Titre : DILF

Auteur : twentysomething

Disclaimer : Les personnages appartiennent aux créateurs de la série Teen Wolf, l'histoire appartient à twentysomething.

Note de la traductrice : C'est bientôt Noël, et j'ai décidé de vous faire un cadeau, mes chers lecteurs adorés ! Voilà la FIN de l'histoire, avec un très long chapitre, rien que pour vous. Pour les plus impatients d'entre vous, vous allez enfin les voir passer à l'action. Je tenais à vous dire que j'étais très heureuse de vous avoir fait partager cette histoire, et de toutes vos réactions. C'était un plaisir de lire chacune de vos reviews, et même si je n'ai pas eu le temps récemment de vous répondre individuellement, je les ai toutes lues avec plaisir.

J'espère que la fin vous plaira autant qu'elle m'a plu.

(J'ai repris la proposition de plusieurs d'entre vous pour Sourpatch, alias Tête brûlée)

Juste une interrogation : je voudrais avoir votre avis sur le vouvoiement entre Derek et Stiles. Est-ce que vous trouvez cela étrange à ce stade de leur relation ?

ATTENTION : Le Rating de la fanfiction se justifie complètement à la fin de ce chapitre ! Que les âmes pures et innocentes fassent attention…

Bonne lecture !


Chapitre 5

Tout le monde dans le magasin lance un regard inquisiteur à Derek – qui a l'air beaucoup trop heureux - alors qu'il attend dans la quincaillerie pour faire faire une clé en plus. Il a son jeu de clés, Sharon en a un et maintenant, Stiles aura sa clé.

Il suppose qu'il peut au moins faire ça : le garage n'est pas chauffé. Il y a bien un chauffage d'appoint, mais c'est inutile de proposer cet espace à Stiles si c'est pour qu'il gèle à l'intérieur. Et il n'a aucune idée de la manière dont il va lui donner cette clé sans que ce ne soit trop évident et louche.

Au final, quand il reçoit trois jours plus tard salut je peux venir demain après l'école travail sur les moulins à vent ? il décide que le meilleur moyen de ne pas passer pour un fou est d'éviter une confrontation directe.

Derek laisse la clé avec un petit mot - qui a nécessité au moins dix réécritures - : Venez quand vous voulez, faites comme chez vous

Les garçons seront chez Sharon, et pas dans les pattes de Stiles, ce qui lui permettra d'arranger les choses. Quand Derek s'arrête, la Jeep de Stiles est encore dans l'allée et Sharon le renvoie chez lui.

« Il avait une clé, » dit Sharon en souriant.

« Ne commence pas, » soupire Derek.

Il passe par le garage et voit une boîte remplie de moulins à vent argentés, dorés et verts il y en a presque une centaine. Quand il entre dans la cuisine, il entend des voix en provenance du salon.

« Si jamais quiconque venait à entendre parler des Potter, ils étaient convaincus qu'ils ne s'en remettraient pas. Mme Potter était la sœur de Mme Dursley, mais toutes deux ne s'étaient plus revues depuis des années. En fait, Mme Dursley faisait comme si elle était fille unique, car sa sœur et son bon à rien de mari étaient aussi éloignés que possible de tout ce que faisait un Dursley. » (1) Stiles est assis au centre du canapé, avec Scott et Jackson de chaque côté. Ils sont tous les trois sous la couverture coincée derrière leur dos, et les garçons tiennent dans leur main ce qui semble être une tasse de chocolat chaud.

« Les Dursley tremblaient d'épouvante à la pensée de ce que diraient les voisins si par malheur les Potter se montraient dans la rue. Ils savaient que les Potter, eux aussi, avaient un petit garçon, mais ils ne l'avaient jamais vu. Son existence consistait une raison supplémentaire de tenir les Potter à distance : il n'était pas question que le petit Dursley se mette à fréquenter un enfant comme celui-là. » continue Stiles, alors que Derek se repose contre l'encadrement de la porte.

Il doit admettre que Stiles fait partie de leur vie maintenant. Lorsqu'il rentre à la maison et qu'il trouve Stiles en train de lire une historie à Scott et Jackson, ce n'est pas bizarre, c'est même plutôt rassurant. On dirait que Stiles fait partie de la famille.

Il aimerait juste que ce soit…différent. C'est tout.

Scott lève les yeux. « Papa ! » crie-t-il d'un ton joyeux. « M. S était ici et il a dit qu'il nous lirait quelque chose une fois son travail fini. »

« J'ai choisi Harry Potter, » ajoute Jackson. « M. S va même faire les voix. »

« Vous ne vous attendiez surement pas à ça en me donnant les clés, » dit Stiles, visiblement gêné. « Mais ils ont demandé si gentiment. »

« Ça ne vous dérange pas ? »

« Bien sur que non, » dit Stiles, en levant les yeux au ciel.

« Ok, je vais commencer à préparer à manger, alors, » suggère Derek. « Du poulet et des pommes de terre ? »

« Oh, » dit Stiles, un peu surpris.

« Ils vous feront gagner votre diner, » dit Derek en désignant les garçons.

« Euh, bien sur. Merci, » dit Stiles en souriant. Derek pense que c'est uniquement de la chance si Stiles n'a pas réalisé que le diner est juste une excuse pour le garder un peu plus longtemps chez eux.

Il fait une retraite stratégique vers la cuisine, et la lecture du livre reprend après un instant. La préparation du plat se réduit presque à jeter les aliments dans le four pour les faire rôtir, si bien qu'il retourne à sa place initiale, dans l'encadrement de la porte, pendant que le minuteur du four bipe.

« Arrêtez de rôder là-bas, » insiste Stiles. « Harry est dans le Chemin de Traverse, et je suspecte fortement M. Ollivander de bientôt lui donner une baguette très importante. »

Derek sourit, mais Scott tient le coin de la couverture à côté de lui pour lui faire une place. Il finit par attraper Scott et le mettre sur ses genoux, en supposant que c'est toujours mieux que rien comme zone tampon entre eux.

Stiles le fixe pendant une seconde, se mord la lèvre, mais reprend la lecture à propos d'une plume de phœnix sacrée, longue de vingt-sept centimètres.

Le minuteur du four sonne au moment où Harry se fait des amis dans le train, et Derek repose Scott sur le canapé. Stiles fait une pause et commence à se lever, mais Derek lui fait signe de rester assis.

« Finissez le chapitre, je vais préparer le repas. » dit-il.

« Merci, papa, » dit Scott en même temps que Jackson : « Merci, Derek. »

« Ouais, » dit Derek en levant les yeux au ciel. Il vient juste de finir de remplir les quatre assiettes quand les garçons arrivent en courant.

« Synchronisation parfaite, » sourit Stiles, en prenant une assiette pour la poser sur la table, devant Derek. « Mmm, ça sent bon. »

Derek déteste le fait qu'il mémorise le bruit que fait Stiles en prenant sa première bouchée.

« Je sais ce qu'a fait Scott à l'école aujourd'hui, mais toi Jackson, que vous a fait faire Mme Harper ? » demande Stiles.

Jackson s'arrête pendant une seconde, et fait la même tête que lorsqu'il essaye de trouver un moyen d'avoir un dessert supplémentaire. Et cette expression ne signifie rien de bon pour Derek. « Mon meilleur ami Danny m'a dit que sa mère a un nouveau copain. »

Rien de bon.

« Ah oui ? Et Danny aime bien cet homme ? » dit Stiles en penchant la tête sur le côté, regardant Jackson avec curiosité.

Jackson hausse les épaules. « Son papa a une nouvelle copine aussi. Je pense qu'il est content que sa maman ne soit plus seule. »

« Euh, bien, » dit finalement Stiles, après un long moment.

« C'est comme ce que vous avez dit sur la famille, M. S, » dit Scott, en attrapant une pomme de terre. « La famille, on peut en construire une avec n'importe qui du moment qu'on s'aime les uns les autres, hein ? » Scott donne l'air de réciter une leçon, son débit est lent et réfléchi.

« C'est vrai, Scott, » dit Stiles.

« Mais Danny a dit que ça a mis longtemps, » insiste Jackson. « Avant que sa maman ne rencontre quelqu'un. J'imagine que c'est compliqué. Hein, Derek ? »

Derek a la bouche plein de poulet, ce qui lui permet de gagner du temps, mais ne lui donne pas de réponse.

« Je pense que les personnes comme Derek et la maman de Danny veulent être sures que cette personne est faite pour eux, mais aussi pour leur famille », dit gentiment Stiles, en jetant un coup d'œil à Stiles.

« Ah oui ? » insiste Jackson, en fixant toujours Derek.

« Oui, » réussit-il à dire. « Parce qu'il faut être sur quand on laisse quelqu'un rentrer dans la famille. Que ce soit pour les enfants… ou pour soi. »

Il ne peut pas s'empêcher de regarder Stiles quand il finit de parler : celui-ci a l'air pensif, les sourcils froncés. Derek ne sait pas ce que ça signifie, mais l'atmosphère semble étrangement tendue.

« Papa ! » s'exclame Scott, ce qui fait sursauter Derek. « Est-ce que Laura va bien ? »

Derek acquiesce. Stiles demande également de ses nouvelles – le malaise finit par s'évanouir et le repas reprend son cours. Comme Derek a préparé le repas et mis la table, Stiles insiste pour nettoyer avec les garçons, et chasse Derek qui s'installe sur un tabouret derrière le comptoir.

Lorsqu'ils placent la dernière assiette sur l'égouttoir, Scott se fend de sa figure habituelle de chien battu.

« M. S, est-ce que vous pouvez continuer un petit peu la lecture ? » dit Scott en essayant de l'attendrir. « S'il vous plait ? »

« L'heure du coucher ? » demande Stiles, en prétendant être sérieux, mais un sourire se devine déjà sur son visage.

« Pas avant 20h30, » répond rapidement Jackson.

« Encore un chapitre, » dit Derek. « Demain, il y a école, et M. S doit dormir, lui aussi. »

Stiles cligne des yeux. « Oui. Mais Harry doit aller à Poudlard, et nous aussi ! »

Scott insiste pour s'assoir sur les genoux de Derek, et Jackson s'installe de son côté, si bien que Stiles est obligé de se serrer contre Derek. Jackson jette à Derek un regard sournois et calculateur en s'étalant de tout son long.

Jackson va nettoyer les gouttières.

Stiles continue à lire, 'accidentellement', une fois le chapitre fini, mais Scott est déjà endormi et Jackson commence à dodeliner de la tête contre le bras de Stiles, alors Derek ne dit rien.

« Je veux faire du Quidditch, » murmure Jackson avant de commencer à ronfler.

Stiles s'arrête et jette un coup d'œil à Jackson, qui est complètement affalé sur lui. « Bon, je pense qu'ils dorment tous les deux maintenant. »

Derek sourit. « Vous voulez un café ? Ils peuvent dormir sur le canapé pour l'instant. »

« Hum, » réfléchit Stiles. « Rapide, alors, et ensuite je m'en vais ? »

Derek se lève, repose Scott sur le canapé, endormi comme une pierre. « Laissez-moi vous aider avec Jackson. » Stiles glisse sur le côté et Derek attrape Jackson pour l'installer dans le canapé. Quand Derek se redresse, Stiles est beaucoup trop proche : il repositionne le bras de Scott pour que sa position soit plus confortable. Derek ne veut pas que ce moment soit le dernier de la soirée : il voudrait prendre une bière à la place d'un café. Et mettre au lit les garçons. Et se mettre au lit avec Stiles au bout du couloir.

« Juste une minute pour le café, » le prévient Derek.

« Je pense que je peux rester éveillé suffisamment longtemps, » dit Stiles, un petit sourire sur les lèvres. « Tant que vous continuez à me parler. »

Derek lève un sourcil. « Ce n'est pas un problème pour vous, d'habitude. »

Stiles rit. « Pas vraiment. »

« Comment va votre père ? » demande Derek, autant parce qu'il apprécie John que parce qu'il pense que c'est un sujet de conversation sûr, et qui ne lui donnera pas envie d'embrasser Stiles.

« Bien, très bien. Il a adoré le Thanksgiving avec vous et vous nous avez sauvés du ras-le-bol au bout de trois jours de dindes consécutifs. Il s'est aussi moqué de moi pour avoir été ennuyeux au petit-déjeuner la semaine dernière. Je pense qu'il veut juste que les garçons reviennent. J'ai arrêté de lui poser des questions sur la police et les méchants à attraper à neuf ans il cherche un nouvel auditoire à impressionner. » Stiles lui fait un large sourire, comme s'il venait de faire une blague. « Je vous promets que si nous faisons un autre petit-déjeuner ensemble, nous prendrons une table plus grande, et pas d'accident de jus d'orange. »

Derek sourit. « Vous ne voulez pas changer Scott dans le parking à nouveau, c'est tout. »

« Je dirai juste que la table n'était pas préparée pour trois Hale et deux Stilinski, et la nourriture non plus. » dit Stiles en haussant les épaules. « Mais quel homme ne risquerait pas un petit accident de jus d'orange pour des gaufres et des pancakes ? »

« Au moins, ce n'était pas du café, » dit Derek, en versant le café de Stiles dans une tasse, prévue pour un expresso.

« Hum, oui. Quand il s'agit de renverser quelque chose, le jus d'orange c'est mieux, » acquiesce Stiles. Derek attrape le lait, et passe le sucre à Stiles. Il verse le lait tandis que Stiles mélange le tout. Derek se verse une coupe, et remet la machine à café sur son socle.

Stiles monte sur un des tabourets de la cuisine, et attrape sa tasse. « Parfait, comme d'habitude, » marmonne-t-il contre le contour de la tasse.

Derek s'appuie contre le comptoir, et prend une gorgée de son propre café. « Vous savez, si vous voulez avoir votre tradition, vous pourriez venir tous les deux dimanche matin, et on cuisinerait ici. Un juste retour pour Thanksgiving. »

« Ah oui ? » Stiles a l'air surpris mais content. Derek voudrait le mettre dans cet état tout le temps. « Je suis sur que ça lui plairait. Ce serait super. Enfin, il faudra nous laisser apporter quelque chose, mais ça… oui, ça serait parfait. »

« Papa ? » appelle Scott. « Tu m'emmènes en haut ? Jackson pue des pieds. »

« Oui, une seconde, » lui répond Derek en réprimant un soupir. « Je ferais mieux de.. »

« Oui, » Stiles boit sa tasse d'un trait. « Je devrais rentrer, il est tard. Merci pour le diner, Derek, le garage… je vais le débarrasser des moulins à vent. Et euh… la clé ? » Stiles le regarde, incertain.

« Gardez-là, » dit Derek, et sa voix est beaucoup plus grave que prévue.

Stiles cligne des yeux pendant un moment, mais finit par se mordre la lèvre en souriant. « Bien sur. A plus tard, Derek. »

Stiles sort de la cuisine par la porte du garage, et sort un joyeux « Brrr, il fait froid ! » et ce n'est que lorsqu'il entend la porte du garage se refermer qu'il va dans le salon pour aller mettre Scott et Jackson au lit.

o0o

Une sorte de rituel s'installe : apparemment la course jusqu'aux vacances requiert un nombre important de travaux manuels, parce que Stiles reste à nouveau deux soirs de suite cette semaine-là. Il insiste pour commander et payer les pizzas la secondes fois parce que « Je ne peux pas à la fois utiliser votre garage et avoir un repas gratuit tout le temps, Derek. »

« Je m'en fiche, » dit Derek en haussant les épaules.

Stiles le regarde pendant un moment, avant d'hausser les épaules à son tour. « Alors, laissez-moi faire ça. »

Derek a remarqué que Stiles prend son temps pour répondre, comme s'il examinait attentivement ce que dit Derek et la réponse appropriée. Ces dernières semaines, il semble peser le pour et le contre à chaque fois qu'il parle. Derek sait exactement ce qu'il ressent même s'il ne comprend pas pourquoi Stiles prend tant de précautions avec lui maintenant. Mais il semble être heureux d'être chez eux, heureux d'être avec les garçons et Derek.

Alors, il décide ne pas trop y penser. Il se contente de profiter du rire de Stiles lorsqu'il lit Harry Potter aux garçons, et de le voir assis à table, en face de lui. Ils sont en train sortir la dernière des serviettes tachées de graisse dans les boites à pizza lorsque Derek trouve le courage de poser une question qu'il a derrière la tête depuis un mois.

« Qu'est-ce que vous faites pour Noël avec votre père ? » Derek ne sait même pas ce qu'il est en train de proposer implicitement. Il sait juste que les garçons ont adoré Thanksgiving chez les Stilinski et en ont parlé pendant des semaines, et si ce moment les a rendus si heureux, après tout, Noël est censé être le plus beau moment de l'année.

Stiles soupire de manière dramatique. « Nous rendons visite à ma grand-tante. C'était la plus vieille tante de ma mère, et chaque année elle est à 'l'article de la mort' donc tout le monde doit venir la voir. On est presque surs que c'est parce qu'elle ne veut pas dépenser l'argent pour le billet d'avion jusqu'en Californie, même si le reste de la famille habite ici. Mais en Floride, nous allons, comme les cinq dernières années. »

« Oh, » se murmure Derek. Il ne s'était pas du tout attendu à ce genre de réponse. « Et vous allez être partis pendant toutes les vacances ? »

« Presque. » Stiles se passe une main dans les cheveux, les laissant ébouriffés et attirants. Derek veut les remettre en place ou les ébouriffer encore plus. Il ne sait pas quelle option il préfère. « Mais nous serons de retour pour le 30. Et tant mieux, parce que personne ne veut voyager pendant le Nouvel an. »

« Vous pourriez passer une fois de retour. Je sais que les garçons ont un cadeau pour vous. » dit Derek, tentant d'être décontracté, et échouant surement. Le cadeau de Stiles 'de la part des garçons' est un pull en cashmere qui penche plutôt du côté trop suggestif et trop cher. Mais Stiles a toujours froid et ne compte que sur des sweats à capuche voyants qui ne le protègent pas du tout du froid. Un cadeau complètement pratique et absolument pas suggestif. Vraiment.

Le regarde de Stiles s'illumine. « Ah oui ? En fait, il se peut que j'ai prévu un petit quelque chose pour eux aussi. Avoir des cadeaux plus tard ne les dérangera pas ? »

Derek roule des yeux. « Ils feraient n'importe quoi pour faire durer la saison des cadeaux. Ils seront ravis. »

« Très bien, nous prendrons le vol de nuit, donc ce soir-là ? Je ferai une petite sieste disco, et je viendrai pour donner les cadeaux ? » suggère Stiles.

« Sieste disco ? » répète Derek.

« Oui, vous savez… on rentre du travail, on fait une sieste rapide, et on est prêt à danser toute la nuit. Une sieste disco, » insiste Stiles. « Je ne comprends pas pourquoi personne ne connait ce concept. »

« Peut-être parce que plus personne ne va en discothèque depuis trente ans ? » suggère Derek.

Stiles lui jette une serviette à la figure. « Attendez de voir si vous recevez une carte postale de Floride. »

o0o

Malgré le déchainement d'énergie et l'excitation initiale des vacances, au bout de quelques jours, Jackson et Scott s'ennuient et commencent à se disputer pour des choses ridicules – enfin plutôt paresseusement, car ils sont encore trop ennuyés pour faire ça. Même l'approche de Noël ne soulève qu'un enthousiasme calme. Derek les pousse dehors pour jouer un peu dans la neige persistante qui apparait tous les soirs. Ils rentrent, les jouées glacées et le souffle court, mais ils sont fatiguées et boudeurs, et lieu d'être fatigués et heureux, comme d'habitude.

Derek essaye même de leur faire du chocolat chaud, mais il n'obtient que des moues boudeuses.

« Quoi ? » soupire Derek. « Je ne suis pas idiot. Qu'est-ce qui ne va pas ? »

Scott regarde sa tasse. « Ça ne va pas. »

Derek hausse les sourcils. « Quoi ? »

Jackson soupire. « Le chocolat chaud de M. S est meilleur. »

« C'est de l'eau et de la poudre en boite, je ne vois pas ce que je peux faire mal, » dit Derek.

« C'est juste que ce n'est pas aussi bon. » dit Scott en haussant les épaules.

« Tu n'es pas obligé de le boire, » lui fait remarquer Derek.

« Non, ça peut aller, » dit Jackson en soupirant une nouvelle fois.

« Tu pourrais demander à M. S comment il le fait, » suggère Scott, plein d'espoir.

« Hors de question. » Derek croise les bras. « Il est en vacances. »

Les deux garçons soupirent et boivent leur chocolat chaud comme des martyrs.

Quand ils s'en vont dans le salon pour regarder Avatar, Derek sort son téléphone.

mutinerie sur les bras envoie-t-il à Stiles.

Il reçoit une réponse presque instantanée ?

Je ne sais pas ce que vous mettez dans votre chocolat chaud mais apparemment le mien n'est plus assez bon

AHAHAHAHAAHAAHA ok je ne vs dirai rien, je profite de ce nouveau superpouvoir

Derek pouffe de rire.

ils n'arrêtent pas de bouder si vous voulez savoir

je dois bien trouver un moyen pour vous manquer

Derek cligne des yeux.

Au lieu d'envoyer la réponse la plus honnête – évidemment que vous nous manquez. Vous nous manquez toujours quand vous n'êtes pas là -, Derek lui envoie une photo de Jackson et Scott en train de regarder la télévision.

est-ce que ça fait de moi un monstre si cette photo me fait rire ? c'est un moyen de pression pour avoir ma recette, hein ?

ils sont ridicules. Comme si regarder la télé était une punition

tenez-moi au courant. Si ça devient critique, je vous donnerai le secret des cookies au pépites de chocolat. Mais j'emporterai celui du chocolat chaud dans la tombe

Avant même de se rendre compte de la portée de ses paroles, Derek répond : on devra vous garder près de nous alors. Mais avant de pouvoir envoyer autre chose, son téléphone sonne à nouveau.

je vous ferai tenir parole

Derek ne peut s'empêcher de sourire.

Il dépasse son forfait de SMS limités, et se prépare à recevoir une facture de téléphone salée, mais cela vaut le coup quand il voit Scott et Jackson rire et se donner des coups d'épaules devant la photo de Stiles s'enfuyant devant un alligator.

Il est en train de mettre Scott au lit quand celui-ci demande d'une voix endormie, « Papa ? Quand est-ce que M. S rentre à la maison ? »

« Il revient le 30, nous pourrons lui donner ses cadeaux à ce moment-là. » répond Derek.

« Il te manque aussi, papa ? » dit Scott en baillant.

Derek s'arrête, et repense aux diners de plus en fréquents et aux rencontres accidentelles à l'épicerie, et surtout à la manière dont il cherche Stiles du regard dans la maison, presque instinctivement. Derek remonte la couverture jusqu'au menton de Scott. « Oui, Scott, il me manque à moi aussi. »

Après avoir dit bonne nuit à Jackson, Derek prendre une bière, s'installe sur le canapé et réfléchit à tout ça.

Si Stiles ne ressent pas la même chose que lui, la situation va devenir cauchemardesque. Les garçons l'adorent. Mais il connait Stiles, et il sait qu'il ne les laisserait pas tomber. Et dans le silence trop envahissant de la maison, Derek reconnait qu'après avoir été si proche de Stiles, ne plus le voir du tout serait encore pire qu'un rejet de sa part.

Et, évidemment, il prend cette décision – la décision – et c'est le milieu de la nuit, et Stiles est à l'autre bout du pays. Mais après avoir considéré la pire hypothèse –Stiles dit non et garde une distance polie pendant quelques temps – Derek trouve que ce n'est pas si horrible. Bien sur, ce serait horriblement douloureux, mais seulement pour lui. Derek peut sauter le pas s'il est le seul à en souffrir. Il se sent étrangement léger, comme s'il croulait sous le poids de ses propres peurs depuis trop longtemps – jongler entre les limite de la simple connaissance, l'amitié, et quelque chose de plus fort - et que, finir par les accepter équivalait à les faires disparaitre.

Derek dort à poings fermés, et s'il rêve, il ne s'en souvient pas.

o0o

La carte postale arrive un jour avant Noël. Le devant comporte l'inscription 'Bienvenue à Jacksonville' écrite en lettres gigantesques, aux couleurs un peu rétro. Au dos, une écriture illisible et sans virgules, que Derek parvient à déchiffrer pour en faire la lecture aux garçons :

Jacksonville QUOI DE PLUS ADAPTE ? Je devrai aller à Scottsdale un jour pour ne pas faire de jaloux. Désolé Derek, pas de Derektowns : ( ces cartes n'ont jamais assez de places pour dire AUTRE CHOSE que JOYEUX NOËL ON SE REVOIT AVANT LE NOUVEL AN ! VOUS ME MANQUEZ Stiles

Il y a un petit smiley souriant à côté de la signature de Stiles.

Jackson se pavane pendant une heure, et Scott boude encore plus qu'avant. Derek se demande quoi faire avec la carte, parce qu'ils ne reçoivent pas souvent – jamais, en fait – de cartes pour Noël. Finalement, il décide de l'accrocher au réfrigérateur, entre le dessin de Scott représentant leur famille et le diplôme du concours d'orthographe de Jackson. Il le colle, le dos de la carte visible. Ainsi, à chaque fois qu'il ouvre le réfrigérateur, les lettres capitales ON SE REVOIT AVANT LE NOUVEL AN le regardent, come une promesse.

Ils passent la plus grande partie de la journée à manger des cookies qu'ils ont décorés sans grand enthousiasme, en disséminant du sucre coloré un peu partout dans la maison. Pour être honnête, ils n'ont pas fait grand-chose d'autre que s'assoir, manger et bouder. Au final, cela conforte Derek dans sa décision de s'occuper de toute cette… Stiles-situation. Visiblement, aucun Hale ne supporte qu'il s'en aille en vacance chez sa famille.

Au moins, Noël est un peu mieux. Derek cuisine une quantité énorme de viandes pendant toute la journée, et les garçons courent dans toute la maison, ayant finalement décidé de trouver leurs cadeaux dix heures avant que Derek ne les sorte de leur cachette, comme d'habitude. En fait, Derek est plutôt sur de lui : ils ne penseront pas à regarder sous leur propre lit, derrière une couche de chaussettes oubliées et d'emballages papiers.

Ils atteignent le point culminant de la gourmandise de la semaine, mangent presque toute la viande, et bientôt, les garçons sont couchés sur le canapé, l'estomac rempli. Derek profite de cette opportunité pour descendre les cadeaux qu'il a achetés – en laissant ceux du Père Noël sous le lit de Scott. Scott dort comme une souche il sera facile d'aller les chercher plus tard. Derek leur rappelle que c'est l'heure des cadeaux, et tout, à coup, les deux garçons sont envahis par une énergie nouvelle.

Scott court dans toute la maison, en frappant tout ce qu'il peut avec ses poings Hulk, jusqu'à ce qu'il s'endorme presque sur ses deux pieds. Jackson ouvre un cadeau en pensant y trouver un jeu vidéo, et y trouve un livre à la place, mais il a quand même l'air intrigué. C'est Stiles qui lui avait recommandé ce livre Derek prend note de le remercier plus tard.

Avant d'essayer de lui demander de sortir avec lui, surement.

Scott panique légèrement au moment où Derek le borde.

« Papa, tu es sur que le Père Noël a reçu ma lettre ? » demande Scott.

« C'est sur, Scott, » dit Derek en éteignant la lumière.

« Le facteur sait comment aller là-bas, hein ? Il est parti tôt, hein ? » insiste Scott.

Derek réprime un rire. « Oui, promis. »

« Ok, » dit Scott, à contrecœur. Jackson avait appris que le Père Noël n'existait plus dans la cour de récréation, mais Scott avait réussi à l'éviter jusqu'à présent. Le fait que Jackson affirmait haut et fort son existence aidait surement, car Scott était trop naïf pour relever autre chose. « B'nuit, papa. »

« Bonne nuit, Scott. » Il sort dans le couloir et voit que la lumière de Jackson est encore allumée.

« Tu peux lire encore pendant cinq minutes, Jackson, mais après au lit, » dit Derek, en se penchant par l'embrasure de la porte.

« Cinq de plus, » dit Jackson en écho, les genoux repliés sur sa poitrine, le livre à quelques centimètres de son visage.

Derek secoue la tête.

Il finit par donner quinze minutes de plus à Jackson avant de venir éteindre la lumière de son chambre. Derek entend un grognement, un soupire, puis le bruit distinctif d'un livre qu'on pose sur la table de chevet.

o0o

A 5h15, Scott est réveillé et réveille Derek avec sa marque de fabrique – un coup de coude dans la poitrine.

« Papa, papa, c'est Noël ! Je peux réveiller Jackson, aussi, papa ? PAPA ?! » hurle Scott à son oreille.

« Réveille ton frère autant que tu veux, on n'ouvre pas les cadeaux avant 7h, » dit Derek, en plongeant sa tête sous un oreiller.

Un hurlement résonne dans le couloir, et Derek suppose que Scott a effectivement essayé de réveiller Jackson. Et forcer Jackson à se lever avant 7h n'est pas de tout repos.

Derek réussit à se rendormir, supposant qu'il doit sans doute exister une amnistie pour les parents qui laissent leurs enfants s'entretuer avant 6h. Il a l'impression que quelque secondes se sont écoulées seulement lorsque Scott revient à la charge, en s'asseyant sur le bras de Derek.

« Papa, papa, il est 7h. J'ai amené l'horloge. Tu vois ? » murmure Scott. « Jackson est réveillé, il fait du café, papaaaaaaaaaaaaaa. »

Derek grogne, s'étire, et fait couiner Scott lorsqu'il bouge son bras. « Ok, ok. Je me lève. »

Scott saute hors du lit, et part en courant et en criant, avant même que Derek se soit assis. Jackson est vraiment en train de faire du café, c'est-à-dire qu'il fixe intensément la machine à café, le filtre et le café moulu, et a l'air déterminé mais complètement déconcerté.

« Je m'en occupe, Jay, » dit Derek, en passant une main dans les cheveux de Jackson. Celui-ci, visiblement touché par l'esprit de Noël, ne proteste même pas, lui lance juste un regard noir et essaye d'arranger ses cheveux. « Va chercher ton premier cadeau. »

Derek baille, et ses mains commencent à bouger de manière automatique pour faire le café. Au moment où il réussit enfin à se servir une tasse, les gémissements 'Papaaaaaaa' commencent vraiment à devenir pitoyables, alors il se traine jusque dans le salon.

Il regarde les garçons déchirer les papiers cadeaux les uns après les autres, heureux de les regarder faire et de boire son café. Les déballages commencent à se terminer quand Scott lui apporte quelque chose.

« C'est ton premier cadeau, » lui apprend Scott, en lui tendant une petite boite grossièrement emballée avec beaucoup trop de scotch, mais avec un parfait moulin à vent dessus. Derek fronce les sourcils, tentant de retrouver pourquoi cela lui apparait familier. « On l'a fait en classe. »

La caisse de moulins à vent brillants dans le garage. Derek sourit, prend le moulin à vent et réussit à l'accrocher à la poitrine de Scott, comme une sorte de badge. Il arrive à se débarrasser de tout le scotch et ouvre la boite, et il y découvre deux petites noix dorées, accrochées avec une ficelle rouge et blanche.

« M. S nous a montré comment les faire, elles sont vides à l'intérieur mais tu peux y mettre quelque chose. Il a dit que c'est une très vieille tradition. Tout le monde en fait deux pour leurs parents, alors j'en ai fait un pour toi et M. S a fait l'autre. » explique Scott.

« D'accord, » commence Derek, bêtement heureux. « Lequel as-tu fait ? »

Scott les regarde pendant une seconde, avant de tapoter celui avec le nœud irrégulier. « M. S a accroché le sien bizarrement. Celui-là ressemble à mes lacets de chaussures. » Derek glousse et le dénoue, déroulant le minuscule bout de papier sur lequel est écrit, en pattes de mouches : 'JOYEUX NOËL PAPA !'.

« Merci, Scott, » Derek l'attire à lui pour le prendre dans ses bras. Scott lui rend son étreinte avant de s'échapper pour retourner jouer avec ses Legos. Derek regarde l'autre noix, prend une inspiration profond et l'ouvre.

Il y a un seul chocolat Hershey's kiss (2) à l'intérieur, sans notes.

Derek fixe la boite sur ses genoux pendant presque une minute avant d'être ramené à la réalité par Jackson qui lui demande de l'aide pour ouvrir un cadeau.

Pendant le reste de la matinée, Derek passe son temps à regarder la boite avec la noix et le chocolat, en se demandant s'il n'est pas en train de se faire de fausses idées. Il reçoit un SMS de Stiles vers 10h, alors qu'il nettoie la cuisine, un très innocent Joyeux Noël ! auquel il ne sait absolument pas quoi répondre hormis un très neutre et très prudent Joyeux Noël Stiles.

Les garçons sortent dans le jardin pour jouer dans la neige fraiche, et Derek finit par s'assoir sur le canapé et regarder le sapin sous lequel reposent deux cadeaux – le 'pull des garçons' et le cadeau de sa part. Il avait retrouvé la chemise de Stiles qu'il avait emprunté après le Jour des Métiers, cachée sous une veste d'hiver, l'avait lavée et emballée, 'de la part de Derek'.

Il rattache les noix ensemble et les suspend à une branche du sapin, pour qu'elles attendent –comme lui – le retour de Stiles dans leur foyer.

o0o

Scott refuse de les laisser retirer le sapin.

« Il y a encore des cadeaux en dessous ! » hurle-t-il, comme si Derek était un monstre.

« Je ne vais pas les jeter, » dit Derek. « Je vais juste les mettre ailleurs. »

« S'il y a encore des cadeaux, il doit encore y avoir un sapin, » insiste Scott.

« Il a raison, » dit Jackson, complètement avachi sur le canapé, en train de lire le livre que Stiles lui a suggéré.

« Très bien, » Derek lève les mains pour se rendre. « Ok. »

Seconde mutinerie pour ce noël envoie-t-il à Stiles.

Vous avez fait quoi avec le chocolat encore ? renvoie Stiles.

Essayé d'enlever le sapin. apparemment s'il y a encore des cadeaux en dessous ce n'est pas fini

pourquoi vous avez encore des cadeaux ? C'est pour qui ?

Derek lève les yeux au ciel. Pour vous idiot

N'ENLEVEZ SURTOUT PAS LE SAPIN ALORS ! :D

Derek s'interroge sur ses goûts en matière d'hommes.

o0o

La nuit du 29 décembre, une énorme tempête de neige s'abat près de chez eux et Derek se demande si Stiles pourra rentrer comme prévu. Il va au travail pendant quelques heures le matin, surtout pour vérifier que tout va bien, puis rentre à la maison. Derek ne prend jamais de congés maladie, si bien qu'il a toujours des surplus de jours de vacances et d'arrêt maladie, et qu'il se fait violemment expulsé du bureau pendant Noël et les vacances d'été.

Malheureusement, tout va bien, alors rien ne peut le distraire du message qu'il a reçu à 9h – vol un peu retardé, je viens de monter ! on se voit ce soir, 7h ?

Besoin qu'on vienne vous chercher ? envoie Derek avant de trouver quelque chose de mieux.

Nan, merci on a laissé la voiture ici donc c'est bon. je dois amener quelque chose pour ce soir ?

Non on se voit plus tard renvoie-t-il après s'être torturé l'esprit pendant quelque minutes.

Derek n'est vraiment efficace que sur un nombre limité de recettes, mais il fait un bon chili qui est parfait pour des jours comme celui-ci, quand le vent vous glace et que vos mains sont raides et engourdies sur le volant. Alors il s'arrête au supermarché, évite les hurlements des enfants de cinq ans qu'il pourrait croiser, et choisit les ingrédients dont il a besoin.

Scott l''aide' un peu, et Jackson l'aide vraiment en pesant les ingrédients pendant qu'il fait dorer la viande. C'est mieux quand le plat cuit pendant plus de deux heures, alors il essaye de tout faire rapidement. Il n'essaye même pas de faire lui-même le pain au maïs, et l'achète directement au magasin. Mais, pendant toute l'après-midi, la maison entière sent le chili en train de cuire, tandis que Scott et Jackson regarde des dessins animés sur le canapé. Derek essaye de se trouver des distractions – travailler dans la cave – mais même après un travail assez éreintant, il est juste fatigué et agité.

Il devrait avoir juste le temps de prendre une douche avant l'arrivée de Stiles, il vérifie une dernière fois le chili avant d'aller dans la salle de bains. Derek est habillé et finit de se sécher les cheveux lorsqu'il entend la porte d'entrée s'ouvrir.

« Bonjouuuuuuur ? Ici un homme glacé qui apporte des cadeaux ! » appelle Stiles.

Derek entend Scott hurler et Jackson essayer de parler par-dessus le cri, et il descend.

« M. S ! Vous nous avez manqué ! » dit Scott, avant de lui faire un câlin. Stiles s'accroupit pour le prendre dans ses bras.

« C'était assez ennuyant ici, » soupire Jackson. « Sans vous. »

« Papa fait le pire chocolat au monde ! » se plaint Scott.

« Vous avez manqué à Derek. Beaucoup. » ajoute Jackson.

Derek franchit les quelques marches restantes avant que la situation ne devienne encore plus embarrassante.

« Eh bien, vous m'avez tous manqué aussi, » dit Stiles. Il jette un regard à Derek. « Salut, tête brûlée. »

« Stiles, » essaye de dire Derek de son ton le plus normal.

« Ça sent bon ici, du chili ? » demande Stiles, en se relevant. Ses joues sont roses à cause du froid glacial, le bout de son nez rouge. On dirait qu'il a pris un peu le soleil, des tâches de rousseurs parsèment son nez, un petit peu plus clairs que ses taches de rousseurs et grains de beauté habituels. Derek veut l'attirer contre lui et embrasser chaque nouvelle tâche.

« Oui, » dit Derek. « Vous voulez gouter, voir si c'est assez épicé ? »

Stiles grogne. « Oh, j'ai mangé de la cuisine cubaine hyper épicée en Floride. Alors pas d'épice, pitié, j'ai cru que j'allais mourir. » Mais il dépose les cadeaux sous le sapin et suit Derek dans la cuisine quand même. Il prend une bière et aide les enfants à mettre la table. Derek a l'impression qu'une démangeaison au niveau de ses épaules a finalement été éradiquée, comme si une contraction dans sa peau s'était détendue.

Les garçons veulent tout savoir sur le voyage de Stiles : les alligators, sa famille, le vol. Derek s'assoit, boit sa bière et sent son corps se détendre. Stiles n'arrête pas de lui jeter des coups d'œil, comme s'il vérifiait qu'il est bien là et Derek ne peut s'empêcher de sourire. Stiles s'emmêle dans ses histoires, oubliant des morceaux, revenant sur certains points : courses à obstacles, tyrolienne, rencontre avec un crabe. Derek se sent étrangement bien, l'opposé complet de son état avant que Stiles n'arrive.

Après quelques secondes, Derek se sent encore détendu et amusé. « Bon, cadeaux ou dessert ? »

Devant l'air indécis des deux garçons, Stiles ne peut qu'éclater de rire.

« Ta question c'est : cadeaux ou dessert, ou alors qu'est-ce qu'on veut en premier, cadeaux ou dessert ? » finit par demander Jackson.

Derek lève les yeux au ciel. « Ce que vous voulez en premier. »

Scott et Jackson se regarde en chiens de faïence.

« Cadeaux, » dit Jackson tandis que Scott dit, « Dessert ! »

Stiles éclate à nouveau de rire.

« Alors ? » essaye à nouveau Derek. Aucun des deux ne semble vouloir changer d'avis.

« Que dites-vous de ça : je fais du chocolat chaud, on ouvre les cadeaux, et après le dessert ? » propose Stiles.

Les deux garçons se regardent un moment, avant d'acquiescer.

« Marché conclu, » dit Jackson.

« Ok, vous allez dans le salon, et vous rassemblez tous les cadeaux, » leur dit Derek avant de suivre Stiles dans la cuisine et de débarrasser la table.

« Est-ce que vous essayez d'espionner ma recette secrète du chocolat chaud ? » demande Stiles lorsque Derek croise les bras et s'appuie contre le comptoir au lieu de retourner dans le salon avec les garçons.

« Je regarde le maître à l'œuvre, » dit Derek, le plus sérieusement du monde.

Stiles ricane. « Je ne la révèlerai jamais, » dit-il, en sortant le lait du frigo et en prenant des épices que Derek n'a jamais touchées.

Derek s'arrête au moment où il sort une casserole. « C'est déjà trop compliqué pour n'importe qui, » proteste Derek, en regardant Stiles faire chauffer le lait.

« C'est un secret des Stilinski. Qui se transmet de génération en génération, pour résister aux duretés de l'hiver, » dit Stiles, en lui lançant un regard amusé par-dessus son épaule. « Et au reste de l'année, aussi. »

Quand il a fini, Stiles lui tend une tasse. « Tenez. Buvez-ça. »

Derek lève les yeux au ciel, mais il sent un sourire le trahir.

C'est presque la meilleure chose qu'il n'ait jamais goutée. Il y a du chocolat, de la cannelle et d'autres choses qu'il n'arrive pas à identifier. Il ne peut s'empêcher de faire un bruit surpris.

Stiles a vraiment l'air satisfait de lui. « Hum, » marmonne-t-il en préparant trois autres tasses.

« C'est surement illégal, » dit Derek, en fixant sa tasse.

« Eh bien, je ne vais certainement pas être arrêté pour ça dans cette ville, » réplique Stiles, avant de rire lorsque Derek s'étrangle avec une gorgée. « Allez, les cadeaux ! »

Les garçons attendent nerveusement, assis à côté de l'arbre, tandis que Derek et Stiles s'assoient sur le canapé. Stiles leur donne leur chocolat et après quelques gorgées qui leur donnent un air satisfait, ils commencent à donner les cadeaux.

« Ces deux-là sont pour vous, M. S, » explique Scott, en les lui donnant.

« Merci, Scott, » Stiles lui sourit, et pose les cadeaux sur ses genoux.

« Derek, » Jackson lui tend une petite boite légère qui ressemble étrangement à celle de Stiles. Cependant, c'est trop lourd pour des habits.

Jackson et Scott ont déjà leur propre cadeau sur leurs genoux et semblent sur le point de s'évanouir tellement ils sont impatients.

« Allez-y, » dit Derek, en les regardant déchirer le papier avec frénésie. Scott a quelque chose sur les dinosaures qui le ravit complètement et Jackson a quelque chose avec…merde, des fusées. Scott commence à sortir toutes les pièces minuscules à assembler.

« Merci pour le cadeau, » dit Derek d'un ton sec, en montrant le chaos général par terre.

Stiles rit. « Mais de rien. Désolé en avance pour les marques de fusées sur le plafond. » Il a vraiment l'air loin d'être désolé. « Je ne sais pas ce que vous attendez, j'ouvre les miens. »

Derek les avait emballés pour que la chemise de Stiles soit dans une boite plus petite et que Stiles l'ouvre en premier. Il cligne des yeux pendant quelques secondes avant de rire. « J'avais complètement oublié que je vous avais prêté cette chemise, je me demandais où elle était. Vous'avez lavé ? » le taquine-t-il, avant de la sentir. « Elle sent bon. »

Derek lève les yeux au ciel. « Non, j'ai saigné dessus, oublié de la rendre et je ne l'ai pas lavé. Joyeux Noël. »

Stiles a l'air enchanté, et il met la boite entre eux pour pouvoir ouvrir le cadeau suivant. « Derek, » dit-il, surpris de sentir la douceur du pull-over noir. Il lève un regard interrogateur vers Derek.

« C'est de la part des garçons, » essaye Derek, ce qui est loin d'être convaincant, même pour lui. « Vous avez toujours froid. »

« Ben, dite… dites aux 'garçons' merci, » dit Stiles, ses mains encore plongées dans le tissu.

« Hé, M. S, vous l'aimez bien ? » demande Scott, distrait pendant un moment de son dinosaure à construire. « J'ai essayé de dire à papa de vous trouver quelque chose de génial, mais il vous a pris un pull, désolé. »

Derek résiste à l'envie de s'étouffer avec les coussins du canapé.

« C'est exactement ce dont j'avais besoin, Scott, » dit fermement Stiles. « Regarde, je vais le mettre. » Stiles enlève la chemise qui recouvre son tee-shirt, et enfile le pull. Il lui va parfaitement bien, et Derek se sent également embarrassé pour ça.

« C'est comme faire un câlin avec un nuage, » insiste Stiles, en se faisant un câlin tout seul.

« Génial ! » dit gaiement Scott.

Jackson les regarde comme un faucon, mais en silence, caché derrière les instructions de sa fusée qu'il fait semblant de lire.

« Euh, vous devriez ouvrir le votre aussi, » dit Stiles, en jouant avec les manches de son nouveau pull.

Derek se débat avec l'emballage pendant quelque secondes, encore perturbé par le col v de Stiles qui laisse entrevoir ses clavicules. Et perturbé aussi par le regard troublant que leur lance Jackson.

Dans la boite se trouve la chemise hawaïenne la plus moche et la plus horrible qu'il ait jamais vu.

« Joyeux Noël, » Stiles se mord la lèvre.

« C'est une atrocité, » dit Derek, stupéfait.

« J'ai regardé dans toutes les boutiques de Jacksonville pour trouver ça, » dit Stiles alors qu'il finit par rire. « Oh mon Dieu, votre tête, c'est génial. »

« Je ne porte pas ça, personne ne devrait porter ça, » dit Derek, en regardant toujours la chemise avec horreur.

« Vous allez la porter. Si vous voulez le vrai cadeau derrière tout ça, vous devez la porter. » Stiles est catégorique.

« Cette année, Noël est mort, » dit Derek, mais il finit par la sortir de la boite à contrecœur.

« Ils n'avaient que du XXL, mais quand j'ai vu, j'ai su que c'était la bonne, » explique Stiles, tandis que Derek déplie la chemise.

Derek l'enfile. Que Dieu lui vienne en aide, il l'enfile.

« Ouah, papa, » dit Scott, en clignant des yeux.

« Souriez, » dit Jackson en souriant, le téléphone de Derek dans les mains.

Stiles passe un bras autour de lui et Derek a juste le temps de hausser les sourcils que le flash se déclenche.

« J'efface ça dès que je récupère mon téléphone, » lui dit Derek.

Stiles sourit d'un air diabolique. « Pas avant que Jackson ne me l'envoie. Maintenant, vous pouvez avoir le reste de votre cadeau. »

Derek regarde dans la boite : c'est une photographie encadré. Le cadre est joli et lourd sans être tape-à-l'œil, et la photo est… parfaite. Jackson essaye de ne pas sourire tandis que Scott pousse son visage souriant contre son frère pour rentrer dans le champ de vision. Derek ne sait pas du tout qu'il est sur la photo, et regarde Jackson et Scott avec un air bêtement heureux, et tout est dit sur son visage.

Derek lève les yeux vers Stiles qui le regarde nerveusement.

« J'au, euh, remarqué qu'il n'y avait pas beaucoup de photos de famille, enfin des récentes. Je prenais une photo des garçons et ma main a glissé, ce qui a donné ça et, je pensais qu'elle était vraiment belle, » dit Stiles à toute vitesse. « Ce n'est pas grand-chose, vous m'avez offert… »

« Stiles, » commence Derek, et c'est assez pour interrompre Stiles. « C'est parfait. Merci. »

Le soulagement se lit sur le visage de Stiles. « Bien. Bien. Et je sais que c'est moi qui vous ai demandé de la mettre, mais vous devez enlever cette chemise. C'est pas naturel. »

Derek a un petit rire en l'enlevant.

Ils mangent le dessert et Jackson essaye de manipuler Stiles pour qu'il leur lise une histoire, mais Derek repousse ses attaques.

« Il est déjà 9h, » fait remarquer Derek.

« On est en vacances, » essaye Jackson. « Demain, on ne se lève pas. »

Derek sourit. « Au lit. »

Il rappelle à Scott et Jackson de remercier Stiles pour ses cadeaux, puis les deux garçons montent péniblement les escaliers.

« Merci, M. S, les dinosaures sont géniaux, » jappe Scott, vraiment heureux.

« La fusée a l'air plutôt cool, je vais demander à Danny de venir pour voir qui la lance le plus haut. Merci. » dit Jackson, en montrant une étincelle de bonne humeur avant qu'il ne ronchonne à nouveau sur l'heure du coucher.

Dès qu'ils sont montés, Derek se rend compte qu'il est maintenant seul avec Stiles, ce qui est… intimidant.

« Une autre bière ? Un café ? » lui propose Derek.

Stiles ne répond pas tout de suite, sa bouche formule une réponse qui ne sort pas.

« Demain, vous ne devez pas vous lever, » essaye Derek.

Stiles rit.

« Ok, ok, apparemment je suis plus sensible à la phrase 'personne ne se lève demain' que vous, » dit Stiles. « Un café. »

Le café est déjà prêt – ils en ont pris une tasse au dessert – alors Derek fait s'assoir Stiles sur le canapé et lui apporte son café.

« Merci. Pour toute la soirée, et vous savez… » dit Stiles. Ils ont débranché une des lampes pour faire de la place au sapin et à ses lumières, et la pièce est donc éclairée par des lignes de couleurs multicolores. La peau pâle de Stiles apparait plus chaude à la lueur rosée du sapin, le contraste saisissant entre sa peau et le noir du pull le rendant plus net, plus réel. « Ça a rendu plus fun le retour. »

Derek veut lui dire « Vous êtes toujours le bienvenu ici, » mais ce qui sort est « Vous êtes toujours attendu ici. » Et même si c'est vrai, c'est beaucoup plus équivoque que ce que voulait Derek.

Stiles fixe Derek pendant une seconde. « J'ai presque toujours envie d'être ici. Je sais que c'est un peu bizarre, je suis le professeur de Scott mais… nous sommes amis, n'est-ce pas ? »

Derek essaye de ne pas flancher à ces paroles. « Evidemment. Oui. » Il n'est pas sur que sa voix sorte normalement. Amis. C'est un message plutôt clair.

« Je veux dire, Scott et Jackson sont merveilleux. Ce sont des gamins géniaux. Mais je ne viens pas ici juste pour passer du temps avec eux. Je t'.. j'aime passer du temps avec vous aussi. » dit Stiles. « Ok ? »

« Ouais, moi aussi, » acquiesce Derek. Il n'arrive pas à le regarder dans les yeux, peu importe ses efforts.

Stiles le fixe intensément, son expression montre une certaine frustration, comme s'il voulait que Derek comprenne : Derek ne comprend que trop bien. « Est-ce que vous voulez parler… est-ce que vous voulez me dire quelque chose ? » essaye Stiles, et son ton a l'air un peu désespéré.

Derek se sent fatigué. « Toujours pareil ici. Noel était plutôt calme sans vous. »

Stiles a l'air confus et un peu énervé. « Vous… Je… » Il articule quelques mots sans parler, comme s'il ne savait pas ce qu'il voulait dire. Ou peut-être qu'il avait beaucoup trop de choses qu'il voulait dire, et que tout s'est envolé dans le silence. Stiles finit par expirer bruyamment. « Je pense que je suis plus fatigué que prévu. Je vais rentrer. »

Cela pourrait résonner comme une affirmation, mais à la manière dont Stiles le regarde, il s'agit plutôt d'une question.

« Ok. On se voit plus tard, » s'entend dire Derek.

Stiles le regarde pendant un long moment avant d'acquiescer. « Ok. Ouais. A plus tard. » Il attrape sa veste et se dirige vers la porte d'entrée.

La poignée fait un léger bruit de cliquetis, et Derek n'arrive pas à savoir comment cette soirée a pu tourner en un cauchemar pareil. Il est sur le point de fermer à clé lorsque la porte s'ouvre à nouveau.

« Ok, je ne te comprends pas, » dit Stiles, en rentrant à nouveau, fermant la porte derrière lui. Mais Derek n'a pas bougé, alors ils ne sont séparés que de quelques centimètres. « Tu joues au chat et à la souris avec moi, enfin quoi, il y a une minute tout allait bien, je flirte, je pense que tu flirtes aussi, et tu m'as acheté ce putain de pull ! Ce n'est pas juste un cadeau en mode on a une relation platonique, non Derek, ne peux pas… »

Derek repousse Stiles contre la porte en moins d'une seconde et il l'embrasse avant même que son dos ne touche la surface dure.

Stiles fait ce petit bruit, comme s'il était tellement surpris qu'il continue à parler pendant un moment, mais ce bruit se transforme en quelque chose qui ressemble plus à un gémissement – aigu, désireux. Derek songe à embrasser Stiles depuis des mois, il a mémorisé la forme de sa bouche –lorsqu'il sourit, rit, fait une grimace – mais cela ne signifie pas qu'il est prêt à ce qu'il ressent à présent. Stiles a emprisonné de ses deux poings le haut de Derek, comme s'il voulait l'approcher encore plus, comme si Derek irait ou pourrait aller autre part maintenant qu'il a enfin ce qu'il veut. Stiles. Bouillant, plein de promesses, s'accrochant à Derek comme à une bouée.

« Oh mon Dieu, espèce de salaud, » halète Stiles quand Derek doit respirer. « Salaud, est-ce que tu sais depuis combien de temps je veux que tu fasses ça, et toi tu… »

Derek l'embrasse à nouveau.

Stiles est tellement prêt pour lui, il laisse Derek envahir son espace personnel, le laisse s'approcher le plus près possible, le laisse approfondir le baiser, s'offre à lui. Stiles enroule ses bras autour du cou de Derek. Celui-ci embrasse le coin de sa bouche, l'endroit où sa mâchoire se serre, son cou, ses oreilles, sa nuque, puis il revient à sa bouche, ouverte, pleine, pleine de promesses.

« Derek », dit Stiles, quand il embrasse à nouveau dans son cou. « Derek, oh, putain, refais-ça. »

Derek mord légèrement son tendon, et Stiles jure quelque chose.

« J'aurais du savoir que tu serais…putain… le genre à mordre, » gémit-il, mais il donne un meilleur accès à Derek et enfonce ses ongles dans ses épaules.

« Je ne t'ai pas encore mordu, » dit Derek, en mordant légèrement le bas du cou de Stiles, là où il devrait toujours y avoir des marques de dents.

« Ah ! » crie Stiles doucement. « Je marque très facilement, j'espère que tu sais ce que tu es en train de me faire. »

« Tu pourrais me le dire, » suggère Derek. Il sent le pouls de Stiles qui s'accélère, juste sous sa bouche. Derek veut le faire aller encore plus vite.

Stiles respire difficilement. « Merde, tu me tues. J'ai essayé de savoir si tu étais intéressé depuis septembre. Et maintenant, après m'avoir rendu dingue – tu m'as donné une clé, je n'arrive pas à … tu… je n'arrivais pas à savoir. »

« C'était évident, » riposte Derek en nichant son visage à l'endroit où sa nuque et son épaule se rencontrent.

« Non, » grogne Stiles. « Tu es borné. Je t'ai invité pour Thanksgiving avec mon père ! »

« Ta carte postale est sur le réfrigérateur, côté texte, » fait remarquer Derek, en glissant une main sous le pull de Stiles, où la peau chaude ne demande qu'à être touchée. Stiles se tait sous les mains de Derek.

« Oh mon Dieu, tu m'aimes, » souffle Stiles, en regardant Derek. « Tu as porté cette chemise, tu m'aimes. Tu m'aimes vraiment. »

Derek s'arrête, pense pendant un moment à nier, mais c'est vrai. « Je t'avais dit que c'était évident. »

« Bordel de merde, » continue de murmurer Stiles, complètement étourdi. « Viens , je veux t'embrasser jusqu'à en mourir. »

Stiles le force à relever le visage pour l'embrasser. Il est insistent et le réclame, comme s'il n'allait pas le laisser partir et Derek le tient encore plus près de lui.

« Putain, je mourrais d'envie de te toucher, » dit Stiles, enfermé entre Derek et la porte, son corps s'arquant contre celui de Derek, forçant celui-ci à le pousser encore plus fort contre la porte.

Derek mord la lève inférieure de Stiles, le laisse explorer son dos avec ses mains. « Arrête de t'agiter. » Derek est presque sur qu'il voulait dire 'ne t'arrête pas' en disant ça.

« Je suis coincé entre une poigné de porte et un endroit dur, » proteste Stiles, en bougeant à nouveau, et Derek sent à quel point ils sont tous les deux excités. Tout ce qu'il veut faire c'est emmener Stiles à l'étage, mais à l'étage…

« Ok, » Derek prend une profonde respiration et fait un pas en arrière.

« Non, attends, c'est exactement l'opposé de ce que je veux, » dit Stiles, en attrapant à nouveau la chemise de Derek.

« Stiles, si je continue à t'embrasser, je vais avoir envie de coucher avec toi, ce que je ne peux pas faire, parce que mes enfants sont en haut et ils ne sont surement pas endormis, » fait remarquer Derek.

Le visage de Stiles prend une expression, puis une autre, et enfin une troisième. « Ok. Absolument. Ok. » Il regarde toujours Derek comme s'il allait l'embrasser, ce qui n'aide pas du tout. « Mais, euh, tu veux toujours… tu sais ? »

Derek rigole légèrement. « Evidemment. » Il suppose qu'il peut risquer un dernier baiser. « Viens là. »

Stiles hausse les sourcils, mais fait un pas en avant. « Tu viens de dire… »

Derek prend son visage entre ses mains. « Stiles, tais-toi. » Il l'embrasse avec douceur.

« Maintenant, rentre chez toi, » dit Derek, en souriant.

Stiles grogne. « Tu es horrible. Je ne sais pas pourquoi je t'aime. A ce point. »

Derek soupire de satisfaction. « Mais tu m'aimes. »

Stiles rit, heureux. « Oh oui. »

o0o

Ce n'est pas bizarre.

Mais c'est difficile. Difficile de laisser Jackson et Scott passer du temps avec Stiles, quand tout ce qu'il veut, c'est le toucher. Partout. Seuls. Lui voler des baisers lorsqu'il s'en va ou lorsque les enfants sont couchés commence à devenir trop frustrant. Et ce moment coïncide, par miracle, au moment où Jackson revient de l'école en demandant s'il peut passer la nuit chez Danny.

« Scott peut venir aussi ? » demande Derek, en surveillant le repas sur le feu.

« Dereek, » gémit Jackson.

Ce à quoi Derek répond en haussant les sourcils.

« Ok, très bien, je vais appeler Dany, » dit Jackson.

Il commence à écrire un message avant même que Jackson ait quitté la pièce. Hé, tu fais quoi ce soir ?

Je suppose que tu as quelques idées )

« Derek, j'ai parlé à Danny. Scott peut venir, alors c'est oui ? » hurle Jackson du salon.

« Remercie-le, lui et sa mère, et c'est oui, » répond Derek. Ses doigts volent sur le clavier de son téléphone. Tu viens à la maison ?

Coooooomme un rendez-vous galant ?

Derek sourit. Comme un rendez-vous galant

Ça marche

Derek n'est pas sur de savoir ce qu'il veut faire. Il pense à aller manger quelque part, étant donné qu'ils cuisinent souvent à la maison, mais il ne veut pas réserver, pour que Stiles puisse choisir ce qu'il veut. Il a juste le temps de prendre une douche et de se changer avant de déposer les garçons chez Danny. Il ne lui vient même pas à l'esprit de porter autre chose que sa chemise et son jeans habituels, mais Stiles a du y penser car il est habillé de manière beaucoup trop… comestible.

Le manteau est celui qu'il ne porte jamais sauf quand il fait très froid, et en dessous, Derek aperçoit un col blanc parfait sous le pull qu'il lui a offert. Son jeans lui va parfaitement et tous les plans de Derek tombent à l'eau.

« Salut, toi, » dit joyeusement Stiles, comme s'il était parfaitement inconscient que Derek résiste à l'envie pressante de lui sauter dessus et de lui arracher tous ses beaux vêtements.

Et en fait, au diable les remords.

Derek ne le laisse même pas enlever son manteau.

« Merde, Derek, » soupire Stiles quand il le laisse finalement respirer. « Tu m'as manqué aussi. »

« Oh, tu sens bon, » grogne Derek. Il bave presque à l'idée de tout ce qu'il veut faire à Stiles, sur le champ. « A l'étage. Maintenant. S'il te plait. »

Stiles passe d'un air amusé à des yeux vitreux en une fraction de seconde. « Maintenant maintenant ? »

Derek mord la base de son cou et Stiles laisse sortir un gémissement qui fait son chemin jusqu'aux hanches de Derek. « Maintenant. »

« Putain… maintenant, » dit Stiles, en tirant brusquement sur la chemise de Derek.

Ils trébuchent sur le chemin, perdent des vêtements en route – le manteau reste dans l'entrée, la chemise de Derek se retrouve sur le canapé avec le pull de Stiles et Derek est quasiment certain que leurs pantalons sont dans le couloir.

« On…On devrait y aller doucement, » se force à dire Derek, ce qui est assez difficile lorsqu'il a une main sur les fesses de Stiles et qu'ils sont à un mètre du lit.

« Non, » Stiles le renverse sur le lit, le pousse à s'allonger pour grimper sur ses genoux, et l'embrasse avec vigueur. « On devrait y aller vite, et puis doucement, et peut-être à nouveau vite si tu es prêt pour ça. »

« Tu penses que tu peux le supporter ? » demande Derek, en l'attirant contre lui pour que leurs sexes se rencontrent.

Leur baiser est profond et sensuel, Stiles pose ses mains sur les épaules de Derek pour imprimer un rythme à leurs gestes saccadés. « Si c'est toi, je peux… supporter tout ce que tu veux, » murmure Stiles à son oreille.

Le bruit que laisse sortir Derek est à mi-chemin entre un gémissement et un grognement alors qu'il tire sur le sous-vêtement de Stiles juste assez pour poser une main sur lui. Stiles est tout simplement… incroyable. Il halète et se tend et tremble sous ses mains, son corps répond totalement et sans honte. Une litanie perpétuelle de jurons, de souffle coupé et d'encouragements ne fait qu'exciter encore plus Derek.

Stiles se mord la lèvre et gémit. « Putain, il faut que je te touche, je dois… »

Leurs poignets s'entrechoquent, ils sont si durs qu'ils en ont presque mal, mais aucun d'entre eux n'arrête. Derek pose sa bouche sur toutes les parties du corps de Stiles qu'il peut atteindre : nuque, épaule, mâchoire.

« Merde, je veux te sentir en moi, Derek, je veux que tu me prennes, » gémit Stiles et voilà, Derek jouit, il en met partout sur le poing de Stiles, alors il mord en retour la clavicule de Stiles et il augmente le rythme sur Stiles jusqu'à ce qu'il jouisse à son tour, bruyamment et de manière incohérente.

Derek retombe sur le dos, en emportant Stiles avec lui. Ils sont tous les deux couchés sur le lit. Ils respirent fortement, jusqu'au moment où Stiles finit par laisser sortir un petit rire qui brise le silence.

« Quoi. » Derek n'est pas encore remis, et trop fatigué pour essayer de déchiffrer le rire.

« Alors j'imagine qu'on ne va pas diner, » dit Stiles.

« On pourrait, » dit Derek en reprenant sa respiration. « Je n'avais pas prévu de te laisser sortir de ce lit pendant quelques heures, mais si tu veux… »

« Ce n'était pas une plainte, » lui dit Stiles, se faufilant sur la couette pour poser sa tête sur l'épaule de Derek. « Loin de là. J'adore ce plan. »

« Sur ? » demande Derek, en lui jetant un coup d'œil.

Stiles rit. « Tu rigoles ? Tu as carrément bondi. C'était carrément sauvage. Et qui n'aime pas le sexe surprise avec son canon de petit-ami ? La plupart des gens doivent attendre la fin du rendez-vous pour coucher, c'était un peu comme prendre son dessert en premier. »

« J'allais t'emmener quelque part, » insiste Derek. « Mais, ensuite je t'ai vu et… »

Stiles se contorsionne un peu pour le regarder. « Je veux juste que tu saches que c'est le première fois que je suis si sexy que quelqu'un abandonne un repas. C'est assez important pour moi. Je vais en parler pendant un bon bout de temps. »

« Tu peux. » Derek l'attire pour l'embrasser, et finit par le faire monter sur lui pour que ce soit plus facile. « Tant que tu le fais ici. »

« Je pense que je peux faire ça, » dit Stiles. Embrasser son sourire est aussi bon que ce que Derek avait imaginé.

« Je ne sais pas si je vais arriver à garder mes mains dans mes poches, » admet Derek, en faisant courir sa main le long du fin duvet de poils sur l'estomac de Stiles. « Tu pourrais avoir envie de manger d'abord. »

Stiles rit. « Arrête d'essayer de me nourrir et laisse-moi te sucer. »

Derek grogne. Ils sont dans un sale état – sueur et sperme – et son sexe est à nouveau en train de durcir.

« Je devrais prendre ça pour un oui ? » demande Stiles, en lorgnant.

« C'est toujours oui, » dit Derek.

« Quoi, pour les gâteries ? » rigole Stiles.

Derek l'attire pour l'embrasser. « Non, pour toi. Toujours oui pour toi. »

Stiles le fixe pendant un moment avant de l'embrasser en retour. « Toujours oui. » dit-il en écho. Ce n'est plus aussi désespéré qu'avant, mais il y a encore ce désir, ce besoin dans la manière dont Stiles l'embrasse qui le fait frissonner, qui fait battre son cœur plus vite.

Ils sont un peu collants, mais Derek s'en fiche, parce que Stiles est au-dessus de lui, comme une couverture, à l'embrasser comme s'il ne voulait être nulle part ailleurs, et avec personne d'autre.

« J'ai changé d'avis, » souffle Stiles entre deux halètements. Avant même que Derek puisse froncer les sourcils ou se reculer, il secoue la tête. « Je veux que tu me prennes. Pas le temps pour les gâteries. »

Derek laisse presque échapper un rire, mais cela sort plutôt comme un grognement quand il pense à ce que lui offre Stiles. « Oui ? »

« A moins que tu ne… » Stiles ne peut même pas finir sa réponse que Derek a échangé leurs places, et a fait complètement disparaitre le sous-vêtement de Stiles.

« Crois-moi, j'en ai envie, » dit Derek, en passant sa main sur son ventre.

« Nrgh, arrête, » grince-t-il. « Ça chatouille. »

Derek ne fait que frotter que plus fort, sa main collant pendant une seconde à un peu de sperme séché il ne sait pas si c'est le sien ou celui de Stiles, mais bordel, il aime ça. « Mieux ? »

Stiles tremble sous ses mains. « Mmouais. S'il te plait, dis-moi que tu as du lubrifiant et une capote, ou on va devoir jouer à pierre-papier-ciseaux pour savoir qui devra aller chez moi. »

Derek lève les yeux au ciel. « Patience. »

« Ce n'est pas mon truc, » dit Stiles. « Pas quand j'ai pensé si souvent à ça, à toi en moi. Je savais que tu aurais un sexe incroyable. Oh merde, ça va être tellement bon. »

Il doit s'arrêter pendant une seconde. « Putain, Stiles, » grigne Derek. Il tend le bras vers la table de nuit, avant d'en sortir du lubrifiant et un préservatif.

Derek attrape un coussin et le fait glisser sous les hanches de Stiles. Ensuite, il commence à lubrifier sa main, la réchauffant avant de commencer à tracer des cercles autour de l'entrée de Stiles.

Stiles a ses deux mains enfoncés dans ses cheveux, il tire un peu dessus. « Tu rigo… Arrête ça. Allez, Derek. » Peu importe ce qu'il peut dire – et il parle beaucoup – Derek prend son temps pour le préparer, utilisant à présent deux doigts.

« Je suis prêt, je suis prêt, Derek, s'il te plait, putain, vas-y, » dit Stiles presque au bord des larmes tandis que Derek continue à taquiner sa prostate. Stiles est dur, un liquide commence déjà à perler au bout de son sexe, et Derek utilise toute la volonté qu'il lui reste pour ne pas voir s'il peut le faire jouir juste comme ça.

Mais Derek est plus qu'excité, lui aussi, et il meurt d'envie de s'enfoncer en lui. En ajoutant à sa liste mentale des choses qu'il veut faire à Stiles – qui ne cesse de s'allonger de seconde en seconde – il retire ses doigts et s'enfile le préservatif, en essayant de se toucher le moins possible.

Une des mains de Stiles est agrippée à ses cheveux, avec l'autre il attrape les draps, et Derek commence à pousser, le plus lentement possible, ses mains essayant de calmer les hanches de Stiles. « Oh mon Dieu, » sort difficilement Stiles.

Derek est d'accord. Stiles est magnifique et étroit, et c'est tout ce qu'il peut faire pour rester parfaitement immobile après s'être complètement enfoncé en lui.

« Bouge, Derek, bouge, je te jure… » siffle Stiles, en donnant un coup de hanches pour rencontrer celles de Derek, qui s'étrangle avant de donner un coup à son tour, instinctivement. Il ne le pilonne pas, mais il est plus rapide et violent que ce qu'il avait pensé. Mais en entendant les petits gémissements qui sortent de la bouche de Stiles, il semble plutôt apprécier.

Derek bouge un petit peu, prend une meilleure prise sur les hanches de Stiles où ses mains glissent à cause de la sueur, et Stiles lève ses bras, qui rencontrent la tête de lit à laquelle il s'accroche fermement.

« Merde, oui, Derek, oh putain, je suis si proche de jouir, » dit Stiles. « Touche-moi. »

Derek le touche à peine qu'il jouit, tout son corps s'arquant avant de retomber en arrière, à bout de souffle.

« Putain, je t'aime, » murmure Stiles, en soupirant, et Derek se laisse tomber sur le bord, ses hanches tremblantes, juste avant de retomber complètement sur Stiles.

« Oui. Moi aussi. » soupire Derek en retour, en se retirant, avant de nouer et de lancer le préservatif vers la salle de bain. Il attire Stiles contre lui pour l'embrasser aussi doucement qu'il le peut. « Moi aussi. »

Ils finissent par manger. Au bout d'un moment.

.

.

.

.

.

.

.

.

EPILOGUE

Au mois de janvier, lors d'un mardi pluvieux, Stiles parle à John de sa relation avec Derek en janvier.

John lève les yeux au ciel. « Vous sortez ensemble depuis des mois. Tu penses que je n'avais rien vu ? »

Stiles le regarde, sans voix.

« Enfin, tu l'as invité avec ses enfants pour Thanksgiving, je ne suis pas stupide. » John croise les bras sur sa poitrine. « Dis-moi juste quand je dois faire du baby-sitting. »

Stiles secoue la tête et rit jusqu'à en pleurer.


(1) : Dans ma grande flemme, j'ai honteusement recopié la version française de mon premier Harry Potter.

(2) : Apparemment, il s'agit de petits chocolats typiquement américains qui ont un peu la forme d'une goutte d'eau. J'ai tendance à les associer à des Mon Chéri, sans trop savoir pourquoi.

Voilà, merci de votre lecture. N'hésitez pas à me dire vos remarques et ressentis par reviews.

A bientôt pour de nouvelles aventures !