Chapitre 9
I+A
« Chérie, chuchota Renée, tu peux laisser ça là. »
Isa laissa sa mère lui enlever des mains sa grosse doudoune. Isa renifla, son nez n'arrêtait pas de couler car elle n'arrêtait pas de pleurer. Elle regardait les cartons s'empiler dans le couloir. Elle ne comprenait pas, elle ne voulait pas aller là-bas, à Jacksonville. Même si maman disait que c'était bien, qu'il faisait toujours beau, que la mer était chaude et qu'il y avait plein de parc d'attractions, elle ne voulait pas y aller.
« Ma puce, tu reviendras à toutes les vacances. »
Les sanglots de la petite fille étaient déchirants et Charly toisait sa femme avec haine.
« Tu vois ce que tu fais à cette famille ! » Grinça-t-il. Sa femme l'ignora, elle avait trop supporté déjà.
« Chérie, dépêche-toi, prends tes peluches. Mets-les là. » Elle désigna une nouvelle boite et l'aida à vider l'étagère. Les mains d'Isa tremblaient, elle ne savait pas ce qui allait se passer et elle aurait voulu hurler mais elle n'y parvenait pas.
Elle voulait que son papa vienne avec elles, Antony aussi. Elle pleura de plus belle, sera contre elle son ours violet, c'était le préféré d'Antony. C'était toujours celui-là qu'il prenait pour jouer, il était un redoutable combattant et était comme un chevalier.
Elle regarda sa mère avec désespoir.
« Je veux pas y aller maman, » couina-t-elle. Et Renée soupira.
« Ce n'est que quelques mois ma puce, papa t'appellera. » Sa voix se fit dure, elle craquait. Elle ne partirait donc jamais de cette maison de l'ennui ? Ne voulant pas laisser sa colère exploser une nouvelle fois – elle l'avait bien trop fait ces derniers mois – elle décida d'accélérer le rangement et se dirigea vers le bureau de sa fille.
Isa regarda sa mère, frénétique, jeter dans la caisse cartonnée ses affaires. Elle serra encore plus fort l'ourson. Un crayon à paillette jaune échappa des doigts de sa mère et roula jusqu'à elle. Elle se baissa pour le ramasser, si elle ne pouvait plus faire de dessin à Antony ce crayon n'avait plus aucune utilité pour la petite fille, elle voulait le jeter contre le mur avec toutes ses forces.
Au lieu de ça elle le déboucha, posa l'ours sur le bord du matelas, il n'y avait plus de drap ni de couverture, elle ne reconnaissait plus sa chambre. Elle pensa alors que quand elle reviendrait, elle ramènerait tout, mais en attendant elle devait laisser quelque chose à Antony, pour ne pas qu'il l'oublie. Alors elle écrivit, sur le ventre de l'ours, avec le crayon à paillettes dorées I+A.
Elle dévala les escaliers, traversa la palissade et alla frapper à la porte de son voisin. Elle ne le faisait jamais, mais aujourd'hui il y avait urgence, la voiture était déjà chargée dans l'allée.
Merci
Les yeux papillonnant, le sommeil l'étreignant encore, Bella prend conscience de la chaleur qui l'enveloppe. Cette moiteur, ce parfum, c'est si bon. Elle s'étire, collant davantage sa poitrine à ce torse large et chaud. Il dort encore mais sent sa présence, il soupire, son souffle chatouille sa peau.
Le bras d'Edward se resserre autour d'elle, son visage se retrouve collé dans son cou. Elle inspire son odeur avec plaisir, son ventre se tord encore de bien-être. Elle a envie de pleurer tellement être dans ses bras est grisant. Il y a quelque chose de différent chez cet homme, elle se sent connectée à lui, un truc qu'elle ne s'explique pas, mais elle est là, contre lui et a l'impression que c'est sa place, qu'elle ne sera jamais mieux ailleurs.
Elle referme ses yeux et les images de la nuit passée donnent du sens à ce qu'elle ressent. Ça a été absolument merveilleux. En pénétrant dans la chambre, ils étaient comme des bêtes, mais à mesure que leurs corps se sont dénudés, à mesure que la perspective d'avoir toute la nuit pour s'étreindre s'est révélée, ils étaient moins dans l'urgence, et ce qui aurait pu être une nuit de baise torride, s'est transformé en un échange tendre et passionné.
Edward a été fougueux et incroyablement dominant mais terriblement doux et prévenant en même temps. Elle le voit encore se perdre dans le plaisir, gémissant son prénom au creux de son oreille, elle sent encore ses mains parcourir chacune de ses formes, jamais elle ne s'est sentie aussi belle sous le regard d'un homme.
Elle dépose un baiser sur sa peau, émue d'avoir vécu ça, heureuse que ce soit vraiment arrivé. Son souffle profond, la berce et comme le jour filtre à peine entre les lames des stores elle sait qu'il est encore tôt, elle se laisse alors aller de nouveau, se rendormant tranquillement, profitant de l'étau merveilleux des bras de cet homme.
- x -
Edward se réveille quelques minutes plus tard, un peu déboussolé face à ce plafond beige. Il se rend compte qu'il n'est pas chez lui. La fille qui est nue contre lui c'est Bella et ça le fait tressaillir. Il se demande ce qu'il a foutu.
Doucement il s'extrait de l'emprise de ses bras, sa peau glisse sur la sienne, il est couvert d'une sueur moite qui le fait se sentir affreusement sale. Il a besoin d'une douche d'urgence. Il se giflerait bien là tout de suite si ça ne risquait pas de réveiller la fille. Il soupire, se redresse, s'appuie contre la tête du lit étroit. Il savait que ça arriverait, il se demande comment ils en sont arrivés là.
Sans un regard, après s'être frotté le visage, il se glisse hors de la couverture et récupère son caleçon au sol. Il enfile ensuite le plus discrètement possible son jean. Il sent ses muscles raides quand il passe son tee-shirt par-dessus sa tête. Il esquisse un sourire en sentant la légère douleur dans ses bras. Il ne peut pas nier que ça a été un sacré bon moment, les courbatures sont là pour le prouver. Il n'a jamais eu un si bon feeling sexuel avec quelqu'un. Bella a été au-delà de ce qu'il n'aurait jamais pu imaginer, se laissant guider et l'encourageant dans le même temps pour qu'ensemble ils atteignent le plaisir ultime, plusieurs fois. Jusqu'à éteindre le feu qui les consumait et les laissant là, morts de fatigue, haletants et en sueur.
Il se rassoit sur le bord du lit pour mettre ses chaussures. Si les choses étaient bien faites, il serait encore dans ce lit, il la réveillerait doucement, elle lui sourirait et il l'embrasserait. Mais il n'a pas envie de ça, il sait qu'elle n'est pas celle qui le comprendra d'un regard, elle n'est pas non plus celle à qui il se confiera, qu'il protégera, qu'il aimera, à qui il donnera tout en fait. C'est ça qu'il veut et il regrette ce qui vient de se passer, parce qu'il sait que ça ne sera jamais plus.
Il se lève, ramasse son portefeuille sur la table de nuit, le fourre dans sa poche. Il passe sa montre à son poignet et jette un coup d'œil à la fille. Ça fait comme une pointe qui s'enfonce dans son cœur quand il la regarde. Elle est définitivement jolie, surtout avec toutes ses boucles emmêlées autour de sa tête. Elle est tellement plus belle ainsi, sans maquillage, sans artifice, naturelle. Elle est même magnifique et l'espace d'une seconde il hésite, peut-être qu'il devrait retourner près d'elle, lui laisser une chance. Il se décide à quitter la pièce quand les yeux de la fille commencent à papillonner et que sa main fouille les draps, sûrement à sa recherche.
Quand il referme la porte, il le regrette immédiatement et si c'était elle ? Il marche déjà dans le couloir qui amène vers l'ascenseur, il a le cœur au bord des lèvres, il peut pas nier ce qu'il ressent pour elle. Elle est plus qu'un joli corps, il y a autre chose, c'est plus que ça, mais il n'en veut pas, pas du tout. Ce n'est pas comme ça qu'il avait imaginé que ça se passerait, ça ne peut pas se passer ainsi pour lui. Il n'a aucune affinité, ni aucun centre d'intérêt commun avec cette fille.
L'air frais du matin qui lui gifle le visage quand il quitte la résidence, le fait revenir sur terre. Bella n'a rien de la fille de ses rêves, hormis son corps et sa façon de l'utiliser dans l'intimité mais pour Edward, ce n'est pas suffisant.
- x -
Bella vient d'entendre la porte se refermer et s'est brusquement redressée dans son lit. Elle fixe le bois brun, la poignée dorée, ne comprenant pas. Son cœur se serre douloureusement, les larmes lui montent aux yeux, elle ne peut pas croire qu'il vient de se tirer. Elle a envie de hurler, mais s'abstient, à la place elle balance son oreiller de toutes ses forces au travers de la pièce, il s'écrase mollement au sol, ça ne la soulage même pas. Elle repousse les couvertures furieusement, scanne la pièce, rien, pas un mot, rien. Connard !
Elle se lève rageusement et la porte de la salle de bain claque derrière elle. Elle va y passer la prochaine heure à essayer d'effacer toute trace de lui sur elle. Elle va pleurer aussi, puis s'acharner à lisser ses cheveux.
Alice ne fait pas de bruit quand elle rentre alors, quand Bella sort finalement de la pièce d'eau, elle n'a pas le temps de se composer un visage puisqu'elle pense être seule.
« Est-ce que ça va ? » Demande Alice soucieuse de voir sa colocataire aussi nerveuse.
« Oui » tente-t-elle de mentir mais Alice comprend qu'elle cache quelque chose quand Bella enlève dans l'urgence les draps de son lit pour les fourrer dans un grand sac.
« Je vais à la laverie ! » Dit-elle et avant même qu'Alice ait pu ajouter un mot, son amie est partie.
Au sous-sol, Bella laisse encore échapper quelques larmes, comment a-t-elle pu être aussi stupide ? Elle est juste en colère, déçue et blessée. Elle sait qu'elle s'en remettra mais là tout de suite, ça fait vraiment mal.
Quand le cycle s'arrête une heure quinze plus tard, elle pense qu'elle s'est assez apitoyée sur son sort. Elle ne va pas gâcher son week-end pour lui. Elle met sa lessive dans le sèche-linge et monte se chercher un café à la machine de la pièce commune. Elle regarde les nouvelles à la télévision quelques minutes, en prenant une bonne dose de caféine bienfaitrice.
Elle finit par reprendre le contrôle. Elle rallume son téléphone, elle doit joindre Seth pour qu'elle récupère sa partie du travail de sciences humaines et pouvoir s'occuper la tête. Les sonneries se multiplient mais pas de réponse. Elle se remet à grogner. Énervée elle regagne sa chambre.
Alice est en train de ranger quelques affaires, elle n'ose pas demander à Bella ce qui la contrarie, elle plane encore de sa nuit avec Jasper. Bella ne lui explique pas non plus, elle ne veut pas gâcher le moment de bonheur de sa copine.
Elle sort sa palette de maquillage, elle passe un long moment à créer un dégradé de jaune et vert sur ses paupières, qui est mis en valeur par l'effet smocky autour de ses yeux. Elle se détend complètement en écoulant l'heure suivante à créer sur ses ongles le même dégradé que sur ses yeux. Elle dépose environ cinq couches de vernis et le temps que ça sèche Alice est partie à la bibliothèque et Seth lui a envoyé un message pour lui dire qu'il est parti pour le week-end et que le dossier est sur son bureau dans sa chambre.
Elle déteste l'idée d'aller chez les Sigma pour le récupérer car elle ne veut plus du tout revoir Edward. Mais elle n'a pas vraiment le choix. Alors quand enfin la dernière couche de laque est parfaitement en place, elle prend son courage à deux mains et se rend là-bas.
Pendant tout le trajet elle essaie de se galvaniser en se disant qu'après tout il ne lui a pas promis quoi que ce soit et qu'elle est bien bête de s'être faite avoir, mais il n'y a pas mort d'homme. Enfin, c'est ce que le semblant de fierté qu'il lui reste lui souffle, elle est carrément anéantie mais plutôt mourir que de l'admettre.
Elle trépigne nerveusement devant la porte de la maison des Sigma, elle croise les doigts, les orteils, ses nattes qu'elle ne porte plus depuis ses huit ans, pour que ce ne soit pas lui qui ouvre. « Pitié, pitié, pitié Seigneur, faites qu'il ne soit pas là, je vous en supplie » murmure-t-elle en se tortillant alors qu'elle attend que quelqu'un vienne ouvrir.
Des pas lourd semblent se rapprocher, elle expire tout l'air de ses poumons quand elle devine le visage rieur d'Emmett et son corps, vêtu d'un simple short. C'est quoi cette manie qu'ils ont de se promener à moitié à poil dans cette baraque ?
« Hey salut Bella ! S'exclame-t-il joyeux, qu'est-ce qui t'amène ? » Il lui fait une brève accolade avant de s'écarter pour qu'elle passe.
« Je suis venue récupérer un devoir, Seth l'a laissé sur son bureau apparemment.
-Ok, cool, vas-y monte ! Il lui désigne l'escalier avant de s'éloigner vers la cuisine.
-Je ne crois pas que…
-C'est bon vas-y Sam est réveillé, on est allé courir ce matin.
-Courageux ! » Ricane Bella en grimpant les marches. Plus vite elle aura récupéré les notes de Seth plus vite elle pourra se tirer d'ici. Elle frappe à la porte du fond, un « ouais ? » rauque lui parvient.
« Sam ? C'est Bella, je peux entrer ?
-Ouais ouais rentre ma belle ! »
Elle ne se fait pas prier, elle s'enfonce dans la chambre sans réfléchir, elle a juste besoin de se dissimuler, elle referme derrière elle et Sam se lève rapidement.
« Salut ! Ça va ? Demande-t-il en jetant sur son matelas la manette d'un jeu vidéo. Je comptais passer te l'amener dans l'après-midi, il lui tend la pochette, Seth m'a dit que tu en aurais besoin.
-Ouais merci, sourit-elle.
-Vous avez bien avancé il paraît, reprend Sam poliment.
-Oui, je pense finir ce week-end, c'est à rendre que le mois prochain mais ce qui est fait n'est plus à faire.
-C'est ce qu'on dit ! Rit Sam en suivant Bella qui s'éloigne déjà vers la porte, elle veut quitter la maison de l'enfer, de son enfer.
-Bon bah merci Sam, passe une bonne fin de week-end, il lui ouvre la porte en souriant toujours.
-Attends je te raccompagne.
-C'est bon je connais le chemin. » Il hausse les épaules et retourne à son jeu. Elle avance déjà dans le couloir mais s'arrête net quand elle se retrouve nez à nez avec Edward Cullen. Il la foudroie du regard, en colère de la trouver encore ici.
« Salut Edward, » dit-elle d'une voix aiguë, stressée. Et il tourne les talons sans même avoir dit un mot, il ne sait pas quoi lui dire, il a des palpitations et ses mains sont moites sans aucune raison valable.
Bella regarde son corps s'éloigner à l'opposé dans le couloir. Il pourrait au moins dire bonjour. Il pourrait au moins avoir un minimum de respect pour elle. Elle sent la colère l'envahir à mesure qu'il lui rappelle que cet homme n'a aucune considération pour elle. Elle n'est pas une chienne qu'il peut baiser toute la nuit et ignorer au petit matin. Elle part à sa suite en hurlant :
« Hé ? Tu pourrais au moins dire bonjour ! » Il se retourne brusquement, dans l'encadrement de la porte de sa chambre.
« Bonjour ! T'es contente ?
-Non ! Qu'est ce qui ne va pas chez toi bordel ? » Crie-elle en avançant encore vers lui.
Maintenant elle veut savoir, elle veut qu'il lui dise pourquoi il se comporte ainsi, elle n'a pas mérité ça. Edward avance dans sa chambre en mordant l'intérieur de ses joues, respirant difficilement par le nez. Il faut qu'il se calme ou il va hurler encore plus fort. Elle ne va pas aimer ce qu'elle va entendre s'il se met vraiment en colère et il vaudrait mieux pour elle qu'elle ne sache pas le fond de sa pensée. Mais c'est trop tard, les mots ont passé la barrière de ses lèvres.
« Tu as eu ce que tu voulais ? Laisse-moi tranquille maintenant.
-Non, Bella entre dans la chambre pour de bon, et referme derrière elle. Je veux savoir pourquoi ?
-Pourquoi quoi ? » Demande Edward en lui tournant le dos faisant mine de ranger quelques trucs sur son bureau, alors qu'en fait, il ne fait que déplacer les choses.
« Pourquoi t'es-tu tiré ?
-Tu veux un dessin ?
-T'es un salaud.
-Je sais ! » S'entête-t-il, après tout, elle peut bien penser ce qu'elle veut, il s'en moque.
-« Je n'en reviens pas, comment oses-tu me dire ça ?
-Tu veux que je te le dise comment ? » Il se tourne vers elle et droit dans les yeux lui annonce :
« Je ne vais pas te mentir, je ne sortirai pas avec toi Bella, tu n'es pas du tout mon genre, on s'est envoyé en l'air, c'était super mais ça s'arrête là ! Ok ? »
Il la regarde plusieurs secondes, durant lesquelles les yeux de Bella se sont élargis. Elle ne sait même pas quoi lui répondre, jamais on ne l'a traitée ainsi. Il finit par se retourner de nouveau, puisqu'elle ne dit rien.
« T'es un sale con ! » Grogne-t-elle maintenant qu'il ne la tue plus du regard.
« C'est ça ! » Soupire-t-il.
Bella préfère partir plutôt que de laisser un flot d'insanités sortir de sa bouche.
C'est en ouvrant la porte qu'elle aperçoit un nounours en tissu violet sur l'étagère. Elle s'arrête brutalement, elle avait le même. Ses yeux n'arrivent pas à regarder ailleurs, elle déchiffre les deux lettres dorées un peu tordues sur le ventre de la peluche, I+A. Isa et …
« Antony ? » Murmure-t-elle tout bas. L'image de son meilleur ami riant aux éclats dans le soleil, ce petit garçon qu'elle aimait plus que tout et qui a disparu, s'impose dans son esprit.
« Quoi encore ? » S'agace Edward surpris qu'elle soit encore là. Puis il se tourne brusquement.
« Comment m'as-tu appelé ?
-Anthony ? » Couine Bella d'une voix aiguë, perdue dans le souvenir de celui qui lui manque plus que tout, perdue dans les yeux verts d'Antony qui fronce les sourcils et la dévisage sans comprendre.
« Comment tu sais que je m'appelle Antony ? » Bella tend le bras et désigne la peluche sans la regarder parce qu'elle ne peut plus regarder ailleurs que le visage d'Edward noir de colère. Elle est choquée, elle ne peut pas croire que ce soit lui. Pourtant, le nez, la bouche, la couleur de cheveux et surtout ses yeux, tout y est.
« Quoi ? » Grogne Edward fouillant du regard l'étagère, cherchant un objet sur lequel son nom entier serait inscrit, mais il n'y a que des bouquins, ses trophées sportifs et quelques souvenirs.
« Le nounours, » murmure Bella voyant qu'il ne comprend pas. Et les yeux d'Edward se posent dessus. « C'est moi qui ait écrit ça dessus. » Ajoute-t-elle la voix complètement cassée, elle est à la limite de pleurer. Antony, son Antony, celui à qui elle a pensé tous les jours depuis treize ans, son frère perdu, son meilleur ami est face à elle et il la déteste.
Edward n'arrive pas à assimiler, ce n'est pas elle qui a écrit ça dessus, c'est Isa, sa première amoureuse.
« Non, j'ai ce nounours depuis des années ! » Dit-il tout haut alors que l'évidence le gifle en même temps qu'elle ajoute :
« Depuis treize ans. »
Il sent ses jambes céder et il se laisse tomber dans le fauteuil derrière lui, prostré et choqué.
Isa-Bella, Isabella… le sourire, les cheveux et surtout les yeux. C'est elle.
« Putain de merde ! S'exclame-t-il les yeux ronds comme des soucoupes. Isa ? »
Elle pleure pour de bon, quelle déception! Elle l'a attendu si longtemps, tout ça pour qu'il soit devenu le pire des connards ! Elle secoue la tête, s'étouffant dans ses larmes, elle s'en va.
Il faut encore plusieurs secondes à Edward pour enregistrer l'information. Isa, il l'a retrouvée, la seule fille en qui il a toujours eu confiance, la seule qu'il a toujours aimée !
« ISA ! » Hurle-t-il comme un dément alors qu'il vient de comprendre qu'elle est partie. « Attends ISA ! »
