Chapitre 6 :

-……………….

-Alors tu ne réponds rien mama ?

-Si. Tu devrais vraiment arrêter de boire ça te fais divaguer mon fils !

-Oh tu ne me crois pas ?

-Bien sur que non je ne te crois pas ! Antonio ne ferait jamais une chose pareille !!

-Alors tu ne connais pas ton fils aussi bien que tu le crois. Ton cher petit Antonio couche avec ma – oh combien charmante – fiancée !!

-Jamais !

-Et ils sont amoureux à ce qu'ils m'en ont dit !

-Arrête de raconter n'importe quoi sur ton frère Ricardo ! Et je n'aime pas du tout cet air sarcastique que tu prends lorsque tu bois tu sais !

-Désolé mama mais sur ce coup ci j'en ai vraiment besoin. Tu devrais prendre un verre toi aussi !

-Ca suffit ! ………… Il faut….. il faut que j'aille parler à Antonio !

-Fais donc ça !

Carmen sorti en quatrième vitesse, non sans lui avoir jeté un « Te quiero » avant.

-Ouais. Ces temps ci l'amour n'est plus ce qu'il était.

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Elle avait passé sa fin d'après-midi à chercher Antonio. Elle avait essayé tous les endroits dans lesquels il était susceptible de se trouver et nada. En demandant à l'église on lui avait dit qu'il était parti déjeuné avec Gabi et qu'on ne l'avait plus revu depuis. Cette simple idée la faisait trembler de rage et des pensées insidieuses s'installèrent dans son esprit. Antonio et Gabi ensemble. Faisant l'amour. Non ça ne…… ce n'était pas possible ! Elle avait réussi à ne pas y penser, se concentrant uniquement sur la recherche de son fils, mais là elle ne pouvait faire autrement, trop de preuves s'accumulaient contre lui. Qu'est-ce que cette catin avait fait à son bébé !? C'est dans un état second qu'elle rentra chez elle, sortant de sa torpeur quand elle vit qu'Antonio se trouvait déjà là.

-Mi hijo !! Je t'ai cherché partout ! Où tu étais ?

Antonio resta figé quelques secondes alors que les bras de sa mère l'encerclait, puis il se détendit et répondit à son étreinte.

-J'avais des choses à régler. Il y'a des choses….. des choses vont changer mama.

-Non. Non.

-J'ai quelque chose d'important à te dire. En fait je ne suis pas tout seul à……………

-Merci Antonio de m'avoir laissé utiliser les toilettes. Tu crois que Carmen m'en vou…….. dra.

-Vous !!!!!!!

-Re-bonjour Carmen.

-Vous ! Vous…….. Qu'est-ce que vous faites là ?!

Carmen regardait Gabi, sous le choc, puis son regard ne cessa de passer de Gabi à Antonio, qui eux partageaient un regard lourd de sens. C'était donc vrai. Poussé par un élan incontrôlable elle envoya une gifle magistrale à Antonio, puis se tourna vers Gabi et essaya d'en faire de même tout en vociférant en espagnol.

-Mama ! Tu es devenue folle ou quoi ?!

-Et toi ? Tu es devenu fou ?

-De quoi….

-Je sais tout ! Tout ce que cette catin t'a obligé à faire !!!!!

-Elle ne m'a obligé à rien du tout ! C'est ma décision de quitter l'église !

-De… !?…… Tu…. Tu quittes l'église ?? Tu quittes le séminaire pour cette…. cette puta !?

-Non mama. Je quitte la prêtrise pour être avec Gabi. Ce n'est pas comme si c'était une simple histoire de…..

-Alors Ricardo avait raison.

-Tu as parlé à Ricardo !?

-Oui. Et il est anéanti. Il boit plus que de raison et…..

-Oh Mon Dieu il ne doit pas mélanger de l'alcool avec ses antidouleurs !

-Parce que ça vous intéresse sale petite garce !? Vous avez détruit ma famille !!! Et mes deux fils !! Vous les avez séduits et ensorcelés ! Vous êtes contente de vous ?!

-Carmen non. Je n'ai jamais voulu faire souffrir qui que ce soit. Je ne voulais pas………..

-Arrête mama !

-Et toi mon fils tu as fait serment d'allégeance à Dieu ! Comment as-tu pu rompre tes vœux !? Pour elle ??!!

-Je n'ai pas à me justifier.

-Tu crois ça ?!

-Pas devant toi en tout cas. Je dois répondre de mes actes devant le diocèse, et je le ferai, mais en attendant tu n'as pas à juger ! Ni la situation, ni Gabi, ni moi.

-Mais………..

-Non. Je suis amoureux de Gabi. On s'aime. Fin de la discussion !

Gabi n'en revenait pas. Il avait prit sa défense et il s'était opposé à Carmen, pour elle. Enfin pour eux se corrigea-t-elle mentalement. Elle avait déjà entendu parler des mouvements de colère d'Antonio, Maria et Ricardo avaient des tas d'anecdotes là-dessus, mais n'en avait jamais été témoin. Maintenant elle comprenait. Il bouillait littéralement de colère mais n'en restait pas moins maitre de lui. Ca n'avait rien d'étonnant. Et dire que sous les décombres, cette fois là, il n'était pas content de lui parce qu'il était sensé être un homme sous contrôle !

-Antonio mi hijo tu fais une erreur, une grave erreur. Si tu penses que cette femme est…………

-Je ne te le redirai plus ! Arrête de parler de Gabi en ces termes sinon tu ne me reverras pas avant un long moment !

-Mi hijo tu ne peux……………

-Si je le peux et je le ferai. Je ne suis pas Ricardo mama. Et je n'accepterai pas que tu parles mal de la femme que j'aime. Est-ce que c'est clair ?!

-Si. Si.

-Bien. Je suis désolé tu ne t'attendais surement pas à ça mais je fais ce qui est juste pour moi, j'espère que tu le comprends, et qu'un jour tu me pardonneras.

-Si. Tu es toujours mon fils tu sais et même si je ne comprends pas, je t'aime quoiqu'il arrive. Je ne cautionne pas ce que tu fais mais ce n'est pas ma vie et je n'ai donc pas à m'en mêler.

-Je suis content que tu dises cela. ………………….. On va y aller. On était venu te mettre au courant. ………….. Merci mama.

Il la prit dans les bras, la remercia encore une fois, de quoi elle ne le savait pas car elle n'avait certainement pas dit son dernier mot, et reparti accompagné de Gabi. Maudite soit cette femme ! Une fois qu'ils furent partis et seulement à ce moment là, elle s'autorisa à craquer. S'asseyant sur la première chaise venue, elle laissa les larmes la submerger. Un flot ininterrompu et qu'elle laissa l'épuiser jusqu'à endormissement.