Chapitre 4 :

Quelque chose le chatouillait. Des cheveux. Clignant plusieurs fois des yeux pour chasser toutes traces de sommeil, il pencha sa tête pour se retrouver le nez dans les cheveux de Gabi. Alors inspirant profondément, les récents évènements lui revinrent en mémoire et il se surprit à sourire. Il se décida à la regarder, elle avait l'air si paisible et reposé comme ça. Si tout se passait comme prévu il aurait des années devant lui pour la contempler. Dieu qu'il aimait ce petit bout de femme ! Après quelques relations amoureuses infructueuses, il ne pensait pas pouvoir un jour rouvrir, réelement, son cœur à quelqu'un, et se laisser a être totalement vulnérable. Et avec la « mort » de Maria par la suite ça avait été la dernière chose à laquelle il avait pensé. Se tourner vers Dieu avait été naturel pour lui, ça lui avait permis de trouver des réponses qu'en ce temps là il recherchait. Mais maintenant c'était loin d'être tout aussi naturel, trop de choses avaient changés. On aurait pu penser qu'avec la réapparition de Maria, il serait parti, après tout si elle n'avait pas été porté disparue il ne serait pas rentré dans les ordres donc ça aurait été plutôt logique, mais le bien qu'il avait fait autour de lui, toutes ces choses…… il aimait être prêtre…… jusqu'à ce qu'il rencontre Gabi. Il avait lutté contre ses sentiments, même après qu'ils aient fait l'amour, puis elle était avec Ricardo c'était bien plus simple si rien ne changeait et que tout le monde restait à sa place. Sauf que ce qu'ils partageaient était bien plus fort et tout un coup l'idée de porter ce col blanc le dérangait. Ce n'était pas bien, ça ne l'était pas il y'a quelques mois, ni quelques semaines et encore moins maintenant, songea-t-il en ressérant son étreinte sur Gabi. En parlant de Gabi, celle-ci commençait à bouger, sans doute l'entendait-elle réfléchir. Ce faisant, elle éffleura des parties sensibles de son anatomie qui lui firent bien vite oublié le sujet de ses préocupations. Et sans y songer elle vint trouver ses lèvres pour un baiser matinal.

-Bonjour Antonio.

Il se figea, d'une part parce qu'il n'était pas habitué à se faire « réveiller» par Gabi de la sorte, et d'autre part parce qu'il avait vraiment cru qu'elle faisait ça par habitude et pensait être avec Ricardo.

-Hum, bonjour.

-Pas assez convainquant. Essaye encore.

Il vint timidement poser ses lèvres contre les siennes, puis se retira. Gabi, elle ne voyait pas les choses de la même façon et se réappropria sa bouche pour un baiser des plus passionnés. Plus les secondes s'écoulaient, plus la passion qu'ils avaient retenue prisonnière revenait à la surface. Si bien que, autant Antonio que Gabi, en oublièrent leur promesse de bien se comporter, et bien vite les mains d'Antonio se retrouvèrent sous le t-shirt de Gabi. Il touchait, carressait, palpait, survolait tout ce qui avait déjà était sien une fois, et qu'il ne voulait à jamais oublier. Il était attentif à ses moindres soupirs, changements de respiration, suppliques……. Il voulait tout simplement se perdre en elle, encore et encore.

Toc.

Toc.

Toc.

-Mon Père ! Mon Père !

Ils se paralysèrent, tous les deux. Son éréction préssée contre sa cuisse et qui ne demandait rien de mieux que de…………………

-Mon Père vous êtes réveillé ?

Il souffla, évacuant une partie de la tension qui était en lui et pesta contre le timing on ne peut plus médiocre de la Sœur.

-Oui. Oui ! Je suis réveillé. Qui y'a-t-il ?

-Je suis navrée mais votre mère est dans votre bureau.

Merde !

-Quelle heure est-il ?

-9h05 Mon Père.

Merde ! Merde ! Merde !

-Bien. Vous pouvez lui dire que j'arrive, merci.

Gabi attendit que les pas s'éloignent pour ouvrir la bouche.

-Qu'est-ce que ta mère vient faire ici à cette heure ?

-Je n'en ai aucune idée. J'espère qu'elle n'a pas encore vu Ricardo c'est tout. ……………. Ecoute je suis désolé pour…………

-Pas moi ! Ce qui est fait est fait. On devait bien se douter qu'avec nos récentes résolutions on allait pas attendre très longtemps.

-Ouais…….. Je vais m'habiller.

Gabi ferma les yeux en entendant la porte de la salle de bain se fermer, et se réprimanda d'avoir été aussi franche et de ne pas avoir montré un peu plus de remords, non pas qu'elle en avait mais Antonio, lui, avait l'air contrarié. Ses yeux commançaient à piquer et une larme franchit la barrière de ses paupières, alors quand Antonio refit son apparition dans la pièce, elle battit des records pour le remplacer.

Il ne fut pas surprit quand elle fonça dans la salle de bain, son comportement avait été blessant et immature. Il avait soufflé le chaud et le froid mais de la sentir près de lui, si répondante, lui avait fait perdre toute notion de raison, et quand ils furent interrompus, une douche froide c'était abattue sur lui et il n'avait eu aucune idée de comment se comporter, alors il avait fuit. Quel crétin il faisait ! Pour elle aussi ça avait été la douche froide !! Il fallait qu'il s'excuse, qu'il lui explique…….

Toc. Toc.

-Antonio ! Mi hijo ! Tu es là ? Je peux entrer ?

-Non mama j'arrive. Deux minutes.

-D'accord, je retourne dans ton bureau mais dépêche-toi c'est important !

Il prit son col dans le tiroir de son bureau, où Gabi l'avait enfermé hier soir, une étérnité maintenant, et le mit à sa place, non sans une certaine gène. S'apprêtant à partir son regard tomba sur le crucifix accroché au mur. Il grimaça, ça allait être plus compliqué que ce qu'il avait envisagé au départ. Jetant un dernier regard sur la porte, toujours close, de la salle de bain, il soupira et sorti de sa chambre, il devait savoir pourquoi sa mère était ici.

-Mi hijo ! Tu en as mit du temps ! Tu es malade ?

-Non mama c'est juste que j'ai…… je n'ai pas beaucoup dormi la nuit dernière. Qu'est-ce qu'il y a ? Tu as vu Ricardo ?

-Non. Pourquoi ? Ricardo ne va pas bien ??

-C'est pas ça. Laisse…… Pourquoi tu es là mama ?

-J'ai tiré les cartes si……

-Oh mama……..

-Laisse moi finir ! Il s'agit de ton frère. De ton frère et de Gabi.

-Mama !

-Quoi Antonio ?! Ne vois-tu pas que cette fille manipule ton frère ?

-Arrête de toujours lui prêter les pires intentions mama ça devient lassant !

-Pourquoi tu l'as défend toujours Antonio ?

-Parce que. …… Elle…….

-Elle n'est pas bonne pour Ricardo ! Cette femme est……. Elle a trompé ton frère !!

-Comment……. comment tu peux savoir ça ?

-Parce que mes cartes me l'ont dit.

-Mama……………..

-Je sais, je sais tu ne crois pas en mes cartes mais moi je te le dis cette femme est nocive……

-Bonjour Carmen ! Antonio.

-Gabi ?! Qu'est-ce que vous faites là ?

-Je vous retourne la question.

-Je viens voir mon fils !

-Moi aussi.

-A 9h30 du matin ?!

-Oui. Il fallait que je le vois, c'est important.

-Vous avez quelque chose à confesser peut-être ?!

-Mama ! Ca suffit !

-Antonio je te verrai plus tard d'accord ?

-Oui passe quand tu veux surtout, quand tu veux.

Ils échangèrent un de leurs sourires secrets, puis Gabi tourna les talons et s'en alla. Carmen n'avait rien manqué de cet échange.

-C'était quoi ça ?

-De quoi tu veux parler ?

-De ce sourire ! Et de Gabi qui est là à la première heure pour te voir !!

-On avait des choses à se dire. C'est moi qui lui ai demandé de venir.

Il voyait que sa mère avait des doutes, et Dieu sait qu'elle avait raison d'en avoir connaissant la situation pour le moins délicate que son apparition avait interrompue.

-Antonio, mi hijo est-ce que tu sais de qui il s'agit ?

-Pardon ?

-L'homme avec qui elle trompe Ricardo. Est-ce qu'elle t'en a parlé ? C'est pour ça qu'elle était là…….

-Non mama non ! Elle est venue ici parce que j'avais besoin de lui parler de quelque chose.

Carmen soupira, cette situation l'exaspérrait au plus haut point. Pourquoi fallait-il que ses deux fils soit si proches de cette…… de cette morue !

-Ecoute mama j'ai une journée chargé aujourd'hui et je ne suis pas en avance alors si tu veux bien on en reparlera à un autre moment.

-Mais…….

Antonio lui fit son plus beau sourire et elle sut qu'elle n'aurait pas le dernier mot cette fois-ci. Qu'importe, elle saura bien lui faire entendre raison ! A lui comme à Ricardo !

-Bien. Mais tu promets de passer dans la journée ?!

-C'est d'accord.

-Merci. Bonne journée Antonio.

-Bonne journée mama.

Il l'avait échappé belle cette fois-ci. Il fallait qu'il voit Gabi, pour se mettre d'accord sur comment l'annoncer au reste de la famille, à sa mère principalement. Il prit son téléphonne portable et lui envoya un texto. Il attendit patiemment la réponse quand…..

-Excusez-moi de vous déranger encore une fois Mon Père mais on a besoin de vous au commissariat.

Le commissariat !? Merde ! Est-ce que Ricardo avait déjà reprit le travail ? Il ne s'en souvenait plus. Merde !! De toute façon il se devait d'y aller, c'était encore son travail, plus pour longtemps mais il devait le faire bien jusqu'au bout. A ce moment son portable vibra, il y jeta un rapide coup d'œil et sourit en voyant la réponse qu'il voulait voir.

-J'arrive.

Il ferma la porte de son bureau, toujours souriant mais ne sachant pas ce qu'il allait trouver au commissariat. Tant pis il s'en inquièterait plus tard. ……. Il voyait Gabi au déjeuné et c'est tout ce qui comptait.