Chapitre 7 :
Après avoir affronté Carmen, ils allèrent se promener sur la plage. Ca avait été éprouvant et ils avaient besoin tous deux de se détendre et de se retrouver. La main d'Antonio trouva naturellement celle de Gabi qui, lui envoya un regard interrogateur.
-Quoi ?
-Rien c'est juste que c'est pas un peu tôt pour se prendre la main dans un lieu public ?
-Gabi on se tient la main, on ne fait pas l'amour.
-Je sais, désolé. Je suis un peu tendue je crois.
-Oui ça doit être ça.
-Antonio ? Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?
-On se promène !?
-Non je veux dire avec tout ça. Nous. Tu comptes vraiment quitter l'église pour moi ? Tu as vu le révérend ?
-Oui je vais vraiment quitter l'église et non je n'ai pas encore vu le révérend mais je compte le voir demain à la première heure.
-Tu es sur ?
-Oui je le suis. Pourquoi ? Tu ne veux…… Tu préfère……….
-Non ! Mais avec tout ce qui se passe j'ai l'impression d'être en train de rêver.
- Alors laisse-moi te dire que tu ne rêves pas.
Il se pencha légèrement vers elle, mais alors qu'elle pensait qu'il allait l'embrasser, ce qui n'était pas très envisageable vu le nombre de personnes présente sur la plage en ce début de soirée, il lui remit tendrement une mèche de cheveux derrière l'oreille et lui glissa amoureusement quelque chose qui la fit sourire.
-J'en envie de t'embrasser.
Son sourire la faisait rayonner et il le lui rendit. C'était comme si ils partageaient un secret. Et c'était le cas, plutôt deux fois qu'une.
-J'ai envie que tu puisses le faire.
-S'il il n'y avait pas tout………..
-Oui.
Ils continuèrent à marcher main dans la main pendant encore quelques minutes, en silence. Jusqu'à ce qu'ils arrivent dans une crique un peu reculée où ils s'assirent et contemplèrent l'océan, toujours sans prononcer un mot. Gabi commença à se relaxer dans les bras d'Antonio, sans doute l'influence des légers baisers qu'il déposait sur sa tempe et dans ses cheveux.
-J'ai envie de rester comme ça pour toujours.
-Moi aussi mais ne crois tu pas qu'il y a des choses toute aussi intéressantes à faire ?
-Antonio !
-Quoi ?! Regarder le coucher de soleil est magnifique mais le regarder se lever l'est tout autant.
-Aurais-tu l'âme d'un poète Antonio ?!
-Non mais j'aimerai bien parfois.
Elle le sentit, plus qu'elle ne l'entendit, soupiré.
-Qu'est-ce qu'il y a ?
-Rien. Je pensais juste.
-A quoi ?
-Au changement.
En entendant sa réponse, Gabi se retourna dans ses bras de sorte à pouvoir le regarder dans les yeux et lire se qui s'y trouvait et dont il ne parlait pas.
-Ne te méprends pas, je suis content qu'on est enfin…….. éclaircit la situation, mais j'ai passé ces six dernières années à consacrer ma vie à Dieu et disons que je ne peux pas tourner la page du jour au lendemain. Mes paroissiens, les jeunes de la maison de quartier, toutes les personnes qui me connaissent……
-Tu as peur de ce qu'on pourrait penser de toi ?
-Non mais je voudrai toujours pouvoir aider tous ces gens.
-Mais rien ne t'en empêches Antonio. Tu quittes l'église mais ton pouvoir d'aider les autres tu le possèdes encore.
-Merci c'est gentil.
-Et c'est vrai. Je le pense sincèrement Antonio. Tu pourrais travailler dans des associations ou en collaboration avec l'assistance sociale.
-Peut-être. Je ne sais pas, il faut que j'y réfléchisse. A ça comme au reste. Me trouver un appartement pour commencer.
-Tu pourrais revenir à Surf Central.
-Ce n'est pas là où tu comptais aller ?
-Si. On pourrait…..
-Ce n'est pas une bonne idée Gabi.
-Pourquoi ça ? On a déjà vécu là bas.
-Oui mais pas en tant que couple. Je ne crois pas que les autres occupants voient ça d'un bon œil. A moins que tu veuilles qu'on ait de nouveau nos chambres.
-Non j'en voyais plutôt qu'une.
-C'est bien ce que je pensais, donc cette option n'est pas envisageable.
-Mais je ne vois toujours pas pourquoi. Ce sont nos amis, ils comprendront……
-Quoi !? Que si on a trahit Ricardo c'est parce qu'on s'aime et que tout est pardonné ?! Ce sont les amis de Ricardo aussi et dans cette histoire c'est nous qui avons le mauvais rôle.
-Oui tu as raison.
Ils restèrent ainsi pendant quelques instants, chacun perdu dans ses pensées.
-Ca veut dire que je ne pourrais même pas retourner là-bas.
-Gabi ça n'est pas ce que j'ai dit.
-Mais tu as raison, c'est moi la fiancée infidèle et je ne suis pas sure qu'ils m'accueilleront joyeusement si je leur demande de m'héberger pendant quelque temps.
-Je n'ai pas voulu dire…………….
-Je sais. Je crois qu'on est bon pour l'hôtel alors.
-Juste pour quelques jours Gabi je te le promets, on trouvera une alternative.
Elle se recala alors confortablement dans ses bras et s'extasia devant la beauté naturelle du site.
-C'est splendide !
-Oui. Splendide.
Il lui déposa un doux baiser sur la tempe alors qu'il lui faisait ce compliment puis il rajouta :
-Au moins maintenant on a plus à se préoccuper de la cassette.
-Oh Mon Dieu ! Je l'avais complètement oublié !
-Oui moi aussi, enfin presque. Après tout si on en est là c'est un peu grâce à elle.
-Qu'est-ce que tu veux dire ?
-Que la toute première fois qu'on à parlé à cœur ouvert de ce qui s'était passé sous les décombres c'était dans le chalet de Francesca alors qu'on cherchait cette maudite cassette.
-Ce qui m'a amené à réfléchir une fois rentrée à Sunset pour y repartir ensuite.
-Et c'est là où je t'ai retrouvé et que tout à commencé.
-Oh je crois que ça à commencer bien avant.
-C'est juste. En tout cas on a plus à avoir peur qu'elle ne soit découverte.
-Un peu quand même, non ? Je veux dire ce qui est dessus est très personnel et intime et puis c'est compromettant.
-Gabi je crois que les gens vont très vite se faire une idée quand ils nous verront ensemble. Un prêtre qui quitte son église pour une femme c'est qu'il s'est forcément passé un truc avant.
-Tu parles d'une étiquette collé à vie !
-Si tu veux on pourrait partir.
-Quitter Sunset Beach ?!
-Oui. Pour un nouveau départ, une autre ville où les gens ne nous connaîtraient pas, une nouvelle vie.
-Non. C'est tentant mais je préfère rester ici, c'est devenu chez moi ici. C'est chez moi.
-Ca me rassure, moi non plus je ne me voyais pas partir.
-Il va donc falloir subir les conséquences de nos actes.
-Peut-être que ça sera moins pire que ce que l'on pense.
-Peut-être. Peut-être pas. Mais je ne suis pas inquiète, tant qu'on est ensemble je ne suis pas inquiète.
-Alors tu ne t'inquièteras de rien pendant longtemps parce que je ne compte pas te laisser. Jamais.
Submergée par l'émotion, Gabi lui fit face et l'embrassa avec tout l'amour qu'elle éprouvait pour lui. Il y a quelques instants encore Ricardo, leur histoire et leurs « adieux » de la dernière fois lui avaient traversé l'esprit mais entendre Antonio lui dire ce dont elle rêvait depuis toute gamine, qu'elle ne serait plus abandonnée, jamais, avait balayé Ricardo et les quelques remords qu'elle avait encore. Elle avait aimé Ricardo mais Antonio, son frère, était l'homme de sa vie et tant pis si le fait qu'il soit prêtre et qu'elle elle était à l'origine la fiancée de son frère, rendent leur histoire peu commune. Après tout c'étaient les plus belles.
Ils s'embrassèrent passionnément pendant un long moment, heureusement qu'Antonio avait troqué sa tenue habituelle de prêtre contre des vêtements civils, tout ce qui avait de plus séduisant en plus. Il revint très vite à la réalité quand il sentit Gabi jouer avec les boutons de sa chemise, comme la dernière fois avant qu'ils ne fassent l'amour. Il mit fin alors au brasier qu'elle avait allumé.
-Je suis désolé. On ne peut pas……
-Pas maintenant je sais.
-Non, j'allais dire pas ici mais c'est vrai que maintenant n'est pas le bon moment non plus.
Ils se sourirent. Encore. A croire qu'ils ne savaient faire que ça. Mais ils étaient amoureux et c'était une étape que tous les amoureux connaissaient, les sourires idiots juste parce qu'on est heureux d'être avec l'autre, peut importaient les circonstances.
Il se leva et l'aida à en faire de même, puis ils repartirent en sens inverse, se tenant toujours la main.
-Tu viens avec moi ?
-Où ça ?
-A l'hôtel.
-Je ne crois pas que ça soit une très bonne idée Gabi.
-D'accord.
-D'accord ? Tu es juste d'accord ?
-Tu aurais voulu que je te convainque avec un super plaidoyer ?
-Non mais ça m'étonne que tu ne te battes pas plus c'est tout.
-Je peux très bien le faire mais vu comment c'est passée la nuit dernière je pense que le plus raisonnable c'est de ne pas redormir dans le même lit pour l'instant. Même si j'en meurs d'envie.
-La nuit sera dure.
- A qui le dis-tu !?
Ils marchèrent tranquillement jusqu'à ce qu'ils aient trouvé une chambre à Gabi, puis vint le moment de la séparation.
-Bon.
-Bon. Te voilà dans ta chambre. Je vais…….. je vais retourné au presbytère maintenant. Bonne nuit Gabi.
-Merci, bonne nuit à toi aussi. Au revoir Antonio.
Il parti à reculons.
-Et puis merde ! Gabi !?
-Oui ?
Sa bouche s'écrasa sur la sienne dans un baiser à lui faire perdre la tête.
-Fais de beaux rêves !
-Compte sur moi ! ………………….. Antonio !? Appelle-moi une fois que tu seras arrivé. S'il te plait.
-D'accord. A tout à l'heure.
-A tout de suite.
Elle lui envoya un baiser de la main et lui fit un clin d'œil.
-Maintenant je suis sur de faire de beaux rêves !
Elle referma la porte tout en riant. Puis elle s'y adossa, passa ses doigts sur ses lèvres, qui s'étirèrent en un énorme sourire et murmura :
-Je t'aime Antonio. Si tu savais à quel point.
Dieu que la nuit allait être longue. Interminable même.
