Chapitre 3 :

Carmen était assise à sa table avec son fameux jeu de Tarot déployé devant elle et elle le contemplait d'air songeur et inquiet. Son tirage n'était pas de bon augure, pas du tout. Cela faisait des années maintenant qu'elle avait prit pour habitude de tirer les carte pour sa famille avant d'aller se coucher. Peu de temps après la « mort », qu'elle savait être fausse, de Maria, pour dire vrai. Et ces derniers temps elle y mettait un point d'honneur. A cause de la femme que Ricardo voyait, Gabi. Il n'y avait rien à faire, cette fille, elle ne lui faisait pas confiance, et pas seulement parce qu'elle était à l'origine, entre autres choses, de la rupture entre son fils et Paula, ils formaient un si joli couple si, mais surtout parce que tous les tirages qu'elle avait pu faire lui montraient qu'elle n'était qu'ennuis et embêtements. Elle cachait quelque chose, surtout depuis quelques semaines, un autre homme. Et elle s'était juré que cette petite impertinente ne briserait pas le cœur de son Ricardo ! Alors si Gabi était amoureuse d'un autre homme très bien mais qu'elle parte et loin très loin de sa famille. Et puis elle avait bien vu le style de Gabi à son arrivée, cette femme était une véritable prédatrice. Il n'y avait qu'à voir les nombreux regards convoiteurs que les hommes lui lançaient. Ca ne devrait pas être permit de porter des jupes aussi courtes ! Il n'y a pas si longtemps elle avait cru apercevoir ce même regard dans les yeux d'Antonio. Mi Dios ! Cette femme portait la perversion en elle et elle devait l'éloigner de ses fils par tous les moyens ! Cette catin avait couché avec un autre homme nom de Dieu !!! Secouant sa tête pour chasser son sentiment de colère elle se concentra sur ses cartes, elle devait les retirer pour être sure. Et une nouvelle fois son tirage ne présageait rien de bon, elle ne comprenait pas exactement en quoi, mais apparemment Antonio était concerné. Etrange, pour un tirage qu'elle avait initialement centré sur Gabi et Ricardo. Perturbée, elle ramassa ses cartes, se leva et s'apprêta à sortir. Elle devait à tout prix en parler avec Antonio. S'arrêtant en voyait qu'il faisait nuit dehors, elle regarda l'heure. Il était tard. Tant pis demain à la première heure elle irait voir son fils au presbytère !

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Conduisant en autopilote Antonio et Gabi se retrouvèrent bien vite au presbytère. Ils n'eurent l'air de sortirent de leur torpeur qu'une fois arrivés dans la chambre d'Antonio.

-Bon c'est fait. Ca ne s'est pas si mal passé, ça aurait pu être pire.

-Tu plaisantes ?

-Non. Je connais mon frère et crois moi ça aurait pu être vraiment……. Ça n'aurait pas été très beau à voir. Je crois que sa blessure l'a empêché de devenir fou.

-Oh mon Dieu sa blessure ! Comment j'ai pu oublier……

-Gabi.

-Non Antonio ! …………. Il nous hait. Il me hait. Je l'ai vu dans ses yeux. Je n'avais jamais vu autant de haine et de froideur dans son regard, c'était comme si, comme si il ne nous connaissait pas. ……………… Il m'a fait peur.

Et de nouveau elle se mit à pleurer, et il la prit dans ses bras, caressant gentiment son dos et déposant des baisers sur ses cheveux.

-Ca va aller Gabi. Ca va aller.

Levant sa tête elle lui offrit un sourire, petit mais il était bien là.

-Je croyais que tu ne pouvais pas me le promettre ?!

-Je le peux maintenant. J'en suis persuadé. Parce qu'on a fait le plus dur.

-N'en sois pas si sur.

Voyant qu'il ne comprenait pas, elle enchaina.

- On n'a pas vu Carmen encore. Et il faut qu'on la trouve avant que ton frère ne lui mette la main dessus.

Elle vit qu'il tiqua légèrement au nom de sa mère mais ne poursuivit pas.

-Oui c'est sur sinon c'est clair qu'on sera des hommes morts, enfin façon de parler ! Parce que crois-moi tu n'as rien d'un homme, c'est tout le contraire !

Elle rêvait ! Ce n'était pas possible autrement ! Antonio lui faisant un clin d'œil ! Il était d'humeur coquine et taquine. Non mais ne se rendait il pas compte que la situation était grave, plus de retour en arrière maintenant. Elle était mortifiée et lui il ne trouvait rien d'autre à faire que de flirter avec elle !

-Antonio ! Comment……. comment tu peux être aussi calme !?

-Parce que pour le moment il n'ya rien d'autre que je ne puisse faire.

-Mais ta mère elle……

-Elle n'est pas ici pour le moment alors on s'inquiètera d'elle plus tard tu veux bien.

-C'est sur que là elle va me détester. Elle va vouloir me voir rôtir dans les flammes de l'Enfer. Antonio tu l'empêcheras de me jeter une malédiction hein ?!

Il éclata de rire. D'un rire libérateur.

-Ca n'a rien de drôle !

-Oh si ! Gabi tu devrais te voir !

C'était bon de pouvoir l'entendre rire à nouveau, vraiment rire. Ils n'avaient pas eu beaucoup l'occasion de le faire ces derniers temps. De le voir rire lui donnait du baume au cœur, alors elle sourit à son tour. Parce que l'homme qu'elle aimait riait aux éclats. Leur fou rire disparu aussi vite qu'il était arrivé et ils furent soudain gagnés par la fatigue, nerveuse et physique.

-Et si on allait dormir ?

-Tu veux dire ici ?

-Ben oui. Après tout c'est une chambre, elle dispose d'un lit, tu es là et je suis là aussi donc ça me parait plutôt logique comme raisonnement non !?

-Mais……..

-C'est ta chambre Antonio ! On a l'impression que tu ne t'y es jamais couché !

-Si. Et c'est justement le problème.

-Quoi ? Mais pourquoi ?

-Gabi, on est au presbytère ici.

-Oui ça je sais.

-C'est l'endroit où vivent et dorment les prêtres et je suis…….

-Non mais tu te fous de moi là ?????

-Je suis désolé.

-Non tu n'es pas désolé ! Si je me souviens bien tu étais prêtre quand tu m'as fait l'amour sous les décombres ! Tu étais prêtre quand tu m'as dit que tu m'aimais ! Tu étais toujours prêtre quand il y a quelques semaines à peine, dans le chalet de Francesca, tu me disais qu'on ne pouvait pas continuer à nié nos sentiments !!!!

-Gabi.

-Non !! J'arrive pas à le croire ! C'est le prêtre peut-être qui s'est dressé devant Ricardo tout à l'heure ?! Et qui me désirait quand je sortais de la douche, nue, il y'a quelques heures hein ?! Le prêtre ou l'homme ?

-C'est bon Gabi, j'ai compris.

-C'est vrai ?

-Oui. C'est juste que…….. qu'ici l'homme est cadenassé, muselé par………………..

Il se tut, son regard dérivant vers quelque chose sur son bureau : son col blanc. Son regard à elle suivit alors la même direction. Poussant un soupir de compréhension, elle s'avança vers ce petit bout blanc, qui leur faisait subir la plus douloureuse des tortures, le prit dans les mains pour le contempler un instant puis finit par l'enfermer dans le tiroir du dit bureau.

-Voilà.

-Gabi tu te rends compte que ça ne change pas le problème.

-Je m'en fiche. Tu crois que je vais te sauter dessus Antonio !?

-Non bien sur que non ! Mais…………….

-Mais rien du tout ! On est tous les deux épuisés et on a besoin de se reposer. ………… Tu aurais la conscience plus tranquille si je te promets de bien me tenir ?

Il ne répondit pas.

-Bien. Je te le promets. Ca te va comme ça !? ……. Tu pourrais me prêter un de tes t-shirts s'il te plait ?

Il s'exécuta, et elle parti se changer dans sa salle de bain. Elle revint deux minutes plus tard pour le trouver prostré à l'endroit même où elle l'avait laissé.

-Hé oh ! La salle de bain est libre.

Il fit un bond en la voyant. Elle était…… c'était comme dans ses rêves, ceux inavouables évidemment. Pieds nus, t-shirt qui remontait très haut sur ses cuisses….. Seigneur comment pouvait il résister à ça ?! Et son sourire angélique comme si de rien était. Evidemment pour elle c'était rien, elle ne se désirait pas…… voilà qu'il racontait n'importe quoi maintenant ! Et dire qu'il devait survivre la nuit entière. ENTIERE !! Il vit qu'elle lui parlait.

-Quoi ?

-Je te disais simplement que la salle de bain était libre.

-Ouais c'est ça, libre. J'y vais !

Et il disparu. Elle secoua la tête en souriant. Bien sur elle savait que ça allait lui faire quelque chose mais elle ne s'attendait pas à ce qu'il prenne peur de la sorte. Enfin il s'y habituerait, ce n'est pas comme si c'était la dernière fois. Elle se glissa dans le lit, Dieu que ce lit était petit ! Ouais c'est un lit une personne parce qu'il n'est pas censé avoir de la compagnie se rappela-t-elle intérieurement, et ferma les yeux. Deux secondes, avant qu'un poids ne se pose sur le dit lit.

-Je peux ?

-Oui oui bien sur.

Elle se décala, autant que ce maudit lit le lui permettait. Antonio ne savait pas trop comment réagir puis se réprimanda, après tout il allait abandonner l'église pour cette femme, et lui ouvrit les bras.

-Aller viens par ici.

-T'es sur ? Je ne voudrais pas être accusée de comportement déplacé hein !

Il lui sourit.

-T'es bête. Cette fois c'est moi qui te promets de me tenir bien sage !

-Promis !?

-Promis. Et si jamais je dérape tu auras le droit de me réprimander demain matin.

-C'est vrai ?! Alors tenez-vous à carreaux mon père sinon vous aurez le droit à une correction digne de ce nom et dont vous vous rappellerez pendant longtemps !

Il blêmi.

-Oh désolé Antonio je ne voulais pas…….

-C'est pas grave. Après tout je suis encore prêtre.

-Oui. Mais pas pour longtemps n'est-ce pas ?

-Pas pour longtemps. Je te le promets.

-Ecoute je comprends que ça te dérange, toi et moi qui dormons dans ton lit, au presbytère, alors que tu es encore prêtre mais je te jure qu'il ne se passera rien, que je ne tenterai……..

-Je sais. Excuse-moi.

Il éteignit la lumière et l'embrassa sur le front.

-Bonne nuit Gabi.

Il était couché sur le dos et elle sur lui, sa tête reposant près de son cœur où justement elle y déposa un chaste baiser.

-Bonne nuit à toi aussi.

Elle commençait à s'endormir quand elle sut qu'elle devait le lui dire, maintenant.

-Antonio !?

-Oui.

-Je t'aime.

-Je t'aime aussi.

Maintenant elle pouvait s'endormir tranquillement bercée par les battements forts et réguliers de son cœur.