, tout ce que Stiles lui donnera.
Il entend des bruits de vaisselle dans la cuisine et, comme il ne regarde pas le match, il décide d'aller le rejoindre.
« Hé, les cafés seront prêts dans quelques minutes, désolé, » dit Stiles.
Derek hausse les épaules. « Je ne suis pas pressé. Je voulais juste voir si vous aviez besoin d'aide. »
Stiles fronce les sourcils. « Vous voulez vraiment m'aider à nettoyer ? Vous êtes un invité, pas d'obligations pour vous. »
« J'ai mangé, le moins que je puise faire c'est nettoyer, » lui propose Derek. Etre considéré comme un invité ne lui plait pas du tout.
« Ok, vous pouvez m'aider à transférer les restes dans des boites pour vous. » dit Stiles, en sortant plusieurs boites Tupperware. « Parce que, croyez-moi, tout ça va repartir chez vous. »
« Vous êtes sur ? » demande Derek.
« Plus que sur, oui, » dit Stiles en mettant les pommes de terre dans une boite. « L'intérêt de Thanksgiving, c'est en partie les restes. Nous en aurons plus qu'assez pour nous deux. »
Tout est remis dans le réfrigérateur, mais une pile de boite est mise de côté pour eux. Stiles lui verse une tasse de café, avec ce qu'il faut de lait.
« Merci…d'être venus, » dit Stiles, les mains enroulées autour de sa tasse. « Je sais que j'ai un peu insisté, mais… »
« Non, nous en avions besoin. » Derek jette un regard vers le salon où Jackson et Scott sont roulés en boule, à moitié affalés sur John.
« Que.. » Stiles s'arrête pendant une seconde avant de reprendre. « De quoi avez-vous besoin ? »
Derek n'a besoin que d'une chose, et il est à court de raisons pour ne pas simplement traverser la cuisine et embrasser Stiles. Il se sent bouger – comme s'il ne pouvait lutter contre un phénomène de gravité qui l'attirerait vers lui – mais Scott entre dans la pièce, les yeux plein de fatigue, et murmurant quelque chose à propos des toilettes.
« Bien sur, pas de problème, » dit Stiles, en accompagnant Scott.
Derek prend une profonde respiration et expire bruyamment il passe une main sur son visage.
« Bon sang, contrôle-toi, Hale, » se murmure-t-il. Peu importe ce qu'il veut, les enfants passent d'abord, toujours. Stiles est le professeur de Scott, et c'est tout.
Stiles revient, sans Scott. « Euh, désolé, on en était où ? » demande-t-il.
« Nulle part, j'allais juste vous remercier de nous avoir invités, surtout pour les garçons. Nous n'avons jamais fêté Thanksgiving comme ça, » dit Derek, désormais résolu à rester professionnel.
« Avec plaisir, » répond Stiles, même s'il a l'air un peu surpris.
« C'est du café que je sens ? » demande John, en débarquant dans la cuisine à l'image de Scott quelques minutes plus tôt.
Stiles marmonne une réponse positive. « Je vais te chercher une tasse. »
Tout le monde a l'air réveillé maintenant, prêt à manger de la tarte et à regarder le prochain match de football – peu importe ce qui était en train se passer entre eux, c'est désormais fini. Ils quittent la maison avec une nouvelle invitation à revenir pour les matchs décisifs dans quelques semaines. John donne une tape sur l'épaule de Derek avant de passer une main amicale dans les cheveux des garçons, et Jackson ne fait même pas d'histoire.
o0o
Evidemment, Stiles les renvoie avec les restes des bouts de tarte dans un des plats. Cela veut dire qu'une fois la tarte mangée, il devra rendre le plat – et il espère que ce sera le plus tôt possible.
Ce qui amène Derek à penser qu'il n'a aucune idée de l'endroit où vit Stiles. Il sait où John vit, et donc où Stiles a grandi, mais il pense que Stiles doit avoir un appartement quelque part. Il a essayé de limiter leurs contacts à des questions purement parentales, mais c'est difficile quand Stiles lui envoie un message en plein milieu de l'après-midi pour lui dire des choses comme est-ce qu'il a vraiment neigeoté ? c'était ça, hein ?.
Alors il se dit qu'il peut surement lui envoyer Salut, je dois rendre le plat à vous ou votre père ?
Ooh, à moi !
Derek fronce les sourcils. Comment ?
Oh, je peux passer si vous ne voulez pas passer chez moi ?
Derek lève les yeux au ciel. Je ne sais pas où c'est
Son téléphone sonne presque immédiatement, et la photo de Stiles avec les oreilles de Mickey apparait (il l'a mise avec ses informations sous l'ordre de Scott).
« Salut, désolé, je pensais que ce serait plus simple, » dit Stiles. « J'ai complètement oublié que vous n'êtes jamais venu chez moi. »
« Je pensais que vous viviez avec votre père, » répond Derek en mettant le plat dans un sac.
« Non, on a tous les deux décidé que c'était beaucoup trop déprimant pour un professeur célibataire de vivre avec son père, » lui explique Stiles. « Je suis dans le complexe derrière le Safeway ? Vous voyez ? »
« Oui, » dit Derek en attrapant ses clés. « Je peux venir maintenant ? »
« Bien sur. C'est le troisième bâtiment, appartement 4, c'est celui qui ressemble le moins à une maison de la fraternité. » explique Stiles. « A tout à l'heure ! »
Le 'ressemble le moins à une maison de la fraternité' laisse totalement ouvert la suggestion 'ressemble quand même à une maison de la fraternité'. Les bâtiments donnent juste un sentiment de déprime, comme si quelqu'un les avait peints pour empêcher la moisissure de se former une fois tous les cinq ans.
La porte grince un petit peu lorsque Stiles l'accueille, beaucoup trop reconnaissant envers quelqu'un qui a conduit dix minutes pour ramener un plat. Derek ne peut s'empêcher de jeter un coup d'œil dans son appartement, de recenser tout ce qu'il voit. Finalement, il n'y a pas grand-chose sur les murs, hormis quelques affiches et posters, sans encadrement et collés avec du scotch. En dehors d'une quantité abondante de matériels de bricolage partout, rien ne suggère qu'il s'agit de l'appartement de Stiles.
C'est un peu déprimant même pour Derek, lui qui utilisait des parpaings pour soutenir un matelas dans son appartement minable d'étudiant. Derek n'est pas un grand décorateur – loin de là -, mais sa maison n'est pas aussi… nue.
« Oui, je sais, je n'ai pas vraiment décoré et pris possession des lieux. » Stiles passe une main dans ses cheveux, et observe Derek dont le regard passe du poster de Inglourious Basterds au matelas – il espère que ce n'est pas le lit de Stiles. « Enfin, je voulais le faire, mais quand je rentre de l'école, j'ai toujours plein de choses à préparer, et je ne passe pas beaucoup de temps ici. »
« C'est surement les boites à chaussure pleine de paillettes et de cure-pipe. » Derek voit une boite avec une étiquette 'plus de paillettes'.
« Ok, c'est vrai, » concède Stiles. « C'est comme une drogue. Et vous savez, quand on regarde Ninja Warrior à la télé, on peut faire pas mal de chose. Alors c'était plus simple de tout garder ici. »
« Vous faites… tout le travail ici ? » dit Derek, en fronçant les sourcils. La grotte en papier mâché passe à peine la porte d'entrée. « Comment arrivez-vous à… »
« Passer la porte ? » finit Stiles. « Ben, par morceaux. Et la Jeep est vraiment pratique pour ça. »
« Il vous faut plus d'espace, » sort Derek sans s'en rendre compte.
Stiles hausse les épaules, fronce légèrement le nez. « Eh bien, je peux toujours utiliser la salle réservée aux arts, mais, euh, vous avez déjà été seul dans une école primaire la nuit ? Ça fout presque autant la trouille que Shining. »
« Vous pouvez utiliser le garage, » finit par sortir Derek, et il lui semble que sa bouche s'est complètement affranchie de son cerveau.
Stiles hausse les sourcils, confus.
Derek réfrène le besoin urgent de soupirer. Mais bon, maintenant il l'a dit. « Je ne gare jamais la voiture dans le garage. Si vous avez besoin d'un endroit pour tous vos projets, j'ai un établi à l'intérieur. »
« Oh ! Oh, » dit Stiles, plongé dans ses pensées. « Je veux dire, ce serait super mais… Vous êtes sur ? Je ne veux pas profiter…? »
« De mon garage vide ? Non vraiment, ça m'arrangerait, » dit Derek en croisant les bras pour ne pas montrer sa nervosité.
« Ok, Sourpatch,(1) » le taquine Stiles. « Vous savez que vous venez de vous condamner à une vie de paillettes, n'est-ce pas ? Vous devrez attendre le jugement dernier pour savoir si je vais rester chez vous et y déverser toutes mes paillettes. »
« Si je ne savais pas m'occuper des problèmes, est-ce que j'aurais deux garçons de moins de dix ans chez moi ? » lui fait remarquer Derek.
« Ok, ok, M. le Gros Dur. Nous verrons ce que vous direz quand vous aurez encore plein de paillettes partout et que Scott sera à l'université. » dit Stiles. « Ceci est ma prophétie. Nous péririons tous pendant l'apocalypse, en laissant des paillettes et des cafards. »
« Vos visions sont terrifiantes, » lui dit Derek, sous le charme, comme un idiot.
« Je suis comme Cassandra, » soupire Stiles. « J'ai essayé de prévenir les gens, mais personne ne m'écoute. »
« Enfin, venez quand vous voulez, » dit Derek. « Evitez juste de faire exploser la maison. »
« Vous me surestimez, » dit Stiles, un peu sardonique.
Derek se retient de sortir ses cinq premières réponses. Son plan je-ne-fais-pas-de-rentre-dedans-à-Stiles n'est pas parfait, mais il fonctionne. Sauf pour la partie où il est dans la cuisine de Stiles et tout ce qu'il veut faire c'est le sortir de cet appartement et l'emmener dans le garage, ce qui… vraiment, n'est pas bien.
« Ma maison, mes règles, » sort-il finalement.
« Je verrai ce que je peux faire, » dit Stiles, un petit sourire sur les lèvres. Derek doit y aller avant de succomber et de l'embrasser.
Derek s'échappe en disant qu'il a laissé Jackson et Scott chez Sharon et qu'il devrait y aller. Stiles le pousse dehors, le remerciant encore d'avoir ramené le plat. Derek passe ensuite vingt secondes derrière son volant, sans bouger, stupide, à se demander s'il cessera un jour de vouloir Stiles à ce point.
Et si cela se produit, le plus tôt serait le mieux. Sa vie commence à ressembler à un film.
(1) : Bon alors, Sourpatch est une marque de bonbons acidulés. Je n'ai pas réussi à trouver une équivalence qui me convienne en français, alors j'ai préféré laisser comme ça. Si vous avez des idées, n'hésitez pas !
Voilà, merci de votre lecture. N'hésitez pas à me dire vos remarques et ressentis par reviews.
A bientôt.
